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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Paul Preyat

Après le conflit, le sculpteur et blessé de guerre Paul Preyat coopère avec le peintre Reni-Mel, président du Centre d'art français, à son initiative pour « la renaissance de l’art ». Il participe notamment, en 1922, au Salon de la Société des Artistes français.

À partir de 1923, en sus de son activité artistique, Paul Preyat va consacrer une partie de son activité à la vie associative, pour promouvoir notamment les productions des victimes du conflit mondial. Il organise ainsi, au sein de l'Union fraternelle des blessés de la grande guerre, un Salon des Artistes mutilés dont la première édition en mai 1925 se tient en l’hôtel du gouverneur militaire de Paris, aux Invalides.

Paul Preyat, atelier Nadar

 

Devenue annuelle, l’exposition prend un statut officiel, attirant des personnalités militaires et politiques, par exemple en décembre 1927, Edouard Herriot, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En 1928, il s’installe aux Champs-Élysées et est inauguré par Gaston Doumergue, président de la République.

Rebaptisée La Samothrace, la section des artistes mutilés ajoute à son activité d’organisation d’évènements, la défense des intérêts matériels et moraux de ceux-ci. Elle propose notamment d’édifier à Paris une « cité-musée » et l’État comme la ville de Paris acquièrent régulièrement quelques œuvres.

Sur le plan politique, malgré un évident patriotisme, Paul Preyat prend à plusieurs reprises des positions pacifistes. Ainsi, il proteste, comme président-fondateur de La Samothrace, contre l'exclusion d'une toile par le Salon des Indépendants de 1930 parce qu’elle était intitulée « Ce crime, la guerre ! ». Suite à un débat à la chambre des députés, le tableau sera replacé.

Pour Noël 1931, Paul Preyat remet à la Fédération Nationale des grands invalides et à la Ligue d'Action Féminine un dessin contre les jouets guerriers, légendé ainsi : « Tu vois, mon p’tit gars, c’est un crime de donner ça aux gosses… » Le quotidien socialiste Le Populaire reproduit le croquis.

La Samothrace poursuit ses salons annuels, avec toujours un appui d’autorités nationales, comme Paul Doumer, président de la République en avril 1932.

Cette même année, Paul Preyat, qui est séparé depuis 1925 de sa première épouse, se remarie avec Marie Thérèse de Courteix à Laroque-des-Arcs (Lot). Ils vivent toujours rue François-Guilbert à Paris (15e arr.).

Il est élu, en 1933, président de la Fédération nationale des grands blessés et mutilés atteints d'infirmités multiples de la Grande-Guerre.

Après la deuxième guerre mondiale, La Samothrace, qui devient la Fondation Paul Preyat, poursuit ses présentations au sein du Musée d'art moderne de la ville de Paris, où un salon se tient en mai 1965.

Paul Preyat meurt le 24 septembre 1968 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, décoré de la Légion d’honneur comme chevalier depuis 1932 et officier en 1955, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre et commandeur de l’ordre national du mérité. Il avait eu un fils et une fille de son premier mariage.

Au début du XXIe siècle, plusieurs œuvres de Paul Preyat sont vendues aux enchères à Paris, comme en juin 2012 une Tête de Christ ou en octobre en 2014 le Village breton, peinture de 1929.

Fin

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:01

Début de la biographie de Paul Preyat

Paul Jean Baptiste Preyat naît le 16 janvier 1892 à Paris (7e arr.). Il est le fils de Clara Marie Desmonts et de Jean Baptiste Maximilien Paul Preyat, employé de bourse. Les deux parents sont issus d’un milieu artistique. Jean Baptiste Preyat et Émelie Bruine, ses grands-parents paternels, étaient tous deux artistes peintres tout comme son grand-père maternel, Louis Édouard Desmonts. Tout en travaillant comme remisier chez un agent de change, Jean Preyat, père de Paul, se présentait également comme artiste et donnait des cours de dessin pour la mairie de Paris après la première guerre mondiale. Clara Preyat, mère de Paul, était également professeure.

Pour sa part, Paul Preyat suit les cours de l'École des Arts décoratifs de Paris. Il est attributaire de plusieurs récompenses en septembre 1912, dont le premier grand-prix de sculpture ornementale.

Paul Preyat, coll. Roger-Viollet

Il entame son service militaire en octobre 1913 au 150e régiment d’infanterie et est toujours sous les drapeaux lors du déclenchement de la première guerre mondiale. Il est nommé caporal en août 1914 et est blessé, le mois suivant, à Ornes (Meuse) d’un éclat d’obus à la jambe droite. Promu sergent en septembre 1915, il est de nouveau, en octobre de cette année-là, victime d’une nouvelle blessure à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne). Un éclat d’obus provoque la désarticulation de son épaule et conduira à l’amputation de son bras droit. Il est pensionné à 100% en 1916.

Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la division en octobre 1915 pour avoir « avec un grand sang-froid mis sa mitrailleuse en batterie sur le parapet de la tranchée allemande conquise et contribué par le feu de sa pièce à enrayer une contre-attaque ennemie. »

Reprenant la vie civile, Paul Preyat, malgré son infirmité, va reprendre son activité de statuaire. En mai 1916, il participe à l'exposition des travaux des mutilés de la guerre, au musée Galliera à Paris (16e arr.) avec des « souvenirs du front ». En janvier 1917, commentant cette exposition, le journal Le Figaro écrit : « On rencontre des expositions individuelles dont l'intérêt artistique et documentaire est de premier ordre : celles, par exemple, des cinq maquettes du sculpteur Paul Preyat, amputé du bras droit. Ces cinq maquettes marquent les étapes d'une rééducation de main d'artiste. Rien n'est plus émouvant. Sur la première on voit s'exercer une main gauche inhabile, qui n'ose pas... Il y a plus d'assurance, dans l'exécution de la seconde; dès la troisième on sent que la main est devenue maîtresse de l'ébauchoir. L'avant-dernière maquette de la série montre un combattant debout derrière le parapet, aux écoutes; la dernière est l'image tragique du même soldat, frappé d'une balle en plein visage. C'est un chef-d'œuvre. »

Projet de Monument à la femme de Paul Preyat

En novembre 1916 à Paris (15e arr.), Paul Preyat épouse Marguerite Marie Heckmann, musicienne. Ils vivent dans cet arrondissement, rue François-Guilbert.

À suivre

Marie Hecmann-Preyat

 

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:01

Émile Louis Eugène Herluison naît le 11 juillet 1887 à Rosny-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Victorine Augustine Cléret et d’Émile Jules Herluison, garde particulier puis plus tard imprimeur.

En 1899, il est placé comme apprenti brocheur à l'Imprimerie Chaix, 20, rue Bergère, à Paris. Le petit-fils du fondateur de la société, Alban Chaix, le récompense en 1903 d’un livret de caisse d'épargne de dix francs avec ce compliment : « Satisfait grandement ses professeurs qui en font le plus grand éloge; travailleur intelligent et sérieux, montrant une très grande bonne volonté deviendra assurément un bon ouvrier, donne toute satisfaction à ses parents et un excellent exemple à ses quatre frères plus jeunes. »

Effectuant son service militaire entre octobre 1908 et septembre 1910 au 153e régiment d’infanterie, stationné à Toul, Herluison est nommé caporal puis sergent en septembre 1909. Il se marie en janvier 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Juliette Germaine Toussaint, couturière. Il s’installe avec sa belle-mère avenue Marie-Louise dans le quartier de Polangis, à Joinville, et est brocheur chez Wolff, cité Fénelon, à Paris (9e arr.).

Au cours de la première guerre mondiale, mobilisé au 94e régiment d’infanterie, il est promu  adjudant puis sous-lieutenant en novembre 1914 et, le même mois, est blessé près de l’œil de petits éclats de balle. À cause d’un double leucome, il est placé hors cadres en septembre 1917, puis démobilisé en juin 1919. Réintégré dans la réserve en mars 1921, il voit son grade d’officier confirmé.

Adresses : 1908 Bois-Colombes, 25, rue des Halles ; 05/02/1911 Joinville 5, av. Marie-Louise ; 09/12/1917 id. ; 03/07/1928 Rouen 105, rue Lafayette ; 02/12/1929 Persan 26, rue Jean-Jaurès ; 25/02/1932 Joinville 16, av. des Lilas ; 20/04/1937 Joinville 62, av. Oudinot.

Revenu à Joinville après le conflit, il s’implique dans la vie locale. C’est peut-être lui qui souscrit, en février 1919 des actions du quotidien L’Humanité, alors organe du parti socialiste SFIO et qui deviendra l’année suivante celui du parti communiste. Il fait partie, en mars 1925, de la liste présentée par le groupement local du Cartel des gauches qui tente, en vain, d’obtenir des délégués sénatoriaux. Le cartel regroupe les radicaux-socialistes, auxquels Herluison est affilié, les socialistes SFIO qui se reconstituent et des socialistes indépendants.

Après un échec en mai 1925, le groupement des gauches non communistes remporte les élections municipales de mai 1929. Cependant, suite à des conflits internes et à une succession de décès ou de défections, il faut compléter le conseil en octobre 1934. Avec Léon Lesestre, porte-parole de la droite locale, Émile Herluison conclut, avec l’appui des radicaux-socialistes, un accord pour constituer un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville dont l’objectif affiché est de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Il figure sur la liste constituée pour les dix sièges à pourvoir, avec un autre radical, Auguste Lobrot, à côté de libéraux et conservateurs ou indépendants. Face à une seconde liste, qui comprend également des radicaux, et à des concurrents communiste et socialiste, la liste de concentration arrive en tête au premier tour. Herluison obtient 850 voix pour 2 297 suffrages exprimés (37%) sur 2 360 votants pour 3 225 inscrits. Face à la seule liste communiste, il est élu au second tour en recueillant 1 112 des 1 903 suffrages exprimés (58,4%) pour 1 964 votants.

S’il est supposé être proche de la municipalité, il participe en janvier 1935, devant un public nombreux, à un très vif échange à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux ; le dossier est renvoyé en commission à la demande d’Herluison et de trois élus de droite, Béal, Caillon et Lesestre.

Lors des élections municipales générales suivantes, en mai 1935, Herluison rejoint la liste des Gauches républicaines, conduite par le maire, Georges Briolay, qui s’oppose à celle de l’Union républicaine (droite) de Léon Lesestre. Ayant perdu le soutien du parti socialiste SFIO, le groupement des gauches concède avoir dû augmenter les impôts communaux du fait des « importants travaux d’amélioration et d’embellissement » et à cause de « l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) » en cette période de crise économique. Refusant une « politique du moindre effort », ils préconisent l’amélioration de la voirie et des transports ainsi que l’installation d’un éclairage public. Ils veulent faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’intérêt national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Ils planifient également la construction d’une nouvelle école et d’une salle des fêtes ainsi que de cours de natation et d’aviron gratuits.

Talonnée par la liste communiste, celle de la municipalité sortante est nettement devancée par la droite de l’Union républicaine. Herluison obtient un score meilleur que celui de la majorité de ses colistiers, avec 787 suffrages exprimés sur 2 856 (27,6%) pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits.

Après la fusion des listes communiste et socialiste, les radicaux, qui se maintiennent, reculent fortement au second tour au profit de la droite et n’ont aucun élu. Herluison obtient 595 suffrages exprimés sur 2 899 (20,5%) pour 2 924 votants. Léon Lesestre est élu par les 25 conseillers municipaux de sa liste, contre les deux voix communistes.

La famille Herluison vit dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas puis avenue Oudinot. Il est représentant de commerce.

Émile Herluison meurt le 27 juin 1952 au Mans (Sarthe). Il était âgé de 64 ans et avait eu un fils.

L'imprimerie Chaix

 

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 00:01

Albert Fernand François Guyot naît le 23 février 1887 à Paris (4e arr.). Il est le fils d’Albertine Émilie Serré et de son mari Louis Désiré Guyot, ouvrier papetier.

Condamné en novembre 1907 à 12 francs d’amende pour outrages par le tribunal correctionnel de la Seine, il sera ensuite amnistié.

En octobre 1908, il est opticien et dispose du permis de conduire. Il effectue pour deux ans son service militaire au 26e régiment d’infanterie. Albert Guyot épouse, en avril 1912 à Paris (4e arr.) Louise Marguerite Poggioli, papetière. Ils vivent dans le 12e arrondissement rue de Charenton puis impasse Crozatier.

Mobilisé au cours de la première guerre mondiale, il est blessé en septembre 1914 au mollet gauche à Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle), qui lui vaudra une pension d’invalidité de 15% après-guerre. Détaché aux ateliers de Puteaux en février 1916, il est versé dans des services non militaires en mars 1917 à cause de sa cicatrice douloureuse. Il est muté à l’usine Strauss de la rue de Naples à Paris. Il retrouve un service armé en février 1918 au sein du 23e régiment d’infanterie colonial.

Après le conflit, Albert Guyot vit à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) puis s’installe dans la commune proche de Joinville-le-Pont dans le quartier du Centre, d’abord rue Bernier puis rue Vautier. Il y réside, séparé de son épouse, avec une nouvelle compagne, Suzanne Darfeuille ainsi qu’avec un orphelin de la famille de cette dernière. Ayant développé son activité dans l’optique, Guyot dispose désormais d’un atelier de fabrication de lunettes.

S’engageant dans l’action politique au côté de l’Union des républicains (droite conservatrice et libérale), Albert Guyot est candidat aux élections municipales de mai 1935 à Joinville. Il est présent sur la liste conduite par Léon Lesestre, qui assure rassembler des « hommes d’ordre et d’action », « n’ayant pour but que la bonne gestion communale » et « sans aucune préoccupation politique. »

La liste est opposée à celle du maire sortant, Georges Briolay, rassemblant les radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, à une liste communiste et à une autre liste, incomplète, constituée par le parti socialiste SFIO.

La liste de droite arrive en tête au premier tour, devant les radicaux et les communistes. Guyot obtient 926 votes pour 2 856 suffrages exprimés (32,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les communistes et les socialistes fusionnent leurs listes. L’Union républicaine creuse l’écart avec les radicaux et devance la gauche, en obtenant 25 sièges contre deux élus communistes. Guyot est élu avec 1 152 voix sur 2 899 suffrages exprimés (39,7%) pour 2 924 votants. La droite considère que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Albert Fernand François Guyot meurt le 26 février 1938 à Joinville. Il était âgé de 51 ans et avait eu un enfant de son mariage puis avait élevé le fils adoptif de sa compagne.

La rue Vautier à Joinville-le-Pont

 

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 00:01

Paul Charles Victor Guye naît le 10 juin 1876 à Paris (4e arr.). Il est le fils d’Eugénie Justine Caroline Asselin et de son mari Pierre Étienne Achille Guye, cordonnier.

À dix-huit ans, Guye, qui est employé de commerce, devance le service militaire et s’engage dans l’armée pour cinq ans. Il est affecté au 27e régiment d’infanterie ; en juin, 1895, il est réformé à Dijon (Côte-d'Or), une pleurésie purulente étant diagnostiquée. Il devient ensuite professeur de langue anglaise puis inspecteur à l’école Berlitz.

Marié en janvier 1901 à Paris (11e arr.) avec une institutrice, Marthe Le Vasseur, ils vivent boulevard Beaumarchais. Après le décès de son épouse, Paul Guye se remarie en novembre 1910 à Paris (9e arr.) avec une secrétaire de l’école Berlitz, Marthe Dreyfus. Ils s’installent d’abord boulevard des Italiens, puis rue Choron et rue Saint-Hilaire à Colombes, (Seine, act. Hauts-de-Seine).

En 1914, Paul Guye enseigne en Angleterre, probablement à Harrogate, dans le Yorkshire, où il demande à adhérer au Touring club de France. Il est à Londres en 1917. Son exemption du service militaire armé est confirmée à deux reprises.

Après le conflit mondial, la famille Guye s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle réside en 1926 avenue d’Hill (act. avenue de la Plage) dans le quartier de Palissy. Guye reprend une activité commerciale et semble bénéficier d’un certain confort financier.

Dans sa nouvelle commune, Paul Guye s’engage dans l’action politique. Il préside le Comité d’union républicaine et d’action sociale, principale organisation locale de la droite libérale et conservatrice. En octobre 1932, il présente sa démission de président du comité pour des raisons de santé. Les membres ne l’acceptent pas et confient l’intérim à Lucien Pinton.

Paul Guye meurt le 12 septembre 1933 à Joinville. Il était âgé de 57 ans et père de deux filles. En janvier 1912, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

La presse locale lui rend hommage, y compris l’hebdomadaire Voix des communes, de ses opposants radicaux-socialistes, qui remarque qu’il « ne comptait que des amis à Joinville » tandis que le journal libéral Union régionale dit qu’il était « très estimé du comité d’union républicaine dont il était le président. »

Le Pont de Joinville et le quartier de Palissy

 

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 00:01

Gaston Maisonpierre naît le 10 janvier 1881 à Paris (18e arr.), il est le fils de Caroline Maisonpierre, couturière native de Hollande qui vit boulevard de Clichy, et d’un père non dénommé. Sa mère le reconnaît en janvier 1883 à Paris (10e arr.). Enfin, il est reconnu à Paris (17e arr.) en janvier 1885 par Joseph Victor Florence, distillateur alsacien ayant opté pour la nationalité française ; ce dernier meurt en avril 1889.

Travaillant comme ouvrier dans la métallurgie en tant que chauffeur à Joeuf (Meurthe-et-Moselle), Gaston Florence s’engage pour quatre ans dans l’armée à Briey (Meurthe-et-Moselle) en février 1901. Il est affecté au 12e régiment de dragons. Il se marie, toujours à Joeuf, en février 1906 avec Marie Véronique Thévenin.

En 1907, Florence est ouvrier à l’usine du Bi-Métal, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, rue du Four puis place des Écoles. Il va prendre un rôle actif dans la grande grève de cette usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques.

Au début de l’année 1910, les communes riveraines de la Marne ne sont pas encore sous les eaux : l’inondation historique débutera à la fin du mois de janvier. Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers de Bi-Métal se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (CGT), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; elle a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Les demandes des syndicalistes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse. Selon Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève en tant que secrétaire de l’Union des métaux, qui s’exprime dans le quotidien socialiste L’Humanité « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. »

Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Début mars, la Marne s’étant retirée, la direction se mit en devoir de procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une équipe de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice.

Changement de tactique alors parmi les syndicalistes des métaux. Jeudi 24 mars, il vient cinquante jaunes, ou prétendus tels. Afflux de chômeurs attirés par l’espoir d’un travail ? Peut-être, mais il y a sans doute également, selon le quotidien libéral Le Journal des débats, de pseudo-jaunes se seraient glissés dans l’équipe, pour discréditer l’organisation des anti-grévistes et prouver que, selon le mot de L’Humanité « La jaunisse coûte cher. »

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol.

La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques-uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 16 mars, les ouvriers en grève du Bi-Métal qui dure depuis deux mois sont rejoints par ceux de La Canalisation électrique, usine voisine située à Saint-Maurice. Avec le reflux de l’inondation, La Canalisation électrique embauche vingt nettoyeurs, cependant le 17 mars, une centaine de grévistes tentent de les empêcher d’opérer à coups de pierres. La police s’interpose, et plusieurs coups de revolver sont tirés, sans faire de blessés. Cinq arrestations sont faites, dont celle de Florence. Dans l'après-midi, des métallurgistes de Montreuil, également grévistes, se sont joints à ceux de Joinville et la police locale réclame des renforts des commissariats de Charenton, Ivry, Vincennes et Gentilly puis fait appel à l’armée.

Florence, Victor Bluche, Jean Elipoura, François et Jean Lucchi ont nié avoir tiré des coups de feu et avoir jeté des pierres sur la police. Ils sont cependant maintenus sous mandat d'écrou. À la demande de leurs avocats, le président du Conseil des ministres, Aristide Briand, leur octroie le régime des détenus politiques. Ils sont jugés le 12 avril devant la neuvième chambre du tribunal de police correctionnelle, présidée par M. Ausset, sous les inculpations d'entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers (pours trois d’entre eux) et port d'arme prohibée, en compagnie d’une femme, Catherine Gutrod, née Thomé. Florence et Bluche sont condamnés à trois mois de prison pour entrave à la liberté du travail et port d'arme prohibée, Jean Elipoura et François Lucchi à deux mois, Catherine Gutrod à quinze jours tandis que le jeune Jean Lucchi est relaxé.

Le même jour, Gaspard Ingweiller, le dirigeant syndical à la tête de la grève, est arrêté après une course poursuite. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail. Six autres personnes sont inculpées le même jour, pour entraves à la liberté du travail et violences, sans être mises en prison.

Après sa sortie de prison, Florence repart en Lorraine avec sa famille. Il travaille à Joeuf où existe une importante usine sidérurgique appartenant à la famille de Wendel.

Pendant la première guerre mondiale, est d’abord mobilisé dans l’artillerie puis, en novembre 1916, détaché aux Forges de Chatillon à Commentry (Allier) avant d’être reversé, en juillet 1917, dans l’infanterie. Il est démobilisé fin février 1919 et s’installe à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), autre haut lieu de la sidérurgie.

Revenant en région parisienne, Florence s’installe avec sa famille à La Courneuve (Seine, act. Seine-Saint-Denis), un des centres métallurgiques de l’agglomération. Il est en 1931 chauffeur dans une usine de la ville voisine d’Aubervilliers puis, en 1936, lamineur à La Courneuve.

Gaston Florence meurt le 11 avril 1963 à La Courneuve (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 82 ans et père de trois enfants. Il avait été décoré de la médaille commémorative française de la grande guerre.

Son deuxième fils, Max Florence (1918-1944), boxeur et résistant à l’occupation allemande, combattant dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI), a été fusillé par les allemands le 16 août 1944 à Garges-lès-Gonesse, Seine-et-Oise (act. Val-d’Oise).

Un atelier de l'usine du Bi-Métal en 1910

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 00:01

Constant Romain Ricard nait le 11 février 1862 à Saint-Genest (act. Bouchy-Saint-Genest, Marne). Il est le fils de Louise Virginie Dégombert et de son mari Jules Victor Ricard, meunier.

En 1886, Ricard est garde-moulin chez un meunier à Valmondois (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Cette année, il épouse en octobre à Novillers (Oise) Malvina Hortense Lechauguette.

Devenu en 1887 employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, il est aiguilleur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le couple s’installe dans le quartier du Centre, rue de Paris. Son épouse décède en septembre 1889. Il se remarie en décembre 1891 à Paris (4e arr.) avec Eugénie Guéry. Restant à Joinville, ils déménagent pour la rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin). Jules Ricard, son frère aîné, est chef de gare à la station du Parc-Saint-Maur dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

C’est à proximité de chez Ricard, au café Cazin, qu’est convoquée le 25 mars 1900 une réunion en vue de la formation d’un comité socialiste-révolutionnaire à Joinville. Ricard est mentionné comme ayant créé, le 21 avril, un incident au cours d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal sortant, composé majoritairement de radicaux-socialistes. L’hebdomadaire Voix des communes indique qu’il voulait présenter le programme de son parti.

Né d’une transformation du Cercle d'études sociales de Joinville-le-Pont, le groupe socialiste-révolutionnaire présente une liste lors des élections municipales de mai 1900. S’il y avait déjà eu des candidats socialistes-révolutionnaires sur la liste radicale-socialiste lors du scrutin local de mai 1888, c’est la première fois qu’une candidature socialiste autonome est présentée à Joinville. Elle n’obtient pas d’élus, le maire radical Eugène Voisin et ses colistiers obtenant tous les sièges.

Devenu section de Joinville du parti socialiste SFIO, le groupe local élit Ricard dans son bureau en tant que trésorier en novembre 1911, au côté d’Émile Lebègue, secrétaire et Fernand Grandhomme, secrétaire adjoint. En décembre de la même année, il est signataire d’une lettre signée d’une éphémère Ligue de défense économique, demandant l’étude de la création de boucheries et de boulangeries municipales, ce qui donne lieu à une polémique avec les radicaux-socialistes, qui défendent les commerçants qu’ils sont accusés d’avoir traités de « voleurs », ce qu’ils contestent.

Alors que le maire Eugène Voisin, qui est en poste depuis 24 ans, ne se représente pas, les trois listes opposées à la majorité sortante radicale-socialiste concluent un pacte en vue du second tour. Les radicaux dissidents d’Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet, les libéraux et conservateurs de Louis Gallas, Pierre Dalbavie et Georges Bitterlin s’entendent avec le parti socialiste SFIO, représenté par Émile Lebègue, Georges Laruelle et Ricard. Ils décident « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Cet arrangement est présenté dans la presse comme une façon d’appliquer la règle proportionnelle, mise en avant par différentes formations politiques, alors que le scrutin municipal relève alors d’un vote majoritaire.

La liste radicale-socialiste est exclue de l’accord, et l’hebdomadaire de cette tendance, Voix des communes, s’étonne : « Comment ces meilleurs militants des divers partis politiques peuvent-ils collaborer au bien communal ? Les saxons [radicaux dissidents] veulent le pouvoir pour leur satisfaction personnelle, ils ont pour cela quitté le parti radical, ils s’intitulent dissidents. Les unifiés [socialistes SFIO] n’ont qu’un but, un programme, c’est la lutte de classe. Au pouvoir, ils seront les pires autocrates. Les libéraux, pseudonyme des réactionnaires, aspirent à rendre à l’église catholique sa suprématie. »

Ricard est candidat sur la liste socialiste du premier tour, probablement en septième position. Cependant, après la fusion des trois listes en vue du second tour, bien que les résultats de la SFIO lui permettent de prétendre à sept élus, c’est Georges Scornet qui figure à ce titre en septième place parmi les socialistes au second tour. La liste de coalition emporte, contre les radicaux-socialistes, les 27 sièges à pourvoir.

Après le scrutin, Ricard continue de jouer un rôle significatif au sein de la section SFIO. Il fait ainsi une conférence sur Syndicalisme et socialisme en octobre 1912, présente le compte rendu moral et financier de la section en novembre de la même année et est délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux en janvier 1913.

Le journal d’extrême-droite et antimaçonnique La Libre parole mentionne en 1912 l’appartenance de Ricard à la loge Le Lien fraternel, affiliée au Grand Orient de France, dont le temple se situe 39, avenue d'Antin au Perreux (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme la plupart des employés du rail, il est probablement mobilisé à son poste pendant la première guerre mondiale. Il prend sa retraite vers 1921. Ricard n’a semble-t-il plus d’activité politique publique.

Avec son épouse, il participe à de nombreux concours lancés dans la presse quotidienne. Il continue de vivre à Joinville, d’abord avec sa deuxième fille (la première étant morte jeune), puis avec son petit-fils.

Constant Ricard meurt le 16 décembre 1942 à Paris (10e arr.) où il était hospitalisé. Il était âgé de 80 ans et veuf une deuxième fois depuis février 1940. En août 1919, il avait obtenu la médaille d’honneur des transports.

La gare de Joinville-le-Pont

 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 00:01

François Alexis Vannet naît le 29 janvier 1853 à Longwy-sur-le-Doubs (Jura). Il est le fils de Reine Fournier, journalière et de son mari Claude François Vannet, journalier également.

Devenu menuisier, François Vannet vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1891, avenue Pauline, dans le quartier de Polangis, avec une autre menuisière, Victorine Joseph Marchand. Par coquetterie ou souci des conventions, il la présente dans les recensements de population comme sa femme et lui octroie un âge bien inférieur à la réalité, mentionnant, suivant les enquêtes, 7 à 11 ans d’écart, alors qu’elle a 25 années de plus que lui. Ils se marient à Paris (7e arr.) en août 1902.

En mars 1901, François Vannet est un des fondateurs de la section de Joinville-le-Pont de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Le président de la section est Henri Lacroix, responsable du groupe socialiste-révolutionnaire de la commune et futur conseil municipal socialiste SFIO de la ville en 1912. Vannet complète le bureau en tant que trésorier-secrétaire.

Animée par des socialistes et des radicaux-socialistes, la section joinvillaise de la LDH très active, menant d’abord campagne contre le cléricalisme, le nationalisme et le militarisme. Elle réclame en 1902 la dissolution des tribunaux militaires. En 1905, elle soutient les victimes des massacres conduits en Russie pendant la révolution. Toujours en fonctionnement pendant la première guerre mondiale, elle est déchire après-guerre par l’exclusive lancée par le nouveau parti communiste mais reste en activité.

Après le décès de sa première épouse, en mars 1909, François Vannet épouse en décembre de la même année, une voisine également veuve, Estelle Malpert, âgée de 59 ans. De nouveau, il réduit de six ans l’âge de sa nouvelle femme sur les formulaires de recensement. Il exerce toujours son métier de menuisier en 1926, après la mort de sa seconde femme en février 1925.

Résident alors dans l’hospice Favier, rue du Four à Bry-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), François Vannet se marie une troisième fois avec Marie Marasse en novembre 1927 à Bry. Ils vivent ensemble dans un appartement de l’hospice en 1931. Sa femme meurt à Nogent-sur-Marne en octobre 1932.

La date de décès de François Vannet, qui avait alors 75 ans, n’est pas connue.

L'hospice Favier à Bry-sur-Marne (AD 94)

 

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 00:01

Ernest Proupin nait le 28 janvier 1895 à Saint-Bonnet-de-Bellac, en Haute-Vienne. Il est le fils de Marie Desbordes, cultivatrice, et de son mari, Jean Proupin, scieur de long, qui vivent dans le hameau de Lauberge.

Son père étant devenu gendarme, Ernest Proupin va avec sa famille résider dans l’Isère à La Tour-du-Pin en 1896 puis à Grand-Lemps en 1906.

Il fréquente sans doute l’école militaire préparatoire de Billom, dans le Puy-de-Dôme, puisque c’est dans cette commune, en janvier 1913, qu’Ernest Proupin s’engage dans l’armée pour cinq ans, le lendemain de son dix-huitième anniversaire. Il est affecté au 2e régiment d’artillerie de campagne et nommé brigadier en août 1913.

Pendant la première guerre mondiale, il est blessé en octobre 1914 au ravin du Bois-Mulot à Mécrin (Meuse) d’un éclat d’obus dans la tête. Nommé maréchal des logis en mars 1915, il est affecté à l’armée d’Orient en mai de la même année. Il est cité à l’ordre du régiment pour avoir « fait preuve de courage et de sang-froid en maintenant les hommes de sa pièce à leur poste malgré que cette dernière était soumise à un violent bombardement ennemi ».

De nouveau blessé d’un éclat de bombe à la gorge à en Turquie, il est rapatrié en France en juillet, puis exclu du service armé, qu’il reprendra en novembre 1918. Il devient maréchal des logis chef en juillet 1919 puis est démobilisé deux mois plus tard. Suite à ses blessures, il bénéficie d’une pension pour une invalidité estimée à 50%.

Après le conflit, Ernest Proupin s’installe à Saint-Sulpice (act. Ham, Somme) où il est toujours domicilié en 1924. Il est ensuite à Paris (3e arr.), boulevard Beaumarchais en 1926 puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1927. Il est domicilié dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

Lors des élections municipales de mai 1929, Ernest Proupin est candidat sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, conduite par le communiste Roger Bénenson. Il figure en 13e position sur 27. Proupin obtient, au premier tour, 337 voix pour 1 715 votants (19,7%) sur 2 491 inscrits. Proupin est l’assesseur de sa liste dans le bureau de vote qui couvre les quartiers de Palissy et Polangis. Les candidats communistes se maintiennent au second tour, mais ils n’ont pas d’élus, le radical Georges Briolay emporte 22 sièges dans une coalition de groupement des gauches associant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants. La droite du maire sortant Stephen Durande gagne les 5 derniers postes.

En 1931, Proupin est représentant de commerce. Il est victime d’un grave accident de la route dans l’Oise, à Breuil-le-Sec, en février 1931. Sa voiture s'écrase contre un arbre après avoir tenté de dépasser un autre véhicule. Il est grièvement blessé.

C’est probablement Proupin qui, sous la désignation d’Ernest, remporte le concours d’abonnements lancé en 1933-1934 par l’hebdomadaire La Défense du Secours Rouge international.

Adhérent à la section de Joinville de l’association républicaine des anciens combattants (ARAC), Proupin en est exclu en août 1935 par la commission des conflits fédérale « en raison des malversations commises » par lui.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Proupin est rappelé en activité en février 1940 dans le 21e régiment d’artillerie de campagne. À la fin de la campagne de France, il s’évade et se rend en Algérie, où il est démobilisé à Oran en septembre 1941. Il est rappelé à sa demande en novembre 1942, d’abord dans l’artillerie puis dans l’infanterie en 1945. Il est au sein des troupes françaises d’occupation en Allemagne en octobre 1945, avant de rejoindre le fort de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1946 puis d’être démobilisé en mars de la même année.

Son appartenance à la résistance à l’occupation allemande est reconnue au titre des Forces françaises libres.

Se présentant désormais comme métreur et toujours domicilié à Joinville, Ernest Proupin est convaincu d’avoir commis plusieurs abus de confiance, notamment dans les communes de Nyoiseau (act. Segré-en-Anjou Bleu, Maine-et-Loire) et Daon (Mayenne). Il est condamné à 6 mois de prison par le tribunal correctionnel d’Angers en décembre 1949.

Ernest Proupin meurt le 26 septembre 1962 à Joinville. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative de l’armée d’Orient.

La tranchée du ravin du Bois-Mulot

 

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 00:01

Louis Noger est fusillé le 23 octobre 1943 à Suresnes, au fort du Mont-Valérien avec ses co-inculpés. Il était âgé de 36 ans et père de deux enfants. Il est d’abord inhumé à Ivry-sur-Seine. Son frère Joseph, résistant comme lui, était mort de la tuberculose en 1942.

À titre posthume, Louis Noger est nommé en février 1946 au grade de sous-lieutenant dans l’armée de terre, avec effet au 1er octobre 1943. Le décret promeut au même rang deux autres résistants également liés à Joinville-le-Pont, Jean Savu, fusillé en sa compagnie et Joseph Belbéoch, mort lors des combats de la Libération à Joinville.

Un décret de septembre 1959 nomme Louis Noger chevalier de la Légion d’honneur.

L’ancienne rue du Centre de Noisy-le-Grand porte, depuis novembre 1944, le nom de rue des Frères-Noger. Une plaque est apposée sur le domicile des Noger au numéro 3 de cette rue. La structure communiste des Richardets à Noisy a adopté le nom de cellule des Frères-Noger, tandis qu’une autre cellule communiste, à Joinville-le-Pont, porte également le nom de Noger.

Le nom de Louis Noger figure sur le Monument commémoratif au Mont-Valérien dédié « Aux résistants et aux otages fusillés au Mont-Valérien par les troupes nazies 1941-1944 ». Il est également inscrit sur le monument aux morts du cimetière de Joinville-le-Pont ainsi que sur celui de Noisy-le-Grand. Il est aussi gravé sur la plaque commémorative de la Bourse du Travail de Paris (10e arr.).

Les deux fils de Louis et Fernande Noger contribueront à la mémoire de leur père.

Pierre Noger, probablement né en septembre 1937 et décédé en juillet 2010, fait partie des « 150 fils de martyrs de la Résistance » qui adressent une lettre au président de la République dénonçant le fait que le général allemand Hans Speidel siège à l'OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et annonçant qu’ils refusent de servir « sous ses ordres », considérant qu’il était ainsi « à la tête de l’armée française » et critiquant le fait qu’il avait servi Hitler. Pierre Noger est arrêté, au domicile familial de Noisy-le-Grand, le 26 mars 1958. L’hebdomadaire La Défense du Secours Populaire (ex-Secours rouge) remarque que « Au moment de l'arrestation, des bouquets de fleurs, déposés par les habitants du quartier, fleurissaient la plaque portant le nom des deux frères [Joseph et Louis Noger] au coin de la rue ». Il est libéré quelques jours plus tard. Une pancarte « Non à Speidel » était apposée sur la maison de Noisy. En décembre 1962, avec le même groupe et toujours le soutien du Secours Populaire, Pierre Noger lance un appel en faveur de militants allemands du mouvement de la paix.

Pierre Noger

Michel Noger, ébéniste comme son père et résidant toujours à Noisy, conçoit, en 2017, le prototype en bois des neuf panneaux d’information placés aux endroits où eurent lieu des actes de résistance pendant l’occupation allemande à Noisy et dans la commune voisine de Gournay, dont celui placé devant la maison familiale.

Pancarte Non à Speidel devant la maison de la rue des Frères-Noger

 

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