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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 00:01

Amédée Léon Roux naît le 24 novembre 1848 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Lucille Mutelle et de son époux, Jean François Gustave Roux.

Il vit à Paris (10e arr.), d’abord rue du Chemin-Vert puis, en 1874, passage des Trois-Couronnes. Il épouse, en juillet de cette année-là, Marie Joséphine Job, mécanicienne. Lui-même est monteur en bronze. Il devient ensuite fabricant d’appareils à gaz, avec un atelier dans le même arrondissement, rue de Bondy (act. rue René-Boulanger).

Il acquiert une résidence à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Hugedé, sans doute à la faveur de la commercialisation des terrains de ladite rue par le promoteur immobilier Louis Hugedé dans les années 1870. Ils en font leur domicile permanent après 1900.

Peut-être faut-il assimiler Amédée Léon Roux avec « A. Roux », directeur en 1885 de la société de la libre-pensée La Raison, basée à Champigny-sur-Marne et qui sera ensuite active à Joinville, avec le député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard, l’aubergiste Alphonse Demeestère ou le journaliste Henry Vaudémont. Roux est toujours membre de La Raison en 1889 mais n’en est plus le directeur. Léon Roux est membre de la franc-maçonnerie.

Il est également possible que Roux soit, en septembre 1891, un des assesseurs de la réunion de compte-rendu du mandat de parlementaire de Baulard à Joinville.

En mai 1904, Léon Roux, qui se présente comme industriel, est candidat aux élections municipales de Joinville sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin. Soutenue par le comité radical-socialiste communal, elle fait face à une liste de droite et à une autre de tendance socialiste-révolutionnaire. Avec 562 pour 1 119 suffrages exprimés (50,2%) sur 1 363 inscrits, Roux est élu dès le premier tour. La liste Voisin remporte 22 des 23 sièges à pourvoir, et il est reconduit dans sa fonction. Signe de son rôle politique, Roux est désigné comme électeur sénatorial en janvier 1905.

Toujours avec Eugène Voisin et le soutien du comité radical-socialiste, Roux sollicite le renouvellement de son mandat en mai 1908. La liste met en avant sa « gestion sage » et son « administration prudente des finances de la commune ». Elle entend « encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité », dit son opposition à de nouveaux impôts et entend faire un compte-rendu de mandat annuel. Face à une liste dite socialiste évolutionniste, qui regroupe des personnalités libérales avec des radicaux dissidents et certains socialiste, ainsi qu’une liste socialiste SFIO, les candidats de la municipalité sortante remportent 21 des 23 sièges, en laissant un à un indépendant, l’autre à un évolutionniste. Roux est réélu au second tour, avec 610 voix pour 1 188 votants (51,3%). Voisin est toujours maire. La campagne a été tendue, et Roux a notamment polémiqué avec le docteur Gripon, élu de manière isolée expliquant dans l’hebdomadaire radical Voix des communes : « Je vous ai défendu jadis, car je vous croyais digne d’estime. Votre conduite en période électorale et maintenant vous démasquent. Vous êtes de ceux que je ne salue plus ». Gripon avait été mis en cause pour son comportement et se plaignait qu’on l’ait écarté d’un poste de médecin dans les écoles.

De nouveau délégué sénatorial en décembre 1908, Roux se mobilise pendant les grandes inondations de la Marne au premier trimestre 1910, en participant à l’organisation de la loterie en faveur des inondés.

Lors de la séance de compte-rendu  mandat de février 1911, Roux fait partie des cinq élus qui, l’hiver, habitent Paris, et quittent la salle à 11 heures du soir pour aller prendre leur train. Dans un contexte très tendu entre la municipalité et une partie de la population, ce départ est accompagné des cris de « Démission ! Démission ! » lancés par les socialistes SFIO, les évolutionnistes et les libéraux.

Roux prend un part active à la vie municipale, toujours fidèle au maire et à la majorité des radicaux-socialistes, tandis que plusieurs d’entre eux s’en séparent, dans la perspective du départ d’Eugène Voisin, malade et vieillissant. Avec le chimiste Rey et l’adjoint Briolay, Roux est une des principales cibles des dissidents.

Lors des élections municipales de mai 1912, Roux est probablement candidat sur la liste conduite par Georges Briolay. Elle est battue par la fusion, au second tour, de ses trois concurrentes, les radicaux dissidents, les socialistes SFIO et les libéraux et conservateurs. Au cours de la campagne, la presse libérale reprochait à Roux de diriger, en compagnie de Briolay et Rey, le parti radical à Joinville. Un radical dissident, Achille Mermet, devient maire.

Battu, Roux poursuit cependant son activité sociale. Après avoir été administrateur de la caisse des écoles, il entre au conseil de l’Association philotechnique, importante société d’éducation populaire. Pendant la guerre, il s’associe à Briolay pour acheter du charbon, destiné à ravitailler la  population joinvillaise à meilleur marché. Roux redistribue en décembre 1916 aux familles de prisonniers les bénéfices tirés de la vente du stock.

Après-guerre, le scrutin municipal organisé en novembre 1919 voit la constitution d’une liste d’union républicaine et sociale, où se retrouve la municipalité radicale dissidente sortante, derrière l’adjoint Henri Vel-Durand, des socialistes indépendants et les radicaux-socialistes avec notamment Briolay et Roux. Face à liste de droite et à des socialistes SFIO, l’union centriste emporte au second tour les 23 sièges à pourvoir. Léon Roux est élu avec 949 voix pour 1 537 suffrages exprimés (61,2%) sur 2 491 inscrits.

Avec Vel-Durand maire, Julien Périn, socialiste indépendant et Chéri Arnaud sont élus adjoints. Ce dernier est remplacé en 1921 par Stephen Durande puis, lorsque le maire fait démettre Julien Périn, Léon Roux le remplace comme adjoint en septembre 1923.

En février 1923, Roux a pris part, en tant que vice-président, à la constitution de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui groupe tous les partis de gauche « pour faire échec à la réaction ». Elle est présidée par un socialiste indépendant, René Caperon, ouvrier des PTT, mais ce dernier s’en séparera pour se rapprocher de Vel-Durand à la faveur des élections municipales de mai 1925.

Roux reste par contre fidèle au groupement des gauches qui s’esquisse derrière Briolay ; cependant, c’est Vel-Durand qui emporte le scrutin et Roux n’est pas réélu.

Amédée Léon Roux meurt le 13 mai 1932 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Par contre, il avait adopté Maurice Charles Kiehl (1911-2000). Roux était décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie en 1906 puis comme officier de l’instruction publique en 1912 pour son rôle à la caisse des écoles. Il avait également obtenu en janvier 1911 la médaille d’honneur de la Société pour l’encouragement au bien.

Caricature du Cartel des gauches de 1924

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:01

Abel Émile Vervial naît le 9 mai 1889 à Vitry-aux-Loges. Il est le fils d’Eugénie Félicie Vervial, qui le reconnaît le 31 mai, et d’un père non dénommé ; la déclaration est faite par son grand-père, Henri Eugène Vervial, scieur de long. Avec sa sœur Antoinette Jeanne Marie, ils sont légitimés par le mariage de leur mère en janvier 1895 à Paris (11e arr.) avec Jean Delort.

Alors forgeron, Delort fonde en août 1901 la société en nom collectif Delort et Marescaux, installée rue de la Roquette. Elle a une durée de neuf ans et un capital de huit mille francs. Elle est spécialisée dans la ferronnerie d’art et produit également des pièces pour les couvreurs, notamment des châssis pour toiture. Son associé est Émile Marescaux, également forgeron. Ultérieurement l’entreprise prendra exclusivement le nom de Marescaux, même si Delort continuera d’y travailler.

Outre son magasin de la rue de la Roquette, l’entreprise ouvre une usine quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle compte plusieurs dizaines d’ouvriers.

Delort est mobilisé pour le service militaire en octobre 1910 dans la 11e section de commis et ouvriers de l’armée (COA), il est libéré en octobre 1912 avec 25 jours de retard, suite à des peines disciplinaires qui lui ont été infligées.

Au cours de la première guerre mondiale, il rejoint est mobilisé dès le mois d’août 1914, transféré à la 15e section COA en août 1916 puis en octobre la même année à la section coloniale COA. Ayant rejoint le 74e régiment d’infanterie en octobre 1916, il est détaché en janvier 1917 aux établissements Marescaux, d’abord à Paris puis, en janvier 1919, à l’usine de Joinville. Il y est démobilisé en août la même année. Dix-neuf des ouvriers de l’usine ont trouvé la mort au cours du conflit.

Vivant avec son père à Joinville, avenue du Président-Wilson, dans le quartier de Palissy, Abel Delort perd une de ses sœurs en juillet 1920 puis sa mère le mois suivant.

En janvier 1923, son père, qui doit aller se faire opérer, lui confie la clé de son coffre-fort. À son retour, il a dépensé les 70 000 francs qui y étaient conservés. Son père lui demandant une explication, il aurait répondu, selon le quotidien Le Matin : « Des comptes ? J'aimerais mieux te zigouiller ! » Utilisant un pistolet appartenant à son père, il lui tire dessus et le blesse légèrement. Arrêté, il est traduit devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Mais, en avril, les juges estimant que les faits étaient trop graves, refusent de le juger et transfèrent son dossier à la cour d'assises de la Seine.

Selon le quotidien Bonsoir, Abel Delort aurait dépensé l’argent paternel avec des « jeunes femmes aux mœurs ultralégères ». En septembre 1923, les jurés de la Seine condamnent Abel Delort à cinq ans de prison et mille francs d’amende. Dans une autre procédure, il est condamné, trois jours plus tard, à 15 jours de prison.

Après avoir purgé sa peine, Abel Delort revient vivre à Joinville où son père était mort en juillet 1924.

Il aura de nouveau affaire à la justice en août 1932, le tribunal correctionnel de la Seine le condamnant alors à six mois de prison pour port d’armes prohibé et violences volontaires à particulier.

Abel Delort meurt le 15 janvier 1935 à Armentières (Nord). Il était âgé de 45 ans.

Il est décoré, à titre posthume, de la Médaille interalliée en octobre 1935.

Joinville en 1918

 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 00:01

Jean Delort naît le 18 août 1864 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Marie Cussat, journalière,  et de son mari Antoine Delort, sommelier, originaires du village de Vézac, dans le Cantal. Ils résident rue de la Roquette.

Après un service militaire vers 1885, Jean Delort, qui est comptable, épouse en janvier 1895 à Paris (11e arr.) Eugénie Félicie Vervial, qui vit à Vitry-aux-Loges (Loiret). Il reconnait deux enfants nés avant le mariage.

En 1912, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson). Après la première guerre mondiale, Jean Delort, désormais rentier, est candidat aux élections municipales de novembre 1919 sur la liste d’Union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, adjoint au maire sortant, radical dissident, qui rassemble les radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. Elle fait face à une liste socialiste SFIO et à une autre, de tendance libérale et conservatrice.

Après retrait de la liste libérale, la liste Vel-Durand remporte, au second tour, les 23 sièges à pourvoir. Au 1er tour, Delort avait 766 voix pour 1 694 suffrages exprimés (45,6%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au tour suivant avec 970 voix pour 1 518 exprimés (63,8%) sur 1 537 votants. Henri Vel-Durand est élu maire.

Delort est lié avec le mécanicien Julien Périn, socialiste indépendant et adjoint au maire. Il perd en juillet 1920 sa fille, Marie Eugénie, âgée de 24 ans puis, un mois plus tard, son épouse, malade.

En janvier 1923, Jean Delort doit aller se faire opérer. Avant d’être hospitalisé, il confie à son fils aîné, Abel, la clé de son coffre-fort. À son retour, son fils a dépensé les 70 000 francs qu’il avait rangés dans l’armoire blindée. Une dispute s’ensuit, au cours de laquelle le fils tire sur le père et le blesse. Il est arrêté par la police qui intervient à la demande des voisins ; le père, touché peu grièvement, est hospitalisé.

En septembre 1923, Abel Delort est condamné à cinq ans de prison pour tentative de parricide. Jean Delort semble avoir à ce moment cessé son activité municipale.

Jean Delort meurt le 17 juillet 1924 à Joinville. Il était âgé de 59 ans et père de trois enfants.

La marne à Joinville

 

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 00:01

Émile Louis Marescaux naît le 18 février 1869 à Marquette-lez-Lille (Nord). Il est le fils de Louise Victorine Flament et de Charles Louis Marescaux, ferblantier.

Alors employé de commerce et résidant à Amiens (Somme), il devance en novembre 1888 le service militaire en s’engageant pour trois ans dans l’armée. Il rejoint le 40e régiment d’infanterie où il devient caporal en octobre 1889 puis sergent en décembre 1890. Il est affecté, en juillet 1891, à la 15e section de secrétaires d’état-major et de recrutement.

Il réside à Marseille en 1892 puis revient à Lille l’année suivante. Il épouse en décembre 1893 à Mende (Lozère) Augustine Marie Dupeyron, giletière. Ils s’installent à Paris, d’abord rue Lappe puis dans une voie adjacente, rue de la Roquette (11e arr.).

En août 1901 est formée la société en nom collectif Delort et Marescaux, installée rue de la Roquette. Elle a une durée de neuf ans et un capital de huit mille francs. Elle est spécialisée dans la ferronnerie d’art et produit également des pièces pour les couvreurs, notamment des châssis pour toiture. Son associé est Abel Delort, également forgeron et ajusteur. Ultérieurement l’entreprise prendra exclusivement le nom de Marescaux, même si Delort continuera d’y travailler.

Le Comité républicain radical et radical-socialiste du quartier de la Roquette élit, en juin 1909, Marescaux en tant que vice-président de sa commission exécutive. Clémencet est président.

La famille Marescaux s’installe ensuite à Joinville, où vit également Delort. Elle réside en 1911 quai Moisson, dans le quartier de Palissy.

Outre son magasin de la rue de la Roquette, l’entreprise ouvre une usine quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle compte plusieurs dizaines d’ouvriers, et dix-neuf d’entre eux trouveront la mort au cours de la première guerre mondiale. Pendant la durée du conflit, Marescaux produit pour les besoins de l’armée et des soldats mobilisés lui sont affectés, dont Delort, Marius Alphonse Levaltier ou Antoine Duranthon. Elle embauche aussi des femmes.

Pendant la guerre, Marescaux fait partie des souscripteurs de la collecte humanitaire organisée en décembre 1917 à Joinville. Il sera imposé après la fin du conflit pour les bénéfices qu’il a faits à la faveur des marchés militaires.

Après-guerre, l’activité se réduit en 1918 et l’usine de Joinville se sépare d’une partie de son personnel, en particulier des femmes. Cependant, en 1924, Marescaux investit dans de nouvelles machines de découpage, matriçage, forgeage, laminage et emboutissage de métaux à froid et à chaud. Son associé, Abel Delort, a été condamné en septembre 1923 à cinq ans de prison pour avoir tenté de tuer son père.

L’entreprise Émile Marescaux, basée rue de la Roquette, est mise en liquidation judiciaire en avril 1925. Cependant, l’usine de Joinville poursuit son activité. Elle est touchée par les inondations de la Marne en janvier 1926.

Cette année-là, Marescaux, qui a 57 ans, paraît avoir quitté Joinville. La date de son décès n’est pas connue. Il ne semble pas avoir eu d’enfants.

 

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 00:01

Léon Barthélémy naît le 7 avril 1852 à Fignévelle (Vosges). Il est le fils de Sophie Gantois et de son mari François Barthélémy, charpentier.

Il s’engage dans l’armée et sert pendant neuf ans, notamment dans le service de santé comme officier d’administration. Il est recruté au ministère de la Guerre où il travaille pendant 23 ans comme rédacteur puis rédacteur principal à la section du personnel du service d'état-major.

Léon Barthélémy réside rue Cler à Paris (7e arr.) quand il épouse, en mai 1883 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Georgette Marie Chatelin, native de Tessancourt-sur-Aubette (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Ils s’installent, dans le nouveau quartier de Polangis à Joinville et vivent avenue du Parc.

Lors des élections municipales de mai 1892, Léon Barthélémy est candidat sur la liste d’opposition au maire sortant, Eugène Voisin, qui est soutenu par les radicaux-socialistes. La liste conduite par le Dr Jean Barborin et l’industriel Albert Bocquentin rassemble des personnalités classées plus à droite que la majorité ; elle obtient, en moyenne 22,1% des suffrages exprimés au 1er tour et a un élu, tandis que la liste Voisin recueille 56,4% et 16 élus, plus les six derniers postes à pourvoir au second tour. Barthélémy a reçu 142 votes au premier tour, soit 22,2% des 639 suffrages exprimés pour 644 votants. Il n’est pas élu. Le journaliste radical Henry Vaudémont est pour sa part élu aux côtés d’Eugène Voisin ; comme Barthélémy, il est originaire des Vosges saônoises.

Pas candidat en 1896, Léon Barthélémy l’est de nouveau en mai 1900, cette fois sur la liste Eugène Voisin, qui emporte les 23 sièges à pourvoir face à une concurrence socialiste-révolutionnaire. Barthélémy est élu dès le premier tour avec 546 voix. Avec la majorité municipale, Barthélémy vote contre l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence en juin 1902.

Absent du scrutin municipal en 1904, Barthélémy revient sur la scène électorale en mai 1908. Il est l’un des 17 candidats de la liste du comité socialiste évolutionniste, qui rassemble des dissidents radicaux ou socialistes SFIO et des indépendants. Elle fait face à une liste socialiste SFIO et à celle du maire Eugène Voisin, toujours soutenu par les radicaux-socialistes. Le maire emporte 21 sièges, en laissant un aux évolutionnistes et un à un indépendant. Barthélémy a 258 voix au premier tour pour 1 188 suffrages exprimés (21,2%) et 1 613 inscrits.

Après avoir pris sa retraite en juillet 1912, Léon Barthélémy va cependant assumer des responsabilités sociales pendant la première guerre mondiale. Il est nommé en juin 1916 membre de la commission cantonale des allocations militaires. Il est chargé de recevoir les réclamations verbales.

Barthélémy siège en décembre 1916 au bureau de bienfaisance communal. Il est également trésorier de la Mutualité scolaire de Joinville en septembre 1917. Présidée par le négociant Alphonse Depasse, elle verse des indemnités aux familles en cas de maladie de l’enfant et constitue avec leurs cotisations un livret d’épargne pour la retraite.

Après le décès de sa femme en avril 1928, il héberge en 1931 un Maurice et Édith Vergne, des neveux, électricien pour l’un et dactylo pour l’autre, alors sans emploi.

Léon Barthélémy meurt le 24 septembre 1931 Joinville. Il était âgé de 79 ans et n’a pas eu d’enfant.

En janvier 1904, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de sa carrière militaire et au ministère. En août 1908, il a été décoré comme chevalier du Mérite agricole pour des « travaux spéciaux relatifs à l'organisation militaire des chasseurs forestiers. »

Joinville en 1918

 

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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 00:01

Victor Paul Armand naît le 19 décembre 1900 à Ableiges (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Sur les tables de l’état-civil, « Armand » semble être son patronyme. Il est reconnu en septembre 1902, dans le même village, par Suzanne Marie Faivre et se dénomme désormais Victor Paul Armand Faivre.

Sa mère était également née de parents non dénommés en septembre 1881 au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), avant d’être reconnue par Victor Faivre, dessinateur pour vitraux et Armandine Fleurida Hochard en juillet 1902. Ce sont eux qui élèvent Armand Faivre en 1901. En mai 1922, elle est ambulancière de la ville de Paris et épouse Ernest Bouche, conducteur automobile.

Devançant l’appel de sa classe, Armand Faivre, qui est alors chauffeur mécanicien, s’engage, à 17 ans, dans l’armée « pour la durée de la guerre ». Il est affecté au 91e puis en mars au 283e régiment d’artillerie lourde. Il reste dans l’armée pour son service militaire et est nommé brigadier en août 1919 puis maréchal des logis en novembre la même année. Le conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris le condamne, en février 1921, à cinq ans de prison avec sursis pour « vols militaires », pour lesquels des circonstances atténuantes sont admises. Il est démobilisé en mars et cassé de son grade en avril.

Après une amnistie en janvier 1925, Armand Faivre retrouvera ses galons dans la réserve : brigadier en novembre 1937 puis maréchal des logis en octobre 1938.

Installé avec sa mère après-guerre à Paris (6e arr.), rue de Sèvres, Armand Faivre va ensuite résider dans le Nord à Tourcoing, Anzin puis Valenciennes de 1922 à 1926. Revenu en région parisienne, désormais employé de commerce, il emménage en 1928 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Créteil (act. rue du Maréchal Leclerc). En 1931, il vit avec Anaïse, native de Bruay, et un fils, prénommé Bernard, né en 1930 à Paris (14e arr.).

Il s’implique dans la vie politique dans sa nouvelle commune et prend part, en février 1935, à la transformation de l’ancien Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, en une Union des républicains. Groupement uniquement municipal, il édicte, une incompatibilité entre les fonctions de membre du bureau et de conseiller municipal, qui sera cependant rapidement abandonnée. René Kirbuhler en est le président tandis que Faivre et Lucien Lavoipierre, couvreur, sont vice-présidents.

Avant les élections municipales, l’Union des républicains de Joinville décide, en avril 1935 de rompre son accord avec les radicaux-socialistes, qui dirigent la mairie avec Georges Briolay en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle annonce « faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux. »

Pour le scrutin, qui se tient en mai 1935, l’Union des républicains appelle à « la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Elle affiche à son programme, dont Faivre est cosignataire, la « diminution des charges écrasantes, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales. »

Armand Faivre est candidat, en seizième position, sur la liste de l’Union des républicains, qui arrive en tête, devant le groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), les communistes et les socialistes SFIO. Il obtient 911 voix pour 2 856 suffrages exprimés (31,9%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, les communistes et socialistes ont fusionné, tandis que les radicaux se maintiennent. L’Union des républicains invite les électeurs à « barrer la route aux communistes », assurant être « la liste d’ordre » et montrant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie ». Elle devance de peu l’union de gauche, mais emporte 25 des 27 sièges à pourvoir. Avec 1 139 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,3%) sur 2 924 votants, Faivre est élu. Le conservateur Léon Lesestre devient maire, Kirbuhler étant adjoint.

Au sein du conseil municipal, Faivre joue un rôle actif. Il est délégué au conseil de discipline des communes du département de la Seine. En octobre 1935, il fait partie d’une commission d’enquête municipale chargée d’étudier ce que la presse conservatrice appelle le « scandale des HBM », à savoir la garantie accordée par la précédente assemblée pour la construction d’une résidence d’habitations à bon marché, la cité Égalité, dans le quartier de Palissy, dont la société constructrice a fait faillite. Par divers recours, qui échouent, la majorité municipale tente d’éviter de supporter cette dette.

En prévision des élections législatives de 1936, Faivre constitue un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix, dont il prend la présidence en mars de cette année. Le comité accorde son investiture à Adolphe Chéron, ancien ministre, candidat radical indépendant, qui sera battu par le communiste André Parsal.

Au cours de la séance du conseil municipal d’août 1937, Faivre, avec un autre élu libéral, Paul Hainsselin, se joint aux deux conseillers communistes pour voter contre la passation d’un marché pour le chauffage du groupe scolaire public Jules-Ferry, dans le quartier de Polangis. Une année plus tard, il est seul à s’opposer à une surtaxe sur le matériel funéraire.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Armand Faivre est mobilisé au 321e dépôt d’artillerie coloniale. Il fréquente, en avril 1940, les cours de l'école militaire d'artillerie et est nommé officier en mai avec le grade d'aspirant. Lors des combats de juin, il est cité à l’ordre du régiment en tant « qu’officier de liaison d’artillerie d’un caractère décidé » ayant « permis, par les renseignements précis qu’il a fournis, le déclenchement de tirs opportuns et efficaces devant le front de deux bataillons qui venaient d’être attaqués. »

Il est fait prisonnier le 9 juin 1940 à La Muette (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime) et est interné à l’oflag XIII à Nuremberg (Bavière, Allemagne). Les Allemands le libèrent le 3 décembre 1941 et il est démobilisé, à son retour en France le 8 du même mois.

Appliquant une loi de novembre 1940, la préfecture de la Seine nomme, le 20 février 1942, un nouveau conseil municipal remplaçant l’assemblée de 1935. Sur les 27 élus, les deux communistes avaient été révoqués, onze ne sont pas maintenus et quatorze conservent leur siège, dont Faivre. Ils sont rejoints par six autres personnes nommées. Faivre est présenté comme « employé de commerce (prisonnier de guerre) » ; le maire, Lesestre, est reconduit.

Peut-être rejoint-il la résistance à l’occupation allemande, contrairement au bureau municipal. Il existe un enregistrement au nom de Faivre (Armand) au Service historique de la défense parmi les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 214883), mais il ne comporte pas de date ni de lieu de naissance et n’a donné lieu à aucune homologation au titre d’une unité combattante.

Le comité local de libération prend la mairie le 25 août 1944 et chasse l’ancienne équipe municipale. Un arrêté préfectoral du 26 septembre 1944 nomme une délégation spéciale pour gérer la commune. Armand Faivre est le seul des membres désignés en 1942 à figurer dans cette assemblée, qui fait fonction de conseil municipal. Il retrouve Robert Deloche, élu communiste de 1935, révoqué, qui devient maire et le radical indépendant François Decrombecque, qui fait office d’adjoint et n’avait pas été reconduit en 1942. Les membres de la délégation spéciale ont été proposés par le comité local de libération.

Armand Faivre meurt le 24 septembre 1973 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 72 ans et résidait probablement toujours à Joinville. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en août 1936, de la Croix du combattant volontaire.

Rue de Créteil à Joinville

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 00:01

Félix Armand Penneret naît le 20 septembre 1869 à Paris (20e arr.), Il est le fils de Marie Charlotte Petitbled et de son époux Philippe Félix Penneret, distillateurs, qui vivent rue de Palikao. En 1887, la famille est installée à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne).

Il s’engage, en novembre 1888, dans l’armée et est affecté au 32e régiment d’infanterie. Nommé caporal en mai 1889, il suit une école d’officiers de réserve. Après avoir fini son service militaire en novembre 1889, il est nommé sous-lieutenant en mars 1892 et affecté au 66e régiment d’infanterie. Il devient lieutenant en juillet 1901. Il démissionne de sa fonction d’officier de réserve en mars 1914.

Devenu marchand de bois et installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, il se marie à Fontenay en décembre 1898 avec Louise Dulac, fille de distillateurs de la commune. Les nouveaux mariés vivent à Joinville, route de Brie (act. avenue du Général-Galliéni), où se situe l’entreprise. Penneret est membre, en 1906-1907 du bureau de la Chambre syndicale des bois de sciage et d'industrie de Paris.

Le commerce du bois était une activité traditionnelle de Joinville, dominante au début du 19e siècle, mais reste importante ensuite. L’atelier Penneret est important, ce qui lui vaut d’être qualifié d’entrepreneur. Lors des grandes inondations de la Marne en janvier 1910, Penneret met à disposition des madriers pour assurer une circulation sur les trottoirs submergés. Il recevra des remerciements du conseil municipal en novembre la même année.

En mai 1910, Penneret est nommé membre de la Commission locale de la commune de Joinville-le-Pont chargée, en vertu de la loi du 18 mars 1910, d'examiner les demandes de prêts à consentir aux commerçants, industriels et artisans victimes des inondations. Il fit cependant part de son empêchement au préfet, qui le remplace à ce poste en juin.

Les élections municipales de mai 1912 voient la fin du mandat d’Eugène Voisin, maire radical-socialiste de la commune, depuis 25 ans, qui ne se représente pas.

Quatre listes se présentent : les fidèles du maire, emmenés par son adjoint Georges Briolay, un groupe de dissidents radicaux rejoints par des socialistes indépendants, conduits par Achille Mermet et Henri Vel-Durand, des libéraux et conservateurs derrière Pierre Dalbavie, enfin les socialistes SFIO derrière Émile Lebègue. Les trois dernières listes ont conclu un accord pour constituer, sur une base proportionnelle à leurs résultats du premier tour, une liste commune de second tour. La fusion permet à la coalition d’emporter les 23 sièges à pourvoir, les sortants n’en ayant aucun. Penneret figurait sur la liste des radicaux dissidents, qui obtient probablement dix sièges, les socialistes SFIO en ayant 7 tandis que les libéraux et conservateurs recueillent les 6 restants. Félix Penneret est élu.

En 1913, il est chargé de suivre la remise en état des voies conduisant au port sur la Marne, qu’il devait utiliser pour son approvisionnement en bois. Le mauvais état de ces rues a été un des arguments utilisés contre la municipalité sortante.

Pendant la première guerre mondiale, à cause de son âge, Penneret n’est pas mobilisé. Il fait partie de la dizaine de conseillers municipaux qui assument le travail de l’administration locale. S’il a été élu sur une liste dissidente, Penneret ne semble pas avoir eu d’animosité personnelle envers l’ancien maire Eugène Voisin. Après la mort de ce dernier, en juillet 1914, Penneret fait adopter un vœu pour nommer une voie communale en son honneur. Il rappelle sa demande en janvier 1915.

En février 1916, Penneret se prononce, avec le socialiste Henri Lacroix, contre l’augmentation du prix du gaz demandée par la compagnie gestionnaire, tandis qu’elle est approuvée par les huit membres présents de la majorité municipale. Il se solidarise avec le maire, Mermet, le même mois, quand ce dernier est accusé par le journal radical-socialiste Voix des communes d’utiliser sans contrôle des moyens financier qui lui ont été remis par l’usine du Bi-Métal. Dénonçant « diffamation et calomnie », douze élus, dont Penneret, écrivent : « Nous sommes vos collaborateurs, vos complices ! Non seulement nous approuvons votre manière de faire, mais nous y applaudissons. »

Pour répondre à la cherté du combustible servant au chauffage, et pour devancer une initiative prise par les radicaux-socialistes, Penneret propose avec un autre conseiller municipal, Barreau, l’achat d’un stock de 600 tonnes de charbon à vendre 25 francs la tonne. Le conseil adopte son projet en mars 1916.

Ensuite, la participation de Penneret à la vie municipale semble décliner. L’hebdomadaire Voix des communes range les élus dans trois catégories : 8 sont soldats, 7 assistent aux séances hebdomadaires du conseil et les 7 autres non. Il commente : « Penneret ne vient plus perdre son temps devant les fourneauteries de Dalbavie et face à l’ahurissement du maire devant la mauvaise foi de Watrinet », mentionnant ainsi les deux adjoints.

Lors des élections municipales d’après-guerre, en novembre 1919, Penneret n’est pas candidat à Joinville. Tout en ayant conservé son atelier dans cette ville, il était revenu en 1911 dans la commune proche de Fontenay-sous-Bois, avenue Marigny ; il sera ensuite domicilié avenue de la Belle-Gabrielle.

S’il n’exerce plus de fonctions électives, Penneret est cependant le représentant patronal pour la commission élaborant la liste électorale des élections prud’homales de 1932.

Felix Penneret meurt le 25 février 1936 à Fontenay-sous-Bois. Il était âgé de 66 ans et était père de trois enfants.

Felix Penneret

 

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 00:01

Jean Raymond Gras naît le 28 septembre 1901 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Maria Bouzou et de son mari, Amadour Gras, gardien de square. Ils vivent dans le quartier du Marais, place des Vosges.

Il a 11 ans lorsque sa mère meurt. La famille vit alors à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de la Belle-Gabrielle. Le père est garde du Bois de Vincennes ; il se remarie en mai 1914 avec Helena Marie Wright. Ils vivent après-guerre dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, rue de Paris.

Devenu employé de laboratoire à la société La Canalisation électrique de Saint-Maurice, Jean Gras fait son service militaire à partir d’avril 1921 au 131e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en août de la même année. Il devient ensuite employé de mairie à Joinville.

En septembre 1926 à Joinville, Jean Gras épouse Marie-Louise Anne Lesestre, fille de Léon Lesestre, inspecteur à l'Assistance publique et futur maire de Joinville-le-Pont.

Membre du syndicat des employés de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) en 1928, Jean Gras fait partie des fondateurs de la section de Joinville en février 1937. Lancée à l’initiative de Jolly, cette structure est présidée par Gineste avec Clerté comme secrétaire. Membre du bureau de départ, Gras devient secrétaire adjoint en janvier 1938.

Plusieurs adhérents, comme Clerté sont proches du Parti social français, formation d’extrême-droite du colonel Laroque, initiateur des Croix-de-Feu. C’est également le cas de Léon Lesestre, alors maire de Joinville et beau-père de Gras, et de Georges Defert, à ce moment conseiller municipal et après-guerre maire de Joinville.

Durant la deuxième guerre mondiale, Jean Gras est mobilisé au dépôt du 22e BOA ; il est démobilisé à Astaffort (Lot-et-Garonne) le 24 août 1940 et se retire à Joinville.

Jean Gras meurt le 18 juin 1978 à Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne). Il était père de trois enfants et âgé de 76 ans.

La Canalisation électrique (Saint-Maurice)

 

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 00:01

Suite de la biographie de Pierre Schaken

Quittant la commune flamande pour Bruxelles, devenue en 1830 capitale de la Belgique indépendante, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il est notamment chargé de la réalisation de fortifications et du creusement de canaux. Adepte du Saint-Simonisme et franc-maçon, Schaken va ensuite se consacrer principalement à la réalisation de voies ferroviaires, en Belgique, au Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et, principalement, en France. Associé à Basile Parent, sa société est une des principales entreprises, associée notamment à la construction des liaisons entre Lyon et la Méditerranée, de Paris à Mulhouse ainsi que de la capitale française à Strasbourg. Toujours avec Basile Parent, il commença en 1855 la construction de matériel ferroviaire à Oullins (Rhône) et transporta en 1861 ses ateliers à Fives, dans la région de Lille. Cette entreprise devint en 1865 la Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises. Les diverses sociétés contrôlées par Parent et Schaken employaient plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, dont une vingtaine de milliers en Belgique et plus en France. Schaken s’intéressa également à la production de gaz pour l’éclairage et le chauffage, notamment à Bruxelles et Naples.

En juin 1851, Pierre Schaken, alors domicilié à Schaerbeck-les-Bruxelles (Belgique) achète pour 35 000 francs aux héritiers de Marie Jean Baptiste Bertin une maison de deux étages avec un belvédère, un jardin et une île, située rue du Canal à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Le terrain s’étend également sur le terrain de la commune, alors voisine, de Saint-Maur-des-Fossés.

Après avoir fait démolir l’ancienne maison, Schaken fait construire en 1852 un bâtiment par l’architecte et archéologue Pierre Manguin. Il sera désigné, d’abord comme le château de Gravelle, ensuite comme le château Schaken. Il est orné de mascaron et rinceau. Plusieurs constructions annexes sont faites dans le domaine, dont une maison miniature et un pont donnant accès à l’île, entre la Marne et un bras comblé ultérieurement.

Plusieurs publications présentent le château Schaken comme celles de César Daly (L’architecture privée au XIXe siècle, Paris, 1864) ou l’Atlas de la Seine (BHVP, Paris, 1900). Le peintre aquarelliste Albert Capaul a réalisé une représentation du château ainsi qu’une autre de la pompe à eau et des écuries.

Albert Capaul, le château Schaken

La construction par la compagnie du Chemin de fer de l’Est de la voie ferrée qui relie la gare de Paris-Vincennes à Saint-Maur-des-Fossés, via Vincennes, entraine l’expropriation d’une petite partie du parc Schaken, identifié comme étant au lieu-dit Pré de Presles, aménagé en jardin d’agrément avec des murs, arbres, arbustes et espaliers. Une indemnité pour dépréciation de 27 570 francs lui est accordée, la superficie concernée faisant 1 142 m². Selon J. Bailly, qui signe un portrait de Schaken dans la Revue des races latines (septembre 1863) « sa délicieuse villa de Saint-Maurice est un petit et brillant chef-d’œuvre de parfaite élégance. Le jardin, au terrain accidenté, est traversé par un viaduc de la ligne de Paris à Vincennes, produisant l’effet le plus original. »

Un décret du 2 mai 1868 modifia les limites entre les communes de Saint-Maurice et Joinville-le-Pont, les fixant « par le canal et la route du canal de Saint-Maur ». Saint-Maurice perdit donc toute la partie de Gravelle entre le canal et le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. De ce fait, la propriété Schaken se retrouva dans le giron de Joinville, les parties non construites en bords de Marne continuant à relever de Saint-Maur. Son adresse devint 174, rue du Canal (act. 20, rue Henri-Barbusse).

Pierre Schaken meurt le 8 janvier 1870 à Joinville. Il était âgé de 76 ans et père de trois enfants, un fils, mort très jeune et deux filles. D’abord inhumé au cimetière de Joinville, où son tombeau subsiste au 21e siècle sous le nom de Schaken-Rommel (nom d’épouse d’une de ses filles), son cercueil est transféré en janvier 1885 dans une chapelle funéraire familiale, au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arr.).

Il était titulaire de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre de Léopold de Belgique depuis janvier 1844, commandeur du nombre de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne, janvier 1860), chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, commandeur de l’ordre du Christ du Portugal et médaille de Sainte-Hélène (France).

Le château Schaken est vendu aux enchères en 1883 par ses héritiers ; la mise à rpix est de 330 000 francs. La propriété vendue fait 2,8 hectares pour le domaine et 1,3 hectare pour le potager. Le terrain est loti et le bâtiment lui-même est détruit en 1970 pour laisser place à un immeuble social, la résidence Sévigné à Joinville. Seule la « villa miniature » subsiste au 21e siècle, au 56, avenue de Sévigné, dans la même ville. La ville de Saint-Maur-des-Fossés a baptisé une voie de son nom, le quai Schaken, ainsi qu’un établissement public, l’école maternelle Schaken ; le quartier environnant est fréquemment désigné aussi sous ce nom.

Fin

Le parc du château Schaken

 

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 00:01

Début de la biographie de Pierre Schaken

Petrus Jacobus Franciscus dit Pierre Jacques François Schaken naît le 1er février 1793 à Ostende (Pays-Bas autrichiens, act. Flandre-Occidentale, Belgique). Il est le fils de Thérèse Cécile Olferts et de son mari, Pierre Louis Joseph Schaken.

En octobre 1795, les Pays-Bas autrichiens sont annexés par la République française et Ostende devient le chef-lieu d’un canton du département de la Lys. Pierre Louis Joseph Schaken est commissaire de police de la ville de 1800 jusqu’à son décès en octobre 1815.

Petrus Schaken, qui utilise le prénom Pierre, sert, selon les archives familiales, dans le 1er régiment des gardes d'honneur de Napoléon 1er et participe aux campagnes militaires de la Grande Armée. Créé le 3 avril 1813, le régiment était composé de fils de famille, qui devaient s'habiller et s'équiper à leurs frais. Il combat pendant la campagne de France, avec les rois autres régiments de gardes d'honneur, dans la division commandée par le général Jean-Marie Defrance. Elle s'illustre aux batailles de Montmirail et de Reims. Le 1er régiment fut licencié à Versailles, le 14 juillet 1814.

Garde d'honneur

De retour à Ostende, la ville appartenant désormais au royaume des Pays-Bas, Pierre Schaken devient en 1815 vérificateur des poids et mesures, ayant probablement fait des études techniques qui lui permettront ensuite de se présenter comme ingénieur.

Après la mort de son père en octobre 1815, il lui succède en tant que commissaire de police d’Ostende, nommé par décret du roi Guillaume 1er. En mai 1819, Joanna Theresia (Jeanne Thérèse) Verpoorten et Pierre Schaken se marient à Ostende, en présence notamment du bourgmestre et de l’échevin de la ville. Pierre Schaken démissionne de la fonction de commissaire en 1823. Il prend ensuite la direction du Mont de Piété d'Ostende (Lomberd, institution de prêts sur gages). Il commande le premier bataillon de la garde civique en 1832 avec le grade de major (commandant), sous les ordres du lieutenant-colonel De Knuyt-de Brouwère, qui encadre les deux bataillons territoriaux. Plusieurs ouvrages attribuent à Schaken un titre de général de la garde civique, mais aucune source connue ne l’atteste.

Comme son père, Pierre Schaken était membre de la loge Les Trois Niveaux, Orient d’Ostende, constituée en 1784 (5784 selon le calendrier maçonnique). Il en est surveillant en 1822, le vénérable étant l’avocat Donny. Les réunions se tenaient rue Longue.

Après l'indépendance de la Belgique en 1830, obtenant ainsi une quatrième nationalité, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il se consacre notamment à la réalisation de fortification puis au creusement du canal de jonction de l'Escaut à la Lys, dont il préside le conseil d'administration de la société chargée de la construction.

Pierre Schaken est un adepte du Saint-Simonisme, doctrine qui fait de l’industrie le fer de lance du progrès technique et la propagatrice d’une morale, condition du bonheur, de la liberté et de l’émancipation. Il est en relation avec les frères Émile et Isaac Pereire, figures majeures de ce courant, ce qui va lui permettre d'entrer dans de nombreuses entreprises notamment en France.

À suivre

Pierre Schaken

 

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