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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 00:01

Mohamed Lakhdar-Toumi est né le 12 avril 1914 à Tiaret (département d’Oran) en Algérie. Il milite aux Jeunesses communistes (JC). Il s’installe à Paris en 1936 et habite 11, rue Joseph de Maistre. Rectificateur de profession, il est inscrit au syndicat des métaux en 1937 et reste militant des JC. Fin 1940, il se rapproche de deux membres du PCF et en juin 1941, il intègre l’organisation spéciale du Parti chargée d’organiser des sabotages contre l’occupant. L’usine Lavalette de Saint-Ouen où il est ouvrier consacre la majorité de sa production à l’Allemagne nazie. Avec deux de ses collègues, il en détruit le transformateur. Pour éviter les représailles, il entre dans la clandestinité, puis intègre les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Paris rive droite. Le 1er août 1942, il participe au service d’ordre de la « manifestation patriotique » de la rue Daguerre.

Le 30 janvier 1943, Mohamed Lakhdar-Toumi est arrêté par la Gestapo à Joinville-le-Pont, torturé, emprisonné à Fresnes, avant d’être mais déporté, le 12 juillet de la même année, au camp de concentration de Natzweiller-Struthof (aujourd’hui en Alsace, mais alors annexé au Reich). Envoyé à Dachau, le 5 septembre 1944, il en sera l’un des rares rescapés.

À la Libération, on lui octroie le statut de sergent des Forces françaises de l’intérieur. Il repart en Algérie et participe au soulèvement du 1er novembre 1954. Arrêté par les militaires, il sera interné jusqu’en 1961. Dans l’Algérie indépendante, il devient syndicaliste au sein de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Mohamed Lakhdar-Toumi serait décédé en Algérie le 30 août 1987, à l’âge de 73 ans.

Le souvenir de Mohamed Lakhdar Toumi est évoqué dans la série Frères d'armes réalisée par Rachid Bouchareb, pour France Télévisions et diffusée en avril 2015. Son nom est inclus dans une liste de 318 noms proposés par le comité scientifique dirigé par l’historien Pascal Blanchard, diffusée le 10 mars 2021, suite à la demande président de la République, Emmanuel Macron, en date du 4 décembre 2020 « aider notamment les maires à renouveler les noms des rues ou des bâtiments publics et qu’une plus juste représentation de l’histoire française soit visible dans l’espace public. »

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 00:01

Pierre Eymas naît le 25 décembre 1874 à Campugnan (Gironde) ; il se fera ensuite appeler Henri. Il est le fils Marguerite Élie et de son époux, Jean Eymas ; ses parents sont cultivateurs dans le village de Sabaron.

En 1895, Henri Eymas est recruté par l’administration des Postes comme commis surnuméraire et affecté au bureau de Blaye (Gironde).

Ajourné en 1895 pour faiblesse, il est finalement déclaré bon pour le service militaire en 1896 et part, en novembre au sein du 2e régiment de génie pour une campagne de deux ans en Algérie. À son retour en octobre 1898, il est affecté au bureau de Montargis (Loiret), où il devient commis titulaire. Peut-être est-ce lors de son séjour sur les bords de Loire qu’il rencontre Marie, originaire d’Ouzouer-sur-Loire (Loiret), présentée ensuite comme son épouse.

Rejoignant la région parisienne, Henri Eymas devient en 1903 commis à la Poste centrale de Paris. Il est probablement mobilisé pendant la première guerre mondiale avec une affectation spéciale auprès des Postes.

Après le conflit, il est nommé contrôleur à Paris en 1920 puis contrôleur principal, dans le 16e arrondissement, en 1927. C’est peut-être son expérience du contrôle qui lui vaut d’être désigné comme receveur du bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En effet, le receveur titulaire, Paul Mourlam, puise depuis 1926 dans la caisse du bureau pour jouer aux courses ; il est arrêté en septembre 1928 après la découverte d’un trou de 300 000 francs dans sa comptabilité.

Le vieux bureau de Poste du quai du Barrage (anc. quai Beaubourg), jugé depuis longtemps trop petit, est remplacé en août 1930 par un nouvel hôtel des Postes situé en face de la mairie, rue de Paris. En 1931, M. Eymas est un des lauréats du concours lancé par le Touring-Club de France destiné à récompenser les receveurs « qui se sont distingués par l'excellente tenue des bureaux dont ils ont la direction. »

Des cambrioleurs s’attaquent, de nuit en novembre 1932, au nouvel établissement. Les deux coffres installés dans le bureau du receveur vont cependant résister à leurs trois heures de tentative au chalumeau et les voleurs repartent, juste avant l’arrivée de la police, avec un butin de dix-neuf sous (moins d’un franc) et quelques timbres.

Parallèlement à son activité professionnelle, Henri Eymas est percepteur de l’association Amicale des PTT, société de secours mutuels. Il prend sa retraite en juillet 1934 et est alors remplacé par François Alphonse Renom.

Pierre Eymas meurt le 24 décembre 1955 à Joinville-le-Pont, veille de ses 81 ans. il était titulaire de la médaille de bronze de la mutualité depuis septembre 1932. Peut-être a-t-il eu un fils.

 

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13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 00:01

Lucien Henri Cochain naît le 16 septembre 1905 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Valérie Philippot et de son mari Fernand Cochain, boucher. La famille vit rue de Paris.

Appelé au service militaire en 1925, il en sort en novembre 1926 en tant que sous-lieutenant au 56e régiment de tirailleurs, basé à Ancenis (Loire-Inférieur, act. Loire-Atlantique). Dans la réserve, il est promu lieutenant en juin 1930, puis capitaine en juillet 1939. Il est commandant en 1954.

Lorsqu’il est démobilisé en 1926, Lucien Cochain poursuit ses études à l’université de Paris. À l’École pratique des hautes études, il a comme professeurs Marcel Cohen, Lefranc et Oscar Bloch. Il est élève de l’École coloniale et de l'Institut d'ethnologie, qui lui accorde en 1929 une subvention de 4 000 francs pour un voyage d'études au Maroc. Il est diplômé de l'École des langues orientales en berbère en 1930 puis en arabe magrébin en 1931. La famille a déménagé de Vincennes à Joinville-le-Pont, dans le même département, où les parents exploitent une boucherie rue de Paris.

Lucien Cochain revient de son voyage avec une publication sur le droit coutumier chez les Ida-ou-Tanan S’il est domicilié à Joinville, Lucien Cochain séjourne principalement en Afrique du Nord. En 1932, il étudie la création d’un musée d’ethnographie à Rabat (Maroc).

Ayant traversé le Sahara d’Alger à Gao (Soudan, act. Mali) en 1931, Lucien Cochain épouse Reine Céleste Jouve en avril 1933 Lambèse (act. Tazoult, Algérie), site archéologique romain. Au cours de ses explorations au Maroc et en Algérie, Cochain réalise une importante collection de photos, conservée au Musée du quai Branly Jacques Chirac à Paris.

En 1934, Lucien Cochain a un poste d’instituteur dans l’école musulmane de Demnate (région de Kenitra). Il exerce la même fonction à l’école de fils de notables musulmans de Meknès, toujours au Maroc, en 1937.

Après la deuxième guerre mondiale, Lucien Cochain est inspecteur de la Jeunesse et des sports au Maroc, rattaché à la Direction de l'instruction publique du royaume. Après l’indépendance en 1956, il rejoint la métropole et est nommé inspecteur principal de la même institution en octobre 1957. Il est domicilié à Saint-Maur-des-Fossés, commune voisine de Joinville où ses parents avaient déménagés.

Lucien Henri Cochain meurt le 19 novembre 1991 à Chinon (Indre-et-Loire). Il était âgé de 86 ans. en 1954, il avait été décoré, à titre militaire, en tant que chevalier de la Légion d’honneur. Depuis 1930, il était membre de la Société des Africanistes.

Fernand Cochain, père de Lucien, est-il la personne homonyme listée, sans plus de précision, par le Service historique de la défense dans les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 134756) ? Né le 31 octobre 1874 à Lorrez-le-Bocage, il était mort le 26 novembre 1947 à Saint-Maur-des-Fossés.

Pholo de Lucien Cochain, Maroc

 

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 00:01

Jean Ferdinand Lucot naît le 9 novembre 1831 dans la commune qui venait de prendre le nom de Joinville-le-Pont. Il est le fils de Marie Félicité Neveu de son époux, Jean Louis Nicolas Lucot, alors marchand de vins et plus tard entrepreneur de maçonnerie. Il est également l’arrière-petit-fils d’un officier municipal (adjoint au maire) de la période révolutionnaire, Jean Toussaint Lucot.

Probablement vers 1850, Jean Ferdinand Lucot se voit attribuer une concession en Algérie dans le village de Hennaya (act. wilaya de Tlemcen). Il s’agit d’y développer des cultures maraîchères et des vignes. S’il y réside réellement, il semble toutefois être rapidement rentré en France.

En février 1858, Jean Ferdinand Lucot, qui est alors maçon chez son père à Joinville, épouse Louise Testel. Elle est la fille, née d’un premier lit, d’Anne Simonin, épouse, en secondes noces, de son père, Jean Louis Nicolas Lucot. Il reprend ensuite l’activité de maçonnerie de son père à Joinville. En 1864, il obtient le marché de la construction de la gendarmerie de la commune.

En septembre 1870, Jean Ferdinand Lucot est élu membre du conseil municipal que venait de quitter son père, décédé avril 1870. Le maire est Auguste Courtin et son adjoint est Louis Ferdinand Rousseau, tous deux conservateurs. La commune est violemment touchée par les combats entre les forces allemandes et françaises au cours de la bataille de Champigny, qui fait près de trois mille morts, dont une partie sur le territoire de Polangis. La population évacue Joinville, en majorité, et la municipalité s’installe à Paris pendant le siège de la capitale. L’école du Parangon a été transformée en hôpital provisoire.

Après l’arrêt des combats et le retour des joinvillais dans leurs habitations, la commune est occupée par des troupes wurtembourgeoises puis bavaroises. Le pont sur la Marne, qui relie les deux parties du territoire, a été détruit. Jean Ferdinand Lucot est réélu lors du scrutin de juillet 1871, qui reconduit également Courtin et Rousseau. Son mandat prend fin en 1874.

Le maire, Auguste Courtin, ayant démissionné, une élection partielle est organisée en septembre 1876. Lucot est élu conseiller municipal, Louis Ferdinand Rousseau devient maire avec comme adjoint.

Lors des élections municipales de janvier 1878, la liste conservatrice de Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, est battue par des républicains menés par Gabriel Pinson qui est élu maire. Lucot ne siège plus au conseil.

Un singulier procès sous l’accusation de tentative d’escroquerie est intenté à Lucot en mars 1881 devant le tribunal de la Seine. Le quotidien Le Temps relève que c’est « une de ces causes qui relèvent de la science beaucoup plus que de la loi et où se révèlent les faiblesses et les misères de l'entendement humain ». Chargé, en 1879, de la construction d'un égout à Joinville-le-Pont, Lucot se voit adresser, en avril 1880, l’avis de paiement d’une somme conséquente de 27 800 francs, qu’il se fait alors payer. En novembre 1880, affirmant avoir retrouvé ledit avis et croyant ne pas l’avoir encaissé, il se présente de nouveau pour obtenir le versement de cette somme. C’est ce qui lui vaut de comparaître en justice. La défense cite comme témoins de moralité Gabriel Pinson, maire de Joinville, qui le considère comme « au-dessus de tout soupçon » et Auguste Courtin, l’ancien maire, qui cite de lui des traits d'exquise probité. C’est la déposition de son médecin qui emporte la décision des juges : jeune, Lucot chuta d'un échafaudage, et il est resté sujet à des absences de mémoire. Pour le docteur Laurent, « Il est manifeste que son esprit n’est pas parfaitement net ». Lucot est acquitté. À cette période, l’entreprise Lucot employait régulièrement 200 à 250 ouvriers.

Après que Pinson ait rompu avec les membres les plus radicaux de son conseil, Lucot revient siéger en janvier 1881 au sein de l’assemblée communale. Il est réélu en janvier 1884, toujours avec Pinson comme maire et Eugène Voisin en tant qu’adjoint.

Jean Ferdinand Lucot, qui résidait rue de Créteil (act. boulevard du Maréchal-Leclerc) meurt le 4 février 1885 à Joinville. Il était âgé de 53 ans et père de trois enfants.

L’hebdomadaire Voix des communes, de tendance radicale, commente ainsi sa disparition : « Si M. Lucot était un simple conseiller, ayant consacré ses loisirs aux affaires de la ville, il est probable que Joinville resterait plus calme. Mais M. Lucot n’avait pas de loisirs, tant il s’occupa activement, jusque la dernière heure, de ses propres affaires. Du reste intelligent, actif, dénué des préjugés d’un autre âge, dans lesquels s’encroûtent trop de ses contemporains, il réussit à devenir plus que millionnaire. »

L’enterrement de Lucot est également évoqué longuement par Henry Vaudémont, le rédacteur du journal radical : «  Avec une touchante unanimité, j’ai entendu éreinter M. Lucot sans que jamais une seule voix s’élevât pour prendre sa défense. Le plus modérés le représentaient comme un ours, une façon de sauvage, ne se plaisant qu’à se promener, un mètre sous le bras et à engueuler (c’est le mot) ses ouvriers. Les autres insistaient sur sa ladrerie. (…) [D’aucuns] citaient des histoires de tombereaux qu’il se faisait payer pour déblayer et vendait ensuite pour remblayer. Ils contaient aussi de lamentables aventures survenues à des imprudents qui, calculant mal leur devis, empruntant pour finir leur maison, se trouvaient, en fin de compte, obligés de tout laisser à l’entrepreneur. En présence de toutes ces récriminations, je m’attendais à voir la population protester par une abstention générale. Ah bien oui ! La foule se porta aux obsèques. Le curé pardonna évangéliquement ses votes anticléricaux. (…) L’illustre Hugedé portait sur un coussin les décorations du philanthrope ad patres [sapeur-pompier volontaire et membre de la fanfare]. (…) Si M. Lucot s’est moqué du monde autant qu’on veut le dire, il a joliment bien fait. Lorsqu’un public est vil et plat à ce point, il faudrait véritablement être un saint pour résister à la tentation de le bafouer et de l’exploiter. »

Son fils, Émile Lucot, poursuivra l’entreprise familiale et tentera, sans succès, de continuer la même activité politique.

La gendarmerie de Joinville, construite par Lucot

 

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23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 00:01

Fénelon Aimé Louis Delobel naît le 31 juillet 1833 à Cambrai (Nord). Il est le fils d’Aimée Rose Delaby et de son mari Joseph Aimé Delobel.

Après avoir reçu une certaine instruction, à dix-huit ans, s’engage dans l’armée en juillet 1851 et est affecté au 3e bataillon de chasseurs à pied, alors en garnison à Paris. Il devient caporal en avril 1852 puis sergent en novembre de la même année. Il est sergent-fourrier en mars 1853.

Il embarque, en mars 1854, à bord du vaisseau Christophe-Colomb en direction de Gallipoli (Turquie), au sein de l’armée d’Orient. Via la Bulgarie, il rejoint la Crimée et prend part aux batailles de l’Alma et d’Inkermann, où il fut blessé par balle au bras droit, le 5 novembre. Il est nommé sergent-major en janvier 1855 puis promu sous-lieutenant au 20e régiment de ligne en septembre, lors de combats de la prise de Sébastopol. Il avait 22 ans quand il devint officier.

Revenu en France après cette bataille, il est nommé lieutenant dans la même unité en mars 1859 et est intégré dans l’armée de Lyon en 1862. Envoyé en Algérie, en mai 1864, il y est promu capitaine en janvier 1865. Il est en garnison dans la ville côtière de Collo, située en province Constantine, où il mène plusieurs expéditions.

Il rentre en France pour épouser, en novembre 1868 à Cambrai, Léonie Jeannette Juliette Agnès Cambray.

Le capitaine Delobel stationne à Blaye, au début de l’année 1870 puis prend part, à partir d’août 1870, à la guerre contre les troupes allemandes conduites par la Prusse. Le 2 septembre, il prit part aux derniers engagements de la bataille de Sedan, sur les hauteurs de Bazeille. Il y est fait prisonnier, est envoyé en Allemagne et rentre, après plus de six mois de captivité, le 14 mars 1871, à la suite de la signature de la paix avec les Allemands. Il est alors affecté à l’armée de Versailles, qui combat contre les insurgés de la Commune de Paris.

Poursuivant sa carrière d’officier, Delobel est nommé major en avril 1875 au 103e régiment de ligne, devient chef de bataillon en novembre 1878. Il prend sa retraite de l’armée en novembre 1881 et est nommé, dans la réserve, lieutenant-colonel à 48 ans.

Installé dorénavant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), le lieutenant-colonel Delobel s’implique dans la vie politique locale. En mai 1884, il est candidat aux élections municipales sur la liste du maire sortant, républicain modéré, Gabriel Pinson, qui est soutenue par les radicaux-socialistes. Delobel est élu dès le premier tour avec 285 voix sur environ 480 votants, soit 59%. Il est désigné, en juillet 1885, comme électeur sénatorial sur une liste radicale. En septembre de la même année, il fait partie des délégués du Comité électoral de Joinville-le-Pont auprès du Comité départemental radical-socialiste de la Seine, qui siège rue Cadet à Paris. Il partage cette fonction avec deux autres conseillers municipaux, Alphonse Demeestère, président du comité et Jules Ferdinand Baulard, futur conseiller général puis député.

Avant la fin de son mandat de conseiller municipal, Delobel quitte Joinville. Il n’est donc pas reconduit en 1888.

Il est nommé, en juin 1887, juge de paix du canton d'Ecommoy (Sarthe), en remplacement d’un magistrat démissionnaire. Il réside rue du Mont-Vaillant. Il n’exercera la fonction que pendant moins d’un an et demi.

Fénelon Delobel meurt le 4 janvier 1889 à Ecommoy. Il était âgé de 55 ans. Les circonstances de son décès sont rapportées dans une quinzaine d’articles de journaux parisiens et de province, qui – ayant puisé à la même source – reproduisent la même erreur quant à sa profession, puisqu’il est qualifié de percepteur alors qu’il est bien juge de paix.

Voici comment Le Petit Parisien commente le trépas : « Deux morts subites. M. Delobel, percepteur à Ecommoy (Sarthe), officier de la Légion d’honneur, lieutenant-colonel de l'armée territoriale, est mort subitement. Un de ses amis intimes, M. Leroux, secrétaire de la mairie d'Ecommoy, ayant appris la nouvelle de ce décès et ayant été voir le cadavre de M. Delobel, revint à la mairie en proie à une violente émotion. Il sonna le concierge, qui, en arrivant, trouva M. Leroux mort, assis devant son bureau, la tête entre ses mains. »

Décoré de la médaille militaire depuis janvier 1855, Fénelon Delobel avait également obtenu la médaille de Sa Majesté la reine d'Angleterre pour sa participation à la guerre de Crimée. Chevalier de la Légion d'honneur depuis août 1871, il avait été promu officier du même ordre en juillet 1881. Il était père de cinq enfants.

Il n’y a pas de lien entre Fénelon Delobel et Achille et Emélie Delobel, qui vécurent à Joinville une dizaine d’année après son départ.

Joinville pendant la guerre de 1870

 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:01

Raoul Moïse Amar naît le 25 septembre 1892 à Alger. Il est le fils de Rosalie Luna Lebahar et de son mari Joseph Amar, commerçant, qui vivent boulevard de la République dans le quartier de Mustapha.

Après leur divorce en 1896, tandis que Joseph Amar se remarie à Alger, Rosalie Luna Lebahar-Amar est installée en 1912 à Paris (12e arr.). Raoul Amar exerce la profession de comptable et vit rue Saint-Denis (2e arr.).

Le service militaire de Raoul Amar débute dans l’infanterie en octobre 1913. Il est nommé caporal en avril 1914. Il reste mobilisé lors de l’entrée en guerre en août 1914. Il participe à des combats en Belgique et est fait prisonnier le 20 août 1914 à Neufchâteau (Belgique province de Luxembourg). Il est détenu à Langensalza, en Thuringe. Il est rapatrié en janvier 1919 et affecté au 102e régiment d’infanterie. Il sera dispensé de service militaire en 1930, suite à la perte d’un doigt.

Devenu employé de bureau, fréquentant la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.), Raoul Amar épouse en mai 1920 à Paris (12e arr.) Berthe Kapoustiansky, originaire de Nicolaiev (Russie, act. Ukraine). Ils s’installent à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), avenue Gambetta.

Raoul Amar est ensuite manœuvre spécialisé dans l’industrie mécanique. La famille déménage rue de Lorraine, encore à Courbevoie puis rue Sadi-Carnot à Nanterre.  Probablement après la perte de son doigt majeur, Amar s’établit en 1933 comme épicier, avenue Bizet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son épouse Berthe, Raoul Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Raoul Amar meurt le 26 avril 1969. Il est inhumé à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

Pont de Joinville, 1936

 

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 00:01

Berthe Kapoustiansky naît le 6 décembre 1901 à Nicolaiev ou Nicolaeff (Николаев, Russie, act. Mykolaïv Миколаїв, Ukraine). Elle est la fille de Roucla Kapoustiansky et de son mari Samuel Kapoustiansky.

La famille arrive en France vers 1904. Pendant la première guerre mondiale, Berthe Kapoustiansky et ses quatre frère et sœurs (plus jeunes) participent, en mars 1916, à une souscription de la Société de secours aux juifs victimes de la guerre en Russie dont le baron Edouard de Rothschild est le premier donateur.

En 1920, la famille Kapoustiansky vit à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), quai National, où le père est forgeron. Berthe épouse en mai de cette année Raoul Amar, employé de bureau.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son époux Raoul, Berthe Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Berthe Amar meurt le 13 septembre 1999 à Baugé (Maine-et-Loire). Elle était âgée de 98 ans et est inhumée à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

La famille Pikovsky, dessin d’après photo prise lors de leur réception par la famille Amar à Joinville, été 1943

Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, éd. Des Ronds dans l'O, 2020)

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:01

Joseph Py naît le 26 juin 1898 à Bucarest (Roumanie), probablement d’un père roumain.

Il vite en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai de la Marne, et dispose de la nationalité française, puisqu’il est inscrit à cette date sur les listes électorales de la commune. Il exerce la profession d’ajusteur, étant identifié en 1926 comme mécanicien au ministère de la guerre.

Si Joseph Py ne semble pas s’être marié, il a une compagne qui partage son logement joinvillais en 1931, Blanche Serrent, soudeuse.

Lors des élections municipales de mai 1935, Joseph Py est candidat en quatorzième et dernière position sur la liste soutenue par le parti socialiste SFIO et dirigée par Robert Derivière ; incomplète, la lite obtient 12,5% des suffrages exprimés. Py recueille 337 votes pour 2 856 exprimés (11,8%) et 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, la SFIO rejoint les communistes de Robert Deloche dans une liste d’union, conduite par le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher. Dix socialistes y figurent, mais pas Py. La droite l’emporte avec 25 sièges, en laissant deux aux communistes ; les sortants radicaux-socialistes sont battus. Émile Lesestre est élu maire.

Deux autres Py sont mentionnés à Joinville en même temps que Joseph : Maurice Gaston Victor Py est épicier et réside rue de Paris avec sa famille en 1936, dont son fils Maurice Marius Marcel (1919-1957), mort pendant la guerre d’Algérie ; Maurice Py est sergent-chef instructeur à l’école des sports de Joinville, située dans le Bois de Vincennes. Ils ne semblent pas apparentés. L’un des deux est, pour la fin de l’année 1935, un des donateurs du vestiaire municipal constitué pour les pauvres.

En 1942, Joseph Py est contremaître à la sous-direction de l'Afrique du Nord du service des fabrications dans l'industrie. Il est « relevé de ses fonctions, par application de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1940 » le 2 février 1942. Ledit article stipule que « Nul ne peut être employé dans les administrations de l'État, des départements, communes et établissements publics s'il ne possède la nationalité française, à titre originaire, comme étant né de père français. »

Séjournant peut-être en Algérie, Joseph Py rejoint les Forces françaises combattantes. Son décès est transcrit, le 27 mai 1942, sur l’état-civil de Joinville-le-Pont. Il était âgé de 43 ans et est reconnu comme ayant participé à la résistance à l’occupation allemande en France. Cependant, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de Joinville, ce qui fait supposer qu’il n’est pas décédé au cours de combats.

Joinville, quai de la Marne

 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 00:01

Début de la biographie de Louis Rey (mise à jour)

Casimir Paul Joseph Rey naît le 2 août 1847 au Cheylard (Ardèche), fils d’un cafetier, Joseph Rey, 35 ans, et de son épouse Marie Royet, 25 ans, ménagère. Il utilisera ensuite le prénom de Louis. Il est de petite taille, mesurant 1m62 selon son livret militaire, ce dont certains de ses adversaires tireront argument.

Après avoir sans doute été apprenti, il est cuisinier au Cheylard, probablement dans le café de son père, au moins entre 1866 et 1868 puis de 1874 à 1875.

Rey effectue un long service militaire, comme soldat au 1er régiment de zouaves à partir de 1868. Il fait toute la campagne contre l'Allemagne de juillet 1870 à février 1871. Son régiment participe à la défaite de Sedan et se replie à Hirson. Il combat ensuite autour de Paris à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) et est fait prisonnier une première fois par les allemands. Il s’évade, rejoint l’armée de la Loire puis celle de l’Est (Bourbaki). Il témoigne qu’ils étaient « partout battus, harcelés après quelques victoires sans lendemain comme à Coulommiers [Seine-et-Marne] le 9 novembre 1870 ou à Villersexel [Haute-Saône] le 9 janvier 1871. »

Arrêté une seconde fois vers Sombacourt (Doubs), il s’évade à nouveau et rejoint la Suisse par Pontarlier puis Les Verrières de Joux. Il est interné à Uzenach, dans le canton de Saint-Gall. Selon son témoignage, 84 422 soldats français sont internés en Suisse, dont 70 à Uzenach. Dans un courrier du 18 février 1871 à un oncle, il s’interroge : « Nous sommes vaincus, mais à quand la revanche ? » Il peut rejoindre la France à la fin de ce mois et réintègre son régiment.

En mars 1871, Rey fait la campagne de l’insurrection arabe en Algérie, selon la terminologie de l’armée, appelée également révolte des Mokrani, qui voit 250 tribus, soit près du tiers de la population algérienne, se soulever à l’appel du cheikh El Mokrani contre l’occupation française. Elle se déroule principalement en Grande-Kabylie. Rey obtient la médaille coloniale. Il est libéré du service militaire en 1873.

À suivre.

Le Cheylard

 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 00:01

François Aubignat naît le 29 décembre 1896 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Chassac (1862-1917) et de son compagnon Jean Aubignat (1867-1950), mineur, illettré. Ils vivent dans la commune 137, Grande-Rue. En 1911, la famille s’est installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, 5, rue du Canal. Ils résident dans le même immeuble que Jean Aubignat (1870-1961), frère homonyme de son père qui vit avec Marie Chassac (1868-1927), sœur homonyme de sa mère.

Du fait de la première guerre mondiale, François Aubignat, alors dégrossisseur, est incorporé de manière anticipée dans l’armée en avril 1915. Il est affecté dans l’artillerie, au 34e régiment en 1916 puis en 237e en 1917. Aubignat est porté déserteur le 26 août 1917 ; il est rayé des listes de contrôle le 31 août parce qu’il se présente volontairement à son unité. Cependant, cette absence lui vaut d’être l’objet d’une plainte et d’un procès, jugé le 28 novembre 1917 devant le conseil de guerre de la 127e division, où il est condamné à deux ans de travaux publics pour désertion à l’intérieur en temps de guerre. Le 4 décembre 1917, il est écroué à l’établissement pénitentiaire de Bossuet (act. Dhaya, wilaya de Sidi-Bel-Abbès, Algérie).

Libéré à l’été 1918, il reprend une part active aux combats, ce qui lui vaut d’être cité en janvier 1919 à l’ordre du régiment (le 210e RA) : « artilleur consciencieux et dévoué, ayant participé aux attaques du 9 et 18 août 1918 et à celles du 9 au 12 octobre 1918 ; a toujours donné entière satisfaction par sa conduite et son attitude au feu ». Il est décoré de la Croix de guerre. En septembre 1918, il avait obtenu une remise de peine d’un an. Il est démobilisé en septembre 1919, se voit refuser un certificat de bonne conduite, puis est amnistié en octobre 1919.

Devenu lamineur, sans doute à l’usine du Bi-Métal à Joinville-le-Pont, Aubignat réside en 1935 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. En 1937, il est terrassier débardeur. Il s’installe, en 1939 à Maisons-Alfort, toujours dans le même département, rue Eugène-Sue puis rue Ernest-Renan.

Son oncle, Jean Aubignat, et son cousin par alliance, Robert Lisambard, tous deux ouvriers, furent candidats communistes lors des élections municipales de Joinville en 1929 et également, pour le second, de 1935.

Il est rappelé au cours de la deuxième guerre mondiale, où il sert dans le 41e dépôt d’artillerie en février 1940 avant d’être démobilisé en mai de la même année.

Marié en mars 1951 à Paris (10e arr.) avec Marie Émilie Duflo, il meurt l’année suivant, le 3 août 1952 à Clichy-sous-Bois (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il était âgé de 55 ans.

L’établissement militaire de Bossuet, Algérie

 

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