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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 00:01

Louis Villiers-Moriamé naît le 5 septembre 1877 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Élisa Gabrielle Moriamé et de son époux Pierre Charles Joseph Villiers-Moriamé, de vaisseau, détaché à l’école normale militaire de gymnastique de Joinville, établie dans le Bois de Vincennes. Ils vivent dans le quartier du Centre, rue de Paris.

Ayant repris ses fonctions maritimes, Pierre Villiers-Moriamé, qui est chevalier de la Légion d’honneur, est basé à Cherbourg (Manche). En mars 1889, il emmène une escadre de quatre torpilleurs au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), commandant lui-même le torpilleur 110. Sur le trajet retour, son bateau disparaît corps et biens, avec quatorze membres de l’équipage. Le type de vaisseau était réputé pour son manque de stabilité, un accident comparable s’étant produit deux ans auparavant sur un autre torpilleur à Toulon. Le bateau venait de subir une importante réparation, avec le changement de sa chaudière. Sa veuve se voit attribuer un bureau de tabac à Paris ; elle est mère de six enfants, dont Louis est l’aîné. Les quatre garçons seront militaires.

Probablement dispensé de service militaire, en tant que fils aîné d’une veuve, Louis Villiers-Moriamé s’engage cependant en octobre 1895 pour trois ans et est affecté au 2e régiment d’artillerie de marine (RAM). Il est nommé brigadier en octobre 1896 puis maréchal des logis en mars 1898. Après avoir servi à partir d’avril 1900 dans le 1er RAM, il rejoint, comme élève officier, l’école militaire de l’artillerie et du génie en avril 1901. Il en sort sous-lieutenant en mars 1902 et commence une carrière dans les troupes d’outre-mer en rejoignant le 2e régiment d’artillerie coloniale. Il séjourne principalement à Dakar (Sénégal), mais aussi en Guinée et en Côte-d’Ivoire, ne faisant que de brefs retour en France par exemple en octobre 1910 où il est inspecteur d’armes à la manufacture de Saint-Étienne (Loire). Nommé lieutenant en avril 1904, il accède au grade de capitaine en juin 1911.

En août 1908, Louis Villiers-Moriamé s’est marié à Vauville (Manche) avec Anne Henry Receveur. Son épouse vit principalement à Cherbourg (Manche) où naissent sept de leurs huit enfants.

Le capitaine Villiers-Moriamé commence la première guerre mondiale dans les troupes coloniales, au 2e puis au 3e RAM, avant d’être affecté en avril 1917 au 269e régiment d’artillerie où il est blessé en juillet 1917 par éclat d’obus. Il est cité alors à l’ordre de la division : « Officier d’une superbe bravoure. Le 24/06/1917, sa batterie étant soumise à un intense bombardement de gros calibre et des hommes ayant été ensevelis dans une sape, a dirigé les travaux de déblaiement sous un feu violent, montrant un absolu mépris du danger, maintenant le calme et la discipline par son bel exemple. Blessé le 01/07/1917 à son poste de commandement, a conservé son commandement, évacué sur ordre. Il est de nouveau cité, à l’ordre du régiment, en novembre 1917 « Officier plein d’entrain et de sang-froid, pendant tout la durée des opérations du 28 octobre au 05 novembre, s’est fait remarquer par sa vigilance et par la précision de son tir. »

Après avoir été affecté en février 1918 au 101e régiment d’artillerie lourde (RAL) puis au 331e, il devient chef d’escadron en juillet la même année et est nommé en août au 330e RAL. Après la fin du conflit, Villiers-Moriamé a en charge le service automobile du 3e RAC à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend sa retraite de l’armée fin 1925 et réside dans la Manche.

En 1937-1938, le président de la section de Cherbourg du Parti social français s’appelle Villiers-Moriamé, mais il est peu probable que ce soit Louis, son statut d’ancien militaire n’étant pas mentionné. Présidé par le colonel de la Rocque, le PSF est un mouvement d’extrême-droite ; cependant, pendant l’occupation allemande, plusieurs de ses dirigeants, dont son président, s’engagent dans la Résistance.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la famille de Louis Villiers-Moriamé doit, sur ordre des autorités allemandes qui occupent le port, quitter Cherbourg. Elle s’installe dans le sud du département de la Manche, à Agneaux. Louis Villiers-Moriamé, comme ses trois fils en vie, s’engage dans la résistance à l’occupation allemande.

Sous le pseudonyme de Delarue, Louis Villiers-Moriamé, rejoint le réseau Centurie, service de renseignement français, créé en 1940 par le colonel Rémy. Il prend la direction des groupes d'action du sud du département. Fin 1943, une réunion importante se tient à son domicile afin de coordonner les groupes Action de Centurie avec ceux du réseau Brutus. C'est une étape vers la constitution des Forces françaises de l'intérieur (FFI) dans le département.

Avec ses groupes, Louis Villiers-Moriamé coordonne au premier semestre 1944, des sabotages et attaques contre l’armée allemande, en prévision du débarquement allié. Le 28 juillet 1944, Villiers-Moriamé se rend à Neuilly-la-Forêt (Calvados, act. Isigny-sur-Mer) au siège du Service de renseignements de l'armée américaine où il est interrogé sur l'activité et l'importance des troupes allemandes en retraite.

Louis Villiers-Moriamé meurt le 28 février 1960 à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il était âgé de 82 ans.

Fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1917, Louis Villiers-Moriamé devient officier de cet ordre en 1930. Il était décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et étoile de bronze et avait reçu des médailles pour ses services coloniaux de Guinée (1904) et de l’Afrique occidentale française (1905). En octobre 1945, la médaille de la Résistance française lui avait été décernée.

Louis Villiers-Moriamé (arch. fam.)

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 00:01

Suite de la biographie d’Adrien Moucheraud

Tout, en continuant de travailler en imprimerie, et alors encore militant anarchiste, Adrien Moucheraud est professeur de la section Aviation de l'Ecole supérieure de navigation aérienne pour la session 1889-1890. Le terme « aviation », utilisé depuis 1863, désigne alors la navigation aérienne qui, à cette époque, relève exclusivement de l'aérostation. Ayant produit lui-même son ballon, il fit sa première ascension le 10 mai 1890 à Paris, face à la toute récente tour Eiffel.

Il poursuit sa collaboration avec l’école l’année suivante. En août 1894, il a un premier accident de ballon. Il fête, en août 1896, sa centième ascension dans les Ardennes. Après une chute en août 1897, il est recueilli en mer par un remorqueur, à deux milles de la côte.

S’efforçant de motoriser ses ballons, Moucheraud subit un nouvel accident après l’explosion de fulminate de mercure, servant à actionner un moteur de son invention, en mars 1898.

Attiré, comme plusieurs milliers d’européens du continent, par la lutte des protestants de l’État libre d’Orange et de la République sud-africaine du Transvaal contre les colonisateurs anglais, Moucheraud se rend au Transvaal où la seconde guerre des Boers a été déclenchée en octobre 1899. Il rentre en France en septembre 1900 pour accompagner la visite de plusieurs généraux des deux républiques rebelles, conduits par le président Kruger. Moucheraud est présenté, dans les cérémonies officielles, comme « chargé de la défense aérienne au Transvaal ». Sa carte de visite stipule qu’il est « aéronaute des Républiques sud-africaines ». Environ 400 français figuraient parmi les quelques 7 400 membres de la Légion des étrangers, dont le colonel en retraite Georges de Villebois-Mareuil. Après de violents combats, et une répression féroce contre la population civile, les troupes britanniques mettent fin à l’indépendance des deux États et les intègrent à leur empire colonial en mai 1902.

Membre de l'Académie aéronautique de France, Moucheraud y est nommé pilote en février 1903. Il assure également la fonction d’archiviste-bibliothécaire. Il participe en tant que capitaine-pilote du ballon Prosper-Lambert à l’Exposition universelle de Saint-Louis, ville du Missouri (États-Unis) qui accueille, la même année, les troisièmes Jeux Olympiques de l'ère moderne.

Le mariage d’Adrien Moucheraud avec Victorine Marie Schmitt est célébré en février 1905 à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne) où ils résidaient alors. Il déclare exercer la profession d’imprimeur.

En 1906, il fait partie de la mission Wellmann qui, à bord du ballon dirigeable America, entendait survoler le pôle Nord à partir du Spitzberg. Moucheraud était chargé des observations scientifiques. Mais l’expédition ne put avoir lieu cette année-là. Remise en 1909, le ballon de la mission explosa à Christiania (act. Oslo, Norvège).

Une ascension de Moucheraud sur le Roitelet, ballon de 250 m3, est signalée à Bousval, (Brabant wallon, Belgique) en janvier 1907.

Adrien Moucheraud meurt le 7 novembre 1912 à Paris (5e arr.). Il est enregistré avec comme profession aéronaute, et résidait rue Linné. Il était âgé de 47 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

Son frère Paul Moucheraud (1866-1945), ouvrier lithographe, qui fut avec lui militant anarchiste à Paris (1884-1894), était devenu socialiste à Joinville-le-Pont (1904). Il poursuivi son activité d’imprimeur à Saint-Maur-des-Fossés.

Fin

Les parents de Paul et Adrien Moucheraud

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 00:01

Début de la biographie d’Adrien Moucheraud

Eugène Adrien Moucheraud naît le 17 mars 1865 à Paris (4e arr.) Il est le fils de Victoire Honorine Tiphaine, placière, et de son époux Lambert Moucheraud, peintre en bâtiment. Ils vivent rue de la Verrerie.

Adrien Moucheraud, ayant quitté l’école après 12 ans, fut placé en apprentissage de lithographe dans une imprimerie. Il va partager l’engagement militant de son frère, cadet d’un an, Paul Moucheraud, au sein du mouvement anarchiste, vraisemblablement dès 1884. Le 18 décembre 1885, il est arrêté après avoir posé des affiches du Comité exécutif révolutionnaire, pour appeler à une réunion, place du Chatelet, le jour suivant.

Le 11 juin 1886, il est condamné à Paris à deux mois de prison pour provocation d’un attroupement et le 11 septembre 1886, à quinze jours de prison pour la même raison.

En 1887, il créa en collaboration avec Jahn, Murjas, Paillette et Tennevin, l’hebdomadaire L’Avant-garde cosmopolite dont il fut l’imprimeur-gérant et qui eut huit numéros. Dans son éditorial, il écrivait « Oui, nous les jeunes, nous marcherons de l’avant et rien n’empêchera notre marche. Si sur notre route nous trouvons des obstacles, nous les briserons comme les vagues de la mer brisent les rochers… » Le premier numéro avait été tiré à 4 000 exemplaires.

Comme son frère Paul, il était membre de la Ligue des anti-propriétaires, fondée par Couchot, qui s’était spécialisée dans les déménagements « à la cloche de bois. »

Le 30 avril 1887, encore avec son frère Paul, après une réunion publique organisée par le groupe L’Avant Garde à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ils avaient ouvert le feu contre des membres d’un groupe qu’ils qualifiaient de réactionnaires et qui leur jetaient des pierres.

Aux élections municipales de mai 1887, Adrien Moucheraud se présenta à Paris dans le 5e arrondissement, comme « candidat abstentionniste ». Il déclara : « Je ne préconise pas le suffrage universel, parce que voter, c’est s’avilir, c’est-à-dire qu’on est une bête incapable de se conduire. Quand la masse ne sera plus abrutie par la société actuelle, elle n’aura plus besoin de voter, pour arriver à la transformation de l’État social. »

Il fréquenta la plupart des groupes anarchistes parisiens. Lors d’une réunion le 8 octobre 1887, salle Gaucher, organisée par le groupe Germinal, il fit l’éloge de l’action individuelle qui qui contribue plus « à la révolution sociale que ne le feraient toutes les réunions. »

Au printemps 1888 Adrien Moucheraud demeure quai d’Anjou et est l’un des animateurs de la Ligue des antipatriotes dont son frère Paul est le secrétaire. Fin 1888, il est secrétaire de La Jeunesse socialiste des Écoles avec Georges Brunet ; il demeure à ce moment quai de la Tournelle à Paris.

Le 22 avril 1892, une perquisition était effectuée à son domicile du boulevard Saint-Germain à Paris ; la police y saisit des affiches et le manifeste La Jeunesse socialiste des Écoles, signé de son nom. Le 10 janvier 1893, il était arrêté aux abords de la Chambre des députés. Une perquisition effectuée le 1er janvier 1894, ne donna aucun résultat.

Le 3 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs. Le 4 mars, le commissaire de Saint-Germain des Prés perquisitionna sa chambre de Moucheraud. Il avait refusé d’ouvrir la porte de son logement du boulevard Saint-Germain tout en proférant des injures, selon le policier, qui recourut à un serrurier pour forcer l’entrée. Parmi les documents saisis figuraient une carte du géographe Élisée Reclus, qu’il avait rencontré à la Société de géographie. Emmené au commissariat, il se déclara nihiliste et ami de Padlewski, assassin à Paris du général russe Séliverstoff, proférant des menaces envers les policiers puis le juge d’instruction. Ce dernier, nommé Meyer, désigna le 4 mai 1894, deux médecins afin d’examiner son état mental de afin de déterminer s’il était responsable de ses actes ou devait être enfermé dans une maison d’aliénés. Le rapport conclut à sa responsabilité tout en notant une grande exaltation. Il fut mis en liberté provisoire le 16 juin. De nouveau poursuivi par la préfecture, sur le même motif, il indique, le 1er juillet, ne plus s’occuper d’anarchie mais uniquement de son travail de lithographe et d’aérostation. Arrêté cependant, il est libéré le 10 juillet de la prison de Mazas. Le juge délivra, le 20 juin 1895, un non-lieu pour l’inculpation d’association de malfaiteurs. Comme son frère, Adrien n’eut plus d’activité dans les milieux anarchistes.

À suivre

Profession de foi abstentionniste d'Adrien Moucheraud

 

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 00:01

Henri Joseph Gustave Alphonse Trohel naît le 11 novembre 1879 à Saint-Pierre-des-Landes (Mayenne). Il est l’aîné des huit enfants d’Angélique Renault, marchande, et de son mari Henri François Trohel, cordonnier.

En 1899, il réside à Maison-Carrée (act. El-Harrach), commune de la proche banlieue d’Alger, où se trouve le siège des Pères blancs, créés par le cardinal Lavigerie pour le développement des missions chrétiennes en Afrique. Il y est dispensé du service militaire, du fait de sa myopie importante. Il est, début 1901, élève du séminaire catholique de Carthage, dans la banlieue de Tunis. Il y est probablement ordonné prêtre en été 1903.

Il rejoint alors le noviciat de Pères blancs à Saint-Laurent-d’Olt (Aveyron). Il est envoyé en septembre 1904 à Ghardaïa, dans la région du M’zab, au cœur du Sahara algérien. Peut-être y rencontre-t-il le père Charles de Foucauld, qui est proche des Pères blancs et rejoint Tamanrasset en passant par Ghardaïa. Trois ans plus tard, Trohel est à Mombasa, au Kenya.

Revenu en France, en 1909, il séjourne d’abord à Neuilly-Plaisance puis à Noisy-le-Grand (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Le diocèse de Laval (Mayenne), dont il est originaire, le met à disposition de l’archidiocèse de Paris, qui le nomme, en novembre 1910, vicaire de l’église Saint-Charles Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dont le curé est l’abbé Léon Roger. Il vit, en compagnie de sa sœur Marie Louise, au centre-ville, rue de Paris. Cette même année, son jeune frère Auguste, passé lui aussi par Alger, est ordonné prêtre à Laval.

La carrière ecclésiastique de l'abbé Henri Trohel se termine avec sa nomination, en novembre 1912, au vicariat de Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). L’année suivante, en septembre 1913, il est professeur et vit rue Pouchet à Paris (17e arr.) et y épouse Rose Blanche Lavaud, une jeune divorcée. Tous les deux divorceront aussi, peu de temps après, en février 1917.

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Trohel est d’abord renvoyé dans ses foyers, à cause de sa mauvaise vue, puis affecté, en août 1915 à la 22e section d’infirmiers. Il rejoint, en février 1918, le 7e régiment du génie d’Avignon avant de retourner en avril à la 15e section d’infirmiers, où il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, il enseigne en collège à La Seyne (Var). Il aurait été ensuite agent d’assurances.

Henri Trohel meurt le 29 avril 1964 à Solliès-Ville (Var). Il était âgé de 86 ans. À l’issue de la première guerre mondiale, il avait reçu la médaille commémorative de la Grande-Guerre.

La maison des Pères Blancs à Ghardaïa

 

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9 septembre 2021 4 09 /09 /septembre /2021 00:01

Louis Ernest Olivier Labiouse naît le 17 juillet 1884 à Paris (7e arr.) ; son nom est fréquemment orthographié « Labiouze ». Il est le fils de Louise Caroline Haran, ouvrière en dentelles, et de son mari Irénée Benoit Adolphe (dit René) Labiouse, employé de commerce au grand magasin Le Printemps. Ils vivent rue Oudinot. Sa mère, qui ouvrira son atelier, est réputée dans les milieux chrétiens. Son père acquiert des responsabilités dans la Société Philanthropique de l'Union du Commerce à Paris en 1886.

Entré au séminaire catholique de Paris, il effectue une première partie de service militaire entre octobre 1904 et septembre 1905 au 104e régiment d’infanterie puis une seconde de novembre 1907 à juillet 1908. Il rejoint alors la maison d’accueil de la Congrégation du Saint-Esprit (spiritains) à Chevilly-Larue (Seine, act. Val-de-Marne).

Ordonné prêtre du diocèse de Paris, il est envoyé en mission en Guinée française. La hiérarchie catholique estime que dans ce territoire, « un splendide champ d'évangélisation s'ouvre. »

Dans une lettre de mai 1914, datée de Kindia, station fondée trois ans auparavant dans le Sud-Ouest du pays, le père Labiouse donne son point de vue sur la vie en brousse. « J’ai à m’occuper de 15 ou 16 villages situés aux quatre points cardinaux de la Mission ! (…) Dans chacun de ces villages, 15, 20, 30 enfants apprennent prières, catéchisme et cantiques à l’école de notre catéchiste. Sont-ils intelligents ? En général, oui ; certains même semblent dépasser la moyenne et font espérer ; mais dès que l’âge critique arrive, l’orgueil, les passions, souvent tout s’écroule ! (…) Les Noirs sont perfectibles comme tous les hommes ; mais on s’en apercevra seulement dans un siècle ou deux. (…) La grande difficulté est que nous avons affaire, en maint endroit de la Basse-Guinée, à des Musulmans, en général cependant pas fanatiques puisqu’ils nous confient assez facilement leurs enfants… »

Au début de la première guerre mondiale, Louis Labiouse est mobilisé à Conakry (Guinée). Devenu caporal en juillet 1915, il intègre le bataillon de l’Afrique occidentale française et est intégré dans l’expédition franco-anglaise qui se bat, en 1916, contre les troupes allemandes au Cameroun. La défaite des troupes coloniales de l’Empire amène le départ des missionnaires catholiques allemands pallottins de la société de l'Apostolat Catholique. Ceux-ci demandent aux autorités militaires françaises d’affecter des religieux catholiques pour éviter que des protestants américains ne prennent la relève. Les forces d’occupation décident donc d’accorder un sursis spécial à sept prêtres servant comme combattants dans l’armée, et parmi eux quatre spiritains, dont le père Labiouse. Il rejoint la mission de Ngovayang (act. département de l'Océan), dans une zone montagneuse du Sud du pays. Il termine la construction de l'église dédiée à saint François-Xavier que les pallottins avaient commencé. Démobilisé en mars 1919, le père Labiouse rejoint brièvement la métropole.

Il retourne, en janvier 1921 depuis Marseille, pour la Guinée française. Il est affecté à Boké (act. Guinée-maritime), sur les bords du Rio Nunez. Il circule régulièrement sur ce fleuve en baleinière et y fait naufrage en novembre 1933. Sans dommage corporel, il regrette cependant la perte de ses notes sur la langue tchappy, au sujet de laquelle il avait noté des conversations, proverbes et prières.

Retourné en France, l’abbé Labiouse est nommé vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Jusqu’en 1937, le curé est Victorin Martin, remplacé alors par Augustin Baudot.

Louis Labiouse meurt le 17 octobre 1949 à Chevilly-Larue, dans la maison d’accueil de la Congrégation du Saint-Esprit. Il était âgé de 64 ans.

Ngovayang, église saint François-Xavier

 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 00:01

André Victorin Bonnefoi naît le 23 mars 1857 à La Seyne-sur-Mer (act. Var). Il est le fils de Reine Antoinette Solaro et de son époux Marius César Xavier Bonnefoi, chaudronnier en cuivre.

À 20 ans, André Bonnefoi s’engage dans l’armée et est affecté à la 4e compagnie d’ouvriers de marine à Toulon (act. Var). Il devient brigadier en août 1879 puis maréchal des logis en juillet 1880.

Envoyé au Sénégal, en octobre 1880, il sert dans la 1e Compagnie d’ouvriers d’artillerie de marine. Il est blessé lors de la bataille de Goubango (Haut-Sénégal, act. Mali) et décoré de la médaille militaire en 1881 pour s’être « conduit avec la plus grande bravoure ». Après une convalescence en France, il retourne au Sénégal en janvier 1882 et reste en service dans la région du Haut-Fleuve jusqu’en août 1883. À partir d’octobre 1882, il est sous-officier chargé de la conservation du matériel avec le titre de garde d’artillerie.

Après son retour en France, il est affecté à la direction de l’artillerie de Rochefort (Charente) pendant deux ans puis à celle de Toulon en avril 1885. Il effectue de courtes sorties en mer sur les vaisseaux Marceau puis Amiral Duperré.

Son mariage avec Augustine Mélanie Eulalie Daranda est célébré en octobre 1883 La à Seyne-sur-Mer.

Expédié de nouveau au Sénégal en mai 1892, il reste deux ans à la direction de l’artillerie. Il revient en juin 1894 à la Fonderie de Ruelle (act. Ruelle-sur-Touvre, Charente) puis retrouve la direction de l’artillerie de Toulon en juillet la même année, avant de rejoindre celle de Cherbourg en mai 1896. Il y devient officier d’administration en juillet 1900.

Il participe à partir de janvier 1901 à de nouvelles opérations militaires dans une colonie française, Madagascar. Il est responsable de la sous-direction de l’artillerie de Tamatave (act. Toamasina, Est de l’île). En 1902, il est d’abord à Tananarive (act. Antananarivo) puis à Soanierana (Tsiroanomandidy), dans la même province centrale.

Malade, il rentre en France, est affecté à la direction de l’artillerie de Brest en janvier 1903 puis prend sa retraite de l’armée en août la même année. Ayant 25 ans et 6 mois d’ancienneté, il se voit attribuer une pension de 2 975 francs par an. La famille s’installe à La Seyne, rue Balaguier. Son fils aîné Marius s’engage dans l’armée de terre en octobre 1903.

Lorsque ce dernier devient instructeur de l’École de gymnastique et d’escrime, les Bonnefoi s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où est basée cette école. Il y réside à partir de juillet 1911, dans le centre-ville, rue Chapsal et quand il est décoré de la Légion d’honneur par le général Silvestre, commandant de la place de Vincennes, en février 1912.

Comme son fils et à l’instar de plusieurs officiers de l’École de Joinville, André Bonnefoi est franc-maçon. Il fréquente la toute récente loge Germinal, de Joinville-le-Pont après avoir été membre d’une autre instance affiliée au Grand-Orient de France, la loge Les Vrais Experts, qui avait accueilli notamment le pédagogue et anarchiste espagnol Francisco Ferrer.

Mobilisé pendant la Première guerre mondiale, André Bonnefoi est affecté à la direction de l’artillerie de Clermont-Ferrand. Devenu capitaine, il officie en 1915 à l’École militaire des Enfants de troupe, établissement d’instruction situé à Billom (Puy-de-Dôme). C’est là qu’il a l’occasion, en janvier 1915, de remettre la croix de chevalier de la Légion d’honneur à son fils Marius, alors sous-lieutenant au 4e régiment de zouaves, blessé et en traitement à l’hôpital militaire. La presse trouve la cérémonie touchante, soulignant « qu’il est extrêmement rare de voir un légionnaire décoré par son père. »

De retour en région parisienne, André Bonnefoi est en charge de l’inspection des forges de Paris et expert au ministère de la guerre en 1916. La famille s’est installée à Saint-Maurice, commune voisine de Joinville, dans la Grande-Rue.

Après-guerre, André Bonnefoi ne semble pas avoir d’activité publique. Il est membre de l’association nationale des officiers en retraite. Il se plaint, en novembre 1930 au Grand chancelier de la Légion d’honneur de ce qu’il ne touche pas de traitement du fait de cette décoration, contrairement aux autres décorés à titre militaire.

André Bonnefoi résidait toujours avec son épouse et sa fille en 1931 à Saint-Maurice. Il était alors âgé de 74 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Des soldats français au Haut-Sénégal (Wikipédia)

 

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12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 00:01

Louis Antoine Philip naît le 7 mars 1876 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Marie Antoinette Lesbros et de son époux Daniel Dominique Philip, typographe. Ses parents sont originaires des Hautes-Alpes.

Vivant rue Saint-Paul, dans le même arrondissement, la famille s’installe, en 1902 avenue Gille, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy. Son père sera conseiller municipal de Joinville de 1908 à 1912. S’il y est domicilié, Louis Antoine Philip quitte cependant rapidement les lieux, car il est nommé, en juillet 1902, commis de comptabilité au secrétariat général du gouverneur français de Madagascar.

En octobre 1903, Louis Antoine Philip épouse à Nogent-sur-Marne Jeanne Alice Toussaint. Ils s’installent, avec un enfant, à Tananarive (Madagascar) en novembre 1908. Il est alors administrateur adjoint puis deviendra administrateur colonial en 1919. Le mariage ne va guère durer car, en juillet 1912, les époux Philip divorcent ; cependant, Louis Antoine Philip se remarie, toujours à Nogent, en décembre 1912 avec Lucie Suzanne Toussaint, sœur cadette de sa première épouse. Cette dernière contracte un nouveau mariage à Tananarive, où elle reste jusqu’à son décès en avril 1957.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Antoine Philip est lieutenant au sein du 12e bataillon de chasseurs malgaches qui combat en métropole, dans l’Aisne, au sein de la division marocaine de la Xe armée. Le régiment obtient trois citations collectives à l’ordre de l’armée. Philip est également cité à l'ordre de l'armée, le 10 novembre 1918, pour avoir « A enlevé sa compagnie dans, un élan superbe à l'assaut d'une position fortement organisée et malgré un tir violent de mitrailleuses prenant ses sections de flanc. Est tombé très grièvement blessé, ayant la satisfaction de voir sa troupe atteindre l'objectif qui lui était assigné avant d'être évacué du champ de bataille. 2 blessures, 2 citations ». Il sera ensuite, dans la réserve, nommé capitaine en juin 1928.

Reprenant son activité civile, Philip réside à Fort-Dauphin (act. Tôlanaro) au sud-est de Madagascar en 1921. Il est chef du district de Marovoay, dans la province Majunga (nord-est de l’île) en 1926. Il prend sa retraite en 1930 en tant qu’administrateur de première classe et s’installe à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Après la deuxième guerre mondiale, la famille Philip est installée à Antibes, route de Grasse, villa Rose de Mai. Lucie Philip y meurt en mai 1949. Louis Antoine Philip décède le 12 août 1968 à Antibes. Il était âgé de 92 ans. En janvier 1919, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Il était également décoré de la Croix de guerre 1914-1918 et de la médaille militaire.

Tananarive

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 00:01

Début de la biographie de Justin Mauran

Pierre Justin Mauran naît le 9 juin 1817 à Réalmont (Tarn). Il est le fils de Rose Félicité Jalguès (ou Salguès) et de son mari Pierre Jean Mauran, 38 ans, charpentier.

Devenu prêtre vers 1846, il séjourne dans une petite ville du Midi puis devient missionnaire apostolique. Parti de Paris pour Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique), il embarque sur le navire la Marie le 3 mars 1847 et atteint Port-Louis (île Maurice) le 28 mai puis Saint-Denis (île Bourbon, act. île de La Réunion) le 5 juin.

Dans une relation de son voyage, il critique la vente d’esclaves malabars (indiens) à Maurice. La question de l’esclavage est très présente dans son ouvrage. Il témoigne : « J’ai vu Bourbon pendant l’esclavage, je l’ai vu après l’émancipation ». Il rapporte les propos d’une ancienne esclave sur sa relation avec ses anciens maîtres. Devenu curé de la paroisse de La Possession, faisant partie de la commune de Saint-Paul, l’abbé Mauran constate que « l’émancipation des esclaves arrêta le commerce, causa une gêne générale. »

Selon l’historien Prosper Ève, spécialiste de l'esclavage à Bourbon, Justin Mauran fait partie, avec cinq autres prêtres, des propagateurs des idées « insensées » de Sarda Garriga, nommé en 1848 par Victor Schœlcher, commissaire général de la République à La Réunion pour y mettre en application le décret de l'abolition de l'esclavage. Sarda Garriga s’oppose aux propriétaires et décrète l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848. Il est relevé de ses fonctions, et quitte La Réunion en mai 1850.

La Possession, l'église

Pour sa part, l’abbé Mauran quitte l’Île de La Réunion en octobre 1849. Son récit, signalé par nombre de publications catholiques, mêle quelques avis sur ce qu’il a vu avec des textes plus poétiques ou des cantiques. Il évoque son bonheur d’avoir été curé de campagne. Le directeur de la Bibliographie Catholique, l’abbé Bérault des Billiers se plaint que dans le livre « il est dit fort peu de choses de l'Ile-de-France et de l'Ile-Bourbon » et qu’il y a trop d’incohérences entre les diverses parties de l’ouvrage, qui inclut une histoire édifiante de d’Adolphe et Marie, enfants d’un comte sans aucun lien avec La Réunion, de même que plusieurs harmonies en vers, dédiées à la vierge Marie. Une édition séparée d’Adolphe et Marie paraît à Paris en 1853.

Rentré en France en octobre 1849, Justin Mauran est affecté à l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Paris (2e arr.). Le curé est Jean Brice Portalès, que l’abbé Mauran connaît depuis 1847. Il lui consacre, en 1854, peu avant sa disparition en janvier 1855, un livre intitulé Le bon Pasteur.

Second vicaire à Neuilly (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1849, l’abbé Mauran publie des articles dans des revues religieuses, notamment consacrées Souvenirs du cap de Bonne-Espérance en 1852, où il raconte l’histoire du vicomte Numa de Castel, qu’il qualifie de « catholique en terre protestante ». En août 1852, dans La Voix de la vérité, il publie une longue tribune de Questions aux partisans de la nouvelle doctrine dite Traditionalisme, dans laquelle il fait appel à la raison, soulignant qu’elle vient aussi de Dieu. Il est nommé, en février 1859 vicaire à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, église de Paris (7e arr.).

Il dispose certainement d’une certaine liberté dans l’exercice de son ministère, puisqu’il est à Marseille en 1860, où il rencontre la famille Coutel, coupe de chaudronniers, originaires d’Aurillac (Cantal). L’épouse entend parler d’une rumeur qui circule dans ce département, depuis 1850 au moins, selon laquelle un certain Antoine Trin, parti depuis longtemps pour l’Amérique, venait de mourir dans l’État de New-York, laissant une succession de 24 millions de dollars soit cent vingt millions de francs. Elle l’identifie comme étant son oncle.

Sans disposer de plus d’informations, l’épouse en question se rend à New-York (États-Unis), en octobre 1860, où, ne parlant pas l’anglais, elle ne recueille qu’un renseignement vague du consulat français sur le fait que son parent se serait fait appeler lord Trin of Lioukand, ce qu’elle assimile à une traduction de Lieucamp. De retour à Marseille, elle confie en novembre de la même année, les recherches à deux personnes, avec qui elle promet de partager les sommes à percevoir : M. Gilet, chef d’institution à (école) Marseille et l’abbé Justin Mauran.

Pour mener leurs travaux, ils engagent le couple Coutel à emprunter 25 000 francs, dont Gilet prend 15 000 et Mauran 10 000, ce qui lui permet de payer les frais de son voyage de dix-huit mois aux États-Unis. Il raconte qu’il a « trouvé de grandes difficultés, de grands obstacles. Le premier était mon ignorance du langage et des formes judiciaires. J’ai dû avoir recours à un avocat qui m’a promis de réussir ». Cependant, le déclenchement de la guerre de Sécession, en avril 1861, a, selon lui, rendu ses démarches impossibles, bien qu’il assure que « cette succession existe et qu’on la retrouvera. »

Le couple Coutel poursuit, en novembre 1862, Gilet et Mauran devant le tribunal de police correctionnelle. Cependant, il est acquitté, ayant soutenu qu’il n’était pas l’auteur de la rumeur et qu’il avait bien reçu, et suivi, les instructions du couple Coutel.

À suivre

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