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5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 00:01

Mise à jour de la biographie de Nicolas Spycket (17/12/2014).

Nicolas Jacques Spycket naît le 21 novembre 1755 à Chimay (Hainaut, Pays-Bas autrichiens, act. Belgique). Il est le fils de Marie Joseph Hardy et de son époux Nicolas Spycket.

Arrivé à Paris en 1779, Nicolas Jacques Spycket épouse en juin 1784, à l’église Saint-Sulpice de Paris, Catherine Josèphe Devaux. Il exerce la profession de carrier dans le village du Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) où la famille est installée, au moins depuis 1787.

Après le début de la Révolution française, est secrétaire-greffier (membre de l’exécutif municipal) en février 1790, dans la première municipalité de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, constituée de facto par scission de la paroisse de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, avant la reconnaissance de la nouvelle commune la même année par les autorités du département de Paris. Il est élu en novembre 1790 à la même fonction, toujours avec Edme Lheureux comme maire. Cependant, en septembre 1791, c’est le père Nicolas Bauche, desservant de la chapelle Saint-Léonard, qui est secrétaire-greffier et assure la publication de l’acte constitutionnel le 25 septembre.

En 1793, Nicolas Jacques Spycket est identifié comme commissaire de police à Paris, rue des Postes (act. rue Lhomond, 5e arr.). Il justifie auprès du Comité de surveillance en avril 1793 qu’il « vit du traitement de sa place ». En l’an 4, il est devenu « l’un des quatre inspecteurs pour les vols et assassinats » selon une note rédigée par le révolutionnaire Gracchus Babeuf, datée du 17 floréal an 4 [06/05/1796]. Babeuf considère qu’il est « royaliste, fayettiste [partisan de La Fayette], fédéraliste, réacteur du 9 thermidor, l’un des persécuteurs le plus acharné des patriotes en germinal et prairial, et le plus vil agent des comités de gouvernement à cette époque, ainsi que Legoy, ci-dessus nommé, son secrétaire, et Duchesne, son commis, étaient les satellites, le vendémiariste le plus outré, qui voulait ainsi qu’eux qu’on exterminât la Convention. »

En l’an 8 (1800), quand les municipalités communales sont rétablies, Nicolas Spycket serait redevenu membre de l’assemblée de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, toujours en tant que secrétaire-greffier, selon l’historien René Dennilauler ; Laurent Pinson est maire de la commune. Spycket n’est pas reconduit dans cette fonction dans la municipalité de de l’an 9.

En l’an 9, Spycket est officier de paix à Paris, division du Panthéon, et est basé rue des Anglais (5e arr.).

La date de son décès n’est pas connue. Nicolas Spycket n’est pas recensé dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en l’an 10 (1802). Il était père d’une fille.

Sceau de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en l’an 12

 

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 00:01

Pierre Poté naît le 29 décembre 1896 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Dechelle et de son époux, Henri Auguste Poté, architecte Ils vivent rue Godefroy-Cavaignac.

Pendant la première guerre mondiale, Pierre Poté, qui était alors employé de commerce, est mobilisé en septembre 1917 au 23e régiment d’infanterie. Il est réformé, temporairement, en octobre pour une sclérose au sommet gauche. Il est ensuite classé pour effectuer un service auxiliaire et affecté en février 1918 à la 20e section de secrétaires d’état-major. Il est démobilisé en novembre 1919.

Après le conflit, il vit avec ses parents dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, avenue de Joinville. Il travaille alors avec son père en tant que commis d’architecte. Il exerce toujours cette fonction en 1931 puis devient vérificateur de travaux pour l’administration des Postes, télégraphes et téléphones (PTT).

À Joinville, Pierre Poté rejoint la section locale du mouvement royaliste Action française. Il en est cité comme membre de juin 1925 à avril 1933.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Pierre Poté est affecté spécial au ministère des transmissions. Il est ensuite, en mars 1940, attaché au bureau de recrutement de la Seine.

Pierre Poté meurt le 4 septembre 1963 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 66 ans.

La Poste à Joinville

 

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 00:01

Alfred Louis Masse naît le 8 avril 1897 à Quissac, Gard. Il est le fils d’Augustine Félicie Barrandon et de son mari, Louis Étienne Alfred Masse, maçon.

Employé de chemin de fer et résidant à Cette (Hérault, act. Sète), Alfred Masse épouse en avril 1921 à Nîmes (Gard) Marie Louise André, fille d’un négociant.

La vie d’Alfred Masse va suivre ses nominations dans différentes gares exploitées par le compagnie Paris-Lyon-Méditerranée (PLM). En 1925, il est affecté à Paris Gare de Lyon et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il réside dans le quartier de Polangis, avenue Bourguignon (act. rue des Frères-Lumière).

Dans sa nouvelle commune, Masse prend part à la constitution d’une section du mouvement royaliste Action française en mai 1926. Il en est vice-président, comme André Biscaldi tandis que Louis Filleul est trésorier et Charles Pernot président. L’organisation d’extrême droite existait localement depuis la fondation d’un groupe de Nogent-sur-Marne en avril 1910 ; il s’était baptisé Fédération Nogentaise en 1913 et regroupait également des adhérents de Joinville, Saint-Maur et Champigny. Le docteur Georges Bitterlin, conseiller municipal de Joinville entre 1912 et 1919, en était la personnalité marquante.

En novembre 1927, Alfred Masse réunit chez lui un groupe de cheminots royalistes, dont Georges Palous, Camelot du Roi actif, et Louis Bonnefont, membre du syndicat du Rail et du comité directeur de l'Union des corporations françaises, qui se veut l’organisatrice de la présence du courant monarchiste dans le monde du travail. Il est toujours vice-président de la section en septembre 1928.

Muté à Valence (Drôme), Alfred Masse est l’organisateur de la section locale de l’Action française en juillet 1930, dont le président de la Fédération du Dauphiné le nomme président en novembre de la même année. La famille habite rue Pierre-Corneille. À son départ en juin 1931, le comte de Chivré, président des Comités royalistes de la Drôme, assure que « tous les ligueurs de Valence » (les membres du mouvement) « le tiennent pour un chef, un animateur et un ami. »

Ayant pris ses nouvelles fonctions professionnelles à Nîmes (Gard), où il vit rue Notre-Dame, Alfred Masse est une nouvelle fois nommé président de la section d’Action française en août 1931. Un des anciens membres du bureau de la section de Valence, René Clamens, l’accompagne dans la direction de celle de Nîmes, ainsi qu’Henri Masse.

En janvier 1932, Alfred Masse copréside la fête des rois, organisée à Nîmes, avec Mme de Limairac, présidente des Dames royalistes de la région, et le docteur Roujon, conseiller général du Gard. En février la même année, il fait partie d’une délégation qui porte la controverse dans une réunion publique de la Ligue des droits de l'homme, consacrée au thème de la paix et du désarmement et animée par Campolonghi, président de la section italienne de la ligue.

Avec son beau-père, Marius André, dont il partage le domicile, Alfred Masse est en 1932 l’un des animateurs de l'Association Marius Plateau, regroupant des anciens combattants de l'Action française fondée par Guy Steinbach. Elle porte le souvenir de Marius Plateau (1886-1923), ingénieur, à l'origine de la fédération des Camelots du roi en 1908.

Toujours président de la section en décembre 1933, Alfred Masse quitte ensuite cette fonction. Il siège toujours au bureau et en est le secrétaire en janvier 1936.

Alfred Masse meurt le 5 novembre 1983 à Montpellier (Hérault). Il était âgé de 86 ans et père de trois enfants.

Ancienne gare de Joinville-le-Pont, vue du quai

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 00:01

Louis Jean Baptiste Marie Filleul naît le 26 juin 1871 à Bellegarde, Creuse (act. Bellegarde-en-Marche). Il est le fils d’Amélie Sémentery, institutrice communale et de son marié Étienne Filleul, plâtrier.

Il est sabotier en 1892 lorsqu’il est incorporé en novembre au 1er régiment de zouaves, dans le cadre de son service militaire. Il est envoyé immédiatement en Algérie où il est affecté, en octobre 1893, à la 19e section de commis et ouvriers de l’armée (COA). Devenu caporal en octobre 1894, puis sergent en mai 1895, il rentre d’Algérie pour être démobilisé en octobre la même année.

Exerçant désormais le métier de peintre en bâtiment et établi à son compte en 1901 à Bellegarde, Louis Filleul vit à Paris à partir de 1902, d’abord dans le 15e arrondissement, rue Vaugirard puis dans le 14e, rue de l’Ouest.

Sans être marié, il cohabite en 1907 dans le 17e arrondissement, rue Lévis, avec une blanchisseuse divorcée, Hermance Joséphine Seynnaëve. Il en a un fils, en janvier 1908, Jean, qu’il élève ensuite à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) où il est installé en 1910 avec sa sœur Louise. Louis Filleul déménage en 1914 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où est installé son frère Henry, également peintre. Il vit rue des Marronniers (act. rue Eugène-Voisin, centre-ville).

Rappelé au cours de la première guerre mondiale en août 1914, il est affecté en mars 1915 à la 12e section de COA. Du fait de raideurs aux articulations, il est préposé à des services auxiliaires non armés par la commission de réforme de Limoges en décembre 1916 puis complètement réformé en mars 1917, dans la même ville, du fait de la présence d’un corps étranger au genou droit.

Poursuivant son métier de peintre et toujours à Joinville avec son fils, Louis Filleul fait partie du bureau de la section de Joinville du mouvement royaliste Action française lorsqu’elle est officiellement constituée en mai 1926. Il en est le trésorier, au côté de Charles Pernot, président et d’André Biscaldi et Alfred Masse, vice-présidents. Louis Filleul participe à de nombreuses souscriptions mentionnées par le quotidien Action française à partir de 1927. En 1927, son fils, alors âgé de 19 ans, souscrit lui aussi pour l’Action française.

En 1931, Louis Filleul a quitté son domicile de la rue Eugène-Voisin à Joinville. Une souscription pour l’Action française est mentionnée, en octobre 1931, comme étant versée par Louis Filleul à la section de la Creuse. Une autre est signalée, en janvier 1935, comme étant recueille par la section d’Alger de la formation royaliste de la part également de Louis Filleul. On retrouve également un donateur éponyme pour le même parti en mai 1936. C’est encore Louis Filleul qui, en compagnie d’André Morel, répond à un appel Pour l’organisation de la propagande lancé par le quotidien conservateur L’Écho de Paris en mai 1936, afin de faire barrage aux formations de gauche qui ont constitué le Front populaire.

La date du décès de Louis Filleul n’est pas connue.

Joinville-le-Pont en 1907

 

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 00:01

André Viault naît le 20 juin 1883 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Marie Ida Euphrasie Sinot et de son mari Charles Arthur Viault, tous deux employés. Ils vivent faubourg Poissonnière.

Alors employé de commerce et vivant boulevard Voltaire avec son père, négociant, André Viault épouse en avril 1910 à Paris (3e arr.) Marthe Élise Émilie Servo.

Il monte alors son entreprise de tournage et découpage sur bois et autres matériaux, produisant notamment des isolants pour l’électricité. Elle est installée dans le 12e arrondissement, rue Fabre-d’Églantine.

Au cours des années 1920, ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident en 1926 dans le quartier de Polangis, avenue du Château (act. avenue Foch).

En juillet 1925, Viault participe à une souscription lancée par le mouvement royaliste Action française Pour la veuve et les enfants d'Ernest Berger, militant tué dans le métro de Paris. Sa participation est transmise par la section de Joinville du parti, alors en cours de constitution.

Lors des élections municipales de mai 1929, André Viault est candidat sur la liste d’Union républicaine et démocratique du maire sortant, Stephen Durande (divers-droite). Devancée au premier tour par la liste d’Union des gauches (radical-socialiste, socialistes SFIO et socialistes indépendant), elle n’emporte que cinq sièges sur 27 au second tour malgré le maintien de la liste communiste. Viault recueille au premier tour 890 voix pour 2 126 suffrages exprimés (41,9%) sur 2 491 inscrits ; il n’est pas élu.

En novembre 1932, il est désigné comme trésorier du Comité d’union républicaine et d’action sociale, alors présidé par Émile Lecuirot, dirigeant d’un club d’aviron. Le comité regroupe la plupart des personnes engagées dans les organisations libérales et conservatrices dans la ville. Il devient vice-président de l’Union régionale, le groupement qui en prend la succession à partir de 1935.

En avril 1935, Viault est réélu membre du bureau de la Mutualité scolaire de Joinville. Présidée l’électricien par Ernest Gillot, la mutualité verse des aides aux familles qui ont cotisé et aident les enfants à épargner en vue de leur retraite.

André Viault meurt le 23 novembre 1937 à Joinville. Il était âgé de 74 ans et père de deux enfants.

L’hebdomadaire libéral Union régionale lui délivre les qualificatifs suivants : « Aimable, sympathique, conscience, honnêteté ». Ses obsèques sont célébrées en l’église Sainte-Anne de Polangis. Il est précisé qu’il était conseiller curial et qu’il aurait mené une « vie très chrétienne ». Le maire, Léon Lesestre, lui rend hommage en présence notamment de plusieurs adjoints et de l’ancien ministre Adolphe Chéron. Il est inhumé dans le caveau familial, au cimetière parisien du Père-Lachaise.

L'Elysée Palace à Joinville-le-Pont

 

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 00:01

Charles Alfred Pernot naît le 11 septembre 1881 à Lima (Pérou). Il est le fils de Carlota Rojas et de son mari Alfred Frédéric Pernot, négociant. Il disposera des deux nationalités, péruvienne et française.

Devenu voyageur de commerce, résidant rue de Nesles à Paris (6e arr.), Charles Pernot épouse en avril 1913 Louise Perrine Françoise Guyon, couturière, qui réside à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue du Canal (act. rue Henri-Barbusse), où ses parents sont ouvriers.

Au cours des années 1920, Charles Pernot s’installent à Joinville, à la même adresse. Dans sa nouvelle commune, Il s’engage dans la vie politique au sein du mouvement royaliste Action française. Il est cité comme souscripteur pour cette roga$ en janvier 1926.

Lorsque la section de Joinville de l’Action française est définitivement constituée, en mai 1926, Charles Pernot est désigné comme président. Le bureau comprend également André Biscaldi, Alfred Masse et Louis Filleul. Son épouse participe également aux souscriptions du mouvement d’extrême-droite.

Démissionnaire en juin 1932, Pernot est alors remplacé par Maurice Bisson. Il est toujours signalé comme participant, en janvier 1934, à la traditionnelle messe en souvenir de la mort de Louis XVI, organisée dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris.

En 1937, Charles Pernot quitte Joinville et s’installe à Paris (4e arr.) dans le quartier de l’Arsenal, rue des Lions-Saint-Paul.

La date de son décès n’est pas connue.

Rue du Canal à Joinville-le-Pont

 

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22 février 2022 2 22 /02 /février /2022 00:01

Louis Gaston Marie Léon Richard naît le 15 janvier 1896 à Paris (20e arr.) Il est le fils de Léontine Geneviève Philomène Letertre et de son époux, Louis Marie Richard, employé de chemin de fer. Ils résident rue de Pixérécourt.

Devenu comme son père cheminot, Louis Richard s’engage dans l’armée pour quatre ans au cours de la première guerre mondiale. Il est affecté au 135e régiment d’infanterie. En juillet 1917, il est intoxiqué par les gaz dans le bois d’Avocourt (Meuse), au cours de la bataille de Verdun. À partir de mai 1919, il est affecté spécial à la quatrième section de chemin de fer. Il est démobilisé en septembre 1919. Pour son comportement, il a été cité à l’ordre du régiment en novembre 1918.

Alors domicilié avec ses parents rue Compans à Paris (19e arr.), Louis Richard épouse quelques jours après la fin de sa période militaire, en octobre 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Germaine Louise Letertre, fille d’un maréchal-ferrant et d’une restauratrice de la commune. Ils s’installent dans le quartier de Polangis à Joinville, avenue Oudinot. Louis Richard est employé par les chemins de fer de la Ceinture de Paris puis par la compagnie Paris-Orléans. Après la fusion des réseaux, il sera salarié de la SNCF, Société nationale des chemins de fer français.

Il est adhérent du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, organisation fondatrice de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). En mars 1926, il publie une annonce dans le mensuel syndical L'Employé, indiquant : « Famille catholique prendrait enfant deux ou trois ans en garde. »

Au cours des années 1920, c’est probablement Louis Richard qui, désigné sous son seul nom, est impliqué dans la vie politique de Joinville. Richard est désigné, en janvier 1927 comme électeur sénatorial sur la liste du maire, Henri Vel-Durand (radical dissident, divers droite). Lors des élections municipales partielles qui suivent le décès de ce dernier, en septembre et octobre 1928, Richard est candidat, avec Émile Lecuirot et Thévenin, sur la liste étiquetée Union nationale (droite), qui s’oppose à l’Union de gauche (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant), dirigée par Georges Briolay et à un liste communiste, sous la houlette de Roger Bénenson, qui comprend une candidate (Mme Martin), laquelle sera déclarée inéligible. La liste des gauches emporte les trois sièges au second tour. Richard recueille 581 voix pour 1 667 suffrages exprimés (34,9%) sur 1 677 votants et 2 995 inscrits ; il n’est pas élu.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, s’il n’est pas candidat, un bulletin est cependant exprimé sur le nom de « Louis Richard ». Richard est membre, en novembre 1932, du Comité d’union républicaine et d’action sociale, structure fondée en 1912 à Joinville et qui rassemble la plupart des membres des formations de droite républicaines dans la commune. Il participe à la transformation de cette organisation en Union des républicains en mars 1935 et siège toujours dans son bureau. À cette occasion, la droite rompt son alliance électorale avec les radicaux-socialistes qui contrôlent la mairie depuis 1929, sous l’argument « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle décide de présenter aux élections municipales de mai 1935 une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’Union des républicains fait « appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Son programme comprend la « diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs, l’application des lois sociales ». Richard fait partie des signataires.

Après la victoire de l’Union des républicains aux élections municipales de Joinville, où elle remporte 25 des 27 sièges à pourvoir, contre deux aux communistes, Léon Lesestre est élu maire. L. Richard publie un communiqué, dans l’hebdomadaire Union régionale, au nom du comité des Jeunesses patriotes : « C’est avec satisfaction que les Jeunesses patriotes et les membres du Front national de Joinville enregistrent la victoire de la liste nationale sur celle du maire sortant. À cet effet, les JP se félicitent de l’active campagne de propagande qu’ils menèrent et qui réussit à faire élire la grande majorité des nationaux et en même temps de nombreux membres de la ligue. Plus que jamais, nous encourageons nos nombreux camarades et amis à poursuivre une incessante propagande et à faire triompher le programme de Révolution nationale. »

Active depuis 1933 à Joinville la Ligue des Jeunesses patriotes, mouvement d’extrême-droite présidé par Pierre Taittinger, considère Lesestre comme « un ami ». Le dirigeant local est Jean Tallet qui, avant le scrutin, avait publié une prise de position dans le même journal : « Le devoir des JP, des membres du Front national et des nationaux est de barrer la route au Front commun et faire bloc sur la liste d’Union républicaine. »

Au cours de la deuxième guerre mondiale, selon sa fiche signalétique militaire transmise à la SNCF en mai 1966, Louis Richard est un « agent occasionnel des Forces françaises combattantes du premier octobre 1943 au 30 septembre 1944 ». Il est précisé qu’il s’agit de « services non validés comme service militaire actif. »

Louis Richard meurt le 10 juillet 1971 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), commune voisine de Joinville où il était toujours domicilié. Il était âgé de 75 ans et père de deux enfants. En mai 1952, il avait été décoré de la Médaille militaire.

Ancienne gare ferroviaire de Joinville-le-Pont

 

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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 00:01

Suite de la biographie de René Girot

À partir de septembre 1931, la famille Girot vit à Argenteuil (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) dans le quartier d’Orgemont. C’est une cité-jardin construite à partir de fin 1929 dans le cadre de la loi Loucheur. Il est électricien monteur de lignes pour la Compagnie parisienne de distribution d’électricité.

S’impliquant très vite dans la vie locale, René Girot est membre du parti républicain socialiste, qui rassemblait des socialistes indépendants qui avaient refusé d'intégrer le Parti socialiste SFIO et se revendiquaient d'Aristide Briand et de Paul Painlevé. Le 30 juin 1932, il devient secrétaire général de la Fédération des comités républicains socialistes de Seine-et-Oise qui se constitue sur son initiative. Il préside le congrès fondateur, le 27 août qui se tient au Comité républicain socialiste d'Argenteuil. René Girot plaide pour « l'union de toutes les forces de gauche. »

Toujours à Argenteuil, Girot met en place une section locale des Jeunesses laïques et républicaines (JLR), qu’il préside. Elle réclame « que se poursuive avec vigueur la politique de laïcité, de justice sociale et de paix réclamée énergiquement par les jeunes générations » et « proteste contre l'insuffisance des locaux scolaires dans la commune et en particulier à Orgemont », son quartier. Les JLR, fondées en 1924 ont compté comme membres Jean Zay, Jean Moulin, André Morice, Félix Gouin ou Edouard Daladier. Elles ont comme président d’honneur Anatole France et Lucien Victor-Meunier, un notable franc-maçon. Même si elles ont perdu de la vigueur, les JLR existent encore au 21e siècle. Une partie du mouvement de l’éducation populaire, comme la Ligue de l’enseignement ou la fédération des Auberges de jeunesse, se situent dans sa continuité. C’est la section des JLR d'Argenteuil qui convie, en mai 1933, Gaston Monnerville, député de la Guyane et futur président du Sénat.

Chez les républicains socialistes, Girot est réélu président de la Fédération de Seine-et-Oise lors du deuxième congrès qui se tient en novembre 1933 à Argenteuil en présence de Maurice Violette, sénateur et ancien ministre. René Girot mène campagne, en décembre cette année, en faveur de la constitution d'un bloc républicain en Seine-et-Oise et assure à Cernay que « le devoir des élus de gauche, qui est de se grouper autour du président [Camille] Chautemps pour entreprendre la réorganisation de l'État et la restauration de l’économie nationale », alors président du conseil (premier ministre) radical-socialiste.

La fusion des partis socialiste de France, socialiste français et républicain-socialiste est approuvée en février 1935 par la fédération de Seine-et-Oise, de laquelle René Girot est toujours le dirigeant, mais désormais avec le titre de secrétaire général, l’avocat Gabriel Freyssenge étant président.

Au cours des élections municipales de mai 1935, quatre listes de gauche et deux listes de droite sont présentes au premier tour à Argenteuil. On compte une liste regroupant les radicaux-socialistes et les socialistes français, « dont les éléments sont presque tous francs-maçons » selon le quotidien L’Ami du peuple. Elle recueille 3,3% des suffrages exprimés et se retire avant le second tour, qui voit la victoire des communistes face aux sortants de droite.

Un congrès national des trois partis, Socialiste de France, Socialiste français et Républicain socialiste donne naissance, en novembre 1935 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), à la nouvelle Union socialiste républicaine (USR). Girot devient membre de la commission de propagande au sein de la délégation permanente. La réunion constitutive de la Fédération de Seine-et-Oise de l’USR se tient en décembre en présence d’une quinzaine de groupes, principalement situés dans le Nord et l’Ouest du département (Aulnay-sous-Bois, Argenteuil, Montlignon, Eaubonne, Chatou). René Girot est désigné comme président.

Le congrès restreint se tient début janvier 1936 à Paris, au siège de l’USR, sous la présidence de René Girot, avec une intervention de Marcel Déat. Il acte l’adhésion des groupes issus des fédérations des partis républicain socialiste et socialiste de France (le parti socialiste français n’ayant pas de structure locale). L’assemblée décide d'adhérer au Front populaire de Seine-et-Oise, l’USR étant, après les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et les communistes, la quatrième composante de l’alliance.

En février 1936, René Girot préside également la fondation de la fédération de l’Oise de l’USR, dont il devient aussi le dirigeant. La commission exécutive approuve également l’adhésion au Front Populaire du département.

Au plan local, René Girot crée et préside en février 1936 l’union cantonale d'Argenteuil de l’USR, qui regroupe les comités d'Argenteuil, Orgemont, Houilles, Carrières et Franconville. Il accompagne, au ministère de l'air, une délégation d'ouvriers des grandes usines d'aviation de la région parisienne qui revendiquent un contrat collectif. Organisée par l'Union syndicale des métaux de la CGT réunifiée, la députation est reçue au cabinet de Marcel Déat, ministre et dirigeant de l’USR.

Le premier congrès de la Fédération de Seine-et-Oise de l’USR se tient à Aulnay-sous-Bois (act. Seine-Saint-Denis) le 15 mars 1936. Il condamne « la violation du pacte de Locarno par le gouvernement hitlérien d'Allemagne » et proteste « avec la dernière énergie contre ce nouvel attentat du fascisme à la paix mondiale ». Enfin, « le Congrès maintient qu'il ne peut y avoir de salut pour la démocratie que dans l'entente et la collaboration effective des partis de gauche, tant sur le plan électoral que sur le plan gouvernemental ». René Girot est reconduit à la tête de la structure fédérale avec le titre de secrétaire général et est parfois aussi désigné comme secrétaire fédéral. Toujours en mars 1936, René Girot préside le groupe Aristide Briand qui réunit des travailleurs de l’aviation et est basé à Goussainville (act. Val-d’Oise). Sa femme en sera la dirigeante en 1938.

Après le premier tour des élections législatives de 1936, la fédération de l’USR « décide à l'unanimité le désistement de ses candidats et invite ses militants à voter pour les candidats du Front Populaire, désignés au scrutin de dimanche dernier par le suffrage universel. »

Une scission d'un groupe autonome, conduit par Jeannot, a lieu en septembre 1936. René Girot lance un « Appel aux sympathisants » soulignant que l’USR est la formation « dont le programme s'identifie le mieux avec celui du Front populaire. »

René Girot participe en octobre 1936 au congrès de Nancy de l’USR et est reconduit à sa délégation permanente. Le deuxième congrès fédéral de l’USR se tient le 11 octobre à Goussainville, dont le maire est le Dr Rousseau, adhérent au mouvement. Une quarantaine de sections y participe. René Girot est reconduit dans ses fonctions. Il poursuit également sa responsabilité à la tête de la fédération de l’Oise, qui semble avoir une ampleur limitée.

Le second congrès de la Fédération de Seine-et-Oise de l’USR, organisé à Goussainville en novembre 1936, permet à Girot de préciser sa conception de l’organisation politique : « Dans tout rassemblement de partis, c'est toujours le parti le plus discipliné, le plus cohérent qui prend la tête et entraîne les autres dans son sillage. C'est ce qui est arrivé pour le Cartel des gauches où nous avons vu le parti socialiste être la locomotive entraînant le convoi. C'est ce qui est arrivé à l'Union nationale, où nous voyons l'Union républicaine démocratique prendre la tête. C'est ce qui arrive aujourd'hui avec le parti communiste. Pour éviter d'être ainsi entraînés d'un côté ou de l'autre, nous devons être nous-mêmes et constituer un parti cohérent, organisé et solide. »

Lors de la manifestation du rassemblement populaire à Paris en novembre 1936, Girot représente l’USR aux côtés du ministre de la santé Henri Sellier (SFIO), de Maurice Thorez (PCF), d’Archimbaud (parti radical) ou de Benoit Frachon (CGT).

Des élections municipales complémentaires, organisées en janvier 1937 dans le village de La Rue-Saint-Pierre (Oise) suite au décès du maire USR voient René Girot constituer une liste de Défense des intérêts communaux et de concorde républicaine. Il échoue à se faire élire.

Plusieurs manifestations du Front populaire mobilisent René Girot au cours du premier semestre 1937 à Chevreuse, Goussainville, Arnouville, Saint-Chéron, Vernouillet, Neuville-en-Hetz, Dourdan. Il se présente, une nouvelle fois, à des élections municipales partielles, à Goussainville en mai, dont le maire est un de ses compagnons de l’USR, le docteur Rousseau. Mais la liste USR est devancée par celle du PCF et talonnée par la SFIO. Respectant la discipline républicaine, elle se retire avant le deuxième tour. Girot est cependant reconduit, le même mois, à la présidence du groupe Aristide Briand de l’USR, basé à Goussainville. Mais il convoque la commission de discipline, accusant un membre local de la formation de « très vif espionnage. »

Planifié en juillet 1937 le 3e congrès fédéral de l'USR a lieu à Dourdan. René Girot, constate la difficulté de mise en place de structures communales, puisqu’il compte 40 comités locaux sur 692 communes. Il plaide pour la création d’unions cantonales. Il s’inquiète aussi de l’arrivée de ce qu’il appelle « les épaves que nous envoient les autres partis ». René Girot est redésigné en tant que secrétaire fédéral.

Au cours de l’été 1937, René Girot et sa fille, Jeanne ou Jeannine, portent secours sur la plage de Brighton à Cayeux-sur-Mer à une femme qui s'enlisait. Ils reçoivent une mention honorable pour acte de courage et de dévouement.

Lors d’une élection cantonale en octobre, Girot représente l’USR dans le canton de Marly-le-Roi ; il se contente d’un score très modeste avec 1,1% des suffrages exprimés. C’est la dernière trace dans la presse nationale de sa collaboration avec l’Union socialiste républicaine.

En 1938, le quotidien La Liberté, qui défend les intérêts du Parti populaire français (PPF), mentionne la présence d’un « camarade Girot » dans plusieurs réunions de propagande : à Champagne-sur-Oise en février, à Enghien-les-Bains en octobre, où il est désigné comme  délégué de district et Épinay en Aveyron, où il a le titre de délégué fédéral. Son prénom n’est pas mentionné ; cependant, le même journal évoque en décembre également le Cercle populaire radioélectrique français, basé à Saint-Denis – cité dont le dirigeant du PPF Jacques Doriot, avait été le maire – et invite les « militants et sympathisants » dudit parti à s’y inscrire. Fondé par des dissidents communistes, le PPF était devenu, en 1938, une formation de tendance fasciste, qui s’engagea dans la collaboration avec les occupants allemands.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Girot est, de nouveau, inscrit maritime au Havre en mai 1940.

Un scellé, conservé aux archives nationales, constitué par la 1ère brigade spéciale de Paris mentionne « une fausse carte d'identité n°7371 établie au nom de Girot, René, portant la photographie de l'inculpé et le timbre apocryphe du commissariat d'Argenteuil trouvé sur l'inculpé ». Le document, qu’il n’a pas été possible de consulter, porte la date de 1940.

René Girot est signalé en mai 1958 au Bureau maritime militaire de Toulon (Var). Il demeure à Pelissanne (Bouches-du-Rhône) où il meurt le 19 novembre 1964, à l’âge de 65 ans. Son épouse y décède en mars 1997, dans sa 98e année. Ils avaient eu au moins deux filles.

Fin

René Girot, 1937

 

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 00:01

Début de la biographie de René Girot

René Julien Girot naît le 15 avril 1899 à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Eugénie Augustine Marteau, chapelière, et de Jean François Louis Girot, pilote de bateaux sur la Seine puis employé d’octroi. Ils vivent rue Rodier.

La famille vit ensuite à Alfortville puis Fontenay-sous-Bois et s’installe en 1909 dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où ils résident en 1911 d’abord rue du Paris puis rue Vautier, dans le centre-ville. René Girot pratique la natation au sein du Cercle Athlétique de Joinville et participe à des courses d’endurance en rivière, comme la traversée de Joinville en août 1916 et septembre 1919.

Pendant la première guerre mondiale, René Girot, qui est alors télégraphiste, devance l’appel et s’engage dans l’armée à 18 ans en janvier 1918 et, peut-être à l’instigation de son père, devient marin. Il est affecté comme matelot électricien et est inscrit maritime au port du Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). À sa démobilisation en juillet 1921, il embarque sur le navire Elkal. Lors de ses voyages dans le monde, il assurera en décembre 1925 avoir « vu les horreurs de la révolution russe », et avoir « assisté à l’avènement du régime fasciste » en Italie.

Revenu à Joinville, René Girot épouse en septembre 1922 à Vincennes Georgina Bassoutre chapelière originaire d’Uzerche (Corrèze). Son père est devenu en novembre 1919 conseiller municipal radical dissident de Joinville-le-Pont. René Girot s’implique également fortement dans la vie locale. Il collabore très régulièrement avec un hebdomadaire de centre-droit, la Gazette de l’Est, publiée à Vincennes.

S’inspirant de l’Union de la Jeunesse Républicaine, dont le maire de Joinville, Henri Vel-Durand (radical dissident) fut l’un des dirigeants dans les années 1890-1900, il fonde et préside la Jeunesse républicaine de l’Est, qui se présente comme proche du député radical dissident Adolphe Chéron. Son groupement, qui assure n’être « ni révolutionnaire, ni fasciste », entend « instruire les jeunes gens à la politique et agir pour maintenir le prestige républicain » dans la banlieue.

Son père avait été, en 1923, associé à la création de la section de Joinville de la Ligue de la République, structure qui préfigure le Cartel des gauches et rassemble socialistes indépendants, socialistes SFIO et radicaux-socialistes. Il est également vice-président de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme, laquelle regroupe également des militants de gauche et des francs-maçons. Cependant, Louis Girot est élu, en mars 1925, délégué sénatorial sur la liste de l’Union républicaine des intérêts communaux, qui rassemble la droite du conseil municipal, contribuant ainsi à faire battre les candidats du Cartel des gauches puisque l’équilibre des conseillers municipaux s’avère être de huit voix pour la majorité contre sept pour l’opposition. La défection de Girot père est vécue comme un « manquement à la parole donnée » par la presse radicale-socialiste qui le traite « d’apostat de la classe ouvrière » et de « renégat » ; son exclusion de la Ligue des droits de l’Homme est demandée, mais refusée.

Dans son journal, revendiquant son titre de président de la Jeunesse républicaine de l’Est, René Girot prend la défense de son père, attaquant les « nullités du Cartel » et les prévenant que, si son père « doit se retirer sous peu à la campagne », lui, il reste. Il explique cependant que « n’ayant pu résoudre la crise du logement », il a dû momentanément s’éloigner de son « cher Joinville », en s’installant à Nogent-sur-Marne. Il appelle à voter pour la liste d’union républicaine de Vel-Durand, qui remporte l’élection en mai 1925 à Joinville.

La Jeunesse républicaine de l’Est organise plusieurs manifestations en 1925 et 1926, avec l’appui de Vel-Durand, Chéron et du conseiller général Naudin.

Toujours proche d’Adolphe Chéron, Girot l’accompagne dans la constitution de la Fédération des comités républicains, radicaux et socialistes indépendants de la banlieue de Paris, un regroupement des radicaux qui refusent de rejoindre le parti de la rue de Valois. Il siège à son bureau en 1926 en tant que secrétaire général et représentant de Nogent ; un conseiller municipal radical dissident représente Joinville, Antoine Liou.

Faisant état de sa qualité d’officier radiotélégraphiste, René Girot fonde en octobre 1924 le Radio-Club régional nogentais à Nogent-sur-Marne. Il crée en outre le Radio-club de Joinville en mars 1925, qu’il préside également, avec son beau-père Gabriel Bassoutre en tant que vice-président. Girot intervient régulièrement comme conférencier, sur des questions techniques.

Il est également en juin 1925 à l’origine de la constitution de la Fédération des radio-clubs de la région parisienne. Elle rassemble des clubs des départements de la Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Eure-et-Loir et Oise. Edouard Branly, Daniel Berthelot et le général Ferrié furent élus présidents d'honneur tandis que Robert de Valbreuze est le président effectif et René Girot le secrétaire général. Girot est désigné pour représenter en juin 1926 la France aux fêtes internationales de la radiotéléphonie à Bruxelles (Belgique). Il s’y rend, mais provoque un incident avec « une bienfaitrice noble ». En 1931, René Girot est présenté comme le fondateur de la Confédération des Radios Clubs, dont il est le vice-président en 1931. Il intervient régulièrement en province, notamment à Roye (Somme) en janvier 1931 et 1932.

Parallèlement à son activité professionnelle, René Girot anime l'Association radiophile de la Compagnie parisienne de distribution d'électricité, la société qui l’emploie, dont il est secrétaire général. Elle compte plus de deux mille adhérents en 1931. Il sera encore, en 1938, président du Cercle populaire radioélectrique français, à Saint-Denis.

Toujours sportif, Girot participe en avril 1929 à la septième course cycliste Paris-Lille.

À suivre

René Girot, 1937

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 00:01

Gabriel Henri Émilien Grimaud naît le 9 décembre 1890 à Alençon (Orne). Il est le fils de Marie Émilienne Nicolas, âgée de 17 ans, et de son mari Eugène Gabriel Grimaud, adjudant au 115e régiment d’infanterie.

Ayant perdu sa mère, Gabriel Grimaud vit à Paris avec son père, dans le 13e arrondissement, boulevard Arago. Il s’engage, juste après ses 18 ans, dans l’armée pour cinq ans et est affecté au 103e régiment d’infanterie en décembre 1908. Il est nommé caporal en septembre 1909 et passe deux ans plus tard au 23e régiment d’infanterie coloniale. En mars 1912, il passe dans la section de commis et ouvriers des troupes coloniales. À la fin de son contrat, en décembre 1913, il le prolonge de trois mois mais retrouve un grade de deuxième classe.

Son retour à la vie civile, fin mars 1914, va peu durer. Devenu expéditionnaire à la Caisse des dépôts et consignations, où son père est expéditionnaire principal, Gabriel Grimaud vit avec ce dernier boulevard Saint-Marcel. Il épouse en avril 1914 à Paris (13e arr.) Eugénie Béguier, femme de chambre. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Beaubourg, à la limite avec Saint-Maur-des-Fossés.

Dès août 1914, il est mobilisé au déclenchement de la première guerre mondiale, de nouveau dans la section de commis et ouvriers des troupes coloniales. Il est transféré en décembre 1915 au 22e régiment d’infanterie coloniale puis, en mars 1916 au 65e bataillon de tirailleurs et en juillet au 52e régiment d’infanterie coloniale. Il est blessé, en octobre 1916. Soigné à l’hôpital militaire n° 12 de Limoges (Puy-de-Dôme), il s’en évade en juillet 1917. Il se rend à Paris, où il est hospitalisé à l’hôpital militaire n° 7, puis incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Il s’en évade de nouveau en mars 1918, puis y revient de lui-même en août. Le 14 octobre 1918, le conseil de guerre de la septième région le juge pour « désertion, fabrication de fausses permissions, bris de clôture, port illégal de décorations et escroquerie ». Malgré la multiplicité des faits reprochés, il est condamné à trois ans de prison avec sursis et sort de prison le surlendemain. Retourné à l’armée, il est démobilisé en avril 1919. Sa blessure de guerre, provoquée par ensevelissement, lui vaudra une pension en juillet 1921.

Après-guerre, Gabriel Grimaud reprend brièvement son emploi d’expéditionnaire puis s’établit en 1921 comme bonnetier, activité qu’il continuera comme marchand forain. Il a de nouveaux ennuis avec la justice en mars 1923. La 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à deux mois de prison avec sursis et cent francs d’amende pour coups et blessures volontaires.

Le journaliste, et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Jean-Maurice Hermann, qui a accès à des sources internes à ce mouvement, assure que Gabriel Grimaud est membre du Parti social français (PSF), formation nationaliste de droite, dirigée par le colonel François de La Rocque, également fondateur des Croix-de-Feu.

Une section du PSF existait à Joinville en 1936. En septembre 1936, le quotidien communiste L’Humanité dénonce : « Des actes de vandalisme ont été commis, à Joinville, par des équipes du Parti social français ». Les commerçants « suspects de sympathie avec le Front populaire » ont vu leurs devantures barbouillées à la peinture rouge. Un meeting de protestation est organisé par les formations de gauche dans un restaurant de la commune, La Rive Fleurie. En décembre la même année, le PSF tient une réunion pour présenter son programme : travail, famille, patrie.

Le porte-parole du PSF pour Joinville est Georges Defert, conseiller municipal et futur maire de la ville ; Il accueille, en avril 1937, une visite de La Rocque lors d’une réunion de la section locale. Le maire de droite, Léon Lesestre, élu en mai 1935, est présenté comme un ami du PSF et participe à un arbre de Noël que le parti organise en décembre 1937, au restaurant Chez Maxe, quai de Polangis. Le cafetier et syndicaliste Edmond Clerté accueille plusieurs réunions du parti chez lui, notamment en 1938.

Dans le journal socialiste Le Populaire, Herrmann publie une lettre envoyée par Grimaud à La Roque, qui lui paraît intéressante parce qu’elle « est l'œuvre d'un obscur PSF moyen ». Elle date du 4 juin 1939 ; rappelons cependant – pour éviter tout anachronisme – que, si la haine antisémite et les pratiques criminelles d’Adolf Hitler sont connues, la destruction massive des populations juives n’a pas encore eu lieu. N’oublions pas que La Roque refusa tout ralliement au régime de Vichy, participa à la Résistance et fut déporté en Allemagne.

La lettre est reproduite dans Le Populaire, sous le titre « La manière à Adolf » en respectant l'orthographe et le style : « Mon colonel, J'ai l'honneur de vous faire parvenir quelques coupures du Popu du 17-5-39. Je suis délégué à la propagande de Sceaux 4 Paris-Sud-Joinville No 23 en contact très étroit contre les SFIC et SFIO. Un militant de ce Parti m'a demandé ce que je pensais de cette annonce parue dans la presse à votre égard. J'ai répondu que le Croix de Feu vous citant pour irrégularités, devait invraisemblablement se nommer le F.:. Poso di Borgo. Je me suis étonné que le camarade Karfunstestein (dit Blum) avait été seul averti de votre comparution devant le juge d'Instruction. J'en al déduit que le camarade Me Roynard devait faire partie de la F.:., et avait crié garde son très cher F.:., en Judas d'un grand régal pouvant mettre bas Casimir. Assez, dégoûtant ce remuage de pourriture; Je ne pense pas que le Popu soit qualifié pour nous donner des leçons de bonnes mœurs, parlez-nous donc un peu de l'affaire Salengro-Stavisky-Hanau-Natan et la mitrailleuse vendue à Staline, etc., de tout le caca judéo-maçonnique. Qu'attendez-vous, mon colonel, pour nous donner l'ordre d'envoyer les juifs coloniser les requins et mettre à la lanterne les cadisch de la rue Cadet? Je suis de la fête, moi, et 100 p. 100 des PSF. À quand le rassemblement en ligne déployée et le grand nettoyage de la carrée. Mon colonel, vous êtes vraiment trop bon pour les youdis, Judas toujours Judas; la lutte est dure, je le sais, mais on ne demande pas l'avis des salopards, le rigolo s'impose. Mon colonel, Je pense que vous n'allez pas laisser tomber cette sale histoire et souvenez-vous que la meilleure manière de discuter avec ces ordures, c'est la manière à Adolf! Moi ça ne me gêne pas au service de la Gaule, des indigènes, si vous voulez, mais les juifs jamais. Quant aux francs-maçons il faut leur réserver une barbe sans savon à la Danton. La France aux Français, nous n'avons de leçons à recevoir de personne; ça n'a jamais été si mal chez nous que depuis que les métèques de tous les pays nous gouvernent ayant troqué leurs noms en ski en skoff ou en matin pour des noms gaulois. Il faut obliger les badauds à rester gaulois. Mon colonel, Je sais que vous ne vous êtes jamais trompé, c'est pourquoi J'ai confiance en vous, mais je vous assure que j'ai un sang aryen qui me bat dans les veines et je boue dans ma peau de ne pouvoir passer à l'action directe, comme disent les bons glaudes de rougins ». Signé Grimaud Gabriel, 7bis, rue Beaubourg, Joinville.

La mention Sceaux 4 Paris-Sud se réfère à une organisation du PSF dans le département de la Seine. La SFIC désigne le Parti communiste, section française de l’Internationale communiste. Les F.:. désignent des francs-maçons connus ou supposés. Le Popu est l’abréviation du nom du journal socialiste.

Hermann confirme que La Roque a reçu la lettre. Il souligne les contradictions internes au mouvement : « Farouchement antisémite en Algérie, le PSF se proclame bien haut, à Paris, adversaire du racisme ». Il se demande si Grimaud est « un brave bougre de PSF moyen qui croit ce qu'on lui raconte dans sa section plutôt que ce qu'on écrit à l'usage des gogos dans le Petit Journal », quotidien racheté par des proches de cette organisation.

Gabriel Grimaud se remarie, en janvier 1956 à Paris (14e arr.) avec Marthe Savigne. Il était alors âgé de 65 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Joinville, pont et écluse

 

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