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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 00:01

Alfred Bruillard naît le 8 octobre 1895 à Lavans-Quingey (Doubs). Il est le fils d’Adèle Marie Eugénie Robardet et de son époux Constant Léon Bruillard, cultivatrices. Le petit village se situe dans la vallée de la Loue. Au tournant du siècle, la famille est installée dans le village voisin de Pointvillers (act. Le Val). Comme les autres des neuf enfants du couple, Alfred aide aux cultures. Il s’oriente ensuite vers la fromagerie et travaille, toujours dans la vallée de la Loue, à Chassans, auprès de Joseph Cousin.

Un peu après le début de la première guerre mondiale, Alfred Bruillard est mobilisé en décembre 1914 au 42e régiment d’infanterie. Sa santé souffre manifestement beaucoup puisqu’il est évacué pour maladie et hospitalisé à cinq reprises (juillet 1915, janvier 1916 (deux fois), octobre 1916, avril 1918) ; il est en outre blessé par une balle à la cuisse gauche en janvier 1917 au Mont-Cornillet, en Champagne, au cours de la bataille de la Marne. Atteint d’une pleurésie, il est envoyé en convalescence pendant plusieurs mois. Il sera attributaire d’une pension de 10% en 1924.

Au cours d’une des période de repos, Alfred Bruillard épouse en septembre 1917 à Palantine (Doubs) Suzanne Marie Julie Cousin, fille du fromager chez lequel il travaille. Le couple et ses deux enfants vont beaucoup changer de domicile. Ils sont en 1922 à Osselle puis en 1925-1926 à Chenecey-Buillon (Doubs). Ils passent dans le département voisin du Jura en 1931 à Condamine.

On les trouve en 1932 d’abord à Pont-Audemer (Eure). Ils se fixent ensuite en région parisienne, d’abord toujours en 1932 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où Alfred Bruillard est chauffeur automobile. Ils vivent rue François-Arago puis rue Saint-Louis. Après un passage à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue de la Voie-Verte, en 1937, la famille s’installe en 19396 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Alfred Bruillard est devenu employé d’octroi pour la mairie de la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Bruillard reçoit une affectation spéciale du fait de son emploi dans les services fiscaux.

Il s’engage dans la résistance à l’occupant allemande et est reconnu comme ayant été membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ses deux fils, Robert Bruillard (1919-1988) et André Bruillard (1920-1987) furent aussi résistants pendant la guerre.

Un commando de la résistance entre, le 20 août 1944, dans la mairie de Joinville-le-Pont qui devient ainsi une des premières à être libérée en Île-de-France. La municipalité, nommée par les autorités de Vichy avec à sa tête Léon Lesestre, est arrêtée et sera transférée, après le départ des forces allemandes, au camp de Drancy. Sur proposition du comité local de Libération et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet de la Seine nomme une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune par arrêté du 26 septembre 1944. Alfred Bruillard en fait partie et fait donc fonction de conseiller municipal. Robert Deloche est président de la délégation, faisant fonction de maire, aux côtés d’adjoints radicaux-socialistes, socialistes ou divers droite et gauche. Le mandat de la délégation prend fin après les élections municipales du 29 avril 1945.

Pour le sixième anniversaire de la Libération, célébré le 26 août 1950 à Joinville, Bruillard représente les anciens membres de la délégation spéciale avec André Lemaire, aux côtés de représentants des formations politiques ou associations locales.

Professionnellement, Alfred Bruillard est employé par la mairie de Saint-Maur où il devient, en 1946, surveillant de travaux.

Alfred Bruillard meurt le juillet octobre 1987 à Sens (Yonne), où il vivait déjà en 1979.

Barricade pendant les combats de la Libération à Joinville, août 1944

 

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 00:01

Victor Édouard Dosse naît le 12 février 1863 à Metz (Moselle). Il est le fils de Sophie Virginie Negler, couturière, et de son mari François Dosse, ébéniste. Après la création de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 et la défaite de l’armée française, le traité de Francfort annexe le département de la Moselle le 10 mai de la même année au sein du territoire impérial d’Alsace-Lorraine. Victor Dosse devient ressortissant allemand.

En tant que tel, il doit servir dans les forces armées allemandes. Mais il s’y refuse, quitte le territoire et, en mai 1885, le ministère public impérial le convoque, avec 155 autres anciens résidents de Metz « accusés d'avoir, dans l'intention de se soustraire à l'obligation du service militaire dans l'armée active de terre ou de la marine, quitté sans autorisation le territoire de l’Empire ou d’avoir séjourné à l’étranger après avoir atteint l’âge requis pour le service militaire. »

Étant passé en France, Victor Dosse s’engage en janvier 1883 au sein du 1er régiment de la Légion étrangère. Il va y servir quinze ans avant de prendre sa retraite en décembre 1898 avec le grade de sergent. Un décret de 1887 « l’admet à jouir des droits de citoyen français » et il retrouve sa nationalité de naissance.

Après avoir quitté l’armée, Victor Dosse vit à Paris (12e arr.), avenue Daumesnil et travaille comme employé de commerce. Il épouse, en mai 1901 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Ils s’installent à Chatou (Seine-et-Oise, act. Yvelines), route de Montesson, et Victor Dosse y est comptable au sein de la société cinématographique Pathé.

Il dirige, à sa création en 1906 l’usine de tirage de films de Pathé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et s’installe dans la commune, avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Établis dans le quartier voisin de Palissy, les bâtiments cinématographiques sont construits par l’atelier de l’ingénieur Gustave Eiffel. L’usine emploiera plus de 500 ouvriers. Elle provoque une polémique dans la population, du fait notamment d’une grande cheminée, à laquelle on reprochait de gâcher le paysage des rives de la Marne ; toujours debout au 21e siècle, elle est désormais protégée par les documents d’urbanisme locaux.

Charles Pathé, dirigeant du groupe, constitue en décembre 1909 un comité consultatif qui rassemble les principaux directeurs et chefs de service de l’entreprise. Outre Charles Pathé, il comprend huit personnes, qui sont éligibles à une participation aux bénéfices de la société.

Lors des graves inondations de la Marne, au premier trimestre 1910, un tiers du territoire de Joinville est recouvert d’eau. L’usine Pathé est inondée jusqu’au 1er étage. Le matériel et les films sont déménagés à Vincennes, autre usine du groupe, et la production s’y organise exceptionnellement de jour et de nuit. Le conseil d’administration de Pathé félicite Dosse « car il est resté debout jour et nuit avec son personnel dont la conduite ne mérite que des éloges ». Bien que légalement elle n’y soit pas tenue, la firme Pathé indemnise ses ouvriers victimes de l’inondation et donne mandat à son architecte et à son entrepreneur pour réparer ou reconstruire leurs maisons endommagées.

Le personnel de l'usine Pathé à Joinville

Au cours de la première guerre mondiale, Dosse reste à son poste. L’usine est utilisée pour participer à l’effort de guerre : peinture pour avions, matériel de prise de vue, et même production de gaz (principalement sur le site de Vincennes). L’usine de Joinville fournit des aides aux veuves et femmes de blessés, prisonniers ou disparus. Une plaque commémorative, apposée après le conflit, porte les noms de 171 personnes victimes des combats.

Lors de la création de l’Œuvre de la maison de retraite de la mutuelle du cinéma, en janvier 1923, Dosse est désigné comme secrétaire général. Il poursuit ce mandat, mais prend sa retraite de chez Pathé en mai 1923.

Quittant l’industrie du film, Victor Dosse va reprendre l’activité du bois qui était celle de son père. Il fonde en juin 1924 à Montreuil-sous-Bois la Société d'ébénisterie et menuiserie d'art Dosse et Tricot (SEMA), qui installe son lieu de production à Joinville-le-Pont, rue Chapsal.

En mars 1927, le quotidien communiste L’Humanité en fait un exemple « Comment les pouvoirs publics travaillent à la diminution des salaires ». Le journal raconte « À la maison Dosse et Tricot, fabrique de meubles, rue [Chapsal], à Joinville-le-Pont, les ouvriers, en majorité des Russes Blancs ont déjà subi une diminution de salaire de un franc de l'heure. Dernièrement un ouvrier fut embauché au prix horaire de cinq francs, le samedi, la direction voulut payer ce camarade au prix de quatre francs, celui-ci refusa et exigea le tarif d'embauche. Se retrouvant à nouveau chômeur, il retourna se faire inscrire à la mairie, quelques jours après il recevait, une lettre de la rue des Tournelles, « fonds de chômage », l'avisant qu'il n'avait pas droit au secours de chômage, parce que, disait la lettre, il exigeait le tarif syndical ». L’organe communiste fait part de la protestation du syndicat des ébénistes.

Un grave incendie touche la fabrique de meubles en juin 1927. La société Dosse et Tricot est dissoute en juin 1928 mais Dosse poursuit son activité sous le nom des Établissements Dosse.

L’Union Amicale de Joinville-Champigny, association fondée en 1910 qui organise des concerts et des bals, a pour président Victor Dosse en 1923 et 1924. Il est également membre du Groupe de défense des riverains de la rivière de Polangis qui envoie, en janvier 1931, une lettre ouverte au maire, Georges Briolay, au sujet du curage de ce qui est, en fait, un canal. Elle reproche à l’élu radical-socialiste d’avoir manqué à un engagement électoral fait en 1928 en n’ayant pas procédé à ce nettoyage. Dosse participe, en juillet 1935, à la constitution de l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis.

Le 22 juin 1944, un avion américain B-17, de retour d'une mission de bombardement, est abattu par les batteries de la DCA allemande, installées dans l'hippodrome du Tremblay et dans le bois de Vincennes. Il s’écrase à Joinville et le corps d’un des aviateurs est retrouvé dans le jardin des Dosse à Joinville.

Victor Édouard Dosse meurt le 28 mai 1946 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et père de deux enfants. Son épouse et ses descendants ou neveux ont continué à assurer le fonctionnement des Établissements Dosse, toujours actifs en 1973 et contrôlés par la famille, ayant maintenu le siège à Joinville mais transféré son usine à Beaulieu, commune du Mériot (Aube). Sa fille, Reine Dosse, a été conseillère municipale puis adjointe gaulliste au maire de Joinville (1947-1959).

Photo Victor Dosse (arch. fam.)

 

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 00:01

André Marcel Langat naît le 16 mai 1924 à Paris (13e arr.). Il est le fils d’Anaïs Antoinette Castan, originaire de Lozère, et de son mari Marcel Henri Langat, mécanicien. Ils vivent rue Domrémy puis rue du Château-des-Rentiers. Après-guerre, la famille s’installe à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Pinet, dans le quartier Schaken. En 1933, ils déménagent dans la ville voisine de Joinville-le-Pont, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves), dans le quartier de Polangis.

Exerçant la profession de mécanicien tourneur, André Langat s’engage en tant que résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Son père, Marcel Henri Langat (1896-1962), également mécanicien, fut aussi résistant.

Après la Libération en août 1944, André Langat est le secrétaire de la section de Joinville de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF, act. Mouvement jeunes communistes de France, MJCF). À ce titre, il est membre du Comité joinvillais de la renaissance française. Le comité est présidé par Henri Drevet, adjoint radical-socialiste au maire de Joinville, le communiste Robert Deloche. Drevet est également le président du comité local de Libération.

N’ayant pas atteint l’âge de 21 ans qui lui aurait permis d’être éligible en 1945, André Langat est candidats aux élections municipales suivantes en novembre 1947. Il figure sur la liste Union républicaine et résistante, conduite par Deloche et qui regroupe les communistes avec des personnalités de gauche, notamment des radicaux-socialistes. Elle obtient un peu moins de voix, mais a 11 élus, soit autant que la liste du Rassemblement populaire français (RPF, gaulliste) ; c’est l’unique élu socialiste SFIO qui, en ralliant les communistes et les radicaux, permettra de reconduire une nouvelle fois la municipalité. Le RPF recueillait 3 066 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44%), les communistes et radicaux 3 017 (43,2%) et les socialistes 452 (6,8%).

Élu, Langat devient adjoint au maire ; les autres adjoints sont Drevet (radical-socialiste) François Decrombecque et André Blocher (divers gauche) ainsi que Léon Berthet (socialiste SFIO).

Ancien représentant du PCF, avant-guerre, auprès des communistes algériens et marocains Robert Deloche, résistant, est mis en cause par sa formation politique pour des raisons officiellement liées à son mode de vie. Il est exclu et démissionne début de son poste. C’est Langat qui, selon l’hebdomadaire Nouvelle Union régionale, en fait l’annonce au cours d’une « réunion revendicative des vieillards et des économiquement faibles » le 27 décembre 1952 à Joinville. Selon ce journal de tendance libérale, Langat prononce des « paroles sévères mettant en cause le maire. »

Deloche est remplacé, pour deux mois, en février 1953 par Amélie Trayaud, également ancienne résistante et communiste, doyenne du conseil municipal. Langat reste adjoint au maire.

Lors des élections municipales de mai 1953, Langat se présente sur la liste d'Union républicaine et résistante, qui rassemble les communistes, des radicaux-socialistes et des personnalités de gauche.

La liste communiste arrive en tête, avec une moyenne de 35,6% des votes valides et dix sièges, devant la liste divers-droite de Georges Defert (RGR, 22,1%, 6 sièges), les gaullistes de Pierre Calmon (RPF, 19,8%, 6 sièges), les socialistes de Léon Berthet (12,3%, 3 sièges) et les démocrates-chrétiens de Gaston Moutenot (MRP, 9,2%, 2 sièges). Avec 2 384 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,3%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits, Langat est réélu conseiller municipal. Il siège dans l’opposition, car Defert, appuyé par les élus RGR, RPF et MRP est élu maire.

Au sein des élus communistes, André Langat se fait remarquer par son activisme. Dès le lendemain du scrutin, la nouvelle municipalité décide d’expulser la section de Joinville de l’Union des vaillants et vaillantes – le mouvement d’enfants communiste – du baraquement qu’elle occupait dans le parc du dispensaire municipal, avenue du Président-Wilson, dans le quartier Palissy. Pendant le conseil municipal qui, fin mai 1953, évoque la question, Langat proteste et, avec deux autres élus communistes, Grésy-Aveline et Bideaux, ils entonnent le chant révolutionnaire La Jeune Garde pendant la séance.

Le mandat de Langat prend fin avec les élections municipales de mars 1959. La liste communiste, conduite par Henri Bideaux recueille 32,2% des suffrages exprimés au premier tour face à l’union des gaullistes de l’UNR, des démocrates-chrétiens du MRP et des socialistes SFIO (23,5%) et aux sortants de Defert (41,2%). Au second tour, ce dernier emporte avec 52,4% les 27 sièges à pourvoir, les communistes, qui étaient conduits par Henri Bideaux, ayant 34,1% et l’alliance de centre-gauche 13,1%.

La suite des activités professionnelles et politiques d’André Langat n’est pas connue.

Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont en mai 1945

 

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 00:01

Suite de la biographie de François Decrombecque

Pendant la deuxième guerre mondiale, François Decrombecque, qui n’est pas mobilisé du fait de son âge, continue d’exercer ses fonctions de syndic du conseil municipal. Il participe par exemple en décembre 1941 au « Noël du maréchal », organisé par le Secours national d’entraide du maréchal, nommé d’après le chef de l’État français, basé à Vichy, Philippe Pétain. Il poursuit également son activité de chronométreur de la Ligue de l'Ile-de-France au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.

Lorsqu’un arrêté préfectoral, nomme, le 20 février 1942, les conseillers municipaux de Joinville, quatorze des vingt-cinq élus de l’Union républicaine sont reconduits. Mais pas  Decrombecque ni le futur maire, Georges Defert.

À la Libération de la ville de l’occupation allemande en août 1944, Decrombecque devient membre du Comité local de Libération, présidé par Henri Drevet ; il y représente le mouvement Organisation civile et militaire (OCM). Il fait également partie du Comité joinvillais de la renaissance française, également présidé par Drevet.

Sur proposition du Comité local de Libération, et parès avis du Comité Parisien de la Libération, Decrombecque est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Le communiste Robert Deloche en est nommé président et fait fonction de maire ; en tant que vice-président, Decrombecque assume le rôle de troisième adjoint, aux côtés du communiste Malcouronne, du radical-socialiste Drevet et du socialiste SFIO Berthet.

Lors des élections municipales organisées par le gouvernement provisoire, auxquelles participent pour la première fois les femmes, en avril 1945, Decrombecque figure sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Deloche, qui l’emporte au 1er tour avec 61,7% des suffrages exprimés. Ce dernier est réélu maire et reprend comme adjoints Berthet, Drevet, Malcouronne et Decrombecque.

Au cours du scrutin suivant, Decrombecque figure toujours avec Deloche, sur sa liste d’Union républicaine et résistante. Elle arrive en seconde position, avec 3 017 voix pour 6 974 suffrages exprimés (43,3%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits. Cependant, elle obtient le même nombre de sièges, 13, que les gaullistes du Rassemblement du peuple français (RPF, 44%). Les socialistes SFIO ont un élu (6,5%) tandis que les démocrates-chrétiens du MRP n’en ont pas (5,8%). C’est le vote du socialiste Berthet qui permet la poursuite de la municipalité Deloche, dont Decrombecque est toujours l’adjoint.

En conflit avec le parti communiste, Robert Deloche démissionne et est remplacé en février 1953 par Amélie Trayaud, également communiste, qui devient brièvement maire de Joinville le 16 mars 1953 ; Decrombecque poursuit son mandat d’adjoint.

Le renouvellement complet du conseil municipal a lieu en avril 1953. Cinq listes se présentent : les gaullistes de Pierre Calmon (RPF), les dissidents de droite de Georges Defert (RGR), les centristes du MRP, les socialistes SFIO et une union communiste et radicale, comprenant notamment François Decrombecque, étiqueté divers-gauche. Avec dix sièges pour cette liste (36,3% des suffrages exprimés), contre trois SFIO (12,2%), deux MRP (9,2%) et six pour chacune des listes de droite (19,8% pour le RPF, 22% pour le RGR), la majorité au sein du conseil change de bord. Il était arrivé nettement en tête du vote populaire, avec 2 477 voix pour 6 748 suffrages exprimés (36,7%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Par comparaison, Defert n’avait eu que 1 529 votes. Cependant, il devient maire par 14 voix contre 13. François Decrombecque siège comme conseiller municipal d’opposition.

Après avoir siégé au sein du conseil municipal sous quatre régimes différents, François Decrombecque termine son mandat en mars 1959 lors du renouvellement du conseil municipal. Il aura siégé pendant 32 ans, dont 13 ans comme syndic et 9 ans en tant qu’adjoint au maire.

En 1959, il est toujours actif au sein de la Fédération Française d'Athlétisme.

François Decrombecque meurt le 7 août 1960 à Créteil (Val-de-Marne) où il était hospitalisé. Il était âgé de 75 ans et est inhumé à Joinville. Il avait obtenu de nombreuses décorations : la Médaille militaire en mars 1928 ; les Palmes académiques comme officier d’académie en février 1934 puis comme officier de l’instruction publique en décembre 1949 ; une mention honorable de la Mutualité en août 1934 ; la médaille d'or de l'Éducation physique en novembre 1936 ; le Mérite social en février 1938 ; le titre de commandeur de la Société de l‘encouragement public en octobre 1941.

Fin

Tombe de François Decrombecque à Joinville

 

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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 00:01

Suite de la biographie de François Decrombecque

Après la mort de Vel-Durand, c’est son premier adjoint, le serrurier Stephen Durande, qui est élu maire. Il prend la tête de la liste de concentration républicaine lors des élections municipales de mai 1929, faisant toujours face à des candidatures du parti communiste et du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay, tapissier. Au second tour, ce dernier emporte 22 des 27 sièges à pourvoir, en laissant cinq aux sortants, dont Decrombecque alors que Durande est battu. Decrombecque avait obtenu au premier tour 928 voix pour 2 126 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 969 inscrits. Briolay devient maire avec une municipalité mêlant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants.

Bien que dans l’opposition, il est désigné comme membres du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont lors de la constitution de cet établissement public en avril 1931. Il est également élu administrateur de la société de secours mutuels de sapeurs-pompiers de Joinville en octobre 1933 et en devient vice-président en novembre 1934.

En 1934, il associe la mairie à l’organisation du Grand prix de Joinville à la marche. Lors d’élections municipales complémentaires à Joinville en octobre 1934, une liste d’union entre les radicaux-socialistes et la droite emporte les dix sièges à pourvoir. Cette stratégie, soutenue par le député Adolphe Chéron (radical indépendant) et par certains de ses partisans comme Liou, est cependant contestée par la majorité des militants de droite dans la commune.

En mars 1935, le Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, se transforme en Union des républicains de Joinville. En avril, il décide « de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Il assure qu’il a pris cette décision en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons. »

En tant que conseil municipal, Decrombecque est signataire du programme de l’Union des républicains pour les élections municipales de mai 1935 : « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène ». Les candidats se présentent comme des « Hommes d’ordre et d’action. »

Le scrutin se déroule avec quatre listes présentes au premier tour : celle du maire, Briolay, associant radicaux-socialistes et socialistes indépendants, celle du parti communiste et celle du parti socialiste SFIO en plus de celle de l’Union des républicains sur laquelle se présente Decrombecque et qui compte neuf sortants.

Le résultat du premier tour place en tête l’Union des républicains avec 32,6% des suffrages exprimés, devant le Groupement des gauches républicaines (26,8%), les communistes (23,5%) et les socialistes SFIO (12,3%). Decrombecque obtient 952 voix pour 2 856 suffrages exprimés (33,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, la droite et les radicaux-socialistes maintiennent leurs listes, tandis communistes et socialistes fusionnent. Avec une assez faible avance, l’Union des républicains (40%) remporte 25 sièges pour deux communistes (39%) tandis que les radicaux-socialistes sont écartés (20%). Decrombecque est réélu avec 1 180 voix pour 2 899 suffrages exprimés (40,7%) sur 2 924 votants. Il devient syndic du conseil, une position qui le rattache à l’exécutif, et il est chargé des fêtes et sports. Léon Lesestre (droite, proche du Parti social français) est élu maire. Dans une déclaration post-électorale, les élus de droite se félicitent de ce que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Decrombecque est désigné comme électeur sénatorial en octobre 1935 puis de nouveau en mars 1938, toujours sur proposition du comité d’Union républicaine.

En décembre 1938, Decrombecque fait partie des personnes qui reconstituent une association, l’Espérance sportive de Joinville. H. Chabot en est le président et Decrombecque un des vice-présidents, avec un autre adjoint au maire, René Kirbühler. La nouvelle structure, qui adopte les couleurs verte et blanche pour son maillot, devient l’organisatrice du Grand-Prix international de marche, dont la 15e édition se tient en mai 1939. Il est administrateur de la société de secours mutuels la Mutualité scolaire de Joinville-le-Pont et continue d’être très engagé au sein de la Fédération française d’athlétisme. Son épouse est militante au sein de la société de l’Allaitement maternel, une des principales associations sociales laïques à Joinville.

À suivre

François Decrombecque en 1934

 

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 00:01

Début de la biographie de François Decrombecque

François Philogène Joseph Decrombecque naît le 4 décembre 1884 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Rose Fauvel et de son mari, François Joseph Alexis Decrombecque, merciers, rue Claude-Bernard. La famille Decrombecque est originaire du Pas-de-Calais.

De grande taille pour son époque (1 mètre 77), alors ajusteur mécanicien, il s’engage pour trois ans au moment d’effectuer son service militaire en juin 1903. Il est affecté au régiment de sapeurs-pompiers. Il renouvelle ensuite régulièrement ses contrats, est nommé caporal en septembre 1906 puis sergent en juillet 1914.

En février 1909 à Paris (12e arr.), François Decrombecque épouse Jeanne Marguerite Romestant, couturière. Il fait de l’aviron au sein de la Société nautique de la Marne, basée à sur l’île Fanac à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il rame avec des équipages à quatre ou à huit. Il s’inscrit en 1914 pour la Traversée de Paris.

Pendant la première guerre mondiale, Decrombecque reste mobilisé chez les sapeurs-pompiers. Il reçoit trois citations et une lettre de félicitations pour son attitude courageuse et son sang-froid lors de feux à Paris. Il est démobilisé en juin 1919 et quitte alors l’armée active. La famille s’installe à Joinville, dans le quartier de Polangis, où ils vivent d’abord rue Bourguignon (act. rue des Frères-Lumière) puis avenue du Château (act. avenue Foch), avenue Jamin et enfin quai de Polangis.

Devenu mécanicien à la Compagnie du Gaz de Paris, François Decrombecque réoriente son activité sportive, se lançant dans la marche. Affilié au Racing-Club de France (Paris), il est champion de France du 10 km en 1921 puis les deux années suivantes. Lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, il est sélectionné dans cette discipline, mais éliminé lors des éliminatoires. Il crée un Grand-prix international de marche qu’il organise avec Coeuilly sportif, association basée à Champigny.

Il devient chronométreur fédéral de la Fédération française d’athlétisme et membre de la Commission fédérale de marche. Il la préside à partir de 1934.

Dès 1923, François Decrombecque s’implique dans la vie politique de Joinville. Il est un des membres fondateur du Comité d’union et d’action républicaines, constitué en mars cette année-là, pour rassembler des républicains de gauche, radicaux et socialistes indépendants. Le comité soutient le maire en place, Henri Vel-Durand, radical-socialiste dissident. Avec Vel-Durand, Liou, Soulié et Piot, Decrombecque fait partie de la commission de préparation du programme.

Lors des élections municipales de mai 1925, Decrombecque figure sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par Vel-Durand. En s’appuyant sur le programme du comité, elle propose que « les lois de laïcité soient appliquées sans rigueur et sans sectarisme », se prononce sur le maintien de l’octroi pour les marchandises à l’entrée de Joinville et en faveur d’économies dans les dépenses budgétaires. Face à une liste de cartel des gauches et à une liste communiste, elle obtient 1080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés ; tous les candidats sont élus au second tour. Au sein du conseil municipal, Decrombecque s’active notamment pour la promotion du sport local et pour l’animation du quartier de Polangis.

À suivre

François Decrombecque

 

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 00:01

André Malcouronne est né le 26 juin 1907 à Paris (14e arr.). Il est le fils d’une couturière, Juliette Octavie Leroy, et de son mari Jules Joseph Malcouronne, graveur qui illustre notamment les œuvres d’Anatole France et est exposé à plusieurs reprises.

Représentant de commerce, André Malcouronne milite au syndicat des employés à Paris affilié à la Confédération générale du travail (CGT). En septembre 1937, il est élu membre de la commission exécutive de la section fédérale du commerce de gros.

Marié à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Henriette Alice Chauvin en avril 1931, la famille s’installe dans cette commune, chez le frère de la mariée et son épouse, René et Pauline Chauvin. Ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Foch.

L’activité de Malcouronne pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Il est mobilisé et présent lors de l’évacuation des troupes anglaises à Dunkerque en mai-juin 1940, selon un témoignage familial. Peut-être est-ce lui qui est nommé, en février 1944, membre du conseil d’administration du syndicat des ouvriers et employés de l’habillement, organismes officiel.

À la Libération, il fait partie du groupe de résistants qui prend d’assaut la mairie de Joinville, le 25 août 1944 d’après sa famille. Il est membre du Comité local de Libération, présidé par le radical-socialiste Henri Drevet, qui y représente le mouvement Ceux de la Résistance. Au côté du communiste Robert Deloche, Malcouronne siège au nom de la CGT ; sont également membres du comité le socialiste Léon Berthet, François Decrombecque pour l’Organisation civile et militaire, Amélie Trayaud et Victor Mathieu, au titre du Front national et René Henry pour Libération.

Sur proposition du comité joinvillais et après avis du Comité parisien de la Libération, une délégation spéciale est nommée, le 13 octobre 1944 pour administrer la commune. Robert Deloche, président, fait fonction de maire et Malcouronne, vice-président, de premier adjoint. Les autres vice-présidents sont Drevet, Decrombecque et Berthet.

Lors des premières élections municipales après la fin de l’occupation allemande, en mai 1945, le maire communiste Robert Deloche constitue une liste d’Union résistante et démocratique, qui réunit les communistes, les socialistes et les radicaux-socialistes. Elle remporte les 27 sièges à pourvoir avec en moyenne 61,7% des voix ; c’était la première fois que les femmes participaient au vote. Le conseil se compose de sept communistes, six socialistes, cinq radicaux et neuf indépendants de gauche, souvent proches du PCF. Malcouronne est reconduit dans l’exécutif municipal, en tant que troisième adjoint, le socialiste Léon Berthet étant premier adjoint et le radical Henri Drevet, deuxième adjoint. Un indépendant, François Decrombecque, prend le quatrième pose.

Poursuivant son activité syndicale, Malcouronne est secrétaire de la chambre syndicale des employés à Paris (CGT) et siège au comité consultatif paritaire de l'office professionnel de l'habillement et du travail des étoffes.

Sur le plan professionnel, André Malcouronne est nommé attaché de cabinet du ministre de l'économie nationale, le communiste François Billoux, dans le gouvernement du général de Gaulle. Il est d’abord reconduit dans cette fonction quand Billoux devient ministre de la reconstruction et de l'urbanisme dans le gouvernement Félix Gouin en janvier 1946, puis devient chargé de mission toujours dans le cabinet. Il reste au même poste en juin 1946, Billoux ayant conservé son portefeuille dans le gouvernement de Georges Bidault. Il ne le suivra par contre au ministère de la Défense nationale que Billoux occupe pendant trois mois et demi au premier semestre 1947 dans le gouvernement Paul Ramadier.

Quand, aux élections municipales d’octobre 1947, Robert Deloche est réélu maire de Joinville, Malcouronne quitte l’assemblée municipale. Il s’installe à Paris, dans le très bourgeois 16e arrondissement, où il sera membre du bureau de la section communiste du Trocadéro. Son activité professionnelle se déroule désormais dans des sociétés commerciales, réputées proches du parti communiste et servant, selon plusieurs historiens et les services de renseignement français ou américains, au financement de ce parti.

André Malcouronne est gérant Comptoir européen d'exportation et d'importation (CEEI) qui porte aussi le nom commercial de BERMAL. Il est également actionnaire du BURIEX, autre société à la vocation proche. Avec plusieurs autres hommes d’affaires, comme Detœuf, Picard ou Doumeng, Malcouronne contribue aux échanges commerciaux avec les pays du bloc soviétique et de leurs alliés, tout en assurant des relations avec les milieux économiques français. Il est, en 1958, interdit de faire du commerce avec les États-Unis et le Canada pour des motifs politiques. Ses partenaires financiers sont la Banque commerciale pour l’Europe du Nord, basée à Paris mais contrôlée par l’Union soviétique, et un établissement polonais, Bank Polska Kasa Opieki.

Après avoir divorcé en mars 1955, il se remarie en novembre la même année à Paris (9e arr.) avec Madeleine Renée Rihouey.

André Malcouronne meurt le 12 juillet 1989 à Gandelu (Aisne). Il était âgé de 72 ans et père de trois enfants. Il est enterré dans le cimetière communal. D’après sa fille, il était toujours fidèle à ses idéaux communistes.

Célébration de la Libération de Joinville-le-Pont

 

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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 00:01

Début de la biographie de Georges Roger

Georges Roger naît le 19 septembre 1876 à Sully-sur-Loire (Loiret). Il est le fils de Marie Julie Sophie Terrasson et de son mari Marie Victor Henry Roger, menuisier.

Alors charpentier, Georges Roger effectue un service militaire en novembre 1897 au 40e régiment d’artillerie. Il est démobilisé en septembre 1900. Il vit à Paris (18e arr.), rue Véronèse. Il épouse dans cet arrondissement en avril 1902 Gabrielle Louise Angèle Espinasse, feuillagiste. Ils s’installent rue Montcalm puis rue Jules-Jouy, toujours dans le 18e. Georges Roger travaille alors comme boucher.

Vers 1910, il est embauché en tant que plombier par la Compagnie du gaz de Paris.

Au cours de la première guerre mondiale, il est mobilisé en août 1914 au sein de la section technique du 5e régiment de génie ; il est démobilisé en mars 1919. Selon un état de la Compagnie du gaz, il aurait été prisonnier de guerre. Après son retour à la vie civile, il reprend son travail dans cette Compagnie et la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Colbert, dans le quartier de Polangis.

Georges Roger est membre du Parti socialiste SFIO, dont la section de Joinville-le-Pont s’est reconstituée, sans doute en 1924, après le passage de la totalité des adhérents au parti communiste en 1920. Cette année-là, la SFIO soutient la liste de groupement des gauches, présentée par Georges Briolay, qui est battue par le maire sortant, Henri Vel-Durand, radical dissident. En octobre 1925, Georges Roger est élu secrétaire lors du renouvellement du bureau de la section SFIO, qui comprend aussi Eugène Meslin, trésorier, et Claude Noizat, délégué à la Fédération socialiste de la Seine. Il exerce la même fonction en 1927 et 1928.

Une élection municipale partielle est organisée en octobre 1928 suite au décès de Vel-Durand, maire. Georges Briolay présente une liste de la gauche républicaine avec lui-même, radical-socialiste, Georges Scornet, socialiste indépendant et Georges Roger, SFIO conseiller municipal. Elle arrive en tête au premier tour devant la liste de l’Union républicaine (droite) et la liste communiste. Avec 574 voix pour 1 524 suffrages exprimés (37,7%) sur 1 538 votants et 2 995 inscrits, Georges Roger obtient un score sensiblement inférieur à celui de ses colistiers, Scornet obtenant lui 661 voix (43,4%).

Malgré le maintien des communistes, il est cependant élu au deuxième tour avec 698 voix pour 1 667 suffrages exprimés (41,8%) sur 1 677 votants, tout en étant assez loin là aussi de Scornet et Briolay. Il rentre donc au conseil municipal.

S’il siège dans l’opposition au nouveau maire, Stephen Durande, il convainc cependant ses collègues de voter, à l'unanimité, un vœu contre le projet d’allongement à six ans du mandat des élus locaux, qui était alors de cinq ans.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, constitue de nouveau une liste de Concentration des gauches, face à l’Union nationale (droite) et au Bloc ouvrier et paysan (communiste).

Au premier tour, la droite est en tête, avec 42,6% des votes, devant les gauches à 35;9% et les communistes à 16,0%. Ces derniers se maintiennent au second tour, mais la liste Briolay emporte cependant avec 45,9% des voix 22 des 27 sièges à pourvoir. À 41,6%, l’équipe sortante récupère les cinq autres places, tandis que le PCF recule à 12,5%.

Encore derrière Scornet et Briolay, Roger fait cependant un meilleur score avec, au premier tour, 813 voix pour 2 126 suffrages exprimés (38,2%) sur 2 169 inscrits. Il est élu au deuxième tour, en compagnie de trois autres membres de la SFIO : Armand Bureau, Marcel Couillard et François Galabert. Par contre, le nouveau secrétaire de la section SFIO, Julien Cérignan n’est pas élu.

Dans le bureau municipal constitué par le nouveau maire, le tapissier Georges Briolay, Georges Roger devient troisième adjoint au maire, le restaurateur Robert Maxe (indépendant) étant premier adjoint, tandis que Scornet et Joseph Marie Moutardier, professeur de l’enseignement technique, radical-socialiste, complètent la liste des adjoints.

Il y avait déjà eu, à Joinville-le-Pont, des conseillers municipaux socialistes élus en 1912 aux côtés de la majorité faite de radicaux dissidents alliés à des libéraux et des conservateurs. Mais ils étaient restés à l’écart du bureau municipal, même s’ils avaient soutenu le maire dans les scrutins décisifs. Georges Roger est le premier socialiste à devenir adjoint au maire.

Dès le premier conseil municipal après l’élection du maire, Roger fait voter le changement de nom de la rue du Cimetière, qui devient rue de l’Égalité. En juin, il est élu secrétaire général de la Commune libre de Polangis, regroupement festif des habitants du quartier.

À suivre

Une villa à Polangis (quartier de Joinville-le-Pont)

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 00:01

Roger Joseph Louis Jamet naît le 29 novembre 1912 à Paris (14e arr.). Il est le fils de Marie Anna Messager et de son époux, Louis Gaston Jamet, préparateur en pharmacie. Ils divorcent en 1920.

Devenu employé de bureau, Roger Jamet s’installe en 1934 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) après son service militaire. Son père avait déjà vécu dans la commune avant-guerre et y était revenu après avoir séjourné en Normandie.

Il vit d’abord avec son père dans le quartier de Polangis, avenue Oudinot puis, en compagnie de sa tante paternelle, rue de Paris, dans le quartier du Centre.

Des élections municipales partielles sont organisées en octobre 1934. Elles font suite à la rupture de l’accord passé en 1929 entre les radicaux-socialistes du maire Georges Briolay et les socialistes de la SFIO. Quatre listes sont en compétition : une communiste, une socialiste, une comprenant des conservateurs et libéraux ainsi que radicaux-socialistes, et une autre, dite indépendante, comprenant également des radicaux-socialistes.

Ayant juste dépassé les 21 ans qui lui permettent de voter, Roger Jamet est candidat sur la liste SFIO de Robert Derivière. Il obtient 400 voix pour 2 297 suffrages exprimés (17,4%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. Devancés de 5 voix par les communistes, les socialistes se retirent en leur faveur avant le second tour. C’est la liste d’union de la droite et des radicaux qui emporte les dix sièges à pourvoir.

En décembre 1934, un groupe des Jeunesses socialistes est constitué à Joinville. Il compte une dizaine d'adhérents. Roger Jamet en a été nommé secrétaire.

C’est à ce titre qu’il se rend, en février 1935, au poste de police de Joinville afin d'intervenir en faveur d'un marchand de journaux qui avait été arrêté. Le quotidien socialiste Le Populaire (1935/03/06) raconte la scène : « Lorsque Jamet, accompagné de plusieurs de nos amis arriva chez le commissaire, il apprit que le vendeur avait été relâché. Mais les agents, furieux de l'arrivée de ce renfort, prétendirent brutalement «faire circuler tout le monde ». Or notre camarade Jamet, infirme, est mutilé d'une jambe. Il tomba. Et alors qu'il était à terre, il reçut encore des coups violents et ne put contenir sa juste colère, «saligauds!» s'écria- t-il. Il fut conduit au poste, et plainte fut portée contre lui. Les deux témoins cités à l'audience, Derivière et Brision, ont fait une exacte et simple relation des Incidents auxquels Ils avaient assisté. Puis l'avocat de Jamet, notre si vaillante et adroite amie, Betty Brunschvicg, concéda, en plaidant, que le propos incriminé avait été tenu, mais qu'amplement justifié par les circonstances, il s'adressait aux agents qui frappaient un mutilé, et ne désignaient, plus précisément, personne. De sorte que le tribunal a prononcé le minimum de la peine, 50 francs d'amende avec sursis, ce qui équivaut, fort équitablement, à une absolution. »

En octobre 1949 à Maisons-Alfort (Seine, act. Val-de-Marne), Roger Jamet épouse Bernadette Desbordes. Est-ce lui le Roger Jamet, domicilié rue du Plateau dans cette commune, qui était devenu en janvier 1948 directeur-général de la société Cycles Carrara, basée rue Jean-Jaurès à Créteil ? Elle avait été fondée par les champions cyclistes Émile et Vincent Carrara.

Roger Jamet meurt le 28 décembre 1997 à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne). Il était âgé de 85 ans.

Affiche de publicité des cycles Carrara

 

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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 00:01

Paul Guillaume Bars naît le 5 mai 1898 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Louise Binzenbach, blanchisseuse et de son époux Alexis Eugène Bars, ébéniste. Ils vivent rue Érard puis s’installent l’année suivante à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) puis dans la commune voisine de Joinville-le-Pont où ils résident en 1914 rue du Port, sur la rive gauche de la Marne.

De petite taille (un mètre cinquante-quatre), Paul Bars effectue un service militaire d’un an au sein du 9e régiment de zouaves à partir d’octobre 1920. Il est envoyé pendant huit mois en Algérie.

En septembre 1929, Paul Bars épouse à Joinville Claire Antoinette Trichaud, téléphoniste à la mairie de Paris. Ils s’installent dans le quartier de Polangis, avenue Oudinot.

Il est au cours du mois de juin 1934, l’un des organisateurs du banquet annuel du Comité d’union républicaine et d’action sociale, l’organisation qui rassemble la plupart des membres des organisations de droite dans la commune de Joinville. Fondé en 1912, ce comité se transforme en mars 1935 en Union des républicains de Joinville. Bars devient le trésorier-adjoint lors e l’assemblée générale constitutive, René Kirbühler étant président.

Durant l’année 1935, Bars, qui travaille comme représentant de commerce, est adhérent à l’Union des commerçants de Joinville.

L’Union des républicains de Joinville, avait conclu, en octobre 1934, un accord électoral avec les radicaux-socialistes. Mais elle décide de le rompre avant les élections municipales générales, en avril 1935 : « L’Union des républicains, se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Face à une liste d’union socialiste et communiste et à une liste radicale-socialiste, la coalition de droite remporte 25 des 27 sièges à pourvoir au conseil municipal.

Bien que non membre du conseil, Bars est désigné comme électeur sénatorial par la majorité de droite en septembre 1935.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Paul Bars est affecté à une compagnie d’ouvriers puis mis à disposition du ministère de l’armement et affecté à Bourges (Cher).

Après le conflit, Paul Bars est membre du parti gaulliste, le Rassemblement du peuple français. Il est candidat sur la liste du RPF au cours des élections municipales de novembre 1947. Arrivée en tête avec 3 066 voix en moyenne pour 6 974 suffrages exprimés (44%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, la liste conduite par Pierre Perly, alliée aux autres formations de droite, obtient 13 sièges, soit le même nombre que l’Union républicaine et résistante (communistes et radicaux-socialistes, 43,3%), le dernier siège échéant à la SFIO (socialiste, 6,5%) tandis que les démocrates-chrétiens du MRP n’ont pas d’élu (5,8%). Bars est élu conseiller municipal mais, du fait du choix de l’élu SFIO, c’est le maire sortant Robert Deloche (communiste) qui est reconduit.

Collaborant à l’hebdomadaire conservateur Nouvelle Union régionale, Paul Bars qualifie ainsi en mai 1951 le budget de l’année : « Quel travail, messeigneurs ! On croule sous les taxes ». Dans le même organe, il s’inquiète des nombreux accidents de la circulation en novembre la même année, puis des risques d’éboulement en février 1953. Il rend compte en décembre de cette année de la messe pour le maréchal Leclerc, organisée en l’église Saint-Charles de Joinville.

Au cours des élections municipales de mai 1953, la droite s’est scindée en deux. Le RPF a constitué une Liste d'Action municipale et sociale, conduite par Pierre Calmon, sur laquelle figure Bars ; elle recueille en moyenne 1 334 voix pour 6 748 suffrages exprimés (19,8%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Mais les dissidents font un peu mieux à 22%, même s’ils ont autant de sièges. Avec dix élus, les communistes sont en tête (35,6%) et ont le soutien des socialistes SFIO (12,2%, 3 sièges). Ce sont cependant les démocrates-chrétiens du MRP qui feront la différence (9,2%, 2 sièges). Georges Defert (RGR) est élu maire et Bars reste au conseil municipal.

En juillet 1953, la section RPF de Joinville vote une motion de protestation à propos de l’affaire Rosenberg, qui secoue alors les États-Unis ; Bars et les autres élus gaullistes s’y associent. En janvier 1957, le conseil municipal de Joinville vote un secours aux hongrois, soumis à l’occupation des troupes de l’Union soviétique. La majorité bénéficie alors du soutien des élus SFIO, contre les communistes.

Lors des élections municipales suivantes, le RPF présente des listes de coalition avec le MRP et la SFIO, contre celle du maire sortant. Avec 23,5% en 1959 puis 13,1% en 1965, ces candidatures sont nettement devancées tant par la droite RGR que par les communistes ; le retour au scrutin majoritaire fait qu’il n’y a plus de représentant des trois formations coalisées dans le conseil.

Paul Bars meurt le 19 novembre 1985 à Joinville. Il était âgé de 87 ans et père de deux enfants.

Sa fille cadette Nicole Marie Henriette Bars, épouse Tardu (1931-2010) a également été élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont en décembre 1975. Une élection partielle avait été convoquée suite au décès du maire, Georges Defert, pour compléter le conseil. La liste de droite, sur laquelle Nicole Tardu figurait, a remporté les quatre sièges à pourvoir et Jean-Pierre Garchery (divers droite) a été élu maire. En mars 1977, la gauche a emporté la mairie avec une liste d’union conduite par le communiste Guy Gibout.

Avenue Oudinot à Joinville-le-Pont

 

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