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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 01:01

Albert Jean Grosbois naît le 16 juin 1840 à Richelieu (Indre-et-Loire). Il est le fils de Radegonde Gueritault et de son mari François Grosbois, couvreur.

Il s’installe comme coiffeur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune qui grandit vite passant de 850 habitants en 1851 à 1 750 dix ans plus tard.

En avril 1863, Albert Jean Grosbois épouse à Paris (13e arr.) Joséphine Ninérailles. Ils élèveront sept enfants. Son commerce va prospérer, malgré la guerre franco-prussienne de 1870 qui voit la destruction du pont sur la Marne, l’évacuation de la population et l’occupation par les troupes allemandes.

Suite aux inondations de 1875 en France, Grosbois contribue par deux fois en juillet et septembre avec ses employés à des souscriptions en faveur des sinistrés.

Il organise aussi, en septembre 1879 une collecte plus politique, en faveur des anciens communards amnistiés. Une quinzaine de personnes et un groupe d'ouvriers y contribuent.

La vie de la famille va changer avec le paiement suite à un tirage au sort, en 1881, d’une obligation de la ville de Paris qui lui rapporte 10 000 francs. Avec cette somme, il fait construire une villa, crée un second salon de coiffure dans le quartier nouvellement loti de Palissy, sur la rive gauche de la Marne et fait quelques prêts à des voisins. En 1884, il acquiert à la Varenne-Saint-Hilaire (dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés), un fonds de commerce de marchand de vins, qu’il embellit rapidement. Mais son capital initial étant épuisé et les prêts qu’il a fait ayant du mal à rentrer, Grosbois n’arrive pas à payer plus de 2 000 francs sur les 11 000 que coûte l’acquisition du commerce de boissons. Il tente de se renflouer en acquérant des marchandises à crédit mais, sous la pression de ses fournisseurs, il doit déposer son bilan dès septembre 1884. Un perquisition dans son jardin permet de découvrir d’importantes quantité de vin qu’il cache sous des plantations de choux. Emprisonné en novembre, il est inculpé de banqueroute frauduleuse, avec détournement de marchandises, ce qui lui vaut de comparaître en mars 1885 devant la cour d'assises de la Seine. Selon la presse, le jury prend en compte son importante famille, dans un réflexe patriotique lié à la récente défaite face à la Prusse et son avocat réussit une brillante plaidoirie. Cependant, les manœuvres d’intimidation qu’il avait conduites contre certains de ses créanciers font qu’il est tout de même condamné, avec des circonstances atténuantes; à trois ans de prison pour banqueroute simple. L’hebdomadaire local Voix des communes plaint sa famille mais rapporte que le public estimait que « ça valait ça. »

La famille quitte Joinville pour s’installer à Vincennes.

Le devenir d’Albert-Jean Grosbois ainsi que la date de son décès ne sont pas connus.

La rue du Pont

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 01:01

Antoine Duranthon naît le 15 mai 1877 à Saint-Médard (Creuse) où son père est mineur.

Il devient brodeur et s’installe à Paris (3e arr.), où il épouse en avril 1903 Jeanne Combe, avec laquelle il aura au moins quatre enfants. Il réside avec eux à partir de 1909 dans le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

En janvier 1913, Duranthon devient membre de la commission exécutive de la section socialiste SFIO de Joinville et est délégué à l'Union cantonale de Saint-Maur. En mai de la même année, il est élu membre du bureau en tant que trésorier. Il est renouvelé dans cette fonction en juin 1914. En février 1914, il avait été désigné comme électeur sénatorial par le conseil municipal où les socialistes ont huit élus.

Pendant la guerre, Duranthon est mobilisé en tant qu’ordonnance du Dr Pierre Vallat, une personnalité radicale-socialiste de Joinville. Il adresse plusieurs lettres témoignant de son activité militaire à un hebdomadaire radical-socialiste local, Voix des communes. En 1915, il expédie une chanson intitulée Ah, quel fourbi ! L’année suivante, il écrit de Verdun.

En décembre 1919, Duranthon, qui est désormais serrurier, est candidat en septième position sur la liste socialiste unifiée (SFIO), conduite par Georges Laruelle ; elle recueille 30% des voix au premier tour et 34% au second, sans obtenir d’élus.

En février 1920, il est de nouveau trésorier dans le bureau de la section SFIO, dont André Flambard est le secrétaire. Il recueille plusieurs souscriptions en faveur de grévistes entre 1920 et 1922.

Comme l’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville, Duranthon rallie le nouveau parti communiste. Il réside toujours dans la commune en 1923. Sa date de décès n’est pas connue. Son épouse meurt en 1969 à Gonesse (Val-d’Oise).

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 01:01

(Suite de la biographie d'Albert Bleunard)

Lors des élections municipales de mai 1881, Bleunard est élu conseiller municipal de Joinville, Gabriel Pinson, républicain modéré, étant élu maire. Il va en particulier être désigné comme tête de file du conseil municipal dans la nouvelle commission municipale scolaire instituée par l'article 5 de la loi du 28 mars 1882 sur l’instruction obligatoire.

Au cours des élections municipales de mai 1884, Bleunard est réélu dès le premier tour, avec 331 voix sur plus de 400 suffrages exprimés ; c’est un des trois représentants des quartiers de la rive gauche de la Marne sur 21 membres du conseil. Il joue un rôle important dans l’assemblée. Ainsi, en juin 1884, c’est lui qui établit le projet de budget, et un journal local relève que « M. Bleunard n’a pas seulement des talents naturels plus développés que ceux de tous ses confrères, il est, de plus, paraît-il, un administrateur des plus méticuleux. »

Sur le plan politique, il est désigné comme électeur sénatorial sur une liste radicale en juillet 1885. Il s’intéresse à la vie locale, se plaignant par exemple de l’enlèvement des boues en août. Il se met en colère en novembre de la même année « à propos d’une question de champagne » et envoie deux lettres annonçant sa démission « absolument définitive » ; cependant, après une longue discussion, le conseil sur l’avis du maire, « décide qu’une délégation composée de MM. Lesage, Gobin et Demeestère tentera une suprême démarche auprès de M. Bleunard pour l’engager à revenir sur cette regrettable détermination ». C’est ce qui se passe, puisque Bleunard reprend sa place immédiatement.

Lors de la création du conseil départemental de l’instruction publique en décembre 1885, Bleunard est désigné pour en faire partie. Il travaille également à un projet d’accord avec la commune voisine de Champigny pour prendre en charge l’école de la Fourchette, initiative privée de mise en place d’un enseignement laïque dans un quartier à cheval sur les deux villes et qui était dépourvu d’infrastructures scolaires.

Avec le futur député radical, Jules Ferdinand Baulard et le maire Pinson, Bleunard intervient auprès du ministère des cultes pour demander la reconstitution du conseil de fabrique, en conflit avec la municipalité au sujet de la gestion des fonds de la paroisse.

Peu avant les élections municipales, en février 1888, un incident se produit entre Bleunard et Pinson au conseil municipal, ce qui le conduit sans doute à ne pas être candidat au renouvellement de son mandat. Il va cependant jouer un rôle important en soutenant la constitution d’une liste radicale opposée à la majorité municipale et alliée avec le Groupe études sociales de Joinville-Saint-Maurice (parti ouvrier). Conduite par Alphonse Demeestère, la liste n’obtiendra que trois élus sur 21 (Diot, Demeestère, Vaudey). Cependant, la mort de Gabriel Pinson, réélu maire le mois précédent, en juin 1888, rebat les cartes.

Bien qu’ils ne siège plus au conseil, le nom de Bleunard est évoqué comme candidat au poste de maire. Lors de l’élection municipale partielle destinée à remplacer Pinson, bien qu’il ne soit pas candidat, un groupe d’électeurs lance un appel à voter pour lui : « Bleunard, républicain anticlérical, officier de l’instruction publique, délégué cantonal qui, pendant huit années, a siégé au conseil municipal de Joinville, dont il était un des membres les plus capables et les plus utiles. Il était du petit groupe des conseillers sortants qui ont rendu compte de leur mandat en réunion publique et il en a été félicité et acclamé par les électeurs. Les républicains comprendront qu’il y a déjà trop d’adversaires de la République dans le conseil et ils voteront Bleunard ». L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, qui relaie la campagne, commente : « Voter pour Bleunard, candidat malgré lui, c’est voter en rouge ! »

Si Amédée Gosset est élu par 307 contre 100 à Bleunard sur 407 suffrages exprimés pour 776 inscrits. Henry Vaudémont, rédacteur en chef de l’organe radical et militant radical à Joinville, interprète ainsi le résultat : « Le parti rural de Joinville-le-Pont vient de remporter dimanche la dernière de ses victoires à la Pyrrhus. Le résultat était sûr. Gosset, candidat incolore comme politique et que personne ne combattait comme homme ne pouvait manquer d’être élu. (…) Les dissidents ont réuni cent voix, un chiffre dans lequel j’ai dit qu’avoir mis le pied leur portera bonheur. C’est quelque chose en somme d’être parvenu à réunir cent votants, marchant quand même à la défaite, rien que pour affirmer le principe du devoir de voter. (…) Mais nous tenions à nous compter, nous autres, jeunes Joinvillois, parisiens immigrés, qui ne gagnons pas un sou à Joinville et y dépensons, au contraire, tout notre argent. »

Le nouveau maire, Eugène Voisin, se rapprochera d’ailleurs rapidement des radicaux-socialistes, qui remporteront trois sièges lors d’un nouveau scrutin partiel en 1890.

La dernière intervention publique connue de Bleunard se situe lors de la préparation des élections municipales de mai 1892. Il encourage des habitants des quartiers de Polangis et Palissy à se présenter, et notamment Paul Villain ; ce dernier ne sera pas candidat cette année-là, mais il sera élu quatre ans plus tard. Henry Vaudémont appréciait : « Je ne connais pas M. Villain, mais le patronage dont l’honore la haute personnalité de M. Bleunard nous garantit sa valeur. »

Son épouse décède à Joinville en mars 1896, et Albert Bleunard est toujours présent dans la commune en mai ; il a alors 69 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus. Il était décoré des Palmes académiques.

Son fils, Albert Bleunard (1852-1905), professeur de sciences physiques au lycée d'Angers (Maine-et-Loire), est l’auteur de plusieurs ouvrages mêlant vulgarisation scientifique et fiction : Le spirite malgré lui, La Babylone électrique, La Pierre philosophale, Toujours plus petit, ainsi que d’une monumentale Histoire générale de l'Industrie (8 vol.).

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 01:01

Comme tous les coopérateurs de la Société des lunetiers, Videpied va acquérir une certaine aisance, qui le conduit à devenir propriétaire de la villa Palissy, sur la rive gauche de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sans doute vers 1882 ou 1883, après la fin de son mandat de gérant. Deux autres Joinvillais sont liés à la Société des lunetiers : François Blaize (1824-1900), fondateur de la coopérative, conseiller municipal de Joinville (1878-1896) ; Pierre Jules Tireau (1827-1900), militant radical-socialiste et libre-penseur à Joinville.

C’est à Joinville que Videpied va dorénavant mener une activité politique, même s’il ne semble y résider qu’une partie de l’année d’abord allée des Ormes (future rue Charles Floquet) puis quai Moisson (devenu ensuite quai Gabriel-Péri), toujours dans le quartier de Palissy.

En juillet 1885, le comité électoral de Joinville-le-Pont élit quatre délégués : trois conseillers municipaux (Alphonse Demeestère, président, Baulard et Fénelon Delobel) ainsi que Videpied. Le 11 septembre, ce comité décide d'adhérer au programme du comité départemental radical-socialiste de la Seine. C’est sans doute la première affiliation officielle d’un groupement communal à une instance politique.

Au cours d’une réunion tenue début décembre 1885 chez Demeestère, 19 personnes créent, en vue des élections législatives complémentaires 13 et 27 décembre 1885, une commission chargée élaborer un projet de statuts pour un comité de la Ligue républicaine de Joinville. Videpied est désigné comme président, Baulard, vice-président, Demeestère, secrétaire ; les autres membres sont Honoré Jullien, Eugin Thime et Louis Vaudey. Le projet ne semble pas avoir eu de suite.

C’est lors de la préparation des élections municipales à Joinville que Videpied va reprendre un rôle actif. Avec son collègue de la Société des lunetiers, Tireau, Vaudey et le journaliste Henry Vaudémont, ils constituent un comité d’initiative qui convie les électeurs à compte aux conseillers sortants de la façon dont ils ont rempli leur mandat. Une réunion publique est convoquée le 11 avril, mais seuls quatre des conseillers municipaux sortants acceptent d’y participer, devant environ 250 électeurs ; Videpied préside la réunion, à laquelle se sont associés – outre les radicaux-socialistes – quelques personnes plus à gauche, comme le socialiste-révolutionnaire Gustave Charton. Un comité est élu pour présenter des candidatures pour les prochaines élections, et Videpied est un des dix membres. Ce comité se réunit, toujours sous la présidence de Videpied, et décide de combattre la majorité des conseillers sortants. Le 2 mai, en présence de 300 électeurs, il présente le programme et la liste du comité électoral républicain radical-socialiste s’oppose le 5 mai à celle du maire sortant, le républicain modéré Gabriel Pinson ; elle est conduite par Demeestère et Videpied y figure en septième position. Contrairement à Blaize, présent sur la liste Pinson, Videpied n’est pas élu. Les radicaux-socialistes n’obtiennent que trois sièges sur 23 (Diot, Demeestère et Vaudey).

À l’occasion d’une élection législative partielle le 27 janvier 1889, les groupements républicains décident d’opposer la candidature de Jacques à celle du général Boulanger. Videpied est avec Boguet, Thiébault et Leroux l’un des organisateurs d’une réunion publique le 26 janvier à Joinville, qui adopte un ordre du jour « amour de la liberté et haine du césarisme ». Il participe également à une souscription publique en faveur de Jacques. Boulanger emporte l’élection avec 56,3% des suffrages exprimés dans l’ensemble du département de la Seine, tandis que Jacques en recueille 37,5%. Il fait un score un peu meilleur à Joinville, avec 46,1%, contre 53,4% à Boulanger

Le contexte politique local va évoluer, avec le remplacement en juillet 1888 de Gabriel Pinson, décédé, par Eugène Voisin, qui va se rapprocher des radicaux, lesquels font élire trois des leurs lors d’un scrutin partiel en mars 1890.

En mars 1889, un groupe de citoyen prend l’initiative de former un comité communal anti-plébiscitaire à Joinville comme il s’en est formé dans la plupart des communes de la Seine. Demeestère, Baulard, Vaudey, Aristide Camus, Vaudémont et Videpied en font partie. Ils seront actifs pendant la campagne des élections législatives générales qui vont voir, pour la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (correspondant au canton de Charenton), la victoire de Jules Ferdinand Baulard, ancien conseiller municipal de Joinville et conseiller général du canton, sur le boulangiste Guillaume Silvy.

Lors d’une nouvelle réunion publique en novembre 1890, toujours organisée par Videpied avec Varin, Tireau et son fils, trois radicaux-socialistes sont de nouveau les seuls à rendre compte de leur mandat, mais deux autres sont excusés et cinq sont présents dans la salle.

Dans le débat public, Videpied plaide pour le quartier de Palissy qu’il habite, écrivant dans une lettre du 31 mai 1891 que, « Passé le pont, là est l’avenir de Joinville ». Le destinataire du courrier, le journaliste Henry Vaudémont, théorise lui aussi l’opposition entre l’ancien (sur la rive droite) et le nouveau Joinville.

Videpied fait campagne en 1893 pour la réélection de Baulard. Il présente un ordre du jour de confiance à son égard lors d’une réunion publique à Joinville en octobre 1894. Sa dernière intervention publique connue est la présidence, le 23 avril 1896, d’une réunion de compte-rendu de mandat préparatoire aux élections municipales de mai. Il est entouré d’Allard, Guichard et Baudon.

Eugène Videpied meurt le 4 avril 1900 à Paris (7e arr.). Il était domicilié 65, bd Beaumarchais et âgé de 65 ans.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 01:01

Charles Eugène Videpied naît le 16 septembre 1834 à Paris. Il est le fils de Marie Magdeleine Jeanne Vigneron et de son époux Louis Claude Videpied, chaudronnier. Il vit dans une famille républicaine : son père est inculpé devant une commission militaire après l’insurrection ouvrière de juin 1848 ; sa tante paternelle, Marie-Thérèse Cellier, est actionnaire de de la Société du 15 juin 1840 « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier ».

S’il est sans doute trop jeune pour prendre part aux activités révolutionnaires en 1848, Eugène Videpied va se lier avec des acteurs du mouvement social et politique ouvrier. Devenu lunetier, il rejoint une coopérative fondée en 1849, la Société des lunetiers (ancêtre d’Essilor). En janvier 1864, il devient, suite à la démission d’Henri Béry, un des trois gérants, au côté de Simon-François Delabre et d’Onésime Nicolas Muneaux. Les héritiers de l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui étaient nourris par les écrits de Saint-Simon, Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier. Il continue à exercer cette fonction jusqu’après 1881. Suivant l’usage, la coopérative qui compte en 1864 24 coopérateurs, prend le nom de Société industrielle et commerciale des ouvriers lunettiers Delabre, Muneaux, Videpied et Cie. Au fur et à mesure des changements de gérants, elle deviendra Muneaux, Videpied, Trumet ; Muneaux, Videpied, Delafond ; Muneaux, Videpied, Okermans ; et enfin en 1881 Videpied, Okermans, Poircuitte.

Agathe Maillot, lingère, avait épousé Eugène Videpied en mars 1861 à Paris (3e arr.). Ils résidaient rue Caffarelli.

Dès la fin de l’empire, Videpied prend des positions publiques. Avec 26 autres membres de la Société des lunetiers, il participe pendant le siège de Paris en octobre 1870 à une souscription « destinée à offrir une batterie de canons à la République. »

Courant octobre 1873, environ 150 entrepreneurs du 3e arrondissement de Paris signent une déclaration communiquée aux députés de la Seine dans laquelle ils se disent « Profondément inquiétés et troublés dans nos affaires et dans notre travail par les intrigues incessantes des agitateurs politiques qui se proposent de restaurer la monarchie, profondément convaincus que cette restauration amènerait de nouvelles et effroyables révolutions et désireux d'épargner à la France les malheurs qui en seraient la conséquence, nous protestons énergiquement centre toute tentative de restauration monarchique ; nous affirmons notre dévouement à la République, dont le maintien peut seul assurer au pays le repos et la sécurité. Nous espérons que nos députés, les députés de la Seine, d'accord avec M. Thiers, l'homme d'État illustre qui a donné tant de gages de clairvoyance, de dévouement et de patriotisme, sauront conjurer, les malheurs que nous redoutons, et feront sortir la République plus vivante et plus robuste de l'épreuve qu'elle traverse. »

Parmi les signataires on compte, outre Videpied, Delafond, autre gérant de la Société des lunetiers et Jules Ferdinand Baulard, fabricant de glaces, futur conseiller municipal de Joinville-le-Pont, conseiller général de Charenton-le-Pont et député de la Seine (radical-socialiste).

(A suivre)

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 01:01

Albert Jules Tireau naît le 24 août 1890 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Joséphine Heutte, couturière, et de son époux Stéphane Albert Tireau. Son père meurt de maladie quand il a quatre ans, et il est alors élevé par sa mère au domicile de ses grands-parents paternels, Pierre Jules Tireau et Claudine, née Paris, dans le quartier de Palissy à Joinville.

Son grand père paternel, lunetier également, fut gérant de la Société coopérative des lunetiers, fondée en mars 1849, qui deviendra ensuite Essilor. Il semble qu’Albert Jules soit aussi opticien.

Mobilisé avec la classe 1910, Albert Jules Tireau est adjudant au 167e régiment d'infanterie ; il est blessé une première fois d’une balle au cuir chevelu en janvier 1915 lors des combats de Bois-le-Prêtre (commune de Montauville, Meurthe-et-Moselle). Tireau est blessé une seconde fois au même endroit, en mai 1915 : éclats d’obus au cuir chevelu, bras, jambe et pied droit ; il en ressort infirme.

Cité à l’ordre du régiment en janvier 1915, à l’ordre de la brigade en juin de la même année, il est cité à l’ordre de l’armée en janvier 1916, quand la médaille militaire avec palmes lui est attribuée : « sous-officier d’élite, joignant le plus grand calme à une bravoure exemplaire, d'une belle conduite au feu. A été grièvement blessé le 15 mai 1915, en entraînant sa section à l'assaut d'une tranchée allemande. »

Son frère aîné de deux ans, l’architecte Léon Stéphane Tireau, est tué à l’ennemi en février 1915 à la Côte-des-Éparges (Meuse).

Suzanne Hubert épouse à Paris en août 1917 Albert Jules Tireau. Ils auront un enfant.

Albert Jules Tireau est fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1961 pour son activité militaire pendant la première guerre mondiale. Il meurt à Paris (12e arr.) le 27 avril 1974. Il résidait 5, rue Élisa Lemonnier dans le même arrondissement et était âgé de 83 ans.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 01:01

Stéphane Albert Tireau naît le 24 octobre 1853 à Belleville (Seine, act. Paris). Il est le fils de Claudine Paris et de son époux, Pierre Jules Tireau, lunetier.

Comme son père, il sera lunetier ; peut-être travaille-t-il aussi pour la Société des lunetiers, coopérative à laquelle son père collabore, qui deviendra ultérieurement Essilor.

Marié en août 1879 à Paris (11e arr.) avec Marie Joséphine Heutte, ils auront six enfants, mais trois mourront jeunes et un quatrième est tué à la guerre. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

En 1889, Tireau est administrateur et exécutants de La Fanfare municipale de Joinville-le-Pont. Il prend également des positions politiques, en compagnie de son père et d’un autre lunetier, gérant de la Société des lunetiers, Eugène Videpied. Il est membre du bureau d’une réunion publique, tenue en novembre 1890, au cours de laquelle trois conseillers municipaux radicaux-socialistes (Alphonse Demeestère, Henri Diot et Henry Vaudémont) rendent compte de leur mandat. Toujours avec son père et Videpied, Stéphane Albert Tireau fait adopter un ordre du jour de confiance en faveur de Jules Ferdinand Baulard, député de la Seine. Stéphane Albert Tireau est membre de la société de libre-pensée du canton de Charenton, La Pensée, animée par Vaudémont.

Installé à Reims (Marne), probablement en 1892, il est affilié à la loge maçonnique de la ville. Il y perd sa deuxième fille, morte de maladie à cinq ans.

Stéphane Albert Tireau revient à Joinville où il décède de congestion pulmonaire le 12 mars 1895, âgé de 41 ans. Ses trois enfants survivants seront élevés par sa femme au domicile de ses parents, dans le quartier de Palissy à Joinville. Son fils aîné Léon Stéphane est tué lors de la première guerre mondiale en février 1915 ; le second, Albert Jules, grièvement blessé en mai de la même année, en revient infirme et sera décoré de la médaille militaire et de la Légion d’honneur.

Ses obsèques civiles sont accompagnées par Jules Ferdinand Baulard, député de la Seine, Henry Vaudémont, représentant la Fédération française de la libre-pensée, Brisson-Joly, au nom de La Raison et un membre de la loge maçonnique de Reims.

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