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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 01:01

Charles Doré naît le 26 décembre 1870 à Paris (9e arr.). Sa mère, Marguerite Doré a 23 ans et vit 154, rue des Martyrs ; le nom de son père n’est pas connu et les parents ne reconnaîtront pas l’enfant. C’est la sœur aînée de sa mère, Olympia Doré et son mari Léonard Tardivon qui vont l’élever à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Plus tardivement, ils vont l’adopter par un jugement de mai 1895, confirmé en appel en décembre 1896. Il adoptera alors le nom d’usage de Léon Tardivon.

Son activité est celle d’un employé, puis voyageur et représentant de commerce. Il épouse en avril 1899 à Joinville Marie Louise Bourson ; ils auront un fils, Maurice Doré-Tardivon.

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville-le-Pont, Tardivon figure, en 21e position des 23 candidats, sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin, et soutenue par les radicaux-socialistes, affichant une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme ; elle s’oppose conduite par des conseillers municipaux dissidents, classés plutôt à droite (Dalbavie, Raoult, Boivin et Moulinet) et à une autre liste incomplète socialiste-révolutionnaire (Lacroix, Lebègue). Les radicaux remportent 22 sièges sur 23 avec, au premier tour, en moyenne 50,2% des suffrages exprimés, la liste de droite en recueillant 31,9% et les socialistes 14,9%. Tardivon est élu au second tour. Il avait obtenu au premier 548 voix pour 1 119 votants sur 1 363 inscrits soit 49% ;

En novembre 1905, Tardivon est l’un des quatre organisateurs d’une réunion convoquée par le comité radical-socialiste de Joinville-le-Pont pour entendre Adolphe Maujan, député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux.

Début 1906, Tardivon se solidarise avec Théophile Leteuil qui est entré en conflit avec le maire, prenant prétexte d’irrégularités supposées dans la prise en charge de l’enfouissement des chiens retrouvés morts sur la voie publique, une accusation qui sera plus tard infirmée par une enquête préfectorale. Tous les deux démissionnent du conseil municipal mais, contrairement à Leteuil qui va poursuivre une guérilla politique contre la majorité radicale, Tardivon quitte Joinville. en 1908, il refuse d’ailleurs de comparaître devant la commission d’enquête préfectorale.

Installé à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine), Charles Léon Tardivon est mobilisé pendant la première guerre mondiale comme maréchal des logis dans le 9e régiment d'artillerie à pied (9e RAP). Il meurt de maladie le 2 octobre 1916 dans l’hôpital auxiliaire 101 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 45 ans.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 01:01

Chéri Édouard Alexandre Arnaud naît le 11 août 1875 à Paris. Il est d’abord sellier à Paris, reprenant l’activité de son père, Jean Chéri Arnaud ; il se présente ultérieurement comme négociant et enfin comme industriel. Marié avec Charlotte Louise, Chéri Arnaud a un fils, Charles Édouard, mort à 17 mois en 1912 et une fille, Angèle.

Installé à Joinville-le-Pont au début du vingtième siècle, dans le quartier de Polangis (avenues Jamin puis. du Château), Arnaud s’engage en mai 1908 sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin, et soutenue par le comité radical-socialiste. Il est élu au second tour de scrutin avec 574 voix pour 1188 suffrages exprimés (48%) sur 1363 inscrits. La liste radicale a 22 élus sur 23 face à une liste de droite (Moulinet, Provin, Dalbavie) qui emporte un siège et une liste socialiste (Lebègue, Lacroix).

Cependant, dès 1909, Arnaud se montre critique vis-à-vis de la majorité radicale, et notamment de son animateur, Louis Rey. Ce dernier estime dans l’hebdomadaire radical Voix des communes (1911/12/08) que « Arnaud était un genre de m’as-tu-vu qui acceptait d’être conseiller municipal comme il aurait accepté d’être tambour-major de la Garde nationale, pourvu qu’il fût bien en évidence. »

Chéri Arnaud est président d’une société lyrique joinvillaise, La Pensée, en 1908. Il est également à la tête d’une structure de prévoyance, l’Assurance fraternelle en 1910. En 1913, il devient président de l’association humanitaire Union fraternelle des communes de Saint-Maur, Joinville et Saint-Maurice (ancienne société Saint-Nicolas). Lors des inondations historiques de la Marne en janvier 1910, Arnaud est très actif dans l’organisation des secours ; son quartier de Polangis est très largement submergé.

À l’occasion d’une crise déclenchée en 1911 suite à un incident dans une école, dénoncé par Rey, Arnaud rejoint Henri Vel-Durand, Beauvais, Poitevin, Watrinet et Mermet pour s’opposer frontalement au maire et à la majorité des radicaux-socialistes. Il plaide pour le remplacement du maire, qu’il estime trop âgé (il a alors 76 ans et se retirera l’année suivante). Arnaud donne se retire du comité radical-socialiste en février 1911. Avec six collègues, il démissionne du conseil municipal en mars 1911 ; il est réélu en avril avec le soutien des radicaux dissidents, de la droite locale et des socialistes SFIO.

Lors du scrutin municipal général de mai 1912, Arnaud figure sur la liste de Mermet, chef de file des radicaux dissidents, qui fusionne au second tour avec les libéraux et les socialistes SFIO pour emporter les 23 sièges face aux radicaux-socialistes.

Pendant la première guerre mondiale, Arnaud, qui a 39 ans, est mobilisé, d’abord au ministère de la guerre puis, en 1915, dans un régiment du génie.

Lors du scrutin municipal de novembre 1919, il figure sur la liste d’union républicaine et sociale, qui regroupe des radicaux dissidents, dont le futur maire Henri Vel-Durand, adjoint sortant, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. Elle s’oppose à une liste libérale ainsi qu’à une autre soutenue par la SFIO et remporte la totalité des sièges.

Au cours des élections suivantes, en mai 1925, Arnaud est candidat en septième position sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, qui regroupe les anciens radicaux dissidents et les conservateurs ou libéraux. Elle obtient au premier tout 1080 voix en moyenne pour 2275 suffrages exprimés, soit 47,5% ; il y avait 2761 inscrits. Face à elle, le cartel des gauches coalisait les radicaux-socialistes, la SFIO et des socialistes indépendants et recueille 648 voix, soit 28,4% ; la liste du Bloc ouvrier et paysan se classait troisième avec 480 votes (21,1%). Au second tour, Arnaud et tous ses colistiers sont élus. Vel-Durand, reconduit au poste de maire, décède en cours de mandat. Lors des élections partielles organisées en septembre 1928 pour le remplacer, c’est une liste du cartel des gauches qui remporte les trois sièges vacants (le radical-socialiste Briolay, le socialiste indépendant Scornet et le socialiste SFIO Roger) face à celle des vainqueurs de 1925 et à une liste communiste – dont les votes seront partiellement invalidés, car elle comprenait une candidate, ce qui était alors interdit. Stephen Durande, candidat de la majorité de 1925, est cependant élu maire.

Lors des élections générales qui suivent, en mai 1929, Arnaud sollicite le renouvellement de son mandat en se présentant sur la liste de concentration républicaine, dirigée par Stephen Durande. Dans une même configuration que celle de 1925, la liste de droite est distancée au premier tour avec une moyenne de 825 voix alors que le cartel des gauches en a 910 et les communistes 391. Malgré le maintien des candidats Pcf, la gauche socialiste et radicale accentue son score au second tour, avec une moyenne de 1025 suffrages, 929 pour la municipalité sortante et 278 pour les communistes. Si la liste de concentration républicaine garde cinq sièges, Arnaud et Stephen Durande sont battus ; avec 22 sièges, Georges Briolay, l’héritier d’Eugène Voisin, défait en 1912, prend sa revanche et devient maire.

Arnaud était titulaire de plusieurs décorations : médaille de bronze pour actes de dévouement pendant les inondations de la Marne en 1910, médaille d'argent toujours pour actes de dévouement en 1925 ; mention honorable de la mutualité en 1913 ; chevalier du Mérite agricole en 1911 et officier en 1926.

Chéri Édouard Alexandre Arnaud meurt le 25 février 1931 à Joinville. Il avait 55 ans.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 01:01

Claude Louis Videpied naît le 18 thermidor an 3 (05/08/1795) à Paris, quartier Sainte-Marguerite (11e arr.). Il est le fils de Marie Françoise Thioust et de son époux Pierre François Hippolyte Videpied.

Mariés vers 1820, Marie Madeleine Jeanne Vigneron et Claude Louis Videpied auront au moins trois enfants, dont deux jumelles (Jeanne Antoinette et Marie Catherine en 1822) et un fils (Charles Eugène 1834-1900). Claude Louis Videpied est chaudronnier et zingueur et exerce en 1839 et les années suivantes rue de la Goutte d'Or, alors dans la commune de La Chapelle (Seine, act. Paris 18e arr.).

La famille Videpied professe des opinions républicaines. Sa sœur, Marie-Thérèse Françoise épouse Cellier (1798-1883) est actionnaire de la Société du 15 juin 1840 « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier ».

Claude Louis Videpied fait partie des 11 662 inculpés jugés par huit commissions militaires à la suite de l'insurrection parisienne de Juin 1848. 827 d’entre eux sont libérés sur ordre du « Général président » (Cavaignac) et 55 sont décédés avant jugement. Les commissions militaires statuent sur le sort de 10 780 personnes, dont 6 255 (58%) sont remis en liberté, 4 276 seront transportés, notamment à Belle-Île (39,7%) et 249 (2,3%) renvoyés devant les conseils de guerre.

Incarcéré avant le 26 juin, Claude Louis Videpied voit son dossier examiné le 18 août 1848 par la huitième commission qui décide de lui redonner la liberté. Il aura donc passé plus d’une cinquantaine de jours en prison. Au moment du jugement, Videpied réside 121, rue du Faubourg du Temple, dans le quartier de la Porte-Saint-Martin à Paris (5e arr.).

Claude Louis Videpied meurt le 9 novembre 1865 à Paris (20e arr.). Il était âgé de 70 ans et résidait 30, rue des Champs, dans le quartier du Père-Lachaise. Son fils Charles Eugène Videpied sera un militant républicain radical-socialiste et un coopérateur.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 01:01

Charles Eugène Videpied naît le 16 septembre 1834 à Paris. Il est le fils de Marie Magdeleine Jeanne Vigneron et de son époux Louis Claude Videpied, chaudronnier. Il vit dans une famille républicaine : son père est inculpé devant une commission militaire après l’insurrection ouvrière de juin 1848 ; sa tante paternelle, Marie-Thérèse Cellier, est actionnaire de de la Société du 15 juin 1840 « pour la propagation et pour la réalisation de la théorie de Fourier ».

S’il est sans doute trop jeune pour prendre part aux activités révolutionnaires en 1848, Eugène Videpied va se lier avec des acteurs du mouvement social et politique ouvrier. Devenu lunetier, il rejoint une coopérative fondée en 1849, la Société des lunetiers (ancêtre d’Essilor). En janvier 1864, il devient, suite à la démission d’Henri Béry, un des trois gérants, au côté de Simon-François Delabre et d’Onésime Nicolas Muneaux. Les héritiers de l'Association fraternelle des ouvriers lunetiers qui étaient nourris par les écrits de Saint-Simon, Fourier, de Proudhon, et surtout ceux du journal l'Atelier. Il continue à exercer cette fonction jusqu’après 1881. Suivant l’usage, la coopérative qui compte en 1864 24 coopérateurs, prend le nom de Société industrielle et commerciale des ouvriers lunettiers Delabre, Muneaux, Videpied et Cie. Au fur et à mesure des changements de gérants, elle deviendra Muneaux, Videpied, Trumet ; Muneaux, Videpied, Delafond ; Muneaux, Videpied, Okermans ; et enfin en 1881 Videpied, Okermans, Poircuitte.

Agathe Maillot, lingère, avait épousé Eugène Videpied en mars 1861 à Paris (3e arr.). Ils résidaient rue Caffarelli.

Dès la fin de l’empire, Videpied prend des positions publiques. Avec 26 autres membres de la Société des lunetiers, il participe pendant le siège de Paris en octobre 1870 à une souscription « destinée à offrir une batterie de canons à la République. »

Courant octobre 1873, environ 150 entrepreneurs du 3e arrondissement de Paris signent une déclaration communiquée aux députés de la Seine dans laquelle ils se disent « Profondément inquiétés et troublés dans nos affaires et dans notre travail par les intrigues incessantes des agitateurs politiques qui se proposent de restaurer la monarchie, profondément convaincus que cette restauration amènerait de nouvelles et effroyables révolutions et désireux d'épargner à la France les malheurs qui en seraient la conséquence, nous protestons énergiquement centre toute tentative de restauration monarchique ; nous affirmons notre dévouement à la République, dont le maintien peut seul assurer au pays le repos et la sécurité. Nous espérons que nos députés, les députés de la Seine, d'accord avec M. Thiers, l'homme d'État illustre qui a donné tant de gages de clairvoyance, de dévouement et de patriotisme, sauront conjurer, les malheurs que nous redoutons, et feront sortir la République plus vivante et plus robuste de l'épreuve qu'elle traverse. »

Parmi les signataires on compte, outre Videpied, Delafond, autre gérant de la Société des lunetiers et Jules Ferdinand Baulard, fabricant de glaces, futur conseiller municipal de Joinville-le-Pont, conseiller général de Charenton-le-Pont et député de la Seine (radical-socialiste).

(A suivre)

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 01:01

Albert Jules Tireau naît le 24 août 1890 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Joséphine Heutte, couturière, et de son époux Stéphane Albert Tireau. Son père meurt de maladie quand il a quatre ans, et il est alors élevé par sa mère au domicile de ses grands-parents paternels, Pierre Jules Tireau et Claudine, née Paris, dans le quartier de Palissy à Joinville.

Son grand père paternel, lunetier également, fut gérant de la Société coopérative des lunetiers, fondée en mars 1849, qui deviendra ensuite Essilor. Il semble qu’Albert Jules soit aussi opticien.

Mobilisé avec la classe 1910, Albert Jules Tireau est adjudant au 167e régiment d'infanterie ; il est blessé une première fois d’une balle au cuir chevelu en janvier 1915 lors des combats de Bois-le-Prêtre (commune de Montauville, Meurthe-et-Moselle). Tireau est blessé une seconde fois au même endroit, en mai 1915 : éclats d’obus au cuir chevelu, bras, jambe et pied droit ; il en ressort infirme.

Cité à l’ordre du régiment en janvier 1915, à l’ordre de la brigade en juin de la même année, il est cité à l’ordre de l’armée en janvier 1916, quand la médaille militaire avec palmes lui est attribuée : « sous-officier d’élite, joignant le plus grand calme à une bravoure exemplaire, d'une belle conduite au feu. A été grièvement blessé le 15 mai 1915, en entraînant sa section à l'assaut d'une tranchée allemande. »

Son frère aîné de deux ans, l’architecte Léon Stéphane Tireau, est tué à l’ennemi en février 1915 à la Côte-des-Éparges (Meuse).

Suzanne Hubert épouse à Paris en août 1917 Albert Jules Tireau. Ils auront un enfant.

Albert Jules Tireau est fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre 1961 pour son activité militaire pendant la première guerre mondiale. Il meurt à Paris (12e arr.) le 27 avril 1974. Il résidait 5, rue Élisa Lemonnier dans le même arrondissement et était âgé de 83 ans.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 01:01

Stéphane Albert Tireau naît le 24 octobre 1853 à Belleville (Seine, act. Paris). Il est le fils de Claudine Paris et de son époux, Pierre Jules Tireau, lunetier.

Comme son père, il sera lunetier ; peut-être travaille-t-il aussi pour la Société des lunetiers, coopérative à laquelle son père collabore, qui deviendra ultérieurement Essilor.

Marié en août 1879 à Paris (11e arr.) avec Marie Joséphine Heutte, ils auront six enfants, mais trois mourront jeunes et un quatrième est tué à la guerre. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

En 1889, Tireau est administrateur et exécutants de La Fanfare municipale de Joinville-le-Pont. Il prend également des positions politiques, en compagnie de son père et d’un autre lunetier, gérant de la Société des lunetiers, Eugène Videpied. Il est membre du bureau d’une réunion publique, tenue en novembre 1890, au cours de laquelle trois conseillers municipaux radicaux-socialistes (Alphonse Demeestère, Henri Diot et Henry Vaudémont) rendent compte de leur mandat. Toujours avec son père et Videpied, Stéphane Albert Tireau fait adopter un ordre du jour de confiance en faveur de Jules Ferdinand Baulard, député de la Seine. Stéphane Albert Tireau est membre de la société de libre-pensée du canton de Charenton, La Pensée, animée par Vaudémont.

Installé à Reims (Marne), probablement en 1892, il est affilié à la loge maçonnique de la ville. Il y perd sa deuxième fille, morte de maladie à cinq ans.

Stéphane Albert Tireau revient à Joinville où il décède de congestion pulmonaire le 12 mars 1895, âgé de 41 ans. Ses trois enfants survivants seront élevés par sa femme au domicile de ses parents, dans le quartier de Palissy à Joinville. Son fils aîné Léon Stéphane est tué lors de la première guerre mondiale en février 1915 ; le second, Albert Jules, grièvement blessé en mai de la même année, en revient infirme et sera décoré de la médaille militaire et de la Légion d’honneur.

Ses obsèques civiles sont accompagnées par Jules Ferdinand Baulard, député de la Seine, Henry Vaudémont, représentant la Fédération française de la libre-pensée, Brisson-Joly, au nom de La Raison et un membre de la loge maçonnique de Reims.

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 01:01

Francois Adrien Blaize naît le 21 janvier 1824 à Burcy en Seine-et-Marne dans une famille de vignerons. Il est le fils de Marguerite Ratare et de son époux René Blaize.

Ouvrier lunetier, il est un des treize fondateurs le 19 mars 1849 de l'Association fraternelle des ouvriers lunettiers dont le siège est à Paris, 180 rue Saint-Martin, et qui compte comme gérants Nicolas-Onésime Muneaux ainsi que deux petits patrons : Antoine Appollinaire Duez et Claude Duriez. Comme les autres membres, Blaize souscrit une part de capital de 300 francs, qui seront prélevés sur les bénéfices.

Selon Jacques Benard, les fondateurs sont « nourris par les écrits de Saint-Simon, de Fourier, de Proudhon, et surtout du saint simonien Buchez et de son journal l'Atelier ». L’Association a comme devise « Solidarité entre les travailleurs » et comme emblème un niveau. Les coopérateurs s’appuient sur un décret de Louis Blanc du 5 juillet 1848 qui permet la création de près de 200 associations ouvrières.

Auguste Fougerousse rapporte que, pendant les deux premières années, les coopérateurs vont voir leurs revenus divisés par deux par rapport à ce qu’ils percevaient en tant qu’employés.

En 1852, l'Association fraternelle devient Société industrielle et commerciale des lunetiers en commandite simple à capital variable ou Société des lunetiers (SL). Le développement  de l’entreprise est rapide, puisqu’en 1891, elle a 1 500 salariés, des usines en province et une succursale à Londres.

Les associés s’étaient endettés de 650 francs pour racheter leur fonds à Duez et Duriez. Muneaux, l’administrateur, convainc ses associés de réinjecter les bénéfices pour renforcer le capital de la société, qui ne s’ouvre à de nouveaux coopérateurs qu’à l’occasion de rachats d’autres entreprises concurrentes ou complémentaires. En 1866, la valeur de la part était passée à 10 000 francs et il y avait 30 associés. Les associés conviennent, d’après Fougerousse, de supprimer le fonds de pension de retraite au profit de la constitution d’un patrimoine. La valeur de leur participation atteint 30 000 francs en 1880.

Si beaucoup d’auteurs saluent la remarquable durée de l’ancienne association ouvrière, un des seules à avoir survécu (avec l’association des tailleurs de limes et les établissements Godin, à Guise), Charles Gide, en 1889, critique le fait que, à côté des 58 associés, il y a « 1 200 ouvriers salariés qui n'ont aucune part dans les bénéfices ». En 1893, il qualifie la compagnie de « syndicats de patrons » de type inégalitaire.

En 1972, la Société des lunetiers, qui a adopté la marque Essel en 1964, fusionne avec Silor et crée Essilor, une des plus grandes entreprises d'optique du monde. Pour Roger Montagne, « les Lunetiers de Paris, modeste coopérative ouvrière à l’origine, sont devenus une puissante société anonyme entre les mains des héritiers des ouvriers fondateurs. »

(A suivre)

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 00:01

Charles Amiel naît le 30 fructidor an 4 (16 septembre 1796) à Castelnaudary (Aude). Il est le fils de Jean Baptiste Amiel, propriétaire, et de Jeanne Cruzol.

Avec sa famille, il vient en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En janvier 1829 à Paris (4e arr.), Charles Amiel épouse Laurence Céleste Soudry (1807-1879) avec laquelle il aura six enfants, tous des filles. Il est d’abord employé puis rentier.

Comme son père la décennie précédente, Charles Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin pour le renouvellement de la moitié du conseil municipal en juin 1846. Il recueille 38 voix sur 50 votants et 67 inscrits et est élu dès le premier tour.

Il reste peut-être membre de l’assemblée locale pendant la seconde République et est de nouveau nommé par décret préfectoral sous le second empire, le 26 août 1863 ; il continue de siéger jusqu’à son décès.

Charles Amiel meurt le 18 mai 1868 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 71 ans.

Ses frères et son père ont également résidé à Joinville : Jean Baptiste Amiel (1767-1839), son père, propriétaire, conseiller municipal de Joinville (1837-1839) ; Jean Baptiste Amiel (1798-1882), son frère, propriétaire ; et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Portrait de Bernadotte par Louis Félix Amiel, frère de Charles Amiel

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 00:01

Jean Baptiste Amiel naît le 9 novembre 1767 à Mirepoix, en Ariège. Il est le fils de François Amiel et Madeleine Autier. Il s’installe à Castelnaudary (Aude) où il se marie en frimaire an 4 (décembre 1795) avec Jeanne Cruzol. Ils y restent au moins jusque l’an 10 (1802) et leurs trois enfants y naissent.

La famille vient ensuite en région parisienne et s’installe dans le 3e arrondissement de Paris sans doute au cours des années 1820, ainsi qu’à Joinville-le-Pont pendant les années 1830, alternant probablement les séjours sur les bords de Marne à la belle saison et dans la capitale par mauvais temps.

En mai 1837, Jean Baptiste Amiel, qui se présente comme propriétaire, est élu conseiller municipal par le collège des électeurs censitaires, lors d’un scrutin complémentaire. Il recueille 26 voix sur 35 votants et 61 inscrits et est élu dès le premier tour, devançant notamment le grammairien et futur maire Charles Chapsal ainsi que Charles Hippolyte Pinson, frère du maire en poste Laurent Nicolas Pinson et futur adjoint au maire.

Jean Baptiste Amiel meurt le 25 novembre 1839 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 72 ans.

Ses trois enfants résident ou vont s’installer à Joinville : Charles Amiel (1796-1868), employé puis propriétaire, sera également membre de l’assemblée municipale, Jean Baptiste Amiel (1798-1882), propriétaire, et Louis-Félix Amiel (1802-1864), artiste-peintre, spécialisé dans les portraits historiques.

Autoportrait de Louis Félix Amiel, fils de Jean Baptiste Amiel

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 00:01

Louis-Félix Amiel est né à Castelnaudary dans l’Aude le 3 mars 1802 ; il est le fils de Jean Baptiste Amiel et de son épouse, Jeanne Crusol (ou Cruzol).

Il entre en 1823 à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il obtient une médaille de deuxième classe lors du Salon de peinture et de sculpture de Paris en 1833. Parallèlement à sa formation, il suit de 1823 à 1825 l'atelier du baron Antoine-Jean Gros, représentant éminent de l’école néoclassique française. Il participe aux Salons de Paris jusque 1849 et dispose d’un atelier dans le 6ème arrondissement de Paris.

Amiel se spécialise dans le portrait. Une grande partie de ses œuvres, est aujourd’hui conservée au Musée de l'Histoire de France du château de Versailles. Ce sont souvent des représentations de souverains ou de militaires. On trouve également certaines de ses œuvres dans des musées de province, comme au musée des Beaux-Arts de Pau. Un autoportrait est gardé au musée du Louvre.

Un portrait en pied du baron et banquier Philippe Hottinguer a atteint 27 000 euros lors d’une vente aux enchères à Paris en 2009.

Contrairement à plusieurs ouvrages de référence et au Metropolitan museum of Arts de New-York, il ne faut pas le confondre avec son presque homonyme et contemporain, le peintre animalier breton Louis Amiel (né en 1809 et également élève de l'École des Beaux-Arts).

À la fin de sa vie, Louis-Félix Amiel s’installe à Joinville-le-Pont auprès de sa famille. Il y décède le 4 février 1864, à l’âge de 61 ans. Il était alors rentier et célibataire. La déclaration est faite à l’état-civil par deux maires de la commune, ancien et futur : Apollon Delaherche (maire de 1848 à 1852) et Louis-Ferdinand Rousseau (1875-1878).

Son père, Jean-Baptiste (mort en 1839) a été élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1837. Son frère, Charles (1796-1868) a exercé la même fonction à Joinville également en 1846 puis en 1865. Tous deux sont présentés comme propriétaires.

Louis v

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