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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 00:01

François Marie Rousseau naît le 21 pluviôse an 4 (10 février 1796) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Jeanne Guiard et de son mari Louis Michel François Rousseau, cultivateur.

Devenu également cultivateur, François Marie Rousseau épouse en octobre 1825 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur Françoise Gertrude Dumest, fille du garde général du parc royal de Vincennes.

Il participe probablement aux journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830, puisque le décret du 11 juin 1831 du roi Louis-Philippe mentionne François Marie Rousseau parmi les 3 763 titulaires de la médaille de Juillet et qu’il semble être le seul de ce nom à cette période. La médaille récompense « les citoyens qui accomplirent des actes de courage durant ces journées. »

Après le décès de son père en 1827, le maire, Claude Pierre Jacmart, avait présentée en seconde position la candidature de François Marie Rousseau pour devenir membre du conseil municipal du village, mais le préfet nomma le premier candidat proposé.

Il est par contre élu, au scrutin censitaire, en mai 1837, dans la commune rebaptisée depuis 1831 Joinville-le-Pont. Le maire est Laurent Nicolas Pinson. Il n’est pas candidat au renouvellement de son mandat en février 1843.

En 1856, avec de nombreux notables de Joinville, François Marie Rousseau participe à une collecte pour l'armée d'Orient. Son épouse décède en novembre 1857.

François Marie Rousseau meurt le 23 décembre 1864 à Joinville. Il était âgé de 68 ans et père de deux enfants.

Joinville en 1837

 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 00:01

Louis François Michel Rousseau naît le 19 novembre 1757 et est baptisé le jour suivant dans l’église paroissiale Saint-Nicolas de Saint-Maur (province d’Île-de-France, act. Val-de-Marne) Il est le fils de Marie Jeanne Lepage et de son mari, François Rousseau, cribleur des moulins du Pont-de-Saint-Maur. Ils vivent dans le village éponyme, qui deviendra ultérieurement Joinville-le-Pont.

François Michel Rousseau est le sixième des douze enfants du couple. Il épouse, en novembre 1782, dans la même paroisse Jeanne Guiard. Il est agriculteur.

En mai 1818, l’avocat Jean Joseph Robin, maire de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, propose sa candidature au baron de Neelcastel, sous-préfet de Sceaux, et François Michel Rousseau devient membre du conseil municipal. Il est reconduit dans cette fonction

Il est reconduit dans cette fonction en 1924, le maire étant Claude Pierre Jacmart qui a succédé à Robin.

François Michel Rousseau meurt le 26 février 1827 à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il était âgé de 49 ans et avait eu sept enfants.

Son fils François Marie Rousseau, également cultivateur sera aussi conseiller municipal de la commune, rebaptisée Joinville-le-Pont de 1837 à 1843.

La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, 1810

 

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Justin Mauran

À son retour d’Amérique, l’abbé Mauran séjourne à Bruxelles. Il y publie, sous le pseudonyme de Un prêtre, un ouvrage intitulé La Voix d'un prêtre sur l'état social et le clergé. Selon la presse, qui le qualifie d’écrivain politique, « il s’élève dans cet écrit contre le désastreux mélange du spirituel et du temporel, contre l’immixtion du clergé dans la politique et l’abus que fout ses membres de leur influence morale pour livrer à l’animadversion publique les hommes qui ne partagent pas leurs idées. »

Justin Mauran fait également éditer, à Bruxelles, en 1870, un essai sur La vraie perfection enseignée par Saint-Joseph, envers lequel il a une dévotion qu’il lie au fait qu’il est fils de charpentier.

Vers 1869, il est en charge, selon Le Figaro d’un « tout petit ministère à Joinville-le-Pont » à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où la paroisse, fondée en 1860, n’a pas de poste de vicaire et dont le curé est alors l’abbé Marie Joseph Juhel.

Dans une lettre publiée dans Le Figaro en septembre 1872, il décrit les recherches auxquelles il se livre. « Je n'ai jamais assisté aux offices et cérémonies de l'Église dans les grandes solennités, surtout de la Fête-Dieu et des premières communions, sans avoir, presque tout le temps, le cœur serré cruellement par la crainte des accidents affreux qui peuvent résulter des ornementations et des toilettes, mêlés aux cierges, aux bougies enflammés. (…) Il y a une quinzaine d'années, j'appris avec bonheur qu'un savant avait trouvé un procédé pour rendre ininflammables tous les tissus, même les plus fins, et que plusieurs curés de Paris exigeaient rigoureusement que les confréries de femmes et les enfants de la première communion fussent habillées de robes et couvertes de voiles rendus ininflammables par ce procédé. Malheureusement, bientôt après, j’appris aussi que ce procédé dut être abandonné, à cause de ses imperfections. »

« Je fis un grand nombre de démarches auprès des chimistes, des savants, pour les supplier de tourner leurs vues de ce côté. J'osai même aller jusqu'auprès d'un prince de la science, un académicien des plus distingués. Impossible ! Impossible ! Me fut-il répondu (…) Alors je ramassai mon petit bagage de connaissances; je consultai un ami, grand chimiste, que j'avais, et je me mis à l’œuvre, employant à mes recherches tout le temps que me laissait mon ministère. Je n’avais pour m'aider que ma vieille bonne, qui restait ébahie en voyant mon tripotage et le désordre que je causais partout, qui se mettait, en fureur lorsqu'elle me voyait déchirer mon linge pour le brûler. Je ne fus pas très longtemps à trouver un principe qui me donna une espérance certaine. Mais l'application de ce principe, sa sûreté, sa simplification m'ont coûté trois ans de travail. Je dois de grands remerciements à M. Dumas fils, apprêteur à Tarare, qui mit son cabinet de chimie et son personnel à ma disposition ; il me donna ainsi les moyens de faire arriver mon procédé à la perfection à laquelle il se trouve. Voici, en deux mots, ses effets et la facilité avec laquelle il se présente Ininflammabilité parfaite, blancheur éclatante noir de soie, couleurs vives conservées indéfiniment, apprêt solide et à volonté, sans aucun apprêt si l’on veut, conservation et même raffermissement du tissu; bon marché, réduit à celui des apprêts et des blanchissages ordinaires ; enfin, très grande facilité dans l'exécution du travail. »

L’invention de l'abbé Mauran fut présentée à Paris lors de l'Exposition d'économie domestique en septembre 1872. Entre 1870 et 1876, une dizaine de revues et rapports en France et aux États-Unis mentionnent les travaux de Mauran. Les tissus étaient rendus ininflammables par un bain de borax, sulfate de soude et acide boracique. Le traitement empêchait également l’altération des couleurs.

En mai 1881, la commission de secours contre l'Incendie du conseil général de la Seine décide d’expérimenter le procédé Mauran sur une baraque que l'Administration doit faire construire.

Au cours des années 1880, l’abbé Mauran retourne dans le midi. Il fait rééditer son essai sur Saint-Joseph à Toulouse en 1882.

Justin Mauran meurt le 24 avril 1886 dans son village natal de Réalmont, où il était domicilié rue Cabrouly. Il était âgé de 69 ans.

Plusieurs livres de l’abbé Mauran ont été réédités sous format numérique au 21e siècle, dont Voyage de Paris à l'Île Bourbon ou La vie de M. Portalès (tous deux Hachette-BNF).

Fin

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 00:01

Début de la biographie de Justin Mauran

Pierre Justin Mauran naît le 9 juin 1817 à Réalmont (Tarn). Il est le fils de Rose Félicité Jalguès (ou Salguès) et de son mari Pierre Jean Mauran, 38 ans, charpentier.

Devenu prêtre vers 1846, il séjourne dans une petite ville du Midi puis devient missionnaire apostolique. Parti de Paris pour Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique), il embarque sur le navire la Marie le 3 mars 1847 et atteint Port-Louis (île Maurice) le 28 mai puis Saint-Denis (île Bourbon, act. île de La Réunion) le 5 juin.

Dans une relation de son voyage, il critique la vente d’esclaves malabars (indiens) à Maurice. La question de l’esclavage est très présente dans son ouvrage. Il témoigne : « J’ai vu Bourbon pendant l’esclavage, je l’ai vu après l’émancipation ». Il rapporte les propos d’une ancienne esclave sur sa relation avec ses anciens maîtres. Devenu curé de la paroisse de La Possession, faisant partie de la commune de Saint-Paul, l’abbé Mauran constate que « l’émancipation des esclaves arrêta le commerce, causa une gêne générale. »

Selon l’historien Prosper Ève, spécialiste de l'esclavage à Bourbon, Justin Mauran fait partie, avec cinq autres prêtres, des propagateurs des idées « insensées » de Sarda Garriga, nommé en 1848 par Victor Schœlcher, commissaire général de la République à La Réunion pour y mettre en application le décret de l'abolition de l'esclavage. Sarda Garriga s’oppose aux propriétaires et décrète l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848. Il est relevé de ses fonctions, et quitte La Réunion en mai 1850.

La Possession, l'église

Pour sa part, l’abbé Mauran quitte l’Île de La Réunion en octobre 1849. Son récit, signalé par nombre de publications catholiques, mêle quelques avis sur ce qu’il a vu avec des textes plus poétiques ou des cantiques. Il évoque son bonheur d’avoir été curé de campagne. Le directeur de la Bibliographie Catholique, l’abbé Bérault des Billiers se plaint que dans le livre « il est dit fort peu de choses de l'Ile-de-France et de l'Ile-Bourbon » et qu’il y a trop d’incohérences entre les diverses parties de l’ouvrage, qui inclut une histoire édifiante de d’Adolphe et Marie, enfants d’un comte sans aucun lien avec La Réunion, de même que plusieurs harmonies en vers, dédiées à la vierge Marie. Une édition séparée d’Adolphe et Marie paraît à Paris en 1853.

Rentré en France en octobre 1849, Justin Mauran est affecté à l’église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Paris (2e arr.). Le curé est Jean Brice Portalès, que l’abbé Mauran connaît depuis 1847. Il lui consacre, en 1854, peu avant sa disparition en janvier 1855, un livre intitulé Le bon Pasteur.

Second vicaire à Neuilly (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1849, l’abbé Mauran publie des articles dans des revues religieuses, notamment consacrées Souvenirs du cap de Bonne-Espérance en 1852, où il raconte l’histoire du vicomte Numa de Castel, qu’il qualifie de « catholique en terre protestante ». En août 1852, dans La Voix de la vérité, il publie une longue tribune de Questions aux partisans de la nouvelle doctrine dite Traditionalisme, dans laquelle il fait appel à la raison, soulignant qu’elle vient aussi de Dieu. Il est nommé, en février 1859 vicaire à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, église de Paris (7e arr.).

Il dispose certainement d’une certaine liberté dans l’exercice de son ministère, puisqu’il est à Marseille en 1860, où il rencontre la famille Coutel, coupe de chaudronniers, originaires d’Aurillac (Cantal). L’épouse entend parler d’une rumeur qui circule dans ce département, depuis 1850 au moins, selon laquelle un certain Antoine Trin, parti depuis longtemps pour l’Amérique, venait de mourir dans l’État de New-York, laissant une succession de 24 millions de dollars soit cent vingt millions de francs. Elle l’identifie comme étant son oncle.

Sans disposer de plus d’informations, l’épouse en question se rend à New-York (États-Unis), en octobre 1860, où, ne parlant pas l’anglais, elle ne recueille qu’un renseignement vague du consulat français sur le fait que son parent se serait fait appeler lord Trin of Lioukand, ce qu’elle assimile à une traduction de Lieucamp. De retour à Marseille, elle confie en novembre de la même année, les recherches à deux personnes, avec qui elle promet de partager les sommes à percevoir : M. Gilet, chef d’institution à (école) Marseille et l’abbé Justin Mauran.

Pour mener leurs travaux, ils engagent le couple Coutel à emprunter 25 000 francs, dont Gilet prend 15 000 et Mauran 10 000, ce qui lui permet de payer les frais de son voyage de dix-huit mois aux États-Unis. Il raconte qu’il a « trouvé de grandes difficultés, de grands obstacles. Le premier était mon ignorance du langage et des formes judiciaires. J’ai dû avoir recours à un avocat qui m’a promis de réussir ». Cependant, le déclenchement de la guerre de Sécession, en avril 1861, a, selon lui, rendu ses démarches impossibles, bien qu’il assure que « cette succession existe et qu’on la retrouvera. »

Le couple Coutel poursuit, en novembre 1862, Gilet et Mauran devant le tribunal de police correctionnelle. Cependant, il est acquitté, ayant soutenu qu’il n’était pas l’auteur de la rumeur et qu’il avait bien reçu, et suivi, les instructions du couple Coutel.

À suivre

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 00:01

Constant Jules Alexandre Lacroix naît le 15 janvier 1829 à Vineuil (Loir-et-Cher). Il est le fils de Virginie Jus et de son mari, Jules Saturnin Peloton dit Lacroix, buraliste.

Il fait des études au collège de Blois (Loir-et-Cher) puis au collège Charlemagne à Paris (act. lycée Charlemagne, 4e arr.). Devenu acteur, adoptant le pseudonyme de Jules Dornay, il joue dans le théâtre de vaudeville à Paris.

À partir de 1858, il devient principalement auteur, souvent en compagnie d’autres écrivains, notamment Xavier de Montepin à partir de 1865, lequel fut le témoin du second mariage de Jules Dornay. La première pièce qu’il livre l’est à M. Sari, directeur du Théâtre des Délassements-Comiques, boulevard du Temple à Paris, en avril 1858. Elle est cosignée avec Eugène de Fore.

En mai 1862 à Paris (11e arr.), Jules Dornay épouse Thérèse Nathalie Villedieu.

Fin 1895, 57 œuvres de Jules Dornay avaient été représentées et une demi-douzaine était en répétition ou en préparation selon le guide de Jules Martin. Parmi ses grands succès figure La Porteuse de pain, adaptée en 1890 du roman de Xavier de Montépin. En 1934, le réalisateur de cinéma René Sti porte la pièce à l’écran, où elle rencontre un public important. Le chroniqueur Willy, remarque que « M. Jules Dornay remplit, à lui tout seul, l'Ambigu de chiens courants et d'intrigues traînantes ».

Devenu veuf en septembre 1875, Jules Dornay se remarie en août 1876 à Paris (20e arr.) avec Marie Aline Carrillon. Ils vivent rue de Belleville.

Voulant disposer de son propre théâtre, Jules Dornay reprend en février 1876 la salle du Théâtre du Château-d'Eau, rue de Malte à Paris (act. L'Alhambra, 11e arr.), qui avait été exploitée avec profit par Hippolyte Cogniard puis, avec difficulté en 1875 par Eugène Dejean. Comme pour son prédécesseur, la gestion de Jules Dornay se termine en février 1877 par une faillite ; il avait démissionné en décembre. La salle fut reprise par les comédiens et élargit son répertoire à l'opéra-comique en 1879 puis à l'opéra en 1881.

Poursuivant son œuvre en tant qu’auteur, Jules Dornay et son épouse s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils vivent dans le quartier de Palissy, en 1896 chemin de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson) et en 1906 avenue d’Hill (act. avenue de la Plage).

Ses pièces ont été représentées sur certaines des plus grandes scènes parisiennes du 19e siècle comme les théâtres de la Gaîté, de l'Ambigu ou Déjazet. Une de ses dernières pièces est La Marchande de Fleurs, représentée en 1903.

Jules Dornay meurt le 13 juin 1906 à Joinville. Il était âgé de 77 ans et semble ne pas avoir eu d’enfant.

Cabaret de la Grappe Dorée, œuvre de Jules Dornay

 

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 00:01

Henri Jean Ferdinand Rousseau naît le 23 février 1846 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et de Louis Ferdinand Rousseau. Sa mère est la fille adoptive de Jean Marie Molette, fondateur de l’école qui porte son nom, probablement le premier établissement pérenne dans la commune, et conseiller municipal. Son père, professeur dans ladite institution, en sera le repreneur à la mort de Molette et la développera, en l’installant dans le château du Parangon.

Ayant fait d’abord des études scientifiques, Henri Rousseau obtient une licence dans ce domaine. Pendant qu’il est encore étudiant, il est mobilisé dans l’ambulance du Parangon, hôpital auxiliaire créé par son père dans le domaine où était implantée son école, au cours de la guerre franco-prussienne de 1870. Selon l’historien Jean Roblin, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont, situés à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny reçoivent une « véritable pluie de fer » entre novembre 1870 et janvier 1871. Le Parangon arborait sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge ; il fut épargné au début. Mais, le 9 janvier, un obus éclata dans l’escalier du bâtiment occupé par un frère d’Henri, Jules Rousseau et son épouse. Femmes et enfants furent envoyés à Paris. La famille Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

Après-guerre, Henri Rousseau poursuit un cursus de médecine, devenant docteur, lauréat de la faculté de Paris en 1878. Il est installé dans le domaine du Parangon et épouse, à Joinville en octobre 1875 une jeune professeure de lettres, orpheline et originaire de Cherbourg (Manche). Elle conduira ensuite, à ses côtés, une carrière littéraire, dramatique, mondaine et humanitaire.

Contrairement à son père et à son frère, Henri Rousseau n’a pas d’activité politique publique majeure. Cependant, en juillet 1888, il appuie la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien, lors d’une élection municipale complémentaire. Il représente une tendance républicaine modérée. En juin 1892/06/04, le conseil municipal de Joinville le nomme membre de la commission des logements insalubres, présidée par François Nicolas Couppé, adjoint au maire.

La disparition en 1889 de son père Ferdinand Rousseau et de Théodore Quirot, les deux fondateurs de l’école du Parangon, puis celle en 1897 de son frère aîné, Jules Rousseau, développeur de cette école, va amener Henri Rousseau à s’impliquer dans la gestion de l’institution du Parangon dont il reprend la direction. Il était jusqu’ici sous-directeur de l’école.

Le docteur Henri Rousseau

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas François Couppé naît le 5 décembre 1825 à Paris. Il est le fils de Mélanie Augustine Pérée et de son mari, Louis Auguste François Couppé. Il épouse en octobre 1846 à Paris (2e arr.) en l’église Saint-Eustache Louise Félicie Samson.

Couppé fait fonctionner à Paris (4e arr.) en 1850 un atelier de doreur et argenteur sur métaux, qu’il spécialise dans la fabrication de flambeaux de style Louis XVI en 1856. La famille s’installera ensuite dans le 3e arrondissement, rue de Thorigny.

La situation de la Couppé pendant la guerre de 1870-1871, qui voit l’Empire français s’opposer aux puissances allemandes menées par la Prusse, n’est pas connue. Il est probable que son fils, Léon Auguste, s’est engagé ; il deviendra, dans la réserve de l’infanterie, sous-lieutenant en 1884.

Tout en conservant son domicile parisien, la famille Couppé dispose d’une résidence à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le nouveau quartier de Palissy, sans doute peu après la fin de la guerre. Ils acquièrent une maison mise en vente par Louis Hugedé qui lotit la rue qui porte toujours son nom.

L’implantation de François Nicolas Couppé sur les bords de Marne va l’amener à s’impliquer dans la vie locale. Il fait partie du groupe de républicains qui, en janvier 1878, portent le modéré Gabriel Pinson à la mairie, en battant le sortant Ferdinand Rousseau, bonapartiste. Le nouveau conseil municipal compte également quelques radicaux-socialistes.

La démission en 1879 du second adjoint, l’épicier Jules Marchais, conduit à la désignation de François Nicolas Couppé à ce poste. Un conflit éclate au sein du conseil, en septembre 1879 ; Alphonse Demeestère, qui sera plus tard le dirigeant du comité radical-socialiste de la circonscription, veut porter secours à Adolphe Morandy, ancien lieutenant des Francs-tireurs pendant la guerre franco-allemande de 1870 et officier sous la Commune de Paris en 1871, récemment amnistié et malade. Il lance une souscription, ce que conteste le maire. Couppé est signataire avec la majorité de la motion du conseil municipal du 27 septembre 1879, dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère. »

Lors des élections municipales de janvier 1881, François Nicolas Couppé est réélu conseiller municipal. Les places d’adjoints sont occupées par Eugène Voisin et Prince Amédée Gosset. Il est probablement secrétaire de l’assemblée. Les républicains modérés ont emporté tous les sièges, les radicaux ne siégeant plus.

Non réélu lors des élections municipales de mai 1884, qui voient le retour de plusieurs radicaux, Couppé est présent en mai 1888 sur la liste de Gabriel Pinson, qui emporte 18 des 21 sièges à pourvoir, les radicaux-socialistes, alliés à quelques socialistes-révolutionnaires, obtenant les trois autres. Il est élu avec 305 voix pour environ 550 suffrages exprimés (55%). Gabriel Pinson est réélu maire, avec Eugène Voisin et Nicolas Chéret comme adjoints. La mort de Pinson, en juin, conduit à l’installation d’Eugène Voisin à un poste qu’il occupera pendant un quart de siècle, tandis que Nicolas Chéret et Honoré Jullien sont adjoints. Mais la disparition du premier en février 1890 fait que Couppé est, de nouveau, appelé à remplir la fonction d’adjoint en avril de la même année.

Le remplacement de Pinson par Voisin marque un rapprochement durable de la majorité municipale avec le comité radical-socialiste, qui remporte la majorité des sièges à pourvoir lors de l’élection partielle de mars 1890. Par contre, elle précipite une rupture avec certains conservateurs.

Lors de l’élection municipale de mai 1892, La liste Voisin, sur laquelle figurent Jullien et Couppé, fait face à des adversaires de droite. Elle recueille au premier tour en moyenne 360 voix pour 639 suffrages exprimés (56,3%) tandis que les opposants conservateurs en ont 141 (22,1%). Les premiers ont 21 élus sur 23, la droite en ayant un et un indépendant entre aussi au conseil municipal. Voisin et réélu maire, Jullien et Couppé adjoints.

L’équipe en place n’a pas de concurrent en mai 1896 et est reconduite avec une moyenne de 800 voix. Le bureau maintenu est maintenu à l’identique.

La présence de concurrents socialistes-révolutionnaires en mai 1900 n’empêche pas la nouvelle victoire de la liste Voisin dès le premier tour. Couppé recueille 622 voix pour 1 096 inscrits. Le trio Voisin, Jullien et Couppé reste en place. Ce dernier achève son mandat en mai 1904, n’étant pas candidat à sa réélection. Paul Villain lui succède comme deuxième adjoint. Couppé aura siégé six ans comme conseiller municipal et seize ans comme adjoint au maire, soit vingt-deux ans de mandat. À côté d’un Honoré Jullien, de tendance radicale-socialiste affirmée, Couppé semble avoir représenté une tendance plus modérée. Il joua un rôle politique évident, étant la plupart du temps désigné comme électeur sénatorial et représentant régulièrement la commune lors d’évènements.

En janvier 1888, Couppé était devenu administrateur de la société de tir Les Volontaires de Joinville et Champigny, présidée par Louis Jules Debeuré, également doreur sur métaux, libre-penseur et qui sera élu conseiller municipal de Joinville sur la même liste que Couppé en mai 1888.

Nicolas François Couppé meurt le 11 mars 1906 à Joinville. Il était père de deux enfants, dont une fille morte en bas âge et avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1904.

Joinville-le-Pont en 1885

 

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas Émile Deiber naît le 13 mars 1847 à Neufchâteau (Vosges). Il est le fils de Marie Anne Villemont et de Joseph Deiber, tailleur d’habits.

Devenu employé de banque au Comptoir d’escompte de Neufchâteau, Émile Deiber épouse en octobre 1869 à Goussaincourt (Meuse) Adeline Sophie Mélinat, dont le père, ancien coiffeur, est hospitalisé à l’établissement des Incurables (act. hôpital Bicêtre, Paris) et dont la mère vit à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines).

Peut-être Deiber combat-il pendant la guerre de 1870-1871, qui oppose la France à plusieurs États allemands, dont la Prusse. Il est officier dans la réserve, affecté au 80e régiment territorial d’infanterie comme sous-lieutenant en 1878. En mai 1884, il est promu au grade de capitaine dans la même unité.

La famille est installée en 1873 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Bernier, dans le quartier du Centre, où naissent leurs deux filles. Émile Deiber est chef comptable dans la société des Forges de Saint-Maur, implantée dans la commune et dirigée par Alphonse Pilté. Elle emploie 150 ouvriers. Deiber témoigne devant le tribunal civil de la Seine en faveur de Pilté, qui agissait comme président de la caisse de secours des Forges de Joinville, contre un des employés blessé ; l’affaire est jugée en leur faveur en appel en 1878.

Cette même année, Deiber et Pilté font partie d’un groupe de républicains de la commune qui décident de s’opposer au maire sortant, bonapartiste, Ferdinand Rousseau. La liste emporte 20 des 21 sièges à pourvoir, le dernier échéant à un orléaniste. Gabriel Pinson, républicain modéré, est élu maire. Un conflit éclate au sein du conseil, en septembre 1879 ; Alphonse Demeestère, qui sera plus tard le dirigeant du comité radical-socialiste de la circonscription, veut porter secours à Adolphe Morandy, ancien lieutenant des Francs-tireurs pendant la guerre franco-allemande de 1870 et officier sous la Commune de Paris en 1871, récemment amnistié et malade. Il lance une souscription, ce que conteste le maire. Deiber est signataire avec la majorité de la motion du conseil municipal du 27 septembre 1879, dans laquelle les élus « blâment sévèrement le citoyen Demeestère. »

Pour prendre la suite d’Alphonse Pilté, Deiber s’associe avec Julien Grand, administrateur, et devient directeur d’une nouvelle société, au capital de deux millions de francs, formée en juin 1879, la Société anonyme des forges, laminoirs et aciéries de Seine-et-Rhône, basée à Joinville, spécialisée dans les fers de ferraille. L’entreprise gère également les forges, laminoirs et aciéries d’Oullins (Rhône). Deiber devient ainsi maître de forges.

En janvier 1881, Deiber est réélu conseiller municipal de Joinville, sur la liste de Gabriel Pinson ; les éléments les plus radicaux, dont Demeestère, ne sont pas reconduits. C’est Deiber qui, au nom de la municipalité, prononce le discours pour l’inauguration des écoles communales, au moment où l’instruction publique devient obligatoire. Il conclut en assurant que « l'instruction était la compagne obligée de la liberté ». Le délégué du préfet, M. Roux, fait l'éloge de Joinville, considérant qu’il s’agissait de « la commune la plus instruite du département ». Elle accueillait déjà un important établissement privé laïc, le Parangon.

Selon l’historienne Michelle Perrot, Deiber, conseiller municipal républicain, « passe parmi ses ouvriers pour un royaliste ennemi des ouvriers ». Elle raconte l’anecdote suivante, qu’elle ne date pas : « Aux forges de Joinville-le-Pont, où sévit le chômage, les ouvriers ayant proposé de ne travailler que quinze jours pour employer tout le monde, le directeur Debert [Deiber] les apostrophe : Vous voulez travailler quinze jours ? – Oui – Eh bien ! Vous ne travaillerez pas du tout ; foutez-moi le camp. »

La dissolution de la Société des Forges laminoirs et aciéries de Seine-et-Rhône est décidée par les actionnaires en mars 1885. Deiber est désigné comme un des deux liquidateurs. Il vend aux enchères l’usine d’Oullins. L’usine de Joinville sera elle exploitée par la société Édouard Martin, Ducamp et Cie avant de rejoindre, en 1892, la Compagnie française du Bi-Métal.

Quittant les bords de Marne, Deiber s’installe rue du Parc-Royal, dans le quartier du Marais à Paris (3e arr.), où il reprend un atelier de fabrication de timbres élastiques et en caoutchouc. Il présente ses produits lors de l'exposition universelle de 1889 à Paris.

Revenant aux activités métallurgiques en 1896, il fonde la société Deiber et Allagnier avec son gendre, Alphonse Allagnier. Elle est basée à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), un peu en aval de Joinville. Il constitue en outre la société Deiber, Grondard et Cie pour fabriquer des bandages de roues, des chaudières et réservoirs. Ils rachètent, en 1897 un train circulaire pour le bandage des roues sans soudure. Au cours de l'exposition universelle de 1900 à Paris, elle est gratifiée d’une médaille d'or.

Nicolas Émile Deiber meurt le 13 février 1901 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 53 ans et père de deux filles. Décoré des Palmes académiques, il était officier d’académie depuis 1881 et avait été fait ensuite officier de l’instruction publique. L’entreprise qu’il dirigeait en tant que maître de forges deviendra les Forges et laminoirs d’Alfortville en 1901.

L'usine métallurgique de Joinville-le-Pont en 1907

 

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 00:01

Nicolas Mathieu Bonnor naît le 4 novembre 1809 à Sainte-Colombe (act. Sainte-Colombe-sur-Seine, Côte-d'Or). Il est le fils de Nicole Malgras et de son époux Nicolas Bonnor, probablement employé des forges de Sainte-Colombe. Lui-même est employé à partir de 11 ans dans les forges, comme goujat (apprenti), il devint ensuite puddleur, c'est-à-dire directeur d'un four pour l'affinage de la fonte. En novembre 1832, lamineur dans les mêmes forges, il épouse Françoise Zoé Degrond, dont le père est également commis à la forge.

Selon Mgr Justin Fèvre, historien de la Haute-Marne, « Mathieu était l'ouvrier supérieur, le forgeron de génie qui possède d'instinct ou qui devine par expérience tous les mystères du métier ». En 1834, il est contremaître puis en 1838, sous-directeur. Il quitte la Côte-d'Or pour les forges de Basse-Indre, en Loire-Inférieure (act. Loire-Atlantique) en 1848, où se retrouvent également son frère cadet Julien et un cousin, Louis, également métallurgistes.

Les forges Marmont à Sainte-Colombe

Au début du second Empire, Bonnor retourne dans l’Est de la France, à Saint-Dizier où il installe la forge anglaise de la société Adma, Huin et Cie. Il est ensuite embauché dans l’importante usine de Jules Rozet, au Clos-Mortier, toujours à Saint-Dizier et y installe des trains de laminoirs. Il fonde la société Bonnor frères et Cie et devient dès lors maître de forges en 1855.

Tout en conservant son installation de Saint-Dizier, il s’installe l’année suivante à Eurville (act. Eurville-Bienville), autre pôle important du département. Il équipe son usine de deux hauts-fourneaux, des fours à puddler, une forge anglaise et un laminoir, lui permettant de se spécialiser dans les petits fers ronds, dont il produisait 15 000 tonnes par an. Fort rentables, ces produits servaient notamment à la tréfilerie, pour les chaîne et pour les fils télégraphiques. S’associant avec la famille de sa mère, la société gérant le site de Saint-Dizier prend le nom de Bonnor, Malgras & Cie en 1858. Celle d’Eurville est connue sous le nom de Bonnor, Degrond et Cie, ses beaux-parents étant impliqués dans son capital. Mathieu Bonnor se présentera fréquemment sous le patronyme de « Bonnor-Degrond. »

Un brevet d’invention est déposé en avril 1860 en France par Bonnor, pour un « procédé de laminage économique du fer et autres matières ». La même invention est également protégée au Royaume-Uni.

En 1863, les frères Bonnor cèdent la fabrication de chaînes de leurs ateliers de Saint-Dizier mais implantent une tréfilerie à Chancenay, en association avec Jobard. Son frère monte une usine à Donjeux (Haute-Marne).

L'Exposition nationale de Chaumont en 1865 apporte la consécration à Bonnor, qui est décoré de la Légion d'Honneur. En juillet, il forme avec les principaux producteurs de machine ou ronds de tréfilerie et par les fabricants de fils de fer un comité où il siège aux côtés de et MM. de Wendel, Denille et Daumont. Il a pour objectif d’assurer des prix plus rémunérateurs.

Associé en 1866 avec les frères Jamin, des négociants de Paris et le baron Louis de Valsuzenay, Mathieu Bonnor se retire en 1867 de ses affaires d’Eurville ; il avait été condamné, en février, parce qu’un de ses ouvriers avait fait exploser par erreur un obus livré dans un lot de fonte, ce qui provoqua la mort d’un ouvrier. Il est appelé en région parisienne, où il réorganise les forges de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et d'Aubervilliers (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Son activité à Saint-Dizier se poursuit et Bonnor obtient, en 1869, le raccordement de ses usines à la voie de chemin de fer locale.

Pour l’exploitation des forges de Saint-Maur à Joinville-le-Pont, Mathieu Bonnor s’associe avec le propriétaire, Alphonse Pilté et fonde en 1871 Bonnor, Pilté et Cie, spécialisée dans les fers laminés à base de riblon, venu généralement de Haute-Marne. Il se retire en 1872 de son association, reprise par Pilté.

Condamné pour homicide par imprudence à 100 francs d'amende et 1 200 fr. de dommages-intérêts en novembre 1873, Bonnor se voit personnellement placé en faillite en juillet 1874. Il réside alors rue du Faubourg Saint-Martin, à Paris (10e arr.). L’activité de Saint-Dizier n’est pas concernée. Pour tenter de se remettre sur pieds financièrement, Bonnor se rend dans le Tarn-et-Garonne. Cependant, malade, il revient à Paris. L’historien Philippe Delorme remarque que « doué pour la fabrication, Mathieu Bonnor le fut en effet beaucoup moins pour la gestion. »

Mathieu Bonnor meurt le 10 mars 1876 à Paris (10e arr.). Il était âgé de 68 ans et avait eu une fille. Selon Justin Fèvre « On ramène son corps à Saint-Dizier où ses anciens élèves et les ouvriers de la contrée lui font des funérailles comme on en fait aux princes ». Pour Ph. Delorme, « il symbolisait pour la population un exemple de réussite sociale » ; il remarquait « qu’à travers une telle réussite devenait pour la première fois visible publiquement l’importance sociale et économique du travail ouvrier. »

Bonnor est inhumé dans sa ville natale, Sainte-Colombe, où il était domicilié.

Un blog, Sagadesbonnor, a fonctionné entre février et avril 2011, publiant dix articles sur la famille, dont un en partie consacré à Mathieu Bonnor et intitulé L'ascenseur social n'était pas en panne. Une voie de la commune de Saint-Dizier (Haute-Marne) porte son nom, la rue Mathieu-Bonnor.

Plaque de rue de Saint-Dizier

 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 00:01

Paul Nicolas Tondeur naît le 26 janvier 1807 à Curel (Haute-Marne). Il est le fils de Marie Gabriel Quinet et de son époux Sébastien Tondeur, vigneron.

Embauché comme commis des forges, Tondeur vit dans la commune voisine d’Eurville (act. Eurville-Bienville), dans le même département, siège d’une importante activité métallurgique. Il y épouse en novembre 1828 Marie Louise Paris, fille d’un instituteur et dont une partie de la famille travaille également dans l’industrie du métal.

Comme plusieurs cadres des forges de Haute-Marne, et singulièrement d’Eurville, il va rejoindre, vers 1852, les forges de Saint-Maur, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En 1855, il réside rue du Canal, à Saint-Maurice (act. rue Henri-Barbusse à Joinville-le-Pont) puis Grande-Rue, à Saint-Maurice également.

En 1857, il est directeur des forges de Saint-Maur, dont le propriétaire est la société Doé frères, avec comme responsable Albert Philippe Doé, maître de forges. Il est l’objet d’une tentative d’escroquerie : les forges, qui font du fer riblon, issu de métaux usagés, reçoit d’un ferrailleur une charrette de limaille qui se trouve, après contrôle, être mélangée à beaucoup de poussière et de verre. La presse juridique souligne que « la limaille de fer est d'un prix si minime que jusqu'à présent l'on n'avait pas pensé à la falsifier ». Le vendeur est condamné à un mois de prison et 50 francs d’amende.

De 1861 à 1870, dans les annuaires et publications officielles, Paul Nicolas Tondeur sera présenté comme maître de forges. La famille Doé cède les forges de Saint-Maur, vers 1865, à Alphonse Pilté.

La garde nationale, formation de type milice regroupant les propriétaires des communes sous l’autorité du gouvernement, est structurée en avril 1852, à la fin de la deuxième République et déjà sous le régime du prince-président, futur empereur Napoléon III, avec le 29e bataillon basé à Charenton et couvrant les communes de Saint-Maurice, Maisons-Alfort, Créteil et Bonneuil (Seine, act. Val-de-Marne). La deuxième compagnie, à Saint-Maurice, a pour capitaine Albert Philippe Doé tandis que Paul Nicolas Tondeur est sous-lieutenant.

La municipalité de Saint-Maurice doit être renouvelée en février 1861 quand Achille Domergue, maire depuis 1859, est nommé maire de la commune voisine de Charenton-le-Pont (dont Saint-Maurice est issue). L’ancien adjoint, César Desvignes est nommé maire par décret du 23 février 1861 tandis que Paul Nicolas Tondeur intègre le conseil municipal et est désigné comme nouvel adjoint au maire. Un second adjoint, M. d’Utruy, est nommé ultérieurement. Il est nommé membre du comité local du canton de Charenton par l’Impératrice Eugénie en juillet 1863.

Lors des élections législatives de décembre 1863, dans la 9e circonscription du département de la Seine, Tondeur s’oppose à la candidature du républicain Eugène Pelletan, journaliste et écrivain, ancien maire de Royan (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Il soutient, avec Desvignes et d'Utruy le conservateur Picard, qui est battu.

Reconduit dans sa fonction d’adjoint en août 1865, Tondeur en démissionne en 1869. Il quitte le conseil municipal et Sylvain Sourd le remplace comme adjoint.

Pendant la guerre de 1870-1871, qui oppose la France aux puissances allemandes emmenées par la Prusse, Tondeur contribue à la souscription lancée par la section de Joinville de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge). Il est également un des donateurs, toujours pour Joinville, après les grandes inondations de la rivière Marne en 1875.

Paul Nicolas Tondeur meurt le 3 octobre 1876 à Curel, son village natal. Il était âgé de 69 ans et avait eu deux fils, le premier mort en bas âge et le second, décédé alors qu’il était étudiant en médecine.

Une plaque en mairie de Saint-Maurice rappelle que Tondeur, adjoint, faisait partie des personnes qui inaugurèrent le bâtiment en 1868 avec les barons Haussmann, préfet de la Seine, Boyer de Sainte-Suzanne, sous-préfet de Sceaux et d’Utruy, adjoint au maire, ainsi que Desvignes, maire, et Naissant, architecte.

Curel au 19e siècle, Wikipédia

 

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