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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 00:01

Edmond Carlos Désiré Eeckhout nait le 28 mars 1883 à Paris (11e arr.) Il est le fils d’Henriette Désirée Marie Bonduelle et de son mari Carlos Joseph Eeckhout, mécanicien, qui vivent cour Truillot.

Faisant son service militaire au 3e régiment de génie, à partir de novembre 1904, Edmond Eeckhout devient caporal en mai 1905 puis sergent en novembre 1905. Il retourne à la vie civile en février 1907.

Devenu directeur d’un établissement horticole à Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne), Edmond Eeckhout épouse dans cette ville Louise Eugénie Goix, comptable.

Au cours de la première guerre mondiale, Edmond Eeckhout est mobilisé en août 1914 au 1er puis au 10e régiment de génie. Pour son comportement en avril 1915, il est cité à l’ordre de l’armée : « ayant reçu l'ordre d'effectuer le débourrage d'un fourneau allemand, a conduit ce travail périlleux avec énergie et sang-froid, a réussi dans sa mission malgré l'explosion d'un camouflet ennemi qui a tué un sapeur et l'a projeté lui-même à terre : s'est aussitôt porte au secours du sapeur dans une atmosphère rendue irrespirable par les gaz délétères. »

Il devient adjudant en août 1915 puis est nommé sous-lieutenant en août la même année et affecté au 4e régiment de génie. Il rejoint l’état-major de la 77e division d’infanterie en décembre 1916 puis est nommé lieutenant en juillet 1917. Eeckhout est de nouveau cité à l’ordre de l’armée en novembre 1918 : « Officier ayant fait preuve en toutes circonstances des plus belles qualités militaires, bravoure, activité, dévouement. A toujours accompli avec succès les missions qui lui étaient confiées. A notamment en octobre 1918, au cours de l’offensive des Flandres, exécuté des reconnaissances délicates, sous de violents bombardements ». Il est démobilisé en mars 1919. Dans la réserve, il devient capitaine en décembre 1925.

Après la guerre, la famille Eeckhout vit d’abord au Mans (Sarthe), route de Paris, où il est horticulteur. Puis ils reviennent en région parisienne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où Edmond Eeckhout ouvre en 1933 une graineterie avenue Galliéni, dans le quartier de Palissy.

Suite à la deuxième guerre mondiale, il s’implique dans la vie politique de sa commune. Il est candidat, en novembre 1947, sur la liste soutenue par le Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste) pour les élections municipales. Conduite par Pierre Perly, elle arrive en tête avec 44% des voix mais avec 13 sièges, elle est à égalité de l’Union républicaine et résistante du maire sortant, Robert Deloche (43,3%) ; c’est le choix du seul élu socialiste SFIO qui permet à ce dernier d’être reconduit.

À la fin du mandat, les deux camps se divisent : une scission se produit au sein de la droite, Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines ou RGR, centre-droit) et Perly faisant défection. Eeckhout reste fidèle au RPF dont Pierre Calmon devient le chef de file. À gauche, le parti communiste exclut Deloche ; faute d’entente à droite, c’est cependant une communiste, Amélie Trayaud, qui est élue maire pour deux mois en mars 1953.

Lors des élections municipales d’avril 1953, Eeckhout figure sur la liste RPF, qui arrive en troisième position, devancée par les communistes et les dissidents de droite. Elle obtient six élus, dont Edmond Eeckhout qui a 1 391 voix pour 6 748 suffrages exprimés (20,6%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits.

Avec les autres élus gaullistes et la section de Joinville du RPF, Eeckhout demande la révision du procès de l’Affaire Rosenberg, du nom des espions condamnés à mort aux États-Unis. Le conseil municipal vote, à l’unanimité, un vœu en ce sens. Un comité est créé avec les communistes, certains MRP et le clergé d’une des paroisses. Une manifestation, où l’on retrouve le curé et ses trois vicaires, se tient en juin 1953 sur le pont de Joinville avec 200 participants.

Sans doute malade, Eeckhout se fait excuser aux séances du conseil municipal à partir de fin juillet 1956.

Edmond Carlos Désiré Eeckhout meurt le 31 juillet 1957 à Joinville, en cours de mandat. Il était âgé de 74 ans. Décoré de la Croix de guerre avec palmes, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1930 et chevalier du Mérite agricole depuis janvier 1931.

Edmond Eeckhout, sergent en 1915 (L'Illustration)

 

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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 00:01

Alfred Bruillard naît le 8 octobre 1895 à Lavans-Quingey (Doubs). Il est le fils d’Adèle Marie Eugénie Robardet et de son époux Constant Léon Bruillard, cultivatrices. Le petit village se situe dans la vallée de la Loue. Au tournant du siècle, la famille est installée dans le village voisin de Pointvillers (act. Le Val). Comme les autres des neuf enfants du couple, Alfred aide aux cultures. Il s’oriente ensuite vers la fromagerie et travaille, toujours dans la vallée de la Loue, à Chassans, auprès de Joseph Cousin.

Un peu après le début de la première guerre mondiale, Alfred Bruillard est mobilisé en décembre 1914 au 42e régiment d’infanterie. Sa santé souffre manifestement beaucoup puisqu’il est évacué pour maladie et hospitalisé à cinq reprises (juillet 1915, janvier 1916 (deux fois), octobre 1916, avril 1918) ; il est en outre blessé par une balle à la cuisse gauche en janvier 1917 au Mont-Cornillet, en Champagne, au cours de la bataille de la Marne. Atteint d’une pleurésie, il est envoyé en convalescence pendant plusieurs mois. Il sera attributaire d’une pension de 10% en 1924.

Au cours d’une des période de repos, Alfred Bruillard épouse en septembre 1917 à Palantine (Doubs) Suzanne Marie Julie Cousin, fille du fromager chez lequel il travaille. Le couple et ses deux enfants vont beaucoup changer de domicile. Ils sont en 1922 à Osselle puis en 1925-1926 à Chenecey-Buillon (Doubs). Ils passent dans le département voisin du Jura en 1931 à Condamine.

On les trouve en 1932 d’abord à Pont-Audemer (Eure). Ils se fixent ensuite en région parisienne, d’abord toujours en 1932 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), où Alfred Bruillard est chauffeur automobile. Ils vivent rue François-Arago puis rue Saint-Louis. Après un passage à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue de la Voie-Verte, en 1937, la famille s’installe en 19396 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de l’Île, dans le quartier de Polangis. Alfred Bruillard est devenu employé d’octroi pour la mairie de la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Alfred Bruillard reçoit une affectation spéciale du fait de son emploi dans les services fiscaux.

Il s’engage dans la résistance à l’occupant allemande et est reconnu comme ayant été membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Ses deux fils, Robert Bruillard (1919-1988) et André Bruillard (1920-1987) furent aussi résistants pendant la guerre.

Un commando de la résistance entre, le 20 août 1944, dans la mairie de Joinville-le-Pont qui devient ainsi une des premières à être libérée en Île-de-France. La municipalité, nommée par les autorités de Vichy avec à sa tête Léon Lesestre, est arrêtée et sera transférée, après le départ des forces allemandes, au camp de Drancy. Sur proposition du comité local de Libération et après avis du comité parisien de la Libération, le préfet de la Seine nomme une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune par arrêté du 26 septembre 1944. Alfred Bruillard en fait partie et fait donc fonction de conseiller municipal. Robert Deloche est président de la délégation, faisant fonction de maire, aux côtés d’adjoints radicaux-socialistes, socialistes ou divers droite et gauche. Le mandat de la délégation prend fin après les élections municipales du 29 avril 1945.

Pour le sixième anniversaire de la Libération, célébré le 26 août 1950 à Joinville, Bruillard représente les anciens membres de la délégation spéciale avec André Lemaire, aux côtés de représentants des formations politiques ou associations locales.

Professionnellement, Alfred Bruillard est employé par la mairie de Saint-Maur où il devient, en 1946, surveillant de travaux.

Alfred Bruillard meurt le juillet octobre 1987 à Sens (Yonne), où il vivait déjà en 1979.

Barricade pendant les combats de la Libération à Joinville, août 1944

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la biographie de Géant, parue le 24/09/2017

Jean Fiacre Géant naît le 1er novembre 1741 à Limeil (act. Limeil-Brévannes, Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Aimée Nanteau et de son mari, Jean Géant, jardiniers. Le patronyme est parfois orthographié Gian, Géan ou Jehan dans les documents paroissiaux, mais son père comme lui signent systématiquement « Géant ». La famille vit ensuite à Lésigny (act. Seine-et-Marne).

Plusieurs historiens (Galtier, Pouvereau et Noly notamment) le prénomment « Jean Jacques », cependant son deuxième prénom est bien Fiacre, comme le confirment sa signature ainsi que les registres paroissiaux et documents d’état-civil.

En 1767, Jean Fiacre Géant est le concierge du marquis de Livry, François Hippolyte Sanguin, dans son château familial de Livry (act. Livry-Gargan, Seine-Saint-Denis). Il épouse, en mai à Chennevières-sur-Marne, Marie Jeanne Laviron, fille d’un maître menuisier de cette commune. Ils auront au moins trois enfants.

La famille réside d’abord à Livry, où naît son premier fils en 1769, puis à Chennevières, où des enfants naissent entre 1770 et 1774. Jean Fiacre Géant est, à cette période, présenté comme bourgeois ou bourgeois de Paris dans leurs actes de baptême.

Il est mentionné à partir de 1784 et jusqu’en novembre 1793 dans les registres paroissiaux de La Varenne (paroisse Saint-Hilaire), alors dans la province d’Île-de-France (act. partie de Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne).

Géant est alors cultivateur et laboureur ; il loue avant la Révolution une ferme et des terres dans la boucle de la Marne pour 700 livres de rentes annuelles auprès du duc de Bourbon.

Géant est troisième signataire du cahier de doléances des « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés », rédigé en prévision des états généraux et daté du 14 avril 1789.

Pour l’historien Henri Pouvereau, ce texte « formule des plaintes naïves — le roi tout puissant n'est-il pas une manière de Dieu? — à propos des inondations de la Marne qui déracinent tous les grains et transportent de la vase et du sable ; des années de sécheresse, qui sont plus redoutables encore; du terrain sablonneux qui rend les charrois trop pénibles. — Ah! Si Sa Majesté faisait construire « un pavé» comme tout irait mieux!

Par contre, le ton devient plus âpre quand se trouvent relatés les multiples dégâts occasionnés par le gibier et par « Messieurs les gentilshommes » invités du prince de Condé qui saccagent à plaisir et se rient des poursuites judiciaires. Que justice égale soit rendue aux petits comme aux grands! Que le droit de chasse soit limité!

« Enfin, et pour tant de malheurs, qu'une diminution d'impôts soit accordée à la paroisse. »

Le village de La Varenne est au centre de la péninsule, en réalité presque vide, qui constitue aujourd’hui le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. La paroisse Saint-Hilaire, dont il est le siège, compte pour environ 99% du territoire de la future commune. Mais par rapport aux 560 habitants de Saint-Maur et aux 410 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), les 80 résidents de La Varenne ne pèsent guère, même en y ajoutant les autres hameaux comme celui du Port de Créteil.

Une grande partie de la population se prononce en faveur d’une union des deux paroisses de Saint-Maur et La Varenne, au cours d’une assemblée tenue le 30 janvier 1790, où Géant est élu conseiller municipal de Saint-Maur. En juillet, Géant et Maurice Bouillon pétitionnent avec le maire de Saint-Maur, Richard, pour que le chef-lieu de canton soit situé dans cette commune et non à Charenton.

Mais, malgré le vœu en faveur fusion, Géant défend l’indépendance du territoire de La Varenne, arguant de sa taille malgré sa faible population. Selon Henry Pouvereau (Autour d'un Clocher, Le Vieux Saint-Maur, 1963) « l'argument suivant avait porté: L'autonomie est justifiée par la superficie du territoire de La Varenne, 2824 arpents, alors que Saint-Maur compte seulement 39 arpents, La Varenne ‘paraissait un limaçon portant sa coquille sur le dos’ ». Géant est élu maire de La Varenne le 14 novembre 1790, devenant le premier édile de la nouvelle commune à nouveau séparée de Saint-Maur. Il est remplacé dans cette fonction le 3 novembre 1791 par Bouillon ; Géant devient procureur de la commune.

Le 5 décembre 1791, le Directoire du département de Paris  « Arrête que la commune de La Varenne-Saint-Hilaire restera définitivement réunie avec celle de Saint-Maur ». Géant ne figure pas dans la nouvelle municipalité réunifiée.

Deux ans plus tard, en novembre 1793, Jean Fiacre Géant est le témoin du décès du dernier curé de Saint-Hilaire, le père Jean Baptiste Duval, 60 ans. Cet épisode marque la fin de la paroisse et de l’existence autonome de La Varenne sur le plan spirituel et administratif, après sa disparition politique. Géant a alors 52 ans.

À l’occasion du mariage de sa fille Marie Adélaïde en juin 1793 à La Queue (act. La Queue-en-Brie, Val-de-Marne), il est désigné comme cultivateur à La Varenne tandis que son épouse est mentionnée comme résidant à La Queue.

Lorsque son autre fille, Marie Jeanne, se remarie en janvier 1807, Jean Fiacre Géant et son épouse Marie Jeanne sont signalés comme demeurant à Ozoir-la-Ferrière (act. Seine-et-Marne). Ils ont alors respectivement 65 et environ 70 ans. Quand ladite fille contracte un troisième mariage, en juin 1829 à Brunoy (act. Essonne), sa mère est notée comme décédée tandis qu’il est mentionné à propos de son père qu’il est absent et qu’on en « ignore l’existence. »

Sa date de décès n’est pas connue.

Ancienne église de La Varenne Saint-Maur

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Voisin

À la fin de l’année 1911, Eugène Voisin, qui reste très apprécié d’une partie de la population, est un maire diminué sur le plan physique, souffrant des jambes, et très affaibli politiquement parlant. Lorsqu’il faut, en novembre de cette année, inaugurer l’agrandissement de la mairie et deux ponts desservant les communes voisines, Voisin doit charger son adjoint, M Villain, de lire son discours. Il reçoit plusieurs témoignages de reconnaissance, comme des pompiers en octobre.

Par contre, les huit élus sur vingt-trois qui composent désormais la minorité du conseil municipal l’attaquent vivement, dans l’assemblée comme dans la Revue de Saint-Maur, qui devient leur organe. Ils insinuent que, comme entrepreneur, il avait intérêt à rester maire et contestent l’attribution des aides sociales par le bureau de bienfaisance, tout en estimant qu’il serait « au bout du rouleau ». La pratique de l’obstruction des contestataires fait qu’il faut quatre séances du conseil pour examiner le compte administratif.

Les élections municipales de mai 1912 sont l’occasion d’une opération inhabituelle sur le plan politique. Les trois tendances d’opposition à la municipalité radicale-socialiste décident de passer un pacte, prenant prétexte de leur soutien à la représentation proportionnelle. Les radicaux dissidents, les conservateurs et libéraux ainsi que les socialistes unifiés de la SFIO conviennent donc de fusionner leurs listes au second tour, au prorata du score obtenu. Par contre, les radicaux-socialistes officiels décident de se présenter seul.

Eugène Voisin, élu depuis 45 ans et maire depuis 24, décide de ne pas se représenter. Il laisse la place à son adjoint Émile Briolay. Le comité radical-socialiste de Joinville tente de retrouver l’unité de ses membres, mais échoue. La liste radicale sera battue et c’est un dissident, Ernest Mermet, qui devient maire tandis qu’un autre est adjoint, Henri Vel-Durand, et un conservateur, Pierre Dalbavie aussi.

Eugène Voisin meurt le 18 juillet 1914 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et père d’une fille, Maria Pauline Louise Voisin, mariée à un entrepreneur du bâtiment, Alexandre Pâquet. Leur fils, Charles Pâquet, fut architecte et animateur d’une association historique à Vincennes.

Bien qu’il ait été radical-socialiste, Voisin ne partageait manifestement pas toutes les opinions anticléricales de la majeure partie des radicaux joinvillais. Il ne se montra jamais en première ligne dans les évènements organisés par les libres-penseurs. Il fut inhumé au cimetière de Joinville après une cérémonie à l’église Saint-Charles, le 22 juillet, quelques jours avant le début de la première guerre mondiale.

Eugène Voisin était titulaire de nombreuses décorations. À titre militaire, il portait la médaille 1870-1871. Il avait obtenu une mention honorable de la mutualité en janvier 1896, la médaille de bronze en janvier 1900, celle d'argent en mars 1907 et l’or en janvier 1908. Les Palmes académiques lui avaient été accordées comme officier d’académie puis officier de l’instruction publique en avril 1899. Il avait été fait chevalier du Mérite agricole en décembre 1904 puis officier. La médaille d'or de l’Encouragement au bien lui avait été accordée. Enfin, il avait été créé chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1903.

Une rue de Joinville a été baptisée Eugène-Voisin en janvier 1920 ; c’est l’ancienne rue des Marronniers, où il avait vécu. Un médaillon en bronze portant le portrait de Voisin avait été apposé en juin 1911 dans la mairie agrandie. Son nom figure également sur la plaque des bienfaiteurs de la commune, du fait d’un don fait en 1888.

Parmi les nécrologies publiées, on remarquera celle du quotidien sportif L’Auto, qui remarqua que le disparu « avait fait beaucoup pour la natation. Il avait réussi à faire partager ses idées sportives à la municipalité et avait encouragé toutes les épreuves nautiques qui se disputèrent dans sa ville. »

Fin

 

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20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Voisin

Les élections municipales de mai 1908 se déroulent dans un climat qui a évolué depuis le précédent scrutin. Il n’y a plus, a proprement parler, de liste conservatrice. Voisin est à la tête d’une liste estampillée par le comité radical-socialiste, sous l’égide de son président Albert Gallas ; elle intègre cependant des personnalités beaucoup plus libérales, comme Jules Beauvais. En face, une liste est présentée par le comité socialiste évolutionniste. Formée par des indépendants socialistes, elle comprend également d’anciens radicaux et des personnalités de centre-droit. Le parti socialiste SFIO, qui s’est formé en 1905, présente une liste très incomplète, toujours avec Lacroix et Lebègue. Il y a aussi des candidats indépendants, dont Jean Baptiste Gripon, médecin.

Les radicaux et Eugène Voisin mettent en avant « une gestion sage et une administration prudente des finances de la commune ». Ils projettent de réaliser des économies, d’encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité. Ils affirment leur opposition à de nouveaux impôts et confirment leur volonté de réaliser un compte-rendu de mandat annuel.

Au premier tour, six de ses candidats sont élus, avec Voisin à leur tête. Au second tour, les radicaux laissent un siège aux socialistes évolutionnistes (François Provin) et au docteur Gripon. Ils remportent tous les autres, mais le premier adjoint sortant, Honoré Jullien, est battu. Ce sera Émile Briolay qui le remplacera, au côté de Villain et Voisin. Cependant, le comité radical-socialiste est déçu par la défaite de Jullien, qui en était un des piliers.

Même en l’absence d’une représentation forte des opposants, le conseil municipal va connaître une vie agitée. Le Dr Gripon, qui s’était fait élire pour se défendre d’accusations portées par un autre médecin, attaque le maire sur sa gestion du bureau de bienfaisance, accusation reprise par les socialistes évolutionnistes qui disposent alors d’un journal local, l’Indépendant. Une enquête préfectorale écartera les accusations de Gripon.

Préoccupés d’hygiène, les élus du conseil municipal décident, pour la première fois en mai 1909, l’envoi d’enfants de Joinville à la montagne, en l’occurrence en Ardèche. Voisin défend devant les maires voisins le rôle et l’importance de l’école de gymnastique du Bois de Vincennes. Il installe également un portique dans la caserne des pompiers.

Le climat politique local se tend fortement à partir de la fin de l’année 1909. Le premier prétexte est le mauvais état d’un chemin du quartier de Palissy, abîmé par le passage de charrettes transportant des boues déposées au port de la commune, sur la Marne, par des péniches et transportées ensuite vers des terrains d’épandage. Les riverains se plaignent de la détérioration de leur rue, tandis que l’entrepreneur et la mairie n’arrivent pas à se mettre d’accord sur l’entretien de la voie.

La considérable inondation de toutes les zones basses de la commune, en janvier 1910, du fait de la crue record de la Marne mobilise énormément Voisin, son équipe municipale et les employés. Pendant le désastre, selon le chroniqueur Louis Rey, également conseiller municipal, « La municipalité se décuplait. Les rivalités, les haines politiques disparaissaient ». Il relève que 100 ha sur 300 et 53 rues sur 89 ont été atteintes. Mais la répartition des secours amène de nouvelles tensions, certains des opposants de 1908 tentant de profiter de l’occasion pour mettre en cause les gestionnaires. Ainsi, Théophile Leteuil constitue un comité intercommunal des inondés, dont il se proclame président. Il en profite pour critiquer la gestion de la caisse des écoles communale, ce qui s’avèrera sans fondement. En mai 1911, une affaire de comportement dans l’école publique de Polangis attisera encore plus les animosités entre élus.

À la fin de l’année 1910, la santé de Voisin se dégrade ; il est de plus en plus régulièrement éloigné des activités publiques. Il ne peut pas participer à la réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal qui se tient en février 1911. Elle est l’occasion où se manifeste publiquement la scission de la majorité municipale. D’un côté, les fidèles du maire sont rassemblés autour des adjoints Villain et Briolay et de Louis Rey, chimiste et principal animateur des radicaux-socialistes de la commune. De l’autre, quatre dissidents (Vel-Durand, Mermet, Watrinet et Arnaud) qui prétendent cependant rester membres du parti radical.

Un journal de droite de Saint-Maur, le Courrier libéral, assure que l’affrontement a débuté lors d’une réunion du comité radical de Joinville. Le chroniqueur, Louis Gallas, avocat joinvillais, assure que les dissidents « ne veulent plus obéir servilement aux injonctions de la franc-maçonnerie ! » Il note qu’ils se rapprochent du parti socialiste unifié (SFIO) dont le responsable, Émile Lebègue, graveur sur acier, critique énergiquement la municipalité et en particulier Rey. Avec les dissidents, ils se plaignent de l’apathie supposée de la municipalité. Louis Gallas conclut que « la municipalité, par un défaut de cohésion, est incapable de gérer plus longtemps les affaires de la commune ; c’est que notre maire Voisin n’a malheureusement plus les forces nécessaires pour guider la trirème municipale. La démission collective du conseil municipal s’imposerait. »

À défaut d’un retrait des élus de la majorité, ce sont les dissidents, que deux autres élus ont rejoints, qui démissionnent et, à la faveur de plusieurs autres départs d’élus de 1908, provoquent des élections municipales partielles en octobre 1911. Dans les deux camps, les attaques personnelles se multiplient. Lors du scrutin, les dissidents se représentent, tandis que la mairie laisse René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, tenter de leur barrer la route. Au soir du second tour, la liste de protestation emporte les sept sièges à pourvoir. Un correspondant de Voix des communes avait présenté de cette façon l’enjeu : « Les élections sont un épisode d’un plan longuement préparé pour renverser l’honorable maire de Joinville et prendre sa place. Les électeurs ont à se prononcer entre deux hommes, Voisin et Vel-Durand. Le corps électoral saura choisir entre l’homme qui l’a toujours servi et l’homme qui s’est toujours servi de lui. »

À suivre

 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Voisin

Après la rupture du maire de Joinville-le-Pont, Eugène Voisin, avec la partie la plus conservatrice de son conseil municipal, les élections municipales de mai 1904 vont voir s’opposer trois listes : celle du sortant, avec l’appui du comité radical-socialiste, celle des conservateurs, menée par quatre conseillers précédemment élus avec Voisin (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet) et de nouveau une liste socialiste-révolutionnaire (Lebègue, Lacroix). Le chroniqueur radical de Voix des communes commente : « Joinville n’est pas sans posséder une troupe réactionnaire qui, à maintes reprises, a essayé de s’imposer ; mais Voisin, le maire est un de ces hommes pondérés auxquels une ville se plaît à donner sa confiance parce qu’ils la méritent et par leur gestion communale et par leurs convictions. »

Si Voisin met traditionnellement peu en avant des motivations politiques, l’exercice cette année 1904 est un peu différent. Son affiche est ainsi libellée : « Pas de politique ! Citoyens, Le mot d’ordre de la coalition réactionnaire dans les élections municipales du 1er mai est ‘‘pas de politique !’’ Or, ‘‘pas de politique’’ cela veut dire pas de politique républicaine. Électeurs républicains, vous ne vous tromperez pas. Derrière cette phrase se cachent ‘‘le nationalisme, le cléricalisme et la réaction’’ qui n’osent pas, cette fois encore, arborer leur drapeau. Décidés à nous occuper avant tout d’assurer le bien-être et la prospérité de la commune, nous ne craignons pas d’affirmer hautement nos sentiments démocratiques et notre fidélité au vieux programme républicain sur lequel vous avez élus les précédents conseils, et nous laissons aux adversaires de la République le soin de recueillir les quatre conseillers qui l’ont abandonné. »

La liste Voisin a dès le premier tour quinze élus, et en aura sept de plus au deuxième tour sur vingt-trois, la droite n’ayant qu’un seul représentant (Moulinet). Eugène Voisin arrive en tâte, avec 704 voix soit 62,9% des 1 119 votants pour 1 363 inscrits ; sa liste recueille en moyenne 50,2% des votes, contre 31,9% à la droite et 14,9% aux socialistes. Saluant le score obtenu par la liste radicale, l’ancien député Jules Ferdinand Baulard  commente « les résultats sont des plus satisfaisants (…) Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause. »

Au sein de la municipalité, Voisin et Jullien sont toujours maire et adjoint, Paul Villain, passementier, devenant le second adjoint.

En matière sociale, Voisin est, en 1906, vice-président de l’Union fraternelle, une société caritative qui couvre les communes de la boucle de la Marne (Saint-Maur, Joinville, Saint-Maurice). Cette même année, il a l’occasion, rare en ce début du 20e siècle, de célébrer deux centenaires dans sa commune : une veuve, native du Loiret et un ancien officier polonais, Joseph Kownacki, réfugié en France après l’écrasement par les forces russes de l’insurrection de 1831, devenu ingénieur puis professeur de dessin. Son fils est l’animateur de la section de Joinville de l’Association philotechnique, dont Voisin est président.

Lors de la formation du Comité central d’union et d’actions républicaines de la 2e circonscription de Sceaux (radical-socialiste), en octobre 1907, Voisin en est membre comme deux autres maires, le député Maujan, un conseiller d’arrondissement et trois conseillers généraux. Faisant application de la loi de séparation de l’église et de l’État de 1905, Voisin et le conseil municipal décident, en février 1908, de supprimer tout emblème religieux de la porte du cimetière.

À suivre

 

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Voisin

Lors des élections municipales de mai 1892, Eugène Voisin, maire sortant, fait alliance avec les radicaux-socialistes tandis que les membres plus conservateurs du conseil municipal présentent une liste concurrente, conduite par Albert Bocquentin, industriel, et le docteur Jean Barborin. La liste Voisin obtient une moyenne de 56,3% des 639 suffrages exprimés, la droite en ayant 22%. Il est réélu maire avec Jullien et Couppé comme adjoints.

En novembre 1892, un drame se déroule dans l’activité festive de Voisin. Un de ses employés est tué de coups de couteau dans la fête foraine de Conflans, à Charenton-le-Pont. Son meurtrier est âgé de quinze ans.

Sur le plan politique, Voisin se manifeste dorénavant presque systématiquement dans toutes les réunions radicaux-socialistes, même s’il n’y joue pas un rôle de premier plan. Il s’appuie notamment sur le député, Jules Ferdinand Baulard, le leader des radicaux dans la circonscription, Eugène Demeestère et le publiciste Henry Vaudémont.

L’inauguration de la première ligne téléphonique desservant le bureau de poste de Joinville, en novembre 1893 est une satisfaction pour Voisin et les élus, mais elle donne lieu à un incident, l’administration postale estimant que ce nouveau service ne relevait que d’elle.

C’est une industrie plus traditionnelle qui marque le début de l’année 1895. En février, une chaudière éclate au sein de l’usine Bi-Métal de Joinville. L’accident fait quatre morts et six blessés. L’émotion est considérable dans les communes voisines. La municipalité de Joinville organise les secours et les obsèques.

L’apogée de la vie politique d’Eugène Voisin va se situer en 1896. Malgré la disparition de deux des principales personnalités radicales, Demeestère et Vaudémont, la place de Voisin dans la vie municipale est assurée et ses relations avec les personnalités radicales du canton et du département sont au mieux. Lors des élections municipales de mai 1896, aucune liste ne s’oppose à la sienne. Ses candidats obtiennent une moyenne de 800 voix pour 918 inscrits. Voisin, Jullien et Couppé, sont réélus.

En reprenant son poste, il va mener une action spectaculaire : le conseil municipal de Paris avait exclu tous les entrepreneurs de la banlieue des adjudications de la Ville. Comme d’autres villes de banlieue, la municipalité de Joinville protesta. Mais elle fut la seule à refuser d'admettre les entrepreneurs de Paris à soumissionner pour la construction d'un groupe scolaire dans le quartier du Polangis. La préfecture annula l'adjudication pour vice de forme, ce qui retarda le projet d’un an. Mais, finalement, ce fut Paris qui dut renoncer à son exclusive contre les patrons banlieusards. En avril 1899, le préfet inaugura le groupe scolaire et décora Voisin à cette occasion. Le même jour, la Compagnie des tramways de Saint-Maur, inaugurait la section Joinville-Champigny de son réseau.

Ayant fait le constat que la mortalité infantile de la naissance à un an est « effrayante » à Joinville, sur la sollicitation du docteur Pierre Vallat, le bureau municipal appuya l’initiative prise par Jeanne Bitterlin et Emélie Delobel de fonder une section de la société de l’Allaitement maternel à Joinville. Hortense Voisin en sera la présidente en 1908.

Eugène Voisin s’intéresse de plus en plus à l’horticulture et fait partie de plusieurs organisations, comme la Société nationale d'horticulture en 1898. Il ne néglige pas pour autant son entreprise de bals et devient, en 1891, président de la chambre syndicale des entrepreneurs des fêles publiques, rattachée à la chambre de commerce de Paris. Il est sollicité, avant l’Exposition universelle de 1900, pour siéger dans une commission d’admission des exposants.

Malgré la présence, pour la première fois, d’une liste présentée par le Comité électoral socialiste-révolutionnaire, tous les candidats de la liste Eugène Voisin sont réélus, dès le premier tour des élections municipales de mai 1900. Lui-même obtient 704 voix sur 1 096 inscrits (64,2%), arrivant largement en tête. L’hebdomadaire radical Voix des communes estime que « M. Voisin est un fort digne homme, très aimé, très estimé. Voisin n’a jamais fait de politique militante ». Jullien et Couppé restent adjoints. Mais tous les radicaux n’apprécient pas de la même manière son comportement ; en août 1901, dans le même journal, on lit un commentaire critique de Louis Dehné (alias Ludovic), employé de préfecture : « Voisin, maire de Joinville, n’aime pas que ses administrés récriminent. Maître absolu dans son conseil, composé en grande majorité de républicains plus que modérés, qu’il fait voter au doigt et à l’œil, il n’admet pas la moindre contradiction, surtout si elle émane d’un radical ou d’un socialiste. »

Attaché au développement des sports, Voisin fait prendre par son conseil municipal une délibération demandant aux ministres de l'instruction publique et de la guerre de bien vouloir mettre à l'étude la création d'un Institut civil de gymnastique, qui serait une annexe de l'École normale de gymnastique militaire, située dans le Bois de Vincennes, alors sur le territoire de Joinville (act. Paris, 12e arr.).

S’il est attentif à conserver une forme de consensus républicain dans son conseil, Voisin prend position de manière régulière en faveur des radicaux lors des scrutins politiques. Ainsi, en mars 1902, il participe à une réunion en faveur de la candidature d’Adolphe Maujan, qui succédera au député Jules Ferdinand Baulard, qui prend sa retraite. Selon l’organe radical local « Une bande de nationalistes essaie de l’empêcher de parler. Le feu des questions subversives est ouvert par Raoult, conseiller municipal, homme à tout faire des nationalistes ». Camille Raoult, représentant de commerce, avait été élu sur la liste Voisin.

La rupture de Voisin avec le courant conservateur devient effective en juin 1902 quand Voisin, avec la majorité de son conseil, dont les élus radicaux, vote contre l’autorisation d’installation de la congrégation des Sœurs enseignantes de la Providence Il y a treize bulletins contre la venue des religieuses, cinq pour et une abstention. Dans un journal libéral du canton, Liberté de Saint-Maur, Raoult « conseiller félon, combat à outrance Voisin après avoir sollicité une place sur sa liste » selon les dires de Voix des communes. Réconcilié avec lui, l’hebdomadaire qualifie Voisin de « bon et sincère républicain » lorsqu’il est fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1903, assurant qu’il est « bon, affable, conciliateur ». Plus de 200 habitants de la commune participent au banquet de félicitation, en l’absence cependant des élus conservateurs.

Toujours en 1903, Voisin est président de la section de Joinville de l’Association philotechnique, importante société d’enseignement populaire, animée par Albert Kownacki, professeur de sciences et franc-maçon.

À suivre

 

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Eugène Voisin

Les élections municipales suivantes, en janvier 1878, vont voir une modification profonde du paysage politique. La liste conservatrice bonapartiste du maire sortant, Rousseau, est balayée. Seuls quatre élus sortants sur seize se retrouvent dans le nouveau conseil, qui comprend désormais vingt-et-un élus : deux des républicains minoritaires de 1874, Pilté et Benoit, ainsi que Gabriel Pinson et Eugène Voisin, qui les ont rejoints, avec plusieurs personnalités radicales, comme Demeestère ou Louis Vaudey, fondeur en cuivre. Pinson, restaurateur, devient maire et Voisin premier adjoint, un poste de deuxième adjoint étant alors créé, pourvu par Jules Marchais, épicier.

La nouvelle majorité va connaître une crise en septembre 1879. Demeestère, avec le soutien de Vaudey, veut venir au secours d’un ancien officier de la Commune de Paris, libéré très malade et sans ressources ; il lance une souscription puis propose au maire de former un comité de secours aux communards amnistiés. Le maire refuse vivement, puis fait voter un blâme contre Demeestère, qu’il fait afficher dans les rues de Joinville en l’accusant de « réclamer de la popularité au détriment de ses collègues ». Pinson est suivi par treize membres du conseil, dont Voisin, tandis que sept autres refusent de sanctionner Demeestère.

Aucun des minoritaires n’est réélu lors du scrutin suivant, en janvier 1881. Pinson et Voisin sont reconduits comme maire et premier adjoint, Prince Amédée Gosset, serrurier, prenant la fonction de deuxième adjoint. La grande affaire du mandat est la mise en œuvre de l’instruction publique, laïque et obligatoire, en application de la loi de 1881.

À l’occasion du vote suivant, en mai 1884, les républicains les plus radicaux font leur retour au sein du conseil, comme Demeestère ou Henri Diot, distillateur. Pinson comme Voisin conservent leurs postes, Nicolas Chéret, boucher, devenant deuxième adjoint.

Un nouvel affrontement politique va se jouer lors des élections municipales de mai 1888. Demeestère et Diot constituent une liste avec le soutien du comité électoral républicain radical-socialiste, contre celle de Pinson, sur laquelle Voisin se trouve. Diot, Demeestère et Vaudey seront les trois seuls élus radicaux, les républicains modérés arrivant en tête avec dix-huit sièges. Voisin obtient le second meilleur score, derrière Jules Rousseau, chef d’institution, directeur de l’école privée laïque du Parangon. Il réunit 363 voix, soit environ 65% des suffrages exprimés. Pinson, Voisin et Chéret sont reconduits. Mais le maire décède le mois suivant.

L’élection de son successeur se déroule alors que la presse locale donne Jules Rousseau en tant que favori, légitimé par son score personnel selon lui, citant également les deux adjoints, le restaurateur Honoré Jullien et le principal de collège Albert Bleunard, ces derniers ayant la faveur des radicaux. L’hebdomadaire radical Voix des communes commente « Que le maire soit M. Rousseau, ce qui est probable, M. Voisin, ce qui est possible, M. Chéret, ce qui est improbable ou M. Jullien, ce qui serait désirable, le conseil se mangera le nez dans un bref délai. Très probablement, il ne pourra poursuivre jusqu’au bout l’accomplissement de son mandat. Il n’avait d’homogénéité que grâce à Pinson, son père ». Au cours d’un vote tendu en août 1888, c’est Eugène Voisin, qui l’emporte. Rousseau quitta la salle absolument seul et paraissant très abattu, selon le témoignage de Charles Pâquet, petit-fils d’Eugène Voisin. Il démissionna, mais la plupart des conseillers municipaux restèrent en poste.

Devenu maire, Eugène Voisin est accompagné de Chéret et du restaurateur Honoré Jullien en tant qu’adjoints. Une certaine tension persiste avec les radicaux, qui font élire trois de leurs candidats lors d’un scrutin partiel de mars 1890, dont le publiciste Henry Vaudémont. La liste patronnée par Jullien obtient deux sièges. François Nicolas Couppé, doreur sur métaux, remplace Chéret comme adjoint.

Pendant son mandat, Voisin se rapproche des radicaux. En janvier 1889, il prend part au Congrès républicain antiboulangiste (le général Boulanger est candidat populiste à un poste de député de la Seine), dont les autres délégués de la commune sont les radicaux Jules Ferdinand Baulard, conseiller général ainsi que Demeestère et Vaudémont. Voisin participe également à une souscription en faveur d’Édouard Jacques, président du conseil général de la Seine, concurrent de Boulanger, mais ce sera ce dernier qui l’emportera.

Sociétaire de la Société des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont depuis 1877, principale société de secours mutuels de la commune à ce moment, Eugène Voisin en devient le président en 1885 ou 1886. Il conservera cette fonction jusqu’à son décès.

Dans le domaine artistique, Eugène Voisin est nommé en 1890 président de la société musicale joinvillaise L’Espérance, qui organise des concerts en général deux fois par an.

Au sein de sa commune, il préside la commission des fêtes et développe celles de la rive gauche de la Marne. Il crée également un marché d’alimentation dans le quartier de Palissy, dans la même zone. Pour la première fois, en octobre 1891, contrairement à son prédécesseur, il accepte la demande du comité radical-socialiste de rendre compte de son mandat en séance publique.

À suivre

 

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 00:01

Début de la biographie d’Eugène Voisin

Eugène Voisin naît le 5 juillet 1834 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Anne Alexandrine Jozon et de son époux, Jean Louis François Voisin, marchand de vins.

La première activité professionnelle d’Eugène Voisin est celle d’entrepreneur de bals, qu’il exerce au moment de son mariage en juin 1860 à Créteil avec Hortense-Pauline Mottheau. Il vivait alors avec son père, après le décès de sa mère, dans la commune proche de Saint-Maurice.

L’organisation de fêtes nécessite des compétences annexes, en tapisserie et décoration notamment, mais également en musique. Le bal Voisin s’installe à Joinville-le-Pont, où la famille Voisin vivra le reste de sa vie. Eugène Voisin y sera également professeur de solfège et de musique. Mais il est également horticulteur, au moins depuis 1867 et le restera ensuite.

Dans sa commune, Voisin devint conseiller municipal. La date de son entrée dans l’assemblée communale est, dans plusieurs textes officiels ultérieurs, fixée à 1867. Il n’y a pas de trace, dans la documentation disponible, de renouvellement complet ou partiel du conseil cette année, cependant, c’est bien cette date qu’évoque Voisin lui-même dans un discours de 1911. Eugène Voisin est nommé membre du conseil municipal de Joinville-le-Pont par un décret du 20 janvier 1869, qui porte le nombre de membres de douze à seize. Le maire est le conservateur Auguste Courtin, qui a succédé à son père adoptif, le grammairien Charles Chapsal, Hippolyte Pinson étant l’inamovible adjoint au maire. Eugène Voisin sera ensuite constamment reconduit.

En septembre 1870, après l’instauration de la République, Eugène Voisin est élu, en dernière position des seize membres. Auguste Courtin est de nouveau maire, tandis que Louis Ferdinand Rousseau remplace Pinson comme adjoint. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, Eugène Voisin rejoint les combattants et sera décoré de la médaille commémorative du conflit.

La guerre franco-prussienne provoque 2 000 morts, essentiellement militaires, en Marne et sur le territoire de Polangis et la Plaine du Tremblay pendant la bataille de Champigny du 30 novembre au 3 décembre 1870. Les dégâts civils dus aux bombardements sont importants, le pont de Joinville est détruit par l’armée française qui veut empêcher le passage des troupes allemandes. La population se réfugie à Paris et la municipalité est transférée, d’abord en septembre 104, rue du Bac, (7e arr.) puis en novembre 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Le conseil municipal réinvestit la mairie, qui a subi d’importantes dégradations, pendant la Commune de Paris, le 1er avril 1871. La ville reste occupée par des troupes badoises, prussiennes et bavaroises jusqu’au 24 septembre de la même année ; la municipalité doit gérer les relations difficiles des habitants avec les occupants.

Lors d’élections municipales organisées pendant la période d’occupation, en juillet 1871, la plupart des édiles sont réélus, dont le maire et son adjoint. Eugène Voisin arrive cette fois en sixième position dans le vote populaire.

Le scrutin de novembre 1874 voit pour la première fois s’affronter les conservateurs, issus du conseil sortant, et une liste républicaine, dans laquelle on trouve des représentants de la petite bourgeoisie locale : le boucher Louis Eugène Benoit, un fonctionnaire de la préfecture de Paris, Antoine Cambier, l’industriel Alphonse Pilté ou l’ancien fabricant de bronzes devenu hôtelier, Alphonse Demeestère. Les trois premiers sont élus, mais la majorité reste aux partisans du maire. Voisin est de nouveau reconduit en arrivant cette fois juste derrière Courtin et Rousseau. Le maire démissionne en 1876, et quitte alors la commune en vendant son château, qui sera ensuite loti pour constituer le cœur du nouveau quartier de Polangis. L’ancien adjoint, Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, devient maire et Charles Brillaux est son adjoint.

À suivre

 

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 00:01

Suite de la biographie de Louis Caillon

Avec plusieurs conseillers sortants de droite, comme Frédéric Bautsch, Jean Béal, Charles Chaussée et Léon Lesestre, Louis Caillon se présente sur la liste de l’Union des républicains de Joinville lors des élections municipales de mai 1935. Le groupement veut la « séparation de l’administration municipale et de la politique », plaidant pour une « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs », voulant une « atténuation des dépenses publiques », la « simplification des rouages administratifs », ainsi que « l’application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène. »

Disant se souvenir « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons », l’Union des républicains annonce « rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Caillon est administrateur de l’association Union des républicains de Joinville, présidée par René Kirbühler.

La liste de l’Union des républicains se déclare formée « d’hommes d’ordre et d’action », « n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle arrive en tête au premier tour de scrutin, devançant avec une moyenne de 32,6% des suffrages exprimés la liste du Groupement des gauches républicaines du maire sortant radical-socialiste Briolay, à 26,8%, les communistes de Robert Deloche à 23,5% et les socialistes SFIO de François Derivière à 12,3%. Personnellement, Caillon arrive en seconde position des candidats avec 968 votes sur 2 856 exprimés (33,9%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Pour le second tour, la droite appelle à « barrer la route aux communistes », qui ont constitué une liste unifiée avec les socialistes, à soutenir « la liste d’ordre » et à réprouver « la turbulence et la démagogie ». Les radicaux reculent nettement, tandis que la gauche unifiée avance et obtient deux sièges, l’Union des républicains arrivant en tête, remportant les 25 autres postes de conseillers municipaux. Arrivant de nouveau second, Caillon recueille 1 185 voix soit 40,9% des 2 899 exprimées sur 2 924 votants.

Le 17 mai 1935, la municipalité est élue par la majorité nouvelle : Léon Lesestre est maire, Charles Chaussée premier adjoint, Louis Caillon deuxième adjoint, suivi de Jean Béal, et René Kirbühler. Dans le portefeuille de Caillon figure l’éclairage public et la lutte contre les incendies. Il est élu délégué sénatorial en septembre 1935.

Tout en continuant d’assumer ses fonctions à la mutuelle des sapeurs-pompiers, Caillon siège aussi au conseil d’administration de la Mutualité scolaire de Joinville en 1936 et à la Société d’encouragement au dévouement en 1937.

En avril 1938 à Paris (12e arr.), Louis Caillon épouse Marcelle Désirée Guilly, fille d’agriculteurs.

Au début de la deuxième guerre mondiale, les deux élus communistes sont déchus de leur mandat. Caillon poursuit son activité en tant qu’adjoint. Il participe, fin 1941, aux activités caritatives du et au « Noël du maréchal » organisé par la section locale du Secours national d’entraide du maréchal, placé sous la tutelle du chef de l’État, Philippe Pétain. Le maire, Lesestre, appelle à cette occasion à « bien aimer le maréchal, sauveur de notre France. »

Le gouvernement de Vichy ayant remplacé les assemblées élues par des organes désignés, une nouvelle municipalité est constituée en février 1942. Si Lesestre, Chaussée, Béal et Kirbühler restent à leurs postes de maire et d’adjoints, Caillon est remplacé dans cette fonction par Frédéric Bautsch. Par contre, il est renouvelé en mars en tant que membre du conseil municipal, étant présenté comme commerçant.

Lors de la libération de la ville, le 25 août 1944, le maire et les adjoints sont arrêtés par le comité local de Libération et une administration provisoire remplace le conseil municipal en titre, dirigée par Robert Deloche, ancien conseiller municipal communiste déchu, qui devient maire de la ville.

Louis Caillon meurt le 7 mai 1969 à Joinville. Il était âgé de 87 ans. Il avait été décoré comme chevalier (février 1923) puis officier (février 1933) du mérite agricole en tant qu’agriculteur à la ferme de la Faisanderie. Il était titulaire d’une mention honorable (septembre 1930) puis d’une médaille de bronze de la mutualité (septembre 1932), au titre de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont. Il avait également était fait chevalier de l'Ordre du Nichan el Anouar en 1928 pour avoir, comme prêté « bénévolement, depuis plusieurs années, tout son matériel pour les examens d’entrée et de fin d’études à l’Institut national d’agronomie coloniale », situé également dans le Bois de Vincennes. L'ordre du Nichan el Anouar (Lumières), créé dans le Territoire d'Obock (act. République de Djibouti), était décerné à des personnes ayant « rendu des services à l’expansion coloniale. »

Fin

Incendie à la Faisanderie en 1934 (peut-être avec Louis Caillon)

 

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