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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 01:01

Pour la fête du travail, nous publions une biographie d'un militant ouvrier particulièrement actif, disparu il y a 120 ans.

Jean-Baptiste Boguet naît le 11 décembre 1853 au Creusot (Saône-et-Loire) dans une famille de mineurs ; son père est illettré.

Il s’installe à Paris, peut-être avant 1873, et exerce la profession de tourneur en cuivre. Il est membre en 1876 du conseil de la chambre syndicale des ouvriers mécaniciens du département de la Seine. En août de la même année, il devient secrétaire de la commission d'enquête constituée pour examiner les candidatures pour faire partie du conseil des prud'hommes du département. Son mandat au conseil syndical est renouvelé en 1877. Il préside en avril une assemblée corporative des ouvriers mécaniciens, qui a eu lieu à Saint Denis. En septembre 1880, il s’oppose avec en particulier Paulard à la formation d'une nouvelle société de mécaniciens prônée par Barberet. Lors de la Conférence internationale de Paris en octobre 1883, il est délégué des mécaniciens. En août 1886, il est toujours secrétaire de l'Union des ouvriers mécaniciens.

Parallèlement à son activité syndicale, Boguet s’engage politiquement. Il est en 1876, avec Bourgogne et Desplanches, délégué d’un comité ouvrier qui veut faire prévaloir la candidature d'un ouvrier et qui fusionne avec deux autres comités républicains du 17e Arrondissement. La même année, il lance une souscription pour l’envoi d’une délégation ouvrière à l’exposition universelle de Philadelphie qui rassemble 23 signataires.

En mars 1878, plusieurs groupements, dont l’assemblée des ouvriers mécaniciens sous la présidence d’Amand, décident l’organisation d’un congrès ouvrier international pendant l'Exposition universelle. Boguet est membre de la commission d'initiative pour la réception des délégués français et étrangers. Il participe également, avec Jules Guesde en particulier, à la commission de propagande.

Le congrès est prévu du 2 au 12 septembre. Il est interdit verbalement, fin août, par la préfecture de police et le ministère de l'intérieur. Les organisateurs décident de maintenir la rencontre sous forme de « réunion privée » ; ils démissionnent au profit d’un comité provisoire dont Jules Guesde est le secrétaire et dont Boguet est membre. Il fait partie des 39 personnes poursuivies devant la 10e Chambre de police correctionnelle de Paris en octobre pour « association non autorisée » ; le délit d'affiliation à l'Internationale des travailleurs avait été envisagé, mais l’accusation y a renoncé. Jules Guesde est chargé de la défense collective de 18 des prévenus qui se déclarent collectivistes révolutionnaires, dont Boguet. Parmi les personnes poursuivies, 36 sont condamnées, Boguet l’étant à 100 francs d’amende, Jules Guesde se voyant infliger six mois de prison et 200 fr. d'amende. En décembre, une commission est formée « pour secourir les femmes et les enfants des condamnés » ; elle tient elle aussi une « réunion privée », qui est également interdite.

Au congrès tenu au Havre, salle de l’Union lyrique, rue de Fécamp (1880), par les délégués de tendance collectiviste, Boguet représente l’Union des mécaniciens de la Seine. Mais, à partir de la scission de 1882, il se range parmi les socialistes possibilistes. En 1890, il représente les ouvriers mécaniciens de Paris au congrès de la FTSR à Châtellerault (Vienne) et dispose également de mandats de la chambre syndicale ouvrière des tourneurs-robinetiers et de celle des forgerons et frappeurs. Il est membre de la commission des résolutions, avec notamment Prudent-Dervillers et Brousse. Boguet est nommé membre du Comité national provisoire mais déclare qu'il « n'accepte que sous toutes réserves. »

Boguet s’installe à Joinville-le-Pont. En 1885, il est secrétaire du comité ouvrier socialiste révolutionnaire, qui se réclame du parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Il est candidat en 18e position sur 21 aux élections municipales en mai 1888, avec un autre membre du comité, Gustave Charton, sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste conduite par Alphonse Demeestère ; ni Charton ni Boguet ne figurent parmi les trois élus au second tour de la liste. En 1887, il milite, aux côtés d’Henri Martinet, pour que les petits employés puissent, comme les ouvriers, bénéficier de tarifs à prix réduits sur les trains de banlieue vers Paris. En octobre 1889, il représente avec Duhamel (secrétaire) le parti ouvrier, dont il est le trésorier, au sein du comité de concentration qui patronne la candidature du radical-socialiste Jules-Ferdinand Baulard pour le second tour de l’élection législative dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux ; Baulard est élu face à un candidat boulangiste.

Boguet quitte Joinville, sans doute en 1890. Il décède le 4 avril 1897, à l’âge de 43 ans. Il était alors domicilié dans le 3e arrondissement de Paris, 36, rue de Saintonge et restait membre de l'Union des ouvriers mécaniciens. Jean-Baptiste Boguet avait épousé au Creusot en juillet 1887 une couturière, Jeanne Fourillon.

Baulard, député, ancien ouvrier

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 01:01

André Louis Wierzbolowiez est le fils de Jean André Wierzbolowiez, mécanicien, ancien lutteur devenu forain, et de son épouse Marie Eugénie Lachenal, perleuse. Il naît le 16 août 1893 à Paris (20e arr.). Il est confié à sa grand-mère par ses parents.

Wierzbolowiez effectue probablement à partir de 1913 son service militaire puis la première guerre mondiale dans la marine, ce qui l’amène à passer par exemple le détroit de Magellan.

Il épouse à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Anne Marguerite Cotrone en septembre 1917. Il s’installe après-guerre dans la commune.

Présenté comme autodidacte, Wierzbolowiez est d’abord dessinateur industriel. Il devient libraire vers 1918 et, dans les années vingt, il est le gérant de la librairie du journal, devenu communiste, L’Humanité, située à Paris au 120, rue Lafayette, où il est connu sous le pseudonyme « André ».

André Wierzbolowiez se présente sur la liste du syndicat Cgtu, proche des communistes, aux élections prud’homales du 13 novembre 1932 dans la huitième catégorie de la section commerce, s’identifiant comme « employé de librairie ». Il recueille 14 voix sur 275 suffrages exprimés soit 5%, loin derrière le candidat de la Cgt qui en a 34 et surtout celui de la Cftc (catholique), élu avec 227 votes.

Lors des élections municipales des 5 et 12 mai 1929, Wierzbolowiez est candidat en 8e position sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP, communiste) aux élections municipales à Joinville-le-Pont. La liste est conduite par le futur député de Seine-et-Marne Roger Bénenson. Elle obtient en moyenne 391 voix au premier tour, soit 18,4 % des suffrages exprimés. Au second tour, elle se maintient contre la liste du cartel des gauches, conduite par le radical Georges Briolay, qui comprend des socialistes SFIO. La liste BOP recueille 278 voix en moyenne (12,5 %). La liste radicale et socialiste remporte 22 sièges, contre 5 à une liste de droite ; les communistes n’ont pas d’élus.

Au cours d’un scrutin municipal partiel à Joinville en octobre 1934, provoqué par la vacance de 10 sièges sur 27, Wierzbolowiez est annoncé comme devant conduire la liste communiste. Cependant, il est exclu du Parti communiste en raison de son opposition à la politique d’alliance avec les socialistes et il sera remplacé par Robert Laforest en tête de liste.

André Wierzbolowiez avait dû quitter son emploi de libraire, sans doute dès 1933, du fait de ses divergences, et il se met à la recherche d’un emploi.

Il est recruté par Jean Fréville, probablement en 1935, avec lequel il va collaborer à l’écriture de plusieurs ouvrages. Jean Fréville est le pseudonyme d'Eugène Schkaff (1895-1971), né à Kharkov (Ukraine), collaborateur de Maurice Thorez. Selon les historiens Paul Boulland, Claude Pennetier et Rossana Vaccaro, André Wierzbolowiez aurait fourni les matériaux de Pain de brique, premier roman de Fréville, consacré à des grèves de 1936 et publié en 1937, ainsi que de Port-Famine, dans lequel un autre historien, Philippe Robrieux, considère que Wierzbolowiez utilise ses souvenirs de marin passé par le détroit de Magellan.

Jean Fréville lui aurait demandé, en 1935, de l’aider à rédiger la biographie du secrétaire général du parti communiste que Maurice Thorez fit publier en 1937 aux Éditions sociales internationales sous le titre Fils du peuple. Selon Philippe Robrieux, Wierzbolowiez serait le véritable auteur de la biographie. Cependant, l’écrivain socialiste Victor Fay relativise le rôle son rôle, estimant que « Maurice Thorez donnait des indications, les lignes directrices, racontait des anecdotes, des faits marquants. Fréville prenait des notes détaillées, rédigeait le texte, puis le confiait à taper à André Wierzbolowiez, l’ancien libraire du Parti, devenu son secrétaire. »

Pour Louis Robert et Danielle Tartakowsky, Wierzbolowiez est le rédacteur probable de l’acrostiche désignant Fréville comme l’auteur de Fils du peuple au prétexte d’une pseudo-description du territoire natal de Thorez après la première guerre mondiale : « ...ferrailles rongées et verdies, informes lacis, larges entonnoirs aux escarpements crayeux, ravinés, immenses, tranchées creusées en labyrinthes, infranchissables vallonnements ravagés, embroussaillés ». Les initiales de chaque mot donnent : « Fréville a écrit ce livre » ; le passage disparaît dans les éditions ultérieures.

Si Wierzbolowiez n’a plus d’activité publique connue après son exclusion du Pcf, il semble s’intéresser toujours à l’évolution du communisme. Il reprend ainsi contact avec André Marty, quand ce dernier est lui-même exclu en juin 1953, s’adressant à lui en tant qu’ancien marin, et lui faisant grief dans une lettre privée d’avoir « une mentalité quelque peu fayot. »

André Wierzbolowiez, qui résidait peut-être toujours à Joinville, décède à Créteil (Val-de-Marne) le 30 décembre 1980, à l’âge de 87 ans. Son fils André fut champion de Paris junior en football de 1935 à 1937 et joua avec les équipes du CA Paris et du FC Perreux.

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 00:01

Alphonse Eugène Beylot naît le 2 septembre 1890 chez son grand-père maternel à Pringy (Seine-et-Marne). Il est le fils aîné d’Alphonsine Thibault et de son époux Toussaint Beylot, manœuvrier, résidant à Ponthierry (act. Saint-Fargeau-Ponthierry, Seine-et-Marne), qui auront au total neuf enfants, le père étant lui-même issu d’une famille dans laquelle il y a eu quinze naissances.

En 1911, il est distillateur chez Moreau à Perthes (Seine-et-Marne). Il devient ensuite employé aux écritures dans une entreprise de Ponthierry. Pendant la première guerre mondiale, il est affecté en tant que gestionnaire de l'hôpital militaire de Nevers et sergent à la 15e section d'infirmiers militaires. Il finit le conflit en étant nommé officier d’administration de réserve ; en 1935, il sera promu capitaine dans la réserve du service de santé.

Blanche Dubouihl épouse Alphonse Beylot en mars 1921 à Paris (1er arr.). Ils auront trois enfants. Les époux s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils résident en 1928.

Devenu caissier comptable à Paris, il sera chef comptable en 1942.

De 1928 à 1939, Alphonse Beylot est l’un des responsables de la Société coopérative du Syndicat des employés du commerce et de l’industrie (SECI), rue Cadet à Paris. Il en assura la gestion comme permanent. Le SECI est affilié à la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens).

Dans sa commune de résidence, Alphonse Beylot rejoint en avril 1935 la liste de droite de l’Union des républicains pour les élections municipales de Joinville, conduite par Frédéric Bautsch, commerçant et conseiller sortant. Elle se présente comme un groupement « d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Elle s’oppose à trois listes de la municipalité radicale-socialiste sortante d’Émile Briolay, des socialistes SFIO et des communistes. Au second tour, après la fusion des listes de gauche, l’Union des républicains l’emporte avec 25 sièges contre deux élus communistes, les radicaux-socialistes étant éliminés. Léon Lesestre devient maire.

Beylot avait recueilli au premier tour 925 voix soit 32,4% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, il obtient 1 153 votes soit 39,8% des 2 899 exprimés pour 2 924 votants. Beylot reste membre du conseil municipal tandis que, en février 1940 le conseil de préfecture prononce la déchéance des deux élus communistes (Robert Deloche, futur maire, et Paul Rouhaud).

Par arrêté préfectoral du 20 février 1942, pris en exécution de la loi du 16 novembre 1940, Alphonse Beylot est nommé conseiller municipal de Joinville. Il fait partie, comme le maire et ses quatre adjoints (Chaussée, Bautsch, Béal, Kirbühler) 14 élus de 1935 maintenus dans le corps municipal, tandis que 11 autres en sont écartés, outre les deux communistes exclus.

Après la Libération, Alphonse Beylot ne semble plus avoir eu d’activité publique. Il semble cependant continuer de résider à Joinville, ses deux filles s’y mariant en 1948 et 1950 et sa femme y mourant en 1963. Sa date de décès n’est pas connue.

En 1938, Alphonse Beylot avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 00:01

Louis Eugène Ancemot naît à Moulins (Allier) le 21 octobre 1879. Il est de fils d’Élisabeth Dubost et de son époux, Charles Ancemot, employé à la trésorerie générale de l’Allier. Il est marié avec Pauline Aimée Destailleurs en août 1904 à Paris (6e arr.) ; ils auront trois enfants.

En association avec Veyrier, Ancemot forme en septembre 1907 un commerce de solde de nouveautés 93, rue des Martyrs à Paris ; il revendra ses parts à son associé en décembre 1913.

Installé à Boulogne-Billancourt (Seine, act. Hauts-de-Seine), Ancemot est marchand de vins, 33 ter, route de Versailles. Il fait cependant faillite en juin 1910 et vit 23, rue de Rocroy à Paris (10e arr.). Devenu commis d’entrepreneur, Ancemot déménage à nouveau pour Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il rejoint le centre-ville au 9, rue Vautier puis 27 bis, quai de la Marne.

Après-guerre, Ancemot s’engage en politique. Il est désigné en octobre 1919 secrétaire adjoint du Comité fédéral de vigilance, créé par le parti socialiste SFIO dont Fiquet est secrétaire général et Edmond Neumann, ancien conseiller municipal d’Asnières, deuxième secrétaire. Joinville. Début septembre, le  comité de vigilance local joinvillais avait distribué à ses adhérents 455 kilos de pommes de terre au prix de 0 fr. 85 les deux kilos.

Ancemot participe à plusieurs souscriptions : pour L'Humanité en septembre 1919, pour « les victimes de la grève et des violences gouvernementales » en mai 1920. Comme tous les membres de la section socialiste SFIO de Joinville, il rejoint le nouveau parti communiste en décembre 1920. Il sera cependant très vite le premier à s’en éloigner puisque le quotidien L'Humanité signale, dès le 17 février 1921, qu’il est démissionnaire du parti.

Peut-être est-ce Louis Eugène, qui habite toujours alors à Joinville-le-Pont, l’Ancemot qui devient, en 1938-1939, membre du conseil d’administration du Syndicat des techniciens du bâtiment, adhérent à la Cgt.

Louis Eugène Ancemot décède le 24 avril 1953, sans doute à Yzeure (Allier), il est inhumé à Chateaumeillant (Cher). Il était âgé de 73 ans.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 00:01

Premier article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

Jules Edmond Neumann naît à Gerstheim (Bas-Rhin) le 10 juillet 1870, soit une semaine avant le déclenchement de la guerre franco-prussienne, qui verra l’occupation puis l’annexion de la région. Il est le fils d’un instituteur, Jacques Neumann, et de sa femme Salomé Batsch, qui vient d’une maison de brasseurs. Leurs familles semblent sont d’origine juive.

Après une licence de lettres, Neumann devient enseignant en 1895. En 1899, il demande auprès de l’administration de l’Instruction publique à effectuer une mission aux États-Unis « pour étudier le système économique de l'Union américaine ». En 1904, Neumann publie avec l’hispaniste H. Peseux-Richard, comme lui professeur à l'École des hautes études commerciales, un Recueil d'histoires sans paroles destinées à la conversation et à la rédaction en toutes langues (Librairie Vanblotaque, Paris). L’ouvrage est assez bien reçu dans les milieux de l’enseignement des langues et est signalé par plusieurs quotidiens. Il est illustré notamment par Benjamin Rabier (1864-1939).

À la rentrée 1906, Neumann est nommé professeur titulaire de langue vivante (allemand) dans une des cinq écoles primaires supérieures de garçons de la Ville de Paris, l’école Colbert (actuel lycée du même nom, dans le 10e arr.). Parallèlement, Neumann est traducteur interprète auprès du tribunal de la Seine (1902). Enfin, il développe une compétence d’expert chimiste, également agréé par le tribunal civil de Paris (1909), et se déclare ingénieur à la naissance d’un de ses fils en 1912.

Le premier engagement public connu de Neumann se situe en 1907. Il tente de se faire élire en juillet en tant que membre du Conseil départemental de l'enseignement primaire lors d’un scrutin partiel suite à des démissions en solidarité avec un instituteur révoqué, Nègre ; Neumann participe à une liste anti-syndicaliste d’instituteurs patriotes, qui s’oppose à celle se revendiquant de la Cgt. Il obtient 98 voix dans la 5e circonscription sur 510 suffrages exprimés et 616 inscrits ; il est battu par le candidat syndicaliste. Lors du renouvellement général en décembre la même année, il recueille 142 suffrages pour 392 exprimés et 478 inscrits dans la 3e circonscription et est également défait. Neumann, officier originaire d’une région occupée et patriote fervent, a sans doute voulu contrer l’internationalisme des syndicalistes enseignants, majoritairement de tendance hervéiste (Gustave Hervé, 1871-1944).

À suivre.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 01:01

Louis Jean René Caperon, dit René Caperon, est né le 25 février 1884 dans le 5e arrondissement de Paris. Sa mère Anne Iffly est couturière et son père, Louis-François-Victor Caperon, plombier au moment de sa naissance, est récompensé en 1908 comme secrétaire de la société de secours mutuels Le Denier de la veuve des ouvriers des postes, télégraphes et téléphones à Paris.

René Caperon rejoint également les PTT, où il est ouvrier de main-d'œuvre temporaire à Paris extra-muros en 1908. Intégré en 1910, il devient chef d’équipe dans les lignes aériennes après avoir réussi un concours en 1920. L’année suivante, il fait partie d’une mission de fonctionnaires de l’administration des postes et télégraphes envoyée à New-York ; il présente comme chef d'atelier un rapport sur les travaux de construction de lignes aux États-Unis.

En 1935, il est décoré de la médaille d’argent des PTT en tant que conducteur de travaux. Il se voit attribuer une pension en février 1939, à l’âge de 55 ans, en tant que conducteur principal, ses sept ans et demi de services militaires, s’ajoutant que 28 ans et demi de services civils.

L’engagement syndical de René Caperon date au moins de 1908 ; en novembre de cette année, il fait partie avec Robert, Lejeune et Lamaison d’une délégation du Syndicat national des ouvriers main-d'œuvre des PTT qui se rend à la Chambre des députés pour exposer au groupe socialiste leurs revendications ; le député de Limoges Léon Betoulle les présente à la tribune.

En mars 1909, Caperon est, en tant que représentant des lignes aériennes, aux côtés du secrétaire du syndicat des ouvriers, Pauron ; il fait partie de la délégation envoyée pour rencontrer le président du conseil, Georges Clémenceau, auquel elle demande le renvoi du ministère de Julien Simyan, sous-secrétaire d'État aux PTT. Il est un des initiateurs de la première grève massive de fonctionnaires français engagée suite à son refus.

En mai, Caperon figure sur la liste des 228 agents, sous-agents et ouvriers des PTT dont la révocation a été prononcée. Cependant, cette mesure ne semble pas impressionner les militants ; lors d’un meeting de 8 000 grévistes parisiens au manège Saint-Paul à Paris, le 12 mai, Le Gléo indique, selon le quotidien Le Matin, « Que nous importe que le gouvernement nous révoque, puisqu'il nous réintégrera. »

En juillet, le Syndicat des ouvriers lance une consultation nationale de ses membres, qui se tiendra du 20 au 22 août à la Bourse du travail de Paris après la chute du ministère. Caperon est chargé de l’organiser avec Laporte, Ott, Grifouillat, Domergue et Jorioz ; il est rapporteur de la commission de préparation.

L’engagement de discussions pour la réintégration des révoqués a lieu avec Alexandre Millerand, ministre des travaux publics et des postes et télégraphes dans le gouvernement Aristide Briand, en poste depuis le 24 juillet 1909.

Le 9 janvier 1910, Le conseil d'administration du syndicat nomme son bureau ; Caperon, est gérant du journal Le Travailleur des PTT. Il fait partie des délégations qui rencontrent Millerand les 23 avril et 22 août 1910. Au cours de cette dernière rencontre, le réembauchage des révoqués est confirmé.

Le 29 janvier 1911, Caperon, est renouvelé dans ses fonctions de membre du bureau syndical et de gérant du journal. En octobre, suite à la démission de Pauron, Roger est nommé secrétaire général, tandis que Caperon et Gaillot sont secrétaires généraux adjoints ; la gérance du journal est confiée à Dutailly. Caperon conserve sa fonction jusqu’en 1914.

Pendant la guerre, Caperon est mobilisé dans une section de télégraphie militaire. Il continue son action militante, puisqu’il recueille en décembre 1914, dans le cadre d’une souscription pour les secours aux blessés du Ps (SFIO) et de la Cgt, les versements des officiers, télégraphistes, chefs d'équipes maîtres-ouvriers et ouvriers de sa section.

Après-guerre, Caperon reprend son activité syndicale. Il intervient dans la Conférence nationale des ouvriers des PTT du 13 juin 1921 à Paris (salle de l'Égalitaire). Lors du conseil national du 20 juin 1921, il est de nouveau désigné comme gérant du Travailleur des PTT. Il est candidat présenté par l’Union fédérale des syndicats des ouvriers lors élections des représentants des personnels des 13 et 14 mars 1922 et est élu suppléant au conseil de discipline. Son appartenance syndicale, l’organisation étant désormais affiliée à la Cgt, est mentionnée en 1925 par l’hebdomadaire Voix des communes qui précise qu’il est « attaqué par les camarades dans son syndicat professionnel, traité de réactionnaire. »

Caperon a épousé en 1906 à Paris (14e arrondissement) Lucie Pauline Lavigne, avec laquelle il aura plusieurs enfants. Il s’installe à Joinville-le-Pont.

Lors des élections municipales des 30 novembre et 6 décembre 1919, il est candidat à Joinville (alors dans la Seine, actuellement dans le Val-de-Marne) sur la liste qui rassemble d’anciens radicaux dissidents comme Henri Vel-Durand et des radicaux-socialistes tels Georges Émile Briolay. Il se présente comme socialiste, mais s’oppose aux socialistes unifiés (SFIO) de Georges Laruelle. Caperon devient conseiller municipal au second tour de scrutin avec l’ensemble de ses colistiers.

Le 21 février 1923, il est élu président de la section de Joinville de la Ligue de la République, constituée avec des socialistes SFIO comme Henri Émile Graillat, des radicaux-socialistes tels Léon Roux et Briolay ou des indépendants (Léon Berthet). L’objectif de la Ligue est de regrouper tous les partis de gauche non communistes « pour faire échec à la réaction ». Caperon est réélu dans cette fonction le 15 décembre 1923.

En 1924, Caperon plaide pour une alliance des radicaux-socialistes et autres personnalités de gauche avec le maire sortant, Vel-Durand. Mais Briolay et ses amis estiment l’entente impossible avec ceux qui, tels Vel-Durand, ont soutenu le Bloc national aux élections législatives du 11 mai 1924 et traitent Caperon de « renégat » dans leur organe, Voix des communes. Vel-Durand opte pour une liste où sont présents des candidats modérés et remporte les élections municipales de mars 1925 ; Caperon ne siègera plus au conseil municipal de Joinville.

Cependant, il reste proche du maire qui le nomme au conseil d’administration du bureau de bienfaisance communal.

En 1923, Caperon est vice-président de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme. Il est réélu le 26 janvier 1924.

Caperon avait été parrainé par Léon Roux, alors conseiller municipal de Joinville, pour entrer dans la franc-maçonnerie vers 1923 ou 1924.

René Caperon est décédé le 5 novembre 1965 à Eaubonne (alors en Seine-et-Oise, aujourd’hui dans le Val-d’Oise).

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 01:01

Hilaire Prieur naît le 20 juin 1834 à Cenans (Haute-Saône). Il est le fils de Françoise Beau et de son époux Pierre Joseph Prieur. Il épouse Marguerite Verdeaux en avril 1861 à Moyeuvre-Grande (Moselle) puis, en janvier 1869, dand la même ville, Victorine Blanrue.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1891, il est ouvrier tréfileur.

En 1894, Prieur prend la succession de Bizet, décédé en juillet 1894, en tant que trésorier de la section de Joinville de l’Union syndicale des tréfileurs, pointiers et lamineurs de France. Implantée à l’usine du Bi-Métal, il s’agit du premier syndicat dont l’existence est attestée dans la commune. Hippolyte Chatel en est le secrétaire.

Le rôle de la section syndicale est important pendant la grève organisée par trente-cinq ouvriers tréfileurs de la Compagnie française du Bi-Métal qui protestent contre la réduction de 25 % sur le prix de façon du tréfilage. Ils obtiennent, après 52 jours de grève de fin octobre à décembre 1894, que la diminution soit limitée à 11%.

Toujours en tant que trésorier, Prieur perçoit les fonds versés en solidarité avec les ouvriers mis au chômage par l’explosion, le 8 février 1895, d’une chaudière de l’usine, qui fait cinq morts et plusieurs blessés.

En septembre de la même année, Hilaire Prieur organise la collecte d’une importante souscription « Pour les affamés de Carmaux » qui compte 260 souscripteurs à Joinville dont 74 à l’usine du Bi-Métal.

Nicolas Prieur, fils d’Hilaire, est également tréfileur et vit à Joinville en 1895. Cette même année, Hilaire Prieur réside quant à lui dans la commune voisine de Saint-Maurice. Il est alors âgé de 61 ans. la date de son décès n’est pas connue.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 00:03

La grève à l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne), entre le 19 janvier et le 18 avril 1910 est marquée par de nombreux affrontements : bagarres, coups de feu, menaces de mort, jets de pierre, bastonnades, arrestations…

Les incidents ne se sont pas limités à l’entreprise et à ses abords. Nous sommes dans un contexte où l’anarchisme et le syndicalisme-révolutionnaire sont puissants. Le secrétaire de l’Union des métaux de la Seine, Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève, est un des hérauts de cette tendance radicale au sein de la Confédération générale du travail (Cgt).

Dès le début du conflit, une affiche apposée sur les murs de Joinville et de Saint-Maurice et signée « Le comité de la grève » annonce que « la machine à frictionner serait sous pression » pour « les rares inconscients qui passeraient outre » le mot d’ordre d’arrêt du travail.

Au mois de mars, des appels sont lancés par les grévistes aux soldats venus pour renforcer le service d'ordre pour qu’ils désobéissent, tandis que la police et la direction de l’usine sont l’objet d’attaques dans de nouvelles affiches. Le commissaire de police reçoit une lettre signée « un groupe de grévistes » revendiquant la coupure d’une centaine de fils télégraphiques ou téléphoniques ont été coupés dans la banlieue de Paris et se terminant par « Nous continuerons ! »

Ces actions vont être théorisées par un présumé « comité révolutionnaire secret de la région de Joinville » dont l’existence et les actes seront évoqués lors d’un débat à la Chambre des députés.

Le syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget (1860-1931), fondateur du Père Peinard puis rédacteur en chef du journal de la Cgt, La Voix du peuple, publiera un bilan de l’action de ce comité dans une réédition de sa brochure intitulée Le sabotage en 1910 en reproduisant une circulaire par lequel le comité explique la marche à suivre.

Avec un autre comité de Seine-et-Oise (actuels départements de l’Essonne et des Yvelines), le comité Joinvillais revendique la coupure de 795 lignes téléphoniques et télégraphiques du lors d’actions conduites entre le 8 et le 28 juillet 1910 pour « protester contre l'arrestation arbitraire du camarade Ingweiller, secrétaire de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux, les poursuites scandaleuses engagées contre le comité de grève du Bi-Métal et les condamnations prononcées le 25 juillet 1910. »

C’est le 27 octobre 1910 que les députés vont débattre du sujet. Le président du conseil, Aristide Briand (1862-1932, centre droit), donne lecture de la circulaire sur le sabotage des lignes télégraphiques et téléphoniques, qui contient le « septième bilan du groupe révolutionnaire joinvillais », accueilli par des remarques ironiques des élus socialistes qui considèrent que « c’est une lettre anonyme », soupçonnant même une œuvre de police.

Le quotidien, Le Temps, lui n’en doute pas une seconde et s’étrangle même, parlant de « séance du sabotage » : « L'ironie en pareil cas équivaut à une approbation tacite ». Le journal, qui est l’organe officieux du patronat (le Comité des Forges), s’exprime au nom d’une « immense majorité de citoyens raisonnables dominés et terrorisés par une poignée de furieux » et estime que « les députés socialistes auraient mieux fait de réprouver la propagande criminelle qui s'étale en plein jour. »

Le livre d’Émile Pouget, est réédité régulièrement, il sera trouvé dans la bibliothèque des inculpés de Tarnac (Corrèze), soupçonnés de s’être attaqués en 2008 à des lignes d’alimentation pour les trains de la Sncf. En 1910, le comité révolutionnaire de Joinville avait un avis sur le sujet : il « recommandait aussi, avec beaucoup d'insistance, de ne pas toucher aux fils des signaux ni aux fils télégraphiques des compagnies de chemin de fer » selon Émile Pouget.

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Published by Benoit Willot - dans Syndicalisme
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