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22 mars 2022 2 22 /03 /mars /2022 00:01

Ernest Émile Masson naît le 31 mai 1874 à Dampierre-sur-Salon. Il est le fils de Berthe Jeanne Eugénie Maillot et de son mari, Célestin Adrien Masson, gendarme.

Travaillant comme journalier, il s’engage en 1892, âgé de 18 ans, dans l’armée pour quatre ans à Besançon (Doubs). Il sert dans le 9e bataillon d’artillerie de forteresse. À la fin de son service militaire, en novembre 1896, il s’installe d’abord à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il épouse en janvier 1899 dans cette commune  Berthe Jeanne Eugénie Maillot, originaire de Seine-et-Oise et fille de cheminots. Ils vivent dans plusieurs quartiers de Paris avant de revenir à Champigny en 1900, de nouveau dans la Grande-Rue puis en 1912 rue du Clos-Bellot et en 1914 rue de Joinville.

Au cours de la première guerre mondiale, rappelé à l’armée, Ernest Masson est classé pour un service auxiliaire du fait de son obésité (115 kilos), liée à un emphysème des boulangers, ainsi que du fait d’une arthrite sèche au genou gauche. Il est renvoyé dans ses foyers en juin 1915.

Après le conflit, Ernest Masson prend la gestion de l’hôtel, café, restaurant, tabac Au Rocher Fleuri, situé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue Pauline.

La salle Masson est un des principaux lieux de réunion d’organisations de gauche dans la commune.

En 1919-1920, le parti socialiste SFIO et sa jeunesse s’y réunissent trois fois. À partir de 1921, transformé en parti communiste, ce sont les structures culturelles et de jeunesse qui y tiennent leurs assemblées. La Jeunesse communiste y a installé son siège et y donne des cours d’algèbre, de géométrie et de dessin industriel en 1921. Elle organise en janvier 1922 un meeting dédié aux communistes allemands Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Les Fêtes populaires, groupe interne à la section communiste s’y réunissent aussi à partir de février 1921 puis le groupe artistique en 1923. À partir de janvier 1923, la section communiste locale y tient également des réunions.

Composé d’anciens communiste ayant quitté le parti communiste lorsque l’interdiction d’appartenir à la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et à la franc-maçonnerie a été édictée, l’Union fédérative socialiste (UFS) utilise aussi la salle Masson comme site de réunion à compter de mars 1923. C’est également le cas de la LDH. En mars 1923, l’Association républicaine des anciens combattants organise chez Masson un « Grand meeting contre la guerre et l’occupation de la Ruhr », avec le soutien de la LDH et de l’UFS.

Le Rocher fleuri accueille également d’autres manifestations, comme l’annuel banquet des sapeurs-pompiers de la commune, en décembre 192 ou l’assemblée générale de la société mutualiste Assurance fraternelle en janvier 1924.

En avril 1924, l’établissement de l’avenue Pauline est vendu à Raymond Vialatelle (1912-1992). Il sera également dans le même lieu hébergeur de manifestations sociales et politiques entre 1935 et 1938.

Ernest Masson avait alors 49 ans et la famille quitte Joinville. La date de son décès n’est pas connue. Peut-être regagne-t-il la Haute-Saône, où son épouse décède en 1973 à Jussey. Ils ne semblent pas avoir eu d’enfants.

Déplacé sur l’avenue Galliéni, le Rocher fleuri était toujours exploité à Joinville en 2020.

Le restaurant Denis, voisin du restaurant Masson à Joinville-le-Pont

 

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 00:01

Jean Francois Xavier Arquinet naît le 19 novembre 1832 à Vesoul (Haute-Saône). Il est le fils de Marie Lallemand et de son époux Joseph Arquinet, cultivateurs.

En 1860, il vit rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (12e arr.) et est sculpteur, dans la zone où sont regroupés les artisans du bois. Ayant déménagé rue de Citeaux dans le même quartier, il épouse Marie Rose Prévost en avril 1866 à Lunéville (Meurthe, act. Meurthe-et-Moselle).

Au cours des années 1880, le couple Arquinet vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre de la commune, rue du Pont. Ils sont alors rentiers.

Lors des élections municipales de mai 1888, Jean Arquinet est candidat sur la liste du maire sortant, Gabriel Pinson, républicain modéré, qui s’oppose à celle du comité radical-socialiste, conduite par Alphonse Demeestère, conseiller municipal sortant. La liste Pinson emporte 18 des 21 sièges à pourvoir, les radicaux ayant les trois autres. Arquinet est élu dès le premier tour, avec 302 voix sur environ 550 votants soit 55%.

Reconduit à la mairie, Gabriel Pinson meurt un mois plus tard et est remplacé par le premier adjoint, Eugène Voisin, qui se rapproche des radicaux. Arquinet fait partie, en décembre 1890, de la délégation pour les élections sénatoriales, soutenue par les radicaux. Il fait partie de la majorité des conseillers qui, à l’appel du comité radical-socialiste, rendent compte de leur mandat en séance publique en octobre 1891.

Lors des élections municipales de mai 1892, Arquinet est réélu dès le premier tour avec 436 voix sur 639 suffrages exprimés (68,2%) pour 644 votants. La liste des radicaux avec Eugène Voisin à sa tête remporte 22 des 23 sièges à pourvoir, une liste conservatrice en recueillant un. Arquinet fait partie des commissions en charge de la bibliothèque, des chemins, travaux et éclairage, des finances, ainsi que du marché d’alimentation. Il est de nouveau délégué sénatorial en mars 1896.

Commentant son attitude pendant le mandat, le journaliste Henry Vaudémont écrit dans l’hebdomadaire radical Voix des communes : « Arquinet, épicurien, rêve de pêche à la ligne et de repos. »

La liste Eugène Voisin est réélue en mai 1896 sans concurrents avec Arquinet. Il est de nouveau délégué sénatorial en juillet 1897 puis en avril 1899.

Le scrutin suivant, en mai 1900, voit une liste socialiste-révolutionnaire contester les candidats radicaux. Ceux-ci, derrière Eugène Voisin, remportent cependant tous les sièges. Il y a 1 096 inscrits et Arquinet obtient 626 votes.

Le Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux se constitue en avril 1902 avec comme président le député radical Jules Ferdinand Baulard, résidant à Joinville. Arquinet est avec Boileau, Gobert, Vel-Durand et Volant, conseillers municipaux, au nombre de la délégation joinvillaise, avec Roussel et Salles.

En juin 1902, bien qu’absent du conseil municipal, Arquinet fait savoir qu’il se prononce contre l’autorisation d’installation des Sœurs enseignantes de la Providence, comme la majorité radicale-socialiste du conseil.

Jean Arquinet meurt le 17 avril 1904 à Joinville. Il était âgé de  71 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Il siégeait depuis 16 ans au conseil municipal.

La rue du Pont à Joinville en 1903

 

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 00:01

Début de la biographie de François Boileau

François Martin Jules Boileau naît le 16 juillet 1839 à Osselle (act. Osselle-Routelle, Doubs). Il est le fils de Jeanne Louise Tisserand, épinglière (fabricante d’épingles) et de Martin Michel Boileau, cordonnier. Le décès de sa mère, en août 1854 est suivi par celui de son père, en février 1860.

Venu à Paris, François Boileau y est lampiste en 1869, c’est-à-dire chargé de l'entretien des lampes à huile ou à gaz. Il réside rue du Faubourg-Poissonnière (3e arr.). Il épouse, en avril 1869 dans le même arrondissement Amélie Tassin, fille d’un ferblantier. La famille de sa femme est très liée à Jules Ferdinand Baulard, ancien ouvrier devenu industriel, bombeur de verre, combattant républicain en 1848, 1851 et 1871, qui sera conseiller général puis député radical-socialiste de la Seine. François Boileau deviendra également très proche de lui.

C’est probablement après le décès de son beau-père, en mai 1881, que François Boileau abandonne son métier de lampiste et devient propriétaire foncier, exploitant un immeuble rude des Gardes, dans le 18e arrondissement de Paris.

Comme Baulard, Boileau acquiert une maison à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au cours des années 1880. Contrairement au futur député, qui réside dans le quartier du Centre, Boileau va cependant s’installer dans le quartier de Palissy, avenue Gille, qui a été créé une vingtaine d’année plus tôt par le fabricant de porcelaines Jean Marie Gille.

Si leurs nouvelles implantations sont à usage de résidence secondaire, Baulard comme Boileau vont s’impliquer fortement dans la vie du village de banlieue, en train de se transformer d’abord en destination de loisirs dominicale pour les parisiens puis en agglomération industrielle. Ainsi, la famille Boileau est recensée à Joinville en 1891 et 1901, mais pas en 1896 ni 1911, bien qu’elle y réside toujours en 1917. À Paris, elle est probablement installée boulevard Beaumarchais (11e arr.).

En mars 1890, des élections municipales partielles sont organisées à Joinville-le-Pont pour remplacer cinq conseillers municipaux, suite au décès de Nicolas Chéret, adjoint au maire. Deux listes se présentent : l’une est à l’initiative du premier adjoint, Honoré Jullien ; l’autre est montée par Henry Vaudémont, journaliste et rédacteur en chef de l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes. La première se présente comme une liste de concentration, comprenant d’ailleurs un radical ; la seconde veut promouvoir des candidats de la rive gauche de la Marne, du quartier de Palissy, dont les habitants, souvent venus de Paris, s’estiment mal représentés par les indigènes, du quartier historique. La liste Vaudémont emporte trois sièges, dont Boileau (élu dès le premier tour) et le publiciste ; la liste municipale en a deux.

Une des batailles des habitants des nouveaux quartiers, c’est la construction d’une école. Un établissement privé, laïque, a été constitué aux limites de Champigny et Joinville, dite école de la Fourchette. Boileau et un le président du comité radical-socialiste de la circonscription, Alphonse Demeestère, intègrent une commission pour la communalisation de cet établissement.

Lié notamment à Baulard, Demeestère et Vaudémont, Boileau va jouer un rôle politique significatif. Dès la première année de son mandat, il participe à une réunion de compte rendu de mandat de trois conseillers radicaux Demeestère, Diot et Vaudémont. Il est également désigné comme délégué sénatorial, suppléant en décembre 1890 puis titulaire en avril 1891, sur l’engagement qu’il prenait de voter en faveur de sénateurs radicaux.

On retrouve en octobre 1891 Boileau avec la majorité des élus municipaux, mais contre les deux conservateurs, pour l’organisation d’un compte-rendu de mandat, une première dans l’histoire communale. La réunion est présidée par Baulard, alors député et qui avait été conseiller municipal jusqu’en 1888.

En décembre 1891, Boileau s’implique sur une autre des questions qui préoccupent les habitants du bas de Joinville, la question des transports. Il fait partie d’une commission pour le lancement d’un service d’omnibus depuis la gare de Joinville vers la Fourchette.

Au cours des élections municipales de mai 1892, le maire sortant, Eugène Voisin, constitue une liste avec le soutien des radicaux-socialistes, face à une liste conservatrice. François Boileau, présent au côté du maire, est réélu dès le premier tour avec un score élevé, obtenant 437 voix pour 639 suffrages exprimés (68%) ; la liste de la majorité sortante remporte 22 des 23 sièges à pourvoir et Eugène Voisin est reconduit.

Pendant le premier conseil municipal, Boileau demande qu’aucun commerçant ne fasse partie de la commission de l’octroi, qui fixe les tarifs des taxes frappant les marchandises entrant dans la commune. Soutenue par le premier adjoint, Jullien, et par Vaudémont, sa proposition est pourtant refusée de justesse par 10 voix contre 9. Boileau siège dans les commissions en charge de la caisse des écoles, des chemins, travaux et éclairage, des fêtes, des finances, du marché d’alimentation et de celle qui travaille à la délimitation de la commune avec les villes voisines, ainsi que d’une autre spécialement constituée pour résoudre un problème foncier sur le quai de la Marne. En décembre 1893 puis en mars 1896, confirmant son rôle politique, Boileau est de nouveau délégué sénatorial. Il est un des signataires d’un ordre du jour de confiance à Jules Ferdinand Baulard, qui vient faire un compte-rendu de son mandat de député en octobre 1894.

Le scrutin municipal de mai 1896 se déroule à Joinville, par exception, sans concurrence. La liste du maire, Eugène Voisin, avec l’appui des radicaux-socialistes, est seule en lice et remporte donc dès le premier tour les 23 sièges à pourvoir. Boileau est réélu.

Toujours fidèle au député radical Baulard, Boileau est le secrétaire de sa réunion de compte-rendu de mandat à Joinville en octobre 1896. Il présente et fait adopter un ordre du jour de soutien. On le retrouve encore à délégué sénatorial lors de tous les scrutins organisés, en juillet 1897 comme en janvier, avril et décembre 1899. En compagnie du maire, Voisin, de son adjoint, François Couppé et d’un autre conseiller municipal, Henri Vel-Durand, Boileau représente Joinville lors de la quatrième assemblée de la Ligue Paris banlieue qui se tient en décembre 1897 et cherche à définir des formes de coopération en la capitale et ses banlieues. En avril 1899, l’école publique de Polangis, pour laquelle Boileau avait milité, est inaugurée.

À suivre

Un lampiste

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 10:14

François Jean-Baptiste Jupille naît le 30 novembre 1869 à Port-Lesney (Jura). Il est le fils d’Adélaïde Chartron, cultivatrice, et de son époux Denis Jupille, employé de chemin de fer. Ce dernier sera ultérieurement garde-champêtre dans le village proche de Villers-Farlay, également dans le Jura. À 15 ans, Jean Baptiste Jupille est berger dans ce village.

En octobre 1885, le berger Jupille a été mordu par un chien enragé alors qu’il essayait de maîtriser une « bête furieuse » s’attaquant à des enfants à Villers-Farlay dans le Jura. Le maire du village demande alors à Louis Pasteur (1822–1895), professeur à l'École normale supérieure de Paris, de tenter le traitement anti-rabbique qu’il était en train de mettre au point sur Jupille.

Émile Mâle, historien de l’art religieux (1852–1904), raconte ainsi les évènements : « L’année [1885] s’avançait lorsqu’un grand événement bouleversa l'École. Louis Pasteur savait qu’il avait découvert le vaccin de la rage, mais il n’en avait pas encore fait l’application à un homme. On lui amena un matin dans son laboratoire de l'École un jeune berger nommé Jupille, qui venait d’être mordu par un chien enragé. La médecine ne pouvait que le laisser mourir. Pasteur, profondément ému, sentait que s’il réussissait, il apportait aux hommes un présent sans prix, le vaccin. Pendant les jours d’incubation, l'École entière fut dans l’anxiété ; mais quand nous apprîmes le succès, ce fut une joie débordante. Nous sentions que nous venions d’assister à un des événements de l’histoire du monde et nous étions fiers de notre grand ancien, dont tous les peuples allaient bientôt répéter le nom. »

Jean-Baptiste Jupille est le deuxième vacciné après l’alsacien Joseph Meister (le 8 juillet 1885). Ses injections ont été effectuées au laboratoire de Pasteur à l'École normale supérieure, rue d'Ulm à Paris, la première le 20 et la dernière le 30 octobre 1885.

Plusieurs scientifiques et historiens ont contesté la réalité des faits et l’attitude de Louis Pasteur lors des deux premières guérisons. Certains affirment que le chien qui avait mordu Jean-Baptiste Jupille n’était pas atteint de la rage. Des comptes rendus validés par l’Académie des sciences, dès 1885, ont pourtant accrédité la version de Pasteur.

Grâce à l'intervention de Pasteur devant l'Académie Française dont il est membre, Jean-Baptiste Jupille se voit décerner le Prix Monthyon (1 000 francs), destiné à « récompenser un Français pauvre qui se sera fait remarquer par une action héroïque. »

Il devient ensuite employé à l'Institut Pasteur, créé par le savant à Paris (15e arrondissement) comme laborantin puis concierge et enfin gardien-chef. Il y retrouve le premier vacciné, Joseph Meister.

En novembre 1894 à Ervy-le-Châtel (Aube) Jean Baptiste Jupille épouse Alexandrine Armandine Guerbet, dite marie, cuisinière.

Il s’installe avec son épouse en 1918 dans une maison du quartier de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend sa retraite en juillet 1922 et y décède le 29 septembre 1923. Il était âgé de 54 ans et père de trois enfants. Il est enterré au cimetière communal.

Le sculpteur Émile-Louis Truffot a réalisé une statue montrant sa lutte avec le chien enragé, installée d’abord à l’Institut Pasteur puis sous la voûte de la crypte mortuaire de Pasteur, installée au sein de l’Institut. La commune de Villers-Farlay a installé une fresque sur le mur de la mairie représentant Jupille. Elle a également donné son nom à une rue du village. La commune de Joinville-le-Pont avait donné en septembre 1995 le nom de Jean-Baptiste Jupille au centre municipal de santé ; il a été fermé en décembre 2003.

L'Académie Française lui avait décerné le Prix Monthyon (1 000 francs), destiné à « récompenser un Français pauvre qui se sera fait remarquer par une action héroïque ». Un billet de cinq francs a été émis le 5 mai 1966 par la Banque de France et est resté en circulation jusqu'en 1972 où Jean-Baptiste Jupille apparaît à l’avers du billet, dans la reproduction du bronze sculpté par Émile-Louis Truffot.

Jean-Baptiste Jupille

 

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 00:01

Henri Frédéric Marie Olivier Puiseux naît le 7 juillet 1899 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Laurence Élisa Marie Béatrice Bouvet et de son mari, Pierre Henri Puiseux, professeur à l’université de Paris. Les témoins déclarant sa naissance furent l’historien Henri Wallon, sénateur inamovible, ancien ministre de l’instruction publique, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres, commandeur de la Légion d’honneur (qui lui était apparenté) ainsi qu’Henri Alpy, membre du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine.

Le père, Pierre Puiseux, était un astronome réputé, cartographe de la Lune ; le grand-père, Victor Puiseux avait également été astronome, mathématicien et alpiniste. Olivier Puiseux est le dernier des six enfants de la famille. Un de ses frères, Robert Puiseux, gendre d'Édouard Michelin, devint cogérant de la société de pneumatiques Michelin puis président de la société des automobiles Citroën. Une de ses sœurs, Marie Marguerite Puiseux, épouse également d’un héritier de la famille Michelin, Jean, fut une résistante à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, déportée à Ravensbrück et militante d’action catholique.

La mère d’Olivier Puiseux, Béatrice Bouvet, fille d’un négociant, conseiller général et député du Jura, est portraiturée, à l’âge de trois ans, par Gustave Courbet. Le tableau figure au musée de Cardiff (Pays de Galles, Royaume-Uni). La famille vit dans son arrondissement natal, rue Le Verrier.

Béatrice Puiseux (coll. Corpet)

Les études secondaires d’Olivier Puiseux se déroulent dans deux établissements parisiens réputés, les lycées Henri IV et Louis-le-Grand. Pendant la première guerre mondiale, il s’engage volontairement juste après ses dix-huit ans, et est affecté au 59e régiment d’artillerie. À la fin de la guerre, il est nommé brigadier en octobre 1918 puis, un an plus tard, maréchal des logis. Affecté à ce moment à la 20e section d’état-major, il aurait été affecté, selon la chronique familiale rédigée par Jean Corpet (2012), d’abord au cabinet de Georges Clémenceau, président du conseil des ministres jusqu’au 18 janvier 1920 puis à celui de son successeur, Alexandre Millerand, qui lui succède jusqu’au 23 septembre 1920, date à laquelle il devient président de la République.

Olivier Puiseux (coll. Corpet)

Olivier Puiseux, démobilisé en novembre 1920 entame des études et obtient sa licence en droit en 1923. Il est alors embauché à la Banque Nationale de Crédit.

Le mariage d’Olivier Puiseux et de Simone Marie Madeleine de Froissard-Broissia se fait à Domblans (Jura) où la famille de la mariée dispose d’un château, proche de la demeure familiale des Puiseux à Frontenay. Le beau-père, le comte Simon Georges Jean de Froissard-Broissia, colonel, est décoré de la croix de guerre et commandeur de la Légion d'honneur.

Le couple participera en 1931-1932, à plusieurs représentations de charité en octobre 1931 et 1932 à Poligny (Jura), au profit de la Croix-Rouge française en compagnie des familles descendantes de la noblesse locale, à laquelle ils sont souvent apparentés.

Après la naissance de trois filles, Olivier et Simone Puiseux se séparent en 1934 ; la mère et les trois filles s’installent, chez la grand-mère maternelle au château de Blandans à Domblans, tandis qu’Olivier Puiseux loge à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le Centre, rue de Paris. Il devient cadre des établissements Lemoine, société produisant des pièces automobiles, installée à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). Il se présente comme ingénieur (bien que n’ayant pas fait d’études techniques) et industriel.

Avant le début de la deuxième guerre mondiale, dès juillet 1939, Olivier Puiseux est affecté, sur décision de l’autorité militaire, en tant comptable à la société Gnome et Rhône, qui fabrique des moteurs d’avions à Paris (13e arr., boulevard Kellermann). Lors de l’invasion de la France par l’armée allemande, en mai 1940, Olivier Puiseux quitte la France pour l’Angleterre. Il se rend ensuite au Canada, à Sorel (act. Sorel-Tracy, Québec), ville industrielle de la Montérégie.

En application d’une loi du 23 juillet 1940, le conseil des ministres de l’État français, dirigé par le maréchal Philippe Pétain, décide, par un décret du 29 octobre 1940, de déchoir Olivier Puiseux de sa nationalité française. La loi prévoit ce cas de figure pour « Tout Français qui a quitté le territoire français métropolitain entre le 10 mai et le 30 juin 1940 pour se rendre à l'étranger sans ordre de mission régulier émanant de l'autorité compétente ou sans motif légitime sera regardé comme ayant entendu se soustraire aux charges et aux devoirs qui incombent aux membres de la communauté nationale ». Plusieurs autres décrets concerneront des personnalités de premier plan, dont le général Charles de Gaulle. Le décret du 29 octobre concerne notamment le cinéaste René Clair, André Meyer, directeur de la Banque Lazard ou Henri Torrés, avocat et ancien député. Selon la juriste Catherine Kessedjian, « Cette mesure vise les personnes qui ont rejoint le général de Gaulle à Londres. »

La présence de Puiseux est signalée à Montréal en octobre 1940, en compagnie de l’industriel Henri Reichenbach, fondateur des magasins Prisunic, du docteur Sylvain Mossé et du publiciste Pierre Lazareff, futur directeur de France-Soir. Une ordonnance du tribunal civil de la Seine de décembre 1940 place sous séquestre les biens d’Olivier Puiseux.

Après la fin du conflit, Olivier Puiseux, dont la santé est très dégradée, fait un séjour dans un sanatorium près de Paris, puis prend pension dans un hôtel boulevard Raspail. Il rend visite à sa femme et ses filles à Domblans.

Olivier Puiseux meurt le 28 janvier 1947 à Rueil-Malmaison (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il était âgé de 47 ans.

Château de Blandans à Domblans

 

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