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13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre (fils) naît le 8 février 1776 à Paris, paroisse Saint-Paul (act. Saint-Paul-Saint-Louis, 4e arr.). Il est le fils de Marie Marguerite Sallé et de son époux Théodore François Santerre (père), raffineur de sucre, domicilié à Bercy (Seine, act. Paris 12e arr.).

Pendant la Révolution française de 1789, son père et un de ses oncles, jouent des rôles politiques significatifs dans les instances républicaines. Son père est administrateur du département de Paris et officier municipal de la commune de Bercy (Seine, ac. Paris 12e arr.). Le général Antoine Joseph Santerre participe à la prise de la Bastille, commande une partie de la garde nationale à Paris et pendant la guerre de Vendée.

Comme son père, Théodore François Santerre (fils) est d’abord raffineur de sucre au Faubourg Saint-Marcel à Paris. Puis, en l’an 10 (1802), il est propriétaire de deux moulins sur le Pont-de-Saint-Maur, sur la Marne, dans le village qui porte le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (Seine, act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne). Il exerce la profession de meunier, avec trois employés. À cette date, il a pour compagne une certaine Marie Claire selon les données du recensement.

Les moulins du Pont-de-Saint-Maur étaient construits sur deux étages et couverts de chaume. Ils reposaient sur les premières arches, rive droite. L’un d’eux, qui existait en 1553, était un moulin à blé, servant à moudre le grain. L'autre, daté de 1678, actionnait une machine hydraulique, dite pompe de Gourville ; elle avait notamment alimenté en eau, sous l’ancien régime, les jardins du prince de Condé, à Saint-Maur.

Dans le même village de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, Théodore François Santerre épouse en vendémiaire an 13 (octobre 1804) Marie Thérèse Opportune Dupuis, dont les parents marchand de bas. Parmi les témoins figure le général Santerre.

En septembre 1807, Théodore François Santerre vend les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur à François Trotier, meunier. À partir de la même année, la famille vit à Paris puis, en 1814, à Bercy, lieu des activités de son père. En 1829 on le retrouve à Ivry (Seine, act. Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne), de nouveau raffineur de sucre, résidant route de Choisy. Il est fabricant de gélatine en 1837.

Théodore François Santerre meurt le 24 avril 1843 à Vaugirard (Seine, act. Paris 15e arr.). Il était âgé de 67 ans et père de cinq enfants.

À gauche, les deux moulins du Pont-de-Saint-Maur sur la Marne (actuel pont de Joinville) ; gravure du 17e siècle ; à droite, l’actuelle île Fanac (repr. Pouvereau)

 

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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 00:01

Théodore François Santerre père naît en 1753 à Paris, dans la paroisse Notre-Dame de Lorette. Il est le fils de Marie Claire et Antoine Santerre. Ce dernier, brasseur à Cambrai (Nord) est venu s’établir à Paris en 1747 où il acquiert de l’aisance. Il meurt en 1770, son épouse également et c’est la fille aînée, Marguerite, âgée de 20 ans, qui élève les quatre plus jeunes enfants, âgés de 11 à 17 ans, tandis que l’aîné, Baptiste, 19 ans, prend la suite du père à la tête de la brasserie de la rue Censier.

Théodore François Santerre épouse Marguerite Sallé en mai 1777 à l’église Saint-Étienne-du-Mont de Paris (act. 5e arr.). Il fonde à Essonnes, près de Corbeil (act. Essonne), une usine pour polir les glaces. Ensuite, il constitue une raffinerie de sucre rue Grange-aux-Merciers à Bercy (act. rue Nicolaï, Paris 12e arr.). Il réside à la Grand'Pinte, quartier de Bercy.

Pendant la Révolution française, trois des quatre garçons Santerre joueront un rôle politique : le second Antoine Joseph, qui sera général de division, le cadet Jean François, qui prit part à la prise de la Bastille et devint commandant de la Garde nationale ainsi que Théodore François lui-même.

Le 4 septembre 1792, Théodore François Santerre est secrétaire de l’assemblée des électeurs du canton de Vincennes.

Le 25 septembre 1792, Servan de Gerbey, ministre de la guerre, écrit à Jérôme Pétion de Villeneuve, président de la convention nationale, pour lui faire part de la situation militaire dans l’Est de la France. La communication entre Châlons (act. Châlons-en-Champagne, Marne) et les armées étant alors interceptée par les alliés coalisés contre la France révolutionnaire, le ministre se réfère aux informations transmises par le général Antoine Joseph Santerre à l’un de ses frères, qu’il désigne sous le prénom de François (qui peut être Jean François ou Théodore François). Il indique que, malgré la proximité de l'ennemi, les nouvelles « sont très bonnes. »

Théodore François Santerre n’est pas élu député à la Convention nationale mais devient administrateur du département de Paris le 9 janvier 1793. Il siège dans cette instance aux côtés notamment de Collot d’Herbois, président, Robespierre, vice-président et Marat. Ces trois derniers quittent rapidement l’assemblée locale et Jean Rousseau est nommé président. Santerre est chargé de préparer une adresse à la Convention sur les indemnités dues aux électeurs.

Il doit déposer comme témoin, le 18 ventôse, lors de l'instruction du procès des Hébertistes. Devant la cour, il conteste qu’il y ait eu des entraves au ravitaillement de Paris et dit ne pas avoir connaissance de menées suspectes dans sa commune. Un mandat d'arrêt est lancé contre lui par le conseil général de Bercy (conseil municipal) ; il est annulé par décret de la Convention, le 19 thermidor an 2.

En l'an 2, il est membre du comité de surveillance de la commune de Bercy (ultérieurement rattachée à Paris et, pour partie, à Charenton-le-Pont) et devient officier municipal (adjoint au maire). Théodore Santerre est, avec le commandant de la garde nationale de Bercy, un des partisans de la déchristianisation en brumaire an 2. Mais son projet d'adresse à la Convention pour y porter l'argenterie de l'église, est repoussé par l'assemblée générale des électeurs de Bercy. Ses partisans ont affaire à des citoyennes qui les poursuivaient à coups de parapluie selon l’historienne Raymonde Monnier.

Pour ne pas pouvoir être accusé d’être un accapareur de sucre, Santerre cesse de raffiner cette denrée et devient fabricant de salpêtre en l’an 3. Il reviendra ensuite à sa production initiale.

Au printemps an 12 (1804), Théodore François Santerre rachète à sa famille le manoir de Beauchery (act. Beauchery-Saint-Martin, Seine-et-Marne). Il exploite le domaine en tant qu’agriculteur.

Théodore François Santerre père meurt le 2 mai 1835 à Beauchery, dans son château de La Tour. Il était âgé de 82 ans et père de cinq enfants. Son deuxième fils, qui se prénommait également Théodore François, fut meunier à Joinville-le-Pont.

Le général Antoine Joseph Santerre, frère de Théodore François Santerre (père).

 

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1 octobre 2022 6 01 /10 /octobre /2022 10:56

La Société d'histoire et d'archéologie de Saint-Maur, en partenariat avec la Ville de Saint-Maur, vous propose un cycle de conférences inédites afin de découvrir divers aspects de l'histoire de la commune.

~ ~ ~
Conférence #6 : « La Révolution française dans la boucle de la Marne : « que les princes et les seigneurs soient condamnés »

Animée par Benoît Willot, membre du « Vieux Saint-Maur »

En 1789, les habitants de Saint-Maur sont disséminés dans toute la presqu'île. Les paysans de La Varenne se plaignent des lièvres et des chasses. Le bourg de Saint-Maur veut affirmer sa prééminence politique et ses bourgeois cherchent à récupérer les biens des Condé. Les commerçants qui vivent près du pont veulent leur autonomie. La Révolution française bouleverse tout et le cahier des doléances local exprime une attente : « Que les princes et seigneurs soient condamnés mettrait les malheureux cultivateurs et habitants à l'abri ».

Entrée libre

 

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5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 00:01

Mise à jour de la biographie de Nicolas Spycket (17/12/2014).

Nicolas Jacques Spycket naît le 21 novembre 1755 à Chimay (Hainaut, Pays-Bas autrichiens, act. Belgique). Il est le fils de Marie Joseph Hardy et de son époux Nicolas Spycket.

Arrivé à Paris en 1779, Nicolas Jacques Spycket épouse en juin 1784, à l’église Saint-Sulpice de Paris, Catherine Josèphe Devaux. Il exerce la profession de carrier dans le village du Pont-de-Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne) où la famille est installée, au moins depuis 1787.

Après le début de la Révolution française, est secrétaire-greffier (membre de l’exécutif municipal) en février 1790, dans la première municipalité de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, constituée de facto par scission de la paroisse de Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, avant la reconnaissance de la nouvelle commune la même année par les autorités du département de Paris. Il est élu en novembre 1790 à la même fonction, toujours avec Edme Lheureux comme maire. Cependant, en septembre 1791, c’est le père Nicolas Bauche, desservant de la chapelle Saint-Léonard, qui est secrétaire-greffier et assure la publication de l’acte constitutionnel le 25 septembre.

En 1793, Nicolas Jacques Spycket est identifié comme commissaire de police à Paris, rue des Postes (act. rue Lhomond, 5e arr.). Il justifie auprès du Comité de surveillance en avril 1793 qu’il « vit du traitement de sa place ». En l’an 4, il est devenu « l’un des quatre inspecteurs pour les vols et assassinats » selon une note rédigée par le révolutionnaire Gracchus Babeuf, datée du 17 floréal an 4 [06/05/1796]. Babeuf considère qu’il est « royaliste, fayettiste [partisan de La Fayette], fédéraliste, réacteur du 9 thermidor, l’un des persécuteurs le plus acharné des patriotes en germinal et prairial, et le plus vil agent des comités de gouvernement à cette époque, ainsi que Legoy, ci-dessus nommé, son secrétaire, et Duchesne, son commis, étaient les satellites, le vendémiariste le plus outré, qui voulait ainsi qu’eux qu’on exterminât la Convention. »

En l’an 8 (1800), quand les municipalités communales sont rétablies, Nicolas Spycket serait redevenu membre de l’assemblée de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, toujours en tant que secrétaire-greffier, selon l’historien René Dennilauler ; Laurent Pinson est maire de la commune. Spycket n’est pas reconduit dans cette fonction dans la municipalité de de l’an 9.

En l’an 9, Spycket est officier de paix à Paris, division du Panthéon, et est basé rue des Anglais (5e arr.).

La date de son décès n’est pas connue. Nicolas Spycket n’est pas recensé dans la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en l’an 10 (1802). Il était père d’une fille.

Sceau de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur en l’an 12

 

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 00:01

Suite de la biographie de Pierre Schaken

Quittant la commune flamande pour Bruxelles, devenue en 1830 capitale de la Belgique indépendante, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il est notamment chargé de la réalisation de fortifications et du creusement de canaux. Adepte du Saint-Simonisme et franc-maçon, Schaken va ensuite se consacrer principalement à la réalisation de voies ferroviaires, en Belgique, au Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et, principalement, en France. Associé à Basile Parent, sa société est une des principales entreprises, associée notamment à la construction des liaisons entre Lyon et la Méditerranée, de Paris à Mulhouse ainsi que de la capitale française à Strasbourg. Toujours avec Basile Parent, il commença en 1855 la construction de matériel ferroviaire à Oullins (Rhône) et transporta en 1861 ses ateliers à Fives, dans la région de Lille. Cette entreprise devint en 1865 la Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises. Les diverses sociétés contrôlées par Parent et Schaken employaient plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, dont une vingtaine de milliers en Belgique et plus en France. Schaken s’intéressa également à la production de gaz pour l’éclairage et le chauffage, notamment à Bruxelles et Naples.

En juin 1851, Pierre Schaken, alors domicilié à Schaerbeck-les-Bruxelles (Belgique) achète pour 35 000 francs aux héritiers de Marie Jean Baptiste Bertin une maison de deux étages avec un belvédère, un jardin et une île, située rue du Canal à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Le terrain s’étend également sur le terrain de la commune, alors voisine, de Saint-Maur-des-Fossés.

Après avoir fait démolir l’ancienne maison, Schaken fait construire en 1852 un bâtiment par l’architecte et archéologue Pierre Manguin. Il sera désigné, d’abord comme le château de Gravelle, ensuite comme le château Schaken. Il est orné de mascaron et rinceau. Plusieurs constructions annexes sont faites dans le domaine, dont une maison miniature et un pont donnant accès à l’île, entre la Marne et un bras comblé ultérieurement.

Plusieurs publications présentent le château Schaken comme celles de César Daly (L’architecture privée au XIXe siècle, Paris, 1864) ou l’Atlas de la Seine (BHVP, Paris, 1900). Le peintre aquarelliste Albert Capaul a réalisé une représentation du château ainsi qu’une autre de la pompe à eau et des écuries.

Albert Capaul, le château Schaken

La construction par la compagnie du Chemin de fer de l’Est de la voie ferrée qui relie la gare de Paris-Vincennes à Saint-Maur-des-Fossés, via Vincennes, entraine l’expropriation d’une petite partie du parc Schaken, identifié comme étant au lieu-dit Pré de Presles, aménagé en jardin d’agrément avec des murs, arbres, arbustes et espaliers. Une indemnité pour dépréciation de 27 570 francs lui est accordée, la superficie concernée faisant 1 142 m². Selon J. Bailly, qui signe un portrait de Schaken dans la Revue des races latines (septembre 1863) « sa délicieuse villa de Saint-Maurice est un petit et brillant chef-d’œuvre de parfaite élégance. Le jardin, au terrain accidenté, est traversé par un viaduc de la ligne de Paris à Vincennes, produisant l’effet le plus original. »

Un décret du 2 mai 1868 modifia les limites entre les communes de Saint-Maurice et Joinville-le-Pont, les fixant « par le canal et la route du canal de Saint-Maur ». Saint-Maurice perdit donc toute la partie de Gravelle entre le canal et le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. De ce fait, la propriété Schaken se retrouva dans le giron de Joinville, les parties non construites en bords de Marne continuant à relever de Saint-Maur. Son adresse devint 174, rue du Canal (act. 20, rue Henri-Barbusse).

Pierre Schaken meurt le 8 janvier 1870 à Joinville. Il était âgé de 76 ans et père de trois enfants, un fils, mort très jeune et deux filles. D’abord inhumé au cimetière de Joinville, où son tombeau subsiste au 21e siècle sous le nom de Schaken-Rommel (nom d’épouse d’une de ses filles), son cercueil est transféré en janvier 1885 dans une chapelle funéraire familiale, au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arr.).

Il était titulaire de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre de Léopold de Belgique depuis janvier 1844, commandeur du nombre de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne, janvier 1860), chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, commandeur de l’ordre du Christ du Portugal et médaille de Sainte-Hélène (France).

Le château Schaken est vendu aux enchères en 1883 par ses héritiers ; la mise à rpix est de 330 000 francs. La propriété vendue fait 2,8 hectares pour le domaine et 1,3 hectare pour le potager. Le terrain est loti et le bâtiment lui-même est détruit en 1970 pour laisser place à un immeuble social, la résidence Sévigné à Joinville. Seule la « villa miniature » subsiste au 21e siècle, au 56, avenue de Sévigné, dans la même ville. La ville de Saint-Maur-des-Fossés a baptisé une voie de son nom, le quai Schaken, ainsi qu’un établissement public, l’école maternelle Schaken ; le quartier environnant est fréquemment désigné aussi sous ce nom.

Fin

Le parc du château Schaken

 

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 00:01

Début de la biographie de Pierre Schaken

Petrus Jacobus Franciscus dit Pierre Jacques François Schaken naît le 1er février 1793 à Ostende (Pays-Bas autrichiens, act. Flandre-Occidentale, Belgique). Il est le fils de Thérèse Cécile Olferts et de son mari, Pierre Louis Joseph Schaken.

En octobre 1795, les Pays-Bas autrichiens sont annexés par la République française et Ostende devient le chef-lieu d’un canton du département de la Lys. Pierre Louis Joseph Schaken est commissaire de police de la ville de 1800 jusqu’à son décès en octobre 1815.

Petrus Schaken, qui utilise le prénom Pierre, sert, selon les archives familiales, dans le 1er régiment des gardes d'honneur de Napoléon 1er et participe aux campagnes militaires de la Grande Armée. Créé le 3 avril 1813, le régiment était composé de fils de famille, qui devaient s'habiller et s'équiper à leurs frais. Il combat pendant la campagne de France, avec les rois autres régiments de gardes d'honneur, dans la division commandée par le général Jean-Marie Defrance. Elle s'illustre aux batailles de Montmirail et de Reims. Le 1er régiment fut licencié à Versailles, le 14 juillet 1814.

Garde d'honneur

De retour à Ostende, la ville appartenant désormais au royaume des Pays-Bas, Pierre Schaken devient en 1815 vérificateur des poids et mesures, ayant probablement fait des études techniques qui lui permettront ensuite de se présenter comme ingénieur.

Après la mort de son père en octobre 1815, il lui succède en tant que commissaire de police d’Ostende, nommé par décret du roi Guillaume 1er. En mai 1819, Joanna Theresia (Jeanne Thérèse) Verpoorten et Pierre Schaken se marient à Ostende, en présence notamment du bourgmestre et de l’échevin de la ville. Pierre Schaken démissionne de la fonction de commissaire en 1823. Il prend ensuite la direction du Mont de Piété d'Ostende (Lomberd, institution de prêts sur gages). Il commande le premier bataillon de la garde civique en 1832 avec le grade de major (commandant), sous les ordres du lieutenant-colonel De Knuyt-de Brouwère, qui encadre les deux bataillons territoriaux. Plusieurs ouvrages attribuent à Schaken un titre de général de la garde civique, mais aucune source connue ne l’atteste.

Comme son père, Pierre Schaken était membre de la loge Les Trois Niveaux, Orient d’Ostende, constituée en 1784 (5784 selon le calendrier maçonnique). Il en est surveillant en 1822, le vénérable étant l’avocat Donny. Les réunions se tenaient rue Longue.

Après l'indépendance de la Belgique en 1830, obtenant ainsi une quatrième nationalité, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il se consacre notamment à la réalisation de fortification puis au creusement du canal de jonction de l'Escaut à la Lys, dont il préside le conseil d'administration de la société chargée de la construction.

Pierre Schaken est un adepte du Saint-Simonisme, doctrine qui fait de l’industrie le fer de lance du progrès technique et la propagatrice d’une morale, condition du bonheur, de la liberté et de l’émancipation. Il est en relation avec les frères Émile et Isaac Pereire, figures majeures de ce courant, ce qui va lui permettre d'entrer dans de nombreuses entreprises notamment en France.

À suivre

Pierre Schaken

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la biographie de Géant, parue le 24/09/2017

Jean Fiacre Géant naît le 1er novembre 1741 à Limeil (act. Limeil-Brévannes, Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Aimée Nanteau et de son mari, Jean Géant, jardiniers. Le patronyme est parfois orthographié Gian, Géan ou Jehan dans les documents paroissiaux, mais son père comme lui signent systématiquement « Géant ». La famille vit ensuite à Lésigny (act. Seine-et-Marne).

Plusieurs historiens (Galtier, Pouvereau et Noly notamment) le prénomment « Jean Jacques », cependant son deuxième prénom est bien Fiacre, comme le confirment sa signature ainsi que les registres paroissiaux et documents d’état-civil.

En 1767, Jean Fiacre Géant est le concierge du marquis de Livry, François Hippolyte Sanguin, dans son château familial de Livry (act. Livry-Gargan, Seine-Saint-Denis). Il épouse, en mai à Chennevières-sur-Marne, Marie Jeanne Laviron, fille d’un maître menuisier de cette commune. Ils auront au moins trois enfants.

La famille réside d’abord à Livry, où naît son premier fils en 1769, puis à Chennevières, où des enfants naissent entre 1770 et 1774. Jean Fiacre Géant est, à cette période, présenté comme bourgeois ou bourgeois de Paris dans leurs actes de baptême.

Il est mentionné à partir de 1784 et jusqu’en novembre 1793 dans les registres paroissiaux de La Varenne (paroisse Saint-Hilaire), alors dans la province d’Île-de-France (act. partie de Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne).

Géant est alors cultivateur et laboureur ; il loue avant la Révolution une ferme et des terres dans la boucle de la Marne pour 700 livres de rentes annuelles auprès du duc de Bourbon.

Géant est troisième signataire du cahier de doléances des « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés », rédigé en prévision des états généraux et daté du 14 avril 1789.

Pour l’historien Henri Pouvereau, ce texte « formule des plaintes naïves — le roi tout puissant n'est-il pas une manière de Dieu? — à propos des inondations de la Marne qui déracinent tous les grains et transportent de la vase et du sable ; des années de sécheresse, qui sont plus redoutables encore; du terrain sablonneux qui rend les charrois trop pénibles. — Ah! Si Sa Majesté faisait construire « un pavé» comme tout irait mieux!

Par contre, le ton devient plus âpre quand se trouvent relatés les multiples dégâts occasionnés par le gibier et par « Messieurs les gentilshommes » invités du prince de Condé qui saccagent à plaisir et se rient des poursuites judiciaires. Que justice égale soit rendue aux petits comme aux grands! Que le droit de chasse soit limité!

« Enfin, et pour tant de malheurs, qu'une diminution d'impôts soit accordée à la paroisse. »

Le village de La Varenne est au centre de la péninsule, en réalité presque vide, qui constitue aujourd’hui le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. La paroisse Saint-Hilaire, dont il est le siège, compte pour environ 99% du territoire de la future commune. Mais par rapport aux 560 habitants de Saint-Maur et aux 410 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), les 80 résidents de La Varenne ne pèsent guère, même en y ajoutant les autres hameaux comme celui du Port de Créteil.

Une grande partie de la population se prononce en faveur d’une union des deux paroisses de Saint-Maur et La Varenne, au cours d’une assemblée tenue le 30 janvier 1790, où Géant est élu conseiller municipal de Saint-Maur. En juillet, Géant et Maurice Bouillon pétitionnent avec le maire de Saint-Maur, Richard, pour que le chef-lieu de canton soit situé dans cette commune et non à Charenton.

Mais, malgré le vœu en faveur fusion, Géant défend l’indépendance du territoire de La Varenne, arguant de sa taille malgré sa faible population. Selon Henry Pouvereau (Autour d'un Clocher, Le Vieux Saint-Maur, 1963) « l'argument suivant avait porté: L'autonomie est justifiée par la superficie du territoire de La Varenne, 2824 arpents, alors que Saint-Maur compte seulement 39 arpents, La Varenne ‘paraissait un limaçon portant sa coquille sur le dos’ ». Géant est élu maire de La Varenne le 14 novembre 1790, devenant le premier édile de la nouvelle commune à nouveau séparée de Saint-Maur. Il est remplacé dans cette fonction le 3 novembre 1791 par Bouillon ; Géant devient procureur de la commune.

Le 5 décembre 1791, le Directoire du département de Paris  « Arrête que la commune de La Varenne-Saint-Hilaire restera définitivement réunie avec celle de Saint-Maur ». Géant ne figure pas dans la nouvelle municipalité réunifiée.

Deux ans plus tard, en novembre 1793, Jean Fiacre Géant est le témoin du décès du dernier curé de Saint-Hilaire, le père Jean Baptiste Duval, 60 ans. Cet épisode marque la fin de la paroisse et de l’existence autonome de La Varenne sur le plan spirituel et administratif, après sa disparition politique. Géant a alors 52 ans.

À l’occasion du mariage de sa fille Marie Adélaïde en juin 1793 à La Queue (act. La Queue-en-Brie, Val-de-Marne), il est désigné comme cultivateur à La Varenne tandis que son épouse est mentionnée comme résidant à La Queue.

Lorsque son autre fille, Marie Jeanne, se remarie en janvier 1807, Jean Fiacre Géant et son épouse Marie Jeanne sont signalés comme demeurant à Ozoir-la-Ferrière (act. Seine-et-Marne). Ils ont alors respectivement 65 et environ 70 ans. Quand ladite fille contracte un troisième mariage, en juin 1829 à Brunoy (act. Essonne), sa mère est notée comme décédée tandis qu’il est mentionné à propos de son père qu’il est absent et qu’on en « ignore l’existence. »

Sa date de décès n’est pas connue.

Ancienne église de La Varenne Saint-Maur

 

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 00:01

Actualisation de la biographie de Jean Charles Dessaint parue le 26 juillet 2014.

Jean Charles Dessaint est probablement né en 1751 à Paris. Il épouse en août 1778, en l’église Saint-Sulpice de Paris, Marie Judith Bégat. Son nom est souvent orthographié Desaint.

En 1785, il est blanchisseur au Port de Créteil, écart de Saint-Maur-des-Fossés. Ils ont un enfant (qui ne vit que trois semaines).

Le hameau du Port de Créteil, dépendant administrativement de La Varenne, comptait environ 80 habitants, dont plusieurs blanchisseurs, des marchands et au moins un passeur assurant la traversée de la Marne. Il dépendait autrefois de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne, mais avait été rattaché à celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur, probablement en 1693 ; ses habitants (dont Dessaint) figurent donc dans les registres de cette dernière paroisse.

Nommé « Desaint » sur le manuscrit de ce document, il est le premier signataire du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en 1789. Seul cahier prérévolutionnaire connu pour les trois territoires de La Varenne, Saint-Maur-des-Fossés et Pont-de-Saint-Maur, ce document est signé par des habitants de La Varenne et du Port de Créteil. Il reflète notamment leurs plaintes quant au passage des nobles venus chasser sur les terres de la presqu’île et à propos de l’entretien des chemins.

Jean Charles Dessaint ne joue pas de rôle dans les municipalités constituées à partir de 1790. Il n’y a pas de trace de sa présence à Saint-Maur ultérieurement.

Jean Charles Dessaint meurt le 23 novembre 1828 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 77 ans.

Le cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la biographie de Basile Nicolas Crapart, publiée le 15 octobre 2014.

Basile Nicolas Crapart naît le 26 mars 1764 à Pontault-Combault (act. Seine-et-Marne) où vivent ses parents, cultivateurs, Marie Anne Buissonneau et Basile Crapart. Il épouse Marie Adélaïde Labour à Dampmart (Seine-et-Marne) en novembre 1786. Ils auront au moins quatre enfants.

Il exerce en l’an 9 et l’an 10 la profession d’aubergiste dans le village du Pont-de-Saint-Maur. Son établissement est situé rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz).

Il est membre de la municipalité élue en fructidor an 9 (1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) en tant que notable. Le maire est Laurent François Pinson.

Construite au 13e siècle et fréquentée notamment par les bateliers de la Marne, la chapelle Saint-Léonard avait été réparée en 1792. C’était le seul lieu culte de la nouvelle commune, fondée en 1790, et elle avait fait office d’église paroissiale, même si elle n’en avait pas le statut, avant l’interdiction des cultes sous la Révolution. Elle était désormais en très mauvais état et le sous-préfet de l’arrondissement de Sceaux autorisa sa démolition par un arrêté du 19 ventôse an 11 (10 mars 1803). Crapart est adjudicataire des matériaux de la chapelle pour la somme de 325 francs tandis qu’un autre aubergiste, Lemaire, devient locataire du terrain pour 12 francs par an. Seule la crypte fut conservée ; bien que classée, elle fut cependant détruite en 1953.

Basile Nicolas Crapart meurt le 29 octobre 1849 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il résidait, route d’Orléans, à la maison de retraite de la Rochefoucauld, et était veuf et âgé de 85 ans.

Crypte de Saint-Léonard avant sa démolition

 

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 00:01

Mise à jour de la biographie d’Étienne François Yvon, publiée le 20/09/2016

Étienne François Yvon naît en 1722 à Dourdan (act. Essonne). Il est le fils d’Anne Marguerite Brebier et de son époux Étienne Yvon, un hôtelier devenu un bourgeois de la ville.

En se rendant à Paris en 1742, Yvon entame une longue carrière judiciaire. Clerc de procureur au Châtelet, le tribunal de Paris, il est nommé procureur par le roi Louis XV et prête serment le 21 janvier 1752. Jouissant d’une évidente fortune, Yvon réside à Paris dans le quartier de paroisse Saint-André-des-Arts (act. 6e arr.), 4, rue Saint-Antoine. Dans la même église, il épouse en février 1752 Marie Jeanne Henriette Leferron., fille d’un écuyer.

La veuve d’un commissionnaire de bois lui cède, en avril 1761, une ferme, une maison et terres dans le village de Pont de Saint-Maur (act. Joinville-le-Pont, Val-de-Marne), qui dépend alors de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur au plan spirituel, mais dispose de son autonomie en matière fiscale.

Au Châtelet, il se spécialise dans les questions civiles, notamment celles touchant les successions ou les questions artistiques.

Un arrêt du 18 juin 1767 nomme Étienne François Yvon membre du conseil de la Comédie-Française. Il avait antérieurement défendu les intérêts des pensionnaires dans des procédures.

Bien qu’il ait alors atteint un âge assez avancé, Yvon poursuit son rôle de magistrat pendant la Révolution. Il est juge-suppléant au Tribunal civil de la Seine, rue des Tournelles puis juge titulaire en frimaire an 4 (décembre 1795).

Dans sa résidence parisienne, comme dans le village du Pont-de-Saint-Maur, Yvon va jouer un rôle significatif au début de la Révolution française.

Il est élu le 16 juin 1791 lors de l’assemblée primaire de la section de la place Royale, pour siéger au sein de l'assemblée électorale du département de Paris, qui regroupe les délégués des 48 sections urbaines et des 16 cantons ruraux. Chaque centaine de citoyens actifs avait le droit de désigner un électeur.

Lors de la première séance, le vendredi 26 août 1791, Yvon, qui a 69 ans, doit à son âge de siéger au sein du bureau provisoire, au côté du doyen, M. Cozette. Yvon obtiendra quelques voix, mais ne sera pas élu, lors de la désignation du bureau définitif de l’assemblée pas plus que, les 8 et 9 septembre, quand il s’agira d’envoyer un député à l’Assemblée nationale.

S’il n’est pas mentionné sur la liste des électeurs du club de la Sainte-Chapelle publiée en 1791, il apparaît sur celle de 1792. Le seul fait d'avoir appartenu à ce club, réputé modéré, devint un motif d'exclusion de l'assemblée électorale de 1792.

Le village du Pont-de-Saint-Maur devient, en février 1790, une municipalité à part entière, sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, malgré les contestations de la municipalité de Saint-Maur. Le village se rebaptisera Joinville-le-Pont (act. Val-de-Marne) en 1831. Yvon devient commandant d’une garde nationale de 120 hommes, regroupant la quasi-totalité des hommes majeurs du village, qui compte 409 habitants en l’an 3 (1794). Selon l’historien de Saint-Maur Émile Galtier, « cette garde est en activité, presque armée, habillée et instruite ; elle monte exactement toutes les nuits, elle a son corps de garde et sa chambre d'arrêt ou prison. »

C’est au nom de la garde nationale mais également de la municipalité du Pont-de-Saint-Maur, qu’Yvon présente en octobre 1790 devant le directoire du département de Paris un « mémoire pour établir l'importance de cette municipalité et l'utilité de son maintien pour la sûreté de la navigation » sur la Marne. Cette intervention jouera un rôle sans doute décisif pour maintenir l’existence d’une commune séparée.

L’année suivante, Yvon intervient pour l’équipement de sa garde et obtient 500 cartouches du bureau municipal (faisant office de direction du département), qui prend en compte « les services fréquents que Paris reçoit » du bataillon du Pont de Saint-Maur.

Le 21 septembre 1791, la garde nationale, dont l’abbé Bauche est l’aumônier, joue un rôle important dans la cérémonie organisée pour la publication de l’acte constitutionnel que proclame le prêtre. Le soir, un feu est allumé au milieu du pont, et on y danse jusqu’au milieu de la nuit. Bauche et Yvon auront été, bien qu’ils n’y vivent pas, parmi les plus fervents partisans de l’autonomie communale de la future Joinville-le-Pont. En 1793, Yvon mentionne sur sa carte de sûreté qu’il est ancien commandant de la garde nationale du Pont de St Maur. Il réside 4, rue des Tournelles après avoir habité précédemment rue Mazarine.

Étienne François Yvon, meurt à Paris le 16 germinal an 4 (5 avril 1796), n’ayant semble-t-il pas cessé son activité judiciaire. Il était dans sa soixante-quatorzième année.

Le vieux pont de la Branche

 

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