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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Bernard Klein

En septembre 1911 et janvier 1914, Bernard Klein signale auprès des autorités militaires qu’il réside à Buenos-Aires, en Argentine,

De retour en France, Klein est mobilisé pendant la première guerre mondiale en août 1914. Il est affecté en mai 1915 au 30e régiment territorial d’infanterie puis en juillet la même année au 13e régiment d’artillerie. Il est transféré en août 1916 au 19e escadron du train puis au 20e en avril 1917. Il est démobilisé en juin 1919 et réside de nouveau à Joinville.

Sur son registre militaire, peut-être pour gommer la sonorité allemande de son nom, Bernard Klein fait mentionner, en août 1915, un pseudonyme : il se dénomme Bernard Kersaint, fils de Charles Émile Kersaint et de Jeannette Duval. Il semble cependant en abandonner l’usage après-guerre.

Depuis 1911, la famille Klein vit dans le quartier de Polangis, d’abord avenue Oudinot puis route de la Brie, qui deviendra l’avenue du Général-Galliéni. Il figure, en mai 1927, sur une liste de 44 signataires de Joinville, publiée par le quotidien Le Soir, demandant, au gouverneur du Massachusetts (États-Unis), la grâce « des deux innocents » Sacco et Vanzetti, accusés d’espionnage au profit de l’Union soviétique.

En mai 1929, Klein figure sur la liste du groupement des gauches pour les élections municipales de Joinville-le-Pont. Comprenant des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants, elle s’oppose à celles du maire sortant, Stephen Durande (droite, Union nationale) et à celle du communiste Roger Bénenson. Arrivée en seconde position au premier tour, avec 35;9% des suffrages exprimés contre 42,6% aux conservateurs et libéraux ainsi que 16% aux communistes, elle l’emporte au deuxième tour avec 45,9% et 22 élus, la droite ayant 41,6% et cinq sièges, le PCF reculant à 12,5% sans élu.

Au premier tour, Klein recueille 758 voix pour 2 126 suffrages exprimés (35,6%) et 2 969 inscrits. Il est élu au deuxième tour et Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire. Lors de l’assemblée générale du Comité républicain radical et radical-socialiste de Joinville en janvier 1931, Klein est un des trois membres du bureau de cette assemblée. Il est l’un des délégué du conseil municipal au sein du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville, lors de la constitution de celui-ci en avril 1931. En janvier 1933, il est élu vice-président du comité radical, dont Briolay est le président. Il est confirmé dans cette fonction en novembre 1933, Briolay ayant laissé la présidence à Émile Herluison. Il conserve le titre en janvier 1935, quand Gabriel Vélard est élu président. Très présent lors de séances du conseil municipal, Klein est également souvent associé aux manifestations sportives ou festives, en particulier dans son quartier de Polangis. Il le quitte, en 1935, pour celui voisin de Palissy, avenue Joyeuse.

À l’occasion du scrutin municipal de mai 1935, Bernard Klein est de nouveau candidat sur la liste du groupement des gauches républicaines, toujours conduite par Georges Briolay, mais qui a perdu le soutien du parti socialiste SFIO après un mandat agité. Les sortants revendiquent avoir fait des importants travaux d’amélioration et d’embellissement, tout en concédant avoir dû augmenter les impôts. Ils assurent que c’est le fait de l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent incendie, chômage, moins-values sur les recettes). Ils assurent avoir conduit une amélioration de la voirie et des transports et installé un éclairage public. À leur programme figure l’assainissement et la création de squares. Ils plaident aussi pour la réalisation de grands travaux d’intérêt national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau), ce qui procurerait de l’emploi, et entendent poursuivre la création d’un nouveau groupe scolaire à Polangis, dont le projet est déjà avancé.

Le Groupement des gauches de Briolay se place au deuxième rang au premier tour, avec 26,8% des suffrages exprimés, derrière l’Union des républicains (droite, 32,6%), et devant les communistes à 23,5% et les socialistes SFIO à 12,3%.

Bernard Klein, qui est désormais négociant en meubles, recueille 743 voix pour 2 856 suffrages exprimés (26%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, l’union du PCF et de la SFIO contribue à fragiliser les radicaux-socialistes, qui n’ont pas d’accord avec la droite, laquelle emporte 25 des sièges à pourvoir avec 40%, en laissant 2 à la gauche (39,7%), tandis que les radicaux sont réduits à 19,5% et n’ont pas d’élu.

Peut-être est-ce lui qui est inscrit, en août 1941, sur une liste publiée au Journal officiel et émanant de la présidence du conseil du gouvernement français, siégeant à Vichy, qui recense les « dignitaires et officiers des loges de la franc-maçonnerie ». Domicilié boulevard Voltaire à Paris (11e arr.), Klein (Bernard) est présenté comme premier surveillant de la loge La Jérusalem écossaise en 1939.

Il ne faut probablement pas identifier Bernard Klein avec le Klein qui est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en avril 1945, sur la liste conduite par le résistant communiste Robert Deloche. Il n’est, en effet, pas inscrit sur les listes électorales de la commune cette année-là.

Bernard Klein meurt le 30 novembre 1948 à Paris (10e arr.), alors qu’il séjournait à l’hôpital Lariboisière, rue Ambroise-Paré. Il était répertorié comme voyageur de commerce et domicilié rue Louis Blanc, dans le même arrondissement. Âgé de 73 ans, il était père de trois enfants.

Fin

Decrombecque, Scornet et Klein en 1934

 

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4 janvier 2023 3 04 /01 /janvier /2023 00:01

Début de la biographie de Bernard Klein

Bernhard Dreyfus naît le 15 février 1875 à Gerstheim, alors en Basse-Alsace (Allemagne, act. Bas-Rhin). Il est légitimé par le mariage de sa mère Jeannette Dreyfus, demoiselle de magasin, avec Charles Émile Klein, dessinateur, à Paris (3e arr.) en mars 1879 et prendra désormais le nom de Bernard Klein.

En août 1893, alors employé de commerce et résidant rue du Four à Paris (6e arr.), Bernard Klein devance son service militaire et s’engage pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment de hussards et devient brigadier en avril 1894. Cependant, en février 1896, il est cassé de son grade et envoyé en Tunisie au sein de la première compagnie de fusiliers de discipline en décembre. À sa démobilisation, en août 1897, une « attestation de repentir » lui est accordée.

Devenu voyageur de commerce, Bernard Klein épouse en décembre 1898 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il s’est établi rue de Pont avec ses parents, marchands de meubles, Berthe Louise Grillot, couturière, dont les parents vivent également dans la commune. Ils s’installent ensuite avenue des Platanes. En décembre 1905, Bernard Klein est condamné à seize francs d’amende pour violences, voies de fait et port d’armes prohibées. Il est mentionné dans un répertoire de la franc-maçonnerie en octobre 1908.

À partir de 1901, Bernard Klein devient une personnalité en vue dans le domaine sportif. Il est l’un des fondateurs du Boxing-club de France (Paris) et la société nautique En Douce (aviron, basée à Joinville). Il est membre de nombreux jurys ou comités d’organisation, notamment pour des championnats du monde ou d’Europe de lutte entre 1901 et 1911. Le quotidien Le Journal le caractérise en 1902 comme un « amateur éclairé », L’Auto et La Petite République voient en lui un « sportsman bien connu » en 1904 tandis que le qualificatif de « sympathique sportsman » lui est attribué en 1905 par le Journal de l'automobile. En 1908, il va en Autriche pour la préparation d’un championnat de lutte. De 1904 à 1913, sa présence est notée à de nombreuses manifestations, comme par exemple le championnat du monde de joutes à la lance ou la fête du sabre en 1904, un cross-country international en 1905, un concours de dompteurs en 1906 ou un grand-prix de voiturettes en 1908 à Dieppe.

Il est un des organisateurs de manifestations organisées à Joinville-le-Pont, comme le congrès des nageurs en août 1905 ou les traversées de Paris à la nage, qui partent également de Joinville, en août 1906 et juin 1907.

À suivre

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 00:01

François Joseph Andrès naît le 10 mars 1863 à Erstein (Bas-Rhin). Il est le fils aîné des sept enfants de Madeleine Willmann et de son époux, François Antoine Andrès, pécheur. La famille réside toujours en Alsace en 1872, après l’annexion allemande de 1870. Par contre, en 1881 elle est installée à Paris (18e arr.), rue Bonnet. Sa mère meurt en septembre cette année-là et le père est cantonnier.

François Joseph Andrès, qui exerce le métier de plombier épouse en juin 1886 à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Pierrette Feydel, journalière.

Le couple est installé en 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et demeure dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire). François Joseph Andrès est membre de la Société symphonique de Joinville, fondée en octobre 1908. Il est également membre du comité radical et radical-socialiste de Joinville.

Les élections municipales de mai 1912 à Joinville sont marquées par la fin du mandat de 25 ans du maire, Eugène Voisin, malade, qui se retire, et par la division des radicaux-socialistes qui le soutenaient. La liste radicale-socialiste officielle est conduite par un adjoint, Georges Briolay et Andrès en fait partie. Les trois autres listes ont passé un accord de fusion au second tour sur la base de leurs résultats : radicaux dissidents, socialistes SFIO et libéraux-conservateurs.

Les résultats du premier tour ne sont pas connus précisément, mais la liste radicale dissidente arrive en tête, tandis que la liste officielle obtient entre 25 et 30 % des suffrages exprimés. Au second tour, la coalition emporte les 27 sièges à pourvoir et Achille Mermet (radical dissident) est élu maire. Andrès n’est pas élu.

À la déclaration de guerre, en août 1914, François Joseph Andrès était en Alsace en visite dans sa famille. Ancien soldat français, il est interné pendant dix-huit mois, s’évade et revient à Joinville.

Selon une « rumeur », rapportée par l’hebdomadaire radical Voix des communes en mars 1915, il aurait été dénoncé comme s’étant rendu en Allemagne et considéré comme un espion ; son épouse indique qu’elle compte porter plainte. Il est de retour à Joinville en avril 1916 et rencontre alors Georges Briolay, président du comité radical-socialiste officiel.

François Joseph Andrès meurt le 8 septembre 1920 à Joinville. Il était alors employé et âgé de 57 ans. Il n’a pas eu d’enfants.

Inondation de la Marne à Joinville-le-Pont en 1919

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 00:01

Honoré Jean Genevay naît le 26 novembre 1888 à Villeurbanne (Rhône, act. Lyon métropole), Il est le fils d’Anne Félicie Parret, enjoliveuse, et de son époux Aimé Genevay, passementier. Ils vivent cité Delassalle.

Alors employé de commerce, Honoré Genevay devance son service militaire et s’engage dans l’armée pour trois ans en décembre 1906 à Lyon. Il est affecté au 19e escadron du train des équipages, où il est promu brigadier en juillet 1907, brigadier-fourrier en septembre la même année puis maréchal des logis un an après. Démobilisé en décembre 1909, il devient dans la réserve sergent-major, chef du train régimentaire du 157e régiment d’infanterie.

Quittant la région lyonnaise pour celle de Paris, Honoré Genevay vit d’abord à Paris (11e arr.), boulevard Voltaire puis s’installe, avec son père, en 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac, dans le quartier de Polangis. Il est devenu comptable et épouse en juin 1914 à Paris (6e arr.) Jeanne Marie Lidie Cabour, modiste ; ils s’installent à Joinville.

Son père, vénérable d’une loge maçonnique en 1911, possède une petite usine à Joinville de fabrication de sommiers et literie, mais fait faillite en 1923.

Pendant la première guerre mondiale, Genevay est mobilisé au sein du 159e régiment d’infanterie puis du 14e régiment de tirailleurs et sert comme sergent-major. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre du régiment en novembre 1917 : « Sous-officier très dévoué. Pendant la période du 15/08 au 28/10/1917, a assuré le ravitaillement des compagnies de premières lignes, sans se laisser arrêter ni par les bombardements violents, ni par les gaz toxiques ». Il sort du conflit blessé, avec de plaies multiples de la face, suite à une chute de cheval.

Après le conflit, Genevay est fabricant de literie en 1921. La famille est installée avenue du Château, voie qui sera renommée plus peu après avenue Foch, toujours à Polangis. En 1926, il est employé commercial dans la firme cinématographique Pathé, installée à Joinville-le-Pont dans le même quartier. À partir de 1931, il est artisan tapissier et son épouse l’accompagne comme matelassière.

À l’occasion des élections municipales de mai 1929, Genevay se porte candidat sur la liste de Concentration des gauches, conduite par Georges Briolay, qui comprend des radicaux-socialistes, des socialiste indépendants et des membres du parti socialiste SFIO. Elle arrive en tête au premier tour, avec 42,8% des suffrages exprimés devant le maire sortant, Stephen Durande (droite) à 38,8% et les communistes (18,4%). Au second tour, les gauches emportent 22 des 27 sièges à pourvoir en obtenant 45,9%, les conservateurs ayant les cinq autres avec 41,6% tandis que le PCF n’a pas d’élu (12,5%). Au premier tour, Genevay avait obtenu 749 voix pour 1 715 suffrages exprimés (43,7%) sur 2 491 inscrits. Il est élu au second tour et Briolay devient maire.

Au sein du conseil municipal, si Genevay figure dans la majorité solidaire du maire, il se prononce cependant en juin 1929 contre le changement d’appellation de la rue du Cimetière qui devient, sur proposition du premier adjoint socialiste, Georges Roger, rue de l’Égalité.

Dans la ville, Genevay prend une part active à la vie locale. Il est entre 1934 et 1938, président de la commune libre de Polangis, structure d’animation du quartier. Il est administrateur de la caisse des écoles en 1935. Représentant sa commune, il est désigné en août 1934 membre de la Commission administrative de l'hôpital intercommunal de Créteil. Il fait également partie en mars 1933 des initiateurs d’une Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants de Joinville-le-Pont, présidée par Henri Fraissange.

La vie municipale est agitée, le parti socialiste SFIO retirant son appui à la municipalité. Un accord électoral avec les libéraux et conservateurs permet la conservation de la majorité lors d’élections municipales partielles en octobre 1934, mais la rupture de cette alliance conduit à une compétition élargie pour les élections municipales de mai 1935.

Pour cette échéance, Genevay est élu en avril 1935 vice-président du Groupement des gauches républicaines, présidé par le radical Gabriel Vélard et qui comprend aussi des socialistes indépendant, dont l’adjoint au maire sortant, Roger, dissident de la SFIO.

Il participe avec le maire à la liste qui revendique au bilan de la municipalité d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concède avoir dû augmenter les impôts, mais assure qu’il s’agit de charges imposées à la commune (contingent d’incendie, indemnités de chômage, moins-values sur les recettes).

La liste radicale obtient 26,8% au premier tour, largement devancée par l’Union des républicains (droite, 32,6%) et talonnée par les communistes (23,5%), qui fusionnent entre les deux tours avec les socialistes SFIO (12,3%). La droite, avec 40% et 25 sièges, devance légèrement la gauche communiste et socialiste (39,7%, 2 élus), tandis que les radicaux sont distancés (19,5%, pas d’élu).

Honoré Genevay, qui est alors artisan tapissier, a obtenu 791 voix pour 2 856 suffrages exprimés (27,7%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits au premier tour. Il est crédité au second tour de 607 voix pour 2 899 suffrages exprimés (20,9%) sur 2 924 votants.

Honoré Genevay meurt le 4 février 1942 à Joinville. Il était âgé de 53 ans et père de trois enfants, dont deux morts très jeunes. Décoré de la Croix de guerre, il était également titulaire des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis février 1939. Son père, qui l’avait rejoint à Joinville en 1934, meurt sur place trois mois plus tard.

Le pont de Joinville en 1939

 

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6 octobre 2022 4 06 /10 /octobre /2022 05:01

François Marie Petit naît le 2 décembre 1878 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Jeanne Marie Tomassin et de son mari, Pierre Petit, fruitiers, qui vivent rue des Gravilliers.

Ajourné à deux reprises en 1899 et 1900, François Petit effectue un service militaire raccourci de dix mois en 1901-1902 dans la 5e section de commis et ouvriers d'administration (COA).

Devenu comptable, François Petit épouse en décembre 1902, à Paris (6e arr.), Alice Charlotte Meunier, employée de commerce, originaire de Troyes. En 1907, ils sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, impasse des Réservoirs.

Pendant la première guerre mondiale, François Petit est mobilisé en août 1914 dans la 22e puis la 7e section de COA. Reconnu apte au service armé, il est affecté en novembre 1916 au 107e régiment d’artillerie lourde. Il est démobilisé en février 1919.

En mai 1929, François Petit est candidat aux élections municipales de Joinville sur la liste du Groupement des gauches, conduite par Georges Briolay. Elle regroupe les radicaux-socialistes, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste, issue du Cartel des gauches, est devancée par celle du maire sortant, Stephen Durande (divers droite) qui a 42,6% ; elle obtient 35;9%, devant les communistes à 16,0%. Malgré le maintien de ces derniers, la liste des gauches remporte le scrutin au second tour avec 22 sièges sur les 27 à pourvoir, ayant recueilli 45,9% face aux 41,6% de la droite (5 sièges), les communistes reculant à 12,5%.

François Petit avait obtenu 755 voix au premier tour pour 2 126 suffrages exprimés (35,5%) sur 2 969 inscrits. Il est élu au deuxième tour. Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire.

Au sein du conseil municipal, Petit critique en juin 1933 la qualité de travaux de voirie. Il s’inquiète, en juillet la même année, de l’utilisation d’un matériel non moderne pour l’éclairage d’un quai. Il est également trésorier de la caisse des écoles. En 1931, la famille a déménagé quai de la Marne.

Comme le maire, dont il est proche politiquement, Petit s’affiche régulièrement auprès d’Adolphe Chéron, député radical indépendant et sous-secrétaire d’État à l’éducation physique en 1933. En juillet 1934, alors que la crise est ouverte au sein du conseil entre la majorité radicale-socialiste et certains socialistes, notamment Galabert, c’est Petit qui fait une déclaration de confiance au maire. Il est candidat, en novembre 1934, en compétition avec Caillon et Bautsch, pour devenir adjoint au maire, une quatrième poste étant rendu possible après l’évolution de la législation. La désignation est cependant reportée jusqu’aux élections municipales de mai 1935. En janvier 1935, Petit s’oppose à la garantie demandée par un organisme de logements à bon marché pour la construction de la cité Égalité, dans le quartier Palissy ; la ville se porte cependant garante et de verra ultérieurement obligée de suppléer la société défaillante.

Le comité radical-socialiste avait, lors d’élections municipales complémentaires en octobre 1934, conclu une alliance avec le Comité d’union républicaine et d’action sociale, qui regroupe depuis 1912 les formations de droite dans la commune. Avec l’accord des radicaux indépendants de Chéron, cet accord leur permit de remporter les six sièges à pourvoir. Le député préconisa la reconduite de l’alliance en 1935, mais la droite, devenue Union des républicains de Joinville, refusa en avril 1935 : « L’Union des républicains de Joinville, se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux. »

Une liste des Gauches républicaines fut donc présentée par le maire sortant, Briolay, sur laquelle Petit figurait en cinquième position. À son bilan, elle revendiquait d’importants travaux d’embellissement de la ville avec l’amélioration de la voirie, l’installation d’un éclairage public et le renforcement des transports publics. Elle reconnaissait avoir dû augmenter les taxes locales, attribuant cette hausse à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent incendie, indemnités de chômage, moins-values sur les recettes). Le programme des Gauches républicaines prévoyait des travaux de viabilité et d’assainissement, assurait vouloir faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national pour réduire le chômage (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Elle prévoyait la création d’un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis et l’agrandissement de l’école du Centre. Des cours de natation et d’aviron gratuits étaient proposés.

Devancée au premier tour par l’Union des républicains (32,6% des suffrages exprimés), le Groupement des gauches républicaines arrive en deuxième position avec 26,8%. Deux listes de gauches suivent : les communistes (23,5%) et les socialistes SFIO (12,3%). Ces deux dernières fusionnent en vue du second tour. Elles recueillent alors 39% des votes et deux ds 27 sièges à pourvoir, la droite ayant 41% et les 25 autres élus, tandis que les radicaux-socialistes, rédutis à 20%, ils quittent le conseil.

Au premier tour, Petit avait obtenu 790 voix pour 2 856 suffrages exprimés (27,7%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

En mars 1936, Petit est membre du Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix, qui accorde son investiture à A. Chéron pour les élections législatives. Il est présidé par Armand Faivre, conseiller municipal (divers-droite). Chéron sera battu par Parsal, candidat communiste soutenu par le parti socialiste et le parti radical-socialiste.

François Petit meurt le 24 décembre 1969 à Créteil (Val-de-Marne). Il résidait encore probablement à Joinville, était âgé de 91 ans et père d’un fils. Il avait été décoré des Palmes académiques en février 1935 pour services rendus aux œuvres scolaires.

Une crue de la Marne à Joinville-le-Pont en 1930

 

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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 05:01

Réélu président du comité radical de Joinville en janvier 1933, Georges Briolay participe en octobre au congrès du parti radical-socialiste à Vichy (Allier). Mais il abandonne, en novembre, la présidence du comité joinvillais qui revient à Émile Herluison, représentant de commerce.

Avec ses alliés, le maire radical rencontre des difficultés. Dans l’hebdomadaire libéral Gazette de l’Est, Claude Noizat, candidat sur sa liste en 1925 et ancien militant socialiste SFIO (mais qui s’en est éloigné) s’en prend de plus en plus souvent à lui. Outre les cinq élus de droite, qui critiquent régulièrement les dépenses, François Galabert, élu socialiste SFIO, prend des positions de plus en plus critiques, en particulier sur la politique sociale. Le paroxysme est atteint au cours d’une séance du conseil municipal le 30 octobre 1933, que l’hebdomadaire Voix des communes juge « particulièrement pénible » : « Galabert, venu avec l’idée de faire de l’obstruction et de provoquer un scandale fut le héros de la soirée. Surexcité, violence de langage, débauche d’injures, geste inconsidérés. Scornet préside, en l’absence du maire. Suspension de séance, tumulte, chaises déplacées, tables précipitées à terre. Reprise avec Briolay, maire, comme président ; nouvelle suspension et appel à la police qui expulse Galabert manu militari, emporté au poste pour calmer sa colère furieuse. L’ordre du jour comportait des régularisations administratives qui ne pouvaient en aucune façon laisser présager un tel déferlement de violence ». Le journal fait officiellement part de sa position « Qu’un conseiller municipal se laisse aller à des violences de langage et de geste, c’est un manque absolu de dignité. Rien ne nous autorise à suspecter l’honorabilité de Briolay. La passion et le parti-pris sont toujours de détestables arguments. »

Au cours de la séance suivante, en décembre, Galabert présente, selon Voix des communes, des « excuses partielles » et se voit infliger un blâme par le conseil. Démontrant l’affaiblissement de la majorité municipale, le budget pour l’année 1934 n’est adopté que par 9 voix contre 6, alors que le conseil devrait comprendre 27 membres.

Briolay pour sa part intervient au cours du Congrès municipal et social qui se tient à Lyon le même mois. Parmi les opposants, on compte trois élus sur la liste de droite en 1929 (Provin, Caillon et Lecuirot) mais aussi trois anciens colistiers du maire (Galabert, Hainsselin et Béal).

Au cours de l’année 1934, les tensions continuent au sein du conseil municipal. La séance du 15 février est de nouveau agitée, du fait de Galabert. Il est d’abord blâmé par le conseil pour avoir annoncé qu’il aurait déposé, auprès du préfet de la Seine, au sujet de la gestion municipale, tandis que le fonctionnaire indique ne pas avoir reçu une telle requête. Ensuite, en présence d’un nombre important de spectateurs (80), supposés être affiliés au parti communiste, Galabert s’élève « contre le travail forcé imposé aux chômeurs par une municipalité tyrannique », selon Voix des communes qui indique que cela provoqua un charivari puis une suspension de séance. L’autre journal local, Gazette de l’Est, indique que Galabert dénonce « la dilapidation des fonds communaux, sans d’ailleurs apporter de preuves. »

Constatant que 12 conseillers municipaux manquent à l’appel (dont le premier adjoint Maxe), ce journal demande en avril 1934 l’organisation d’élections complémentaires tout en traitant Briolay de « dictateur ». Elles auront lieu en octobre.

Dans cette optique, Briolay transmet en juillet une proposition verbale de « trève politique » au Comité d’union républicaine et d’action sociale, présidé par Émile Lecuirot, qui accepte d’entrer en pourparlers avec le parti radical-socialiste.

Briolay et son adjoint Scornet font tous deux, au cours de l’été, des malaises. Le maire va cependant participer, en octobre, au congrès du parti radical-socialiste à Nantes.

Le même mois, les élections complémentaires organisées à Joinville pour dix sièges vacants, voient quatre listes s’aligner et confirment le délitement de l’ancienne alliance du Cartel des gauches. Roger, l’adjoint socialiste, démissionne de la SFIO, qui présente une liste autonome, laquelle se désiste, au second tour, au profit des communistes. La Concentration républicaine, composée de six candidats de droite et de quatre radicaux-socialistes fait également face à des Républicains indépendants, parmi lesquels on trouve également des radicaux. La Concentration républicaine arrive en tête avec 37,0% des suffrages exprimés, devant les Républicains indépendants à 25,5%, les communistes et les socialistes ayant respectivement 17,6% et 17,8%. Au second, face aux seuls communistes, la liste de centre-droit remporte les dx sièges avec 59,5% des votes.

L’alliance électorale ne contribue cependant pas à régler les problèmes au sein du conseil. Ainsi, en novembre, faute de consensus, Briolay doit renoncer à faire élire un nouvel adjoint tandis que plusieurs décisions financières sont discutées publiquement. Scornet, adjoint au maire socialiste indépendant, meurt fin novembre 1934. Au sein du comité radical-socialiste de Joinville, Gabriel Vélard remplace Herluison, devenu conseiller municipal.

Le compte-rendu de mandat de la municipalité, en avril 1935, est d’abord une nécrologie, puisque sept des 27 élus sont décédés. Les travaux de voirie sont mis en avant avec l’aménagement de squares, le développement de la bibliothèque communale et la réorganisation du service des ordures ménagères. Pour les élections municipales de 1935, le Groupement des gauches républicaines, qui a perdu l’adhésion de la SFIO, se reconstituer cependant avec les radicaux et quelques socialistes indépendants, dont Roger ; Vélard le préside.

Contrairement aux souhaits des radicaux et du député Chéron, l’alliance scellée en 1934 n’est pas reconduite. L’Union des républicains de Joinville, nouveau nom de la droite locale, indique, en avril 1935 que « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, [elle] a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux. »

La liste des Gauches républicaines, conduite par Briolay, met à son programme l’assainissement, des travaux de viabilité, la réfection des trottoirs défectueux et la création de squares. En matière de chômage, elle veut pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau), se prononce pour le maintien des allocations et revendique la création d’un fonds national de chômage. Elle entend créer un nouveau groupe scolaire à Polangis, agrandir celui du quartier du Centre et propose de faire des cours de natation et d’aviron gratuits.

Au cours des élections municipales de mai 1935, le Groupement des gauches républicaines arrive en seconde position avec 26,8% des suffrages exprimés ; il est devancé par l’Union des républicains (droite, 32,6%) et talonné par les communistes (23,5%). Ces derniers fusionnent, au second tour, avec la liste socialiste (12,3%). Briolay avait obtenu 770 voix pour 2 856 suffrages exprimés (27%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Pour le second tour, la liste de gauche fusionnée fait mieux que le total des deux formations, à 39% des suffrages exprimés et obtient deux sièges, les radicaux reculant fortement à 20% sans avoir d’élu, la droite remportant le scrutin avec 25 sièges et 41%. Léon Lesestre est élu maire.

Présentant les leçons du scrutin, Union régionale, commente ainsi : « Deux listes républicaines étaient en présence au premier tour. C’était déjà une faute. Cette faute fut aggravée au deuxième tour par l’entêtement incompréhensible du maire sortant, M. Briolay. Le préfet de la Seine, inquiet du résultat de cet antagonisme, l’avait appelé pour lui conseiller de former une liste unique. Celui-ci refusa, ne voulant se souvenir que des injures échangées et non de l’intérêt général. Le résultat pouvait être désastreux ; il ne le fut que pour les radicaux, tous battus, maire et adjoints compris, au profit de 25 candidats d’Union nationale et de 2 communistes. Joinville l’a échappé belle. »

Après sa défaite, le nouveau conseil mettra en cause Briolay pour avoir engagé la responsabilité de la ville dans la garantie accordée à une société d’habitations à bon marché, qui avait construit à Joinville une cité (Égalité, dans le quartier de Palissy) mais ne pouvait rembourser, ayant fait faillite.

En avril 1936, Briolay se retrouve avec son successeur, Lesestre, en tant que signataire d’un appel en faveur de la candidature d’Adolphe Chéron au poste de député. Au contraire, la Fédération radicale-socialiste du canton de Saint-Maur-des-Fossés avait accordé son Investiture pour les élections législatives à Gabriel Vélard, industriel, président du comité de Joinville. C’est le communiste André Parsal qui, avec le soutien du Front populaire y compris de Vélard et des radicaux, remporte l’élection au second tour contre Chéron.

Georges Émile Briolay meurt le 12 août 1940 à Maisons-Alfort. Il était âgé de 77 ans et père de quatre enfants issus de son premier mariage.

Gratifié d’une médaille d'argent pour son attitude lors des graves inondations de la Marne au premier trimestre 1910 et d’une mention honorable pour son rôle en matière mutualiste en 1932, il avait obtenu les Palmes académiques, comme officier d’académie en février 1909 puis comme officier de l’instruction publique en janvier 1931. En novembre 1911, il avait été nommé chevalier du mérite agricole puis, en décembre 1934 chevalier de la Légion d’honneur.

Fin

Georges Émile Briolay

 

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Lors des élections municipales générales de mai 1929, Georges Briolay prend de nouveau la tête d’une liste de Cartel des gauches, avec l’appui du parti radical-socialiste, du parti socialiste SFIO et de socialistes indépendants. Le maire sortant, élu en cours de mandat, Stephen Durande, conduit les sortants avec l’appui des formations de droite. Roger Bénenson pilote la campagne des communistes.

Au premier tour, la droite obtient 42,6% des suffrages exprimés, devant le Cartel des gauches à 35;9% et les communistes à 16,0%. Briolay recueille 910 voix pour 2 126 suffrages exprimés (42,8%) sur 2 969 inscrits, soit un score personnel bien supérieur à la moyenne de sa liste.

Au second tour, la liste de droite recule à 41,6% et cinq élus, mais le maire sortant est battu. Le Cartel des gauches remporte les 22 autres sièges avec 45;9% tandis que les communistes régressent également à 12,5%. Parmi les 22 élus de gauche, il y a quatre membres du parti socialiste SFIO et plusieurs socialistes indépendants, aux côtés des radicaux-socialistes.

Élu maire, Georges Briolay a comme adjoints le restaurateur Robert Maxe, indépendant, le commissionnaire Georges Roger, socialiste SFIO, le représentant de commerce Georges Scornet, socialiste indépendant et le professeur Joseph Marie Moutardier, radical-socialiste. C’est la première fois qu’il peut y avoir quatre adjoints au maire.

Pendant son mandat, Briolay prête attention aux sports, notamment à l’aviron et aux courses de chevaux, les hippodromes du Tremblay (Champigny) et de Vincennes, dans le bois éponyme, ayant une forte influence économique sa ville. En février 1930, il explique ainsi au journal Le Trotteur « que la banlieue Est de Paris, d’une part, et que Joinville, d’autre part, jadis plutôt déshérités, jouissaient, grâce au trotting, d'une grande prospérité. »

Bien que malade, Briolay est renouvelé, en février 1931, dans sa fonction de président du Comité radical-socialiste de Joinville.

À la mairie, Briolay s’implique notamment dans l’entretien et l’amélioration de la voirie. Il tente de promouvoir la création d’une passerelle entre le quartier de Polangis et Nogent-sur-Marne, une grande partie de la population estimant que « le passage d’eau est une solution moyenâgeuse » mais le projet reste à l’étude. Il engage la construction de l’école (act. collège) Jules Ferry, dans le quartier de Polangis.

En janvier 1933, une élection cantonale est organisée à cause du décès de Paul Avet, radical indépendant, également maire de Créteil. Le canton comprend les communes de Joinville, Créteil, Bonneuil et une petite partie de Saint-Maur-des-Fossés (le quartier Schaken). Briolay se présente, avec le soutien des radicaux-socialistes, de même que le nouveau maire de Créteil, Louis Prieur (droite), qui compte un concurrent de son même camp, l’ancien conseiller général Naudin. La SFIO présente Morel et le parti communiste Depernet.

Dans l’hebdomadaire Union régionale (libéral) un certain Lynx se désole de la qualité des candidats et lance un « SOS » : « Prieur est un homme de la terre, sans instruction ni formation administrative, maire de Créteil depuis 8 jours. Briolay est le vieil artisan, sans éducation première, incapable d’assimiler les grandes questions qu’un conseiller général aura à traiter ». Un autre correspondant du même journal, Jean de Mesly, commente « Briolay est un candidat redoutable, sinon pour sa valeur personnelle qu’on dit bien mince, mais pour sa présentation par les radicaux unanimes ».

Dans le même journal, on trouve une lettre de Bony attaquant Briolay, qui se revendique d’un « comité électoral d’action radicale joinvillaise » et assure que « de nombreux radicaux-socialistes de Joinville voteront contre ce candidat qui a cyniquement mystifié son parti en truquant le scrutin d’investiture. Comité radical de Joinville : 35 membres, 16 votants, 11 pour Briolay. Vote entériné par le comité cantonal de Saint-Maur, 31 électeurs de la 2e circonscription dont les 11 joinvillais. »

Les électeurs mettent les deux maires en tête, mais celui de Créteil a un net avantage avec 35%, contre 22,8% à Briolay, 17,2% à Depernet (PCF), 16,0% à Naudin (droite) et 8,8% à Morel (SFIO). Ce dernier se désiste pour Briolay tandis que Naudin soutient Prieur ; c’est le cas aussi du député radical indépendant Chéron. Prieur est élu avec 49,2%, tandis que Briolay est à 32,8% et le communiste à 17,9%. L’Union régionale commente dans sa rubrique Créteil : « Il y a une justice immanente et Briolay doit méditer sur ses erreurs de vieux militant radical » tandis que le correspondant de Joinville se dit « Un peu triste. »

L’hebdomadaire radical Voix des communes commente sa défaite : « Les militants socialistes ont répondu comme un seul homme à l’appel qui leur était fait. La personnalité [de Briolay] était en jeu ; il a été diminué par ceux qui sont restés volontairement en dehors de la bataille électorale. »

À suivre

Georges Émile Briolay

 

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24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Âgé de plus de cinquante ans, Georges Briolay n’est pas mobilisé pendant la première guerre mondiale. Il poursuit son activité professionnelle et son engagement associatif à Joinville-le-Pont. Il préside toujours le comité radical-socialiste communal et la section locale de la Ligue des droits de l’Homme ; il est aussi un des animateurs locaux de la section des Vétérans et des Anciens combattants de 1870-1871, organisation de secours qui va s’ouvrir aux victime de la Grande-Guerre.

Dans l’hebdomadaire radical Voix des communes Briolay polémique aussi avec la municipalité. Par exemple, en février 1916 il dénonce l’acceptation par la  majorité, contre l’avis des conseillers socialistes, de la hausse des prix du gaz écrivant : « Chacun des 8 gaziers nous coûte 1 500 fr. par an. »

S’inquiétant de la cherté des combustibles pour les familles et de l’inaction, dans ce domaine, selon eux, du conseil municipal, Rey et Briolay organisent à partir de juin 1916 l’achat collectif d’une cargaison de 330 tonnes de charbon à Rouen. En juillet, ils rassemblent une centaine de souscripteurs. Les livraisons aux consommateurs s’étalent entre octobre et décembre. Les bénéfices tirés de la vente sont distribués au profit des familles de prisonniers.

Le décès de Rey, en août 1918, laisse Briolay seul responsable actif au sein du comité radical-socialiste. En septembre 1919, il est désigné vice-président de la Fédération radicale-socialiste du canton de Saint-Maur. Dans doute parce que les militants radicaux sont alors moins nombreux, mais aussi dans le contexte d’Union nationale qui fait suite la fin de la guerre, Briolay rejoint, avec quelques radicaux et socialistes devenus indépendants, la liste d’union républicaine et sociale conduite par Henri Vel-Durand, Mermet, le maire sortant, n’ayant pas demandé le renouvellement de son mandat et devant d’ailleurs décéder le jour même du scrutin. Le vote a lieu en novembre 1919.

Les anciens associés des radicaux dissidents lors du second tour des élections municipales 1912, les socialistes SFIO et les libéraux, présentent cette fois des listes concurrentes. Au premier tour, la liste Vel-Durand est en tête avec 44,8% des suffrages exprimés, devant la SFIO à 29,0% et le Bloc indépendant (droite), 26,2%. Ce dernier se retire alors, permettant à Vel-Durand de remporter les 23 sièges à pourvoir avec 65,5%. Briolay retrouve le conseil municipal ; il est arrivé en dernière position des élus avec 935 voix pour 1 518 suffrages exprimés (61,5%) sur 1 537 votants et 2 491 inscrits. Vel-Durand est élu maire, Julien Périn (ex-SFIO) et Arnaud (radical dissident) sont adjoints.

En décembre 1919, Briolay perd son épouse, peut-être victime de la grippe espagnole, alors virulente. Un an plus tard, il épouse à Paris (10e arr.) Pauline Honorine Louise Marvy, elle aussi veuve et native d’Hammersmith, quartier alors industriel de Londres (Royaume-Uni).

En mars 1923, Briolay participe à la fondation de la section de Joinville de la Ligue de la République. Elle a pour objectif de grouper « tous les partis de gauche pour faire échec à la réaction ». Plusieurs conseillers municipaux l’accompagnent : Aubry, Augros, Girot, Graillat, Roux et René Caperon, qui en est le président. En décembre la même année, la Ligue lance un appel : « Devant des adversaires unis, l’union des gauches s’impose ». Briolay décide également de reconstituer le comité du parti radical-socialiste. En janvier 1924, Caperon cède la place à Moutardier.

La Ligue se transforme, en mars 1924 en Cartel des gauches qui s’adresse « Aux démocrates joinvillais » : « Il faut une coalition pour combattre efficacement le Bloc national » ; Briolay en est le président. La section de Joinville de l’Union Socialiste-Communiste (USC) ainsi que le parti socialiste SFIO rejoignent le cartel de même que le comité radical-socialiste.

La Fédération radicale-socialiste de la Seine dénonce, en mars 1924, la création par la député Adolphe Chéron d’un groupe radical dissident.

En ce qui concerne le fonctionnement du conseil municipal, Briolay fait part en novembre 1924 de son mécontentement : « Quelle administration, quelle pétaudière ! Plainte d’un industriel, adjudicataire d’un marché, alors que la commune se fournit chez un autre. Quand je disais que nous étions, nous, les conseillers, le consultatif et non l’exécutif, j’allais certainement un peu vite, car je m’aperçois que nous ne sommes même pas consultés. Ah oui, ça ne se passait pas comme celà dans les anciens conseils ! »

La tension monte et, en décembre 1924, l’hebdomadaire Voix des communes publie un message de Briolay : « Confidences la semaine précédente du maire mettant en cause Briolay dans le train de 1h39 revenant à Joinville. Les voyageurs disent du mal du maire hors de sa présence dans le train qui va à Paris de 11h32. Depuis 5 ans que dure notre mandat, je crois lui avoir apporté mon concours le plus loyal et aurais désiré le terminer de la même façon. Pour les prochaines élections, si je suis candidat, ce ne sera pas sur la même liste que lui et il le sait. Terminons notre tâche et après nous verrons. »

Lors de la désignation en mars 1925 des électeurs sénatoriaux, deux listes sont proposées aux conseillers municipaux : l’une de droite, obtient 8 à 9 voix, l’autre du Cartel des gauches en a 6 ou 7 et ses candidats sont battus. Le scrutin provoque une crise car Caperon et Girot, qui avaient appartenus à la Ligue de la République, se font élire par la droite. Briolay les traite de « renégats » et assure que l’entente impossible avec ceux qui ont soutenu le Bloc national pour ce vote sénatorial.

Les élections municipales de mai 1925 voient s’affronter trois listes. Celle du maire sortant, dite Union républicaine et sociale, a désormais le soutien des formations de droite. Briolay prend la tête du Cartel des gauches (USC, SFIO, radicaux) et le parti communiste présente sa propre candidature. Au premier tour, Vel-Durand est devant avec 47,5% des suffrages exprimés ; les gauches sont à 28,4% et les communistes à 21,1%. Au second tour, la droite emporte les 27 sièges à pourvoir. Vel-Durand est réélu maire et a comme adjoints Stephen Durande, François Provin et Jules Beauvais.

Briolay, qui en est toujours le trésorier, se plaint de ce que le maire écarte les Vétérans de 1870 des cérémonies du souvenir en novembre 1925.

Le décès de Vel-Durand, en septembre 1928, conduit à de nouvelles élections, avec un paysage électoral comparable à celui de 1925. Cependant, cette fois-ci, c’est la liste de la gauche républicaine, conduite par Briolay, qui arrive en premier ; elle comprend un socialiste SFIO et un socialiste indépendant pour les trois postes à pourvoir. Briolay est élu conseiller municipal au second tour, comme ses deux colistiers, malgré le maintien des candidats communistes, avec 793 voix pour 1 667 suffrages exprimés (47,6%) sur 1 677 votants et 2 995 inscrits. À noter qu’au premier tour, le parti communiste avait présenté une candidate, Mme Martin, dont les bulletins n’ont pas été comptés, les femmes n’étant à cette date pas éligibles. Stephen Durande devient maire de Joinville. François Provin et Louis Caillon sont ses adjoints.

À suivre

Georges Émile Briolay

 

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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Au cours de l’année 1911, le climat politique continue à se tendre à Joinville-le-Pont, alors que le maire, Eugène Voisin, malade, est souvent absent et a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux futures élections municipales de 1912. Les deux adjoints, « Villain et Briolay remplacent du mieux qu’ils peuvent le maire » selon l’hebdomadaire radical Voix des communes.

C’est le cas en particulier lors de d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal, qui se tient en février 1911 avec 300 participants. Le plus souvent, c’est Georges Briolay qui répond aux interpellations du public, sur les associations, la voirie, les services publics. Lorsque le représentant des Républicains libéraux (droite), l’avocat Louis Gallas lui demande « si le conseil est homogène », Briolay répond qu’il n’en sait rien ; tous les conseillers municipaux sauf un « font ou ont fait partie du comité radical-socialiste ; s’il y a des dissidents, c’est à eux de le dire ». Un ordre du jour de défiance est proposé par les socialistes unifiés de la SFIO et soutenu par les libéraux ; il reçoit le soutien de 30 des 300 citoyens présents. Pour Voix des communes, « Briolay a supporté tout le poids de ce débat avec bonhomie. »

La crise s’intensifie en mars lorsqu’un conseiller radical, Louis Rey, dénonce des incidents dans l’école de Polangis, que l’on qualifierait sans doute un siècle plus tard de harcèlement. C’est Briolay qui avait reçu cette plainte en mairie. Le scandale éclate dans l’opinion publique Le curé chasse de l’église où elle faisait le catéchisme la mère de famille qui a dénoncé la situation. Le 21 mars, le conseil municipal évoque la situation dans un tumulte et cinq conseillers municipaux quittent la séance. Rey remarque que les protestataires reprochent « non pas les faits, mais la divulgation des faits » et maintient : « elle était nécessaire, les scandales ont cessé ». Le comité radical-socialiste de Joinville estimera ensuite que « l’école laïque doit être à l’abri de toute critique et que sa défense est l’orgueil du Parti radical-socialiste. »

Cependant, les opposants démissionnent de leur mandat municipal et il faut organiser en mai 1911 des élections partielles pour pourvoir sept postes vacants, soit plus du tiers du conseil. Les six démissionnaires se représentent, accompagnés sur une liste de protestation par un de leurs sympathisants. Parmi eux, on compte Henri Vel-Durand et Achille Mermet, tous deux radicaux et futurs maries de la ville. Le comité radical-socialiste officiel ne présente pas de liste, mais son président et plusieurs de ses membres figurent sur celle présentée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville. Ils échouent et les dissidents remportent les sept sièges avec le soutien aussi bien des libéraux que des socialistes.

La presse radicale fait état du désarroi du comité radical-socialiste, dont le bureau démissionne. Briolay est élu président en juin 1911 après une séance d’audition des ex-démissionnaires dont l’exclusion est demandée par plusieurs adhérents qui critiquent une « campagne équivoque haineuse, de mensonge » avec des attaques contre Briolay et Rey. Le bureau renouvelé met en place une procédure de parrainage pour l’admission de nouveaux membres dans le comité.

Un des derniers actes du long passage d’Eugène Voisin à la mairie de Joinville (45 ans, dont 24 comme maire) est l’inauguration de l’agrandissement de la mairie ; son état de santé fait que ce sont ses adjoints qui le représentent.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, quatre listes s’alignent : Georges Briolay conduit celle des de la majorité sortante, avec dix des 23 conseillers en poste et le soutien du comité radical-socialiste. Avec environ 27% des suffrages exprimés, elle est devancée par les radicaux dissidents (environ 31%), et suivie par les socialistes SFIO (22%) et les libéraux (19%). Ces trois groupements ont passé un accord de fusion en vue du second tour sur une base proportionnelle à leur score : la coalition permet donc de faire élire 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Par contre, les radicaux-socialistes sont battus et n’ont pas d’élu.

En août 1912, Briolay signe en tant ancien adjoint au maire et président du comité radical-socialiste, une Lettre ouverte à Hainsselin, Beauvais et Arnaud, trois des élus de la nouvelle majorité municipale, le premier ancien socialiste, le deuxième libéral et le troisième ex-radical. Il reconnaît que « le Parti radical-socialiste à Joinville a été battu, bien battu » mais l’attribue « à une coalition honteuse ». Briolay reproche à Hainsselin de s’être fait élire pour promouvoir ses intérêts personnels ; il attaque les insinuations qu’aurait faites Beauvais sur son train de vie ; enfin il s’indigne de ce qu’Arnaud le mette en cause pour avoir « emprunté » un instrument de musique, qu’il assure avoir « acheté il y a 21 ans ». Par contre, Briolay revendique sa responsabilité dans l’échec d’Henri Vel-Durand lors de l’élection cantonale de juin 1912 : « Si vous m’accusiez de m’être employé à faire ramasser une veste à Vel-Durand à l’élection au conseil général, ne cherchez pas. Oui, c’est moi le coupable. Je le reconnais. J’avoue : c’est la récompense de sa trahison à la cause radicale-socialiste. »

En juin 1913, avec Louis Rey auquel il reste manifestement très lié, Briolay participe à une souscription pour les victimes du scandale de Couffouleux : un instituteur de la commune de Peux-et-Couffouleux, dans l’Aveyron, avait essuyé des tirs de carabine, parce qu’il utilisait un manuel d’histoire laïque, ce que contestait le curé et les deux-tiers des parents de cette petite école de campagne.

L’adjoint au maire et conseiller d’arrondissement, Henri Vel-Durand, est exclu en juillet 1913 du parti radical-socialiste de la Seine, pour avoir combattu le comité de Joinville et l’ancienne municipalité.

Le congrès des Fédération des Comités républicains radicaux et radicaux-socialistes de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui couvre alors une grande partie de l’actuel Val-de-Marne, se tient en janvier 1914 à Joinville-le-Pont, au restaurant Jullien, dans l’île Fanac. Le journal Le Radical note que c’est « incontestablement une des circonscriptions de la Seine où le Parti radical et radical-socialiste a pu s'organiser le plus fortement ». Près de 1 200 personnes y participent, pour désigner le candidat unique du Parti aux prochaines élections législatives. Adolphe Chéron est désigné à l’unanimité.

À suivre

Georges Émile Briolay dans la mairie de Joinville-le-Pont

 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 05:01

Suite de la biographie de Georges Émile Briolay

Bien qu’ayant cédé en novembre 1907 la présidence du comité radical-socialiste de Joinville à Albert Gallas, Georges Émile Briolay est en première ligne pour défendre la liste de la majorité, toujours conduite par le maire sortant Eugène Voisin lors des élections municipales de mai 1908. Il assure ne vouloir « ni nationalisme, ni internationalisme » et défend l’anticléricalisme traditionnel des radicaux joinvillais, par exemple lorsque la croix qui figurait à l’entrée du cimetière communal est démontée, en octobre 1907, au nom de la « neutralisation du cimetière ». Il propose cependant de « la céder gratis pour la chapelle Sainte-Anne », qui vient d’être élevée avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis.

Affirmant ses convictions, face aux attaques de ses opposants de droite comme de gauche, Briolay, qui écrit régulièrement dans la rubrique locale de l’hebdomadaire Voix des communes, assure en février 1908 : « Je suis et resterai un libre-penseur radical-socialiste ». Il rappelle aux dissidents que, en 1904, tous les candidats avaient signé le programme politique de la liste. Lors de l’élaboration de ce texte, la question religieuse n’avait pas été adoptée, au grand regret de Briolay qui assure avoir cédé car « des conseillers anticléricaux acharnés avaient des enfants ayant fait leur première communion » dans l’église catholique. Cependant, Briolay assure avoir une nature conciliante : « J’ai vécu 14 ou 16 ans dans la même maison que l’ancien curé, je lui ai rendu quelques services, entre autres éteindre un début d’incendie dans son logement et un autre dans le sous-sol de l’église. »

Le programme de la liste radicale assure vouloir une « gestion sage et une administration prudente des finances de la commune ». La future municipalité entend « réaliser des économies, encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité ». Elle affirme son opposition à de nouveaux impôts, et s’engage à faire un compte-rendu de mandat annuel.

Les candidats radicaux obtiennent en mai 1908 48,0% des votes des électeurs de Joinville au premier tour, devant la liste du Comité socialiste indépendant, dit évolutionniste, qui a 20,7% et regroupe des dissidents radicaux ainsi que des personnalités plus libérales ou socialistes, et 11,4% pour les socialistes SFIO. Six radicaux sont élus dès ce tour. Au second tour, la liste SFIO se retire et quinze radicaux ainsi qu’un évolutionniste et un indépendant complètent le conseil municipal. Briolay est élu au deuxième tour, avec 512 voix pour 1 189 suffrages exprimés (43,1%) sur 1 613 inscrits.

Eugène Voisin est réélu maire pour un sixième mandat. La défaite, inattendue, de son premier adjoint, Honoré Jullien, fait que, derrière Paul Villain, Briolay est appelé pour devenir second adjoint au maire ; il est élu par 20 voix sur 23. Parmi les nouveaux élus figure Louis Rey, un chimiste, franc-maçon, activiste radical-socialiste, redoutable polémiste, qui tient la rubrique joinvillaise de Voix des communes ; Briolay en est très proche. Il est de nouveau électeur sénatorial en décembre 1908. Son épouse, Denise Briolay, est membre de conseil d’administration de la Société de l’Allaitement maternel, principale organisation humanitaire de la commune.

Bien que la victoire électorale de 1908 ait été large, la vieillesse du maire, Eugène Voisin, et la durée de son administration font que les tensions vont se multiplier. L’évolution du contexte politique national, avec la montée des socialistes et l’aboutissement en 1905 du principal combat des radicaux, la séparation de l’église et de l’État, renforce les dissensions. En mars, Leteuil dénonce, par affiches, un « Scandale à la caisse des écoles ». L’affaire se dégonflera rapidement, mais elle entretient un climat d’affrontements verbaux et par voie de presse.

Après avoir visité en octobre 1909 l’exposition nationale industrielle de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine), Briolay et Rey plaident pour organiser une manifestation de ce type à Joinville en 1910. Malgré le soutien des commerçants, le projet fera long feu.

Une crise, démarrée en 1909, prend de l’ampleur en janvier 1910 : le chemin de Brétigny, dans le quartier de Palissy, est la voie d’accès au port fluvial utilisée par un entrepreneur pour évacuer les résidus de ses chantiers. Le charroi dégrade considérablement la voirie, le transporteur refusant de prendre la réfection du revêtement, et la mairie estimant que ce n’est pas à elle de le faire. Le mécontentement est exploité par les opposants de tous bords au cours de plusieurs réunions publiques et dans la presse comme par affiches.

À la même période, la Marne provoque d’importantes inondations qui recouvrent deux-tiers des quartiers de Polangis et Palissy ainsi que les quais de Marne, la rue du Canal ou la villa Schaken. 53 rues sur 89 ont été atteintes et les usines Pathé (cinéma) ou Bi-Métal sont à l’arrêt, cette dernière vivant en outre une grève dure. Plusieurs centaines de pavillons sont évacués, les habitants ont été abrités dans les hôtels et les préaux des écoles. Selon le journal Voix des communes « Briolay a coopéré au sauvetage des enfants », ce qui lui vaudra une médaille. Chaque conseiller est désigné pour veiller sur une partie de la ville. . Un service de bateau est organisé dans les rues inondées.

Fin février, quand les eaux refluent, la boutique de tapisserie de Briolay est un des lieux de réception des demandes d’indemnisation. Au sein d’un comité intercommunal des inondés, Leteuil, qui s’estime personnellement lésé, tente de mettre en cause la distribution en octobre 1910, mais il est blâmé par les autres membres du comité.

En mars 1909, l’ancien député radical ayant été élu au sénat, avait été remplacé à la chambre des députés par un autre radical, Amédée Chenal. Lors des élections législatives générales de mai 1910, Chenal ne se représente pas ; c’est Adolphe Chéron qui se présente avec l’investiture de la rue de Valois, mais il est battu par le maire de Champigny, Albert Thomas, socialiste SFIO.  C’est la première défaite des radicaux-socialistes dans cette circonscription depuis le rétablissement du scrutin majoritaire en 1889 ; le comité exécutif du parti avait apporté son soutien au socialiste, arrivé en tête au premier tour, contrairement aux groupes locaux, qui avaient encouragé le maintien d’un candidat radical en l’absence de risque réactionnaire. Le journal radical Voix des communes relève des réactions de commerçants joinvillais : « Nous voilà débarrassés des radicaux ! », « les démissions pleuvent chez le président [du comité radical-socialiste] Gallas, c’est la débandade ». Le correspondant de ce journal, Louis Rey, confirme l’existence d’une crise, tout en la relativisant : « Le comité radical et radical-socialiste s’est réuni le 14 mai sous la présidence de Gallas, 35 présents sur 80 adhérents, quatre démissions dues à la mauvaise humeur suite à la position du comité exécutif, dont trois élus de 1908. L’un d’eux a déjà retiré sa démission. »

Appelé à siéger comme juré dans la cour d’assises du département de la Seine en octobre 1910, Briolay signe avec les membres du jury un appel au président de la République pour introduire des « circonstances très atténuantes » qui permettent de réduire la peine en deçà des minimums prévus par la loi. Il était membre actif de la Ligue des droits de l’Homme, sensibles à ces questions.

À suivre

Georges Émile Briolay (au fond à gauche) avec Adolphe Chéron

 

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