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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 01:01

Pierre Guelpa – qui utilisera le prénom de Paul – naît le 22 décembre 1872 à Saint-Julien-en-Jarez, dans la Loire. Ses parents sont Marie Côte et son mari Charles Guelpa, plâtrier. Le père, est mentionné comme « disparu, sans domicile connu » en 1904.

Représentant de commerce, Paul Guelpa est domicilié à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il épouse en avril 1904 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Alice Cathy et s’installe dans cette dernière commune. Ils vivent séparés en 1908, leurs deux enfants résidant avec la mère dans le quartier de Polangis ; ils divorceront en décembre 1913.

Dans sa nouvelle commune, Guelpa va jouer un rôle significatif, sur le plan politique comme dans la vie sociale. En décembre 1907, il est chargé d’une mission pour résoudre un conflit entre deux médecins, les Dr Gripon et Vallat, ce dernier conseiller municipal, rivaux pour l’obtention d’un poste de médecin scolaire.

En mai 1908, Guelpa est élu conseiller municipal sur la liste du comité radical-socialiste, conduite par le maire sortant, Eugène Voisin. Elle s’oppose à une liste du comité socialiste évolutionniste, regroupement hétéroclite de libéraux et de socialistes dissidents, ainsi qu’à une liste incomplète de socialistes SFIO ; le Dr Gripon, candidat isolé, et Provin sur la liste évolutionniste seront les seuls opposants à être élus. La liste radicale obtient 65% des suffrages exprimés, les socialistes évolutionnistes 28%, les socialistes SFIO 4,7% et le Dr Gripon 2,3%. Guelpa recueille 506 voix sur 1 319 inscrits, un niveau inférieur à celui des conseillers sortants, mais il est élu au second tour.

Au sein de l’assemblée communale, Guelpa a une place importante. Il est électeur sénatorial à plusieurs reprises, en janvier 1909 puis en mars 1912. Il s’oppose en 1909 au principal animateur radical, Louis Rey, en plaidant pour une conception plus ouverte du compte-rendu de mandat aux électeurs.

Il exerce également un rôle politique national en tant que membre, à partir de 1909, du comité exécutif du parti radical-socialiste. Il siège cette année là à la commission de l'organisation du congrès. Guelpa donne en janvier 1910 une conférence sur « l'école laïque et les évêques » au siège du parti. Il exerce cette fonction jusqu’en 1912. Il est membre de la Fédération radicale et radicale-socialiste de la Seine.

La proximité de Guelpa avec les autorités radicales explique sans doute ses décorations : les Palmes académiques comme officier d’académie en 1908, le Mérite agricole pour « divers travaux sur la sériciculture » en 1910.

À Joinville, Guelpa s’implique également dans la vie locale. Il organise des fêtes estivales en 1908, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes estime qu’elles « n’étaient pas réussies ». Il est également président de la société athlétique de Joinville.

Guelpa décide, pour des raisons professionnelles, de quitter la France pour Bilbao (Espagne). Le dîner d'adieux organisé en mars 1912 à la Taverne Pistor à Paris est un évènement dont parlent plusieurs journaux, notamment le quotidien Le Radical. Il avait fondé avec Albert Viney et Pierre Chaffard-Lucon, fin 1910, la Société minière de Villarréal et Salinas pour l’exploitation de mines de fer en Alava.

Le départ, présenté comme définitif, va cependant être rapidement être succédé par un retour pour des raisons militaires, Guelpa étant mobilisé pendant la première guerre mondiale, tout d’abord comme adjudant au 81e régiment d’artillerie lourde. En mars 1916, il devient officier d'administration de 3e classe au sein du génie de l’armée territoriale dans l’aéronautique militaire. Il est promu dans la même arme à la 2e classe en mars 1918.

Après-guerre, Guelpa reste dans l’armée, affecté au 4e bureau du sous-secrétariat d'Etat à l'aéronautique. Il est décoré à ce titre comme chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1919. Basculé dans la réserve en 1920, Guelpa est rayé des cadres de l’armée et admis à l’honorariat en février 1923.

Cependant, il est réintégré en juin 1929 et affecté au service général du ravitaillement en matériel d'aéronautique. Il est promu capitaine en juillet 1930 et était toujours en activité en avril 1934, âgé de 62 ans.

Paul Guelpa s’était remarié en juin 1920 avec Alice Marie Céleste Héloïse Bidault à Paris (18e arr.). La date de son décès n’est pas connue.

Bombardier Farman 1918 (Wikipédia)

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 01:01

Fils du vigneron Jean Cosson et de son épouse Marguerite, Alexandre Cosson naît à Mer (Loir-et-Cher) le 15 juillet 1831.

Cosson travaille comme tailleur de pierre et s’installe dans le 7e arrondissement de Paris avant 1860. Il devient ensuite appareilleur et contribue notamment à l’extension de la gare Saint-Lazare à Paris en 1867. Il obtient en 1897 la Médaille d’honneur des ouvriers et employés.

En 1891, Alexandre Cosson s’est installé à Joinville-le-Pont où il se présente comme rentier. Il réside d’abord rue du Canal puis rue de Paris.

Il est élu conseiller municipal en 1896 sur la liste d’Eugène Voisin (radical-socialiste), qui n’a pas d’opposition. Il est réélu dès le 1er tour sur la liste radicale-socialiste d’Eugène Voisin en 1900 avec 637 voix pour 1 096 inscrits ; il obtient le 7e meilleur résultat de la liste, qui gagne les 23 sièges en jeu. En 1904, Cosson, toujours colistier radical-socialiste d’Eugène Voisin, fait partie des 15 conseillers sur 23 élus dès le 1er tour, en 8e position ; sa liste a 22 élus, contre un à une liste de droite. En 1908, Cosson est un des six membres élus dès le 1er tour de la liste radicale-socialiste d’Eugène Voisin ; il a recueilli 669 voix pour 1 613 inscrits, le 5e meilleur score ; la majorité sortante remporte 21 sièges sur 23.

Pendant son mandat de 16 ans (1896-1912), Cosson se consacre notamment aux œuvres scolaires et post-scolaires. À ce titre, il sera décoré des palmes académiques, étant fait officier d’académie en 1907.

Pendant la crise que rencontrent les radicaux joinvillais, à partir de 1906, Cosson se range derrière Eugène Voisin, avec la majorité des sortants qui seront battus en 1912 ; il est membre du comité radical-socialiste communal présidé par Georges Émile Briolay. Cosson est signalé comme malade en février 1911.

Marié avec Louise Céline Thibault, il en a deux filles ; après le décès de celle-ci en décembre 1862, il épouse à Paris en janvier 1865 Étiennette Mourel-Maillard, grainetière, originaire de Villers-Farlay (Jura). Sa femme est active dans la section de Joinville de la société de l’allaitement maternel et des refuges-ouvroirs entre 1909 et 1912 ; elle est distinguée par la société de l’encouragement au bien en 1911.

Alexandre Cosson décède à Joinville le 15 mars 1916, il est alors âgé de 84 ans,

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 01:01

Hippolyte Alexandre Lesage naît le 20 février 1823 à Paris (ancien 8e arr., actuel 11e arr.). Son père est tourneur en cuivre et – comme certains de ses frères – il exercera la même profession, notamment pour la fabrication de roulettes, avant de devenir rentier.

Il épouse en 1852 la fille d’un cultivateur de Joinville, Marie Adélaïde Rousseau, dont la famille développera ensuite une école privée (Le Parangon) et donnera plusieurs élus, dont un maire (Ferdinand Rousseau). Une fille naît de ce premier mariage. Après la mort de sa première épouse en 1877, Hippolyte Lesage partagera la vie d’une femme beaucoup plus jeune que lui, Marie Amélie Delage, qui lui donne un premier fils en 1884, avant qu’il ne l’épouse en 1888. Lors de son second mariage, il avait 65 ans et sa femme seulement 27. Lors de la naissance de son quatrième enfant en 1899, il a 74 ans.

Lié à Joinville depuis son premier mariage, Hippolyte Lesage réside cependant au moins l’hiver à Paris jusque la fin des années 1880.

Il est élu conseiller municipal de Joinville en 1881, aux côtés de Gabriel Pinson, républicain. Il intègre en 1882 la commission municipale scolaire chargée de mettre en œuvre l’instruction obligatoire. Il est réélu en 1884 mais démissionne en cours de mandat. Il s’installe à Nanteuil-sur-Marne (Seine-et-Marne) en 1889.

Revenu à Joinville en 1890, il s’intéresse de nouveau à la vie publique puisqu’il est assesseur, en octobre 1891, de la première réunion organisée dans la ville pour que les élus rendent compte de leur mandat ; elle est présidée par le député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard.

En mai 1892, il redevient conseiller municipal sur la liste du maire radical-socialiste Eugène Voisin. Il est élu dès le premier tour avec 397 voix sur 639 suffrages exprimés (62%). Ses colistiers remportent 22 des 23 sièges à pourvoir, face à une liste libérale qui n’a qu’un élu. Lesage devient membre d’un nombre important de commissions : bibliothèque, chemins, travaux et éclairage, finances, chauffage, octroi.

Peut-être est-ce lui le Lesage qui participe, en 1895, avec de nombreux citoyens de la commune, à une souscription « Pour les affamés de Carmaux » en faveur des grévistes des verreries, lancée notamment par une militante coopératrice Victoria Vaudémont et un radical-socialiste, Pierre Jules Tireau.

En mai 1896, Hippolyte Lesage est réélu sur la liste d’Eugène Voisin, qui n’a pas d’opposition. Il est à nouveau renvoyé au conseil municipal en mai 1900, toujours sur la liste du maire.

Hippolyte Lesage meurt à Joinville le 10 août 1900, à l’âge de 76 ans. Lors de ses funérailles civiles, Eugène Voisin, maire de Joinville avec lequel il a siégé quinze ans dans l’assemblée communale, soulignera qu’il était un républicain et un libre-penseur.

Il avait été décoré des palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1899. Son fils Léon jouera également un rôle associatif et politique significatif après-guerre à Joinville.

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 01:01

Célestin Louis Lebrasseur naît à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il résidera toute sa vie, le 26 juillet 1858. Il est le fils de Louise Eugénie Richard et de son époux Pierre Théodore Lebrasseur, tailleur de limes.

Ajusteur de précision à la direction d'artillerie de la Cartoucherie de Vincennes, il y entre en 1880. En juillet 1899, Lebrasseur fonde et préside une société de secours mutuels, la Caisse de secours pour les malades des ateliers de la cartoucherie de Vincennes ; elle prend la succession d’une précédente mutuelle, dont Lebrasseur était administrateur depuis 1885. Titulaire d’une médaille d’honneur de bronze du ministère de la Guerre, Lebrasseur est décoré en 1912 de la médaille d’or de la mutualité.

Marié en mai 1884 à Joinville avec Louise Eugénie Biarne, il va quitter le domicile de ses parents 18, rue du Pont pour s’installer sur l’île Fanac, où il vivra notamment l’inondation de 1910. Son épouse y exploite un restaurant.

Lors des élections municipales de décembre 1919 Lebrasseur est élu sur la liste d’union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, radical dissident, qui rassemble des républicains, des radicaux-socialistes officiels et des socialistes indépendants. Il recueille, au second tour, 947 suffrages sur 1 518 exprimés, soit 62%, pour 2 491 inscrits, face à une liste socialiste SFIO.

Lors de la constitution de la section de Joinville de la Ligue de la République, en décembre 1923, Lebrasseur est désigné comme président de séance. La Ligue cherche à unifier la gauche non communiste et rassemble notamment des radicaux-socialistes (Émile Briolay), des socialistes indépendants (Henri Graillat, René Caperon) et des socialistes SFIO (Léon Berthet). La section décide d’apporter son appui aux candidats de gauche qui accepteront son programme minimum. Cependant, Lebrasseur se séparera des autres associés, qui pour la plupart vont soutenir une liste du cartel des gauches, conduite par Briolay. Lebrasseur reste fidèle au maire sortant Vel-Durand ; il est candidat en huitième position sur la liste Union républicaine pour la défense des intérêts communaux en mai 1925 et est réélu, la liste obtenant 1080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés au premier tour et emportant tous les sièges au second tour face aux communistes et au cartel des gauches.

Lors d’un concours agricole en septembre 1926, Lebrasseur obtient un prix pour son chien de chasse, un bleu d’Auvergne. Peu après le décès de sa première femme, il se remarie en juillet 1927 avec Pauline Eugénie Maréchal, toujours à Joinville. Ils vivent alors de nouveau sur la rive droite de la Marne, rue de Paris.

Célestin Louis Lebrasseur meurt à Joinville le 20 juillet 1928, pendant son mandat municipal. Il était âgé de 69 ans et avait eu une fille de son premier mariage.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 01:01

Claude Alexandre Paillas naît le 18 mars 1845 dans le village de La Grave (Hautes-Alpes) ; il est le fils Jean Baptiste Paillas et de son épouse Catherine Juge.

En 1867, il entre dans les services des impôts, où il travaille pendant 32 ans comme receveur des finances, principalement en Seine-et-Oise (Gonesse, act. Val-d’Oise et Le Perreux, act. Val-de-Marne). En mai 1876 il épouse à Roissy-en-France (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), Gabrielle Clémentine Caroline Boisseau, née en 1857.

Retraité en 1899, il démarre une activité en tant qu’agent de location de logements à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Paillas est candidat aux élections municipales de mai 1904 à Joinville sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin, qui est soutenue par le comité radical-socialiste. Elle est opposée à une liste que ce comité qualifie de réactionnaire, nationalise et cléricale emmenée par quatre conseillers sortants (Dalbavie, Raoult, Provin et Moulinet) ainsi qu’à une liste socialiste incomplète, investie par le Parti socialiste de France - Unité socialiste révolutionnaire (Lebègue, Lacroix). Les radicaux-socialistes emportent tous les sièges ; Paillas, arrivé 21e sur les 23 candidats de sa liste, recueille 494 suffrages soit 44,1% des 1119 votants pour 1363 inscrits. Il est élu au second tour.

Paillas sollicite le renouvellement de son mandat en mai 1908, toujours sur la liste conduite par Eugène Voisin, avec l’appui du comité radical-socialiste (présidé par Albert Gallas). Au second tour, il obtient 436 voix sur 1188 suffrages exprimés ; il est, avec l’adjoint Jullien,  un des deux battus de la municipalité sortante qui remporte 21 des 23 sièges. Les autres élus sont un candidat de la liste dite socialiste évolutionniste qui rassemble des personnes réputées libérales et d’anciens socialistes (Provin) et un indépendant (Dr Gripon) ; la liste incomplète socialiste SFIO ne remporte pas de siège.

Après son échec, Paillas va cependant continuer à avoir une activité au sein du parti radical-socialiste. Il prononce par exemple un discours lors du banquet offert à l’autre battu, Honoré Jullien, par les élus de la majorité et le comité radical-socialiste en juin 1908. Il fait un procès à l’un de ses opposants, Leteuil, leader du groupe socialiste évolutionniste.

Dans le domaine culturel, Paillas est président de la Fanfare municipale en 1909.

Il quitte le quartier du centre pour s’installer sur la rive gauche, avenue Oudinot, dans le quartier de Polangis. En 1915, il y corrige des jeunes qui saccageaient les fleurs d’un voisin.

Dans le journal radical local, Voix des communes, il proteste en 1916 contre l’état de la rue du Port, pourtant nécessaire selon lui pour l’approvisionnement du camp militaire de Saint-Maur.

Son fils, Alexandre Félix Paillas, sergent du génie dans la division algérienne, est blessé en juin 1915 et cité à l’ordre de la division à deux reprises en 1915 et 1916. Architecte à Joinville, il y exploite également une fabrique de pierres factices ; il est décoré de la croix de guerre et des palmes académiques.

Veuf depuis 1898, Claude Alexandre Paillas décède le 17 avril 1918 à Joinville. Il était âgé de 73 ans.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 01:01

Pierre Armand Raphael Charles Vallat naît le 25 juillet 1872 à Montagnac (Hérault). Il est le fils d’Édith Aubrespy et de son époux, Louis Théobald Vallat. Le père, médecin, s’installe à Vincennes à la fin des années 1870 ; il deviendra inspecteur général de l'enseignement technique.

Pierre Vallat va également faire des études médicales et devient docteur à Paris en décembre 1897. Il s’installe immédiatement à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec un cabinet en centre-ville, rue de Paris. Outre son activité de médecin de quartier, Vallat intervient dans l'organisation d’évènements sportifs, comme la traversée de Paris à la nage à partir de 1906. Il est également, dès 1899, le médecin des enfants soutenus par la Société de l’allaitement maternel, importante association humanitaire laïque à Joinville.

Lors de rencontres corporatives, Vallat défend des positions en faveur de la médecine libérale. Il présente ainsi en avril 1907 au cours de l’assemblée générale des médecins de France sur le libre choix du malade dans les industries. Il fait adopter par le congrès des praticiens trois résolutions : que le libre choix du médecin soit inscrit dans les cahiers des charges imposés aux grandes compagnies, par l’État, les départements et les communes ; qu’il soit consacré par une loi ; que le service médical des grandes compagnies n’ait plus qu’un rôle de contrôle administratif.

Dans le canton de Charenton, voisin de celui de Saint-Maur dont dépend Joinville, un comité de défense contre la hausse des tarifs des médecins tient une réunion en septembre 1907 ; c’est Vallat qui est délégué par ses confrères pour défendre leur position, face à 1 500 participants selon la presse parisienne.

En décembre 1907, Vallat est nommé médecin inspecteur des écoles de la 2e circonscription du canton de Saint-Maur-des-Fossés. Cette nomination provoque une crise locale : en effet, la délégation cantonale avait émis un avis en faveur d’un autre docteur joinvillais, Jean Baptiste Gripon, par 9 voix contre 6 à Vallat. Cependant, le préfet, contrairement à l’usage habituel, avait refusé de nommer Gripon et lui avait préféré Vallat Le premier, qui s’estime « dévalisé » fait appel à des tiers, qui établissent que Vallat n’était pas à l’origine des insinuations malveillantes qui auraient motivé l’enquête préfectorale ayant conduit à la mise à l’écart de Gripon. Cependant, une partie de l’opinion y compris des amis politiques de Vallat estiment que, vaincu après le vote de la délégation cantonale, il aurait dû se retirer.

En effet, Vallat s’en engagé dans une action politique. En janvier 1899, il signe l’appel à l’Union lancé par Henri Poincaré, demandant par avance le respect de la décision de la cour de cassation, attendu alors dans l’affaire Dreyfus, avant que la grâce présidentielle n’interrompe le processus judiciaire. Vallat est membre du Comité républicain radical-socialiste de Joinville qui, après avoir soutenu la candidature d’Adolphe Maujan aux élections législatives, décide de devenir une structure permanente ; il est l’un des huit délégués de cette nouvelle organisation politique.

(à suivre)

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 01:01

(Suite de la biographie d'Albert Bleunard)

Lors des élections municipales de mai 1881, Bleunard est élu conseiller municipal de Joinville, Gabriel Pinson, républicain modéré, étant élu maire. Il va en particulier être désigné comme tête de file du conseil municipal dans la nouvelle commission municipale scolaire instituée par l'article 5 de la loi du 28 mars 1882 sur l’instruction obligatoire.

Au cours des élections municipales de mai 1884, Bleunard est réélu dès le premier tour, avec 331 voix sur plus de 400 suffrages exprimés ; c’est un des trois représentants des quartiers de la rive gauche de la Marne sur 21 membres du conseil. Il joue un rôle important dans l’assemblée. Ainsi, en juin 1884, c’est lui qui établit le projet de budget, et un journal local relève que « M. Bleunard n’a pas seulement des talents naturels plus développés que ceux de tous ses confrères, il est, de plus, paraît-il, un administrateur des plus méticuleux. »

Sur le plan politique, il est désigné comme électeur sénatorial sur une liste radicale en juillet 1885. Il s’intéresse à la vie locale, se plaignant par exemple de l’enlèvement des boues en août. Il se met en colère en novembre de la même année « à propos d’une question de champagne » et envoie deux lettres annonçant sa démission « absolument définitive » ; cependant, après une longue discussion, le conseil sur l’avis du maire, « décide qu’une délégation composée de MM. Lesage, Gobin et Demeestère tentera une suprême démarche auprès de M. Bleunard pour l’engager à revenir sur cette regrettable détermination ». C’est ce qui se passe, puisque Bleunard reprend sa place immédiatement.

Lors de la création du conseil départemental de l’instruction publique en décembre 1885, Bleunard est désigné pour en faire partie. Il travaille également à un projet d’accord avec la commune voisine de Champigny pour prendre en charge l’école de la Fourchette, initiative privée de mise en place d’un enseignement laïque dans un quartier à cheval sur les deux villes et qui était dépourvu d’infrastructures scolaires.

Avec le futur député radical, Jules Ferdinand Baulard et le maire Pinson, Bleunard intervient auprès du ministère des cultes pour demander la reconstitution du conseil de fabrique, en conflit avec la municipalité au sujet de la gestion des fonds de la paroisse.

Peu avant les élections municipales, en février 1888, un incident se produit entre Bleunard et Pinson au conseil municipal, ce qui le conduit sans doute à ne pas être candidat au renouvellement de son mandat. Il va cependant jouer un rôle important en soutenant la constitution d’une liste radicale opposée à la majorité municipale et alliée avec le Groupe études sociales de Joinville-Saint-Maurice (parti ouvrier). Conduite par Alphonse Demeestère, la liste n’obtiendra que trois élus sur 21 (Diot, Demeestère, Vaudey). Cependant, la mort de Gabriel Pinson, réélu maire le mois précédent, en juin 1888, rebat les cartes.

Bien qu’ils ne siège plus au conseil, le nom de Bleunard est évoqué comme candidat au poste de maire. Lors de l’élection municipale partielle destinée à remplacer Pinson, bien qu’il ne soit pas candidat, un groupe d’électeurs lance un appel à voter pour lui : « Bleunard, républicain anticlérical, officier de l’instruction publique, délégué cantonal qui, pendant huit années, a siégé au conseil municipal de Joinville, dont il était un des membres les plus capables et les plus utiles. Il était du petit groupe des conseillers sortants qui ont rendu compte de leur mandat en réunion publique et il en a été félicité et acclamé par les électeurs. Les républicains comprendront qu’il y a déjà trop d’adversaires de la République dans le conseil et ils voteront Bleunard ». L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, qui relaie la campagne, commente : « Voter pour Bleunard, candidat malgré lui, c’est voter en rouge ! »

Si Amédée Gosset est élu par 307 contre 100 à Bleunard sur 407 suffrages exprimés pour 776 inscrits. Henry Vaudémont, rédacteur en chef de l’organe radical et militant radical à Joinville, interprète ainsi le résultat : « Le parti rural de Joinville-le-Pont vient de remporter dimanche la dernière de ses victoires à la Pyrrhus. Le résultat était sûr. Gosset, candidat incolore comme politique et que personne ne combattait comme homme ne pouvait manquer d’être élu. (…) Les dissidents ont réuni cent voix, un chiffre dans lequel j’ai dit qu’avoir mis le pied leur portera bonheur. C’est quelque chose en somme d’être parvenu à réunir cent votants, marchant quand même à la défaite, rien que pour affirmer le principe du devoir de voter. (…) Mais nous tenions à nous compter, nous autres, jeunes Joinvillois, parisiens immigrés, qui ne gagnons pas un sou à Joinville et y dépensons, au contraire, tout notre argent. »

Le nouveau maire, Eugène Voisin, se rapprochera d’ailleurs rapidement des radicaux-socialistes, qui remporteront trois sièges lors d’un nouveau scrutin partiel en 1890.

La dernière intervention publique connue de Bleunard se situe lors de la préparation des élections municipales de mai 1892. Il encourage des habitants des quartiers de Polangis et Palissy à se présenter, et notamment Paul Villain ; ce dernier ne sera pas candidat cette année-là, mais il sera élu quatre ans plus tard. Henry Vaudémont appréciait : « Je ne connais pas M. Villain, mais le patronage dont l’honore la haute personnalité de M. Bleunard nous garantit sa valeur. »

Son épouse décède à Joinville en mars 1896, et Albert Bleunard est toujours présent dans la commune en mai ; il a alors 69 ans. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus. Il était décoré des Palmes académiques.

Son fils, Albert Bleunard (1852-1905), professeur de sciences physiques au lycée d'Angers (Maine-et-Loire), est l’auteur de plusieurs ouvrages mêlant vulgarisation scientifique et fiction : Le spirite malgré lui, La Babylone électrique, La Pierre philosophale, Toujours plus petit, ainsi que d’une monumentale Histoire générale de l'Industrie (8 vol.).

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 01:01

Albert Charles François Bleunard naît le 17 avril 1827 au Quesnoy (Nord) dans un milieu instruit. Il est le fils de Pacifique Bonnivert et de son époux Albert Charles François Bleunard. Il va épouser en décembre 1851 à Ingré (Loiret) Clémence Augustine Bezançon, avec laquelle il aura au moins trois enfants.

Albert Bleunard va entrer dans une carrière universitaire, comme maître d’études au lycée d’Orléans (Loiret, 1851), puis surveillant général des lycées de Rodez (Aveyron, 1854), Troyes (Aube, 1855) et Saint-Quentin (Aisne, 1857). Il devient ensuite principal de collège, d’abord à Albi (Tarn, 1858), Pamiers (Ariège, 1861), Châlons-sur-Marne (act. Châlons-en-Champagne, Marne, 1864), Vitry-le-François (Marne, 1864), Maubeuge (Nord, 1865) et enfin Cambrai (Nord, 1869).

Sa nomination dans ce dernier poste à Cambrai fut précédée d’une polémique locale. Au départ de son prédécesseur, une pétition est envoyée au conseil municipal demandant la remise du principalat entre les mains d'un prêtre. Mais une contre-pétition, couverte de cinq cents signatures, plaide en faveur du maintien d'une direction laïque, qui fut donc conservée. Bleunard intéresse financièrement les professeurs au recrutement de nouveaux élèves, faisant passer leur nombre à 250, dont 230 payants.

Après son départ en retraite en 1879, A. Bleunard publie chez Hatier, vers 1893, Les Éléments de la composition française à l'usage des aspirantes au brevet élémentaire et au certificat d'études complémentaires, ouvrage réédité en 1907-1908. Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il vit avant 1881. Il consacrera beaucoup d’efforts à la promotion de l’enseignement laïque.

(A suivre)

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 01:01

Charles Doré naît le 26 décembre 1870 à Paris (9e arr.). Sa mère, Marguerite Doré a 23 ans et vit 154, rue des Martyrs ; le nom de son père n’est pas connu et les parents ne reconnaîtront pas l’enfant. C’est la sœur aînée de sa mère, Olympia Doré et son mari Léonard Tardivon qui vont l’élever à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Plus tardivement, ils vont l’adopter par un jugement de mai 1895, confirmé en appel en décembre 1896. Il adoptera alors le nom d’usage de Léon Tardivon.

Son activité est celle d’un employé, puis voyageur et représentant de commerce. Il épouse en avril 1899 à Joinville Marie Louise Bourson ; ils auront un fils, Maurice Doré-Tardivon.

Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville-le-Pont, Tardivon figure, en 21e position des 23 candidats, sur la liste conduite par le maire sortant, Eugène Voisin, et soutenue par les radicaux-socialistes, affichant une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme ; elle s’oppose conduite par des conseillers municipaux dissidents, classés plutôt à droite (Dalbavie, Raoult, Boivin et Moulinet) et à une autre liste incomplète socialiste-révolutionnaire (Lacroix, Lebègue). Les radicaux remportent 22 sièges sur 23 avec, au premier tour, en moyenne 50,2% des suffrages exprimés, la liste de droite en recueillant 31,9% et les socialistes 14,9%. Tardivon est élu au second tour. Il avait obtenu au premier 548 voix pour 1 119 votants sur 1 363 inscrits soit 49% ;

En novembre 1905, Tardivon est l’un des quatre organisateurs d’une réunion convoquée par le comité radical-socialiste de Joinville-le-Pont pour entendre Adolphe Maujan, député radical de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux.

Début 1906, Tardivon se solidarise avec Théophile Leteuil qui est entré en conflit avec le maire, prenant prétexte d’irrégularités supposées dans la prise en charge de l’enfouissement des chiens retrouvés morts sur la voie publique, une accusation qui sera plus tard infirmée par une enquête préfectorale. Tous les deux démissionnent du conseil municipal mais, contrairement à Leteuil qui va poursuivre une guérilla politique contre la majorité radicale, Tardivon quitte Joinville. en 1908, il refuse d’ailleurs de comparaître devant la commission d’enquête préfectorale.

Installé à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine), Charles Léon Tardivon est mobilisé pendant la première guerre mondiale comme maréchal des logis dans le 9e régiment d'artillerie à pied (9e RAP). Il meurt de maladie le 2 octobre 1916 dans l’hôpital auxiliaire 101 à Paris (3e arr.). Il était âgé de 45 ans.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 01:01

(Suite de la biographie de Louis Vaudey)

Vaudey est désigné le 11 juillet 1885 comme l’un des quatre délégué des électeurs de Joinville-le-Pont auprès du comité central radical-socialiste avec Alphonse Demeestère, Henri Diot, tous deux commerçants et conseillers municipaux ainsi qu’Eugin Thyme, ouvrier bottier. En décembre 1885, à l’occasion d’élections législatives complémentaires, Vaudey prend part avec Baulard, Demeestère, Jullien et Thime à la constitution d’une commission, présidée par Eugène Videpied, projetant la création d’un comité de la Ligue républicaine à Joinville ; le projet n’a pas eu de suite.

À l’occasion des élections municipales de 1888, Vaudey reprend un rôle actif. Il participe, avec Pierre Jules Tireau, Eugène Videpied et Henry Vaudémont à la constitution d’un comité d’initiative qui convie les électeurs à demander compte aux conseillers sortants de la façon dont ils ont rempli leur mandat. Une réunion publique est convoquée le dimanche 8 avril. Cependant, seuls quatre conseillers municipaux répondent présent face à 250 électeurs : Alphonse Demeestère, Henri Diot et deux autres qui ne veulent pas se représenter, Albert Bleunard et Jules Ferdinand Baulard, ce dernier parce qu’il vient d’être élu conseiller général et qu’il applique les règles de non cumul des mandats. L’assemblée vote un ordre du jour de satisfaction pour les conseillers municipaux présents et désigne un comité pour présenter des candidatures au prochain scrutin, dont Vaudey fait partie.

Le comité électoral républicain radical-socialiste présente lors d’une réunion publique devant près de 300 électeurs le 2 mai son programme et une liste, qui s’opposera à celle du maire sortant, le républicain modéré Gabriel Pinson. Elle est conduite par Demeestère et Diot et Vaudey y figure en huitième position. Au premier tour, le 6 mai, les modérés sont nettement en tête et remportent 17 des 21 sièges à pourvoir. Vaudey, qui a obtenu 207 voix au premier tour, se représente au second avec trois de ses colistiers, Demeestère, Diot et Aristide Camus. Demeestère, Diot et Vaudey sont élus au second tour, ce dernier avec 216 voix soit environ 51% des quelques 425 suffrages exprimés. En juillet, le décès de Gabriel Pinson, qui avait été reconduit dans son poste de maire, conduit à élire Eugène Voisin, son ancien adjoint, qui se rapproche des radicaux-socialistes.

En janvier 1889, Vaudey s’associe à un appel de l’Union des républicains du canton de Charenton et fait partie d’un groupe d’une douzaine de Joinvillais qui soutiennent la candidature d’Édouard Jacques (1828-1900), président du conseil général de la Seine, opposé au général Boulanger ; ce dernier remporte l’élection législative partielle du 27 janvier 1889. Parmi les autres soutiens du candidat radical, on compte le maire, Eugène Voisin ; son adjoint, Nicolas Chéret ; le conseiller général de Charenton-le-Pont, ancien élu municipal de Joinville, Jules-Ferdinand Baulard ; Henry Vaudémont, journaliste et élu municipal de Joinville en 1892 ; Alphonse Demeestère, Henri Diot et Félise Imbault, conseillers municipaux de Joinville.

Toujours opposé au populisme, Vaudey s’associe en mars 1889 à Demeestère, Baulard, Camus, Vaudémont et Videpied pour mettre sur pied un comité communal anti-plébiscitaire comme il s’en est formé dans la plupart des communes de la Seine. Il prépare la campagne des élections législatives générales de septembre. La dernière prise de position publique connue de Vaudey est en septembre de la même année l’appel de l’Union des radicaux-socialistes du canton de Charenton en faveur de Baulard, qui deviendra député de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Vaudey le signe avec notamment Demeestère, Vaudémont, Camus et Thime.

Louis Vaudey meurt le 5 janvier 1890 à Joinville-le-Pont, à l’âge de soixante ans. Il vivait sur l’île Beaubourg, aujourd’hui rattachée au quai du Barrage. Son enterrement civil est l’occasion d’un éloge prononcé par Jules-Ferdinand Baulard, devenu député et d’un discours d’Honoré Jullien, adjoint au maire et restaurateur.

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