Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 00:01

(Suite)

À la Libération, après la prise de la mairie de Joinville-le-Pont par le comité local de Libération, Léon Berthet est nommé par arrêté préfectoral du 26 septembre 1944 membre de la délégation spéciale chargée d’administrer la commune. Il est vice-président, faisant fonction de quatrième adjoint, Robert Deloche (Pcf) étant président.

Lors des élections municipales du 29 avril 1945, il est élu conseiller municipal et devient le 6 mai premier adjoint au maire, toujours Robert Deloche. La municipalité, comme la délégation spéciale comprend outre les communistes et les socialistes des radicaux et des personnalités anciennement classées à droite, comme André Malcouronne, Henri Drevet et François Decrombecque.

Lors des élections municipales du 19 octobre 1947, Berthet est à la tête d’une liste socialiste comprenant également quelques radicaux (d’autres sont sur la liste communiste du maire sortant). La liste RPF (gaullistes et droite) de Perly arrive en tête avec une moyenne de 3 066 voix pour 6 974 suffrages exprimés, sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, soit 44,0%. Elle précède la liste Union républicaine et résistante (Pcf et div. g.) qui a une moyenne de 3 017 voix (43,3%) et la liste socialiste SFIO, 452 voix (6,5%). Les deux listes RPF et Pcf obtenant chacune 11 sièges, c’est Léon Berthet – seul élu de sa tendance – qui fait la différence, ce qui lui permet de redevenir premier adjoint au maire en faisant réélire Robert Deloche. La liste MRP (démocrates-chrétiens) n’a pas de siège.

En cours de mandat, les relations se tendent au sein de la municipalité, comme d’ailleurs entre communistes et socialistes au niveau national. Berthet démissionne du mandat d'adjoint le 2 octobre 1950 mais reste au conseil municipal jusqu’au 26 octobre 1951. Il cède alors la place à l’instituteur Pierre Allaire, second sur sa liste, qui renonce deux mois plus tard au profit de Victor Hochet. Début 1953, alors que Robert Deloche est exclu du Pcf et quitte son poste au profit d’Amélie Trayaud (Pcf), le quatrième de la liste Berthet, Georges Chauffour entre au conseil pour deux mois.

Lors des élections municipales d’avril 1953, Berthet dirige à nouveau une liste socialiste qui obtient cette fois trois sièges (Léon Berthet, Pierre Depoutot et Auguste Lobrot, radical socialiste). Elle se situe derrière la liste communiste (Henri Bideaux, 10 sièges) et les deux listes de droite (Georges Defert, RGR et divers droite, 6 sièges ; Perly, RPF, 6 élus), et devant les centristes du MRP (J-H. Chabrière, 2 sièges). Les listes RGR, RPF et MRP s’allient pour élire Georges Defert comme maire, tandis que Berthet se situe dans l’opposition.

Léon Berthet quitte l’assemblée locale, où il avait siégé quatorze ans, en 1959. Il meurt le 15 avril 1969 à Créteil (Val-de-Marne), âgé de 73 ans.

Repost 0
17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 00:01

Léon Gaston Berthet naît le 22 août 1895 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Célina Maria Dizeux, blanchisseuse et de son époux, Eugène Victor Berthet. La famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) à la fin du 19e siècle d’abord rue Vautier puis rue des Réservoirs. Dès ses 15 ans, il travaille comme mécanicien.

Pendant la première guerre mondiale, Léon Berthet épouse, en avril 1918 Renée Eugénie Jane Louise Garmalet à Paris (15e arr.). Ils auront deux enfants et vivent au nouveau domicile des parents de Léon, avenue Oudinot dans le quartier de Polangis.

Son père, Eugène Berthet, avait été candidat sur une liste socialiste-révolutionnaire aux élections municipales joinvillaises en 1904. Léon Berthet va s’engager publiquement aux côtés de la gauche non communiste à partir de 1923.

La Ligue de la République, fondée à l’automne 1921 par le socialiste indépendant Paul Painlevé, futur président du conseil, s’organise notamment dans la banlieue parisienne. La section de Joinville élit son bureau le 19 février 1923, mais elle préexistait probablement. René Caperon, socialiste indépendant en est le président. Berthet est trésorier de la section mais également, dès le 2 février 1923, trésorier de la Fédération de la Seine présidée par le Dr Thévenin, de la section de Charenton.

Très active en 1923 à Joinville, la Ligue de la République appelle à regrouper tous les partis de gauche « pour faire échec à la réaction ». La section, qui est liée à celle de la Ligue des droits de l’Homme, prend naissance dans un contexte de reconstruction d’organisations politiques après-guerre. Le comité radical et radical-socialiste se reconstitue en 1923 autour d’Émile Briolay ; la section de Joinville de l’Union fédérative socialiste se crée la même année avec des dissidents communistes dont Edmond Neumann ; la section socialiste SFIO, passée entièrement au parti communiste, renaît sans doute début 1924. En décembre 1923, Berthet est reconduit en tant que trésorier de la section.

Cependant, du fait sans doute du positionnement ambigu de René Caperon, qui va rallier le maire sortant Henri Vel-Durand contre ses alliés, l’aventure de la Ligue de la République va se terminer à Joinville début 1924.

En mars, Briolay et Berthet prennent l’initiative d’un appel « Aux démocrates joinvillais » au nom du cartel des gauches, réclamant « faut une coalition pour combattre efficacement le Bloc national » et attaquant les mercantis et réactionnaires. Berthet entre en avril 1924 au comité de rédaction de la Voix des communes, journal radical-socialiste de la circonscription, qui plaide pour cette union. Le 27 du même mois, Berthet devient trésorier du comité électoral communal qui rassemble les radicaux-socialistes, la SFIO et l'Union socialiste-communiste (USC, fusion de l’Union fédérative socialiste et du PC-Unitaire) ; Briolay (radical) en est le président, Neumann (USC) le vice-président et Roubault le secrétaire.

Lors des élections municipales de mai 1925, la liste du cartel des gauches obtient 648 voix soit 28,4% des 2 275 suffrages exprimés pour 2 310 votants sur 2 761 électeurs inscrits. Elle devance la liste communiste (Bloc ouvrier et paysan), 480 voix et 21,1%, mais est nettement distancée par l’Union républicaine de Vel-Durand qui recueille 1 080 votes (47,5%). Au second tour, la majorité sortante remporte les 23 sièges à pourvoir.

En février 1928, Berthet est mentionné comme membre de la section de Joinville de la SFIO avec Georges Roger, Marhes, Cérignan, Denis, Graillat et Ceretti dans une souscription du quotidien socialiste Le Populaire.

Peut-être est-ce lui le Léon Berthet qui lance en octobre 1938 un « Appel aux Amicalistes » dans le bulletin Vouloir, organe des amicales socialistes de la métallurgie.

Avant le congrès de la Fédération socialiste de la Seine, en mai 1939, Léon Berthet est, avec Albert Duquenne, l’un des deux joinvillais signataires de la motion de politique générale présentée par Paul Faure, qui souligne que « le Parti [SFIO], qui en a fait loyalement l'expérience, a toujours été diminué et affaibli par la pratique des actions communes » avec le Parti communiste. Le texte exige également « devant le péril qui menace la laïcité (…) une action urgente et vigoureuse. »

(A suivre)

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 00:01

Eugène Victor Berthet naît le 1er novembre 1869 à Paris (20e arr.). Il est le fils d’Olga Marie Labolle, passementière, et de son mari Nicolas Berthet, estampeur.

Célina Maria Dizeux, blanchisseuse à Paris, épouse Eugène Berthet en mars 1895 à Paris (20e arr.). Ils auront trois enfants. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) à la fin du 19e siècle d’abord rue Vautier puis rue des Réservoirs. Après la première guerre mondiale, il quitte le quartier central de la commune pour rejoindre celui de Polangis sur la rive gauche de la Marne. il s’établira avenue de l’Île et enfin avenue Oudinot.

Eugène Berthet est d’abord employé en 1895 puis artisan bijoutier (métier de son oncle et de celui de son épouse) et plus particulièrement chainiste. Il se présente comme représentant en 1921, mais semble exercer toujours son métier de bijoutier en 1934.

Lors des élections municipales de mai 1904, Berthet (sans doute Eugène) est candidat sur une liste socialiste incomplète de sept candidats pour 23 postes à pourvoir. La liste  est menée par Henri Lacroix et Émile Lebègue, futurs conseillers municipaux socialistes de la commune en 1912.

Il existait dans Joinville un groupe socialiste-révolutionnaire depuis au moins 1896. Il était affilié à la Fédération de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine, laquelle, réunie à Saint-Maurice le 31 octobre 1903 avait donné sa démission du Parti socialiste français (PSF) suite à une discussion « au sujet de la politique Jaurès-Millerand ». La Fédération avait adhéré le 24 janvier 1904 au Parti socialiste de France - Unité socialiste révolutionnaire (PSdF–USR). Émile Lebègue était secrétaire général de la Fédération et Henri Lacroix était responsable du groupe de Joinville.

Les candidats socialistes obtiennent de 136 à 198 voix pour 1 119 votants sur 1 363 inscrits. Berthet recueille 142 suffrages, soit 12,7%. La liste radicale-socialiste du maire sortant Eugène Voisin avait remporté quinze sièges dès le premier tour et en ajoute sept au second, un élu nationaliste entrant également au conseil. Les socialistes ne sont pas représentés.

Eugène Berthet meurt le 24 février 1943 à Joinville à l’âge de 73 ans. Son fils, Léon Berthet, militant au parti socialiste SFIO avant-guerre, sera premier adjoint au maire à la Libération.

Repost 0
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 00:01

Louis Eugène Ancemot naît à Moulins (Allier) le 21 octobre 1879. Il est de fils d’Élisabeth Dubost et de son époux, Charles Ancemot, employé à la trésorerie générale de l’Allier. Il est marié avec Pauline Aimée Destailleurs en août 1904 à Paris (6e arr.) ; ils auront trois enfants.

En association avec Veyrier, Ancemot forme en septembre 1907 un commerce de solde de nouveautés 93, rue des Martyrs à Paris ; il revendra ses parts à son associé en décembre 1913.

Installé à Boulogne-Billancourt (Seine, act. Hauts-de-Seine), Ancemot est marchand de vins, 33 ter, route de Versailles. Il fait cependant faillite en juin 1910 et vit 23, rue de Rocroy à Paris (10e arr.). Devenu commis d’entrepreneur, Ancemot déménage à nouveau pour Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il rejoint le centre-ville au 9, rue Vautier puis 27 bis, quai de la Marne.

Après-guerre, Ancemot s’engage en politique. Il est désigné en octobre 1919 secrétaire adjoint du Comité fédéral de vigilance, créé par le parti socialiste SFIO dont Fiquet est secrétaire général et Edmond Neumann, ancien conseiller municipal d’Asnières, deuxième secrétaire. Joinville. Début septembre, le  comité de vigilance local joinvillais avait distribué à ses adhérents 455 kilos de pommes de terre au prix de 0 fr. 85 les deux kilos.

Ancemot participe à plusieurs souscriptions : pour L'Humanité en septembre 1919, pour « les victimes de la grève et des violences gouvernementales » en mai 1920. Comme tous les membres de la section socialiste SFIO de Joinville, il rejoint le nouveau parti communiste en décembre 1920. Il sera cependant très vite le premier à s’en éloigner puisque le quotidien L'Humanité signale, dès le 17 février 1921, qu’il est démissionnaire du parti.

Peut-être est-ce Louis Eugène, qui habite toujours alors à Joinville-le-Pont, l’Ancemot qui devient, en 1938-1939, membre du conseil d’administration du Syndicat des techniciens du bâtiment, adhérent à la Cgt.

Louis Eugène Ancemot décède le 24 avril 1953, sans doute à Yzeure (Allier), il est inhumé à Chateaumeillant (Cher). Il était âgé de 73 ans.

Repost 0
19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 00:01

Né à Paris (12e arr.) le 18 novembre 1888, René Emmanuel Auguste Laruelle est le fils d’un employé du gaz et d’une couturière.

René Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901. Son père, Joseph Alix, et son frère, René, s’engagent, comme lui, dans le mouvement socialiste dans la même commune.

En janvier 1913, les frères Laruelle sont désignés comme membres du bureau de la section de Joinville de la SFIO et de la commission exécutive avec comme secrétaire Émile Graillat. Ils ne figurent plus dans le nouveau bureau constitué en mai 1913, dont le secrétaire est Alphonse Mibord.

L’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville, où il résidait toujours en 1919, rallie le nouveau parti communiste en 1920.

Marié à Rosny-sous-Bois en 1924 avec Marguerite Albertine Baguet, René Laruelle est décédé à Créteil (Val-de-Marne) le 16 juin 1980, à l’âge de 91 ans.

Repost 0
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 00:01

Né à Paris (11e arr.) le 25 octobre 1884, Georges Laruelle est le fils d’un employé du gaz et d’une couturière.

Georges Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901.

Son père, Joseph Alix, et son frère, René, s’engageront, comme lui, dans le mouvement socialiste dans la même commune. Georges épouse à Paris (8e arr.) Marie Henriette Forgeot en septembre 1920.

En 1911, il participe, avec notamment André Flambard, à la création d’une Ligue de défense économique à Joinville, qui plaide pour la création de boucheries et boulangeries municipales.

Il est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont lors des élections municipales de 1912, en compagnie de six autres adhérents de la SFIO, dont André Flambard, Henri Lacroix, Émile Lebègue, Julien Périn et Georges Scornet. Les trois listes opposées à la municipalité radicale-socialiste fusionnent au second tour dans un « un essai de proportionnelle » et remportent le scrutin. Le conseil est composé de sept socialistes, dix radicaux dissidents et six libéraux. Le maire est Achille Ernest Mermet, radical dissident.

En janvier 1913, les frères Laruelle sont désignés comme membres du bureau de la section de Joinville de la SFIO et de la commission exécutive avec comme secrétaire Émile Graillat. Ils ne figurent plus dans le nouveau bureau constitué en mai 1913, dont le secrétaire est Alphonse Mibord.

Laruelle cesse un temps son activité d’élu local pendant la première guerre mondiale. Blessé à deux reprises en 1915, il est temporairement atteint de surdité. Cependant, en 1917, il est à l’origine d’une proposition (qui aboutira) pour baptiser du nom de Jean-Jaurès une rue de la commune.

Georges Laruelle est le principal orateur socialiste dans la commune en 1919 et 1920. Il est en tête de la liste socialiste unifiée (SFIO) lors des élections municipales à Joinville-le-Pont les 30 novembre et 7 décembre 1919. Elle comprend également (au second tour) Henri Lacroix, conseiller municipal sortant. Le scrutin voit s’opposer une liste dirigée par l’ancien premier adjoint, Vel-Durand comprenant des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, dont plusieurs anciens colistiers de Laruelle en 1912 (Émile Graillat et Julien Périn) ainsi qu’une liste libérale. La liste SFIO est incomplète, avec 19 candidats au premier tout et 23 au second pour 27 sièges.

Les candidats recueillirent en moyenne 500 voix au premier tour, sur 1 660 suffrages exprimés soit 30,1% et 502 au second, sur 1 462 suffrages soit 34,3%. Aucun d’entre eux n’est élu, la liste d’union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand (radicaux, radicaux-socialistes et socialistes dissidents) remportant tous les sièges. Laruelle obtient lui-même 514 puis 518 voix, soit 31% puis 35,4%.

Comme l’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville, il rallie le nouveau parti communiste.

Georges Laruelle intervient en août 1922 lors de l’assemblée générale des Fêtes populaires de Joinville, organisées par la section communiste.

Il est décédé à Agen (Lot-et-Garonne) le 15 janvier 1964, à l’âge de 79 ans.

Repost 0
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:01

Né à Tantonville, alors dans la Meurthe, aujourd’hui en Meurthe-et-Moselle, le 29 février 1856, Joseph Alix Laruelle est le fils d’un journalier qui devient propriétaire cultivateur. Il épouse en 1883 à Paris (4e arrondissement) Marie Poulet, avec laquelle il aura deux fils, Georges et René, qui s’engageront, comme lui, dans le mouvement socialiste.

Employé du gaz, Laruelle vit à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, au moins depuis 1901. En 1913, il est inspecteur à la Société anonyme du gaz de Paris et reçoit une médaille d’honneur.

En décembre 1919, Joseph Alix Laruelle prend position en faveur de la liste socialiste unifiée (SFIO), conduite par son fils Georges Laruelle ; elle recueille 30% des voix au premier tour et 34% au second, sans obtenir d’élus.

L’ensemble des adhérents de la section SFIO de Joinville rallie le nouveau parti communiste en 1920.

Joseph Alix Laruelle décède à Joinville le 18 mars 1925. Il était âgé de soixante-neuf ans.

Repost 0
5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 00:01

Deuxième article d’une série de trois consacrés à Edmond Neumann.

D’origine alsacienne, Neumann participe à une liste anti-syndicaliste d’instituteurs patriotes.

Même s’il conserve un pied-à-terre dans le centre de Paris (rue des Halles puis rue Étienne-Marcel, 1er arr.), Neumann s’installe à Asnières (Seine, auj. Hauts-de-Seine) au début du siècle d’abord rue de Châteaudun, ensuite rue du Château.

En 1908, Neumann est élu conseiller municipal socialiste d’Asnières ; le maire, Hector-Gonsalphe Fontaine (radical-socialiste), est préfet des études dans l’école où a enseigné Neumann (HEC). Ce dernier ne se représente pas en 1912. Il constitue en 1909 un comité des Alsaciens-Lorrains pour organiser une fête de Noël et recueillir des offrandes au profit de sa région d’origine.

Neumann a épousé Augustine Vallière. Selon le quotidien La Croix, la vie conjugale de Neumann est tumultueuse. Suite à une querelle, il chasse sa femme et ses enfants du domicile familial d’Asnières le jour de l’an 1910. La semaine suivante, il roue de coups son épouse et la voisine chez laquelle elle s’était réfugiée ; le couple est emmené au commissariat. Ils reprendront cependant la vie commune.

Les capacités linguistiques de Neumann font qu’il est affecté en tant qu’interprète militaire auprès de l’état-major lors de son service national et versé comme officier dans la réserve en janvier 1906. Il exerce cette fonction sans doute pendant la première guerre mondiale. Il est nommé lieutenant dans la réserve en 1925.

Après-guerre, Neumann reprend une activité militante et fonde en octobre 1919 la section d'Asnières, Bois-Colombes et Gennevilliers de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC).

À Asnières, Neumann est un des cadres du mouvement ouvrier. Il crée en février 1919 le groupe d'amis du Populaire, nouveau quotidien socialiste, et joue le 27 juillet un rôle actif dans le congrès rassemblant 18 de ces groupes. En octobre de la même année, il est le deuxième secrétaire du comité de vigilance mis en place par la Fédération SFIO de la Seine. En décembre, il intervient comme orateur lors d’un meeting à Asnières, qui s’insère dans une série de manifestations organisées par la Cgt sur le thème « Paix à la Russie ! Amnistie pour tous. »

À suivre.

Repost 0
1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 00:01

Second article de la série de deux consacrés à Claude Noizat.

Claude Noizat, militant socialiste, avait rejoint spectaculairement le parti communiste en 1925.

Mais Claude Noizat revient très vite sur sa rupture avec la SFIO car, dès octobre 1925, il siège à nouveau dans le bureau de la section socialiste SFIO de Joinville en tant que délégué à la Fédération de la Seine ; Georges Roger est secrétaire et Eugène Meslin trésorier.

Il plaide pour un rapprochement des socialistes et des communistes, s’exprimant, en tant que membre de la SFIO, dans l’hebdomadaire l'Étincelle (1926/07/03) : « Je dis qu'il est criminel de ne pas réaliser le front unique de tous ceux qui ne veulent pas que le travail, seule valeur qui compte soit, traité comme une marchandise à la foire, qui ne veulent pas que les quelques avantages obtenus soient considérés comme nuls et qui estiment que seuls ceux qui produisent ont droit à la vie en partant du principe irréfutable : qui ne travaille pas, ne mange pas ».

À plusieurs reprises, Noizat participe à des souscriptions en faveur du parti communiste lancées par L’Humanité en 1926 et 1927.

Au cours des années 1930 et 1931, Noizat est actif au sein de la section socialiste joinvillaise. Le 5 avril 1930, il donne une conférence sur l'objection de conscience. Il se présente à la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine en juin 1930, sur la liste des « camarades ayant approuvé le rapport moral » (qui comprend Jean Zyromski) ; trois autres Joinvillais figurent sur la même liste : Julien Cérignan, Victor Hochet et Gorges Roger.

Devenu rédacteur pour l’hebdomadaire de centre-droit, la Gazette de l’Est, Claude Noizat va se présenter comme candidat indépendant lors des élections municipales de mai 1935. Sa candidature est saluée par le journal La Réaction, qui se présent comme « organe royaliste de la banlieue Est », daté de mai 1935 : « Un indépendant que nous ne connaissons pas, M. Claude Noizat, se réclame de l’esprit du 6 février. Il a affiché des dessins vengeurs du Témoin, de Paul Iribe, mais en trop petit nombre ». Le Témoin, publié par l’illustrateur Paul Iribe, est une revue antiparlementariste et antisémite qui devient particulièrement violente pendant l'affaire Stavisky et les manifestations contre l’Assemblée nationale du 6 février 1934.

Claude Noizat recueille 92 voix sur 2856 suffrages exprimés soit 3,2% pour 3433 inscrits. Il qualifie Georges Briolay, le maire sortant radical-socialiste, et son premier adjoint, Georges Roger, socialiste indépendant, de « Laurel et Hardy » et se réjouit qu’ils soient battus.

L’activité ultérieure et la date de décès de Claude Noizat ne sont pas connues.

Repost 0
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 00:01

Premier article de la série de deux consacrés à Claude Noizat.

Claude François Noizat naît le 13 janvier 1890 à Paris (10e arr.). Ses parents sont Constance Philomène Grosjean, femme de chambre, et son Jules Achille Noizat, employé de commerce.

Ses parents s’installent en 1904 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où sa mère devient concierge. Claude Noizat s’y marie en septembre 1919 avec Marcelle Julie Marie Grosjean. Il exerce la profession de comptable.

Après-guerre, Noizat s’engage dans la vie publique. Il aura un parcours curieux.

Il collabore irrégulièrement à l’hebdomadaire radical Voix des communes, adhère à la Ligue des droits de l’Homme, est membre du parti socialiste SFIO et se présente en 1925 sur la liste du cartel des gauches aux élections municipales de Joinville-le-Pont, qui regroupe des socialistes SFIO, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. La liste obtient une moyenne de 648 voix, soit 28,4% des 2275 suffrages exprimés sur 2761 électeurs inscrits. Elle devance la liste du Bloc ouvrier et paysan (communistes) 480 voix, soit 21,1% mais est loin de l’Union républicaine 1080 voix soit 47,5%. C’est cette dernière qui emporte au second tour la totalité des sièges, conduite par le maire, Henri Vel-Durand, reconduit dans ses fonctions.

Noizat prend rapidement ses distances, car il est un des trois orateurs d’un meeting contre la guerre au Maroc organisé à Joinville par un comité d'action inter-organisations le 28 mai 1925. Les autres intervenants sont Louis Castellaz syndicaliste Cgtu et conseiller municipal de Paris et Persoons.

Le mois suivant, Claude Noizat rompt publiquement avec les socialistes dans une lettre publiée par le quotidien communiste L'Humanité (1925/06/13) : « Comme la grande masse des électeurs, j'ai été trompé, par le Cartel des Gauches et j'ai été doublement trompé puisque j'ai fait campagne pour ce Cartel, cette union des éléments de gauche constituée, disait-on, pour combattre le Bloc National. J'ai, de bonne foi, travaillé pour cette idée, à savoir, que le Cartel servirait d'abord envers et contre, tout la démocratie, partant la masse des individus qui peinent, et qui souffrent. J'ai été trompé, il n'en est rien. Painlevé, Poincaré, Renaudel, Millerand, c'est tout un. Le groupe socialiste au parlement, en votant les fonds secrets, en votant la guerre du Maroc, fait cause commune avec les ennemis du prolétariat. Les députés socialistes qui se sont levés pour voter la censure contre Jacques Doriot ne sont pas socialistes ce sont des politiciens à la remorque du capital dont ils sont peut-être les stipendiés. Aussi, devant cette attitude, je déchire ma carte d'adhèrent du parti SFIO et je me range, aux avis du seul Parti qui, franchement, ouvertement, combat les prérogatives et défend la grande masse des exploités. Je demande mon adhésion au parti communiste. Signé Claude Noizat, 34, rue de Paris, à Joinville (Seine). »

Son nouvel engagement va prendre une forme spectaculaire le 15 août 1925. Avec quatre camarades de Joinville et de Saint-Maur, Noizat décore un bateau avec des insignes communistes, faucille et marteau, et une banderole portant l'inscription « À bas la guerre du Maroc ! À bas les impôts Caillaux » ; ils naviguent ainsi pendant fête nautique sur la Marne à La Varenne (Saint-Maur-des-Fossés, Seine, act. Val-de-Marne). Les cinq sont brièvement arrêtés et le bateau est confisqué ; L’Humanité estime que l’interpellation s’est faite dans « la plus bestiale brutalité. »

(À suivre).

Repost 0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, locale, du mouvement ouvrier, de la résistance, de l’économie sociale et des initiatives pour l’emploi.
  • Contact

Recherche

Liens