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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:01

Joseph Py naît le 26 juin 1898 à Bucarest (Roumanie), probablement d’un père roumain.

Il vite en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai de la Marne, et dispose de la nationalité française, puisqu’il est inscrit à cette date sur les listes électorales de la commune. Il exerce la profession d’ajusteur, étant identifié en 1926 comme mécanicien au ministère de la guerre.

Si Joseph Py ne semble pas s’être marié, il a une compagne qui partage son logement joinvillais en 1931, Blanche Serrent, soudeuse.

Lors des élections municipales de mai 1935, Joseph Py est candidat en quatorzième et dernière position sur la liste soutenue par le parti socialiste SFIO et dirigée par Robert Derivière ; incomplète, la lite obtient 12,5% des suffrages exprimés. Py recueille 337 votes pour 2 856 exprimés (11,8%) et 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, la SFIO rejoint les communistes de Robert Deloche dans une liste d’union, conduite par le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher. Dix socialistes y figurent, mais pas Py. La droite l’emporte avec 25 sièges, en laissant deux aux communistes ; les sortants radicaux-socialistes sont battus. Émile Lesestre est élu maire.

Deux autres Py sont mentionnés à Joinville en même temps que Joseph : Maurice Gaston Victor Py est épicier et réside rue de Paris avec sa famille en 1936, dont son fils Maurice Marius Marcel (1919-1957), mort pendant la guerre d’Algérie ; Maurice Py est sergent-chef instructeur à l’école des sports de Joinville, située dans le Bois de Vincennes. Ils ne semblent pas apparentés. L’un des deux est, pour la fin de l’année 1935, un des donateurs du vestiaire municipal constitué pour les pauvres.

En 1942, Joseph Py est contremaître à la sous-direction de l'Afrique du Nord du service des fabrications dans l'industrie. Il est « relevé de ses fonctions, par application de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1940 » le 2 février 1942. Ledit article stipule que « Nul ne peut être employé dans les administrations de l'État, des départements, communes et établissements publics s'il ne possède la nationalité française, à titre originaire, comme étant né de père français. »

Séjournant peut-être en Algérie, Joseph Py rejoint les Forces françaises combattantes. Son décès est transcrit, le 27 mai 1942, sur l’état-civil de Joinville-le-Pont. Il était âgé de 43 ans et est reconnu comme ayant participé à la résistance à l’occupation allemande en France. Cependant, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de Joinville, ce qui fait supposer qu’il n’est pas décédé au cours de combats.

Joinville, quai de la Marne

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 00:01

Constant Romain Ricard nait le 11 février 1862 à Saint-Genest (act. Bouchy-Saint-Genest, Marne). Il est le fils de Louise Virginie Dégombert et de son mari Jules Victor Ricard, meunier.

En 1886, Ricard est garde-moulin chez un meunier à Valmondois (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Cette année, il épouse en octobre à Novillers (Oise) Malvina Hortense Lechauguette.

Devenu en 1887 employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, il est aiguilleur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le couple s’installe dans le quartier du Centre, rue de Paris. Son épouse décède en septembre 1889. Il se remarie en décembre 1891 à Paris (4e arr.) avec Eugénie Guéry. Restant à Joinville, ils déménagent pour la rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin). Jules Ricard, son frère aîné, est chef de gare à la station du Parc-Saint-Maur dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

C’est à proximité de chez Ricard, au café Cazin, qu’est convoquée le 25 mars 1900 une réunion en vue de la formation d’un comité socialiste-révolutionnaire à Joinville. Ricard est mentionné comme ayant créé, le 21 avril, un incident au cours d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal sortant, composé majoritairement de radicaux-socialistes. L’hebdomadaire Voix des communes indique qu’il voulait présenter le programme de son parti.

Né d’une transformation du Cercle d'études sociales de Joinville-le-Pont, le groupe socialiste-révolutionnaire présente une liste lors des élections municipales de mai 1900. S’il y avait déjà eu des candidats socialistes-révolutionnaires sur la liste radicale-socialiste lors du scrutin local de mai 1888, c’est la première fois qu’une candidature socialiste autonome est présentée à Joinville. Elle n’obtient pas d’élus, le maire radical Eugène Voisin et ses colistiers obtenant tous les sièges.

Devenu section de Joinville du parti socialiste SFIO, le groupe local élit Ricard dans son bureau en tant que trésorier en novembre 1911, au côté d’Émile Lebègue, secrétaire et Fernand Grandhomme, secrétaire adjoint. En décembre de la même année, il est signataire d’une lettre signée d’une éphémère Ligue de défense économique, demandant l’étude de la création de boucheries et de boulangeries municipales, ce qui donne lieu à une polémique avec les radicaux-socialistes, qui défendent les commerçants qu’ils sont accusés d’avoir traités de « voleurs », ce qu’ils contestent.

Alors que le maire Eugène Voisin, qui est en poste depuis 24 ans, ne se représente pas, les trois listes opposées à la majorité sortante radicale-socialiste concluent un pacte en vue du second tour. Les radicaux dissidents d’Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet, les libéraux et conservateurs de Louis Gallas, Pierre Dalbavie et Georges Bitterlin s’entendent avec le parti socialiste SFIO, représenté par Émile Lebègue, Georges Laruelle et Ricard. Ils décident « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Cet arrangement est présenté dans la presse comme une façon d’appliquer la règle proportionnelle, mise en avant par différentes formations politiques, alors que le scrutin municipal relève alors d’un vote majoritaire.

La liste radicale-socialiste est exclue de l’accord, et l’hebdomadaire de cette tendance, Voix des communes, s’étonne : « Comment ces meilleurs militants des divers partis politiques peuvent-ils collaborer au bien communal ? Les saxons [radicaux dissidents] veulent le pouvoir pour leur satisfaction personnelle, ils ont pour cela quitté le parti radical, ils s’intitulent dissidents. Les unifiés [socialistes SFIO] n’ont qu’un but, un programme, c’est la lutte de classe. Au pouvoir, ils seront les pires autocrates. Les libéraux, pseudonyme des réactionnaires, aspirent à rendre à l’église catholique sa suprématie. »

Ricard est candidat sur la liste socialiste du premier tour, probablement en septième position. Cependant, après la fusion des trois listes en vue du second tour, bien que les résultats de la SFIO lui permettent de prétendre à sept élus, c’est Georges Scornet qui figure à ce titre en septième place parmi les socialistes au second tour. La liste de coalition emporte, contre les radicaux-socialistes, les 27 sièges à pourvoir.

Après le scrutin, Ricard continue de jouer un rôle significatif au sein de la section SFIO. Il fait ainsi une conférence sur Syndicalisme et socialisme en octobre 1912, présente le compte rendu moral et financier de la section en novembre de la même année et est délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux en janvier 1913.

Le journal d’extrême-droite et antimaçonnique La Libre parole mentionne en 1912 l’appartenance de Ricard à la loge Le Lien fraternel, affiliée au Grand Orient de France, dont le temple se situe 39, avenue d'Antin au Perreux (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme la plupart des employés du rail, il est probablement mobilisé à son poste pendant la première guerre mondiale. Il prend sa retraite vers 1921. Ricard n’a semble-t-il plus d’activité politique publique.

Avec son épouse, il participe à de nombreux concours lancés dans la presse quotidienne. Il continue de vivre à Joinville, d’abord avec sa deuxième fille (la première étant morte jeune), puis avec son petit-fils.

Constant Ricard meurt le 16 décembre 1942 à Paris (10e arr.) où il était hospitalisé. Il était âgé de 80 ans et veuf une deuxième fois depuis février 1940. En août 1919, il avait obtenu la médaille d’honneur des transports.

La gare de Joinville-le-Pont

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 00:01

Maurice Paul Coffin naît le 10 février 1890 à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Flore Adèle Marie Durier et de son mari Paul Coffin, marchand de nouveautés, tous deux originaires d’Amiens (Somme).

La famille Coffin est établie en 1902 à Lorient (Morbihan). C’est dans cette ville que son frère Léon naît ladite année, que le père, Paul Coffin meurt en avril 1908 et que Maurice Coffin, qui est alors voyageur représentant de commerce, s’engage pour trois dans l’armée en octobre de la même année. Un an plus tard, il est cependant réformé puis exempté de service militaire à cause d’une bronchite chronique. Le couple Coffin avait disposé d’un certain capital, puisqu’une maison de maître à Clohars-Carnoët (Finistère) fut mise en vente au profit des deux fils en octobre 1908.

Le même jour de décembre 1914, Maurice Coffin épouse Berthe Adrienne Liné à Abbeville (Somme) et est déclaré bon pour service. Il est affecté au 151e régiment d’infanterie. Signalé comme disparu en juin 1915, il est fait prisonnier et interné à Darmstadt (Hesse, Allemagne). Il est rapatrié mi-décembre 1918, retourne dans l’infanterie ou il est démobilisé en juillet 1919.

Installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, Maurice Coffin et son épouse résident sur le quai de la Marne, dans le quartier du Centre. Il s’engage publiquement dans la vie politique à l’occasion des élections municipales partielles d’octobre 1934, provoqué par la disparition ou la démission d’une dizaine de membres du conseil municipal. La municipalité, élue en 1929 avec à sa tête Georges Briolay, était constitué par une alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes indépendants et le parti socialiste SFIO. Ces derniers se sont retirés de la majorité, deux de leurs quatre élus démissionnant, tandis que les autres restaient en tant qu’indépendants. La SFIO présente une liste lors du scrutin, sur laquelle Maurice Coffin se trouve en quatrième position derrière Robert Derivière, tête de liste. Une liste communiste est également en lice, ainsi que deux listes aux contours flous, regroupant pour l’une des opposants à la municipalité et pour l’autres des personnes qui lui sont plutôt proches, mais on trouve des radicaux et des personnalités de droite sur les deux listes.

La liste d’opposition dite de Concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,9% des suffrages exprimés, devançant les Républicains indépendants (25,4%), les communistes ayant une très courte avance sur les socialistes (408 voix en moyenne et 17,8% contre 403 et 17,5%). Suite au retrait des Républicains indépendants et de la SFIO, la Concentration républicaine emporte au second tour les dix sièges. Coffin avait obtenu 403 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Coffin est de nouveau candidat en cinquième place sur la liste SFIO de Joinville, qui compte quatre représentants de commerce sur ses 14 candidats. Elle est à nouveau conduite par Robert Derivière. Au premier tour, l’Union des républicains (droite), arrive en tête (32,6%), devant les radicaux du maire sortant (26,7%) et les communistes de Robert Deloche (23,5%). Les socialistes sont au dernier rang, avec 12,3%. Coffin recueille 354 voix pour 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec à leur tête André Blocher, indépendant et secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants). La droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, avec 39,8% tandis que la gauche, avec 36,6% a deux élus. Les radicaux se contentent de 19,5%. Coffin est présent sur la liste unifiée et est crédité de 981 votes pour 2 899 suffrages exprimés (33,8%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu, les deux conseillers municipaux de la liste élus étant communistes.

Lors du recensement de la commune en 1936, Maurice Coffin est signalé comme « absent », ce qui s’explique peut-être par son activité commerciale itinérante.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Maurice Coffin est membre du mouvement des Francs-tireurs et partisans français, proche des communistes, et incorporé dans le groupe des Forces françaises de l’intérieur de Joinville-le-Pont, dirigé par Robert Deloche, futur maire. Il combat militairement du 18 au 25 août 1944, date de la Libération de la commune. Il ne semble pas avoir pris part aux combats du pont de Joinville (23-26 août).

Maurice Coffin est vivant au décès de son épouse, en octobre 1950 à Joinville. Ils avaient eu deux filles, la cadette étant morte très jeune, tandis que l’aînée, Jacqueline, épousa Frédy Plé, conseiller municipal (divers droite) de Joinville-le-Pont entre 1959 et 1965 et fils d’un médaillé olympique d’aviron. En avril 1952, Maurice Coffin obtient un certificat attestant de sa participation à la Résistance. Il était alors âgé de 62 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Plaque à la mémoire des FFI de Joinville-le-Pont

 

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 00:01

Suite de la biographie de Marius Ceretti

Après une dizaine d’années avec le parti socialiste maintenu, Marius Ceretti va cependant s’en éloigner à l’occasion des élections municipales de mai 1935. Il décide de se présenter sur la liste des Gauches républicaines à Joinville-le-Pont.

Le parti socialiste SFIO faisait partie en 1929 du groupement des gauches républicaines qui avait obtenu 22 élus sur 27. Mais il s’en était séparé, dès les élections municipales partielles d’octobre 1934. Sur les quatre élus socialistes de 1929, deux avaient démissionné ; le représentant de commerce François Galabert s’était vivement opposé à la municipalité et le représentant de commerce Marcel Couillard semble avoir eu des raisons plus personnelles. L’adjoint au maire, Georges Roger était resté fidèle à Georges Briolay et l’ébéniste Armand Bureau figuraient de nouveau sur sa liste, en tant que socialistes indépendants, en mai 1935. Marius Ceretti les rejoint avec la même étiquette, en se présentant comme entrepreneur. Il indique résider avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, depuis huit ans. Sa mère a été recensée à cet endroit en 1931, mais ça n’a pas été le cas de Marius Ceretti.

Une liste socialiste SFIO était présente en 1934 avec 405 voix en moyenne (17,6%). Robert Derivière conduit de nouveau une liste en mai 1935, qui recueille 12,3% des suffrages exprimés.

Pierre Ceretti, frère et associé de Marius

La liste de la majorité sortante mettait en avant, au titre de son bilan, d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concédait avoir dû augmenter les impôts locaux, mais expliquait que c’était dû aux charges imposées à la commune (incendie, chômage) et à une moins-value sur les recettes. Elle propose un programme axé sur l’amélioration de la vicinalité et celle des transports, la création de squares ainsi que l’installation d’un éclairage public. Défendant le maintien des allocations versées, elle préconise la création d’un fonds national de chômage et le lancement de grands travaux d’outillage national qui pourraient se traduire sur place par l’élargissement du pont de Joinville et la suppression du passage à niveau. Enfin, la liste veut créer un nouveau groupe scolaire à Polangis et une salle des fêtes à la mairie. Elle préconise aussi des cours de natation et d’aviron gratuits pour les enfants.

Au premier tour, la liste du Groupement des gauches est distancée avec 765 voix en moyenne soit 26,8% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. L’Union des républicains arrive en tête, avec une moyenne de 32,6% tandis que les communistes ont 23,5% et les socialistes SFIO 12,3%. Avec 723 votes, Ceretti est crédité de 25,3%.

Lors du second tour, le 12 mai 1935, les listes communistes et socialistes fusionnent tandis que les deux autres se maintiennent. Le Groupement des gauches a perdu une partie de son électorat, qui se reporte sur la liste de droite, laquelle arrive de peu en tête avec une moyenne de 1 160 suffrages exprimés (41% et 25 élus) sur 2 899 pour 2 924 votants. L’union communiste-socialiste se place seconde, avec 1 100 votes (39% et 2 élus). Recueillant 566 voix en moyenne, le Groupement des gauches se contente de 20% et n’a pas d’élu. Ceretti a reçu 522 suffrages (18%).

Reprenant une activité politique dans la commune de Saint-Maurice, Ceretti est en avril 1937 secrétaire de l’Union socialiste et républicaine (USR) pour le canton de Charenton, qui couvre également les communes Saint-Maurice, Maisons-Alfort et Alfortville. le bureau du groupe est présidé par François Gingeaud. L’USR avait été créée en 1935 par le regroupement de trois partis situés à l'aile droite de la SFIO, le parti socialiste français (PSF), le parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), et le parti républicain-socialiste (PRS). Lors du renouvellement du bureau de l’USR en décembre 1938, Ceretti est remplacé au secrétariat par un autre saint-mauricien, Marcel Mauvisseau.

L’identification de Ceretti à Marius Ceretti pour l’ensemble des activités publiques n’est pas absolument certaine. Cependant, les mentions de son adresse personnelle en 1924, de son initiale en 1932 et de son prénom complet en 1935 s’ajoutent au fait que son frère Pierre François, seul autre Ceretti identifié pendant l’entre deux-guerres à Joinville et Saint-Maurice et avec lequel il est associé, conserve la nationalité italienne jusqu’en 1946, ce qui rend difficile de supposer qu’il ait eu une intervention politique.

Dix ans après le décès, en janvier 1970 de sa première épouse, Marius Ceretti s’est remarié en mars 1980 à Saint-Maurice avec Simonne Louise Hutet.

Jacques Marius Ceretti meurt le 31 décembre 1995 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 95 ans et avait eu une fille avec sa première épouse.

L’entreprise de tôlerie et chauffage Ceretti frères existe toujours en 2019. Elle est installée à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

Fin

L'entreprise Ceretti en 2019 à Boissy-Saint-Léger

 

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 00:01

Début de la biographie de Marius Ceretti

Jacques Marius Ceretti naît le 3 février 1900 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Florence Élise Bruschera et de son mari Jacques Victor (ou Trevor) Paul Ceretti, monteur en cuivre. Les parents sont italiens, originaire du village d’Intra, de la commune de Verbania, au bord du lac Majeur dans le Piémont ; ils sont venus en région parisienne au milieu des années 1890. Lui-même est donc italien à la naissance et deviendra français à sa majorité. Les prénoms familiaux sont tous francisés.

Jacques et Marie Ceretti

Devenu chaudronnier-tôlier, Marius Ceretti aurait été mobilisé probablement fin 1918 ou début 1919, si la première guerre mondiale n’avait pas cessé ; son frère Alphonse François Joseph Ceretti est tué à Petegem-aan-de-Leie, en Flandre Orientale (Belgique) en décembre 1918. Après un séjour à Aarsele (act. Tielt, Flandre, Belgique), probablement pour le rapatriement du corps de son frère, il est convoqué au service militaire en octobre 1920 dans le 4e bataillon de chasseurs, mais il est réformé dix jours plus tard pour une entérite et un « état général médiocre ». Il sera finalement dispensé de service.

Associé avec son frère aîné Pierre François, Marius Ceretti développe une activité de fumisterie et chauffage et s’implante également dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où ils obtiennent par exemple en 1927 l’entretien des bâtiments communaux. La société Ceretti Frères, basée à Saint-Maurice, est fondée en avril 1929. Ils s’associent avec un autre italien d’origine, M. Zancarini dans une nouvelle structure, la Société Française de tôlerie industrielle, basée toujours à Saint-Maurice, mais l’entreprise commune est dissoute en juin 1935, chacun des associés reprenant sa part de la clientèle. En octobre 1934, Marius Ceretti avait été condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à une amende de 25 francs pour « emploi d’étranger sans carte de travailleur. »

Marié en février 1924 à Saint-Maurice avec Germaine Poulain, Marius Ceretti va se lancer cette même année dans une action politique publique.

Germaine Ceretti, née Poulain

Début avril 1924, au nom de « la section de Saint-Maurice nouvellement reconstituée » du parti socialiste SFIO, Ceretti lance « un pressant appel à tous les camarades qui désirent reprendre leur place de lutte dans la vieille maison du Parti SFIO ». La réunion constitutive est convoquée pour le 14 avril. En mai, le Cartel des Gauches se met en place dans le canton de Charenton-le-Pont. Le bureau est présidé par le docteur Thévenin, républicain socialiste et comprend également des représentants du parti radical-socialiste, de l’Union socialiste-communiste (USC) et du parti socialiste SFIO. Ceretti est membre du bureau, au nom de la SFIO de Saint-Maurice.

Lors de l’élection municipale de mai 1925, Ceretti n’est pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste, incomplète, arrive en quatrième position avec 15,%, derrière les communistes à 18,6%, le Comité républicain radical-socialiste à 20,1% et l’Union républicaine de droite à 48,9%. La SFIO n’a pas d’élu. Ceretti joue un rôle important dans la section SFIO, probablement comme secrétaire. Il la représente au sein de la commission de contrôle et propagande de l’Union des sections du canton de Charenton en 1928.

Le nom de Ceretti est aussi associé à celui de la section de Joinville-le-Pont, voisine, par exemple pour des souscriptions en février 1928 et mai 1930.

Au cours de l’élection municipale de mai 1929, Ceretti n’est toujours pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste obtient environ 13,3% et n’a pas d’élu. M. Ternois, radical, est élu maire.

En tant que membre du conseil de la fédération SFIO de la Seine, où il représente Saint-Maurice, Ceretti s’oppose, en compagnie de Jean Longuet et de la majorité fédérale à l’exclusion de la section d'Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), accusée d’avoir maintenu ses candidats au deuxième tour de scrutin lors des élections municipales, malgré l'avis contraire de la Fédération.

En septembre 1932, M. Ceretti signe, dans le quotidien socialiste Le Populaire, une tribune attaquant la municipalité de Saint-Maurice et son maire radical, Désiré Louis Léon Ternois, qui « dernièrement a jugé utile de se jeter dans les bras de la réaction ». Il lui reproche son attitude envers les chômeurs de la commune : six chômeuses, envoyées pour du travail aux pièces avec un « salaire dérisoire » auprès d’un industriel ayant refusé cet emploi sont radiées par la commission paritaire du chômage, présidée par le maire. Ceretti remarque qu’il n’en est pas ainsi dans les autres municipalités. En octobre 1932, Ceretti préside la réunion du Comité exécutif de l’Union des sections SFIO du canton de Charenton.

À suivre

Marius Ceretti

 

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 00:01

Turenne Louis Jean Caron naît le 14 juillet 1893 à Saint-Georges-Buttavent (Mayenne), dans le village de Fontaine-Daniel. Il est le fils d’Augustine Victorine Routhier et de son mari Louis Gilbert Caron, commerçant à Paris, rue de la Butte-aux-Cailles.

En 1911, Turenne Caron habite chez sa tante, Marie Louise Godard, rue Vautier à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre. Il est employé comme mécanicien dans l’entreprise de cinéma Pathé, principal employeur de la commune. Il dispose d’un permis de conduire. Sans doute à la demande de Pathé, il obtient un sursis d’incorporation au service militaire en 1913 puis est incorporé au début de la première guerre mondiale au sein du 46e régiment d’infanterie.

Il est blessé à trois reprises au cours du conflit : d’abord par un éclat d’obus en septembre 1914 dans la Meuse qui entraîne la perte de son gros orteil gauche. Il souffre d’une gelure superficielle des deux pieds puis décembre 1914 dans le ravin des Menissons en Argonne (Meuse). De nouveau en mars 1915, il a les pieds gelés sur la butte de Vauquois (Meuse). Du fait de ses infirmités, il est affecté entre décembre 1915 et avril 1917 à un service auxiliaire. Il l’est de nouveau en juillet 1918 du fait d’une bronchite suspecte. Il est démobilisé en avril 1919 et obtient en septembre de la même année une pension d’invalidité de 10%. Il est cité à l’ordre du régiment en août 1919 et décoré de la médaille militaire en février 1936.

Après-guerre, Turenne Caron épouse en mai 1920 à Paris (7e arr.) Anne Marie Godard, qui est probablement sa cousine. Ses témoins sont d’anciens combattants décorés. Il a repris son travail chez Pathé et vit alors rue de Paris, encore à Joinville, avant de revenir rue Vautier où il est en 1926 puis allée des Tilleuls en 1931.

En 1921, il est embauché à l’usine des Eaux de la ville de Paris, implantée dans le quartier du Canal à Joinville. Il y est mécanicien conducteur de machines.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Turenne Caron est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Il figure en 11e position des 14 titulaires de la liste, pour 27 poses à pourvoir. Un autre machiniste, Hector Charamon, est un de ses colistiers. La liste socialiste avec 12,3 % des suffrages exprimés arrive en quatrième position derrière l’Union des républicains (droite) qui recueille en moyenne 32,6 %, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches républicaines du maire sortant Georges Briolay qui en ont 26,7 % et les communistes de Robert Deloche avec 23,5 %. Caron recueille 345 votes sur 2 856 exprimés pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec 10 socialistes, 16 communistes et un indépendant, le secrétaire de la section de l’association d’anciens combattants ARAC, Louis Blocher, promu tête de liste. Les 9 premiers socialistes figurent sur la liste unifiée, mais ni son prédécesseur, Joseph Bernard, ni Caron ne sont candidats, remplacés par le 12e, Jules Dubreuil.

Tandis que les radicaux-socialistes sont battus, la gauche gagne deux sièges pour les communiste Robert Deloche et Paul Rouhaud, tandis que l’Union des républicains gagne la mairie avec les 25 autres conseillers municipaux. Léon Lesestre est élu maire.

En juillet 1945, Turenne Caron, qui est toujours conducteur de machines au service des eaux et assainissement de Paris, est décoré de la médaille d’honneur d'argent départementale et communale. Il a alors 52 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Sa date de décès n’est pas connue.

Usine Pathé de Joinville en 1924

 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 00:01

Albert Favin naît le 18 mars 1884 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Alix Bathilde Bigé et de son époux, Victor François Favin, chauffeur mécanicien.

En 1904, Albert Favin exerce le même métier de chauffeur mécanicien et a déménagé avec ses parents dans la commune riveraine de Joinville-le-Pont. Il travaille à l’usine des eaux de la ville de Paris dans cette localité. Il y conduira toute sa carrière professionnelle, étant nommé en 1924 maître-chauffeur.

Le service militaire de Favin se déroule entre septembre 1905 et septembre 1907 dans la 7e section de Commis et ouvriers d'administration (COA). Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans la 24e section de Commis et ouvriers d'administration puis passe en décembre 1915 au 55e régiment d’infanterie avant d’être affecté en mai 1916 aux ateliers de construction de Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il rejoint en juillet 1917 le 1er régiment de génie.

Lors des élections municipales qui suivent le conflit, en novembre 1919, Albert Favin est candidat en huitième position sur la liste socialiste unifiée (SFIO) conduite par Georges Laruelle, ancien conseiller municipal.

Au premier tour, la liste socialiste fait face à une liste conduite par Henri Vel-Durand (radicaux dissidents, radicaux-socialistes officiels et socialistes indépendants, dont plusieurs anciens de la SFIO) et à une liste libérale et conservatrice. Elle obtient une moyenne de 500 voix, soit 30,1% des 1 695 suffrages exprimés pour 1 715 votants sur 2 491 inscrits. Au second tour, face à la seule liste de Vel-Durand, la liste SFIO obtient 502, 34,3% des 1 518 suffrages exprimés pour 1 537 votants. Elle n’a pas d’élu. Favin avait obtenu 500 voix au premier tour (30,1%) et 496 au second (32,7%).

Comme l’ensemble de la section de Joinville de la SFIO, Favin adhère en décembre 1920 au parti communiste SFIC. Il souscrit, en avril 1921, en faveur du développement de la nouvelle formation.

Marié en juillet 1908 à Saint-Maurice avec une plumassière, Maria Prévost (née Stöcklé), il aura une fille et élèvera la fille d’un premier mariage de son épouse.

Après avoir reçu la médaille d’honneur communale en juillet 1929, Favin prend sa retraite en tant que brigadier-chauffeur en avril 1939.

Peut-être est-ce lui qui, en 1971, contribue à la solidarité syndicale dans le journal des retraités des services publics du syndicat CGT, La Voix des anciens.

Albert Favin meurt le 1er septembre 1974 à Créteil  (Val-de-Marne). Il résidait probablement encore à Joinville et était âgé de 90 ans.

La rue du Canal à Joinville-le-Pont

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 00:01

Début de la biographie de Georges Scornet

Georges Auguste Scornet naît le 31 août 1878 à Landerneau (Finistère). Il est le fils d’Yvonne Marie Croson et de son époux François Marie Scornet, sabotier.

En 1896, alors que ses parents habitent à Bréhal (Manche), Georges Scornet est employé de commerce à Bégard (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor). Il devance son service militaire et s’engage pour quatre ans à Guingamp en novembre. Il est affecté au 24e régiment de dragons, basé à Dinan. Scornet quitte l’armée en 1900 avec le grade de maréchal des logis. Dans la réserve, il est promu adjudant en mars 1902.

Georges Scornet épouse à Dinan en juin 1900, Émilie Augustine Marie Rose Hervé, fille d’une commerçante. Reprenant une activité de représentant de commerce en vins, il est embauché par M. Gault en août 1900. Apprécié par son patron, il détourne en 1904 et 1905 une partie des sommes qu’il aurait dû remettre à son employeur. Arguant qu’il avait besoin de plus des moyens pour ses tournées, il reconnaît avoir gardé 19 000 francs, à comparer avec son salaire annuel de 1 800 francs (hors commissions). Ayant commencé à rembourser, il est condamné le 21 décembre 1905 par le tribunal correctionnel de Dinan à un an de prison avec sursis et 50 francs d’amende. En conséquence, il est également démis de son grade militaire.

La famille Scornet, dans laquelle deux filles sont nées, quitte la Bretagne pour s’installer en région parisienne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En 1911, elle est installée route de Brie (act. av. Galliéni, dans le quartier de Polangis). Georges Scornet est représentant aux Galeries réunies à Paris et son épouse, Émilie Scornet, est employée dans les usines cinématographiques Pathé, situées dans le même quartier à Joinville.

L’engagement en politique de Georges Scornet est attesté à partir de 1910. Il est membre de la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il signe, en compagnie du secrétaire de la section, Émile Lebègue, un appel avec des libéraux et des conservateurs à une réunion fin juin 1910 pour dénoncer « l’incurie municipale », incapable selon eux de refaire une voie de la commune, le chemin de Brétigny, en mauvais état du fait du passage de charriots depuis le port sur la Marne. Cette affaire est l’un des moyens utilisé pour combattre la longue domination des radicaux-socialistes sur la vie politique locale au moment où le maire Eugène Voisin est vieux et malade et n’entend pas se représenter.

En avril 1912, Scornet présente sa candidature pour figurer sur une liste socialiste pour les élections municipales du mois suivant ; ce sera la première fois qu’une liste complète sera présentée par les socialistes à Joinville. Elle est ratifiée par la fédération SFIO de la Seine. Le scrutin est caractérisé par un accord des trois listes d’opposition, qui conviennent de fusionner au second tour au prorata de leur score du premier tour. Si les résultats exacts ne sont pas connus, la coalescence des opposants se fait sur la base de dix candidats pour les radicaux dissidents de Mermet et Vel-Durand, sept pour la SFIO et six pour les libéraux et conservateurs. Au second tour, les radicaux-socialistes sont battus, et la coalition emporte les 23 sièges. Scornet est élu en compagnie de six autres adhérents à la SFIO : Laruelle, Lebègue, Perrin, Flambard, Lacroix et Petit. Contrairement aux libéraux et conservateurs, les conseillers SFIO n’entrent pas au bureau municipal, mais ils votent les budgets et mesures essentielles de la municipalité.

En avril 1913, Scornet est l’un des orateurs, avec Lebègue, Petit, Lacroix et Flambard, d’une réunion socialiste convoquée à Joinville.

Pendant la première guerre mondiale, Scornet est mobilisé au 276e régiment territorial d’infanterie, unité de réserve, stationné à Caen (Calvados) puis en Bretagne dans une section de remonte de chevaux. Cependant, il demande à être affecté à une unité combattante, et rejoint le 225e régiment d’infanterie. Il recouvre des galons, de brigadier en septembre 1916 puis de maréchal des logis en janvier 1918. Intoxiqué au gaz en août 1918, il est hospitalisé deux semaines et retrouve son régiment fin septembre. En octobre, il est cité à l’ordre du régiment : « S’est manifesté en toutes circonstances comme un homme de devoir. A rempli toutes les missions souvent périlleuses qui lui ont été confiées comme agent de liaison entre son chef de bataillon et le colonel ». Il obtient la Croix de guerre avec étoile de bronze.

Il est démobilisé en janvier 1919. Sa condamnation a été effacée par le procureur de Brest (Finistère) et il est réhabilité de droit en septembre 1918.

À suivre

Georges Scornet, 1933

 

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 00:01

Benoit Bayard naît le 23 décembre 1874 à Monétay-sur-Loire (Allier). Il est le fils aîné des dix enfants de Magdeleine Minard et de son marie Benoît Bayard, cultivateurs métayers, dont trois sont prénommés Benoit.

Alors cultivateur à Diou (Allier), Benoit Bayard épouse dans cette commune, en juillet 1902, Philiberte Tillier, originaire du Pin, résidant alors à Paris (12e arr.).

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1909, les Bayard résident dans le quartier du Centre, rue de Paris. Benoit Bayard est ouvrier à l’établissement de la Monnaie et des médailles (Monnaie de Paris). Il y sera ensuite employé en tant qu’huissier. Son frère Gilbert, qui a épousé une sœur de sa femme, travaille également à la Monnaie et vit dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés ; il reprendra, après la première guerre mondiale, le logement occupé précédemment par Benoit Bayard à Joinville.

Au cours du conflit mondial, Benoit Bayard est mobilisé dans le 358e régiment d’infanterie.

Après-guerre, la famille déménage à Viroflay (Seine-et-Oise, act. Yvelines). En 1931, elle vit dans le quartier du Marais, sur la rive droite, rue Julien-Certain.

Selon les archives des historiens de la coopération Jean Gaumont et Gaston Prache, Benoit Bayard adhéra au Parti socialiste SFIO ainsi qu'au mouvement coopératif de consommation à Viroflay.

Benoit Bayard meurt le 3 septembre 1940 à Viroflay. Il était âgé de 65 ans.

Son fils André Bayard fut également militant socialiste SFIO à Viroflay et responsable du mouvement coopératif en Île-de-France.

 

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