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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 00:01

Victor Amédée Adrien Placide naît le 9 janvier 1901 à Barfleur (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils d’Adrienne Alice Aurélie Placide et de Victor Jean Hochet ; le mariage de ses parents en mai 1902 fait qu’il adopte le nom Hochet. La famille vit ensuite à Hillion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor) en 1906 puis à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).

Résidant alors à Thouars (Deux-Sèvres), Victor Hochet fait son service militaire à partir d’avril 1921 dans le 8e bataillon de génie puis est envoyé au Levant, probablement en Syrie et au Liban, en décembre 1921 avec le 43e bataillon de génie. Il est nommé caporal en avril 1922, rentre du Levant en décembre de la même année et est démobilisé en avril 1923.

Après son retour à la vie civile, il s’installe à Paris en 1924 puis, en novembre 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue du Bac (act. av. Guy-Môquet). Il est dessinateur et sera ensuite directeur d’une usine de béton armé. Il épouse en mars 1926 à Joinville Marguerite Andrée Mégret, fille de vignerons de l’Indre.

Dans sa commune, Victor Hochet est membre de la section socialiste SFIO en 1927. Il participe très régulièrement à des souscriptions lancées par le quotidien du parti, Le Populaire.

Lors du congrès de la Fédération de la Seine du parti socialiste, en juin 1930, Victor Hochet est candidat au conseil fédéral sur une liste de ceux qui approuvent le rapport moral de la direction sortante, conduite par Jean Zyromski (courant Bataille socialiste). Il est en compagnie de plusieurs autres adhérents joinvillais, Claude Noizat, Georges Roger et Julien Cérignan.

Lors d’élections municipales partielles organisées en octobre 1934 à Joinville suite à plusieurs démissions, Victor Hochet est candidat sur la liste SFIO conduite par Robert Derivière. Elle est devancée par deux listes de centre-droit et, de quelques voix, par la liste communiste et se retire avant le second tour. Hochet obtient 405 voix pour 2 297 suffrages exprimés (17,6%). Il y avait 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Il est de nouveau candidat en mai 1935 au cours des élections municipales générales, toujours derrière Robert Derivière. La liste socialiste est encore en quatrième position, avec cette fois une moyenne de 12,3% des suffrages exprimés, derrière la droite de l’Union des républicains (32,6%), les radicaux-socialistes du Groupement des gauches républicaines (26,7%) et les communistes (23,3%). Hochet obtient 361 voix pour 2 856 exprimées (12,6%). Il y avait 2 923 votants parmi les 3 433 inscrits. En vue du second tour, les socialistes et les communistes fusionnent, faisant appel à une personnalité non présente au premier tour, le professeur André Blocher, responsable local d’une association d’anciens combattants (ARAC) et secrétaire de section de la Ligue des droits de l'homme. De ce fait, la gauche socialiste et communiste, avec 36,6%, se rapproche de la liste de droite, qui est à 39,8%, tandis que les radicaux reculent, à 19,5%. Au sein de la coalition de gauche, les scores des socialistes sont bien inférieurs à ceux des communistes, qui ont seuls deux élus, contre 25 de droite. Hochet a 991 voix soit 34,2% des 2 899 votes valables pour 2 924 bulletins déposés.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Victor Hochet est mobilisé dans un dépôt du génie. Il s’engage ensuite dans la résistance à l’occupation allemande. Il sera homologué en tant que membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI) à la Libération.

Son statut de résistant fait qu’il est nommé, le 27 septembre 1944, membre de la délégation spéciale installée par le préfet suite à la prise de la mairie par le Comité local de Libération. Le maire est le communiste Robert Deloche, secondé par des adjoints radicaux et socialiste.

À l’issue des premières élections municipales après-guerre, en mai 1945, le nouveau conseil municipal se compose de 7 communistes, 6 socialistes (dont Hochet), 5 radicaux-socialistes et 9 indépendants de gauche. Robert Deloche est élu maire. La liste qu’il emmenait, dite d’Union républicaine et démocratique, avait recueilli une moyenne de 3 979 voix, soit 61,7% des 6 447 suffrages exprimés. On comptait 6 621 votants parmi les 7 811 inscrits, dont pour la première fois les femmes. Les formations de droite n’eurent pas d’élu.

Deux ans plus tard, en octobre 1947, la liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste, droite) arrive en tête, avec 3 066 voix (44%) en devançant de peu l’alliance des communistes et des radicaux, dont les socialistes se sont désolidarisés, qui recueille 3 017 voix (43,2%), mais les deux formations ont le même nombre d’élu, 13. La majorité dépend donc de l’unique élu SFIO, dont la liste avait engrangé 452 votes (6,5%). Les démocrates-chrétiens du MRP, avec 404 suffrages (5,8%) n’ont pas de siège.

L’élu socialiste, Léon Berthet, fait pencher la décision en faveur de Robert Deloche et est désigné maire adjoint. Il démissionne en octobre 1951, remplacé par Pierre Allaire, lequel se retire à son tour en janvier 1952, amenant un retour de Victor Hochet dans l’assemblée locale ; il la quittera à son tour peu avant les élections suivantes, en mars 1953, laissant Georges Chauffour terminer le mandat, avec un nouveau maire, la communiste Amélie Trayaud, qui a remplacé Robert Deloche, exclu du parti communiste.

Les élections municipales d’avril 1953 voient cependant la liste des communistes arriver en tête, avec une moyenne de 2 405 voix soit 35,6% des 6 748 suffrages exprimés et a 10 élus ; deux listes de droite se partagent également 12 sièges, tandis que la SFIO, alliée à certains radicaux-socialistes, avec 827 voix (12,3%) en a 3 (Berthet, Depoutot et Lobrot). Ce sont les deux élus du Mouvement républicain populaire (MRP) qui permettent à Georges Defert d’accéder à la mairie.

C’est de nouveau la démission d’un élu, le radical Auguste Lobrot, qui conduit en octobre à un retour de Victor Hochet au sein de l’assemblée communale en octobre 1958. Il y restera peu, car, malade, il présente sa démission dès janvier 1959.

Victor Adrien Amédée Hochet meurt le 1er avril 1985 à Créteil. Il était âgé de 84 ans et résidait vraisemblablement toujours à Joinville-le-Pont. Il n’avait pas eu d’enfant.

La célébration de la Libération à Joinville-le-Pont

 

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 00:01

Paul Alexandre Joseph Quesnel naît le 7 avril 1879 à Lisieux (Calvados). Il est le fils de Maria Philomène Poulain et de son mari, Jean Alexandre Quesnel, huissier.

En 1900, Paul Quesnel vit à Troyes où il est employé de commerce. Il est définitivement réformé pour tuberculose en 1902 et n’effectue pas son service militaire.

Il s’installe ensuite à Paris (2e arr.) où il est chapelier et vit rue Saint-Denis, et épouse en septembre 1904 dans cet arrondissement Marie Louise Raphaëlle Lablée, couturière, originaire d’Orléans. Ils s’installent rue du Caire (2e arr.). Son épouse meurt en janvier 1906, deux semaines après avoir donné naissance à une fille, qui mourra à son tour en septembre la même année.

Après avoir vécu à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), Paul Quesnel revient à Paris (6e arr.), rue Monsieur-le-Prince, où il se remarie en octobre 1910 avec Marie Eugénie Élise Surville, native de Lisieux. Ils déménagent dans le 15e arrondissement, boulevard de Grenelle.

Au cours de la première guerre mondiale, Paul Quesnel n’est pas mobilisé immédiatement. Il est cependant appelé en mars 1915, classé pour exercer en service auxiliaire dans le 20e régiment territorial d’infanterie, nommé caporal fourrier en mars 1916 puis affecté en août la même année à l’état-major du régiment comme secrétaire. En août, il rejoint le 4e escadron du train des équipages, où il sert dans le service automobile ; il disposait d’un permis de conduire. Il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, la famille Quesnel vit dans différentes localités du Calvados : Broglie, Notre-Dame-du-Hamel, Bernay et Trouville. Dans ce port, peut-être est-ce lui le rédacteur en chef et gérant de l’hebdomadaire local, de tendance radicale, Le Progrès du Littoral. Paul Quesnel, âgé de 48 ans, est mentionné comme responsable légal en 1927.

En 1933, son fils, Roger, s’est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Eugénie et Paul Quesnel y ont également emménagé, dans le quartier de Polangis, quai d’Anjou.

À l’occasion d’élections municipales partielles organisées en octobre 1934 à Joinville, Paul Quesnel est candidat sur la liste du parti socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Elle s’oppose à deux listes diverses, comprenant l’une comme l’autre des radicaux-socialistes, et à une liste communiste. Distancée de 5 voix par les communistes, la SFIO se retire avant le second tour et les soutient. C’est cependant la liste de Concentration républicaine (divers droite) qui emporte les dix sièges à pourvoir. Quesnel avait obtenu 401 voix, soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Quesnel est de nouveau présent, en huitième position, Derivière conduisant de nouveaux les socialistes. Il se déclare en tant que métreur. Les socialistes arrivent en quatrième position avec 12,3%, cette fois derrière une liste de droite de l’Union républicaine, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches et les communistes. Quesnel reçoit 353 votes, soit 12,4% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, derrière le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher, et Quesnel figure sur la liste d’union. Celle-ci, avec 36,6% des voix a deux élus, communistes, tandis que la droite, avec 39,8%, emporte les vingt-cinq autres sièges. Les radicaux-socialistes de la majorité sortante sont battus et le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Lors de ce second tour, Quesnel avait eu 981 votes, soit 33,8% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants.

En 1936, Paul Quesnel signale lors du recensement dans sa ville qu’il est représentant. Il est alors âgé de 57 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Trouville, le quai de Joinville

 

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29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 00:01

Armand Alexandre Julien Bureau naît le 13 mars 1878 à Curzon (Vendée). Il est le fils d’Armance Chateneau et de son mari Gustave Bureau, boulanger.

Venu avec ses parents à Levallois-Perret, rue Chaptal (Seine, act. Hauts-de-Seine), il est condamné en novembre 1897 à trois mois de prison avec sursis pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Cette peine est amnistiée en 1919. Il travaille comme ébéniste.

Convoqué en 1898 pour le service militaire, il est ajourné pour faiblesse. Il intègre en novembre 1900 le 69e régiment d’infanterie, est nommé caporal en septembre 1901 et démobilisé le même mois l’année suivante. Il effectue une période de réserve en 1905 mais, convoqué à nouveau en 1908, il ne s’y rend pas et est déclaré insoumis en octobre 1908. Il se présente de lui-même à la gendarmerie en janvier 1909 et sa bonne foi est admise.

N’ayant pas, une fois encore, répondu à une convocation en décembre 1912, il est inscrit sur les registres d’insoumission, arrêté en février 1913 et condamné, par le conseil de guerre, à six jours de prison.

Mobilisé en août 1914 pendant la première guerre mondiale, Armand Bureau est affecté au 19e régiment territorial d’infanterie. En mars 1916, il est écarté du service armé pour « débilité » et détaché à la direction du génie à Amiens (Somme). Il rejoint en août 1917 le 1er groupe d’aviation à linsoumis, dans le même département. Il est démobilisé en février 1919.

Pendant son séjour en Picardie, Armand Bureau épouse en juin 1916 à Abbeville Georgina Armande Drenthon (nom présumé) qui donne naissance dans cette ville à une fille en novembre 1918. Parmi ses prénoms, elle porte celui de Victoire.

La famille Bureau s’installe en 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, d’abord avenue du Bac puis avenue de l’Île (act. avenues Guy-Môquet et Jean-d’Estienne-d’Orves).

La première mention de l’engagement politique d’Armand Bureau se trouve, en décembre 1928, dans le quotidien Le Populaire qui le cite comme membre de la section de Joinville du parti socialiste SFIO.

Lors des élections municipales de mai 1929, la municipalité sortante présidée par M. Stephen Durande (centre et droite) fait face à deux listes de gauche, celle du parti communiste, et celle du cartel des gauches, qui a le soutien des radicaux-socialistes et de la SFIO, comprenant aussi des socialistes indépendants.

Au premier tour, la liste d’Union nationale des sortants arrive en tête avec 42,6% des suffrages exprimés, devant la Concentration des gauches de Georges Briolay à 35,9% et les communistes de Roger Bénenson à 16%. Au second tour, la liste des gauches emporte vingt-deux des vingt-sept sièges à pourvoir, avec 45,9%, la droite conservant cinq sièges en recueillant 41,6%, tandis que la liste communiste, reculant à 12,5%, n’a pas d’élu.

Armand Bureau faisait partie des six candidats présentés par la SFIO sur la liste commune avec les radicaux et les indépendants. Il obtient au premier tour 730 voix, soit 42,6% des 1 715 votants pour 2 491 inscrits. Il est élu au second tour en compagnie de trois autres socialistes, Georges Roger, François Galabert et Marcel Couillard. Roger est désigné comme adjoint au maire.

Avec notamment Roger et Galabert, Bureau devient administrateur de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont, constitué en 1930. D’importantes dissensions se font jour au sein du conseil municipal, en particulier parmi les socialistes. François Galabert s’oppose, de manière parfois spectaculaire, au maire, en particulier au sujet de son attitude envers les chômeurs. Couillard quitte plus discrètement le conseil. par contre, Roger et Bureau restent fidèles à l’alliance avec les radicaux.

Les luttes à l’intérieur de l’assemblée ayant provoqué plusieurs départs, une élection municipale partielle doit être organisée en octobre 1934. La liste de droite, mais comprenant aussi quelques radicaux, emmenée par Charles Chaussée arrive en tête avec 37,0% tandis que des indépendants, plus proches du maire obtiennent 25,5% ; les socialistes, qui font une liste autonome, se retrouvent, avec 17,6%, légèrement derrière les communistes qui ont 17,8%. Ils se retirent pour le second tour, qui voit la liste de droite remporter les dix sièges avec 59,5% face aux seuls communistes.

Confirmant son engagement auprès du maire sortant, Bureau rejoint le parti radical-socialiste et est, en janvier 1935, secrétaire du comité de Joinville, alors présidé par le miroitier Gabriel Vélard, qui est aussi le président du comité de Front populaire dans la commune.

Lors de la campagne pour les élections municipales de mai 1935, Armand Bureau est également secrétaire du Groupement des gauches républicaines qui, outre les radicaux, regroupe également des indépendants comme Genevay et Roger. Il lance un « appel à l’union pour continuer l’œuvre de bonne administration des élus de 1929 et 1934. »

En présentant son bilan, la liste de Georges Briolay insiste sur les importants travaux d’amélioration et d’embellissement qu’ils auraient réalisé depuis 1929. Elle concède qu’il y a eu une augmentation des impôts locaux, mais l’attribue à une « aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) ». Bureau figure en onzième position sur la liste. Elle défend le programme suivant : assainissement, travaux de viabilité, réfection des trottoirs défectueux, création de squares. Elle souhaite que l’État lance des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Proposant le maintien des allocations communales actuelles, le Groupement des gauches plaide pour la création d’un fonds national de chômage. Voulant créer un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis, la liste des sortants propose également d’agrandir les établissements existants. Elle veut enfin créer une salle des fêtes à la mairie ainsi que des cours de natation et d’aviron gratuits.

Devancée au premier tour par la coalition de droite de l’Union républicaine, qui recueille 32,6% des suffrages exprimés, la liste des Gauches républicaines obtient 26,8%, talonnée par les communistes à 23,5%. Ces derniers fusionnent avec les socialistes SFIO, qui avaient un score de 12,3%. Au second tour, les sortants perdent une grande part de leurs suffrages et n’ont aucun élu, les communistes en ayant deux, tandis que la droite de Léon Lesestre a les vingt-cinq autres. Bureau recueille au premier tour 755 votes sur 2 856 exprimés (26,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il en a 544 sur 2 899 exprimés (18,8%) pour 2 924 votants au second tour.

Depuis avril 1935, Bureau avait été désigné comme administrateur de la caisse des écoles de Joinville.

Armand Bureau meurt le 25 janvier 1941, et son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 62 ans.

L'école militaire de pilotage du Crotoy, dite école Caudron

 

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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 00:01

Désiré Eugène Raoul Bourdin naît le 3 août 1881 à (Clichy, Seine, act. Clichy-sous-Bois, Hauts-de-Seine). Il est le fils de Joséphine Catherine Turpin et de Jean Baptiste Bourdin, laitier.

Ajourné en 1902 pour « faiblesse », Désiré Bourdin est déclaré bon pour le service militaire en 1903. Il est incorporé au 64e régiment d’infanterie en novembre de cette année et y reste jusqu’en septembre 1905.

Sur le plan professionnel, Désiré Bourdin est alors bijoutier. Il réside à Clichy, d’abord rue Cousin puis boulevard National. Il change d’emploi et déménage en 1910. Désormais employé par la firme cinématographique Pathé, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans cette commune, d’abord rue Bernier puis rue du Pont, dans le centre-ville.

Dans sa commune, Désiré Bourdin adhère à la section locale du parti socialiste SFIO. Il intègre le bureau de la section en juin 1912 en tant que trésorier adjoint. La section, grâce à un accord avec des radicaux dissidents et des conservateurs et libéraux, vient de faire élire sept conseillers municipaux sur les vingt-trois membres de l’assemblée locale en mai. Ils ne sont cependant pas associés à la gestion de la municipalité. Le secrétariat de la section passe d’Émile Lebègue, graveur sur acier, élu conseiller municipal, à Fernand Grandhomme, typographe. En janvier 1913, Désiré Bourdin est maintenu dans sa fonction tandis qu’Émile Graillat, comptable, devient le nouveau secrétaire. Il conserve encore ce poste après un nouveau changement de responsable local, en mai 1913, quand le doreur Alphonse Mibord prend la tête de la section. Par contre, il n’est pas renouvelé dans le bureau constitué en juin 1914, dont Francis Carrouet, comptable, assume la responsabilité. Le nouveau trésorier adjoint est alors Armand Arga.

La première guerre mondiale voit Désiré Bourdin mobilisé au sein du 167e régiment d’infanterie. Il participe aux combats du Bois de Remières et disparaît le 13 décembre 1914 dans la commune de Seicheprey (Meurthe-et-Moselle). Selon le récit de Dominique Toussaint, cette bataille, sans résultat, est conduite dans des conditions très difficiles : « Une grande partie des fusils ne fonctionne pas ; en effet, les mains des hommes sont pleines de boue et ceux-ci en introduisent dans l’arme avec les cartouches, les armes étant elles-mêmes couvertes de boue par le moindre contact avec le sol ». Un jugement d’avril 1920 confirmera que Désiré Bourdin est mort ce jour-là, tué à l’ennemi. Il était âgé de 33 ans. Il est déclaré mort pour la France et une pension sera versée à ses parents.

Son nom figure sur les plaques commémoratives des anciennes sociétés Pathé-Cinéma à Joinville-le-Pont et Kodak-Pathé à Vincennes, toutes deux dans le Val-de-Marne. Il est aussi répertorié dans le livre d’or pour la commune Clichy-sous-Bois.

Sorite des employés de Pathé à Joinville en 1911

 

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:01

Joseph Py naît le 26 juin 1898 à Bucarest (Roumanie), probablement d’un père roumain.

Il vite en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai de la Marne, et dispose de la nationalité française, puisqu’il est inscrit à cette date sur les listes électorales de la commune. Il exerce la profession d’ajusteur, étant identifié en 1926 comme mécanicien au ministère de la guerre.

Si Joseph Py ne semble pas s’être marié, il a une compagne qui partage son logement joinvillais en 1931, Blanche Serrent, soudeuse.

Lors des élections municipales de mai 1935, Joseph Py est candidat en quatorzième et dernière position sur la liste soutenue par le parti socialiste SFIO et dirigée par Robert Derivière ; incomplète, la lite obtient 12,5% des suffrages exprimés. Py recueille 337 votes pour 2 856 exprimés (11,8%) et 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, la SFIO rejoint les communistes de Robert Deloche dans une liste d’union, conduite par le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher. Dix socialistes y figurent, mais pas Py. La droite l’emporte avec 25 sièges, en laissant deux aux communistes ; les sortants radicaux-socialistes sont battus. Émile Lesestre est élu maire.

Deux autres Py sont mentionnés à Joinville en même temps que Joseph : Maurice Gaston Victor Py est épicier et réside rue de Paris avec sa famille en 1936, dont son fils Maurice Marius Marcel (1919-1957), mort pendant la guerre d’Algérie ; Maurice Py est sergent-chef instructeur à l’école des sports de Joinville, située dans le Bois de Vincennes. Ils ne semblent pas apparentés. L’un des deux est, pour la fin de l’année 1935, un des donateurs du vestiaire municipal constitué pour les pauvres.

En 1942, Joseph Py est contremaître à la sous-direction de l'Afrique du Nord du service des fabrications dans l'industrie. Il est « relevé de ses fonctions, par application de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1940 » le 2 février 1942. Ledit article stipule que « Nul ne peut être employé dans les administrations de l'État, des départements, communes et établissements publics s'il ne possède la nationalité française, à titre originaire, comme étant né de père français. »

Séjournant peut-être en Algérie, Joseph Py rejoint les Forces françaises combattantes. Son décès est transcrit, le 27 mai 1942, sur l’état-civil de Joinville-le-Pont. Il était âgé de 43 ans et est reconnu comme ayant participé à la résistance à l’occupation allemande en France. Cependant, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de Joinville, ce qui fait supposer qu’il n’est pas décédé au cours de combats.

Joinville, quai de la Marne

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 00:01

Constant Romain Ricard nait le 11 février 1862 à Saint-Genest (act. Bouchy-Saint-Genest, Marne). Il est le fils de Louise Virginie Dégombert et de son mari Jules Victor Ricard, meunier.

En 1886, Ricard est garde-moulin chez un meunier à Valmondois (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Cette année, il épouse en octobre à Novillers (Oise) Malvina Hortense Lechauguette.

Devenu en 1887 employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, il est aiguilleur à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le couple s’installe dans le quartier du Centre, rue de Paris. Son épouse décède en septembre 1889. Il se remarie en décembre 1891 à Paris (4e arr.) avec Eugénie Guéry. Restant à Joinville, ils déménagent pour la rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin). Jules Ricard, son frère aîné, est chef de gare à la station du Parc-Saint-Maur dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

C’est à proximité de chez Ricard, au café Cazin, qu’est convoquée le 25 mars 1900 une réunion en vue de la formation d’un comité socialiste-révolutionnaire à Joinville. Ricard est mentionné comme ayant créé, le 21 avril, un incident au cours d’une réunion de compte-rendu de mandat du conseil municipal sortant, composé majoritairement de radicaux-socialistes. L’hebdomadaire Voix des communes indique qu’il voulait présenter le programme de son parti.

Né d’une transformation du Cercle d'études sociales de Joinville-le-Pont, le groupe socialiste-révolutionnaire présente une liste lors des élections municipales de mai 1900. S’il y avait déjà eu des candidats socialistes-révolutionnaires sur la liste radicale-socialiste lors du scrutin local de mai 1888, c’est la première fois qu’une candidature socialiste autonome est présentée à Joinville. Elle n’obtient pas d’élus, le maire radical Eugène Voisin et ses colistiers obtenant tous les sièges.

Devenu section de Joinville du parti socialiste SFIO, le groupe local élit Ricard dans son bureau en tant que trésorier en novembre 1911, au côté d’Émile Lebègue, secrétaire et Fernand Grandhomme, secrétaire adjoint. En décembre de la même année, il est signataire d’une lettre signée d’une éphémère Ligue de défense économique, demandant l’étude de la création de boucheries et de boulangeries municipales, ce qui donne lieu à une polémique avec les radicaux-socialistes, qui défendent les commerçants qu’ils sont accusés d’avoir traités de « voleurs », ce qu’ils contestent.

Alors que le maire Eugène Voisin, qui est en poste depuis 24 ans, ne se représente pas, les trois listes opposées à la majorité sortante radicale-socialiste concluent un pacte en vue du second tour. Les radicaux dissidents d’Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet, les libéraux et conservateurs de Louis Gallas, Pierre Dalbavie et Georges Bitterlin s’entendent avec le parti socialiste SFIO, représenté par Émile Lebègue, Georges Laruelle et Ricard. Ils décident « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Cet arrangement est présenté dans la presse comme une façon d’appliquer la règle proportionnelle, mise en avant par différentes formations politiques, alors que le scrutin municipal relève alors d’un vote majoritaire.

La liste radicale-socialiste est exclue de l’accord, et l’hebdomadaire de cette tendance, Voix des communes, s’étonne : « Comment ces meilleurs militants des divers partis politiques peuvent-ils collaborer au bien communal ? Les saxons [radicaux dissidents] veulent le pouvoir pour leur satisfaction personnelle, ils ont pour cela quitté le parti radical, ils s’intitulent dissidents. Les unifiés [socialistes SFIO] n’ont qu’un but, un programme, c’est la lutte de classe. Au pouvoir, ils seront les pires autocrates. Les libéraux, pseudonyme des réactionnaires, aspirent à rendre à l’église catholique sa suprématie. »

Ricard est candidat sur la liste socialiste du premier tour, probablement en septième position. Cependant, après la fusion des trois listes en vue du second tour, bien que les résultats de la SFIO lui permettent de prétendre à sept élus, c’est Georges Scornet qui figure à ce titre en septième place parmi les socialistes au second tour. La liste de coalition emporte, contre les radicaux-socialistes, les 27 sièges à pourvoir.

Après le scrutin, Ricard continue de jouer un rôle significatif au sein de la section SFIO. Il fait ainsi une conférence sur Syndicalisme et socialisme en octobre 1912, présente le compte rendu moral et financier de la section en novembre de la même année et est délégué à l’Union des sections de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux en janvier 1913.

Le journal d’extrême-droite et antimaçonnique La Libre parole mentionne en 1912 l’appartenance de Ricard à la loge Le Lien fraternel, affiliée au Grand Orient de France, dont le temple se situe 39, avenue d'Antin au Perreux (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme la plupart des employés du rail, il est probablement mobilisé à son poste pendant la première guerre mondiale. Il prend sa retraite vers 1921. Ricard n’a semble-t-il plus d’activité politique publique.

Avec son épouse, il participe à de nombreux concours lancés dans la presse quotidienne. Il continue de vivre à Joinville, d’abord avec sa deuxième fille (la première étant morte jeune), puis avec son petit-fils.

Constant Ricard meurt le 16 décembre 1942 à Paris (10e arr.) où il était hospitalisé. Il était âgé de 80 ans et veuf une deuxième fois depuis février 1940. En août 1919, il avait obtenu la médaille d’honneur des transports.

La gare de Joinville-le-Pont

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 00:01

Maurice Paul Coffin naît le 10 février 1890 à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Flore Adèle Marie Durier et de son mari Paul Coffin, marchand de nouveautés, tous deux originaires d’Amiens (Somme).

La famille Coffin est établie en 1902 à Lorient (Morbihan). C’est dans cette ville que son frère Léon naît ladite année, que le père, Paul Coffin meurt en avril 1908 et que Maurice Coffin, qui est alors voyageur représentant de commerce, s’engage pour trois dans l’armée en octobre de la même année. Un an plus tard, il est cependant réformé puis exempté de service militaire à cause d’une bronchite chronique. Le couple Coffin avait disposé d’un certain capital, puisqu’une maison de maître à Clohars-Carnoët (Finistère) fut mise en vente au profit des deux fils en octobre 1908.

Le même jour de décembre 1914, Maurice Coffin épouse Berthe Adrienne Liné à Abbeville (Somme) et est déclaré bon pour service. Il est affecté au 151e régiment d’infanterie. Signalé comme disparu en juin 1915, il est fait prisonnier et interné à Darmstadt (Hesse, Allemagne). Il est rapatrié mi-décembre 1918, retourne dans l’infanterie ou il est démobilisé en juillet 1919.

Installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, Maurice Coffin et son épouse résident sur le quai de la Marne, dans le quartier du Centre. Il s’engage publiquement dans la vie politique à l’occasion des élections municipales partielles d’octobre 1934, provoqué par la disparition ou la démission d’une dizaine de membres du conseil municipal. La municipalité, élue en 1929 avec à sa tête Georges Briolay, était constitué par une alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes indépendants et le parti socialiste SFIO. Ces derniers se sont retirés de la majorité, deux de leurs quatre élus démissionnant, tandis que les autres restaient en tant qu’indépendants. La SFIO présente une liste lors du scrutin, sur laquelle Maurice Coffin se trouve en quatrième position derrière Robert Derivière, tête de liste. Une liste communiste est également en lice, ainsi que deux listes aux contours flous, regroupant pour l’une des opposants à la municipalité et pour l’autres des personnes qui lui sont plutôt proches, mais on trouve des radicaux et des personnalités de droite sur les deux listes.

La liste d’opposition dite de Concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,9% des suffrages exprimés, devançant les Républicains indépendants (25,4%), les communistes ayant une très courte avance sur les socialistes (408 voix en moyenne et 17,8% contre 403 et 17,5%). Suite au retrait des Républicains indépendants et de la SFIO, la Concentration républicaine emporte au second tour les dix sièges. Coffin avait obtenu 403 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Coffin est de nouveau candidat en cinquième place sur la liste SFIO de Joinville, qui compte quatre représentants de commerce sur ses 14 candidats. Elle est à nouveau conduite par Robert Derivière. Au premier tour, l’Union des républicains (droite), arrive en tête (32,6%), devant les radicaux du maire sortant (26,7%) et les communistes de Robert Deloche (23,5%). Les socialistes sont au dernier rang, avec 12,3%. Coffin recueille 354 voix pour 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec à leur tête André Blocher, indépendant et secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants). La droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, avec 39,8% tandis que la gauche, avec 36,6% a deux élus. Les radicaux se contentent de 19,5%. Coffin est présent sur la liste unifiée et est crédité de 981 votes pour 2 899 suffrages exprimés (33,8%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu, les deux conseillers municipaux de la liste élus étant communistes.

Lors du recensement de la commune en 1936, Maurice Coffin est signalé comme « absent », ce qui s’explique peut-être par son activité commerciale itinérante.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Maurice Coffin est membre du mouvement des Francs-tireurs et partisans français, proche des communistes, et incorporé dans le groupe des Forces françaises de l’intérieur de Joinville-le-Pont, dirigé par Robert Deloche, futur maire. Il combat militairement du 18 au 25 août 1944, date de la Libération de la commune. Il ne semble pas avoir pris part aux combats du pont de Joinville (23-26 août).

Maurice Coffin est vivant au décès de son épouse, en octobre 1950 à Joinville. Ils avaient eu deux filles, la cadette étant morte très jeune, tandis que l’aînée, Jacqueline, épousa Frédy Plé, conseiller municipal (divers droite) de Joinville-le-Pont entre 1959 et 1965 et fils d’un médaillé olympique d’aviron. En avril 1952, Maurice Coffin obtient un certificat attestant de sa participation à la Résistance. Il était alors âgé de 62 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Plaque à la mémoire des FFI de Joinville-le-Pont

 

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 00:01

Suite de la biographie de Marius Ceretti

Après une dizaine d’années avec le parti socialiste maintenu, Marius Ceretti va cependant s’en éloigner à l’occasion des élections municipales de mai 1935. Il décide de se présenter sur la liste des Gauches républicaines à Joinville-le-Pont.

Le parti socialiste SFIO faisait partie en 1929 du groupement des gauches républicaines qui avait obtenu 22 élus sur 27. Mais il s’en était séparé, dès les élections municipales partielles d’octobre 1934. Sur les quatre élus socialistes de 1929, deux avaient démissionné ; le représentant de commerce François Galabert s’était vivement opposé à la municipalité et le représentant de commerce Marcel Couillard semble avoir eu des raisons plus personnelles. L’adjoint au maire, Georges Roger était resté fidèle à Georges Briolay et l’ébéniste Armand Bureau figuraient de nouveau sur sa liste, en tant que socialistes indépendants, en mai 1935. Marius Ceretti les rejoint avec la même étiquette, en se présentant comme entrepreneur. Il indique résider avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, depuis huit ans. Sa mère a été recensée à cet endroit en 1931, mais ça n’a pas été le cas de Marius Ceretti.

Une liste socialiste SFIO était présente en 1934 avec 405 voix en moyenne (17,6%). Robert Derivière conduit de nouveau une liste en mai 1935, qui recueille 12,3% des suffrages exprimés.

Pierre Ceretti, frère et associé de Marius

La liste de la majorité sortante mettait en avant, au titre de son bilan, d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement. Elle concédait avoir dû augmenter les impôts locaux, mais expliquait que c’était dû aux charges imposées à la commune (incendie, chômage) et à une moins-value sur les recettes. Elle propose un programme axé sur l’amélioration de la vicinalité et celle des transports, la création de squares ainsi que l’installation d’un éclairage public. Défendant le maintien des allocations versées, elle préconise la création d’un fonds national de chômage et le lancement de grands travaux d’outillage national qui pourraient se traduire sur place par l’élargissement du pont de Joinville et la suppression du passage à niveau. Enfin, la liste veut créer un nouveau groupe scolaire à Polangis et une salle des fêtes à la mairie. Elle préconise aussi des cours de natation et d’aviron gratuits pour les enfants.

Au premier tour, la liste du Groupement des gauches est distancée avec 765 voix en moyenne soit 26,8% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. L’Union des républicains arrive en tête, avec une moyenne de 32,6% tandis que les communistes ont 23,5% et les socialistes SFIO 12,3%. Avec 723 votes, Ceretti est crédité de 25,3%.

Lors du second tour, le 12 mai 1935, les listes communistes et socialistes fusionnent tandis que les deux autres se maintiennent. Le Groupement des gauches a perdu une partie de son électorat, qui se reporte sur la liste de droite, laquelle arrive de peu en tête avec une moyenne de 1 160 suffrages exprimés (41% et 25 élus) sur 2 899 pour 2 924 votants. L’union communiste-socialiste se place seconde, avec 1 100 votes (39% et 2 élus). Recueillant 566 voix en moyenne, le Groupement des gauches se contente de 20% et n’a pas d’élu. Ceretti a reçu 522 suffrages (18%).

Reprenant une activité politique dans la commune de Saint-Maurice, Ceretti est en avril 1937 secrétaire de l’Union socialiste et républicaine (USR) pour le canton de Charenton, qui couvre également les communes Saint-Maurice, Maisons-Alfort et Alfortville. le bureau du groupe est présidé par François Gingeaud. L’USR avait été créée en 1935 par le regroupement de trois partis situés à l'aile droite de la SFIO, le parti socialiste français (PSF), le parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), et le parti républicain-socialiste (PRS). Lors du renouvellement du bureau de l’USR en décembre 1938, Ceretti est remplacé au secrétariat par un autre saint-mauricien, Marcel Mauvisseau.

L’identification de Ceretti à Marius Ceretti pour l’ensemble des activités publiques n’est pas absolument certaine. Cependant, les mentions de son adresse personnelle en 1924, de son initiale en 1932 et de son prénom complet en 1935 s’ajoutent au fait que son frère Pierre François, seul autre Ceretti identifié pendant l’entre deux-guerres à Joinville et Saint-Maurice et avec lequel il est associé, conserve la nationalité italienne jusqu’en 1946, ce qui rend difficile de supposer qu’il ait eu une intervention politique.

Dix ans après le décès, en janvier 1970 de sa première épouse, Marius Ceretti s’est remarié en mars 1980 à Saint-Maurice avec Simonne Louise Hutet.

Jacques Marius Ceretti meurt le 31 décembre 1995 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 95 ans et avait eu une fille avec sa première épouse.

L’entreprise de tôlerie et chauffage Ceretti frères existe toujours en 2019. Elle est installée à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

Fin

L'entreprise Ceretti en 2019 à Boissy-Saint-Léger

 

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 00:01

Début de la biographie de Marius Ceretti

Jacques Marius Ceretti naît le 3 février 1900 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Florence Élise Bruschera et de son mari Jacques Victor (ou Trevor) Paul Ceretti, monteur en cuivre. Les parents sont italiens, originaire du village d’Intra, de la commune de Verbania, au bord du lac Majeur dans le Piémont ; ils sont venus en région parisienne au milieu des années 1890. Lui-même est donc italien à la naissance et deviendra français à sa majorité. Les prénoms familiaux sont tous francisés.

Jacques et Marie Ceretti

Devenu chaudronnier-tôlier, Marius Ceretti aurait été mobilisé probablement fin 1918 ou début 1919, si la première guerre mondiale n’avait pas cessé ; son frère Alphonse François Joseph Ceretti est tué à Petegem-aan-de-Leie, en Flandre Orientale (Belgique) en décembre 1918. Après un séjour à Aarsele (act. Tielt, Flandre, Belgique), probablement pour le rapatriement du corps de son frère, il est convoqué au service militaire en octobre 1920 dans le 4e bataillon de chasseurs, mais il est réformé dix jours plus tard pour une entérite et un « état général médiocre ». Il sera finalement dispensé de service.

Associé avec son frère aîné Pierre François, Marius Ceretti développe une activité de fumisterie et chauffage et s’implante également dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où ils obtiennent par exemple en 1927 l’entretien des bâtiments communaux. La société Ceretti Frères, basée à Saint-Maurice, est fondée en avril 1929. Ils s’associent avec un autre italien d’origine, M. Zancarini dans une nouvelle structure, la Société Française de tôlerie industrielle, basée toujours à Saint-Maurice, mais l’entreprise commune est dissoute en juin 1935, chacun des associés reprenant sa part de la clientèle. En octobre 1934, Marius Ceretti avait été condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à une amende de 25 francs pour « emploi d’étranger sans carte de travailleur. »

Marié en février 1924 à Saint-Maurice avec Germaine Poulain, Marius Ceretti va se lancer cette même année dans une action politique publique.

Germaine Ceretti, née Poulain

Début avril 1924, au nom de « la section de Saint-Maurice nouvellement reconstituée » du parti socialiste SFIO, Ceretti lance « un pressant appel à tous les camarades qui désirent reprendre leur place de lutte dans la vieille maison du Parti SFIO ». La réunion constitutive est convoquée pour le 14 avril. En mai, le Cartel des Gauches se met en place dans le canton de Charenton-le-Pont. Le bureau est présidé par le docteur Thévenin, républicain socialiste et comprend également des représentants du parti radical-socialiste, de l’Union socialiste-communiste (USC) et du parti socialiste SFIO. Ceretti est membre du bureau, au nom de la SFIO de Saint-Maurice.

Lors de l’élection municipale de mai 1925, Ceretti n’est pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste, incomplète, arrive en quatrième position avec 15,%, derrière les communistes à 18,6%, le Comité républicain radical-socialiste à 20,1% et l’Union républicaine de droite à 48,9%. La SFIO n’a pas d’élu. Ceretti joue un rôle important dans la section SFIO, probablement comme secrétaire. Il la représente au sein de la commission de contrôle et propagande de l’Union des sections du canton de Charenton en 1928.

Le nom de Ceretti est aussi associé à celui de la section de Joinville-le-Pont, voisine, par exemple pour des souscriptions en février 1928 et mai 1930.

Au cours de l’élection municipale de mai 1929, Ceretti n’est toujours pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste obtient environ 13,3% et n’a pas d’élu. M. Ternois, radical, est élu maire.

En tant que membre du conseil de la fédération SFIO de la Seine, où il représente Saint-Maurice, Ceretti s’oppose, en compagnie de Jean Longuet et de la majorité fédérale à l’exclusion de la section d'Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), accusée d’avoir maintenu ses candidats au deuxième tour de scrutin lors des élections municipales, malgré l'avis contraire de la Fédération.

En septembre 1932, M. Ceretti signe, dans le quotidien socialiste Le Populaire, une tribune attaquant la municipalité de Saint-Maurice et son maire radical, Désiré Louis Léon Ternois, qui « dernièrement a jugé utile de se jeter dans les bras de la réaction ». Il lui reproche son attitude envers les chômeurs de la commune : six chômeuses, envoyées pour du travail aux pièces avec un « salaire dérisoire » auprès d’un industriel ayant refusé cet emploi sont radiées par la commission paritaire du chômage, présidée par le maire. Ceretti remarque qu’il n’en est pas ainsi dans les autres municipalités. En octobre 1932, Ceretti préside la réunion du Comité exécutif de l’Union des sections SFIO du canton de Charenton.

À suivre

Marius Ceretti

 

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