Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Giroux

Après la fin du conflit mondial, va s’impliquer dans une activité politique. Il est membre en 1920 de la Fédération nogentaise du mouvement royaliste Action française, qui comprend un groupe dédié à Joinville-le-Pont, dans lequel ou trouve deux autres médecins, les docteurs Jean et Georges Bitterlin, ainsi que la fille de ce dernier, Marie Watelet. Giroux se manifeste régulièrement en répondant à des appels à souscription jusqu’en février 1926. Son épouse se joint parfois à lui, de même que les filles et gendres de cette dernière.

Étant déjà, avec le docteur Pierre Vallat, un des médecins conseil de la Société d’allaitement maternel depuis 1909, il joue le même rôle, encore avec Vallat, auprès de la Société des mutilés à la fondation de sa section joinvillaise en février 1919. En août 1926, il fait un don à la municipalité de Joinville en faveur des sapeurs-pompiers.

Le quotidien L’Ami du peuple accuse, en janvier 1929, le docteur Giroux d’être un « médecin marron », exploitant avec sa famille une clinique à Joinville-le-Pont à l’enseigne du  Vainqueur de la Marne. Cependant, l’affaire n’est reprise par aucun autre organe de presse et le quotidien en question ne donne guère de précision, évoquant simplement une perquisition qui aurait porté sur la comptabilité de l’établissement. Lancé par le parfumeur François Coty, L’Ami du peuple connut un grand succès au tournant des années 1930, avec une tonalité antiparlementaire, nationaliste et antisémite.

Les époux Giroux hébergent régulièrement, dans leur vaste pavillon, les filles de Julie Iribe, notamment à l’occasion de pertes d’une de leurs époux ou de divorces. Ils hébergent certains de leurs enfants. Ainsi, ils logent en 1926 Anne et Jean, enfant de Marie Louise et de son deuxième époux, le comédien André Roanne. S’y ajoutent en 1931 Camille, enfant de l’aînée, Adrienne et de son second marié, l’industriel Théodore Rodrigues-Ely.

S’ils sont proches des filles nées du mariage de Julie avec le colonel Lavoisot, les époux Giroux refusent, cependant, en octobre 1930 d’épouser la querelle de Marie Louise avec son troisième conjoint, le comédien Pierre Renoir. Pour défendre ce qu’elle estimait être ses droits patrimoniaux, Marie Louise avait, en l’absence de son époux, déménagé 70 œuvres du père de celui-ci, le peintre Pierre Auguste Renoir. Les Giroux ne voulurent pas les stocker chez eux, et la justice les mit sous séquestre.

Quittant la proche banlieue, Auguste Giroux installe à Barbizon (Seine-et-Marne) une Maison de repos et de convalescence pour enfants de moins de quinze ans. Il loue d’abord la villa Bernard puis, devant l’extension des jeunes accueillis, la villa Serge. Dans cette cité des peintres, les époux Giroux sont toujours en compagnie d’une maisonnée nombreuse : Adrienne et Pierre Lestringuez, la première fille de Julie, qui se faisait appeler Touroura, le second scénariste et leurs deux filles, Edmée et Camille. Il y avait également Anne Marie Rahou, fille du comédien André Roanne et de Marie Louise.

La villa Bernard accueillit de nombreux visiteurs, dont l’industriel André Citroën, le poète Jean Cocteau, l’écrivain Jean Giraudoux, le fondateur des Ballets russes Diaghilev, la créatrice de mode Coco Chanel ou le prince Constantin Andronikoff, écrivain religieux, et interprète de plusieurs présidents de la République (Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing).

La maison de convalescence fonctionnait toujours en 1939.

Auguste Giroux meurt le 9 août 1953 à Portel (act. Portel-des-Corbières, Aude). Il était âgé de 79 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1905.

Fin

Auguste Giroux en 1899

 

Partager cet article
Repost0
28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 00:01

Début de la biographie d’Auguste Giroux

Auguste Paul Almire Giroux naît le 29 juillet 1874 à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret). Il est le fils de Juliette Marie Chaignot et de Paul Auguste Giroux, négociant en vin.

Il effectue des études secondaires au lycée Henri-IV à Paris (5e arr.). Il commence à y pratiquer le rugby, alors désigné sous le nom de football-rugby, jouant principalement au poste de trois-quarts centre. Les équipes des lycées parisiens sont parmi les principales promotrices de ce sport. Il remporte, avec son équipe, le championnat interscolaire en février 1894.

Cette même année, il remporte pour la première fois un titre de champion de France avec le Stade français. Il obtiendra six titres avec ce club parisien. Pour un autre joueur, Demeure, Giroux était « le modèle des trois-quarts. »

Il est sélectionné pour les Jeux olympiques de 1900 qui se déroulent à Paris et accueillent un petit tournoi, puisqu’il se limitera à deux matches, que remporte l’équipe de France qui remporte le tournoi devant l’Allemagne et l’Angleterre. Le dernier match, qui fait office de finale, oppose les français de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques aux anglais de la Mooseley Wanderers. Giroux est titulaire et l’équipe de France, vainqueur 27 à 8, devient championne olympique.

L'équipe de France de rugby olympique en 1900

Poursuivant des études de médecine à la faculté de Paris en même temps que son parcours sportif, Giroux intègre, en 1903, une équipe de vétérans au Stade français, tandis qu’il soutient une thèse sur Le purpura et les maladies infectieuses la même année. Il s’intéressera ultérieurement aux maladies des enfants. Il avait effectué un service militaire d’un an en 1895-1896 puis est nommé, dans la réserve, officier comme médecin aide-major.

Après son diplôme, Auguste Giroux ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier en plein développement de Polangis. Il retrouve le mode sportif, par exemple à l’occasion des championnats du monde de natation organisés dans la commune en août 1905, où il participe au service médical.

Le mariage d’Auguste Giroux avec Jeanne Julie Iribe est célébré à Paris (9e arr.) en septembre 1909. Il est l’occasion d’une entrée dans le milieu artistique, dont la famille ne sortira plus. Auguste Giroux choisit comme témoin un comédien, Louis Ravet, pensionnaire de la Comédie française et résidant sur l’île Fanac, à Joinville. Julie Iribe fait appel à son frère, Paul Iribe, peintre et dessinateur, futur directeur de journaux.

Julie Iribe, native de Séville et de nationalité espagnole, est la fille d’un ingénieur civil des mines, Jules Iribe, qui contribua au percement du canal de Panama puis se lança dans le développement de l'exploitation minière à Madagascar. Revenu en France, il fut ensuite rédacteur du quotidien parisien Le Temps avant de diriger des établissements sanitaires à Hendaye (Basses Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) puis Paris. C’est dans la capitale malgache, Tananarive, que Julie Iribe se maria une première fois avec le futur colonel Louis Lavoisot qui, après une dernière mission en Indochine, mourut à son retour en France en 1908.

Ils avaient eu trois filles, après avoir vécu avec Auguste et Julie Giroux à Joinville-le-Pont, qui épousèrent des comédiens. La seconde, qui porta le nom de scène de Marie Louise Iribe, fut également actrice, metteuse en scène et réalisatrice de cinéma.

L’inondation séculaire de la rivière Marne, qui traverse Joinville, au premier trimestre 1910 se répandit dans les deux-tiers du quartier où résidait Giroux. Il fut mobilisé dans les commissions constituées, dans sept secteurs de la ville, d’un conseil municipal, un architecte et un médecin, pour mettre en place le service de désinfections. Ce sont ces commissions qui donnaient, ou non, la permission de réintégrer les logements abandonnés, et organisait la désinfection des boues et immondices.

Pendant la première guerre mondiale, Auguste Giroux fut d’abord affecté à un hôpital militaire ouvert à Fontainebleau. Il rejoignit, en février 1917, le 45e régiment d’artillerie puis, en novembre 1918, à la gare sanitaire des Aubrais, près d’Orléans (Loiret), d’où il sera démobilisé en février 1919.

À suivre

Auguste Giroux en 1900 (phot. Bob Thomas)

 

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 00:01

Avant la première guerre mondiale, la notoriété de l’école du Parangon devient assez grande. Henri Rousseau a associé, en 1909, son fils aîné, Louis, à la direction. Il est spécialement en charge de l’accueil des élèves étrangers. L’école est présente en 1913 à l’exposition universelle de Gand, présentant une bibliothèque pliante portative construite par les élèves, contenant une petite collection de produits coloniaux.

Au début du conflit, alors que son fils Louis est mobilisé, Henri Rousseau s’efforce de maintenir l’activité de l'Institution du Parangon. La rentrée est cependant décalée de deux semaines, début octobre 1914. L’enseignement est offert gratuitement aux enfants de mobilisés.

Dès le 3 août 1914, une Œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants est constituée au Parangon, sous la conduite du Dr Rousseau et de son épouse. Le sculpteur et médailliste Jules Édouard Roiné en est le vice-président.

En 1915, les activités de la Société de gymnastique et de préparation militaire du Parangon reprennent sous la conduite d’un militaire blessé.

Cependant, faute sans doute d’une clientèle suffisante, l’école ferme définitivement en 1917. Ses bâtiments servent à l’implantation d’un hôpital américain cette même année. À la fin du conflit, le service de santé de la Croix-Rouge française prend le relais. Après-guerre, la transformation du Parangon est envisagée par le département de la Seine, mais son aménagement est jugé trop coûteux. Ce sont finalement les Sœurs de l'Assomption qui s’y installent. Elles mènent une activité de garde-malades pour les pauvres.

Après la fermeture de ses établissements, le docteur Rousseau cesse son activité médicale en 1917.

En complément de son activité médicale, Henri Rousseau avait poursuivi son travail scientifique et fait œuvre de naturaliste. Outre des articles dans le Journal des campagnes, il publie plusieurs ouvrages comme Herbiers d’enseignement (1888), Atlas des plantes médicinales et vénéneuses (1895, réédité en 1920), Les Plantes nuisibles (1902). Il est également l’auteur d’ouvrages pédagogiques et de brochures scientifiques ou médicales, comme Contribution à l’étude de l’acide chromique (1878) ou Secours à donner aux noyés en attendant l’arrivée du médecin (1874).

Le Dr Rousseau est également impliqué dans plusieurs associations. Il est signalé comme membre de l’association de lutte contre l’alcoolisme La Tempérance entre 1881 et 1885. Depuis 1885, il participe à la Société nationale d'horticulture de France et y est toujours actif en 1905. Il intègre la Société de géographie commerciale de Paris en 1900 et continue d’y participer jusqu’en 1914. Sa contribution à l’Association française pour l'avancement des sciences est signalée en 1889-1890. Il est un des conseillers du Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) en 1902 et en 1905. Enfin, il préside à partir de 1910 la Société de gymnastique du Parangon, structure de l'Union nationale des sociétés de tir de France.

En septembre 1923, il participe au congrès des jardins ouvriers qui se tient à Strasbourg (Bas-Rhin).

Henri Rousseau meurt le 23 octobre 1926 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et était père de deux fils. Henri Rousseau était titulaire de nombreuses décorations : outre au moins six distinctions agricoles, il est officier de l’ordre de Nicham Iftikar (Tunisie), titulaire de la médaille annamite de Khim Kaï (Viêt-Nam), des Palmes académiques comme officier d’académie (mai 1889) puis officier de l’instruction publique (janvier 1897), et chevalier de la Légion d’honneur (juillet 1926).

Son fils aîné, Louis Jules, fut associé à la direction de l’institution du Parangon à partir de 1909, officier et décoré de la Croix de guerre.

Son fils cadet, Paul, avocat à la cour d'appel puis procureur et juge, épousa Alice Roiné, fille du sculpteur Jules-Édouard Roiné.

Henri Rousseau, Les Plantes nuisibles

 

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 01:01

Devenu seul directeur de l’école du Parangon en 1897, Henri Rousseau était apprécié des élèves, même si sa très petite taille lui valait quelques sobriquets, comme ceux de Petit Bout ou Mégot. Il recevait chaque semaine dans son salon certains pensionnaires, pris parmi les plus méritants, et, outre des rafraîchissements, leur proposait de la musique et des récitations de vers. La remise des prix annuelle fin juillet ou début août, instituée par son père et poursuivie par son frère, devint, au fil des années, un véritable évènement, largement couvert par la presse hebdomadaire ou quotidienne.

La transformation de l’école du Parangon en une école pratique coloniale, à partir de 1899, est l’œuvre majeure d’Henri Rousseau. Elle aura un important impact dans l’opinion publique.

La création d’un enseignement colonial partit d’une réflexion que la France, qui venait de conquérir Madagascar, le Tonkin et l'Annam s’ajoutant à la Cochinchine, la Guinée, le Dahomey, la Côte d'Ivoire ou le Congo qui complétaient ainsi l’empire français, déjà composé des Antilles, de l'Algérie, de la Tunisie et du Sénégal. Pour les partisans de cette expansion coloniale, c’est-à-dire la plupart des partis républicains et une grande partie des milieux économiques, il fallait désormais mettre en valeur ces régions.

Le Dr Rousseau soutenait qu’on ne s’improvise pas colon, et qu’il faut encourager des départs, non dans l’illusion de faire fortune, amis pour accéder à un emploi rémunérateur. Il expliquait son intention : « J'ai limité le rôle colonial de mon établissement à la seule formation d'un colon travailleur, exploitant par lui-même, ou se mettant au service d’exploitations ». L'élève colon trouvait dans le domaine une ferme, un atelier et un jardin potager qui lui fournissaient les instruments propres à sa formation pratique. L’enseignement du Parangon était, par cet axe professionnel, nettement différencié des formations offertes par les chambres de commerce, et encore plus de celui de l'École coloniale, qui avait pour objet l’éducation des fonctionnaires. Si l’artisanat n’était pas négligé, le Parangon s’intéressait en priorité aux agriculteurs.

La clientèle de départ était constituée de jeunes gens, en particulier des campagnes, pour lesquels le Dr Rousseau négociait des subventions auprès des conseils généraux. Outre un apprentissage de langues étrangères, le programme des études comprenait la géographie, la botanique, la chimie agricole et industrielle, l'agriculture avec l'arboriculture, l'horticulture et la viticulture, la comptabilité et les principaux éléments du commerce, l'électrotechnique, la météorologie, l'hygiène et des notions de médecine humaine et vétérinaire, l’entretien et l’usage des machines ainsi que le dessin. Selon ses La Quinzaine coloniale, « Un élève qui sortira de Joinville-le-Pont ne saura pas tous les métiers à fond, mais il saura un peu de tous les métiers. Il sera en mesure de forger un écrou, de manœuvrer un appareil télégraphique, de débiter une pièce de bois, de lever un plan, de conduire une machine à vapeur; il saura faire du beurre et du fromage, préparer une peau et la tanner. »

Le Dr Rousseau devient une personnalité du monde colonial, recevant beaucoup de délégations, participant aux banquets et congrès et s’exprimant dans la presse de ce milieu. L’orientation agricole de l’enseignement fait qu’à partir de 1907, une proportion croissante des élèves va venir des populations indigènes, avec neuf jeunes originaires de l’Indochine ou de la Chine françaises, dont le prince Myngoon, fils du roi déchu de Birmanie Min Doon, réfugié à Hanoï.

Le soutien de l'Alliance française élargit le recrutement à quelques zones d’Afrique, comme Fernand Paraiso, originaire du Dahomey et descendant d’esclave, futur officier de l’armée française et résistant à l’occupation allemande. Un nombre limité d’autres élèves sont venus des Antilles ou d’Afrique du Nord.

Dans l'école du Parangon

 

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 00:01

Henri Jean Ferdinand Rousseau naît le 23 février 1846 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Désirée Catherine Nicole Lavenue et de Louis Ferdinand Rousseau. Sa mère est la fille adoptive de Jean Marie Molette, fondateur de l’école qui porte son nom, probablement le premier établissement pérenne dans la commune, et conseiller municipal. Son père, professeur dans ladite institution, en sera le repreneur à la mort de Molette et la développera, en l’installant dans le château du Parangon.

Ayant fait d’abord des études scientifiques, Henri Rousseau obtient une licence dans ce domaine. Pendant qu’il est encore étudiant, il est mobilisé dans l’ambulance du Parangon, hôpital auxiliaire créé par son père dans le domaine où était implantée son école, au cours de la guerre franco-prussienne de 1870. Selon l’historien Jean Roblin, les villages de Saint-Maur-des-Fossés et Joinville-le-Pont, situés à proximité immédiate du champ de la bataille de Champigny reçoivent une « véritable pluie de fer » entre novembre 1870 et janvier 1871. Le Parangon arborait sur son toit le drapeau de la Croix-Rouge ; il fut épargné au début. Mais, le 9 janvier, un obus éclata dans l’escalier du bâtiment occupé par un frère d’Henri, Jules Rousseau et son épouse. Femmes et enfants furent envoyés à Paris. La famille Rousseau prend en charge une trentaine de familles joinvillaises obligées de se réfugier dans la capitale pendant le siège avec la quasi-totalité de la population du village.

Durement touchée, Joinville a notamment perdu le pont qui a été détruit par l’armée française en décembre 1870 pour empêcher, en vain, l’avancée allemande. La bataille de Champigny, qui se dispute en partie à Joinville dans la zone, encore largement non habitée de Polangis, fait environ 2 000 morts dans les deux armées.

Après-guerre, Henri Rousseau poursuit un cursus de médecine, devenant docteur, lauréat de la faculté de Paris en 1878. Il est installé dans le domaine du Parangon et épouse, à Joinville en octobre 1875 une jeune professeure de lettres, orpheline et originaire de Cherbourg (Manche). Elle conduira ensuite, à ses côtés, une carrière littéraire, dramatique, mondaine et humanitaire.

Contrairement à son père et à son frère, Henri Rousseau n’a pas d’activité politique publique majeure. Cependant, en juillet 1888, il appuie la candidature d’Amédée Gosset, mécanicien, lors d’une élection municipale complémentaire. Il représente une tendance républicaine modérée. En juin 1892/06/04, le conseil municipal de Joinville le nomme membre de la commission des logements insalubres, présidée par François Nicolas Couppé, adjoint au maire.

La disparition en 1889 de son père Ferdinand Rousseau et de Théodore Quirot, les deux fondateurs de l’école du Parangon, puis celle en 1897 de son frère aîné, Jules Rousseau, développeur de cette école, va amener Henri Rousseau à s’impliquer dans la gestion de l’institution du Parangon dont il reprend la direction. Il était jusqu’ici sous-directeur de l’école.

Le docteur Henri Rousseau

 

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 00:01

John Strayer McGrew nait le 23 février 1823 à Lancaster, dans l’État d’Ohio (États-Unis). Il est le fils de Catherine Christie et de Robert McGrew, immigrés venus d’Irlande.

La famille déménage peu après sa naissance à Cincinnati, dans le même État, où son père fonde un journal quotidien, le Cincinnati Enquirer. Dans cette même ville, John Strayer McGrew intègre la faculté de médecine (Medical College of Ohio), dont il sort diplômé en 1847.

Vers début 1851, il épouse, probablement à Hamilton, dans l’Ohio, Mary Cobb. Il est médecin dans cette ville depuis l’année précédente. Sa femme meurt vers 1860.

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le Dr McGrew est enrôlé au sein des Volontaires, supplétifs de l’armée des États-Unis (United States Volunteers). Il est mobilisé en juillet 1864 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Nommé d’abord chirurgien adjoint dans le 83e régiment de l’Ohio, il est promu chirurgien en janvier 1865 puis obtient le grade de major (commandant) en novembre cette même année. Sa nomination est signée par le président Abraham Lincoln ; il sert sous le commandement des généraux McClellan, Sherman et Grant et finit le conflit avec le rang de lieutenant-colonel.

C’est probablement en décembre 1866 qu’il se remarie à Washington avec Pauline Gillet. Envoyé en inspection dans l’archipel polynésien d’Hawaï, il décide de s’installer à Honolulu avec son épouse, le fils de cette dernière qu’il adopte et le fils né de son premier mariage. Ils auront quatre autres enfants.

Nommé médecin consulaire de la marine américaine en 1869, il devient une personnalité de l’administration américaine auprès du royaume d’Hawaï. Il participe, en 1873, avec les généraux Alexander et Schofield, à l’étude de la future base navale de Pearl Harbor.

Devenu membre du Conseil de la santé territorial en 1880, il est élu en 1887 vice-président du Congrès médical international. Il reconstitue, en 1892, la Société médicale hawaïenne et la préside jusqu’en 1897. Lors de son élection comme vice-président du Congrès médical panaméricain, à Washington en automne 1893, il prononce un discours politique se faisant l’avocat de l’annexion d’Hawaï par les États-Unis.

Cette prise de position se situe au moment où, à la demande des planteurs américains de canne à sucre, la reine d’Hawaï est déposée par l’armée des États-Unis. Une République est proclamée en 1894. Les opinions du Dr McGrew l’opposent à la famille royale et lui valent les surnoms de « McGrew-Annexion » de la part de ses adversaires – dont le roi Kalakaua, puis de « père de l’annexion » une fois que celle-ci sera réalisée en 1898. Il était président du Club de l’annexion et dirigeait le quotidien The Hawaiian Star, fondé en 1893 par un planteur, Joseph B. Atherton.

Administrateur de l’American Club, McGrew présidait également, depuis sa fondation en 1879, la Musical Hall Association. Il fut l’un des membres fondateurs et, jusqu’en 1885, vice-président du comité directeur de l’association du parc Kapiolani, premier espace récréatif public créé en 1877 et accueillant notamment un terrain de cricket.

À côté de son activité médicale, McGrew investit dans plusieurs entreprises commerciales : l’hôtel Hawaiian, la Mutual Telephone Company, et la compagnie People's Ice and Refrigeration.

Alors âgé de 77 ans, le Dr McGrew réduisit en 1900 son activité médicale. Sa fortune faite, la famille McGrew disposait d’une vaste villa à Honolulu, accueillant à ses frais de nombreux invités pour lesquels ses dépenses étaient estimées à 10 000 dollars par ans. C’est là que mourut la journaliste, conférencière, écrivaine et actrice américaine. Kate Field, emportée par une pneumonie en 1896.

Villa du Dr Strayer à Honolulu

Son fils, John Tarn McGrew, attaché militaire à l’ambassade des États-Unis en France pendant la première guerre mondiale, devint une personnalité du Paris d’après-guerre.

John Strayer McGrew meurt le 17 novembre 1911 à Honolulu. Il était âgé de 88 ans et est enterré au cimetière O'ahu.

Le Dr John Strayer McGrew

 

Partager cet article
Repost0
19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 00:01

Henri Hippolyte Bonnefoy, naît le 4 octobre 1844 à Bissia (act. Boissia, Jura). Il est le fils de Marie Thérèse Victorine Vauchez et de Pierre Germain Bonnefoy, cultivateurs. Son père meurt le mois suivant sa naissance.

Après avoir servi dans le 24e régiment d'infanterie, probablement au cours de la guerre de 1870-1871 avec la Prusse, Bonnefoy est démobilisé à Rouen en février 1872. Il termine des études de pharmacie et en sort, diplômé comme pharmacien de 1e classe, en juin 1874.

Il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il est, en 1878, membre du comité de Saint-Maur-Joinville de la société française de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge), dont le docteur Élie Bitterlin est le président.

Le quotidien Le Siècle (1878/01/08) évoque son élection au conseil municipal de Joinville lors du scrutin de janvier 1878 qui voit la victoire du républicain Gabriel Pinson contre le bonapartiste sortant, Louis Ferdinand Rousseau. Cependant, les autres listes d’élus ne mentionnent pas son nom, et il n’est pas non plus cité au cours du mandat.

C’est sans doute Henri Bonnefoy qui fait partie des fondateurs, comme vice-président, de la Société de la flotte de Nogent-Joinville, club d’aviron et de voile sur la Marne en 1888, mais il avait déjà quitté la commune en 1887 pour s’installer à Deuil (Seine-et-Oise, act. Deuil-la-Barre, Val-d’Oise).

Dans cette commune, il participe à la création de l’association Les Amis réunis de Deuil, adhérente à l’Union des sociétés de tir de la région de Paris. Il fait très régulièrement des concours de tir, en France et à l’étranger, et est régulièrement signalé comme étant un bon compétiteur. Il est président de la société de de Deuil en 1891 puis devient, après avoir quitté la commune, président d’honneur en 1893. Il continuera, toute sa vie, à se prévaloir de ce titre.

Vice-président de l’Union des sociétés de tir de la région de Paris en 1892, Bonnefoy va exercer cette fonction jusqu’en 1902. Il est également, à partir de membre du conseil d’administration de l’Union nationale des Sociétés de tir, fonction qu’il exercera jusqu’à son décès.

Ayant quitté Deuil, Bonnefoy s’établit à Paris rue de Lancry et rue des Vinaigriers. Il continue de pratiquer le tir sportif à un rythme très élevé, établissant plusieurs records au fusil, contribuant également au contrôle des manifestations et étant perçu comme un bon technicien par ses camarades de sport.

Il quitte de nouveau Paris en 1910, pour s’établir à Romainville (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il reprend une pharmacie rue Saint-Germain.

Ne négligeant pas ses engagements sportifs, il est en 1913 directeur de tir de la société d'éducation physique et de tir L'Espérance de Romainville.

Pendant la première guerre mondiale, il poursuit son travail de pharmacien et ses responsabilités associatives.

Henri Hippolyte Bonnefoy meurt le 30 janvier 1918 à Romainville, à son domicile rue Veuve-Aublet. Il était âgé de 73 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en 1901 et comme officier de l’instruction publique en 1906 et disposait également d’une décoration pour ses activités militaires.

Le journal Le Tir national rend hommage à sa compétence après sa disparition puis, encore en 1921, à son rôle dans la formation des tireurs.

 

Partager cet article
Repost0
9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 01:01

André Victor Giboin naît le 6 janvier 1876 à Paris 6e arr.). Il est le fils Léonie Louise Baron et de son époux Amédée Raimond Giboin, tapissier.

Faisant des études de médecine vétérinaire à Alfort (Seine, act. Maisons-Alfort, Val-de-Marne) il est diplômé en septembre 1897 puis est incorporé au service militaire, mais, du fait de sa profession, pour dix mois seulement. Il effectue par contre plusieurs périodes de réserve. Il s’installe en 1899 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et y restera ensuite.

En janvier 1900 Giboin épouse à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) Jeanne Mathilde Pétillon. Il est, en 1904, directeur d’une société d'assurances mutuelles contre la mortalité des chevaux.

Vers 1904, il devient régisseur de l’ancienne ferme impériale, devenue ferme de la Faisanderie, qui se situe dans la partie du bois de Vincennes dépendant alors de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La Ville de Paris, qui en est propriétaire, l’a mise en location et un officier de cavalerie, le comte Gilbert Bandy de Nalèche, est l’attributaire du bail selon l’historien Georges Bousquié.

En août 1906, ayant fait un pari avec son propriétaire, Giboin doit constater que la jument Lumière, une irlandaise rouanne âgée de neuf ans et appartenant au vicomte de Vaucelles, éleveur aux Genêts, à Donjeux (Haute-Marne), a été capable de franchir les 252 kilomètres qui séparent ce village de la gare de Joinville-le-Pont en 60 heures, arrêts et repos compris. Elle était en parfait état.

Il abandonne sa fonction dans la ferme de la Faisanderie, sans doute vers 1907, et Louis Caillon devient le régisseur. Giboin redevient vétérinaire à Vincennes.

Pendant la première guerre mondiale, Giboin est d’abord vétérinaire aide-major (sous-lieutenant) puis vétérinaire-major de 2e classe (lieutenant) dans des unités du train puis à l'abattoir de Dijon et ensuite à Orange. Après sa démobilisation, il devient vétérinaire honoraire, avec le grade de capitaine.

Moïse Louis Lignères, fabricant de voitures de course hippomobiles à Saint-Maurice, s’associe avec Giboin en mai 1928 pour créer une société, Lignères et Cie, qui produit des sulkys. Giboin détient 10% des parts ; il les revend à Lignères en mai 1931.

En 1941, lors de courses à Vincennes, Giboin, qui est le vétérinaire de la société du demi-sang officie au pesage des animaux.

André Victor Giboin meurt le 28 avril 1947 à Vincennes. Il était âgé de 71 ans. Il disposait de plusieurs décorations : chevalier du mérite agricole en août 1904 puis officier en janvier 1910 ; médaille de bronze de la mutualité en mars 1907 ; médaille de bronze du sauvetage pour avoir secouru un baigneur au large d'Arromanches (Calvados) en janvier 1908 ; Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1909.

Ferme de la Faisanderie

 

Partager cet article
Repost0
11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 01:01

Suite de la biographie de Georges Moreau

Après la parution du Monde des Prisons, l’abbé Moreau cesse d’écrire sur le système pénitentiaire. Comme il ne semble pas être en charge d’une fonction pastorale, il poursuit cependant ses travaux d’essayiste et participe à de nombreuses cérémonies, prononçant également des discours qu’il publie parfois.

En janvier 1890, Georges Moreau est ainsi à Beauvais pour discourir sur les Devoirs de la charité devant l’évêque et les autorités civiles au complet.

Il publie en 1891  une étude scientifique et religieuse, L'Hypnotisme. S’il se consacre à cette question, c’est que « L'hypnotisme est à l'ordre du jour. On en parle partout dans les salons et dans les académies, dans les journaux et dans les revues, dans les tribunaux et jusque dans les églises. »

Le livre commence par une partie historique. Elle démarre en 1778 avec arrivée à Paris de Franz-Anton Mesmer (1734-1815), théoricien du magnétisme ; elle dure jusque 1878, quand le Dr Jean-Martin Charcot débute ses conférences sur l'hypnose et l'hystérie, qui sont à l'origine de l'École de la Salpêtrière, à Paris.

Sept chapitres composent la partie scientifique. Ils sont consacrés au sommeil et ses modifications morbides ; aux sujets et manœuvres hypnotiques ; à l'école de la Salpêtrière et à l'école de Nancy ; à la suggestion ; à la suggestion mentale ; à la thérapeutique magnétique ; et enfin à la thérapeutique hypnotique.

L’ouvrage se referme sur une partie doctrinale : l'hypnotisme et la loi morale; l'hypnotisme et la loi catholique. Est-il permis d'hypnotiser? De se laisser hypnotiser ? Peut-on ne voir dans les phénomènes hypnotiques que le jeu normal des forces humaines agrandi par le sommeil nerveux? Ou l'action du démon est-elle nécessaire pour expliquer certains phénomènes ?

La conclusion scientifique se résume ainsi : Medici certant et adhuc sub judice lis est (la chose n’est pas encore résolue en médecine). La conclusion théologique est assez normande : l'Église n'est ni pour ni contre l'hypnotisme; mais elle condamne certaines pratiques et réprouve, dans les phénomènes de clairvoyance divinatoire ou de suggestion mentale, tout ce qu'on doit attribuer a l'action démoniaque.

Dans la revue Études religieuses, publiée en 1891, le jésuite Y. Mercier remarque que le travail de Moreau a été approuvé par plusieurs évêques et, s’il critique la sélectivité de la partie scientifique, il assure que l'orthodoxie de sa doctrine est complète.

Une grave question va être posée par le quotidien Le Matin qui publie un article intitulé Ève libérée dans son numéro du 15 août 1891. L’utilisation de l'hypnotisme comme anesthésique aux douleurs de l’accouchement est-elle compatible avec le verset biblique « Tu enfanteras dans la douleur » (Genèse 3.16) ?

L'abbé Moreau s’interroge d’abord : « Quelle étrange idée de venir interviewer un prêtre sur ce point délicat et tout spécial ». Il répond ensuite d’une manière générale : « L'Église n'approuve ni ne blâme aucune opinion. Elle garde prudemment le silence sur les théories et signale simplement les dangers à éviter pour la santé publique et la morale. Une science, innocente en soi, peut, à cause des abus fréquents, devenir une source de périls. »

Réinterrogé sur le risque qu’il y aurait de faire mentir la parole de malédiction adressée à Ève et à toute sa lignée, Georges Moreau considère finalement que la question ne se pose pas encore. Il attend que soit établie une vérité expérimentale. Manifestement, pour lui, la douleur n’est pas une vérité d’évangile.

À suivre

 

Partager cet article
Repost0
12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 01:01

Nous n’avons pas l’habitude, dans les notes publiées ici, d’évoquer des personnages vivants. Cependant, pour clore la série consacrée aux Lavogade, nous évoquerons une héritière de la tradition familiale d’engagement à gauche – toujours active.

Delphine Lavogade naît le 2 octobre 1971. Elle est la fille de Maryvonne Reine Marguerite Buino et de Denis Alain Lavogade, employé de banque.

Infirmière puis cadre de santé au centre médico-psychologique de Villejuif de la Fondation Vallée, Delphine Lavogade est mariée et a eu quatre enfants. Elle habite le quartier Jean Macé à Arcueil en 2014.

En décembre 1990, elle indique qu'elle militait depuis plusieurs années à la Jeunesse communiste et qu’elle a adhéré au PCF. Alors au lycée Darius Milhaud de Villejuif (Val-de-Marne), elle participe au mouvement lycéen contre le Plan « université 2000 » présenté par Lionel Jospin, ministre de l'Éducation nationale.

Lors des élections municipales de mars 2014, Delphine Lavogade est élue conseillère municipale sur la liste d’union de la gauche Arcueil ensemble présentée par Daniel Breuiller (div. g.). Présentée comme une citoyenne sans appartenance politique, elle est élue, la liste obtenant au premier tour 3 605 voix, soit 61,8% des 5 833 suffrages exprimés pour 6 163 votants sur 12 233 inscrits. La liste a 29 sièges sur 35 et Delphine Lavogade figurait en 18e position.

En juin 2017, en compagnie de son frère appel Fabrice, Delphine Lavogade signe un appel à voter pour la candidate communiste élections législatives dans la circonscription de Villejuif, Catherine dos Santos.

Son arrière-arrière-grand-père, Charles Lavogade est militant socialiste-révolutionnaire et coopérateur à Paris. Son arrière-grand-oncle, Charlot Lavogade, est militant socialiste et à la Ligue des droits de l’Homme au Plessis-Robinson. Parmi d’autres autre arrières-grands-oncles, Bébé Lavogade, champion de natation, est militant communiste à Joinville-le-Pont. Son grand-oncle, Simon Lavogade, est également militant communiste à Joinville-le-Pont, combattant dans les Brigades internationales en Espagne et activiste du Mouvement de la Paix. Un autre grand-oncle, Denis Lavogade, pilote, est fusillé pour faits de résistance en 1943.

 

Delphine Lavogade, photo mairie d'Arcueil

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens