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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 01:01

Jean Barborin naît le 27 janvier 1844 à Lembeye (Basses-Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) ; il a une sœur jumelle, Françoise.

Il fait des études de médecine à Paris et devient externe en 1867. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il prend part à la création de la première ambulance volontaire internationale de la Société de secours aux blessés, la future Croix-Rouge. Il soutient sa thèse de doctorat en 1876 sur « l’immobilité par le plâtre associée à la cautérisation transcurrente dans le traitement des tumeurs blanches. »

Avec son épouse Antoinette, il s’installe à Joinville-le-Pont au début des années 1880 et ouvre un cabinet rue du Pont. Outre son activité de généraliste, il est le médecin des rameurs de la Société nautique de la Marne. Il est également inspecteur médical des écoles de Joinville et d’une partie des communes de Saint-Maurice et Saint-Maur.

Sa première prise de position politique connue se situe en octobre 1877, quand il participe à une « souscription républicaine » pour les élections législatives organisée par le quotidien La Presse.

En avril 1888, il participe à une réunion publique préparatoire aux élections municipales de Joinville, organisée par les radicaux-socialistes, mais ne se présente pas. Par contre, en mai 1892, il est à la tête d’une liste d’opposition de droite au maire radical Eugène Voisin, avec deux conseillers municipaux sortants, Bocquentin et Moulinet.

Les candidats de sa liste obtiennent en moyenne 141 voix, soit 27% des 639 suffrages exprimés ; la liste radicale recueille en moyenne 360 votes, c’est-à-dire 70%. Elle a 22 élus sur 23, contre un seul aux opposants (Moulinet). Barborin lui-même glane 169 suffrages (26%) au premier tour, et est battu au second.

En janvier 1899 Barborin adhère à Ligue de la Patrie française, organisation française, nationaliste, composée d’intellectuels antidreyfusards mais refusant l’antisémitisme (François Coppée, Jules Lemaître, Paul Bourget, Maurice Barrès, Edgar Degas, Auguste Renoir, Jules Verne, José-Maria de Heredia, Pierre Louÿs, Vincent d'Indy, Caran d'Ache, Frédéric Mistral, etc.).

Pendant la première guerre mondiale, il participe à une souscription pour des soldats démunis, organisée par L’Homme enchaîné. Il continue d’exercer son activité médicale après-guerre à Joinville.

La date et le lieu de son décès ne sont pas connus ; il est postérieur à 1919, date à laquelle il avait 75 ans.

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 01:01
Alfred Stieffel, de la communauté juive d’Algérie aux bords de Marne

Alfred Isaac Stieffel naît le 4 juin 1859 à Oran (Algérie). Il est le fils de Dina Liebschütz et d'Henri Stieffel, originaires tous deux en Alsace. Henri Stieffel est une personnalité de la communauté israélite oranaise. Il dirige l'école israélite française (qui compte 130 élèves) et est secrétaire du Consistoire. Sans doute est-ce lui qui préside également la Société de bienfaisance israélite pour la propagation du travail et de l'instruction, dont il démissionnera en 1860. Henri Stieffel participe probablement aux combats de l’armée française contre les troupes prussiennes en 1870 et est fait prisonnier. Ayant perdu la nationalité française après l’annexion de l’Alsace à l’empire allemand, il la réintègre en 1878 et réside alors à demeurant Lunéville (Meurthe-et-Moselle) où il est directeur de fabrique.

Les études de médecine le conduisent à Paris, où il soutient en 1884 une thèse sur l'influence de la syphilis sur l'éclosion et sur l'évolution de la tuberculose. Il ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne).

En 1892, Alfred Stieffel prend part à la constitution d’une liste d’opposition à la municipalité Eugène Voisin, qui a obtenu le soutien du comité radical-socialiste. Elle est conduite par un autre médecin, le docteur Jean Barborin et par un conseiller municipal sortant, Albert Bocquentin.

Le journaliste Henry Vaudémont, lui-même candidat radical-socialiste sur la liste des sortants, apprécie cependant les qualités de Stieffel ; il commente ainsi sa participation à la toute première réunion de compte-rendu de mandat organisée dans la commune, en avril 1892 : « Deux champions furent chargés de venir nous « tomber » en champ clos lors de notre première réunion, c’étaient les docteurs Stieffel et Barborin. Dix-huit moribonds [les candidats de la municipalité sortante se représentant] contre deux médecins, la partie semblait devoir être rude. Elle le fut. Stieffel attaqua comme un lion, se défendit comme un tigre, et fut, par-dessus le marché, venimeux comme un aspic. Hâtons-nous d’ajouter que malgré toutes les comparaisons empruntées à la ménagerie Pinson, il ne passa point pour une bête. Tout au contraire, il emporta les sympathies générales, outre la veste que lui valurent l’absence de Bocquentin et le départ malencontreux de son collègue Barborin. »

La liste Barborin-Bocquentin obtient en moyenne 141 voix le 1er mai 1892, soit 22,1% des 639 suffrages exprimés, tandis que la liste radicale d’Eugène Voisin en remporte 360, soit 56,4%. Au premier tour, les partisans du maire obtiennent 16 élus, tandis que les opposants n’en ont qu’un, Honoré Moulinet, conseiller sortant. Stieffel, qui recueille 283 votes (44,3%), arrive en seconde position de sa liste. Il est cependant battu au second tour, les six sièges restant allant à la majorité municipale.

Bien que toujours actif sur le plan social et professionnel, Stieffel ne prit ensuite plus part aux activités politiques publiques dans la commune.

Après avoir annoncé en 1893 qu’il épousait une vosgienne, Lucie Gerschel, Alfred Stieffel se marie en septembre 1894 à Paris (2e arr.) avec Jeanne Strauss. Ils ont deux enfants, Henri, mort en bas âge et Marie.

L’activité professionnelle de Stieffel conjugue une pratique locale dans le quartier central (rue de Paris et avenue de Créteil) avec des publications de portées plus générales. Il apporte, avec ses collègues des Barborin et Bitterlin, les premiers soins aux blessés de l’explosion d’une chaudière à l’usine métallurgiques du Bi-Métal en février 1895. Stieffel est mêlé à un fait divers dramatique en 1901 : il ordonne l’internement d’un jardinier de 47 ans, devenu violent, mais l’épouse de celui-ci, qui s’y opposait, se suicide quand on emmène son mari vers l’asile. Après les inondations de la Marne en janvier et février 1910, le docteur Stieffel participe à l’organisation du service des désinfections. Pendant la première guerre mondiale, il contribue à plus actions humanitaires.

Étant le médecin de la société des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont et soignant gratuitement les militaires et gendarmes, le docteur Stieffel obtient plusieurs récompenses et médailles.

Collaborateur du journal Le Moniteur médical, il y tient des propos qui prêtent souvent à polémique, plaidant pour l’ouverture aux pratiques curatives traditionnelles non médicales et soutenant le renforcement des compétences des généralistes. Il participe à la rédaction d’un Traité pratique de médecine clinique et thérapeutique, dirigé par Samuel Bernheim et Émile Laurent (1895, réédité en 1900).

Alfred Isaac Stieffel, qui disposait d’un appartement rue Etienne-Marcel à Paris en plus de sa résidence joinvillaise, meurt le 27 janvier 1936. Son décès est transcris sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 77 ans.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 01:01

Charles Paul Élie Bitterlin naît le 11 mai 1893 à Saint-Maur-des-Fossés (anc. Seine, Val-de-Marne). Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère cadet Jean, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, Charles Bitterlin est médecin auxiliaire ; en 1918, il est nommé chef de service par intérim du 5e bataillon. Il est cité à l’ordre de la division et décoré de la Croix de guerre. Il est nommé lieutenant de réserve.

À l’instar de son père et de son frère, professe des idées d’extrême-droite. En 1933, il réside rue Ledru-Rollin à Paris (12e arr.) et préside la section du groupe Action française Bercy Quinze-Vingts.

Marié en octobre 1927 à Paris (6e arr.) avec Marguerite Yvonne Marie Guilmoto, Charles Bitterlin est décédé le 26 juin 1975 à Paris (13e arr.).

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 01:01

Jean Louis Élie Bitterlin naît le 13 décembre 1894 à Saint-Maur-des-Fossés. Comme son grand-père Élie, comme son père Georges et comme son frère aîné Charles, il sera docteur en médecine et réside à Joinville-le-Pont, 5, rue Pasteur. Pendant la guerre, il sert comme médecin auxiliaire dans un groupe de brancardiers de la 77e division. Il est cité à l’ordre de l'armée en décembre 1917 pour « conduit avec un entrain et une activité admirables les équipes de brancardiers. »

Marié à Saint-Maur avec Marguerite Lamy en juillet 1919, leur sixième enfant naît en 1931. Jean Bitterlin va également suivre son père, ancien conseiller municipal de Joinville, dans son engagement politique. Il cotise à la Fédération nogentaise de l'Action française (extrême-droite) en 1920.

En 1935, il participe à la fondation par la Mutualité maternelle de Paris d’un nouveau dispensaire, rue de l’Église à Joinville-le-Pont.

Pratiquant l’escrime, il se signale chaque année dans des lieux de villégiature de la bourgeoisie (La Baule, La Bourboule, Sieck en Bretagne, etc.). C’est au cours d’un de ces séjours familiaux, à Saint-Gervais-les-Bains (Savoie), qu’il disparaît en août 1937, par suite de la rupture de la neige au cours d’une excursion en montagne avec sa femme et deux de ses enfants. Il fait une chute de 600 mètres dans un torrent. Il était âgé de 42 ans.

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 01:01

Georges Paul Élie Bitterlin naît le 1er décembre 1864 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’un médecin, Élie Laurent Bitterlin et de son épouse Julie Héloïse Chaure.

Son père, médecin à Saint-Maur, a été le fondateur en 1870 du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (future Croix-Rouge), particulièrement actif pendant la guerre franco-prussienne notamment durant la bataille de Champigny. Il publiera un ouvrage d’hommage à l’action de son père en 1912, après sa disparition trois ans plus tôt.

Georges Bitterlin est élève au collège Stanislas à Paris. Il fait ensuite des études d’histoire et est diplômé en avril 1891, après avoir soutenu une thèse sur l’étiologie de la tuberculose chez les enfants. La même année, il épouse en mai à Coulommiers Ernestine Jeanne Marie Piat, fille d’un banquier. Il s’installe rue Pasteur à Joinville-le-Pont, rue limitrophe de la commune de Saint-Maur. Ils auront quatre enfants, dont les deux garçons (Charles et Jean) seront également médecins.

En tant que médecin, le Dr Bitterlin s’implique dans la vie locale, s’interrogeant sur la crémation en 1892, participant aux commissions municipales sur les logements insalubres ou l’enfance en bas âge et produisant un rapport sur les risques liés à un projet d’usine de vaseline en 1894. Il intervient pour porter les premiers secours avec deux confrères lors de l’explosion dramatique d’une chaudière au sein de l’usine Bi-Métal en février 1895.

Au cours de l’année 1908, il s’oppose à la municipalité lors d’un conflit entre elle et un autres médecin, le Dr Gripon et publie une lettre à ce sujet dans deux journaux l’Indépendant (organe d’un groupement d’opposants joinvillais) et l’Écho républicain (proche des milieux conservateurs à Saint-Maur). Après les graves inondations de la Marne en janvier et février 1910, le Dr Bitterlin participe à l’organisation du service de désinfection.

Georges Bitterlin s’engage au cours du scrutin municipal de Joinville en mai 1912. Il est élu au second tour sur une liste regroupant des radicaux dissidents, des socialistes unifiés (Sfio) et des libéraux, qui remporte les 23 sièges à pourvoir face à la municipalité radical-socialiste sortante. Pour ses adversaires, Bitterlin est avec Louis Gallas et Pierre Dalbavie, un des représentants du parti réactionnaire auprès du nouveau maire, Ernest Mermet.

Médecin aide-major de l’armée de terre, versé dans la réserve en été 1892, Bitterlin va reprendre une activité comparable à celle de son père lors de la guerre précédente, en étant affecté à l’hôpital militaire auxiliaire numéro 5, implanté dans la propriété du Petit Bourbon à Saint-Maur. Des incidents sont signalés dans la gestion de cet établissement en novembre 1916. Dans une lettre rendue publique en février 1917 dans un hebdomadaire régional, La Gazette de l’Est, le Dr Georges Bitterlin explique qu’il a « été débarqué de ma fonction de médecin-chef de l’hôpital auxiliaire n° 5, par la commission exécutive du comité de Saint-Maur de la Croix-Rouge 9/01, pour cause de mauvais accord avec l’administrateur, Greiss ». Selon lui, il avait subi « une pression religieuse mesquine, tracassière et puérile » qui a blessé sa « conscience de catholique sincère mais tolérant ». Il dénonce des « actes arbitraires et brutaux vis-à-vis d’infirmières » et qualifie son renvoi de « décision absolument inique. »

Du fait de la proximité géographique, Bitterlin continue de siéger au conseil municipal pendant la période de guerre. Il prend part, en soutien au maire, à la querelle qui l’oppose en février 1916 à Louis Rey, ancien conseiller municipal, et rédacteur du journal radical-socialiste Voix des communes, à propos de la gestion des fonds recueillis pour les nécessiteux. Il anime des collectes humanitaires et participe à des manifestations patriotiques.

Le Dr Bitterlin est intégré dans différents organismes de santé publiques, comme la commission du dispensaire départemental d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse (juillet 1918), le conseil de surveillance de l'Office public d'hygiène sociale (juillet 1921), le comité départemental des mutilés et réformés de guerre (de 1924 à 1939). Il participe à la Mutualité maternelle de Joinville, que préside son épouse, après avoir accompagné au début du siècle à l’œuvre de l’Allaitement maternel.

Il se rend à Lourdes en 1925 et publiera deux ouvrages ; le premier, la même année, pour observer au point de vue médical les faits qu’il a constatés lui-même. Le second, en 1929, pour discuter du cas de Mme Angault, de Craon (Mayenne) guérie en août 1926 par la disparition subite d'un fibrome utérin.

Bitterlin continue son action politique. Il est candidat lors des élections municipales de Joinville en novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant de Jules Beauvais, qui s’oppose à celle des socialistes Sfio et à une autre, regroupant radicaux dissidents, radicaux-socialistes et socialistes indépendants, qui remporte tous les sièges au second tour et désigne Henri Vel-Durand, radical dissident, comme nouveau maire.

La Ligue d'Action Française crée en avril 1920 une section de la région nogentaise dont Bitterlin est un des fondateurs. Son fils Jean Bitterlin y contribue également. Lors des élections législatives de mai 1924, Georges Bitterlin est candidat en 16e position sur la liste Action française et Union Nationale révisionniste dans le département de la Seine, conduite par Georges Valois qui préconise la suppression du parlement. Il organise le 19 avril une réunion publique à Champigny, mais l’auditoire est composé aux trois-quarts de sympathisants communistes. La formation d’extrême-droite est nettement distancée par les communistes de Paul Vaillant-Couturier (9 sièges), les républicains sociaux (droite) de Maurice Bokanowski (5 sièges) et le Cartel des gauches conduit par Pierre Laval (5 sièges également). Les candidats d’Action française, qui n’ont pas d’élus, obtiennent 3,3% des suffrages exprimés dans l’ensemble du département et 4,3% à Joinville.

Georges Bitterlin, qui n’avait plus d’action politique publique, va cependant être nommé conseiller municipal de Joinville par arrêté préfectoral du 20 février 1942, pris en exécution de la loi du 16 novembre 1940. La municipalité désignée par les autorités vichystes conserve le maire Léon Lesestre, tandis que les deux élus communistes ont été démis et que la moitié des élus de 1935 en est exclue. Elle est dissoute par le comité local de Libération en août 1944 et une délégation spéciale prend sa suite avec l’arrêté préfectoral du 26 septembre.

Georges Bitterlin, qui avait obtenu un accessit en histoire au concours général en 1884, était un des fondateurs de l’association des Amis du Vieux Saint-Maur, qui publie la revue Le Vieux Saint-Maur ; il en était vice-président à sa disparition.

Georges Bitterlin meurt accidentellement le 4 septembre 1946 à Paris (12e arr.), à l’âge de 81 ans. Il avait obtenu plusieurs récompenses, dont en 1929, une médaille d’or de la mutualité pour services rendus aux œuvres de prévoyance sociale.

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