Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 00:01

Jean Delort naît le 18 août 1864 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Marie Cussat, journalière,  et de son mari Antoine Delort, sommelier, originaires du village de Vézac, dans le Cantal. Ils résident rue de la Roquette.

Après un service militaire vers 1885, Jean Delort, qui est comptable, épouse en janvier 1895 à Paris (11e arr.) Eugénie Félicie Vervial, qui vit à Vitry-aux-Loges (Loiret). Il reconnait deux enfants nés avant le mariage.

En 1912, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson). Après la première guerre mondiale, Jean Delort, désormais rentier, est candidat aux élections municipales de novembre 1919 sur la liste d’Union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, adjoint au maire sortant, radical dissident, qui rassemble les radicaux-socialistes et des socialistes indépendants. Elle fait face à une liste socialiste SFIO et à une autre, de tendance libérale et conservatrice.

Après retrait de la liste libérale, la liste Vel-Durand remporte, au second tour, les 23 sièges à pourvoir. Au 1er tour, Delort avait 766 voix pour 1 694 suffrages exprimés (45,6%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il est élu au tour suivant avec 970 voix pour 1 518 exprimés (63,8%) sur 1 537 votants. Henri Vel-Durand est élu maire.

Delort est lié avec le mécanicien Julien Périn, socialiste indépendant et adjoint au maire. Il perd en juillet 1920 sa fille, Marie Eugénie, âgée de 24 ans puis, un mois plus tard, son épouse, malade.

En janvier 1923, Jean Delort doit aller se faire opérer. Avant d’être hospitalisé, il confie à son fils aîné, Abel, la clé de son coffre-fort. À son retour, son fils a dépensé les 70 000 francs qu’il avait rangés dans l’armoire blindée. Une dispute s’ensuit, au cours de laquelle le fils tire sur le père et le blesse. Il est arrêté par la police qui intervient à la demande des voisins ; le père, touché peu grièvement, est hospitalisé.

En septembre 1923, Abel Delort est condamné à cinq ans de prison pour tentative de parricide. Jean Delort semble avoir à ce moment cessé son activité municipale.

Jean Delort meurt le 17 juillet 1924 à Joinville. Il était âgé de 59 ans et père de trois enfants.

La marne à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 00:01

Léon Barthélémy naît le 7 avril 1852 à Fignévelle (Vosges). Il est le fils de Sophie Gantois et de son mari François Barthélémy, charpentier.

Il s’engage dans l’armée et sert pendant neuf ans, notamment dans le service de santé comme officier d’administration. Il est recruté au ministère de la Guerre où il travaille pendant 23 ans comme rédacteur puis rédacteur principal à la section du personnel du service d'état-major.

Léon Barthélémy réside rue Cler à Paris (7e arr.) quand il épouse, en mai 1883 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Georgette Marie Chatelin, native de Tessancourt-sur-Aubette (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Ils s’installent, dans le nouveau quartier de Polangis à Joinville et vivent avenue du Parc.

Lors des élections municipales de mai 1892, Léon Barthélémy est candidat sur la liste d’opposition au maire sortant, Eugène Voisin, qui est soutenu par les radicaux-socialistes. La liste conduite par le Dr Jean Barborin et l’industriel Albert Bocquentin rassemble des personnalités classées plus à droite que la majorité ; elle obtient, en moyenne 22,1% des suffrages exprimés au 1er tour et a un élu, tandis que la liste Voisin recueille 56,4% et 16 élus, plus les six derniers postes à pourvoir au second tour. Barthélémy a reçu 142 votes au premier tour, soit 22,2% des 639 suffrages exprimés pour 644 votants. Il n’est pas élu. Le journaliste radical Henry Vaudémont est pour sa part élu aux côtés d’Eugène Voisin ; comme Barthélémy, il est originaire des Vosges saônoises.

Pas candidat en 1896, Léon Barthélémy l’est de nouveau en mai 1900, cette fois sur la liste Eugène Voisin, qui emporte les 23 sièges à pourvoir face à une concurrence socialiste-révolutionnaire. Barthélémy est élu dès le premier tour avec 546 voix. Avec la majorité municipale, Barthélémy vote contre l’autorisation des Sœurs enseignantes de la Providence en juin 1902.

Absent du scrutin municipal en 1904, Barthélémy revient sur la scène électorale en mai 1908. Il est l’un des 17 candidats de la liste du comité socialiste évolutionniste, qui rassemble des dissidents radicaux ou socialistes SFIO et des indépendants. Elle fait face à une liste socialiste SFIO et à celle du maire Eugène Voisin, toujours soutenu par les radicaux-socialistes. Le maire emporte 21 sièges, en laissant un aux évolutionnistes et un à un indépendant. Barthélémy a 258 voix au premier tour pour 1 188 suffrages exprimés (21,2%) et 1 613 inscrits.

Après avoir pris sa retraite en juillet 1912, Léon Barthélémy va cependant assumer des responsabilités sociales pendant la première guerre mondiale. Il est nommé en juin 1916 membre de la commission cantonale des allocations militaires. Il est chargé de recevoir les réclamations verbales.

Barthélémy siège en décembre 1916 au bureau de bienfaisance communal. Il est également trésorier de la Mutualité scolaire de Joinville en septembre 1917. Présidée par le négociant Alphonse Depasse, elle verse des indemnités aux familles en cas de maladie de l’enfant et constitue avec leurs cotisations un livret d’épargne pour la retraite.

Après le décès de sa femme en avril 1928, il héberge en 1931 un Maurice et Édith Vergne, des neveux, électricien pour l’un et dactylo pour l’autre, alors sans emploi.

Léon Barthélémy meurt le 24 septembre 1931 Joinville. Il était âgé de 79 ans et n’a pas eu d’enfant.

En janvier 1904, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de sa carrière militaire et au ministère. En août 1908, il a été décoré comme chevalier du Mérite agricole pour des « travaux spéciaux relatifs à l'organisation militaire des chasseurs forestiers. »

Joinville en 1918

 

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 00:01

Victor Paul Armand naît le 19 décembre 1900 à Ableiges (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Sur les tables de l’état-civil, « Armand » semble être son patronyme. Il est reconnu en septembre 1902, dans le même village, par Suzanne Marie Faivre et se dénomme désormais Victor Paul Armand Faivre.

Sa mère était également née de parents non dénommés en septembre 1881 au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), avant d’être reconnue par Victor Faivre, dessinateur pour vitraux et Armandine Fleurida Hochard en juillet 1902. Ce sont eux qui élèvent Armand Faivre en 1901. En mai 1922, elle est ambulancière de la ville de Paris et épouse Ernest Bouche, conducteur automobile.

Devançant l’appel de sa classe, Armand Faivre, qui est alors chauffeur mécanicien, s’engage, à 17 ans, dans l’armée « pour la durée de la guerre ». Il est affecté au 91e puis en mars au 283e régiment d’artillerie lourde. Il reste dans l’armée pour son service militaire et est nommé brigadier en août 1919 puis maréchal des logis en novembre la même année. Le conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris le condamne, en février 1921, à cinq ans de prison avec sursis pour « vols militaires », pour lesquels des circonstances atténuantes sont admises. Il est démobilisé en mars et cassé de son grade en avril.

Après une amnistie en janvier 1925, Armand Faivre retrouvera ses galons dans la réserve : brigadier en novembre 1937 puis maréchal des logis en octobre 1938.

Installé avec sa mère après-guerre à Paris (6e arr.), rue de Sèvres, Armand Faivre va ensuite résider dans le Nord à Tourcoing, Anzin puis Valenciennes de 1922 à 1926. Revenu en région parisienne, désormais employé de commerce, il emménage en 1928 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Créteil (act. rue du Maréchal Leclerc). En 1931, il vit avec Anaïse, native de Bruay, et un fils, prénommé Bernard, né en 1930 à Paris (14e arr.).

Il s’implique dans la vie politique dans sa nouvelle commune et prend part, en février 1935, à la transformation de l’ancien Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, en une Union des républicains. Groupement uniquement municipal, il édicte, une incompatibilité entre les fonctions de membre du bureau et de conseiller municipal, qui sera cependant rapidement abandonnée. René Kirbuhler en est le président tandis que Faivre et Lucien Lavoipierre, couvreur, sont vice-présidents.

Avant les élections municipales, l’Union des républicains de Joinville décide, en avril 1935 de rompre son accord avec les radicaux-socialistes, qui dirigent la mairie avec Georges Briolay en « se souvenant des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle annonce « faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux. »

Pour le scrutin, qui se tient en mai 1935, l’Union des républicains appelle à « la séparation de l’administration municipale et de la politique ». Elle affiche à son programme, dont Faivre est cosignataire, la « diminution des charges écrasantes, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales. »

Armand Faivre est candidat, en seizième position, sur la liste de l’Union des républicains, qui arrive en tête, devant le groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes indépendants), les communistes et les socialistes SFIO. Il obtient 911 voix pour 2 856 suffrages exprimés (31,9%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, les communistes et socialistes ont fusionné, tandis que les radicaux se maintiennent. L’Union des républicains invite les électeurs à « barrer la route aux communistes », assurant être « la liste d’ordre » et montrant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie ». Elle devance de peu l’union de gauche, mais emporte 25 des 27 sièges à pourvoir. Avec 1 139 voix pour 2 899 suffrages exprimés (39,3%) sur 2 924 votants, Faivre est élu. Le conservateur Léon Lesestre devient maire, Kirbuhler étant adjoint.

Au sein du conseil municipal, Faivre joue un rôle actif. Il est délégué au conseil de discipline des communes du département de la Seine. En octobre 1935, il fait partie d’une commission d’enquête municipale chargée d’étudier ce que la presse conservatrice appelle le « scandale des HBM », à savoir la garantie accordée par la précédente assemblée pour la construction d’une résidence d’habitations à bon marché, la cité Égalité, dans le quartier de Palissy, dont la société constructrice a fait faillite. Par divers recours, qui échouent, la majorité municipale tente d’éviter de supporter cette dette.

En prévision des élections législatives de 1936, Faivre constitue un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix, dont il prend la présidence en mars de cette année. Le comité accorde son investiture à Adolphe Chéron, ancien ministre, candidat radical indépendant, qui sera battu par le communiste André Parsal.

Au cours de la séance du conseil municipal d’août 1937, Faivre, avec un autre élu libéral, Paul Hainsselin, se joint aux deux conseillers communistes pour voter contre la passation d’un marché pour le chauffage du groupe scolaire public Jules-Ferry, dans le quartier de Polangis. Une année plus tard, il est seul à s’opposer à une surtaxe sur le matériel funéraire.

Au début de la deuxième guerre mondiale, Armand Faivre est mobilisé au 321e dépôt d’artillerie coloniale. Il fréquente, en avril 1940, les cours de l'école militaire d'artillerie et est nommé officier en mai avec le grade d'aspirant. Lors des combats de juin, il est cité à l’ordre du régiment en tant « qu’officier de liaison d’artillerie d’un caractère décidé » ayant « permis, par les renseignements précis qu’il a fournis, le déclenchement de tirs opportuns et efficaces devant le front de deux bataillons qui venaient d’être attaqués. »

Il est fait prisonnier le 9 juin 1940 à La Muette (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime) et est interné à l’oflag XIII à Nuremberg (Bavière, Allemagne). Les Allemands le libèrent le 3 décembre 1941 et il est démobilisé, à son retour en France le 8 du même mois.

Appliquant une loi de novembre 1940, la préfecture de la Seine nomme, le 20 février 1942, un nouveau conseil municipal remplaçant l’assemblée de 1935. Sur les 27 élus, les deux communistes avaient été révoqués, onze ne sont pas maintenus et quatorze conservent leur siège, dont Faivre. Ils sont rejoints par six autres personnes nommées. Faivre est présenté comme « employé de commerce (prisonnier de guerre) » ; le maire, Lesestre, est reconduit.

Peut-être rejoint-il la résistance à l’occupation allemande, contrairement au bureau municipal. Il existe un enregistrement au nom de Faivre (Armand) au Service historique de la défense parmi les Dossiers administratifs de résistants (GR 16 P 214883), mais il ne comporte pas de date ni de lieu de naissance et n’a donné lieu à aucune homologation au titre d’une unité combattante.

Le comité local de libération prend la mairie le 25 août 1944 et chasse l’ancienne équipe municipale. Un arrêté préfectoral du 26 septembre 1944 nomme une délégation spéciale pour gérer la commune. Armand Faivre est le seul des membres désignés en 1942 à figurer dans cette assemblée, qui fait fonction de conseil municipal. Il retrouve Robert Deloche, élu communiste de 1935, révoqué, qui devient maire et le radical indépendant François Decrombecque, qui fait office d’adjoint et n’avait pas été reconduit en 1942. Les membres de la délégation spéciale ont été proposés par le comité local de libération.

Armand Faivre meurt le 24 septembre 1973 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 72 ans et résidait probablement toujours à Joinville. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en août 1936, de la Croix du combattant volontaire.

Rue de Créteil à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 00:01

Jean Raymond Gras naît le 28 septembre 1901 à Paris (4e arr.). Il est le fils de Maria Bouzou et de son mari, Amadour Gras, gardien de square. Ils vivent dans le quartier du Marais, place des Vosges.

Il a 11 ans lorsque sa mère meurt. La famille vit alors à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), avenue de la Belle-Gabrielle. Le père est garde du Bois de Vincennes ; il se remarie en mai 1914 avec Helena Marie Wright. Ils vivent après-guerre dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, rue de Paris.

Devenu employé de laboratoire à la société La Canalisation électrique de Saint-Maurice, Jean Gras fait son service militaire à partir d’avril 1921 au 131e régiment d’infanterie. Il est nommé caporal en août de la même année. Il devient ensuite employé de mairie à Joinville.

En septembre 1926 à Joinville, Jean Gras épouse Marie-Louise Anne Lesestre, fille de Léon Lesestre, inspecteur à l'Assistance publique et futur maire de Joinville-le-Pont.

Membre du syndicat des employés de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) en 1928, Jean Gras fait partie des fondateurs de la section de Joinville en février 1937. Lancée à l’initiative de Jolly, cette structure est présidée par Gineste avec Clerté comme secrétaire. Membre du bureau de départ, Gras devient secrétaire adjoint en janvier 1938.

Plusieurs adhérents, comme Clerté sont proches du Parti social français, formation d’extrême-droite du colonel Laroque, initiateur des Croix-de-Feu. C’est également le cas de Léon Lesestre, alors maire de Joinville et beau-père de Gras, et de Georges Defert, à ce moment conseiller municipal et après-guerre maire de Joinville.

Durant la deuxième guerre mondiale, Jean Gras est mobilisé au dépôt du 22e BOA ; il est démobilisé à Astaffort (Lot-et-Garonne) le 24 août 1940 et se retire à Joinville.

Jean Gras meurt le 18 juin 1978 à Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne). Il était père de trois enfants et âgé de 76 ans.

La Canalisation électrique (Saint-Maurice)

 

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 00:01

Georges Paul Delsaux naît le 31 décembre 1890 à Lille (Nord). Il est le fils de Marie Sophie Monseur et de son époux Victor Delsaux, magasinier. Ils vivent place Wicar, dans le quartier Saint Sauveur.

Alors sténodactylo, il fait un service militaire au 110e régiment d’infanterie à partir de novembre 1911 et en sort comme sergent en novembre 1913. Il est mobilisé dès le début de la première guerre mondiale et rejoint le 33e régiment d’infanterie, s’occupant notamment de l’approvisionnement. Il est cité à l’ordre de la brigade en septembre 1914 pour son comportement. Georges Delsaux est démobilisé en juillet 1919.

Après-guerre, il devient comptable dans la société de minoterie, les Grand-Moulins de Paris. Il s’installe d’abord à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) puis, après son mariage en septembre 1919 dans cette ville avec Marthe Nezelof, couturière originaire de Wattrelos, dans la banlieue lilloise, il déménage dans la ville voisine de Joinville-le-Pont où il est domicilié dans le quartier de Polangis, place de Verdun. Dans la même ville, la famille rejoint l’avenue Foch en 1925.

En tant qu’usager des transports en commun, Georges Delsaux prend part à la création, en juin 1924, de la section de Joinville de la Ligue des abonnés et voyageurs de la ligne de Vincennes. Il en est le vice-président, au côté de M. Vergne.

Devenu chef comptable des Grand-Moulins de Paris, Delsaux a également une activité en tant que commissaire aux comptes, par exemple pour la société Le César en 1936, ou en tant que liquidateur de la Société foncière et financière Seine-et-Marne en 1937.

Il s’intéresse à la vie politique, prenant part à la transformation de l’ancien Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, en une Union des républicains de Joinville. Elle rassemble la plupart des tendances de la droite locale, à l’exception des royalistes. Delsaux est avec Audureau, un des commissaires aux comptes de la structure, présidée par René Kirbühler.

La liste soutenue par l’Union des républicains remporte, en mai 1935, les élections municipales ; une de ses membres, Léon Lesestre devient maire tandis que Kirbühler est adjoint. S’il n’était pas candidat, Delsaux reste associé à la nouvelle municipalité, qui le désigne en septembre 1935 parmi les douze électeurs sénatoriaux de la ville.

La Société des mutilés et anciens combattants est, à Joinville, présidée par Gabriel Bureau, tandis que Delsaux en est le vice-président en 1937. Tous deux sont proches des élus de droite, tandis que d’autres formations se rattachent à la gauche, comme la Fédération ouvrière et paysanne des mutilés ou l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). En juin 1937, Delsaux polémique, via l’hebdomadaire libéral Union régionale, avec le conseiller municipal communiste Paul Rouhaud, qui le traite dans l’hebdomadaire local du PCF, Le Réveil, de « réactionnaire. »

Pendant la deuxième guerre mondiale, Delsaux est devenu président de la Société des anciens combattants de Joinville. il participe en décembre 1941 à la manifestation dite du Noël du maréchal, organisée par le Secours national d’entraide qui fait allégeance au chef de l’État, Philippe Pétain. Avec la même organisation, il participe au Noël des vieillards le même mois.

En tant que trésorier, Georges Delsaux prend part à la constitution, en juillet 1942 de la Mutuelle des Grands Moulins de Paris, présidée par Lucien Legembre.

En février 1942, un arrêté préfectoral remplace le conseil municipal de 1935, dont les deux communistes avaient déjà été exclus en 1940, par une assemblée désignée. La majorité des élus est maintenue, dont le maire Lesestre. Georges Delsaux est nommé conseiller municipal. À la Libération, en août 1944, le conseil est remplacé par une délégation provisoire proposé par le comité local de libération, le maire et les adjoints ayant été arrêtés.

S’il n’a plus d’activité politique, Delsaux poursuit son activité professionnelle à la tête de la comptabilité des Grands Moulins de Paris et reste président des anciens combattants. À ce titre, il participe aux messes à la mémoire du maréchal Leclerc, organisées en novembre 1951 et décembre 1953 par le mouvement gaulliste RPF à l’église Saint-Charles-Borromée de Joinville. Il est président jusqu’à son décès et sera ensuite remplacé par Pierre Allaire, conseiller municipal socialiste SFIO.

En juillet 1953, Georges Delsaux est hospitalisé suite à un accident, probablement de voiture, à Doullens (Somme). Son épouse trouve la mort au cours de cet accident.

Georges Delsaux meurt le 15 juillet 1957 à Mons-en-Barœul (Nord). Il était âgé de 66 ans, résidait toujours à Joinville-le-Pont et est inhumé au cimetière communal. Il était père d’une fille et avait été décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Joinville, fin années 1950

 

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 00:01

Louis Albert Vincent naît le 4 mai 1905 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Louise Joséphine Vincent, perleuse et de son mari éponyme, Albert Vincent, relieur, qui vivent rue Fontaine-au-Roi. Son père est originaire d’Alsace, alors occupée par l’Allemagne en 1879, et sa mère de la Lorraine restée française.

Après la mort de son père, en mai 1911 à Paris, sa mère se remarie en mars 1912 à Nancy, où elle est probablement retournée auprès de ses parents, avec Paul Varing. Il décède lui-même treize mois plus tard. Revenu en région parisienne, la famille vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai du Barrage, où la mère est factrice au bureau de poste. Elle se remarie de nouveau, en mars 1922 à Joinville, avec Fulgence Joseph Robillard, maçon. Mais elle est, un mois et demi plus tard, veuve pour la troisième fois.

Louis Vincent, qui est serrurier, épouse en décembre 1923 à Joinville, Marcelle Jacob, une journalière, originaire d’Arnay-le-Duc (Côte-d'Or).

C’est probablement lui qui est, depuis au moins avril 1921, membre de la commission exécutive de la section de Joinville de la Jeunesse communiste (elle porte encore, provisoirement, le nom de Jeunesse socialiste). Le quotidien L’Humanité, qui rend compte de son activité, ne mentionne pas son prénom mais cite en mars 1924 « L. Vincent, Joinville » comme correspondant. En août ou septembre 1923, Vincent est arrêté en compagnie d’un autre militant de la Jeunesse communiste de Joinville, Vladimir Tchernikoff, de nationalité russe, alors qu'ils collaient des papillons antimilitaristes. Ils sont emprisonnés et inculpés de « provocation de militaires à la désobéissance ». Vincent est remis en liberté provisoire tandis que Tchernikoff reste en prison. Le journal L’Humanité se plaint qu’ils aient été brutalisés mais se félicite de ce que ces arrestations montrent que le gouvernement « reconnaît la morsure faite par notre propagande ». Le procès se tient devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine en octobre 1923. Les prévenus ont pour avocat André Berthon, député de la Seine et membre du groupe communiste. Ils sont condamnés à deux mois de prison et 50 francs d'amende. Incarcéré en janvier et février 1924 sous le régime politique à la prison de la Petite-Roquette à Paris, Vincent n'a le droit de recevoir que les visites de sa mère et de sa femme. L’Humanité dénonce un traitement différent de celui réservé aux détenus politiques de la prison de la Santé, dont les visites ne sont pas limitées. Après sa libération, Vincent, poursuit son activité au sein de la section de Joinville du parti communiste et des Jeunesses en 1924.

Louis Vincent, devenu mécanicien, réside toujours dans à Joinville en 1926. Comme orphelin de père et aîné de sa fratrie, il a probablement été dispensé, au moins en partie, de service militaire. En octobre 1933, il se remarie à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec Jeanne Lefroc, originaire de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne). Ils vivent en 1937 à Boulogne-Billancourt où elle décède en mars 1959.

Louis Vincent meut le 25 octobre 1964 à Draveil (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il était âgé de 59 ans. Il ne doit pas être confondu avec Émile Vincent, résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale et conseiller municipal de Joinville-le-Pont à la Libération.

Quai du Barrage à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 00:01

Raymond Aubry naît le 18 décembre 1906 à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Isabelle Pion et de son époux, Mathurin Joseph Aubry, boulangers, qui vivent rue de Montreuil. Sa mère est d’origine parisienne, tandis que son père est natif de Saint-Brieuc (Côtes du Nord, act. Côtes-d’Armor).

Pendant la première guerre mondiale, son père est mobilisé. Après le conflit, la famille est installée dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quartier de Polangis, avenue Henri et Mathurin Aubry travaille dans une boulangerie de Saint-Maur-des-Fossés. Raymond, alors âgé de 14 ans, est également employé de boulangerie en 1921 et l’est toujours en 1926.

Le mariage de Raymond Aubry avec Clémence Tachet, employée de banque, est célébré à Joinville en janvier 1927. Elle réside dans le même quartier, quai de Béthune, où ils vont s’installer. Il devient également employé de banque en 1928.

Vivant au bord du canal, dit rivière de Polangis, Raymond Aubry s’implique dans le Groupe de défense des riverains. Construit au moment du lotissement du quartier par l’ancien propriétaire, pour attirer des acheteurs voulant canoter, le canal souffre d’un défaut d’entretien et d’un statut incertain. En janvier 1931, le groupement rappelle au maire, Georges Briolay, un engagement électoral pris en 1928 de faire le curage. Il s’étonne que le maire n’ait pas engagé de poursuites contre l’ancien propriétaire, M. Chavignot, et ait obligé les riverains à constituer un syndicat. La lettre ouverte conclut : « Vous vous êtes fait le protecteur de M. Chavignot contre les 125 riverains ». Elle est signée du secrétaire François Galabert, conseiller municipal, élu en tant que socialiste SFIO sur la liste du cartel des gauches en 1925, comme Briolay (radical-socialiste), mais qui s’est depuis éloigné de la SFIO et s’oppose violemment au maire sur plusieurs dossiers, comme celui du chômage. Aubry est membre du bureau du groupement et c’est lui qui polémique dans la presse avec Claude Noizat, chroniqueur de l’hebdomadaire de droite Gazette de l’Est ; il soutient que « Les riverains s’aperçoivent un peu tard qu’ils sont encore roulés ». Noizat lui répond que « Le syndicat n’ayant pas été constitué, il n’y a plus de subvention possible du conseil général. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, les riverains vont en faire la triste expérience. »

Sans doute mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Raymond Aubry reste à Joinville après le conflit. Au début de la cinquième République, il s’implique dans la vie politique en étant candidat sur la liste divers-droite du maire sortant, Georges Defert, pour les élections municipales de mars 1959 à Joinville. Le maire, étiqueté RGR (Rassemblement des gauche républicaines, droite) s’oppose pour ce scrutin à une alliance centriste (gaullistes de l’UNR, démocrates-chrétiens du MRP et socialistes SFIO) et à une liste communiste ainsi qu’à une candidature d’intérêt local. Sa liste est en tête au premier tour avec une moyenne de 3 084 voix sur 7 488 suffrages exprimés (41,2%) pour 7 780 votants sur 10 276 inscrits. Malgré le maintien de l’alliance centriste, les colistiers de Defert emportent au second tour les 27 sièges à pouvoir avec 52,4% des votes en moyenne.

Dans une configuration semblable, en mars 1965, la liste Defert remporte également le scrutin, mais sans concurrence à droite et au centre au second tour. Raymond Aubry devient adjoint au maire et Defert est reconduit.

Lors des élections municipales de mars 1971, les candidats de Georges Defert n’ont plus comme concurrents que les communistes. Ils l’emportent dès le premier tour, avec une moyenne de 64,2% des suffrages exprimés. Raymond Aubry est reconduit dans son poste d’adjoint au maire.

Après la mort, en octobre 1975, de Georges Defert, le premier adjoint, Jean-Pierre Garchery (divers-droite) devient maire, et Raymond Aubry conserve sa fonction. Lors des élections municipales suivantes, en mars 1977, alors que Jean-Pierre Garchery ne se présentait pas en tête de liste au premier tour, ses successeurs font face à plusieurs concurrents issus de la droite. Au deuxième tour, la gauche emporte tous les sièges à pourvoir.

Raymond Aubry meurt le 7 mai 1979 à Créteil. Il était âgé de 72 ans et résidait toujours à Joinville.

Son fils Pierre Aubry est élu conseiller général de Joinville en 1982 et devient maire de Joinville en 1983, le restant jusqu’en 2008. Il est également député du Val-de-Marne de 1997 à 2002. Quant à son petit-fils, Olivier Aubry, il est maire-adjoint auprès de son père de 2001 à 2008. Entre 2008 et 2020, il est conseiller municipal d’opposition (UMP puis divers-droite). La famille aura ainsi siégé au conseil municipal de Joinville sur une durée de 61 ans, avec une interruption de six ans seulement.

Raymond Aubry n’avait pas de lien avec Gustave Aubry, conseiller municipal radical-socialiste de Joinville de 1919 à 1925.

Le canal de Polangis

 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 00:01

Suite de la biographie de Gabrielle Céline de Dombasle

Gabrielle Céline de Dombasle devient veuve, en janvier 1834, au moment du décès de son époux, Joseph Antoine Mathieu de Dombasle, officier d'état-major. Elle reste vivre dans le domaine de Brabois, à Villers-lès-Nancy, où se marie, à l’âge de 16 ans, sa fille aînée, Caroline, en décembre 1834, avec Lucien Salmon. Il fut l'un des trois arbitres d’une sentence arbitrale rendue entre son oncle Christophe Joseph Alexandre Mathieu de Dombasle et son grand-père, Antoine Bertier au sujet de la gestion de l’établissement agricole de Roville.

Blason des Mathieu de Dombasle

Sa seconde fille, Gabrielle Adélaïde dite Adèle, se marie en février 1842 à Paris avec Adrien Garreau, artiste musicien, professeur au conservatoire de musique de Toulouse (Haute-Garonne).

Les ressources financières de Gabrielle Céline de Dombasle sont probablement assez limitées ; elle se fait recruter en avril 1843 comme directrice de la poste aux lettres de Milly (Seine-et-Oise, act. Milly-la-Forêt, Essonne). Contrairement aux grands bureaux de poste urbains, réservés de fait aux hommes, les femmes peuvent accéder à la direction des bureaux ruraux, le terme de receveuse n’étant pas encore en usage. C’est une fonction qui est assez fréquemment attribuée à des veuves d’aristocrates ou de militaires.

Peu payé, le métier assure cependant une certaine considération, tout en imposant une responsabilité financière et un temps de travail considérable. En effet, les bureaux étant ouverts 7 jours sur 7, il n’y a pas de temps de repos. Les responsables ont certes droit à 15 jours d’absence, mais c’est sous réserve d’embaucher, à leur frais et sous leur responsabilité un remplaçant.

En 1845, Gabrielle Céline de Dombasle est toujours à Milly, et c’est chez elle que naît le troisième enfant de sa fille Adèle. Peu après, elle obtient la direction d’un autre bureau de poste, toujours classé comme rural, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est probable qu’elle emménage en compagnie des deux plus jeunes parmi les trois enfants d’Adèle : Ferdinand Joseph, né en 1843, et Georges Armand, né en 1845. En effet, Adèle, séparée de son mari, entame en 1847 un voyage en Océanie, à Tahiti et aux îles Marquises, en passant par le Chili, d’où elle ne reviendra qu’en 1849 ; plusieurs des gravures qu’elle a réalisées sont exposées à Paris au musée Jacques-Chirac du quai Branly.

La poste aux lettres de Joinville-le-Pont est mentionnée à partir de 1838 ; elle est desservie par la poste aux chevaux de Champigny-sur-Marne. Gabrielle Céline de Dombasle figure comme directrice dans les annuaires à compter de 1848 ; le nom de son prédécesseur n’est pas connu. Le bureau est situé quai Beaubourg (act. quai du Barrage), dans le quartier du Centre.

Mme de Dombasle participe, en 1856, à la collecte de dons en faveur de l'armée d'Orient, 52 personnes et deux groupes souscrivant à Joinville. Sa fille aînée, Caroline, devenue veuve, se remarie à Joinville en octobre 1861 avec Nicolas Martignon, notaire.

L’administration des postes accorde, en octobre 1865, une modeste retraite de 428 francs par an à Gabrielle Céline de Dombasle, qui était toujours en poste à Joinville. Le décret mentionne qu’elle souffre d’infirmités ; elle était alors âgée de 68 ans et avait 22 ans et demi d’ancienneté.

La succession à la direction du bureau est accordée à une autre aristocrate d’origine auvergnate, Antonine de La Chassaigne de Sereys, veuve Potrolot de Grillon. Elle deviendra l’épouse du colonel Broutta et exercera sa fonction jusqu’en 1896.

Après sa retraite, Gabrielle Céline de Dombasle vit à Paris (16e arr.) chez sa fille aînée et son gendre, Caroline et Gabriel Nicolas Martignon, rue Guillou. Elle y meurt le 7 juillet 1870. Elle était âgée de 73 ans et est inhumée à Joinville dans un caveau qui accueille également plusieurs de ses descendants, dont son petit-fils, Georges Garreau-Dombasle, journaliste, chevalier de la Légion d’honneur, ainsi que ses deux épouses, Louise, née Duchon et Lucie, née Faure.

Un autre de ses petits-fils, Ferdinand Garreau-Dombasle, professeur à l'École des mines d’Alès, est le père du diplomate et résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Maurice Garreau-Dombasle, lui-même époux de la résistante et poète Man’ha Garreau-Dombasle. Leur fille, Francion Garreau-Dombasle, a épousé Jean Louis Melchior Sonnery de Fromental ; ce sont les parents d’Arielle Dombasle, épouse de Bernard Henri-Lévy.

Gabrielle Céline de Dombasle est donc la quadri-aïeule de l’actrice.

Fin

Tombe des Dombasle à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 00:01

Début de la biographie de Gabrielle Céline de Dombasle

Céline Gabrielle Bertier naît le 12 ventôse an 5 (2 mars 1797) à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Elle est la fille de Marie Dorothée de Rennel et de son mari Thomas Joseph Bertier, qui vivent place de la République.

Sa mère, née à Nancy en 1758 et morte à Méhoncourt (Lorraine, act. Meurthe-et-Moselle) en 1807, est la fille du comte Joseph Balthazar de Rennel et de son épouse, Marguerite Gabrielle, également née de Rennel. En décembre 1758, à l’âge de huit mois, elle est reçue comme chanoinesse-comtesse de l’abbaye de Neuville-les-Dames (act. Ain). À l’instar d’autres établissements, comme ceux de Remiremont (Vosges), Baume-les-Dames (Doubs) ou Saint-Martin de Salles en Beaujolais (Rhône), elle faisait partie des abbayes nobles, où seules étaient admises des filles pouvant prouver une noblesse suffisante (16 quartiers de noblesse). Les pensionnaires ne faisaient pas vœu de célibat et pouvaient quitter l'abbaye et se marier. Une des sœurs cadettes de Marie Dorothée de Rennel, Charlotte Gabrielle, la rejoignit en 1761, à l’âge de quatre mois. Pour la différencier, elle fut désignée sous le nom de Mlle de Lescut, autre titre porté dans la famille. Le couvent fut dispersé, comme toutes les congrégations religieuses, en 1790. Marie Dorothée de Rennel épousa Thomas Joseph Bertier le 8 nivôse an 3 (28 décembre 1794) à Roville-devant-Bayon (Meurthe, act. Meurthe-et-Moselle) ; la mention d’état-civil omettait la particule.

Blason des de Rennel

Le père de Gabrielle Céline, Thomas Joseph Bertier, négociant en épices et denrées coloniales était le fils d’Antoine Bertier. La famille, riche, est alliée à plusieurs maisons nobles, comme les Robert de Jubainville à Bar-le-Duc. Lesté d’un baccalauréat en philosophie obtenu à Nancy (1779), il étudie le commerce pendant deux ans à Hambourg puis s’établit comme planteur à Saint-Marc (act. département de l'Artibonite, Haïti), dans la colonie française de Saint-Domingue. Selon la généalogie familiale établie par Cédric Touvet, « il acquit rapidement une fortune considérable. Il devait vendre des propriétés de colons, mais il lui est arrivé, à l'occasion, de vendre des esclaves faisant partie du lot ». Il revint en France en 1789, se déclara en faveur de la Révolution et fut nommé officier de la garde nationale de Nancy. Il acheta une vaste propriété à Roville-devant-Bayon en 1791. Maire de la commune et conseiller général de la Meurthe pendant plus de 50 ans, il fut député, membre de la Chambre des représentants durant les 100 jours, après le retour de l’île d’Elbe de Napoléon Ier.

Maison des Bertier à Nancy

Avec son père, Thomas Joseph Bertier fut le fondateur de l’établissement agricole de Roville, qui s’étendait sur 190 hectares. Ils en confièrent la gestion en 1820 à l’agronome Christophe Joseph Alexandre Mathieu de Dombasle (1777-1843) qui en fit le précurseur des écoles supérieures d’agriculture en France.

Gabrielle Céline Bertier avait épousé, en février 1817 à Méhoncourt (Meurthe, act. Meurthe-et-Moselle), Joseph Antoine Mathieu de Dombasle (1780-1834), frère du précédent, vicomte et lieutenant d'état-major. Ils vivaient à Villers-lès-Nancy, où ils étaient propriétaires du domaine de Brabois. Ils eurent deux filles, Marie Joséphine Caroline (1818-1877) et Gabrielle Adélaïde dite Adèle (1819-1901).

À suivre.

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 00:01

Henri Joseph Gustave Alphonse Trohel naît le 11 novembre 1879 à Saint-Pierre-des-Landes (Mayenne). Il est l’aîné des huit enfants d’Angélique Renault, marchande, et de son mari Henri François Trohel, cordonnier.

En 1899, il réside à Maison-Carrée (act. El-Harrach), commune de la proche banlieue d’Alger, où se trouve le siège des Pères blancs, créés par le cardinal Lavigerie pour le développement des missions chrétiennes en Afrique. Il y est dispensé du service militaire, du fait de sa myopie importante. Il est, début 1901, élève du séminaire catholique de Carthage, dans la banlieue de Tunis. Il y est probablement ordonné prêtre en été 1903.

Il rejoint alors le noviciat de Pères blancs à Saint-Laurent-d’Olt (Aveyron). Il est envoyé en septembre 1904 à Ghardaïa, dans la région du M’zab, au cœur du Sahara algérien. Peut-être y rencontre-t-il le père Charles de Foucauld, qui est proche des Pères blancs et rejoint Tamanrasset en passant par Ghardaïa. Trois ans plus tard, Trohel est à Mombasa, au Kenya.

Revenu en France, en 1909, il séjourne d’abord à Neuilly-Plaisance puis à Noisy-le-Grand (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Le diocèse de Laval (Mayenne), dont il est originaire, le met à disposition de l’archidiocèse de Paris, qui le nomme, en novembre 1910, vicaire de l’église Saint-Charles Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dont le curé est l’abbé Léon Roger. Il vit, en compagnie de sa sœur Marie Louise, au centre-ville, rue de Paris. Cette même année, son jeune frère Auguste, passé lui aussi par Alger, est ordonné prêtre à Laval.

La carrière ecclésiastique de l'abbé Henri Trohel se termine avec sa nomination, en novembre 1912, au vicariat de Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). L’année suivante, en septembre 1913, il est professeur et vit rue Pouchet à Paris (17e arr.) et y épouse Rose Blanche Lavaud, une jeune divorcée. Tous les deux divorceront aussi, peu de temps après, en février 1917.

Au cours de la première guerre mondiale, Henri Trohel est d’abord renvoyé dans ses foyers, à cause de sa mauvaise vue, puis affecté, en août 1915 à la 22e section d’infirmiers. Il rejoint, en février 1918, le 7e régiment du génie d’Avignon avant de retourner en avril à la 15e section d’infirmiers, où il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, il enseigne en collège à La Seyne (Var). Il aurait été ensuite agent d’assurances.

Henri Trohel meurt le 29 avril 1964 à Solliès-Ville (Var). Il était âgé de 86 ans. À l’issue de la première guerre mondiale, il avait reçu la médaille commémorative de la Grande-Guerre.

La maison des Pères Blancs à Ghardaïa

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens