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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 00:01

Actualisation de la biographie de Jean Charles Dessaint parue le 26 juillet 2014.

Jean Charles Dessaint est probablement né en 1751 à Paris. Il épouse en août 1778, en l’église Saint-Sulpice de Paris, Marie Judith Bégat. Son nom est souvent orthographié Desaint.

En 1785, il est blanchisseur au Port de Créteil, écart de Saint-Maur-des-Fossés. Ils ont un enfant (qui ne vit que trois semaines).

Le hameau du Port de Créteil, dépendant administrativement de La Varenne, comptait environ 80 habitants, dont plusieurs blanchisseurs, des marchands et au moins un passeur assurant la traversée de la Marne. Il dépendait autrefois de la paroisse Saint-Hilaire de La Varenne, mais avait été rattaché à celle de Saint-Nicolas de Saint-Maur, probablement en 1693 ; ses habitants (dont Dessaint) figurent donc dans les registres de cette dernière paroisse.

Nommé « Desaint » sur le manuscrit de ce document, il est le premier signataire du cahier de doléances de La Varenne-Saint-Maur en 1789. Seul cahier prérévolutionnaire connu pour les trois territoires de La Varenne, Saint-Maur-des-Fossés et Pont-de-Saint-Maur, ce document est signé par des habitants de La Varenne et du Port de Créteil. Il reflète notamment leurs plaintes quant au passage des nobles venus chasser sur les terres de la presqu’île et à propos de l’entretien des chemins.

Jean Charles Dessaint ne joue pas de rôle dans les municipalités constituées à partir de 1790. Il n’y a pas de trace de sa présence à Saint-Maur ultérieurement.

Jean Charles Dessaint meurt le 23 novembre 1828 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 77 ans.

Le cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la biographie de Basile Nicolas Crapart, publiée le 15 octobre 2014.

Basile Nicolas Crapart naît le 26 mars 1764 à Pontault-Combault (act. Seine-et-Marne) où vivent ses parents, cultivateurs, Marie Anne Buissonneau et Basile Crapart. Il épouse Marie Adélaïde Labour à Dampmart (Seine-et-Marne) en novembre 1786. Ils auront au moins quatre enfants.

Il exerce en l’an 9 et l’an 10 la profession d’aubergiste dans le village du Pont-de-Saint-Maur. Son établissement est situé rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz).

Il est membre de la municipalité élue en fructidor an 9 (1801) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) en tant que notable. Le maire est Laurent François Pinson.

Construite au 13e siècle et fréquentée notamment par les bateliers de la Marne, la chapelle Saint-Léonard avait été réparée en 1792. C’était le seul lieu culte de la nouvelle commune, fondée en 1790, et elle avait fait office d’église paroissiale, même si elle n’en avait pas le statut, avant l’interdiction des cultes sous la Révolution. Elle était désormais en très mauvais état et le sous-préfet de l’arrondissement de Sceaux autorisa sa démolition par un arrêté du 19 ventôse an 11 (10 mars 1803). Crapart est adjudicataire des matériaux de la chapelle pour la somme de 325 francs tandis qu’un autre aubergiste, Lemaire, devient locataire du terrain pour 12 francs par an. Seule la crypte fut conservée ; bien que classée, elle fut cependant détruite en 1953.

Basile Nicolas Crapart meurt le 29 octobre 1849 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il résidait, route d’Orléans, à la maison de retraite de la Rochefoucauld, et était veuf et âgé de 85 ans.

Crypte de Saint-Léonard avant sa démolition

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 00:01

Suite de la biographie de Stephen Durande

Le décès d’Henri Vel-Durand, en septembre 1928, fait que Stephen Durande devient maire par intérim et prononce le premier des onze discours des funérailles. À ce titre, il prononce également, selon l’hebdomadaire de centre-droit, Gazette de l’Est, une « oraison funèbre » lors de la séance de l’assemblée communale le même mois.

Pour compléter le conseil municipal, des élections municipales partielles sont organisées en octobre 1928. Comme lors du scrutin de 1925, elles voient trois listes : le centre-droit, avec le dirigeant sportif Émile Lecuirot, les communistes derrière Bénenson et le cartel des gauches, conduit par le radical-socialiste Briolay. C’est ce dernier qui emporte les trois sièges. Les communistes, quant à eux, avaient présenté une candidate, Mme Martin, dont les bulletins furent annulés, car les femmes n’étaient ni électrices, ni éligibles.

Pour l’élection du maire, les voix se sont réparties au premier tour : les deux adjoints, Stephen Durande et Provin ont chacun huit voix, Briolay en a trois et deux conseillers municipaux, Liou et Gillot en reçoivent une. Provin annonça ne pas être candidat et, au second tour, Stephen Durande a été élu par quatorze voix contre trois à Briolay et une à Liou. Deux élus n’avaient pas voté au tour initial, ils sont cinq à le faire au deuxième. Provin devient premier adjoint et Louis Caillon, second adjoint.

Le premier investissement d’importance du nouveau maire est de faire construire un nouvel hôtel des postes, rue de Paris, en face de la mairie, remplaçant celui du quai du Barrage, qui existait depuis le second Empire.

Lors des élections municipales de mai 1929, les prédictions des journaux divergent. Le Petit Parisien estime que Joinville-le-Pont fait partie des communes « où les éléments de gauche rivalisent d'efforts pour renverser les municipalités modérées ». Le Matin croit que « La municipalité sortante présidée par M. Stephen Durande, recueille, au cours de la campagne, une force nouvelle et ne semble pas menacée ». Pour L’Avenir «  La lutte sera circonscrite, à Joinville-le-Pont entre la liste du maire sortant, M. Stephen Durande, radical modéré, et une liste plus accentuée à gauche, à la tête de laquelle se trouve M. Briolay, conseiller municipal sortant, élu il y a très peu de temps, lors d'une élection complémentaire. Radical-socialiste, M. Briolay fait alliance avec les SFIO. Les deux listes arriveront avec un nombre sensiblement égal de voix. Aussi, est-il difficile de prévoir l’issue de la bataille. »

Les résultats du scrutin donnent, au premier tour, une avance à la liste de concentration républicaine, dont les candidats recueillent, en moyenne, 43% des suffrages exprimés quand les gauches républicaines suivent avec 36% et le Bloc ouvrier et paysan, du PCF, se situe à 16%, le solde se répartissant entre quelques radicaux indépendants, dont Liou et Gillot.

Le second tour marque, au contraire, un progrès des gauches, malgré le maintien des communistes. Avec 46%, les candidats conduits par Briolay emportent 22 des 27 sièges à pourvoir, le nombre de membres du conseil municipal ayant augmenté, tandis que la liste de Durande en a 5 avec 42%, mais lui-même est battu. L’extrême-gauche se tasse à 12%.

S’il cesse de jouer un rôle politique, Stephen Durande n’abandonne pas son activité publique à Joinville-le-Pont. En décembre 1930, il participe, avec les représentants des commerçants et la municipalité, à la formation d’un syndicat d’initiative. Il poursuit aussi sa présence dans les associations, notamment dans le club sportif USJ, dont il est réélu président entre 1930 et 1938.

Vers 1924, Stephen Durande avait acquis un petit château auprès du comte Charles de Goascaradec à Saint-Michel-des-Loups (Manche, act. Jullouville). Il versait à sa veuve, la comtesse Maria, ancienne couturière, une rente mensuelle de 200 francs et elle vivait dans une petite maison voisine, dans le hameau de Perrières, village de granitiers. Se croyant persécutée par le jardinier de Stephen Durande, Anatole Lebranchu, elle tire sur celui-ci en août 1934, sans l’atteindre. Elle a été arrêtée.

Stephen Durande meurt le 15 novembre 1951 à Joinville. Il était âgé de 76 ans et père de deux enfants.

Il avait obtenu, en mars 1925, une médaille d'argent pour actes de courage et de dévouement. Décoré comme chevalier du Mérite agricole en février 1914, il était officier depuis avril 1923 en tant que constructeur de matériel d'élevage et horticole. Pour services rendus à l’éducation physique, il avait obtenu les Palmes académiques entant qu’officier d’académie en mars 1926 puis comme officier de l’instruction publique en avril 1932.

Son épouse, engagée dans les œuvres sociales de la commune, avait obtenu une médaille d’honneur du grand prix humanitaire en décembre 1927.

Son premier fils a été appelé lui aussi Stephen Durande. Le second, Jean Stephen Durande fut récompensé, à l’âge de neuf ans, en 1924, pour avoir sauvé un camarade de la noyade en Marne.

Fin

Stephen Durande

 

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 00:01

Suite de la biographie de Stephen Durande

Revenu à la vie civile, Stephen Durande va prendre une part croissante dans la vie locale. Toujours président du Groupement de Polangis et Palissy, il répond à la proposition de fusion faite par l’Union des commerçants de Joinville, qui représente le vieux Centre, sur la rive droite de la Marne.

Sur le plan sportif, Stephen Durande est en octobre 1919 le président-fondateur de l’Union sportive de Joinville (USJ). Basé dans le restaurant familial Les Bibelots du Diable, quai Hector Bisson, le club est principalement axé sur la natation en Marne, mais comprend d’autres sections, comme le basket ou la marche. On retrouve dans l’exécutif de la société Pierre Bureau, entrepreneur de maçonnerie, socialiste indépendant, Georges Briolay, figure de proue des radicaux-socialistes ou Fernand Paraiso, petit-fils d’un esclave africain au Brésil, originaire du Dahomey (act. Bénin), officier de l’armée française et futur résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. En juillet 1921, Durande met à disposition de l’USJ un gymnase qu’il aménage sur un des sites de son entreprise, à Champigny-sur-Marne, route de Villiers. Le club procède également, en février 1927, à l’élection de la reine de Joinville.

Les élections municipales de Joinville-le-Pont, repoussées pendant le conflit mondial, sont organisées en novembre 1919. Durande figure sur la liste conduite par Henri Vel-Durand, adjoint au maire et, comme le maire sortant, Achille Mermet, radical dissident. Il s’est allié avec des socialistes indépendants et, effet de l’union nationale à l’œuvre pendant la guerre, avec les radicaux-socialistes officiels auxquels il s’était pourtant vivement affronté.

Le scrutin oppose la liste d’Union républicaine et sociale à celle du parti socialiste SFIO présente une liste conduite par Georges Laruelle, ainsi qu’au Bloc indépendant de la droite conservatrice et libérale, derrière Jules Beauvais. Les candidats de la majorité sortante obtiennent une moyenne de 44% des suffrages exprimés contre 30% aux socialistes et 26% à la droite. Durande recueille 798 voix sur 1 694 votes exprimés (47%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. La droite s’étant retirée, l’Union républicaine et sociale remporte le scrutin avec plus de 63% des voix et tous les sièges. Durand a 961 bulletins en sa faveur sur 1 518 (63%). Le soir du deuxième tour, Achille Mermet, décède ; même s’il ne s’était pas représenté, il était toujours le maire en fonction.

Henri Vel-Durand est élu maire, avec comme adjoints Julien Périn, socialiste indépendant (ex-SFIO) et Stephen Durande. Il est, avec Théophile Leteuil et la recette municipale, un de ceux qui sont chargés de reprendre les jetons de la monnaie de guerre émise Groupement des commerçants, industriels et habitants de Joinville, dont la valeur cesse en décembre 1922. Ils sont échangés à leur valeur faciale et permette aussi de régler les taxes municipales.

Critiqué par le maire, Henri Vel-Durand, qui lui reproche ses absences, le premier adjoint, Julien Périn, qui s’en défend, est démis de ses fonctions en septembre 1923. Durande est élu à l’unanimité à sa place, tandis qu’un autre socialiste indépendant, Léon Roux, devient deuxième adjoint. Rancunier, Périn attaque dans le journal radical Voix des communes : « Le 1er adjoint [Durande], (passé par de louches combinaisons) a gardé la présidence de la commission de la voirie qui revient au 2e adjoint. De grâce, quittez la voirie ! »

Les élections municipales de mai 1925 signent la rupture de l’union de 1919 avec les radicaux-socialistes et le rapprochement avec la droite conservatrice, ainsi que l’apparition d’une candidature communiste. Un cartel des gauches non communistes est initié par une section de la Ligue de la République. Voix des communes accuse le maire sortant d’être « un pilier d’église », qui « défend les intérêts des gros capitalistes ». Le journal radical critique l’atteinte à l’urbanisme que serait, selon lui, l’extension de l’usine Pathé qui « masqua une partie des bords de notre belle rivière, empoisonna l’air » ainsi que les Studios de cinéma : établissement « informe, hideux, moitié caserne, moitié cage à gorilles. »

La liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par Vel-Durand, attire un socialiste indépendant et un radical dissident, mais marque surtout le retour des représentants de la droite locale. Elle présente un programme revendiquant que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », souhaite le maintien de l’octroi, et propose des économies dans les dépenses budgétaires. Sa liste arrive largement en tête, avec 47,5% des voix au premier tour, loi devant le cartel des gauches à 28,4% et les communistes à 21,1%. Malgré le retrait de ces derniers, l’union de centre-droit remporte les 27 sièges à pourvoir au second tour avec 1 080 voix en moyenne, soit 47,5% des suffrages exprimés. Vel-Durand est réélu maire, Stephen Durande premier adjoint et François Provin prend la dernière place du bureau municipal.

Ayant conservé ses fonctions à la tête de l’Union sportive joinvillaise, Stephen Durande est également président de la Société symphonique communale en 1924. Il est réélu dans cette fonction jusqu’en 1927 au moins. Avec l’appui marqué des usines Pathé, elle organise dans un des restaurants de la ville plusieurs concerts chaque année, généralement en juin et autour de Noël.

En matière sociale, Stephen Durande devient vice-président de la section locale de la mutualité maternelle de Paris en mars 1924. Intéressé à la colombophilie, il avait participé en avril 1914 à l'exposition d'aviculture de Saint-Maur en présentant des pigeons Mondains et Carneaux. Il fonde en mars 1925 l’association Le Ramier de Joinville, qu’il préside. À ses différents titres, Durande joue un rôle dans l’organisation des fêtes des quartiers de Polangis et Palissy.

Continuant son activité professionnelle, Durande participe en mai 1926, à Suresnes (Seine, act. Hauts-de-Seine), au 12e Congrès de la Fédération des groupements industriels et commerciaux de la Région parisienne.

À suivre

Stephen Durande

 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 00:01

Début de la biographie de Stephen Durande

Henri Célestin Stephen L’Hôpital naît le 22 avril 1875 à Paris (1er arr.). Il est déclaré comme fils d’Antoinette L’Hôpital, artiste dramatique, qui vit rue du Faubourg-Saint-Martin, et d’un père non dénommé. Sa mère épouse en novembre 1897 à Joinville-le-Pont, où ils vivent alors, Étienne Claude Auguste Durande, dit Stephen Durande, également artiste dramatique et directeur de théâtre. Ce dernier reconnaît Stephen Durande junior comme son fils en juin 1894.

Son arrière-grand-père, Claude Auguste Durande (1764-1835), médecin, était chevalier de l'Empire puis baron en 1811. Il fut maire, de tendance légitimiste, de Dijon (Côte-d'Or) de 1806 à 1815 puis ensuite de 1815 à 1818. Jean Edme Durande, probablement son frère, avocat modéré, avait également été maire de la ville en 1794-1795. Une voie a été baptisée rue du Docteur-Durande dans l’ancienne capitale des ducs de Bourgogne. Il avait acquis le château Durande à Ahuy (Côte-d'Or), datant du XVIe siècle, qui fut en grande partie détruit par un incendie en décembre 1924 ; il n’appartenait alors plus à la famille.

À Joinville, la famille Durande vit rue de rue de Brétigny (act. rue du Président-Wilson), dans le quartier de Palissy. Ils exploitent, à proximité en bords de Marne, l'auberge des Bibelots-du-Diable, quai Hector Bisson (act. quai Gabriel-Péri), guinguette célèbre pour ses bals et concerts. En avril 1895, Stephen Durande sauve deux passagers d’un bateau, dont le navigateur s’est noyé ; le quotidien Le Petit Parisien remarque qu’ils « doivent la vie au jeune Stephen Durande, qui n'en est pas à son premier acte de courage et qui a fait preuve dimanche d'un sang-froid et d'une énergie qui lui ont valu les félicitations de tous ceux qui assistaient à ce sauvetage émouvant. »

Les Bibelots-du-Diable, à Joinville-le-Pont

En novembre 1896, Stephen Durande est dispensé de service militaire à cause de sa mauvaise vue. Sur le plan professionnel, il est serrurier. Il a monté une entreprise à Joinville, spécialisée dans les grilles et marquises, les clôtures pour parcs et châteaux. Il est également mécanicien agricole, constructeur de matériel d'élevage et horticole.

Le mariage de Stephen Durande avec Jeanne Gabrielle Lucot a lieu en avril 1900. Elle est voisine de l’auberge familiale du quai Hector-Bisson et fille d’un architecte des chemins de fer, militant conservateur dans la commune.

S’impliquant dans la vie locale, Stephen Durande prend la présidence du Groupement amical des industriels, commerçants et des habitants de Palissy-Polangis, les deux quartiers de la rive gauche de la Marne. Il s’implique, en 1909, dans une commission qui travaille sur un projet d’exposition nationale qui aurait pu se tenir à Joinville en 1910. Cependant, notamment du fait des graves inondations du début de cette année, le projet est abandonné.

En matière politique, Durande fait partie de ceux qui appellent à une réunion publique en juillet 1910 pour critiquer « l’incurie municipale » au sujet de l’entretien de la rue de Brétigny, abîmée par le passage des transports d’un entrepreneur depuis la Marne. à cette occasion, il se rapproche à la fois des libéraux, des conservateurs mais aussi des socialistes, qui ont trouvé ce moyen pour attaquer les radicaux-socialistes qui tiennent la mairie à ce moment.

Pendant la première guerre mondiale, si la forte myopie de Durande le rend toujours inapte au service armé, il est cependant affecté dans des fonctions auxiliaires, d’abord auprès du 9e puis du 19e escadron du train des équipages. En novembre 1915, il est détaché auprès de sa propre entreprise.

Il conçoit un système permettant aux chiens de livrer des soupes chaudes aux soldats du front dans des voitures adaptées. Il en entreprend la production, sur les plans de M. Hachet-Souplet. Un harnais épousant la forme du poitrail sur lequel est fixé un pivot mobile vient s'ajuster à un timon passant au-dessus leurs dos. L’Association pour le dressage du chien de guerre a fait établir des modèles de chariot à mitrailleuse se transformant en civière, des cuisines roulantes de tranchées, des paniers de ravitaillement, des tonneaux à eau. Elle recommande l’usage de la voiture de ravitaillement Durande. Ce dernier rejoint, en mars 1918 le 6e régiment de dragons. Il est démobilisé en mai 1919.

Le Groupement des commerçants, industriels et habitants émet des jetons, d’une valeur de de 20 ou 50 centimes, qui pallient le manque de liquidité du fait des opérations militaires. Frappés en aluminium, les jetons portent, à l’avers, les armes de la ville et au revers, la valeur en centimes, avec la mention du groupement et de la commune. La création de monnaies locales est répandue en France pendant la guerre, leur usage pouvant être interne à entreprise, étendu à une commune, à la circonscription d’une chambre de commerce voire à plusieurs départements comme en Provence.

À suivre

Jetons de monnaie de guerre à Joinville-le-Pont, 1918

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 00:01

Étienne Claude Auguste Durande naît le 13 décembre 1841 à Valbenoîte (act. Saint-Étienne, Loire). Il est le fils de Clarisse Adèle Leclercq et d’Étienne Jules Durande, qi ne sont pas mariés. Son père est capitaine d'artillerie, attaché à la manufacture d'armes de Saint-Etienne. Il meurt peu après la naissance de son fils, en septembre 1842.

Son grand-père, Claude Auguste Durande (1764-1835) était chevalier de l'Empire, il est devenu baron en 1811. Il était médecin. De tendance légitimiste, il fut maire de Dijon (Côte-d'Or) de 1806 à 1815 puis ensuite de 1815 à 1818. Jean Edme Durande, probablement son frère, un avocat modéré, avait également été maire de la ville en 1794-1795. Une voie a été baptisée rue du Docteur-Durande dans l’ancienne capitale des ducs de Bourgogne. Il avait acquis le château d’Ahuy, à proximité, datant du XVIe siècle. Son fils et lui y moururent. Le bâtiment, qui portait également son nom, fut en grande partie détruit par un incendie en décembre 1924.

Le château Durande à Ahuy

Vivant avec sa mère à Saint-Vigor-le-Grand (Calvados), Auguste Durande y épouse Félicité Julie Martin en janvier 1860 à Bayeux, dans le même département. Ils s’établissent à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue Saulnier, où Auguste Durande est mercier. Il se déclare en faillite en avril 1864, signe un concordat avec ses créanciers en novembre et sort de la procédure en janvier 1865.

Durande s’oriente ensuite vers le secteur du théâtre et adopte le prénom de Stephen. En 1870, il est administrateur du Casino-Grétry de Liège (Wallonie, Belgique), une salle de bal et de spectacles, théâtre et jardin d’été, ouverte en 1865.

Le Casino-Grétry de Liège

Devenu veuf, Stephen Durande se remarie à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en novembre 1879 avec Antoinette L’Hôpital, dont il avait eu un fils quatre ans plus tôt. Ils vivent dans cette commune, rue de Brétigny (act. rue du Président-Wilson), dans le quartier de Palissy.

Stephen Durande est rédacteur en chef d’un journal hebdomadaire politique et littéraire, Le Mousquetaire, entre 1883 et 1885. En avril 1883, il précise son orientation : « Le Mousquetaire personnifie le dévouement complet au Roi et l’obéissance aux ordres de ses représentants. (…) La bannière sous laquelle nous marchons est celle de Jeanne d’Arc ; le drapeau qui nous abrite est celui du Béarnais, père du peuple. (…) Vive le Roi ! ». Son journal est affilié à l’Union royaliste. Il cesse de paraître après dix-huit numéros et est remplacé en 1884 par L'Intérêt social, qui paraît également chaque semaine toujours avec Stephen Durande à la tête de la rédaction. Il est mentionné lors des funérailles du comte de Chambord en septembre 1883.

En matière théâtrale, Stephen Durande dirige la salle des Bouffes-Parisiens. Son épouse exploite à Joinville l'auberge des Bibelots-du-Diable dans le quartier de Palissy, quai Hector Bisson (act. quai Gabriel-Péri), célèbre guinguette, qui attire la clientèle parisienne le dimanche. Elle sert du vin, fait hôtel-restaurant, organise des bals et des concerts. Malgré une faillite en octobre 1892, ils peuvent en reprendre l’exploitation après un accord avec les créanciers en décembre.

Ayant constitué une troupe à son nom, la compagnie Stephen, Durande fait représenter lors des fêtes de Jeanne d’Arc à Bourges (Cher) en mai 1898 des tableaux vivants sur le drame historique de la Pucelle d’Orléans. Il appelle les habitants à pavoiser et illuminer.

Stephen Durande meurt le 9 mai 1906 à Joinville. Il était âgé de 64 ans. Son fils et homonyme sera maire de la commune après-guerre.

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 00:01

Paul Alexandre Joseph Quesnel naît le 7 avril 1879 à Lisieux (Calvados). Il est le fils de Maria Philomène Poulain et de son mari, Jean Alexandre Quesnel, huissier.

En 1900, Paul Quesnel vit à Troyes où il est employé de commerce. Il est définitivement réformé pour tuberculose en 1902 et n’effectue pas son service militaire.

Il s’installe ensuite à Paris (2e arr.) où il est chapelier et vit rue Saint-Denis, et épouse en septembre 1904 dans cet arrondissement Marie Louise Raphaëlle Lablée, couturière, originaire d’Orléans. Ils s’installent rue du Caire (2e arr.). Son épouse meurt en janvier 1906, deux semaines après avoir donné naissance à une fille, qui mourra à son tour en septembre la même année.

Après avoir vécu à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), Paul Quesnel revient à Paris (6e arr.), rue Monsieur-le-Prince, où il se remarie en octobre 1910 avec Marie Eugénie Élise Surville, native de Lisieux. Ils déménagent dans le 15e arrondissement, boulevard de Grenelle.

Au cours de la première guerre mondiale, Paul Quesnel n’est pas mobilisé immédiatement. Il est cependant appelé en mars 1915, classé pour exercer en service auxiliaire dans le 20e régiment territorial d’infanterie, nommé caporal fourrier en mars 1916 puis affecté en août la même année à l’état-major du régiment comme secrétaire. En août, il rejoint le 4e escadron du train des équipages, où il sert dans le service automobile ; il disposait d’un permis de conduire. Il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, la famille Quesnel vit dans différentes localités du Calvados : Broglie, Notre-Dame-du-Hamel, Bernay et Trouville. Dans ce port, peut-être est-ce lui le rédacteur en chef et gérant de l’hebdomadaire local, de tendance radicale, Le Progrès du Littoral. Paul Quesnel, âgé de 48 ans, est mentionné comme responsable légal en 1927.

En 1933, son fils, Roger, s’est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Eugénie et Paul Quesnel y ont également emménagé, dans le quartier de Polangis, quai d’Anjou.

À l’occasion d’élections municipales partielles organisées en octobre 1934 à Joinville, Paul Quesnel est candidat sur la liste du parti socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Elle s’oppose à deux listes diverses, comprenant l’une comme l’autre des radicaux-socialistes, et à une liste communiste. Distancée de 5 voix par les communistes, la SFIO se retire avant le second tour et les soutient. C’est cependant la liste de Concentration républicaine (divers droite) qui emporte les dix sièges à pourvoir. Quesnel avait obtenu 401 voix, soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Quesnel est de nouveau présent, en huitième position, Derivière conduisant de nouveaux les socialistes. Il se déclare en tant que métreur. Les socialistes arrivent en quatrième position avec 12,3%, cette fois derrière une liste de droite de l’Union républicaine, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches et les communistes. Quesnel reçoit 353 votes, soit 12,4% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, derrière le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher, et Quesnel figure sur la liste d’union. Celle-ci, avec 36,6% des voix a deux élus, communistes, tandis que la droite, avec 39,8%, emporte les vingt-cinq autres sièges. Les radicaux-socialistes de la majorité sortante sont battus et le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Lors de ce second tour, Quesnel avait eu 981 votes, soit 33,8% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants.

En 1936, Paul Quesnel signale lors du recensement dans sa ville qu’il est représentant. Il est alors âgé de 57 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Trouville, le quai de Joinville

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 00:01

François Charles Félix Allard naît le 28 décembre 1840 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Catherine Maubrey et de son mari Pierre Joseph Allard, de nationalité belge et possède donc également à la naissance cette nationalité. Un décret de juillet 1879 donna à Félix Allard un droit de séjour permanent. Il est ultérieurement présenté comme étant de nationalité française.

Exerçant la profession de quincailler à Paris (2e arr.), il épouse Clémence Joséphine Latourte en avril 1868 à Boulogne (act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Sa femme décède en février 1870.

Au début des années 1870, Félix Allard s’est lancé dans la fabrication et la commercialisation de coffres-forts. Il dispose, à Paris, d’une boutique boulevard Saint-Martin puis boulevard Sébastopol et d’une usine, rue de Charonne. Dans ses publicités, il assure que ses coffres étant tout en acier, d’une seule pièce, seraient incombustibles et incrochetables. Il poursuit son activité jusqu’en 1907. Il participe à des expositions à Paris et Lyon en 1872, puis à l’exposition universelle de 1878 à Paris. Par contre, il refuse d’aller à celle de Londres en 1889, parce qu’on ne lui avait réservé qu’un emplacement de 1 m 50 de façade, alors que l'exposition de son coffre-fort principal nécessitait déjà une longueur de 1 m 80. À partir de 1899, il se présente comme ingénieur.

Domicilié à boulevard Saint-Martin à Paris (11e arr.), Félix Allard se remarie en février 1890 dans cet arrondissement avec Marguerite Lamy. Le maire de Nogent-sur-Marne, Charles Pimbel, fait partie des témoins du mariage. Le couple s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue de Paris puis plus tard quai Beaubourg (act. quai du Barrage) puis avenue pauline, dans le quartier de Polangis, avant de revenir rue de Paris.

À côté de son activité industrielle, Allard est propriétaire de plusieurs terrains et immeubles : au Perreux, une vaste villa est mise en vente en août 1891 ; à Joinville, un hôtel-restaurant est cédé en août 1899 ; à Paris (2e arr.), plusieurs immeubles sont exploités rue du Caire vers 1900. Quant à l’activité de fabrication de coffres-forts, Allard l’arrête vers 1907.

La principale forme d’engagement de Félix Allard se situe dans le domaine des organismes à vocation sociale. Il est en 1880 l’un des fondateurs de la Société de protection mutuelle des voyageurs de commerce et en devient le trésorier. Il garde cette fonction pendant trente ans. Le président fondateur est Charles Mallet, suivi par Georges Carton, Victor Bonjean puis Pierre Cachet. Henri Brisson, député et président de la Chambre en est le président d'honneur lors de la constitution de l’association. En 1898, la société a versé des indemnités à 615 malades pour une trentaine de jours chacun en moyenne, apporté des secours aux sociétaires incurables, à leurs veuves ou enfants, finance les funérailles, constitué un fonds de retraite. Elle gère aussi un bureau qui a fourni 87 emplois fixes et 383 à la commission. La situation prospère de la société vaut régulièrement des félicitations à Allard. Il devient trésorier honoraire en décembre 1911 et reste administrateur.

Dans sa commune, Félix Allard préside en 1897-1898 une société d’épargne intitulée La Tirelire de Joinville. Elle place 300 livrets dans la population. Il est également le président fondateur, en 1897 toujours, de la Société amicale des pêcheurs. L’Union amicale de Joinville-Champigny, fondée en 1910, va également compter Allard comme président. Elle organise chaque année des concerts dans le quartier de Polangis.

Après la catastrophe de l'usine de Bi-Métal de Joinville-le-Pont, dont l’explosion d’une chaudière en février 1895 fait quatre morts, Allard organise une quête et présente le compte-rendu de l’utilisation des fonds recueillis en novembre la même année. Il est également membre honoraire de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de la commune.

Dans le domaine politique, Félix Allard manifeste une nette proximité avec les républicains et radicaux-socialistes. En 1883, il participe très activement à la constitution d’un monument à la gloire de Léon Gambetta, opposant républicain au second Empire, membre du gouvernement de la défense nationale en 1870, qui proclame le retour de la République le 4 septembre 1870, et fut, avec le « programme de Belleville » en 1869, l’inspirateur du mouvement radical-socialiste.

Dans la commune de Joinville, Allard est présenté comme étant la seule personne du public assistant au conseil municipal en décembre 1894, à un horaire qui déplaît au journaliste radical membre de ce conseil, Henry Vaudémont, puisqu’il se tient l’après-midi. C’est lui aussi qui demande, et obtient en février 1898, l’affichage analytique des décisions du conseil municipal.

À plusieurs reprises, Allard fait partie des bureaux en charge de l’organisation de réunions publiques de compte-rendu de mandat. C’est le cas pour le conseil municipal de Joinville en avril 1896 et en février 1911 ou pour le député de la circonscription, le radical Jules Ferdinand Baulard en octobre 1896.

On trouve aussi Félix Allard en tant que président du cercle de Joinville en 1916. Ledit cercle est celui « autour du billard duquel les élections municipales ont la réputation de se faire » écrivait, en mai 1891 l’hebdomadaire radical Voix des communes. Une pratique abandonnée en 1892, selon ce journal. Peut-être se réunit-il dans les locaux de la Société nautique de la Marne.

Félix Allard meurt le 23 mai 1923 à Joinville ; il est inhumé à Bry-sur-Marne. Il était âgé de 82 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Félix Allard était décoré des Palmes académiques, officier d’académie depuis janvier 1898 et officier de l’instruction publique depuis novembre 1907. Il avait reçu la médaille d'argent de la prévoyance sociale en décembre 1895 puis la médaille d'or en février 1911.

Coffre-fort Félix Allard, vers 1880

 

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 00:01

Désiré Urbain Bagnol naît le 14 février 1885 à Mazan (Vaucluse) Il est le fils d’Anne Joséphine Milhe-Poutingon et de son mari Julien Nicolas Bagnol, épicier.

Le père étant devenu garnisseur, employé du chemin de fer Paris-Lyon-Marseille, la famille vit dans le département du Rhône, probablement à Saint-Genis-Laval. Désiré Bagnol anticipe à 18 ans son service militaire en tant qu’engagé volontaire pour trois ans au 95e régiment d’infanterie entre 1903 et 1906. À la sortie de l’armée, il épouse en septembre 1906 à Oullins, Éléonore Sauvan, originaire d’Arles. Il est alors commis d’économat, probablement à l’hospice Saint-Pothin (act. hôpital de l'Antiquaille Lyon).

Pendant la première guerre mondiale, Bagnol est d’abord mobilisé en août 1914 au 159e régiment d’infanterie puis affecté, en septembre, à la 18e section d’infirmiers. Il est affecté, en 1916, à l’hôpital militaire d’Alix dans le Beaujolais (Rhône).

Après le conflit, son épouse décède alors qu’il est toujours mobilisé à l’hôpital d’Alix en février 1919, lui laissant une fille âgée d’un an. Il est démobilisé le mois suivant et s’installe à La Mulatière, dans la banlieue lyonnaise puis en Arles (Bouches-du-Rhône). Il s’y remarie en février 1921 avec Marie Magdeleine Bouisson.

On retrouve Désiré Bagnol en région parisienne quand il acquiert, en mai 1937 des parts de la Société d'exploitation du Joinville-Palace, un des cinémas de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), située rue du Pont (act. rue Jean-Mermoz). Il devient le directeur de l’établissement et s’installe rue de Créteil (act. avenue du Maréchal-Leclerc).

Pendant la deuxième guerre mondiale, Bagnol organise dans son établissement une soirée en faveur du Secours national entraide d’hiver du maréchal, organisme caritatif se revendiquant du chef de l’État, le maréchal Pétain. Elle est animée par Mme Dumas et groupe lyrique de Joinville.

Un arrêté du 20 février 1942 nomme Désiré Bagnol, toujours directeur de cinéma, en tant que conseiller municipal de Joinville-le-Pont. Le maire est resté Léon Lesestre, qui avait été élu en mai 1935 et a été maintenu à son poste par les autorités de collaboration avec les occupants allemands. En août 1944, le comité local de libération occupe la mairie et prend la place des membres nommés du conseil municipal ; le maire et les adjoints sont arrêtés.

Après la guerre, Désiré Bagnol quitte la ville pour la Côte d’Azur. Sa présence est mentionnée à Nice (Alpes-Maritimes) en octobre 1957. Il y meurt le 10 mai 1959, âgé de 74 ans. Il était père d’une fille.

La rue du Pont à Joinville

 

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie d’Honoré Jullien

L’année 1908 voit trois listes concourir aux élections municipales du mai à Joinville-le-Pont, plus un candidat indépendant. À la liste du comité radical-socialiste, menée par Eugène Voisin, s’ajoutent celle du parti socialiste SFIO et une autre d’un comité socialiste évolutionniste, qui regroupe d’anciens radicaux ou socialistes et des personnalités de tendance libérale. Les radicaux entendent mener « une gestion sage et une administration prudente des finances de la commune ». Ils veulent réaliser des économies, encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité. Ils marquent également leur opposition à de nouveaux impôts, et enfin confirment leur souhait de faire un compte-rendu de mandat annuel. Tandis que la SFIO n’a pas d’élu, l’indépendant rentre au conseil en même temps qu’un des candidats évolutionnistes. Les radicaux se retrouvent à 21 sur 23 sièges. Cependant, Jullien n’est pas élu, recevant du second tour 488 voix sur 1 188 suffrages exprimés (41,1%).

Les évolutionnistes avaient mis en cause directement les candidats de la liste radicale « Si vous êtes satisfaits du gaspillage des finances municipales ; si vous approuvez les scandaleuses concessions accordées ; si vous voulez supprimer l’abus des subventions qui paient les complaisances électorales ; chassez de la mairie les mauvais administrateurs et votez pour nous ! Voter pour Vel-Durand, c’est voter pour l’incohérence ; voter pour Briolay, c’est vouloir continuer l’anarchie qui règne au conseil municipal ; voter pour Jullien et Villain, c’est voter pour la dictature. »

Selon le chroniqueur du journal radical Voix des communes, Louis Rey, Jullien « avait été battu par une coalition de rancunes et d’appétits ». En juin, le comité radical-socialiste lui offre un banquet où se retrouvent « tous les conseillers municipaux républicains de Joinville ». Il y a 50 couverts, en alternant un membre du conseil municipal et un membre du comité ; il se tient dans son restaurant, et un bronze lui est offert au nom du comité ainsi qu’une plaquette en argent au nom du conseil municipal. Le journal des évolutionnistes, L’Indépendant qualifia l’évènement de repas des « Mille-et-un-regrets. »

Ayant siégé pendant trente ans au conseil municipal, dont dix comme conseiller et vingt comme adjoint au maire, de 1878 à 1908, Honoré Jullien ne quitte pas la vie publique après sa défaite de 1908. En décembre, bien que n’étant plus élu, il est désigné comme délégué sénatorial.

Le restaurant Jullien reste un lieu important de la vie politique dans la circonscription. Il accueille ainsi en janvier 1909 un congrès pour désigner le candidat radical-socialiste à l’élection législative partielle liée à l’élection au poste de sénateur d’Adolphe Maujan. Il y a plus de 600 participants dans une ambiance commentée par la presse radicale : « agitation, vivacité, effervescence, émotion ». C’est Amédée Chenal qui est désigné, après plusieurs désistements. Il est élu, au second tour, face au socialiste SFIO Albert Thomas.

Lorsque que le préfet entend, en juin 1909, remettre en vigueur une ordonnance de Colbert, datant de 1669 et fixant une taille minimale aux bateaux, au côté de Rey et de Perre, conseillers municipaux et pour ce dernier constructeur de barques, Jullien est mobilisé avec deux autres constructeurs pour se rendre en audience auprès du sous-secrétaire d’État à l’intérieur, qui se trouve être le nouveau sénateur Maujan. Sur son instruction, le préfet réexamine sa circulaire.

Sur l’île Fanac, la guinguette Jullien est toujours sollicitée pour les manifestations politico-sociales. L’Union fraternelle, groupement de francs-maçons, y banquète en octobre 1909 pour défendre de l’école laïque et exprimer sa sympathie envers le pédagogue libertaire espagnol Francisco Ferrer, fusillé après avoir été accusé par le clergé catholique d'être l'un des instigateurs de l’insurrection de Barcelone.

Au premier trimestre 1910, comme toutes les constructions situées dans les zones basses sur les bords de Marne, Chez Jullien est inondé lors de la crue exceptionnelle de la rivière. Jullien fait partie avec Paul Purrey, franc-maçon et futur maire de Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) de la commission nommée par le préfet et chargée de déterminer la nature et l’importance des dégâts causés par les crues de la Marne. L’activité reprend pendant l’été, et le restaurant sert même de lieu de substitution à la mairie, en cours de reconstruction à l’automne de cette année, pour la remise de prix de l’Association philotechnique, principale structure locale d’éducation populaire.

En mars 1912, Jullien est à l’origine de la création d’une société de secours mutuels intitulée Mutualité scolaire de Joinville-le-Pont. Elle est officiellement approuvée par arrêté en avril la même année. Jullien en est le président, tandis que deux instituteurs de chacune des école sont vice-présidents. L’objectif de la mutuelle est d’assurer des secours aux parents en cas de maladie ou blessures et de constituer des pensions de retraites à ses adhérents.

Cependant, la défaite des radicaux-socialistes lors des élections municipales de mai 1912 conduit Jullien à présenter sa démission, pour tenter d’éviter une rupture entre la nouvelle association et la municipalité. Il est remplacé par le docteur Pierre Vallat, lui aussi radical-socialiste et ancien conseiller municipal, mais dont le statut de médecin réputé est supposé faciliter la relation. Cependant, il n’obtient pas lui non plus, le versement de la subvention attribuée par le conseil municipal précédent.

Pendant la guerre, le restaurant continue de fonctionner, mais il semble avoir du mal à recruter son personnel.

Le retour, en novembre 1919, d’une municipalité dans laquelle figurent des radicaux fait que Jullien est de nouveau désigné, en décembre, délégué sénatorial.

En octobre 1920, Jullien met en vente son hôtel restaurant. Il reste sur l’île Fanac, mais déménage avec son épouse dans une maison voisine.

Honoré Jullien meurt à Joinville, le 9 août 1935, à l’âge de 73 ans. Il était décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie en avril 1899 et officier de l’instruction publique en décembre 1904. Une salle de réunion de la mairie porte le nom de salle Jullien. L’ancienne guinguette Chez Jullien abrite l’école municipale de musique.

Fin

Guinguette Chez Jullien sur l'île Fanac

 

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