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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 00:01

Jean Bonnardel naît le 11 septembre 1870 à Épinac (Saône-et-Loire). Il est le fils de Jeanne Drouchin et de son mari Jean Marie Bonnardel, voiturier, illettré.

Boulanger à Gevrey (Côte-d'Or), Bonnardel fait un service militaire raccourci à un an dans le 29e régiment de ligne, du fait qu’il est soutien de famille après le décès de sa mère. Il s’installe d’abord à Baigneux-les-Juifs (Côte-d'Or) en 1892 puis à Paris (19e arr.) en 1893, alternativement rue de Flandre et rue Mathis, et il est devenu boucher en 1898. En mai de cette année, il épouse Marie Amélie Milard, fille d’un marchand de vins.

Après la naissance de leurs deux fils, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent une boucherie dans le Centre, rue de Paris.

Au cours de la première guerre mondiale, d’abord rattaché à la place de Paris et continuant probablement son activité, Jean Bonnardel est mobilisé en juin 1915 dans l’infanterie. Il passe en août 1917 dans l’artillerie et est démobilisé en décembre 1918.

Après le conflit, l’activité de boucherie de Bonnardel se développe à Joinville puis, à partir de 1924, à l’abattoir de La Villette (Paris, 19e arr.) ou il est chevillard, faisant désormais du commerce en gros. Il continue de résider à Joinville, rue des Réservoirs.

En juin 1923, Bonnardel participait à la reconstitution de l’union des commerçants et industriels de Joinville, présidée par le couvreur Lucien Lavoipierre, en étant membre de sa commission de réorganisation et de propagande.

Pour les élections municipales de mai 1929 à Joinville, Jean Bonnardel est candidat sur la liste d’Union républicaine et démocratique (droite) conduite par le maire sortant, Stephen Durande. Il est en outre l’un des assesseurs du premier des deux bureaux de vote de la commune.

Au premier tour, la liste de droite, avec en moyenne 38,8% des votes exprimés, est devancée par la liste de la Concentration des gauches (radical-socialiste et socialiste SFIO) conduite par un ancien adjoint au maire, Georges Briolay (radical), qui recueille 42,8%. Le Bloc ouvrier et paysan du communiste Roger Bénenson obtient 18,4%. Bonnardel est crédité de 906 voix, soit 42,6% des 2 126 suffrages exprimés sur 2 491 inscrits.

Au second tour, la liste de la municipalité sortante (41,6% et 5 élus sur 27) est toujours devancée par le cartel des gauches (45,9% et 22 sièges), les communistes obtenant 12,5%. Bonnardel n’est pas élu, de même que le maire Durande.

Le Comité d’union républicaine et d’action sociale, fondé en 1912, qui est la principale organisation de la droite dans la commune de Joinville, se transforme en mars 1935 en Union des républicains, association constituée dans un cadre uniquement municipal. Présidée par René Kirbuhler, l’Union compte Lavoipierre comme vice-président et Bonnardel en tant que membre du bureau, au côté par exemple du futur maire Georges Defert, affilié au parti social français.

Prenant prétexte « des fusillades du 6 février [1934], des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons », l’Union des républicains de Joinville décide de rompre l’accord qu’elle avait établi avec les radicaux-socialistes et de présenter une liste « composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Elle appelle « à la séparation de l’administration municipale et de la politique » et présente un programme axé sur la « diminution des charges écrasantes », l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales. Ses candidats se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action. »

Jean Bonnardel figure sur la liste présentée pour les élections municipales de Joinville en mai 1935 par l’Union des républicains en étant présenté comme ancien commerçant, bien qu’il semble continuer son activité de gros.

Les candidats de droite arrivent en tête, avec une moyenne de 37,6%, devançant la liste du maire sortant Georges Briolay, qui a perdu le soutien du parti socialiste SFIO et a 27,5%. Les communistes de Robert Deloche suivent avec 27,1% et la socialistes SFIO de François Derivière ont 7,4% avec une liste incomplète. Bonnardel obtient 921 voix (32,2%) sur 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tout, l’Union républicaine lance un appel à « barrer la route aux communistes ». Malgré l’union de ces derniers et des socialistes, l’Union des républicains reste en tête, avec 41% et 25 sièges contre 39% et 2 élus pour la gauche, les radicaux-socialistes reculant à 20%. Bonnardel devient conseiller municipal avec 1 146 voix (39,5%) sur 2 899 suffrages exprimés et 2 924 votants. La liste de droite estime que les électeurs « ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie » et élit Léon Lesestre comme maire.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, après la destitution des deux élus communistes, un conseil municipal est désigné par arrêté préfectoral du 20 février 1942. Le maire et ses adjoints sont reconduits, ainsi que Bonnardel, désigné comme boucher en gros. Les nouveaux élus sont installés en mars.

La municipalité est renversée au moment de la Libération de Joinville, le 25 août 1944, le maire et les quatre adjoints étant arrêtés par le comité local de Libération.

Jean Bonnardel meurt le 9 août 1955 à Joinville. Il était âgé de 84 ans.

Son fils aîné, Jean Bonnardel (1899-1953), ingénieur et industriel, fut footballeur à Joinville-le-Pont, Paris (Gallia-Club et CASG), Saint-Ouen (Red-Star) et Quevilly. Il a été triple vainqueur de la coupe de France (1921-1923), sélectionné olympique (1924) et 23 fois titulaire en équipe nationale.

Son fils cadet, Jean Louis Bonnardel, lui aussi footballeur au Red-Star, fut comme son père boucher à Joinville, Paris et Saint-Maur-des-Fossés.

La rue de Paris à Joinville-le-Pont

 

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 00:01

Adrienne Cécile Flore Renz naît le 22 février 1899 à Borgerhout (Belgique), dans la province d'Anvers en Flandre. Elle est la fille de Gabrielle Flore Célina Carré et d’Arsène Léopold Renz. Leurs deux familles ont une grande réputation dans le milieu du cirque, en France pour la première, en Allemagne pour le second. Léopold Renz était un écuyer-voltigeur ; Gabrielle Carré a été danseuse de l'Opéra de Paris et dresseuse de chiens.

Ses parents sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, où ils achètent une propriété avenue Racine et exploitent en 1911 une guinguette, établissement de bal populaire auprès des parisiens.

Devenue ouvrière en cinématographe, Adrienne Renz épouse en janvier 1920 à Joinville Marcel Chagnon, commerçant, dont la famille était originaire de Corrèze. Avec sa belle-mère, Adrienne et Marcel Chagnon poursuivent l’exploitation de l’établissement de danse sur patins à roulettes, situé quai de Polangis, devenu le Petit Robinson.

Personnel du Petit-Robinson en 1932

Le couple eut deux enfants : Gabriel, dit Gaby, musicien et salarié de la SACEM, et Daniel, dit Dany, qui reprit le nom de sa mère et fut un artiste de cirque très réputé.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon des témoignages de l’ancien maire communiste de Joinville, Robert Deloche, et de l’historien local Michel Riousset, Adrienne Chagnon, toujours propriétaire du Petit-Robinson, prend une part active à la Résistance.

Après la Libération, elle est candidate représentant l’Union des femmes françaises (UFF), proche des communistes, pour les premières élections municipales auxquelles les femmes peuvent voter et sont éligibles.

Quatre femmes sont élues parmi les 27 membres de l’assemblée locale à Joinville : Amélie Trayaud, future maire de la ville en 1953, Adrienne Chagnon, Juliette Derrien et Valentine Nicolas. La liste d’union qui regroupe des communistes, des socialistes et des radicaux recueille environ 62% des 6 447 suffrages exprimés sur 6 621 votants pour 7 811 inscrits. Robert Deloche est réélu maire.

Lors du scrutin suivant, en 1947, Adrienne Chagnon n’est pas réélue.

Adrienne Chagnon meurt le 12 octobre 1993 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Elle est inhumée à Joinville dans le caveau familial. Elle était âgée de 93 ans.

Tombes de la famille Chagnon à Joinville-le-Pont

 

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 00:01

Isidore Anthime Gouvrion naît le 27 avril 1811 à Magny-le-Désert (Orne). Il est le fils de Gustine Modeste Madelin et de son époux Michel Jean Gouvrion.

Ses parents s’installent en Seine-et-Marne, au Mesnil-Amelot où ils sont marchands. Isidore Gouvrion fait pour sa part commerce de vin à Romainville (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il épouse en juillet à Villeparisis (Seine-et-Marne) Hippolyte Désirée Ménecier.

Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où, en 1843, Isidore Gouvrion est devenu cordonnier. Il fait partie en 1848, selon les archives militaires, d’un Club de Joinville soupçonné de sympathie avec les insurgés parisiens de juin. Il est arrêté en juillet 1848 sans motif précisé avec six autres habitants de sa commune, également tenanciers de débits de boisson ; il est remis en liberté le lendemain.

En 1854, Isidore Gouvrion abandonne la cordonnerie et reprend la vente de vin, activité en développement dans la commune qui devient un centre de villégiature dominicale pour les parisiens fréquentant les guinguettes en bords de Marne. Il est cité en novembre de cette année comme témoin du suicide, en plein jour dans un établissement voisin, d’un jeune homme, délaissé par une amoureuse.

Avec une soixantaine d’habitants de la commune, Gouvrion est cité en novembre 1856 comme faisant un don en nature en faveur de l’armée d’Orient, qui combat en Crimée.

Isidore Gouvrion meurt le 25 octobre 1857 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et avait eu un fils.

Joinville, 1859

 

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 00:01

Apollon Jean Baptiste Delaherche naît le 10 ventôse an 13 à Méru (Oise), soit le 1er mars 1805. Il est le fils de Marie Catherine Sophie Grenier et d’Apollon Delaherche, marchand épicier.

Avec son père, il a repris en décembre 1828 le commerce de Durosne jeune, distillateur du Roi, rue Saint-Martin à Paris (4e arr.) dans un établissement désigné comme « la maison gothique ». Ils commercialisent notamment un punch préparé avec du rhum de la Jamaïque.

En mai 1828 à Paris, Apollon Delaherche épouse en l’église Saint-Merry Louise Elisabeth Hanot.

La distillerie et fabrique de sirops est déplacée en 1837 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans le même arrondissement et se spécialise ensuite dans la production d’amidon et de fécule de pommes de terre. Déplacée rue Poliveau à Paris (5e arr.) en 1839, la fabrique de fécule est transférée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1841. En décembre cette même année, Apollon Delaherche a constitué une société avec Pierre Doucet, épicier à Paris, pour son activité de production d’amidon ; elle sera dissoute en mai 1844.

Toujours à Joinville-le-Pont, Delaherche exploite en 1847 une fabrique de glace.

En mars 1846, lors des élections générales des gardes nationales du département de la Seine, Delaherche est élu sous-lieutenant du 3e bataillon de chasseurs, une composante de la 4e légion de la banlieue, qui couvre Joinville-le-Pont. Le capitaine, réélu dans cette fonction, est Jean Louis Nicolas Lucot, conseiller municipal et entrepreneur de maçonnerie. M. Dufour a été promu lieutenant tandis qu’Auguste Courtin est élu comme Delaherche est élu sous-lieutenant.

La Garde nationale est composée des hommes Français âgés de 20 à 60 ans mais seuls sont appelés au service ordinaire ceux qui ont les moyens de supporter les frais d'habillement et d'armement et disposent du temps nécessaire pour le service. De fait, elle est donc réservée aux hommes aisés, ce qui lui donne un caractère de milice bourgeoise, rempart des propriétaires contre le désordre. L’élection des responsables des structures locales donne lieu à de véritables campagnes électorales.

Lors des élections municipales de Joinville de juin 1846, organisées au scrutin censitaire sous le régime de la monarchie de Juillet, Apollon Delaherche qui est la sixième personne la plus imposée du village, est élu conseiller municipal par 29 voix pour 50 votants sur 67 inscrits. Le maire est le grammairien Charles Pierre Chapsal.

Il est réélu, cette fois au suffrage universel masculin, en juillet 1848 lors du premier scrutin de la deuxième République. Charles Pierre Chapsal est réélu maire et Hippolyte Pinson est toujours adjoint au maire. Pour une raison inconnue, Chapsal cesse d’exercer la fonction de maire en décembre 1848 ; il est remplacé, à titre intérimaire, par Delaherche en tant que « conseiller municipal délégué », Pinson continuant d’être adjoint.

En mars 1850, après 15 mois d’intérim, Delaherche est élu maire.

La commune disposait, à un endroit inconnu, peut-être rue du Pont, d’un bâtiment faisant office de mairie. Delaherche fait demander, en janvier 1849 par la préfecture de la Seine,  de déclarer d'utilité publique la construction d'un bâtiment destiné à recevoir la mairie, les écoles et une salle d'asile. Le terrain fait 1 371 m². Le financement prévoit la vente de l’ancienne mairie, mise à prix pour 10 000 francs, et un budget supplémentaire de 6 000 francs. Le projet est approuvé par décret du ministère de l’intérieur en juillet 1849. Le terrain d’implantation appartient à Mathurin Lemaire, commerçant et ancien maire, ainsi qu’à Mmes Pommier et Acher. L’inauguration est faite en octobre 1851, en présence de Merruau, secrétaire général du département de la Seine et Reyneau, sous-préfet de Sceaux. La bénédiction est faite par le curé de Saint Maur, car il n’y a pas encore de paroisse à Joinville. Delaherche organise une distribution de livres et un banquet pour la population.

La mairie de Joinville, construite en 1851

Lors des dernières élections municipales de la République, qui est déjà sous le régime du prince-président Louis Napoléon Bonaparte, futur empereur Napoléon III, en juin 1852, Chapsal est de nouveau élu maire de la commune. La composition du conseil municipal n’est pas connue.

Delaherche semble avoir de bonnes relations avec lui, car il est associé en août 1852 à une cérémonie de mariage doté par le prince-président de 3 000 francs entre deux jeunes gens de Joinville et de la commune voisine de Saint-Maur choisis par les maires sur les critères « de l'honnêteté, de la probité et de la moralité ». Il est également témoin de la naissance en 1862 d’Alix Charles Émile Courtin, né d’Auguste Courtin, fils adoptif de Charles Chapsal.

Apollon Delaherche meurt le 11 octobre 1866 à Joinville. Il était âgé de 61 ans et résidait rue du Pont. Son décès est déclaré par Hippolyte Pinson, qui fut son adjoint au maire et était toujours en fonction. Il avait eu trois enfants.

Signature de Delaherche en 1849

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 00:01

Daniel Chagnon naît le 30 mars 1929 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adrienne Renz et de Marcel Chagnon.

Ses parents exploitent dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont, une guinguette, le Petit-Robinson. Jouissant d’une évidente aisance, Marcel Chagnon fut le premier du quartier à disposer d’un véhicule automobile.

La famille de son père est originaire de Corrèze. Sa mère est issue de deux familles ayant une grande réputation dans le milieu du cirque, en France pour sa grand-mère, et en Allemagne pour son grand-père. Léopold Renz était un écuyer-voltigeur ; Gabrielle Carré a été danseuse de l'Opéra de Paris et dresseuse de chiens.

Très doué en matière sportive, Daniel Chagnon envisageait de rejoindre l’école des sports de Joinville, institution nationale d’origine militaire, située dans le Bois de Vincennes. Pendant son service militaire (1948-1949), il intègre le Groupement sportif interarmées, ancêtre du Bataillon de Joinville, où il devient moniteur.

Pendant la deuxième guerre mondiale, sa mère, selon des témoignages de l’ancien maire communiste de Joinville, Robert Deloche, et de l’historien local Michel Riousset, Adrienne Chagnon, toujours propriétaire du Petit-Robinson, prend une part active à la Résistance. Après la Libération, elle est une des toutes premières conseillères municipales, élue en 1945 à Joinville lorsque les femmes obtiennent le droit de vote.

Daniel Chagnon va être très rapidement attiré par les métiers du cirque. Des cousins de sa mère, Tilly et Henry Rancy, ayant fait construire une villa avenue Racine, à proximité de chez eux, par l’entreprise de maçonnerie de son grand-père. Le cirque Rancy était un des plus célèbres de France pendant l’entre-deux guerres. En 1946, parès le redémarrage des tournées du cirque Rancy, Daniel Chagnon accompagne sa cousine Sabine Rancy qui l’initie à l’équitation. Ils se marient à Lyon, en mars 1950, dans une cérémonie de prestige célébrée par Édouard Herriot, maire de la ville et ancien président du conseil.

Pour lancer sa carrière circassienne, Daniel Chagnon adopte le pseudonyme de Dany Renz. Il s’initie aux différents arts du cirque, avec ses beaux-parents mais aussi Gustave Fratellini pour l'acrobatie ou Philippe Ricono pour la voltige ainsi que le dressage de fauves avec les Bouglione ou le trapèze volant avec les Rénolds et les Antarès. Jongleur, il fait également, à l’occasion, des numéros de clown.

Avec son cheval comédien Dynamite, Dany Renz devient un écuyer-voltigeur reconnu internationalement. Il présente des numéros qui vont avoir une forte notoriété, comme Robin des bois dans lequel il mêle voltige, danse classique, tir à l’arc et cinq à sept sauts périlleux consécutifs sur un cheval au galop. Il reçoit en 1955 à Toulouse l’Oscar du cirque. Il fait partie de la troupe qui représente le cirque français à Moscou en 1958. En 1961, il monte un nouveau numéro, Kid Callagan.

 

À la retraite de Tilly et Henry Rancy en avril 1964, le cirque Sabine Rancy est créé et Dany Renz devient de la société Monde et Cirque qui le gérait. Avec 5 000 places, leur chapiteau était le plus grand de France. Il continue cependant son activité artistique avec Zorro (1965), La Veuve joyeuse (1967), Féérie au Népal (1968) et Tarass Boulba (1969), pour lequel il est gratifié en 1969 à Madrid d’un second Oscar.

Dany Renz meurt le 17 juin 1972, officiellement à Brioude (Haute-Loire). Cependant, selon le journaliste et écrivain Roger Parment, il serait en fait décédé à Clermont-Ferrand. Vers 0h30, Dany Renz, en voulant aider le cornac à embarquer dans sa remorque l’éléphante Chiquita, est mortellement blessé. Hospitalisé d’abord à Issoire puis à Clermont, il décède le matin même. Le soir, Sabine Rancy donna sa représentation avant d’annoncer sa disparition.

La cérémonie religieuse eut lieu le 21 juin en l’église Saint-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont. Dany Renz était revêtu de l’habit bleu de nuit qui avait été son costume de marié et que l’on avait pailleté pour la scène. L’éléphante Chiquita avait été abattue, et son cheval Dynamite mourut en 1973 à Lisieux.

Sabine Rancy poursuit seule l’exploitation du cirque puis se remarie en 1975 avec Ary Larible, grand nom du cirque italien.

 

 

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 00:01

Eugène Jules Maurice Delawarde naît le 9 janvier 1882 à Paris (12e arr.). Il est le fils posthume d’Eugène Auguste Delawarde (décédé le 8 décembre 1881, qui était serrurier) et de Julia Hélène Eugénie Leclerc, qui réside rue de Picpus. Son père, ancien marin, avait été un des acteurs des incidents de Sakai, qui opposèrent dans la baie de Yokohama un bateau français à des samouraïs nippons en 1868.

Devenu graveur, Eugène Delawarde, en tant que fils aîné de veuve, ne fait qu’un service militaire d’un an en 1903-1904 au 15e bataillon d’artillerie. Cependant, l’année suivante, il perd sa mère et se retrouve alors déchu de ses droits à dispense, pendant lequel il devient brigadier. Il doit donc faire un second service militaire, toujours dans l’artillerie ; il perd ses galons de brigadier et redevient canonnier. Il vit dans le 10e arrondissement de Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis puis s’installe galerie de la Bourse, à côté de la boutique où il travaille.

Le premier mariage de Delawarde durera peu ; il est célébré en septembre 1908 à Paris (10e arr.) avec Charlotte Renée Pâquet, mais le divorce intervient dès juillet 1911. Il a une fille en août 1912 avec sa nouvelle compagne, Mathilde Célina Blot, qu’il épouse Paris (15e arr.) en mars 1913. Le mois suivant, Delawarde rachète le commerce de graveur héraldiste où il était employé et le transfère rue Croix-des-Petits-Champs.

Mobilisé dès le début de la première guerre mondiale, toujours dans l’artillerie, il retrouve dès novembre son grade de brigadier puis devient maréchal des logis en août 1915. Il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire en mai 1917 et embarque de Marseille pour rejoindre l’armée d’Orient avec le 109e régiment d’artillerie lourde. Après avoir été confirmé dans son grade, il est rapatrié en janvier 1919 et démobilisé en avril. Dans la réserve, il devient lieutenant en juin 1919.

Le comportement de Delawarde lui vaut deux citations à l’ordre du régiment en octobre 1916 puis en novembre 1918, ainsi qu’une autre à l’ordre de l’armée en décembre 1918. Il est décoré de la Croix de guerre.

Après-guerre, Delawarde déplace son atelier de graveur héraldiste et son logement rue de Paris, dans le centre de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y est installé en 1925 et s’implique, cette année-là, dans la reconstitution du comité d’union et d’action républicaines dont Félix Soulié est le président. Il est membre de ce rassemblement local des conservateurs et libéraux, au côté de plusieurs personnalités locales, comme le futur adjoint René Kirbühler, ou Georges Defert, qui sera maire en 1953.

Dans sa nouvelle ville, Delawarde change de métier. Il devient entrepreneur de transport en 1926, obtenant en janvier 1928 le marché d’enlèvement des ordures ménagères grâce à sa proposition de remplacement des voitures hippomobiles par des automobiles pour accélérer le service. Cependant, il fait faillite en mars 1929. Il poursuivra ensuite le travail de camionneur.

En février 1935, le comité dont Delawarde est membre se transforme en Union des républicains, à vocation uniquement municipale. Une incompatibilité est édictée entre les fonctions de membre du bureau et de conseiller municipal. Kirbühler devient président et Delawarde, secrétaire général. Léon Lesestre, président sortant est nommé président d’honneur avant d’être élu deux mois plus tard maire.

L’Union des républicains de Joinville publie en avril un décide, en avril, « de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». L’argument est de politique nationale, car elle dit se souvenir « des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons ». Elle présente un programme de diminution des « charges écrasantes », atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs et « application des lois sociales. »

Delawarde s’implique dans la vie sociale locale. Il est secrétaire en 1934 de l’Union des commerçants et industriels dont Lucien Girard est le président. Il continue cette fonction en 1936. Il s’associe en mai 1934 à la création d’un comité de soutien aux chômeurs, mouvement humanitaire porté par des commerçants. En 1937, il contribue à la Société d’encouragement au dévouement, portée par des directeurs d’école.

L’activité de transport de marchandises de Delawarde va prendre un curieux tournant en 1936. Le quotidien communiste L'Humanité l’accuse, en novembre, de briser le blocus sur les exportations d’armes pour les belligérants de la guerre civile espagnole. Il convoie, via l’Italie de Mussolini, 80 tonnes de matériel de guerre, dont 40 obusiers et 4 000 obus, à destination des troupes rebelles du général Franco, insurgé contre le gouvernement républicain, sous une fausse destination soi-disant pour le Pérou.

Deux ans plus tard, en décembre 1938, c’est le quotidien royaliste Action française qui l’accuse au contraire de « trafic pour l'Espagne rouge ». Prétextant un chargement pour Rangoon, en Birmanie, douze camions affrétés par Delawarde emportent 600 tonnes de munitions à Marseille pour une destination que le journal d’extrême-droite estime être Barcelone, dernier bastion des troupes républicaines.

La circulation n’est pas sans danger. Eugène Delawarde blesse sérieusement aux jambes un agriculteur de Cannes-Écluse (Seine-et-Marne) en octobre 1937 alors qu’il circulait de nuit. Plus grave, en novembre 1938, près de Rouen, un camion de la maison Delawarde chargé de caisses d'obus prend feu. La déflagration fut très violente. Les maisons voisines, dont les habitants avaient pu être évacués à temps, ont été très endommagées. Les lignes téléphoniques ont été coupées pendant plusieurs heures. Il n’y eut cependant aucun blessé.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le comité de Joinville d’assistance aux prisonniers, enregistre en février 1943 les dons de Delawarde l’année précédente.

Eugène Jules Maurice Delawarde meurt le 9 mai 1947 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de quatre enfants. En décembre 1936, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire pour ses 33 ans de services et 4 campagnes.

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Georges Scornet

Parallèlement à ses activités politiques, Georges Scornet est très impliqué dans la vie associative locale. Il est ainsi un de ceux qui soutiennent, en 1920, la fusion du Groupement amical des industriels, commerçants et des habitants de Palissy-Polangis avec l’Union des commerçants de Joinville. Il est un membre actif de la caisse des écoles communale.

À partir de 1933, il est vice-président de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville et représente les mutuelles dans la commission cantonale pour l’assistance aux vieillards.

C’est toujours Georges Scornet qui prend, en décembre 1922, l’initiative de reconstituer l’amicale des Bretons dissoute pendant la guerre et en est vice-président. Il est aussi président d’honneur de la « commune libre de Polangis », son quartier, structure chargée d’organiser une fête annuelle. Il siège encore, en 1924 dans la commission des fêtes de l’Union amicale de Joinville Champigny.

L’essentiel de la présence de Scornet dans la vie locale concerne le domaine sportif.

Ainsi, il est en décembre 1919, administrateur de l’USJ. Il devient en mai 1923 président du Cercle Athlétique de Joinville (CAJ, basket et natation) et commence son mandat en polémiquant avec le maire sur l’organisation des épreuves de natation pendant les fêtes communales, se plaignant que son club doive se contenter de participer à la retraite aux flambeaux et aux fêtes vénitiennes. En juillet 1925, Scornet, préside au côté du maire à l’inauguration du plongeoir et de la baignade en Marne du CAJ. Le plongeoir permet en septembre 1929 un spectaculaire triple saut groupé. Le club organise une compétition classique, la traversée de Joinville à la nage, qui en est à sa 23e édition en 1932 avec 77 nageurs et 8 nageuses.

Après le décès de Scornet, deux challenges à son nom seront créés.

Le challenge Scornet en basket est mis en jeu dans une compétition à Joinville pour la première fois en mars 1936. Il est renouvelé en 1937 et 1938 et se tient à Champigny-sur-Marne pour sa quatrième édition en 1939 à la Maison des Syndicats. Il s’assure la participation des meilleures équipes parisiennes de basket-ball de la Région Parisienne FSGT, la fédération corporatiste. La guerre n’interrompt pas la compétition, puisque la septième édition a lieu en avril 1942.

Le challenge Scornet en natation est organisé au cours du championnat de Paris, d’abord en août 1936. Il consiste en une course par équipe, jugée sur le classement de cinq nageurs dans la traversée de Joinville, partie du championnat de Paris de la FSGT. La dernière édition semble avoir eu lieu en août 1939.

Georges Auguste Scornet meurt le 30 novembre 1934 à Joinville . Il était âgé de 56 ans. Sans qu’il soit possible de faire un lien, on remarquera que sa fille aînée, Jeanne Scornet, décède trois semaines avant, à l’âge de 33 ans.

Le conseil municipal rend hommage à Scornet le 18 décembre et le maire le fera encore à la fin de son mandat, en avril 1935. La nouvelle municipalité élue en mai ira également déposer une gerbe sur sa tombe au cimetière de Joinville.

De nombreuses décorations avaient été accordées à Scornet : la Croix de guerre avec étoile de bronze ; les Palmes académiques comme officier d’académie en février 1929 et officier de l’instruction publique en février 1935 ; la médaille d’honneur de l’éducation physique en janvier 1932 ; deux mentions honorables pour services rendus à la mutualité en février et novembre 1934 ainsi qu’une médaille de bronze en février la même année.

Fin

Triple saut sur le plongeoir du CAJ sur la Marne à Joinville en 1929

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Jean-Marie Gille

 

Après 1860, l’activité de production de porcelaines de Gille continue de prospérer. Il est à l‘exposition de Besançon en 1860, à celle des arts industriels à Paris en 1861, où il est gratifié d’une médaille de 1e classe. Il est également médaillé à Londres lors de l’exposition universelle de 1862 avec notamment une Rêverie et une Tempérance. La presse relève que Gille fait 65% de son chiffre d’affaire à l’exportation. Enfin, il est à la nouvelle exposition universelle de Paris en 1867 avec entre autres sa statue de Bernard Palissy ou une grande autruche en porcelaine.

La popularité des œuvres de Gille fait qu’il est fréquemment copié. En voulant défendre ses droits, il va provoquer un débat juridique. En France, une loi de juillet 1793 protège la propriété des œuvres de l’esprit, donc des sculptures. Par contre, une loi de 1806, sur la propriété des dessins de fabrique, exige leur dépôt. Se pose donc la question de savoir si une statuette artistique, reproduite par des moyens mécaniques dans l’industrie, est une œuvre d’art (garantie par la loi de 1793) ou un dessin de fabrique qui aurait dû être déposé (loi 1806). Gille attaque un marchand allemand, Kossmann-Huber, fabricant de jouets, qui vend dans les deux pays des copies de statuettes de Gille, Prière du matin et Prière du soir. Il est débouté en première instance, mais en 1861 la cour impériale, saisie de l'appel, décide que les deux statuettes sont des objets d’art et non des produits purement industriels et mercantiles et donne satisfaction à Gille.

Tout en conservant ses ateliers à Paris, Gille fait construire un pavillon à Joinville-le-Pont, vers 1851. Sa villa, située rue de Paris, a une façade incrustée de porcelaine peinte, qui attire l’attention de la presse.

Lors des élections municipales de 1852, Gille devient membre du conseil municipal de Joinville dont le grammairien Charles Pierre Chapsal est le maire. Il offre en novembre de la même année, pour décorer la mairie inaugurée l’année précédente, le premier exemplaire du buste du prince-président, Louis Napoléon Bonaparte, qui deviendra l’empereur Napoléon III le mois suivant. La cérémonie se conclut au cri de « Vive l'empereur ! »

Gille achète également un vaste terrain sur la rive gauche de la Marne, alors très peu peuplée, puisqu’elle ne compte qu’un hameau près du pont ainsi que la ferme et le château de Polangis. Gille prend possession de la partie sud de cet espace, bordé par la Marne et la commune de Champigny et terminé, au Nord, par la route de la Brie, un des principaux axes entre Paris et l’Est de la France via le pont de Joinville.

Ayant décidé d’aménager son terrain afin d’y installer chalets et villas, Gille le nomme « villas Palissy », en hommage au maître de la porcelaine, Bernard Palissy. Il installe une maison-modèle, largement décorée de porcelaine. Pour lancer le lotissement, Gille aménage un square, dans lequel il installe une statue en porcelaine de Bernard Palissy de 2 mètres de hauteur.

Une vaste fête est organisée en septembre 1860 pour son dévoilement avec environ 500 invités, dont les ouvriers de Gille. Des textes de Palissy sont lus, dont celui-ci : « J'étois méprisé et moqué de tous. L'espérance que j'avois me faisoit procéder en mon affaire si virilement, que plusieurs fois pour entretenir les personnes qui venoyent me voir, je faisois mes efforts de rire, combien que intérieurement je fusse bien triste. J'ai été plusieurs années que, n'ayant rien de quoy faire couvrir mes fourneaux, j'étois toutes les nuits à la mercy des pluyes et vents sans avoir aucun secours, aide, ny consolation, sinon des chats-huants qui chantoyent d'un costé et des chiens qui hurloyent de l'autre... »

Statue de Bernard Palissy par Gille dans le square Palissy-Bir Hakeim à Joinville-le-Pont

 

La manufacture de Gille produit également le chemin de croix de l’église paroissiale Saint-Charles-Borromée, inaugurée en 1860, dont le dessin est dû à deux collaborateurs de Gille, Dajard et Grehant.

Jean Marie Gille meurt le juin décembre 1868 à Joinville. Il était âgé de 70 ans. Il est enterré dans le cimetière de Joinville qu’il avait contribué à créer. Il y repose dans une chapelle ornée de son buste en marbre. Il a donné son nom à une rue du quartier qu’il édifia, l’avenue Gille.

L’entreprise de porcelaine fut reprise par deux de ses anciens employés, Désiré Vion et Charles Baury, le principal modeleur, élève du sculpteur François Rude. Elle déménage en 1878 pour s’installer à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne). Un neveu de Gille, Jules Émile, comptable, y collabore.

Fin

L'inauguration de la statue de Palissy, au coeur du quartier du même nom à Joinville-le-Pont (1860)

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 00:01

Suite de la biographie de Jean-Marie Gille

Bien qu’il n’ait pas, à notre connaissance, de formation particulière en matière scientifique ou technique, Jean Marie Gille, qui est toujours marchand de porcelaines et s’est installé rue du Temple à Paris (3e arr.), va déposer un grand nombre de brevets d’invention. L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en comptabilise huit, plus deux améliorations de brevets déjà déposés. Le premier brevet, en août 1832, concerne un système de chauffage par la vapeur pour des fauteuils creux et des chauffe-pieds.

En septembre 1840, Gille fait breveter un réflecteur transparent destiné à éclairer les numéros des maisons (au moyen de lampes à huile), et un siphon ventilateur pour allumer le feu dans les cheminées. En 1850, il invente une application au feu de l'argenture sur la porcelaine dite biscuit.

C’est la décoration des pièces qu’il produit, puisqu’il est désormais fabricant depuis 1839, que Gille fait protéger en 1854 : « obtention, à l'aide du laminoir, de la presse emporte-pièce ou rouleau à main, de la broderie et de la gravure en porcelaine et autres ornements, tels que feuilles, fleurs, figures, etc. »

Il est à l’origine en 1856 d’une nouveauté qui connaîtra un certain succès, même si les supports métalliques émaillés ont une diffusion beaucoup plus grande : celle des plaques en porcelaine contenant l'indication du nom des rues et autres renseignements utiles.

La vie à l’intérieur des maisons l’intéresse également, avec le brevet déposé en août 1857 pour « application de la porcelaine blanche et décorée aux patères, servant à accrocher toute espèce de choses ». En juin 1862, c’est un curieux encrier-calendrier qui est le fruit de son imagination.

Enfin, il revient en novembre 1863 au décor sur porcelaine avec l’application de de diamants, perles et pierreries montés dans des chatons métalliques.

C’est en 1837 que Gille crée sa fabrique, qu’il installe rue Paradis-Poissonnière à Paris (10e arr., act. rue de Paradis) tout en conservant sa boutique de la rue du Temple. En 1844, elle emploie 160 ouvriers et est réputée pour la qualité du travail, qui concerne surtout des figures en biscuit et des pièces décoratives recouvertes d’une application d’argent. Cette même année 1844, il expose une cheminée en porcelaine « charmante pour les boudoirs ». Les marques utilisées sont « Gille Jeune Fabricant à Paris » en creux, ou bien un cachet en creux ou en pâte bleue au monogramme GJ. S’installant comme un producteur d’objets de luxe, Gille se fournit en matière première à Limoges et vend également du cristal de Sèvres. Ses productions acquièrent une réputation artistique, confortée par sa participation très fréquente à des salons. .

Gille participe, au moins à partir de 1843, aux expositions nationales organisées à Paris au palais des Champs-Élysées. Il y présente une Sainte-Famille d'après Murillo et un Paysage. En 1844, il revient avec une Tête de Christ, un tableau de fruits et un autre de fleurs. Toujours en 1844, il réalise pour un bateau à vapeur plusieurs tableaux représentant l’histoire de Gil-Blas, inspirée du roman picaresque du siècle précédent.

L’aspect technique du travail de l’atelier de Gille est souligné dans la presse, notamment professionnelle. Sa maîtrise de la cuisson fait qu’il produit des statuettes de grandes dimensions.

Pendant la période révolutionnaire de 1848, en attente d’une reprise du commerce, Gille réalise selon le quotidien Le Constitutionnel (1849/07/31) « des essais coûteux » afin d’incruster de porcelaine dans les meubles en bois ou à des objets en marbre et bronze ainsi que sur des lampes. Le 28 février, il avait été signataire d’une lettre de 17 négociants en porcelaine parisiens qui annonçaient qu’ils avaient « repris leurs travaux habituels », « afin de conserver ce travail aux ouvriers » et « pour raffermir l'ordre et la » confiance que tout bon citoyen doit appeler de tous ses vœux ». Puis, avec l’installation du régime napoléonien et le fort accroissement de la bourgeoisie, l’activité de Gille va connaître son apogée.

La première Exposition universelle à laquelle participe Gille est celle de Londres en 851. Il y obtient une médaille de seconde classe pour un chambranle en porcelaine. En août 1853, un incendie considérable détruit la fabrique Gille à Paris.

Probablement pour assurer sa publicité et conforter sa position, Gille réalise un buste de Louis Napoléon Bonaparte, d’après un modèle du sculpteur Jean-Auguste Barre, dont le premier exemplaire est installé, en novembre 1852, dans la mairie - achevée l’année précédente - de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est ensuite envoyé à celui devenu peu après l’empereur Napoléon III, puis exposé à l’Hôtel-de-ville de Paris lors d’un bal en février 1854.

Lors de l'Exposition universelle de Paris en 1855, Gille recueille une médaille de 1e classe, en particulier pour une Immaculée Conception grandeur nature et une Fontaine à tritons. Il est également fait chevalier de la Légion d’honneur, par l’empereur lui-même, selon le journal La Lumière. Sa nomination porte le motif suivant : « Ancien ouvrier – Progrès et développement dans l’industrie de la porcelaine, et services rendus à la classe ouvrière ». Elle correspond à l’idéologie de la monarchie, le prince Napoléon, président de la commission impériale, ayant déclaré : « chez nous, le soldat peut devenir général, grand industriel le simple ouvrier ! »

Membre du Conseil des Prud'hommes pour les produits chimiques déjà en 1855, et réélu encore en 1865 à cette fonction, Gille défend une conception sociale du monde ouvrier, en particulier pour la promotion de caisses de retraite pour la vieillesse avec certains autres employeurs, comme les sociétés de chemins de fer, la compagnie des Omnibus ou la manufacture de glaces de Saint-Gobain. Gille retient 5% des salaires de ses employés et double leurs cotisations de sa propre caisse.

En couronnement de son ascension sociale, Gille est nommé, en juillet 1858 fournisseur officiel de l’impératrice Eugénie

À suivre

Figurines de l'atelier Gilles Jeune

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 00:01

Début de la biographie de Jean-Marie Gille

Jean Marie Gille naît le 16 fructidor an 6 (2 septembre 1798) à Paris (8e arr.). Il est le fils de Marie Catherine Nel (ou Vel) et de son époux Louis Gille.

La jeunesse de Gille a fait l’objet de plusieurs récits, au caractère peut-être partiellement légendaire. Charles Robin, dans son Histoire illustrée de l'exposition universelle de Paris en 1855 décrit son point de départ : « M. Gille fut un pauvre apprenti. Jusqu’à vingt-cinq ans, simple ouvrier bijoutier, qu’épouvantait surtout la peur de l’avenir. Un jour, sentant que ce n’était point sa vocation, il résolut de changer d’état. Pour toute fortune, il avait cinq francs. Acheter avec ses cinq francs des porcelaines fêlées, les revendre, tel fut son début. Un peu plus tard, il parvint à conquérir une échoppe. Avec le temps, la patience et le travail, l’échoppe devint une boutique, puis un magasin, puis une fabrique qui sera bientôt l’une des gloires du pays. »

Le journaliste du quotidien de Bordeaux La Gironde, P. Barrué, raconte en juillet 1867 : « Enfant, il a enduré toutes les souffrances qu’on put imaginer : la faim, le froid, la maladie. Le récit de ses années d’apprentissage arracherait des larmes aux moins compatissants. Faible, chétif, malingre, abandonné de tous, il eut un moment l’envie folle d’aller chercher le calme et le repos sous les flots verdâtres que la Seine roule au milieu de la grande cité. Par bonheur il était de la race des gens fortement trempés que l’adversité fait plier sans les abattre ; il détourna la tête, et revint dans sa mansarde, après s’être juré de lutter jusqu’au bout. »

L’état-civil de Paris, reconstitué après sa destruction en 1871, livre deux dates pour le mariage de Jean Marie Gille avec Didière Julie Anne Mercier à Paris, octobre 1825 ou janvier 1827. Ils vivent à ce moment rue du Temple à Paris (3e arr.), endroit où est situé le commerce de son frère aîné, Armand Gille. C’est probablement pour se différencier de lui que Jean Marie Gille se fit appeler « Gille jeune » dans sa carrière professionnelle.

Armand Gille (1794-1881) fait commerce d’articles de porcelaine et est également peintre. En février 1832, il s’adresse à la chambre des députés pour lui proposer de mettre en place une caisse de chômage, gérée et surveillée par la Banque de France, en utilisant le fait que les ouvriers doivent, en France, avoir un livret pour être employé. Chaque ouvrier toucherait un franc par jour sans emploi, sous forme d’avance sur son travail à venir. Lorsqu’il reprendrait une activité, une retenue serait faite sur ses journées. Gille suggère que le capital de départ de la caisse soit souscrit par des individus. Si l’assemblée qu’applaudir les vues philanthropiques d’Armand Gille, elle écarte le projet, dont le coût lui paraît élevé et par ce qu’elle craint que ce système aurait « pour résultat de détourner, au moins quelquefois, les ouvriers d’un travail fructueux ». Elle s’inquiète aussi du rôle de collecteur que l’on ferait jouer aux chefs d’ateliers.

Pour sa part, Jean Marie Gille, qui assiste son frère dans la boutique familiale, ouvre en 1829 un second point de vente, rue Meslay à Paris (3e arr.) où il fait du louage de porcelaines à domicile pour les noces, repas ou soirées, s’engeant à faire les livraisons deux heures après la demande.

À suivre

Buste de Jean-Marie Gille

 

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