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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 00:01

Étienne Gaubert naît le 21 août 1847 à Caraman (Haute-Garonne). Il est le fils de Jeanne Charles et de son mari Martial Gaubert, maçon.

En 1876, il est employé de la Compagnie des Mines de Courrières à Billy-Montigny (Pas-de-Calais). Il épouse octobre 1877 Maria Élise Douchy, repasseuse, native de la commune et fille d’une aubergiste. La commune sera, en 1906, l’une des plus touchée par la catastrophe de Courrières qui fit 1 099 morts le 10 mars 1906, dont 114 à Billy-Montigny.

Cependant, Étienne Gaubert réoriente rapidement son activité professionnelle. À partir de 1881, il est professeur à l'Ecole nationale de musique de Valenciennes (Nord). En 1895, il est le directeur de la fanfare d'Haspres, commune du département du Nord, à mi-chemin entre Cambrai et Valenciennes.

Selon l’Histoire résumée de la Fanfare d’Haspres (Haspresnews, 2014/06/23), « M. Gaubert prend la direction de la fanfare et ses grandes qualités de musiciens permettent aux musiciens d’obtenir des succès dans les concours de musique. Ils obtinrent même un premier prix au festival international d’Enghien-les-Bains en 1909 ». Enghien-les-Bains se situe en Seine-et-Oise (act. Val-d’Oise). La fanfare, fondée en 1876) comptait 30 exécutants en 1895 et 49 en 1909. Elle est toujours en activité au 21e siècle. La famille Gaubert s’est installée dans la commune minière, rue de Saulzoir.

Au début de la première guerre mondiale, une importante bataille a lieu à Haspres le 25 août 1914 après l’envahissement de la Belgique par les troupes impériales. Le village est occupé après la retraite de l’armée française. Étienne Gaubert et son épouse restent cependant dans le village, contrairement à leurs deux enfants qui vivent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Pauline épouse Moreau et Paul. En mai 1915, le quotidien Le Matin publie une petite annonce : « Moreau Gaubert Joinville. Supplie amis dire à Gaubert Haspres se faire évacuer » Trois autres insertions le même mois leur demandent de venir à Joinville.

Cependant, Étienne Gaubert reste à Haspres jusqu’en avril 1917 à la mort de son épouse. Il est ensuite évacué, avec une douzaine d’autres personnes de la commune vers Annemasse (Haute-Savoie), ville proche de Genève. Haspres est restée sous occupation allemande jusque 1918.

Après-guerre, il réside chez sa fille à Joinville. Il y meurt le 6 mars 1919, à l’âge de 71 ans. Pauline Germaine épouse Moreau étant elle-même décédée le 20 février, on peut voir un lien entre les deux décès. Peut-être est-il « mort de chagrin », ou tous les deux ont-ils succombé aux privations liées au conflit récent ; il est également envisageable qu’ils aient été victimes de l’épidémie de grippe espagnole, qui avait atteint l’Europe fin 1918 mais restait encore mortelle au premier semestre 1919.

Décoré des Palmes académiques, Étienne Gaubert avait été fait officier d’académie en janvier 1890 et officier de l’instruction publique en janvier 1908.

Son fils Paul Gaubert (1881-1949), chef de bataillon dans l’infanterie, a été instructeur d’éducation physique notamment à l’école de gymnastique de Joinville. Il a été également directeur de fanfare et responsable d’une mutuelle. Franc-maçon, il a été candidat radical-socialiste aux élections municipales de Joinville (1935). Il était officier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de guerre, des Palmes académiques et du Mérite agricole.

 

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 00:01

Joseph Alphonse Louis Bourguignon naît le 2 juillet 1857 à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adèle Marié Zélie Sigot, couturière, et de Joseph Bourguignon, menuisier en bâtiment puis mégissier.

Marié en mai 1880 à Paris (13e arr.) avec Joséphine Louise Dupré, blanchisseuse, ils vivent dans cet arrondissement passage Prévost, puis dans le 20e arr., rue des Amandiers. Ils auront sept enfants.

Il exerce en 1880 le métier de layetier emballeur, qui consistait à emballer les affaires de riches clients qui partaient en voyage. Il sera ensuite emballeur pour la société Couesnon puis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il réside depuis 1900, pour la société Jougla (films et appareils photographiques et cinématographiques).

La rue dans laquelle ils s’installent, dans le nouveau quartier de Polangis, est désignée dès 1900 comme « rue Bourguignon ». Ils en sont alors les seuls habitants. Lors du classement de cette voie, avec les autres artères du quartier, dans le domaine public communal par arrêté préfectoral du 26 novembre 1926, la dénomination est conservée. Elle est cependant modifiée ultérieurement pour devenir « rue des Frères-Lumières. »

En janvier 1907, Bourguignon est un des membres fondateurs de la société de secours mutuels intitulée « les Trente-Cinq de Joinville-le-Pont ». Elle a pour but d'assurer à ses participants des secours en cas de maladie ou blessure et est présidée par Alfred Mallet, mécanicien, résidant dans le même quartier, avenue Pauline. Bourguignon, demeurant à Joinville-le-Pont en est le secrétaire-trésorier. Peut-être peut-on la rapprocher d’une autre mutuelle, l’Assurance fraternelle de Joinville et Nogent, qui est fondée en octobre 1909 par des résidents du quartier de Polangis ; elle a pour premier président Chéri Arnaud (1875-1931), sellier, négociant puis industriel, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1908-1929). Le gendre de Bourguignon, Paul Jouve, devient trésorier de l’Assurance fraternelle en 1924, puis président en 1928.

Joseph Bourguignon meurt le 2 septembre 1933 à Joinville. Il était âgé de 76 ans.

 

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 01:01
Alfred Stieffel, de la communauté juive d’Algérie aux bords de Marne

Alfred Isaac Stieffel naît le 4 juin 1859 à Oran (Algérie). Il est le fils de Dina Liebschütz et d'Henri Stieffel, originaires tous deux en Alsace. Henri Stieffel est une personnalité de la communauté israélite oranaise. Il dirige l'école israélite française (qui compte 130 élèves) et est secrétaire du Consistoire. Sans doute est-ce lui qui préside également la Société de bienfaisance israélite pour la propagation du travail et de l'instruction, dont il démissionnera en 1860. Henri Stieffel participe probablement aux combats de l’armée française contre les troupes prussiennes en 1870 et est fait prisonnier. Ayant perdu la nationalité française après l’annexion de l’Alsace à l’empire allemand, il la réintègre en 1878 et réside alors à demeurant Lunéville (Meurthe-et-Moselle) où il est directeur de fabrique.

Les études de médecine le conduisent à Paris, où il soutient en 1884 une thèse sur l'influence de la syphilis sur l'éclosion et sur l'évolution de la tuberculose. Il ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (anc. Seine, Val-de-Marne).

En 1892, Alfred Stieffel prend part à la constitution d’une liste d’opposition à la municipalité Eugène Voisin, qui a obtenu le soutien du comité radical-socialiste. Elle est conduite par un autre médecin, le docteur Jean Barborin et par un conseiller municipal sortant, Albert Bocquentin.

Le journaliste Henry Vaudémont, lui-même candidat radical-socialiste sur la liste des sortants, apprécie cependant les qualités de Stieffel ; il commente ainsi sa participation à la toute première réunion de compte-rendu de mandat organisée dans la commune, en avril 1892 : « Deux champions furent chargés de venir nous « tomber » en champ clos lors de notre première réunion, c’étaient les docteurs Stieffel et Barborin. Dix-huit moribonds [les candidats de la municipalité sortante se représentant] contre deux médecins, la partie semblait devoir être rude. Elle le fut. Stieffel attaqua comme un lion, se défendit comme un tigre, et fut, par-dessus le marché, venimeux comme un aspic. Hâtons-nous d’ajouter que malgré toutes les comparaisons empruntées à la ménagerie Pinson, il ne passa point pour une bête. Tout au contraire, il emporta les sympathies générales, outre la veste que lui valurent l’absence de Bocquentin et le départ malencontreux de son collègue Barborin. »

La liste Barborin-Bocquentin obtient en moyenne 141 voix le 1er mai 1892, soit 22,1% des 639 suffrages exprimés, tandis que la liste radicale d’Eugène Voisin en remporte 360, soit 56,4%. Au premier tour, les partisans du maire obtiennent 16 élus, tandis que les opposants n’en ont qu’un, Honoré Moulinet, conseiller sortant. Stieffel, qui recueille 283 votes (44,3%), arrive en seconde position de sa liste. Il est cependant battu au second tour, les six sièges restant allant à la majorité municipale.

Bien que toujours actif sur le plan social et professionnel, Stieffel ne prit ensuite plus part aux activités politiques publiques dans la commune.

Après avoir annoncé en 1893 qu’il épousait une vosgienne, Lucie Gerschel, Alfred Stieffel se marie en septembre 1894 à Paris (2e arr.) avec Jeanne Strauss. Ils ont deux enfants, Henri, mort en bas âge et Marie.

L’activité professionnelle de Stieffel conjugue une pratique locale dans le quartier central (rue de Paris et avenue de Créteil) avec des publications de portées plus générales. Il apporte, avec ses collègues des Barborin et Bitterlin, les premiers soins aux blessés de l’explosion d’une chaudière à l’usine métallurgiques du Bi-Métal en février 1895. Stieffel est mêlé à un fait divers dramatique en 1901 : il ordonne l’internement d’un jardinier de 47 ans, devenu violent, mais l’épouse de celui-ci, qui s’y opposait, se suicide quand on emmène son mari vers l’asile. Après les inondations de la Marne en janvier et février 1910, le docteur Stieffel participe à l’organisation du service des désinfections. Pendant la première guerre mondiale, il contribue à plus actions humanitaires.

Étant le médecin de la société des sapeurs-pompiers de Joinville-le-Pont et soignant gratuitement les militaires et gendarmes, le docteur Stieffel obtient plusieurs récompenses et médailles.

Collaborateur du journal Le Moniteur médical, il y tient des propos qui prêtent souvent à polémique, plaidant pour l’ouverture aux pratiques curatives traditionnelles non médicales et soutenant le renforcement des compétences des généralistes. Il participe à la rédaction d’un Traité pratique de médecine clinique et thérapeutique, dirigé par Samuel Bernheim et Émile Laurent (1895, réédité en 1900).

Alfred Isaac Stieffel, qui disposait d’un appartement rue Etienne-Marcel à Paris en plus de sa résidence joinvillaise, meurt le 27 janvier 1936. Son décès est transcris sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 77 ans.

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