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7 février 2023 2 07 /02 /février /2023 00:01

Georges Edmond Maréchal naît le 22 février 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maria Apolline Joséphine Caüet, originaire du Pas-de-Calais, ouvrière dans l’usine Pathé de Joinville (cinéma), et de son mari, Daniel Edmond Maréchal, ouvrier dans la même entreprise. La famille vit dans le quartier du Centre, rue du Pourtour-des-Écoles.

Pendant la première guerre mondiale, son père est prisonnier en Allemagne (1914-1916). Ses parents se séparent après le conflit.

Devenu électricien, Georges Maréchal s’installe à Joinville rue du Chemin-Creux (quartier du Centre) et y épouse en août 1936 Berthe Henriette Bray, couturière.

À la fin de la deuxième guerre mondiale, Maréchal représente le Mouvement de libération nationale (MLN) au sein du comité local de Libération de Joinville, conjointement avec Georges Moutenot. Le MLN regroupe en 1944 plusieurs mouvements, dont Combat (issu lui-même d’un premier MLN, fondé en 1940 par Henri Frenay), les Mouvements unis de la Résistance, Défense de la France, Résistance et Lorraine. Outre des partis politiques (PCF, SFIO, radicaux-socialistes), le syndicat CGT, l’association d’anciens combattants ARAC, le comité local de Libération comprend aussi des représentants du Front national (proche des communistes) et de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Lors des élections municipales de mai 1945 à Joinville, Maréchal est, comme Moutenot, candidat sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Robert Deloche, maire communiste. La liste remporte les 27 sièges à pourvoir, avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés. Moutenot et Maréchal figurent parmi les 9 indépendants de gauche que compte le conseil municipal, aux côtés de 7 communistes, 6 socialistes SFIO et 5 radicaux-socialistes.

Le mandat de Maréchal prend fin en novembre 1947. Georges Moutenot deviendra, en 1953, adjoint au maire de Joinville-le-Pont en tant que membre du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien).

Après son divorce en janvier 1946, Georges Maréchal épouse en juin cette même année, toujours à Joinville, Anne Marie Alice Brunel.

Georges Edmond Maréchal meurt le 28 décembre 1964 à Joinville. Il était âgé de 55 ans et père de trois enfants issus de son deuxième mariage.

Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont, août 1944

 

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 00:01

René Basile Henry naît le 3 septembre 1903 à Artins (Loir-et-Cher). Il est le fils de Blanche Hénault et de son mari Basile Jules Henry, cultivateurs.

Selon Sabine et Xavier Campion, éditeurs d’un blog d'information de la vallée du Loir, Le Mille-Pattes, René Henry aurait été « très doué pour les études » et obtint une bourse pour aller au collège. Mais il dut abandonner en 1917 pour travailler à la ferme, à 14 ans, en l’absence des hommes partis pour la guerre.

Installé avec sa famille à Trôo, village contigu de son lieu de naissance, René Henry est herbager, c’est-à-dire éleveur qui s'occupe de l'engraissement des bovins.

Il adhère, en 1922, à la Société archéologique du Vendômois puis, en 1927, à la Société préhistorique de France. Il est également membre de la Société française d'archéologie en 1932. En 1929, il organise une excursion archéologique à Trôo. Il épouse, en octobre 1928 à Saint-Calais (Sarthe) Marguerite Marie Henriette Lévèque.

Parallèlement à son activité agriculturale et à son intérêt pour la préhistoire, René Henry suit des cours par correspondance, passe son bac en 1935, suit une licence de sciences à Poitiers et fait enfin des études de médecine à Tours. Il réussit son doctorat en 1943 et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, avenue Gounod.

C’est dans cette ville également qu’Henry s’engage dans la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. il est à la Libération, au sein du Comité local de Libération de Joinville, le représentant du mouvement Libération. Créé par Christian Pineau, cette organisation rassemble notamment des personnes de sensibilité socialiste, des membres de la SFIO et des syndicalistes non communistes.

Lors de la désignation, le 26 septembre 1944, par le préfet du département de la Seine, d’une délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune de Joinville, Henry est sur la liste proposée par le comité local de Libération, après avis du comité parisien de la Libération. Il fait donc fonction de conseiller municipal. Le maire est le communiste Robert Deloche et l’assemblée comprend des radicaux-socialistes, des socialistes et des indépendants.

En avril 1945, le premier scrutin municipal voit à Joinville-le-Pont la victoire de la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Deloche, qui obtient une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés et emporte les 27 sièges à pourvoir. Le conseil élu comptabilise 7 communistes, 6 socialistes, 5 radicaux et 9 indépendants de gauche. Henry est élu et doit probablement être compris dans le groupe des socialistes SFIO. Son mandat se termine en octobre 1947.

En complément de son activité médicale, le docteur Henry, qui devient spécialiste en proctologie, reprend l'exploitation agricole familiale, élevant des génisses et cultivant de la vigne à Trôo et à Poncé-sur-le-Loir (Sarthe).

Adepte d’un savoir-vivre œnologique et gastronomique, René Henry fonde, en 1956 à Trôo, la confrérie du Franc-Pinot, du nom d’un cépage blanc des vallées du Loir et de la Loire, dénommé aujourd’hui comme le Chenin dont il est désigné comme le Grand Maître. Il adhère en 1970 à l’Association des amis de Rabelais et de la Devinière. Il est alors domicilié à Paris (3e arr.), rue Beaubourg.

René Henry meurt le 15 janvier 1985 à Montoire-sur-le-Loir (Loir et Cher). Il est inhumé au cimetière de Trôo, dans le même département. Âgé de 81 ans, il était père de trois enfants. En janvier 1961, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur. Selon Sabine et Xavier Campion, il serait également décoré de la médaille de la Résistance ; cependant, il ne figure pas dans le répertoire mis en ligne par l’Ordre de la Libération.

Une de ses petites filles, Florence Henry, analyste financière et gestionnaire de fortune, est l’épouse d’Éric Woerth, homme politique, ancien dirigeant du parti Les Républicains (droite), qui a été ministre, député de l’Oise, conseiller régional de Picardie et maire de Chantilly. Leurs noms ont été cités dans l’affaire d’abus de faiblesse envers la milliardaire Liliane Bettencourt.

René Henry, arch. familiales

 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 00:01

Victor Louis Félix Mathieu naît le 11 août 1894 à Beaune (Côte-d'Or). Il est le fils d’Amélie Léonie Poinsinet, blanchisseuse, et de son époux Paul Jean Claude Mathieu, tonnelier. Sa mère est très jeune, puis qu’elle s’est mariée à 15 ans et en a 16 à sa naissance.

Il est employé de commerce en 1914 et vit rue Gransey à Beaune. Victor Mathieu est mobilisé pour son service militaire au début de la première guerre mondiale, en septembre 1914. Il est affecté au 48e régiment d’artillerie. Nommé brigadier en février 1915, il passe en août au 2e régiment d’artillerie lourde puis au 85e en décembre. Devenu maréchal des logis en juin 1916, il rejoint le 285e RAL en octobre 1917. Il est envoyé en juin 1918 suivre des cours de perfectionnement d’artillerie à Sézanne (Marne) mais échoue aux examens en août. Il rejoint alors le 83e RAL puis est démobilisé en septembre 1919.

Son comportement pendant le conflit lui vaut une citation à l’ordre du régiment en avril 1917 : « Excellent sous-officier, très courageux. A participé aux affaires de Champagne et de Verdun en qualité de brigadier téléphoniste. A assuré un parfait fonctionnement des lignes, malgré tous les bombardements ennemis. S’est particulièrement [en mars, octobre et novembre 1916] sur le front nord de la Somme, dans les derniers combats. »

Quittant la Bourgogne, travaillant comme comptable, Victor Mathieu s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Marronniers (act. rue Eugène Voisin). Il épouse dans cette ville en février 1920 Élisa Apollolie Félicie Tardieu, modiste et veuve. En décembre la même année, il est recruté par la compagnie des chemins de fer de l’Est en tant qu’homme d’équipe, affecté à Joinville. Il sera ensuite commis à Paris Reuilly-Diderot.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Victor Mathieu s’engage dans la résistance à l’occupation allemande. À la Libération, il est le président du groupe local du Front national (proche des communistes) à Joinville-le-Pont.

En compagnie d’Amélie Trayaud (future maire de Joinville), il représente cette organisation au sein du Comité local de Libération, qui même des combats et occupe la mairie en août 1944. Il est également le délégué de son mouvement au sein du Comité joinvillais de la renaissance française la même année.

Par arrêté du préfet du département de la Seine, daté du 26 septembre 1944, il est nommé membre de la délégation spéciale chargée d'administrer provisoirement la commune. Il fait fonction de conseiller municipal ; Robert Deloche (communiste), président, fait office de maire.

Lors des élections municipales d’avril 1945, Victor Mathieu figure sur la liste d’Union républicaine et démocratique, conduite par Robert Deloche. Elle recueille une moyenne de 3 979 voix pour 6 447 suffrages exprimés (61,7%) sur 6 621 votants et 7 811 inscrits et remporte les 27 sièges à pourvoir. Mathieu est élu conseiller municipal et Deloche reconduit au poste de maire.

Les élus sont 7 communistes, 5 radicaux-socialistes, 6 socialistes SFIO, et 9 indépendants de gauche. Victor Mathieu appartient à l’une de ces deux dernières catégories. Son madat prend fin en octobre 1947.

Victor Mathieu meurt le 28 novembre 1962 à Beaune, sa ville natale. Il était âgé de 58 ans et n’a pas eu d’enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze en 1917.

Gare de Joinville-le-Pont

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Roger Benenson

Député et conseiller général de Provins, Roger Benenson est le directeur politique de L'Information, hebdomadaire communiste de Seine-et-Marne. Après la signature du Pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, son journal est interdit. Lui-même est mobilisé dans l’armée le 6 septembre, au sein du 15e régiment de génie. Il est démobilisé, après la cessation des combats, le 16 juillet 1940 à Saint-Girons (Ariège).

Ayant obtenu une permission pour siéger à la Chambre en janvier 1940, Benenson, contrairement à quatre autre députés communistes, s’associe à l’hommage rendu aux soldats français. Avec trois autres dissidents, dont André Parsal, élu de la circonscription de la Seine où il s’était lui-même présenté en 1928. Le 11 janvier, Benenson est, avec Honel (Seine), Langumier (Seine), Le Corre (Seine-et-Oise), Parsal (Seine) et Dewez (Nord) l’un des six signataires d’une lettre adressée à Édouard Herriot, président de la Chambre des députés : « Nous affirmons hautement notre attachement à la France et à sa défense et notre attachement indéfectible à la cause des revendications des masses laborieuses sur le terrain de la liberté et de la démocratie. Mobilisés depuis le début de la guerre nous nous sommes inclinés devant la discipline, avons accompli intégralement notre devoir de soldats. Nous sommes aujourd'hui en mesure de déclarer que nous ne pouvons que nous élever contre une politique qui a abouti à l'attaque contre la Finlande et à une menace contre la liberté du pays de France menacé par Hitler. »

Malgré cette prise de position, considérée comme trop tardive, la déchéance du mandat de Benenson est prononcée par le parlement. Au cours de la discussion au Sénat, Marx Dormoy avait évoqué la situation des députés mobilisés : « Vous voyez des croix de bois avec cette inscription Mort pour la France et exclu du Parlement français ? »

En mars 1940, il est en outre déchu de son mandat de conseiller général de Provins.

Avec plusieurs anciens sénateurs, députés et maires communistes, Benenson signe une Lettre aux ouvriers communistes, publiée dans Le Matin (1941/09/06). Le premier signataire est Marcel Gitton, ex-secrétaire du parti communiste français, ancien député de la Seine. La lettre explique que « Durant de longues années, nous avons milité dans les rangs du Parti communiste. Nous avons partagé votre foi, vos espérances. Nous avons rompu avec le Parti communiste, considérant que sa dépendance directe de Moscou, la soumission totale de certains de ses dirigeants à l'Internationale dont l'activité était exclusivement dictée par les intérêts et la politique d'alliances si mouvante et parfois équivoque de l'URSS, lui ont enlevé, à un moment capital pour l'avenir de la classe ouvrière, de notre pays, toute possibilité de jugement impartial et indépendant. En un instant, il a renié son action de plusieurs années, s'est séparé de la nation et a brisé ses liens essentiels avec les masses populaires. Il est de nouveau retombé dans une politique sectaire et aventuriste que nous ne pourrions admettre parce que fatale pour les travailleurs qu'il avait mission de défendre et d'émanciper ». Appelant leurs lecteurs à les rejoindre, ils appellent à « bâtir la France de demain. Pour le travail et le pain, Pour la paix et la fraternité des peuples. »

Ce sera la dernière intervention publique de Benenson car, avant même la parution du texte, le 4 septembre 1941, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son internement administratif, le considérant comme « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ». Il est d’abord interné au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) puis dans celui de Voves (Eure-et-Loir). Il est ensuite déporté à partir de Compiègne le 21 mai 1944 dans un convoi comprenant 2 004 hommes, dont plus de 60% disparurent. Il arrive au camp de concentration de Neuengamme (Hambourg, Allemagne) le 24 mai. Benenson porte le matricule 30 446. Il est ultérieurement transféré au camp annexe de Drütte (Salzgitter, Basse-Saxe, Allemagne), créé pour fournir de la main-d’œuvre à la fonderie de Brunswick pour sa production d’obus.

Roger Benenson meurt le 5 mars 1945 à Drütte. Selon Maitron et Pennetier, il était devenu aveugle et mourut d'épuisement. Âgé de 44 ans, il avait eu deux enfants.

Roger Benenson avait, comme ses collègues qui avaient pris leurs distances avec la  politique soviétique, été exclu du parti communiste. Marcel Cachin, dirigeant du PCF, qui prononce le discours d’ouverture de la nouvelle Assemblée nationale en qualité de doyen d'âge en 1946, « omit » de nommer Roger Benenson, parmi les députés morts pour la France. Ses obsèques eurent lieu à Provins en mai 1949.

La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès par arrêté du secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants, en date du 4 septembre 2007.

Fin

Tombe de Roger Benenson, Provins

 

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Roger Benenson

Roger Benenson se marie, en mai 1925 à Paris (12e arr.) avec Marie Morin. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et résident dans le Centre, rue de Paris.

Lors des élections législatives d’avril 1928, il est candidat pour le parti communiste dans la 4e circonscription de l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine (Saint-Maur-des-Fossés) qui comprend notamment Joinville. Parmi les autres candidats, il y a Gaston Muller, élu communiste de 1924 sur la liste menée par Paul Vaillant-Couturier dans le 4e secteur de la Seine ; le scrutin de liste alors en vigueur a été ensuite remplacé par le vote majoritaire. Gaston Muller a désormais l’étiquette de communiste indépendant. À l’issue du premier tour, Benenson arrive en deuxième position, largement distancé par Adolphe Chéron, radical indépendant, qui sera élu. Il obtient 2 589 voix pour 16 820 votants (15,4%) et 19 920 inscrits. Au second tour, il s’incline avec 4 458 voix pour 15 519 votants (28,7%)

Des élections municipales partielles sont organisées en octobre 1928 à Joinville, après le décès du maire, Henri Vel-Durand (radical indépendant) pour pourvoir à trois postes. Benenson présente une liste qui compte une candidate, Mme Martin ; les bulletins de cette dernière ne seront pas comptés, les femmes n’étant alors ni électrices ni éligibles. Pour sa part, Benenson recueille 306 voix pour 1 524 suffrages exprimés (20,1%) sur 1 538 votants et 2 995 inscrits. Il se maintient au second tour, malgré la présence d’une liste du groupement des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendant) ; c’est celle-ci qui a trois élus, Benenson voyant son score reculer à 14,3%.

Il est de nouveau à la tête de la liste communiste lors des élections municipales générales de mai 1929 à Joinville. Sa liste arrive de nouveau troisième, avec une moyenne de 341 voix pour 2 126 suffrages exprimés (16%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, le groupement des gauches arrive en tête avec 45,9% et 22 sièges, la droite emportant les cinq restants avec 41,6%, tandis que les communistes reculent à 12,5%. Benenson n’est pas élu, Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire.

Toujours en mai 1929, Benenson s’aligne pour le scrutin départemental dans la 2e circonscription du canton de Saint-Maur-des-Fossés, qui comprend notamment Joinville. Il recueille 15,5% des votes au premier tour et 14% au second et n’est pas élu. C’est Avet, maire de Créteil, républicain radical, qui gagne.

En février 1930, Benenson est encore le porte-drapeau du parti communiste à Joinville. Cependant, il a passé en 1928 le concours du Service des eaux de la ville de Paris et a été reçu. Il est recruté comme tourneur-ajusteur en septembre 1931 au Service de dérivation de Seine-et-Marne et s’installe alors dans la petite commune des Ormes-sur-Voulzie. Il est nommé chef ouvrier en 1934.

Il se présente comme candidat lors des élections municipales de mai 1935 à Ormes-sur-Voulzie et échoue.

Après cinq échecs électoraux entre 1928 et 1935, Roger Benenson est de nouveau candidat en avril 1936 pour les élections législatives dans la circonscription de Provins en Seine-et-Marne. Devançant de peu le député sortant Augé (radical-socialiste), il est en tête au premier tour avec 3 118 voix pour 11 835 votants (26,3%) et 13 489 inscrits. Malgré les accords de Front populaire, le radical refuse de se retirer, mais c’est cependant Benenson qui est élu en mai dans une élection triangulaire au second tour avec 4 779 voix pour 11 856 votants (40,3%).

À l’Assemblée nationale, il s’inscrit dans le groupe communiste, qui compte 72 membres. Il est membre de la commission des postes, télégraphes et téléphones et de celle des travaux publics. Le journal L’Informateur de Seine-et-Marne (1936/05/27), fortement anticommuniste, présente Benenson comme étant un des douze représentants de « la tribu d'Israël » au parlement, avec notamment Léon Blum, président du conseil (socialiste SFIO), Georges Mandel, ministre des PTT (indépendant) ou Pierre Mendès-France (radical-socialiste).

En octobre 1937, R Benenson remporte un nouveau succès, en se faisant élire conseiller général du canton de Provins. Il bat au second tour le Dr Merlin, sortant, républicain indépendant, en recevant 1 573 voix pour 3 132 votants (50,2%) et 3 751 inscrits. Il est le benjamin de l’assemblée départementale, qui siège à Melun.

C’est sans doute pour assurer son mandat que Benenson passe son permis de conduire en mars 1937 et acquiert une « voiture usagée » ; il est victime d’un accident avec un camion en avril à Provins que L’Informateur de Seine-et-Marne attribue à « un manque de réflexe » du néophyte.

Ayant présenté à la Chambre des députés en juin 1938 une proposition en vue de l'organisation d'un pèlerinage à Valmy, Benenson intervient également pour qu’on accorde des facilités de transport aux malades en traitement pour tuberculose.

À suivre

Roger Benenson, arch. Assemblée nationale

 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 00:01

Début de la biographie de Roger Benenson

Roger Henri Benenson naît le 13 avril 1900 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Rosine Duchmann et de son mari, Salomon Benenson, tailleur. Ils vivent rue Sainte-Anne puis, rue des Moulins (1er arr.). Le père est natif de Minsk en février 1875 (Russie, act. Biélorussie) et les parents de la mère sont originaires d’Alsace et de Lorraine occupée par l’Allemagne.

En décembre 1902, Salomon Benenson est le personnage principal d’une affaire qui va susciter des dizaines d’articles dans la presse parisienne comme de province. Présenté comme « Un couturier Juif » par La Tribune française, Benenson a été coupeur chez, un grand couturier de la rue de la Paix à Paris, ce qui lui permit de se créer de nombreuses relations. Il monte sa propre affaire en 1900, visant une clientèle luxueuse, semblant réaliser de très bonnes affaires et jouissant d’une estime importante chez ses fournisseurs. Il avait une cinquantaine d’ouvriers. Le 4 décembre, il partit pour Londres visiter des clientes anglaises avec un de ses employés, mais ce dernier revint seul le 9, assurant que le patron lui avait dit qu’il « avait à faire à Southampton ». Il ne rentra pas en France, laissant ses créanciers et employés désemparés ; les premiers tentèrent de récupérer leur marchandise tandis que les seconds voulaient la garder en gage pour le paiement de qui leur était dû. La police intervint et le stock fut saisi. La presse soutint que, en octobre la même année, Benenson avait escamoté la succession d'une fillette d'une douzaine d'années dont la mère venait de mourir, soit 150 000 francs. Plusieurs journaux parlent de lui comme menant une vie dissolue, « fréquentant assidûment les music-halls et les établissements de plaisir de la Butte » Montmartre. Avant de partir, il aurait déposé une grande partie de son stock au Mont-de-Piété, établissement de prêt sur gages, et emprunté 3 000 francs à un parent. Le passif de sa faillite, jugée en 1904, était estimé par le quotidien Gil Blas à 1 200 000 francs. Le Journal estime que « Salomon Benenson, sans pouvoir prétendre aux grands premiers rôles (…) a droit néanmoins d'occuper une place prépondérante dans la galerie des escrocs célèbres. »

Rosine Benenson, restée seule avec ses deux enfants, a repris son ancien métier de coupeuse dans la confection ; la famille vit avenue Philippe-Auguste (11e arr.). Les biographes de Roger Benenson mentionnent qu’il vient d’une « famille de travailleurs manuels parisiens. »

Selon l’historien Jean Jolly, Roger Benenson « fit de brillantes études primaires », étant reçu premier à Paris à l’examen du certificat d'études, qui clôturait ce cursus. Il devient ensuite tourneur mécanicien.

Mobilisé dans le cadre du service militaire en mars 1920 au sein du 2e régiment de bombardement aérien, il sert dans l'aviation à Toul (Meurthe-et-Moselle). Il est démobilisé en mars 1922. Dans la réserve, il intègrera en juin 1930 l'école militaire d'administration de Vincennes (Paris, 12e arr.) mais ne finira pas la formation d’officier d'administration du service de l'Intendance.

D’après les historiens Jean Maitron et Claude Pennetier, Roger Benenson est membre du Parti socialiste SFIO depuis 1918. Il intègre, en octobre 1919, la Commission exécutive des Jeunesses socialistes de la Seine, où il est en charge de la propagande. Comme la majorité des adhérents de la SFIO, il passe en décembre 1920 au nouveau parti communiste.

Entre 1920 et 1926, Roger Benenson est fréquemment mobilisé comme orateur dans son département, mais également en Seine-et-Oise et Seine-et-Marne, notamment pour des réunions de recrutement. Il est parfois associé à des personnalités comme Marcel Cachin à Vincennes en novembre 1923, l’avocat Maurice Paz le même mois dans le 3e arrondissement, ou Jacques Duclos en mars 1926 dans le 12e. Il prononce aussi des conférences sur des thèmes historiques, comme en mai 1923 sur la Terreur pendant la révolution française.

Sa sœur, Yvonne Benenson, épouse Bruneau (1898-1993) est également engagée politiquement. En novembre 1920, elle est trésorière adjointe du groupe de la Jeunesse communiste du 12e arrondissement. En 1924, elle s’occupe de l’organisation locale des pupilles, Les enfants de Jean-Jaurès.

À suivre

Salomon Benenson, tailleur, Le Matin, 1902

 

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29 décembre 2022 4 29 /12 /décembre /2022 00:01

Robert Henri Achaintre naît le 21 juillet 1922 à Paris (5e arr.). Il est le fils d’Irène Imbert et de son époux, Pierre Marie Achaintre. La famille vit à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne), rue de la Prévoyance. En 1927, elle s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Polangis, d’abord avenue du Parc puis avenue Pauline.

La mère, Irène Achaintre, tient un café avenue du Parc. Le père, Pierre Achaintre, mécanicien dans l’administration des PTT, ancien combattant, est, en 1933, un des fondateurs et le trésorier de la Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants. Le café familial est aussi le siège de l’association Commune libre de Polangis, qui vise à l’animation festive du quartier ; Pierre Achaintre en est le trésorier.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Robert Achaintre s’engage comme résistant à l’occupation allemande. Il est actif dans le département de la Manche (Normandie) au sein du mouvement Libération-Nord. Dirigé par Christian Pineau, le mouvement est proche des cadres du parti socialiste SFIO dans la clandestinité et de syndicalistes de la Confédération générale du travail (CGT) et de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Lors des élections municipales de mai 1953 à Joinville, un Achaintre (soit Robert, soit son père Pierre) est candidat sur la liste du Rassemblement du peuple français (RPF, gaulliste), conduite par Pierre Calmon et Reine Dosse. Avec 19,8% des suffrages exprimés et six sièges, elle arrive en troisième position, derrière les communistes (35,6%, 10 élus) et le Rassemblement des gauches républicaines (RGR, centre-droit, 9 élus), devant les socialistes (SFIO, 12,3%, 3 élus) et les démocrates-chrétiens (MRP, 9,2%, 2 élus). Achaintre n’est pas élu. Au sein du conseil municipal, la coalition du RGR, du RPF et du MRP permet de battre les communistes et de faire élire maire Georges Defert (RGR). À partir de 1959, ce dernier se fera réélire seul, RPF et MRP figurant dans l’opposition.

Après le décès de Defert en 1975 et en l’absence de son successeur, Jean Pierre Garchery (divers-droite), les élections municipales de mars 1977 se tiennent dans un contexte de division de la majorité sortante. Achaintre présente une liste, étiquetée comme écologiste dans la presse, qui arrive en quatrième position au premier tour. Elle obtient une moyenne de 595 voix pour 7 725 suffrages exprimés (7,7%) sur 7 875 votants et 10 463 inscrits. Au second tour, la gauche, conduite par le communiste Guy Gibout, emporte les 27 sièges à pourvoir. Achaintre n’est pas élu.

Le scrutin général suivant, en mars 1983, voit le succès de Pierre Aubry (divers droite), à la tête d’une liste comprenant des gaullistes (RPR), le centre-droit (UDF) et des non-inscrits. Sa liste obtient 4 319 voix pour 8 171 suffrages exprimés (52,9%) sur 8 339 votants et 10 613 inscrits. Robert Achaintre, qui se présente comme retraité est élu parmi les 9 non-inscrits, avec les 9 RPR et les 8 UDF. Pierre Aubry devient maire.

Au cours des élections municipales suivantes, en mars 1989, Robert Achaintre est réélus sur la liste de Pierre Aubry qui recueille 4 217 voix pour 6 911 suffrages exprimés (61%) sur 7 073 votants et 10 111 inscrits.

Il est reconduit une nouvelle fois en juin 1995, toujours derrière Pierre Aubry qui emporte 3 736 voix pour 6 799 suffrages exprimés (54,9%) sur 6 905 votants et 10 720 inscrits.

Robert Henri Achaintre meurt le 31 mars 2000 à Joinville. il était âgé de 77 ans et avait siégé pendant 17 ans au sein de l’assemblée locale.

Joinville-le-Pont, années 1960

 

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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 00:01

Albert Alibert naît le 17 janvier 1928 à Valigny Allier. Il est le fils de Germaine Augustine Gigot et de son mari Henri Alibert, cultivateurs.

Selon l’historienne Annie Pennetier, qui lui consacre une notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, c’est « une famille paysanne anticléricale et communiste ». Le père, militant communiste à Valigny, est aussi le secrétaire du syndicat de paysans-travailleurs constitué dans la commune et militant communiste. Sa mère sera également adhérente au parti communiste.

Fin 1936, la famille quitte Valigny pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, quai Beaubourg (act. quai du Barrage). Henri Alibert devient chauffeur de chaudières à vapeur à l’hospice de Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Seine, act. Val-de-Marne) tandis que Germaine Alibert est mouleuse de dents en porcelaine à Saint-Maur. Elle adhère à la section de Joinville du parti communiste.

Bien qu’il n’ait que 16 ans en 1944, Albert Alibert, qui est scolarisé au collège d’Arsonval de Saint-Maur, s’engage dans la Résistance à l’occupation allemande au cours de la deuxième guerre mondiale. Il est reconnu membre des Forces françaises de l’intérieur.

Après la fin du conflit, il fait des études commerciales au lycée Arago à Paris, obtient un brevet commercial, et fait un stage de comptabilité simplifiée moderne selon Annie Pennetier. Il effectue son service militaire dans le 1er régiment de tirailleurs au Maroc, alors sous protectorat français.

Résidant dans le quartier Schaken, à la limite de Joinville et de Saint-Maur, Albert Alibert adhère à la section de Joinville du parti communiste en 1948 puis milite à Saint-Maur. Toujours d’après Annie Pennetier, il suit une école élémentaire de formation communiste.

En avril 1953, il est candidat à Joinville sur la liste communiste conduite par Henri Bideaux, qui comprend la maire sortante, Amélie Trayaud, mais où ne figure plus le maire élu en 1947, Robert Deloche, exclu du parti communiste. La liste arrive en tête avec 35,6% des suffrages exprimés et 10 sièges sur 27. Albert Alibert n’est pas élu. Malgré le soutien des trois conseillers municipaux socialistes SFIO, les communistes perdent la mairie de Joinville du fait de l’alliance des 14 élus des trois groupes de droite et du centre (RGR, RPF et MRP). Georges Defert (Rassemblement des gauches républicaines, RGR, droite) est élu maire.

Albert Alibert travaille aux Tréfileries du Havre, à Saint-Maurice (devenues ultérieurement Pirelli). Il sera ultérieurement employé puis chez Roche ameublement, rue de Lyon à Paris (12e arr.). En avril 1951, il épouse Éliane Ségala, d’origine aveyronnaise et, comme lui, militante communiste.

Leur maison devant être détruite, les Alibert sont expulsés en 1963 et s’installent à Valenton (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Ils résident dans le quartier de la Bergerie, où Albert Alibert devient un des animateurs de l’amicale des locataires.

Le témoignage d’Albert Alibert, recueilli par Annie Pennetier, mentionne qu’il a été un actif animateur de la Confédération générale du travail (CGT, syndicat proche du parti communiste) chez Roche ameublement pendant les grèves de mai 1968, au cours desquelles l’entreprise est occupée.

À Valenton, Albert Alibert appartient à la direction de la section communiste pendant les années 1960 et 1970 ; il contribue à la reconstitution d’une cellule communiste dans la commune voisine de Villecresnes. La ville de Valenton a une municipalité communiste depuis la fondation du PCF en 1920 et, hormis la période 1940-1944, jusqu’en 2020.

Avec les élections municipales de mars 1965, Albert Alibert est élu sur la liste du maire sortant Julien Duranton et devient son deuxième adjoint, en charge des travaux. Il est renouvelé dans un poste d’adjoint au maire en juin 1971 puis en mars 1977. De nouveau élu en mars 1983, il siège alors comme conseiller municipal, toujours avec Julien Duranton en tant que maire.

Quittant le conseil municipal en mars 1989, Albert Alibert signe plusieurs pétitions en tant que maire-adjoint honoraire de Valenton : en 2005, pour la libération de Al Kubaysi, prisonnier d'opinion en Irak ; en 2006, « Pour un nouveau printemps des peuples. »

Il est un des animateurs de l'Association de recherches et d'études de Valenton (AREV).

Albert Alibert meurt le 20 novembre 2018 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 90 ans et père de deux filles.

Albert Alibert en 1995 (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français)

 

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17 décembre 2022 6 17 /12 /décembre /2022 00:01

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. Conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était devenu une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natale au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole ainsi que chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficia d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intégra en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de Géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir, dont il était devenu militaire ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis en avril 1915, sergent. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a value deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affectées Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Pendant la deuxième guerre mondiale, s’engage dans la résistance à l’occupation allemande en tant que membre des Forces françaises de l’intérieur.

Après la guerre, Fernand Paraïso est nommé capitaine des troupes de marine. Il quitte ses fonctions en 1949 et est admis à l’honorariat.

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. Conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était devenu une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natale au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole ainsi que chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficia d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intégra en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de Géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir, dont il était devenu militaire ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis en avril 1915, sergent. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a value deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affectées Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Pendant la deuxième guerre mondiale, s’engage dans la résistance à l’occupation allemande en tant que membre des Forces françaises de l’intérieur.

Après la guerre, Fernand Paraïso est nommé capitaine des troupes de marine. Il quitte ses fonctions en 1949 et est admis à l’honorariat. Il résidait toujours à Villemomble.

Selon une source généalogique, Fernand Paraïso serait décédé en 1977. Il aurait été âgé de 84 ou 85 ans. Décoré de la Croix de guerre, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso a adopté le patronyme de Fernand-Paraïso, qui est porté par ses descendants.

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 00:01

Suite de la biographie d’Henri Bideaux

Commerçant à Joinville-le-Pont, résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, Henri Bideaux siège dans les instances municipales depuis la Libération en août 1944. Élu communiste sur les listes de Robert Deloche, il reste au conseil municipal quand ce dernier, exclu du PCF, démissionne et est remplacé en février 1953 par Amélie Trayaud.

Pendant vingt années, Bideaux va être la principale personnalité publique des communistes à Joinville-le-Pont, se présentant à tous les scrutins municipaux ou départementaux. Il figure ainsi en mai 1953, en huitième position sur la liste communiste pour les élections au conseil général de la Seine dans l’arrondissement de Sceaux, conduite par le maire d’Ivry-sur-Seine, Georges Marrane ; il n’est pas élu.

Au sein du conseil municipal, Bideaux n’hésite pas à faire preuve d’une opposition bruyante. La nouvelle majorité ayant décidé de supprimer en mai 1935 l’usage d’un baraquement dans le parc du dispensaire à l’Union des vaillants et vaillantes (mouvement de jeunesse communiste), Bideaux proteste et entonne le chant révolutionnaire la Jeune Garde en compagnie de deux autres élus communistes, Langat et Grésy-Aveline.

Sous la cinquième République, le régime électoral change pour faire place au scrutin majoritaire tant aux élections municipales que cantonales (pour le département). En mars 1959 est ainsi candidat dans le 40e canton de la Seine, celui de Joinville-le-Pont, qui comprend également une partie de Saint-Maur-des-Fossés. Bideaux arrive en tête dans cette dernière ville mais est distancé à Joinville par le maire, Defert. Sur tout le canton, il recueille 4 512 voix pour 14 827 suffrages exprimés (30,4%) sur 15 369 votants et 21 457 inscrits, derrière Defert (32,5%), mais devant le RPF, le MRP et le parti socialiste SFIO. Au second tour, il est distancé avec 5 155 voix pour 15 302 suffrages exprimés (33,7%) sur 15 655 votants, derrière Defert, qui est élu, et devant le socialiste.

Les élections municipales concomitantes voient la liste conduite par Bideaux obtenir au premier tour 2 412 voix pour 7 488 suffrages exprimés (32,2%) sur 7 780 votants et 10 276 inscrits, toujours derrière Defert (41,2%) et devant une union de l’UNR (gaulliste), du MRP et de la SFIO (23,5%). Au second tour, Defert renforce son avance à 52,4% et emporte les 27 sièges, les communistes ne progressant guère avec 2 587 voix pour 7 580 suffrages exprimés (34,1%) sur 7 747 votants, la coalition reculant à 13,1%.

Ne disposant plus d’un mandat municipal, c’est en tant que secrétaire de la section de Joinville du PCF que Bideaux envoie, en octobre 1964, une lettre ouverte au maire de Joinville sur la sécurité devant l’école Oudinot, celle de son quartier de Polangis.

Lors des élections municipales de mars 1965 à Joinville, Henri Bideaux est à la tête d’une liste d’Union démocratique qui comporte 24 communistes mais également un socialiste (Robert Gente), un radical-socialiste (Charles Le Goff) et un indépendant (André Blocher). Avec 2 316 voix pour 7 762 suffrages exprimés (29,8%) sur 7 974 votants et 10 441 inscrits, elle est de nouveau devancée par Defert (43,6%) et talonnée par les gaullistes de l’UNR (26,5%). Après le retrait de ces derniers, les 27 colistiers de Defert sont élus contre ceux de Bideaux, qui ont 2 818 voix pour 7 406 suffrages exprimés (38,1%) sur 7 622 votants.

Le découpage des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, avec la création en 1967 notamment du nouveau département du Val-de-Marne, entraîne une nouvelle géographie cantonale. Joinville est le 31e des 33 cantons, qui comprend désormais, outre le chef-lieu, une partie de la commune voisine de Champigny. Les premières élections ont lieu en septembre et octobre 1967. Dans sa déclaration de candidature, Henri Bideaux, qui indique qu’il est secrétaire de la section de Joinville du PCF, assure que « L’aménagement des bords de Marne et la lutte contre la pollution retiennent toute mon attention ». Il est président du syndicat des riverains du canal de Polangis, qui longe le quai d’Anjou où il réside, et s’inquiète du gel des ventes de logement et des aménagements du quartier de Polangis qui feront suite à la construction annoncée de l’autoroute de l’Est (act. A4).

En tête à Champigny, Bideaux est presqu’à égalité avec Defert après le premier tour avec 2 485 voix pour 7 756 suffrages exprimés (32%) sur 7 910 votants et 14 656 inscrits quand le candidat de droite à 2 491 votes (32,1%). Bénéficiant au second tour du désistement de la FGDS (socialistes et radicaux-socialistes), Bideaux échoue cependant avec 4 219 voix pour 8 780 suffrages exprimés (48,1%) sur 8 958 votants. Defert est réélu.

Au cours du mois d’avril 1968, Bideaux se plaint que le maire de Joinville lui a refusé de lui prêter une salle pour organiser la conférence de la section PCF ; il la réunit alors à Champigny.

Dans l’hebdomadaire communiste Le Réveil, il considère comme président de l’association de propriétaires du canal de Polangis qu’il y a un mécontentement justifié dans ce quartier, mentionnant la voirie et le tout-à-l’égout. Il propose la constitution d’un comité de défense du quartier.

Les élections municipales de mars 1971 constitueront la dernière occasion d’un affrontement électoral entre Defert et Bideaux, tournant une fois encore en faveur du premier. Henri Bideaux est à la tête d’une liste Union pour une gestion sociale, moderne et démocratique qui recueille une moyenne de 35,8% des suffrages exprimés, la droite remportant dès le premier tour les 27 sièges avec 64,2%.

Suite au décès de Defert en octobre cette année-là, dans un contexte où l’union de la gauche se développe, l’élection municipale partielle de décembre 1975 voit le PCF faire appel à Guy Gibout, journaliste et élu local de Champigny. Il constitue pour les quatre postes à pourvoir une liste en association avec le nouveau parti socialiste, le mouvement radical de gauche (MRG) et le parti socialiste unifié (PSU), qui est battue par celle soutenue par Jean Pierre Garchery (divers-droite), élu maire.

C’est le même Gibout qui conduit, en mars 1977, une liste d'union de la gauche, composée de 14 PC, 9 PS, 2 PSU et 2 MRG. La division de la majorité sortante en quatre listes donne à la gauche une majorité relative. Au second tour, la gauche emporte les 27 sièges à pourvoir devançant la liste de Georges Derou avec 4 035 voix (51,3%) contre 3 836 (48,7%). Guy Gibout est élu maire et Henri Bideaux redevient conseiller municipal au sein du groupe communiste.

Les élections municipales ayant été annulées, un nouveau scrutin est organisé à l’automne 1978. La liste Gibout est intégralement réélue et Henri Bideaux siège comme conseiller municipal jusqu’en mars 1983 ; il aura siégé pendant 21 ans depuis 194. Guy Gibout n’est pas réélu maire.

Henri Bideaux meurt le 30 décembre 1994 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans, toujours domicilié à Joinville et père d’une fille. Il est inhumé au cimetière municipal de Joinville.

Fin

Henri Bideaux, photo Le Réveil

 

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