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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:01

Raoul Moïse Amar naît le 25 septembre 1892 à Alger. Il est le fils de Rosalie Luna Lebahar et de son mari Joseph Amar, commerçant, qui vivent boulevard de la République dans le quartier de Mustapha.

Après leur divorce en 1896, tandis que Joseph Amar se remarie à Alger, Rosalie Luna Lebahar-Amar est installée en 1912 à Paris (12e arr.). Raoul Amar exerce la profession de comptable et vit rue Saint-Denis (2e arr.).

Le service militaire de Raoul Amar débute dans l’infanterie en octobre 1913. Il est nommé caporal en avril 1914. Il reste mobilisé lors de l’entrée en guerre en août 1914. Il participe à des combats en Belgique et est fait prisonnier le 20 août 1914 à Neufchâteau (Belgique province de Luxembourg). Il est détenu à Langensalza, en Thuringe. Il est rapatrié en janvier 1919 et affecté au 102e régiment d’infanterie. Il sera dispensé de service militaire en 1930, suite à la perte d’un doigt.

Devenu employé de bureau, fréquentant la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.), Raoul Amar épouse en mai 1920 à Paris (12e arr.) Berthe Kapoustiansky, originaire de Nicolaiev (Russie, act. Ukraine). Ils s’installent à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), avenue Gambetta.

Raoul Amar est ensuite manœuvre spécialisé dans l’industrie mécanique. La famille déménage rue de Lorraine, encore à Courbevoie puis rue Sadi-Carnot à Nanterre.  Probablement après la perte de son doigt majeur, Amar s’établit en 1933 comme épicier, avenue Bizet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son épouse Berthe, Raoul Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Raoul Amar meurt le 26 avril 1969. Il est inhumé à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

Pont de Joinville, 1936

 

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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 00:01

Berthe Kapoustiansky naît le 6 décembre 1901 à Nicolaiev ou Nicolaeff (Николаев, Russie, act. Mykolaïv Миколаїв, Ukraine). Elle est la fille de Roucla Kapoustiansky et de son mari Samuel Kapoustiansky.

La famille arrive en France vers 1904. Pendant la première guerre mondiale, Berthe Kapoustiansky et ses quatre frère et sœurs (plus jeunes) participent, en mars 1916, à une souscription de la Société de secours aux juifs victimes de la guerre en Russie dont le baron Edouard de Rothschild est le premier donateur.

En 1920, la famille Kapoustiansky vit à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), quai National, où le père est forgeron. Berthe épouse en mai de cette année Raoul Amar, employé de bureau.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son époux Raoul, Berthe Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Berthe Amar meurt le 13 septembre 1999 à Baugé (Maine-et-Loire). Elle était âgée de 98 ans et est inhumée à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

La famille Pikovsky, dessin d’après photo prise lors de leur réception par la famille Amar à Joinville, été 1943

Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, éd. Des Ronds dans l'O, 2020)

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 00:01

Joseph Py naît le 26 juin 1898 à Bucarest (Roumanie), probablement d’un père roumain.

Il vite en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), quai de la Marne, et dispose de la nationalité française, puisqu’il est inscrit à cette date sur les listes électorales de la commune. Il exerce la profession d’ajusteur, étant identifié en 1926 comme mécanicien au ministère de la guerre.

Si Joseph Py ne semble pas s’être marié, il a une compagne qui partage son logement joinvillais en 1931, Blanche Serrent, soudeuse.

Lors des élections municipales de mai 1935, Joseph Py est candidat en quatorzième et dernière position sur la liste soutenue par le parti socialiste SFIO et dirigée par Robert Derivière ; incomplète, la lite obtient 12,5% des suffrages exprimés. Py recueille 337 votes pour 2 856 exprimés (11,8%) et 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, la SFIO rejoint les communistes de Robert Deloche dans une liste d’union, conduite par le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher. Dix socialistes y figurent, mais pas Py. La droite l’emporte avec 25 sièges, en laissant deux aux communistes ; les sortants radicaux-socialistes sont battus. Émile Lesestre est élu maire.

Deux autres Py sont mentionnés à Joinville en même temps que Joseph : Maurice Gaston Victor Py est épicier et réside rue de Paris avec sa famille en 1936, dont son fils Maurice Marius Marcel (1919-1957), mort pendant la guerre d’Algérie ; Maurice Py est sergent-chef instructeur à l’école des sports de Joinville, située dans le Bois de Vincennes. Ils ne semblent pas apparentés. L’un des deux est, pour la fin de l’année 1935, un des donateurs du vestiaire municipal constitué pour les pauvres.

En 1942, Joseph Py est contremaître à la sous-direction de l'Afrique du Nord du service des fabrications dans l'industrie. Il est « relevé de ses fonctions, par application de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1940 » le 2 février 1942. Ledit article stipule que « Nul ne peut être employé dans les administrations de l'État, des départements, communes et établissements publics s'il ne possède la nationalité française, à titre originaire, comme étant né de père français. »

Séjournant peut-être en Algérie, Joseph Py rejoint les Forces françaises combattantes. Son décès est transcrit, le 27 mai 1942, sur l’état-civil de Joinville-le-Pont. Il était âgé de 43 ans et est reconnu comme ayant participé à la résistance à l’occupation allemande en France. Cependant, son nom ne figure pas sur le monument aux morts de Joinville, ce qui fait supposer qu’il n’est pas décédé au cours de combats.

Joinville, quai de la Marne

 

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 00:01

Aimé Jean Baptiste Paul Daénès naît le 26 novembre 1907 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais). Il est le fils de Julie Louise Ducrocq et de Bienaimé Alphonse Marie Joseph Daénès, houilleur. Leur nom est parfois orthographié Daënes. Ils vivent ensuite dans diverses communes du bassin minier : Auchel, Sains-en-Gohelle, Liévin, Burbure et Bruay.

Son père est grièvement blessé dans un accident du travail alors qu’il est déjà ouvrier trieur aux mines de Marles, à Rimbert-lez-Auchel (Pas-de-Calais), à 13 ans. Il est mêlé, en 1901, à une bagarre à Auchel et son agresseur, un autre mineur, est inculpé de voies de faits. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans les chasseurs à pieds et blessé une première fois en janvier 1915. Bienaimé Daénès est condamné, en avril 1916 par le conseil de guerre de la 72e division d’infanterie à trois ans prison pour « outrages par des gestes et menaces envers son supérieur », mais il est immédiatement amnistié. Blessé une seconde fois le même mois, il rentre avec une semaine de retard de sa permission de convalescence et est affecté, en juin 1916, à une section disciplinaire. Affecté aux mines de Bruay en février 1917, il est ensuite à celles de Ferfay-Cauchy jusqu’en avril 1922 toujours sous statut militaire. Après le conflit, Bienaimé Daénès redevient mineur à Liévin. Il est condamné à deux reprises à des amendes et quelques jours de prison en février 1920 à Béthune pour bris de clôture et tapage injurieux et en janvier 1922 à Lille pour coups et blessures volontaires. Peut-être suite à ces évènements, le couple se sépare. Bienaimé Daénès reste à Liévin, où il se remariera en 1931. Julie Ducrocq s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et vit en 1926 rue du Canal avec ses trois enfants et un manœuvre, Maurice Hibon, qui travaille pour la compagnie cinématographique Pathé, à Joinville.

Aimé Daénès est manœuvre à l’usine de la Canalisation électrique installée dans la commune voisine de Saint-Maurice. Son frère Moïse exerce le même métier à l’établissement du Bi-Métal à Joinville.

La Canalisation électrique

Yvonne Marcelle Aubignat, fille d’un mineur et terrassier, épouse en avril 1928 à Joinville Aimé Daénès. Son beau-père, Jean Aubignat, est candidat communiste aux élections municipales de 1929 à Joinville. La famille vit d’abord à Paris (6e puis 14e arr.) avant de revenir à Joinville où Aimé Daénès, devenu en 1931 tourneur sur métaux, est à son tour également candidat communiste aux élections municipales de mai 1935.

Yvonne Daénès

Il travaille alors comme manœuvre pour la ville de Paris, peut-être à l’usine des eaux de Joinville, et se présente comme employé des services publics ; il sera également câbleur. Aimé Daénès figure en quatrième position sur la liste conduite par Robert Deloche. Il obtient au premier tour 669 voix sur 2 856 suffrages exprimés (23,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, la liste fusionne avec celle du parti socialiste SFIO et recueille deux sièges sur 27. Daénès comptabilise 1 108 votes sur 2 899 exprimés et 2 924 votants (38,2%). Il n’est pas élu. Les deux conseillers municipaux communistes sont Deloche, futur maire de la ville après la Libération et Paul Rouhaud.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimé Daénès s’engage dans la résistance à l’occupation allemande en France. Son cousin germain, Moïse Jean Baptiste Henri Daénès (1912-2000), qui vit à Burbure (Pas-de-Calais) est également résistant.

Aimé Daénès meurt le 11 juin 1979 à Paris (14e arr.) ; il résidait toujours à Joinville, rue des Réservoirs. Âgé de 71 ans, il était père de six enfants.

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 00:01

Ernest Proupin nait le 28 janvier 1895 à Saint-Bonnet-de-Bellac, en Haute-Vienne. Il est le fils de Marie Desbordes, cultivatrice, et de son mari, Jean Proupin, scieur de long, qui vivent dans le hameau de Lauberge.

Son père étant devenu gendarme, Ernest Proupin va avec sa famille résider dans l’Isère à La Tour-du-Pin en 1896 puis à Grand-Lemps en 1906.

Il fréquente sans doute l’école militaire préparatoire de Billom, dans le Puy-de-Dôme, puisque c’est dans cette commune, en janvier 1913, qu’Ernest Proupin s’engage dans l’armée pour cinq ans, le lendemain de son dix-huitième anniversaire. Il est affecté au 2e régiment d’artillerie de campagne et nommé brigadier en août 1913.

Pendant la première guerre mondiale, il est blessé en octobre 1914 au ravin du Bois-Mulot à Mécrin (Meuse) d’un éclat d’obus dans la tête. Nommé maréchal des logis en mars 1915, il est affecté à l’armée d’Orient en mai de la même année. Il est cité à l’ordre du régiment pour avoir « fait preuve de courage et de sang-froid en maintenant les hommes de sa pièce à leur poste malgré que cette dernière était soumise à un violent bombardement ennemi ».

De nouveau blessé d’un éclat de bombe à la gorge à en Turquie, il est rapatrié en France en juillet, puis exclu du service armé, qu’il reprendra en novembre 1918. Il devient maréchal des logis chef en juillet 1919 puis est démobilisé deux mois plus tard. Suite à ses blessures, il bénéficie d’une pension pour une invalidité estimée à 50%.

Après le conflit, Ernest Proupin s’installe à Saint-Sulpice (act. Ham, Somme) où il est toujours domicilié en 1924. Il est ensuite à Paris (3e arr.), boulevard Beaumarchais en 1926 puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1927. Il est domicilié dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

Lors des élections municipales de mai 1929, Ernest Proupin est candidat sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, conduite par le communiste Roger Bénenson. Il figure en 13e position sur 27. Proupin obtient, au premier tour, 337 voix pour 1 715 votants (19,7%) sur 2 491 inscrits. Proupin est l’assesseur de sa liste dans le bureau de vote qui couvre les quartiers de Palissy et Polangis. Les candidats communistes se maintiennent au second tour, mais ils n’ont pas d’élus, le radical Georges Briolay emporte 22 sièges dans une coalition de groupement des gauches associant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants. La droite du maire sortant Stephen Durande gagne les 5 derniers postes.

En 1931, Proupin est représentant de commerce. Il est victime d’un grave accident de la route dans l’Oise, à Breuil-le-Sec, en février 1931. Sa voiture s'écrase contre un arbre après avoir tenté de dépasser un autre véhicule. Il est grièvement blessé.

C’est probablement Proupin qui, sous la désignation d’Ernest, remporte le concours d’abonnements lancé en 1933-1934 par l’hebdomadaire La Défense du Secours Rouge international.

Adhérent à la section de Joinville de l’association républicaine des anciens combattants (ARAC), Proupin en est exclu en août 1935 par la commission des conflits fédérale « en raison des malversations commises » par lui.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Proupin est rappelé en activité en février 1940 dans le 21e régiment d’artillerie de campagne. À la fin de la campagne de France, il s’évade et se rend en Algérie, où il est démobilisé à Oran en septembre 1941. Il est rappelé à sa demande en novembre 1942, d’abord dans l’artillerie puis dans l’infanterie en 1945. Il est au sein des troupes françaises d’occupation en Allemagne en octobre 1945, avant de rejoindre le fort de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1946 puis d’être démobilisé en mars de la même année.

Son appartenance à la résistance à l’occupation allemande est reconnue au titre des Forces françaises libres.

Se présentant désormais comme métreur et toujours domicilié à Joinville, Ernest Proupin est convaincu d’avoir commis plusieurs abus de confiance, notamment dans les communes de Nyoiseau (act. Segré-en-Anjou Bleu, Maine-et-Loire) et Daon (Mayenne). Il est condamné à 6 mois de prison par le tribunal correctionnel d’Angers en décembre 1949.

Ernest Proupin meurt le 26 septembre 1962 à Joinville. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative de l’armée d’Orient.

La tranchée du ravin du Bois-Mulot

 

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5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 00:01

Louis Noger est fusillé le 23 octobre 1943 à Suresnes, au fort du Mont-Valérien avec ses co-inculpés. Il était âgé de 36 ans et père de deux enfants. Il est d’abord inhumé à Ivry-sur-Seine. Son frère Joseph, résistant comme lui, était mort de la tuberculose en 1942.

À titre posthume, Louis Noger est nommé en février 1946 au grade de sous-lieutenant dans l’armée de terre, avec effet au 1er octobre 1943. Le décret promeut au même rang deux autres résistants également liés à Joinville-le-Pont, Jean Savu, fusillé en sa compagnie et Joseph Belbéoch, mort lors des combats de la Libération à Joinville.

Un décret de septembre 1959 nomme Louis Noger chevalier de la Légion d’honneur.

L’ancienne rue du Centre de Noisy-le-Grand porte, depuis novembre 1944, le nom de rue des Frères-Noger. Une plaque est apposée sur le domicile des Noger au numéro 3 de cette rue. La structure communiste des Richardets à Noisy a adopté le nom de cellule des Frères-Noger, tandis qu’une autre cellule communiste, à Joinville-le-Pont, porte également le nom de Noger.

Le nom de Louis Noger figure sur le Monument commémoratif au Mont-Valérien dédié « Aux résistants et aux otages fusillés au Mont-Valérien par les troupes nazies 1941-1944 ». Il est également inscrit sur le monument aux morts du cimetière de Joinville-le-Pont ainsi que sur celui de Noisy-le-Grand. Il est aussi gravé sur la plaque commémorative de la Bourse du Travail de Paris (10e arr.).

Les deux fils de Louis et Fernande Noger contribueront à la mémoire de leur père.

Pierre Noger, probablement né en septembre 1937 et décédé en juillet 2010, fait partie des « 150 fils de martyrs de la Résistance » qui adressent une lettre au président de la République dénonçant le fait que le général allemand Hans Speidel siège à l'OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et annonçant qu’ils refusent de servir « sous ses ordres », considérant qu’il était ainsi « à la tête de l’armée française » et critiquant le fait qu’il avait servi Hitler. Pierre Noger est arrêté, au domicile familial de Noisy-le-Grand, le 26 mars 1958. L’hebdomadaire La Défense du Secours Populaire (ex-Secours rouge) remarque que « Au moment de l'arrestation, des bouquets de fleurs, déposés par les habitants du quartier, fleurissaient la plaque portant le nom des deux frères [Joseph et Louis Noger] au coin de la rue ». Il est libéré quelques jours plus tard. Une pancarte « Non à Speidel » était apposée sur la maison de Noisy. En décembre 1962, avec le même groupe et toujours le soutien du Secours Populaire, Pierre Noger lance un appel en faveur de militants allemands du mouvement de la paix.

Pierre Noger

Michel Noger, ébéniste comme son père et résidant toujours à Noisy, conçoit, en 2017, le prototype en bois des neuf panneaux d’information placés aux endroits où eurent lieu des actes de résistance pendant l’occupation allemande à Noisy et dans la commune voisine de Gournay, dont celui placé devant la maison familiale.

Pancarte Non à Speidel devant la maison de la rue des Frères-Noger

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 00:01

Louis Noger naît le 7 octobre 1907 à Limoges (Haute-Vienne). Il est le fils d’Antoinette Marquet et de son mari Léonard Noger, journalier. Sa mère meurt à Limoges en août 1914. Son père, mobilisé dans l’artillerie pendant la première guerre mondiale, se remarie en juin 1916 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune où il s’installe à sa démobilisation en janvier 1919.

Avec son frère aîné Joseph, Louis vit à Joinville chez son père et sa belle-mère, dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni puis dans celui voisin de Polangis, avenue de Blois.

En 1926, Louis Noger est devenu ébéniste. Il fait probablement son service militaire en 1927-1929 en 1931. Il se marie en février 1930 avec Fernande Marie Aglaé Cattiaux, modiste, à Noisy-le-Grand (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis), où vit désormais son frère. Noger exploite un atelier d’ébénisterie à Paris (11e arr.). Le couple vit d’abord à Joinville dans le logement familial en 1931 puis déménage à Noisy.

Louis Noger va s’engager sur le plan politique et syndical. Adhérent au parti communiste en 1934, il participe cette année-là à une manifestation le 1er mai, est arrêté puis condamné à vingt jours de prison « pour s'être défendu contre les brutalités d'un agent » selon l’hebdomadaire du Secours rouge international, La Défense. Les historiens Daniel Grason et Annie Pennetier racontent que le rapport du commissaire du quartier Bel-Air à Paris (12e arr.) mentionne donna « un coup de tête » dans la poitrine de l’agent ; le jugement retint qu’il donna « un coup de poing ». Condamné le 3 mai, il purgea sa peine à la prison de Fresnes.

C’est probablement Louis Noger qui, désigné comme le camarade Noger, apporte la contribution du Syndicat général des travailleurs du bois à la souscription « Au secours du peuple espagnol » lancée dans l’hebdomadaire de la Confédération générale du travail, Le Peuple, en septembre 1936. En 1939, Louis Noger travaille pour un ébéniste de Joinville-le-Pont,

Louis Noger

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Louis Noger est rappelé à l’armée en septembre 1939, puis est réformé temporairement en avril 1940 à Besançon (Doubs) selon Grason et Pennetier.

Revenu à Noisy-le-Grand, il intègre au cours de l’année 1942, selon les Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD), un groupe de résistants des Francs-tireurs et partisans (FTP), organisé dès 1941 à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne), qui réalise quelques attentats spectaculaires dans la commune. Ayant repris contact avec le parti communiste clandestin, Noger est désigné comme responsable politique et à la propagande du groupe. Il mettait en rapport des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) avec un médecin qui établissait des certificats de complaisance pour les exempter de repartir en Allemagne, relèvent Grason et Pennetier.

Sur dénonciation, d’après l’AFMD, plusieurs membres du groupe sont identifiés. Louis Noger est arrêté sur son lieu de travail le 23 juillet 1943. Neuf autres personnes furent appréhendées dont plusieurs FTP : Jean Savu, le chef du groupe, Augustin Auguste Taravella, Pierre Marie Derrien, Maurice Pirolley et Lucien Rigollet. Ils sont condamnés à mort le 15 octobre 1943 « pour activités de franc-tireur et favorables à l’ennemi » par le tribunal allemand de la région de Paris.

S’adressant à son épouse, le 23 octobre, Louis Noger annonce qu’il va être exécuté : « je partirai dans l’espoir de laisser derrière moi d’une famille que j’ai voulu unie et aimante ». L’AFMD a publié sa dernière lettre.

Dernière lettre de Louis Noger

 

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 00:01

Joseph Noger naît le 31 décembre 1902 au Palais-sur-Vienne (Haute-Vienne). Il est le fils d’Antoinette Marquet et de son marié Léonard Noger, journalier. Plusieurs membres de sa famille orthographient leur patronyme en Nouger.

Après le décès de leur mère, Léonard Noger et ses deux fils quittent le Limousin pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, d’abord avenue Galliéni où ils résident en 1921 puis avenue de Blois où ils sont domiciliés en 1926.

Retourné au Palais pour épouser, en juin 1925 Fanny Geneviève Nouger, Joseph Noger est au départ journalier, avant de devenir machiniste puis, à partir de 1931, toupilleur-chef (ébéniste). Avant 1930, la famille s’installe à Noisy-le-Grand (Seine-et-Oise, act. Seine-Saint-Denis) où elle réside rue des Ondines puis, en 1931, rue du Centre, dans le quartier des Richardets.

En compagnie de son frère, Louis Noger, qui l’a rejoint à Noisy-le-Grand, Joseph Noger s’engage dans la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il meurt de la tuberculose en 1942. Il était âgé de 39 ans et père de deux filles.

L’ancienne rue du Centre de Noisy-le-Grand porte, depuis novembre 1944, le nom de rue des Frères-Noger. Une plaque est apposée sur le domicile familial de Fanny et Joseph. La structure communiste des Richardets à Noisy a également adopté le nom de cellule des Frères-Noger.

La maison des Noger dans l'ancienne rue du centre, actuelle rue Frères-Noger à Noisy-le-Grand

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 00:01

Maurice Paul Coffin naît le 10 février 1890 à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Flore Adèle Marie Durier et de son mari Paul Coffin, marchand de nouveautés, tous deux originaires d’Amiens (Somme).

La famille Coffin est établie en 1902 à Lorient (Morbihan). C’est dans cette ville que son frère Léon naît ladite année, que le père, Paul Coffin meurt en avril 1908 et que Maurice Coffin, qui est alors voyageur représentant de commerce, s’engage pour trois dans l’armée en octobre de la même année. Un an plus tard, il est cependant réformé puis exempté de service militaire à cause d’une bronchite chronique. Le couple Coffin avait disposé d’un certain capital, puisqu’une maison de maître à Clohars-Carnoët (Finistère) fut mise en vente au profit des deux fils en octobre 1908.

Le même jour de décembre 1914, Maurice Coffin épouse Berthe Adrienne Liné à Abbeville (Somme) et est déclaré bon pour service. Il est affecté au 151e régiment d’infanterie. Signalé comme disparu en juin 1915, il est fait prisonnier et interné à Darmstadt (Hesse, Allemagne). Il est rapatrié mi-décembre 1918, retourne dans l’infanterie ou il est démobilisé en juillet 1919.

Installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, Maurice Coffin et son épouse résident sur le quai de la Marne, dans le quartier du Centre. Il s’engage publiquement dans la vie politique à l’occasion des élections municipales partielles d’octobre 1934, provoqué par la disparition ou la démission d’une dizaine de membres du conseil municipal. La municipalité, élue en 1929 avec à sa tête Georges Briolay, était constitué par une alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes indépendants et le parti socialiste SFIO. Ces derniers se sont retirés de la majorité, deux de leurs quatre élus démissionnant, tandis que les autres restaient en tant qu’indépendants. La SFIO présente une liste lors du scrutin, sur laquelle Maurice Coffin se trouve en quatrième position derrière Robert Derivière, tête de liste. Une liste communiste est également en lice, ainsi que deux listes aux contours flous, regroupant pour l’une des opposants à la municipalité et pour l’autres des personnes qui lui sont plutôt proches, mais on trouve des radicaux et des personnalités de droite sur les deux listes.

La liste d’opposition dite de Concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,9% des suffrages exprimés, devançant les Républicains indépendants (25,4%), les communistes ayant une très courte avance sur les socialistes (408 voix en moyenne et 17,8% contre 403 et 17,5%). Suite au retrait des Républicains indépendants et de la SFIO, la Concentration républicaine emporte au second tour les dix sièges. Coffin avait obtenu 403 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Coffin est de nouveau candidat en cinquième place sur la liste SFIO de Joinville, qui compte quatre représentants de commerce sur ses 14 candidats. Elle est à nouveau conduite par Robert Derivière. Au premier tour, l’Union des républicains (droite), arrive en tête (32,6%), devant les radicaux du maire sortant (26,7%) et les communistes de Robert Deloche (23,5%). Les socialistes sont au dernier rang, avec 12,3%. Coffin recueille 354 voix pour 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec à leur tête André Blocher, indépendant et secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants). La droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, avec 39,8% tandis que la gauche, avec 36,6% a deux élus. Les radicaux se contentent de 19,5%. Coffin est présent sur la liste unifiée et est crédité de 981 votes pour 2 899 suffrages exprimés (33,8%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu, les deux conseillers municipaux de la liste élus étant communistes.

Lors du recensement de la commune en 1936, Maurice Coffin est signalé comme « absent », ce qui s’explique peut-être par son activité commerciale itinérante.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Maurice Coffin est membre du mouvement des Francs-tireurs et partisans français, proche des communistes, et incorporé dans le groupe des Forces françaises de l’intérieur de Joinville-le-Pont, dirigé par Robert Deloche, futur maire. Il combat militairement du 18 au 25 août 1944, date de la Libération de la commune. Il ne semble pas avoir pris part aux combats du pont de Joinville (23-26 août).

Maurice Coffin est vivant au décès de son épouse, en octobre 1950 à Joinville. Ils avaient eu deux filles, la cadette étant morte très jeune, tandis que l’aînée, Jacqueline, épousa Frédy Plé, conseiller municipal (divers droite) de Joinville-le-Pont entre 1959 et 1965 et fils d’un médaillé olympique d’aviron. En avril 1952, Maurice Coffin obtient un certificat attestant de sa participation à la Résistance. Il était alors âgé de 62 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Plaque à la mémoire des FFI de Joinville-le-Pont

 

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 00:01

Adrienne Cécile Flore Renz naît le 22 février 1899 à Borgerhout (Belgique), dans la province d'Anvers en Flandre. Elle est la fille de Gabrielle Flore Célina Carré et d’Arsène Léopold Renz. Leurs deux familles ont une grande réputation dans le milieu du cirque, en France pour la première, en Allemagne pour le second. Léopold Renz était un écuyer-voltigeur ; Gabrielle Carré a été danseuse de l'Opéra de Paris et dresseuse de chiens.

Ses parents sont installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, où ils achètent une propriété avenue Racine et exploitent en 1911 une guinguette, établissement de bal populaire auprès des parisiens.

Devenue ouvrière en cinématographe, Adrienne Renz épouse en janvier 1920 à Joinville Marcel Chagnon, commerçant, dont la famille était originaire de Corrèze. Avec sa belle-mère, Adrienne et Marcel Chagnon poursuivent l’exploitation de l’établissement de danse sur patins à roulettes, situé quai de Polangis, devenu le Petit Robinson.

Personnel du Petit-Robinson en 1932

Le couple eut deux enfants : Gabriel, dit Gaby, musicien et salarié de la SACEM, et Daniel, dit Dany, qui reprit le nom de sa mère et fut un artiste de cirque très réputé.

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon des témoignages de l’ancien maire communiste de Joinville, Robert Deloche, et de l’historien local Michel Riousset, Adrienne Chagnon, toujours propriétaire du Petit-Robinson, prend une part active à la Résistance.

Après la Libération, elle est candidate représentant l’Union des femmes françaises (UFF), proche des communistes, pour les premières élections municipales auxquelles les femmes peuvent voter et sont éligibles.

Quatre femmes sont élues parmi les 27 membres de l’assemblée locale à Joinville : Amélie Trayaud, future maire de la ville en 1953, Adrienne Chagnon, Juliette Derrien et Valentine Nicolas. La liste d’union qui regroupe des communistes, des socialistes et des radicaux recueille environ 62% des 6 447 suffrages exprimés sur 6 621 votants pour 7 811 inscrits. Robert Deloche est réélu maire.

Lors du scrutin suivant, en 1947, Adrienne Chagnon n’est pas réélue.

Adrienne Chagnon meurt le 12 octobre 1993 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Elle est inhumée à Joinville dans le caveau familial. Elle était âgée de 93 ans.

Tombes de la famille Chagnon à Joinville-le-Pont

 

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