Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 01:10
Roger GUY
Roger GUY

Roger Guy naît en août 1909 à Paris. Il est employé commercial et réside à Joinville-le-Pont (alors dans le département de la Seine) au 55, avenue des Familles avec sa mère veuve handicapée.

Il a été secrétaire des Jeunesses communistes, peut-être à Joinville-le-Pont (selon la notice publiée sur le site Mémoire Vive).

Au cours de la guerre 1939-1940, il est mobilisé pendant un an.

Sous l’occupation, toujours d’après la notice du site Mémoire Vive, il reste actif au sein du Parti communiste clandestin. Selon la police, il « s’emploie à la reconstitution des anciennes cellules de Joinville et participe à la propagande clandestine ». Il aurait été arrêté à son domicile lors de la grande vague d’arrestations ciblées organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain à l’encontre des responsables communistes de la région parisienne avant-guerre (élus, cadres du PC et de la CGT) le 5 octobre 1940.

Il est d’abord transféré au centre de séjour surveillé d’Aincourt, un ancien sanatorium aujourd’hui dans le Val d’Oise. Le directeur du camp lui a confié la direction des jeunes âgés de moins de 25 ans (50 internés) ; selon le témoignage d’un de ceux-ci, Fernand Devaux Roger Guy, « n’a fait aucun excès de zèle en terme de discipline, restant un camarade très estimé. »

Il sera ensuite déplacé en mai 1942 au camp de Voves (Eure et Loir) avant de transiter 5 jours plus tard par le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht. Guy est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs en représailles des actions armées de la résistance contre l’armée.

Roger Guy fait partie, comme un autre Joinvillais, Adrien Thomas, du convoi qui quitte le camp le 6 juillet 1942. Les détenus sont conduits à l’aube sous escorte allemande à la gare et entassés dans des wagons de marchandises. Le voyage dure deux jours. Les déportés ne sont pas ravitaillés en eau.

Le 8 juillet 1942, Roger Guy est enregistré au camp de concentration d’Auschwitz, sans doute sous le numéro 45648.

Il meurt à Auschwitz le 30 septembre 1942, selon les registres du camp. Deux semaines auparavant a lieu une grande sélection des « inaptes au travail » à l’intérieur du camp à la suite de laquelle 146 des personnes déportées en même temps que lui sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés).

Le Musée d’État d'Auschwitz-Birkenau, Oswiecim (Pologne) dispose d’une photo mentionnant le n° 45648, qui est donc probablement celle de Roger Guy.

Roger Guy, mort en déportation à Auschwitz

Repost 0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 01:08

Adrien Thomas naît en novembre 1908 à Paris. Agent hospitalier à l’hôpital Tenon, dans la 20ème arrondissement de la capitale, il réside dans les habitations à bon marché au 7, rue de l’Égalité à Joinville-le-Pont (alors dans le département de la Seine).

Sous l’occupation, la police le considère comme un « communiste notoire, agent actif de la propagande clandestine ». Le 5 octobre 1940, il est appréhendé, peut-être en tant que détenteur de tracts par la police française lors de la grande rafle organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par la police française.

Le gouvernement du maréchal Pétain a proposé aux autorités d’occupation allemandes, qui l’ont accepté, l’arrestation des responsables communistes de la région parisienne (élus, cadres du PC et de la CGT).

Après avoir été regroupés en différents lieux, ceux-ci sont rapidement placés en internement administratif au centre de séjour surveillé d’Aincourt (aujourd’hui dans le Val d’Oise), un ancien sanatorium.

Le 6 septembre 1941, Adrien Thomas fait partie d’un groupe de 150 détenus d’Aincourt (dont 106 de la Seine) transférés au camp français de Rouillé (Vienne).

Le 9 février 1942, il est parmi les 52 « communistes » (dont 36 seront déportés avec lui) remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits par des Feldgendarmes à la gare de Poitiers. Enfermés dans deux wagons à bestiaux, ils sont transférés - via Paris - au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht.

Il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le voyage dure deux jours. Les déportés ne sont pas ravitaillés en eau.

Le 8 juillet 1942, Adrien Thomas est enregistré au camp de concentration d’Auschwitz sous le numéro 46143.

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des « inaptes au travail » à l’intérieur du camp à la suite de laquelle 146 des personnes déportées en même temps que lui sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés).

Le nom d’Adrien Thomas est inscrit sur le Monument aux morts de Joinville-le-Pont, situé dans le cimetière communal.

Repost 0
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 01:02

Alphonse Antoine, né en 1890 à Raon-sur-Plaine (Vosges) est le fils d’une brodeuse et d’un douanier au poste frontière du Donon, qui délimite alors la séparation entre la France et l'empire allemand occupant l'Alsace.

Après des études primaires supérieures à l'école Colbert de Paris, il est reçu au concours des Chemins de Fer de l'Est, société exploitant les lignes ferroviaires entre Paris et la Lorraine.

Mobilisé pendant la guerre de 1914-1918, il devient sous-lieutenant dans l'arme du génie et fait presque toute la guerre sur le front de Lorraine, en particulier dans le secteur de la Chapelotte (Vosges).

Après la fin de la guerre, il poursuit son activité au sein de l’armée et est chargé d'organiser le Central interallié de Berlin. Il participe, avec le général Gustave Ferrié (1868-1932), à la création de Radio Tour Eiffel, premier émetteur français de télégraphie sans fil, à vocation militaire dans les années 1920.

Alphonse Antoine enseigne en 1930-1940, à l’école des transmissions, puis est affecté au ministère de la guerre, et à celui de l'armement.

De 1940 à 1942, il est affecté en Tunisie où, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, il commande les transmissions. Il participe à la lutte clandestine et organise le camouflage du matériel et du personnel.

Il rentre en métropole, et rejoint le mouvement de résistance nationale « Les Ardents », sous le pseudonyme de Dammartin (ou André). Il est chargé de mettre en œuvre, dans la zone Sud, le sabotage du réseau allemand des lignes souterraines à grande distance, le contre-sabotage et la remise en état du réseau national. Son intégration dans le groupe aurait eu lieu en 1944.

Le futur premier ministre Jacques Chaban-Delmas (Lakanal) le nomme délégué national aux Transmissions au printemps 1944. Il est chargé de l'exécution du « Plan Violet », qui prévoit le sabotage des réseaux téléphoniques allemands. Il le met en œuvre le 5 juin 1944, à 21 heures 15, suite à un message sur les ondes langue française de la radio anglaise BBC (« le Colonel leur a coupé le sifflet »).

Alphonse Antoine est promu général en 1944. Il quitte l'armée en 1946 et rejoint la société privée RTI (Relations Techniques Intercontinentales) où il met au point des appareils de transmission, notamment des oscilloscopes.

Décédé à Paris le 9 février 1969, il est enterré au cimetière d'Allarmont (Vosges), commune où il disposait d'une demeure.

Il est le père de Gérald Antoine (1915-2014), philologue, recteur de l’académie de Tours Orléans, maire d’Allarmont.

Repost 0
27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:09

Marie Talet naît le 14 décembre 1884 à Bordeaux, seconde d’une famille de cinq enfants. Après l’école normale supérieure de Sèvres, elle devient enseignante. Elle est directrice en 1940 du collège de jeunes filles Joachim-du-Bellay, situé à Angers (Maine-et-Loire).

Les locaux de son établissement sont utilisés par les troupes d’occupation allemandes et le collège doit se réfugier à l’école normale des garçons, rue de la Juiverie (devenue rue Anne Frank).

Des membres de l’équipe forment un groupe de résistance, aidant notamment des centaines de réfugiés et des jeunes filles juives. Marie Talet en fait partie avec l’économe, Lucienne Simier et quatre enseignantes : Anne-Marie Baudin, professeur d’anglais ; Marthe Mourbel, professeur de philosophie ; Jeanne Letourneau, professeur d'arts plastiques ; et Marie-Madeleine James.

Les six femmes sont dénoncées, peut-être par des parents d’élèves, et arrêtées le 5 février 1943. La directrice est accusée d’avoir un « esprit anti-allemand ». Incarcérée à la prison du Pré-Pigeon (Angers), elle est ensuite transférée à Romainville, puis à Compiègne d’où elle est déportée vers Ravensbrück avec ses collègues du lycée. D’anciennes élèves les y rejoindront, comme Paule Robinet-Laurier.

Au sein même du camp, Marie Talet continue son activité de résistante. Consciente des difficultés immenses auxquelles allaient se heurter les femmes après la libération prévisible des camps, elle décide de former une organisation. Elle le fait avec Émilie Tllllon (du Groupe du musée de l'Homme, mère de l’ethnologue Germaine Tillion et résidente à Saint-Maur-des-Fossés), Yvonne Leroux (du réseau Johnny de Brest) et Annie de Montfort (du mouvement La France continue). Elles veulent préserver l'amitié qui les a unies dans les camps mais aussi apporter à toutes les déportées un appui durable au niveau du travail et de la santé. Cependant, la plupart d’entre elles ne reviendront pas.

Annie de Montfort meurt d’épuisement le 10 novembre 1944. Marie Talet décède de la dysenterie dans le camp le 14 décembre 1944. Anne-Marie Baudin est empoisonnée ou gazée ; Émilie Tllllon est assassinée par le gaz le 2 mars 1945.  Marthe Mourbel décède dans un hôpital sur le chemin du retour le 15 mai 1945, après la libération du camp par les troupes alliées. Lucienne Simier, Jeanne Letourneau et Marie-Madeleine James reviennent à Angers le 18 avril 1945.

La ville d’Angers a donné le nom de l’ancienne directrice à un groupe scolaire. Marie Talet, Marie-Madeleine James et Marthe Mourbel ont chacune une rue portant leur nom dans la même commune.

Lucienne Simier a publié son témoignage dans Deux ans au bagne de Ravensbrück, collection L'Écho de leurs voix, Éditions Hérault, Maulévrier, 1992. Jeanne Letourneau a publié Clichés barbares : mes récits de Ravensbrück, 1945-2005, Archives départementales de Maine-et-Loire, 2005.

Marie Talet, Anne-Marie Baudin et Marthe Mourbel (ph. lycée du Bellay)

Talet_Marie.jpg  Baudin_Anne-Marie.jpg  Mourbel_Marthe.jpg

Repost 0
Published by Benoit Willot - dans Résistance
commenter cet article

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, locale, du mouvement ouvrier, de la résistance, de l’économie sociale et des initiatives pour l’emploi.
  • Contact

Recherche

Liens