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10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 8 novembre 2018. Suite de la biographie d’Antoine Berné

Tout en continuant à disposer d’un logement à Paris, la famille Berné s’installe à Joinville-le-Pont, dans le quartier nouvellement loti de Palissy, sur la rive gauche de la Marne. Elle réside rue de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson).

En février 1878, fait partie de la commission d’initiative qui « invite les chambres syndicales ouvrières, les sociétés de production, de consommation et tous les amis du travail à concourir à la formation d’un grand parti d'étude et d’action », dénommé Ligue républicaine du travail contre le paupérisme. Le siège est situé dans le magasin de l’Association des ouvriers tailleurs, rue de Turbigo. Plusieurs responsables de la société font, comme lui, partie des fondateurs comme Bance, Godfrin, Boyer et Toussaint notamment.

Le principal maître d’œuvre de la Ligue est Joseph Pioche, publiciste, employé de commerce et membre de plusieurs coopératives de consommation et de production. Le programme de la Ligue vise à : « Substituer : 1° Au régime, si compliqué et si onéreux des intermédiaires commerciaux, la méthode rationnelle, morale et peu coûteuse de la corporation: clé de voûte de la solidarité est de l’émancipation économique des travailleurs. 2° Au régime financier du monopole, le crédit professionnel gratuit. 3° A l’imprévoyance administrative et à la chanté impuissante, l’assurance industrielle obligatoire contre le chômage, les infirmités prématurées et la vieillesse. »

La Ligue préconise l’abrogation des lois restrictives de la liberté du travail et la création d’un Impôt proportionnel au revenu. Elle ne semble pas avoir eu d’existence au-delà de son lancement au premier trimestre 1878.

À la même période, Berné s’engage dans la vie politique de sa commune, à Joinville-le-Pont. Antoine Berné fait partie des 17 conseillers municipaux, dont 16 républicains et un orléaniste, élus au premier tour en janvier 1878 pour les 21 postes à pourvoir. La liste bonapartiste de Louis Ferdinand Rousseau n’a « obtenu que très peu de voix » selon le quotidien Le Siècle. Gabriel Pinson, républicain, héritier d’une longue dynastie d’élus locaux, est élu maire de la commune. Au sein du conseil figure également Francois Blaize (1824-1900), ouvrier lunetier, fondateur d’une importante coopérative, la Société des lunetiers (ancêtre d’Essilor).

Resté directeur de l'Association générale d'ouvriers tailleurs, Berné invite ses associés à l’accompagner lors du dépôt d’une couronne sur la tombe de François-Vincent Raspail, chimiste et député républicain. Il préside, en juin 1879, le banquet de l’association au côté de Victor Schœlcher, sénateur. Une collecte est réalisée pour les amnistiés de la Commune de Paris et, en octobre la même année, l’association met des vêtements à la disposition du Comité central d'aide aux amnistiés. Fonctionnant toujours correctement, la coopérative a ouvert une seconde adresse sur le boulevard de Sébastopol à Paris. Berné a quitté sa fonction de directeur en mars 1879.

Alphonse Demeestère, hôtelier, conseiller municipal de Joinville et futur responsable du comité radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (département de la Seine), organisa en septembre 1879 dans sa commune une collecte en faveur d’un ancien communard, amnistié et indigent, Adolphe Morandy. Pinson, le maire de Joinville, hostile à cette initiative, fait voter un blâme contre Demeestère par la majorité du conseil. Cependant, sept élus, dont Berné, refusent de s’y associer et expriment leur opposition dans la presse.

Lors des élections municipales de 1881, qui voient la reconduction de Pinson, Berné n’est pas réélu. C’est le cas de tous les conseillers municipaux qui avaient refusé le blâme envers Demeestère.

Antoine Berné meurt vers le 6 septembre 1883, à l’âge de 54 ans. Son enterrement civil est organisé le 8 septembre au départ de son domicile parisien, 10, place de la Bastille, probablement à Joinville-le-Pont. Son épouse, Marie Ernestine Berné décède le 28 avril 1884 à Joinville. Deux personnalités locales, dont il était proche, déclarent le décès : Albert Bleunard (1827-1911), principal de collège en retraite et Francois Blaize, tous deux conseillers municipaux de Joinville.

En janvier 1884, Berné, présenté comme propriétaire, est tiré au sort post-mortem pour faire partie d’un jury de cour d’assises.

Fin

 

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8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 8 novembre 2018. Suite de la biographie d’Antoine Berné

Si la grève de 1867 et ses suites judiciaires ont été néfastes pour les tailleurs parisiens coalisés et notamment Antoine Berné, elle contribue cependant à attirer l’attention sur leur coopérative, l'Association générale des ouvriers tailleurs. Le nombre des associés fut multiplié par quatre et atteignit 220, le capital étant triplé à 50 000 francs.

Les membres de l'Association s’engagent de manière régulière dans la vie politique. Ainsi, en mai 1865, Berné, avec Joly et de nombreux autres tailleurs, souscrit pour offrir à la veuve d’Abraham Lincoln, une médaille d’or, portant les inscriptions suivantes : Liberté — Égalité — Fraternité à Lincoln, président deux fois élu des États Unis, la démocratie française reconnaissante ». L’appel mettait en avant le fait que Lincoln, assassiné le 14 avril 1865, était un honnête homme qui avait aboli l’esclavage, rétabli l'union, et sauvé la république « sans voiler la statue de la liberté. »

Le lancement par Napoléon III d’un plébiscite pour faire approuver ses réformes constitutionnelles, en mai 1870, amène les deux directeurs de l'Association des ouvriers tailleurs, Brudon et Berné, à initier un Manifeste des membres de sociétés coopératives et des ouvriers parisiens aux habitants des campagnes : « Frères, A la veille d'un vote qui peut peser d'un grand poids sur les destinées de la patrie, il est bon que la voix des travailleurs des villes arrive jusqu'aux travailleurs des campagnes. (…) Pour nous, nous voterons Non ». Si le Non l’emporte dans les grandes villes telles que Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et Toulouse, il se contente, au niveau national, d’un score de 17,2%.

La chute de l’Empire et la proclamation de la République, en septembre 1870, va modifier la situation de la coopérative. Dans une lettre au géographe anarchiste, Élisée Reclus, publiée en janvier 1871 dans son hebdomadaire, La République des travailleurs, organe d’une section parisienne de l’Association internationale des travailleurs, Berné décrit ce que Reclus présente comme « Le socialisme en action » : « Dès le 8 septembre [1870, quatre jours après la proclamation de la 3e République], notre association s’adressait au maire de Paris pour obtenir de lui l’équipement de la garde nationale, Le 19, un traité signé [Charles] Floquet et [Jules] Ferry nous accordait 100 000 vareuses à façons (…). Immédiatement nous convoquâmes la corporation en assemblée générale, à laquelle nous dîmes : ‘’Le marché nous est personnel, mais si vous le voulez, il profitera à tous. Considérez-vous comme nos associés. (…) Le bénéfice, quel qu’il soit, sera réparti au marc le franc [au prorata] des sommes gagnées par chacun’’. (…) Nous avons payé le double pour la main-d’œuvre que ne payent nos concurrents, la Ville ne dépensant pas un sou de plus en notre faveur. (…) Nous avons jugé qu’il importait de créer dans chaque arrondissement un atelier municipal auquel la mairie locale pourrait faire des commandes directes, et employer en travail suffisamment rémunérateur un argent mieux dépensé qu’en aumônes. (…) Nos sept ateliers dans les 4e, 5e, 9e, 17e, 18e et 19e arrondissements occupent déjà plus de 2 000 personnes (…). Trente-cinq mille personnes (…) sont inscrites sur nos livres comme ayant participé à nos travaux et devant par conséquent participer à nos bénéfices. Ce sera, croyons-nous, la première fois que le principe de la répartition du bénéfice au travail aura été appliqué sur une si grande échelle ». Les nouveaux statuts de l’association introduisent un article qui stipule que « La femme est admise à faire partie de la Société au même titre que l’homme. Il faut toutefois que la femme en puissance de mari obtienne son autorisation. »

Au cours d’une assemblée générale des ouvriers tailleurs de Paris, le 21 février 1871, Berné propose la fusion de l’association qu’il dirige et de la chambre syndicale. Contestant ceux qui qui critiquent l’émission d’actions de cent francs, il souligne : « il faut toujours un capital et l’association future, comme celles qui existent, ont besoin de cet argent ». La fusion reste à l’état de projet et Berné ne semble pas avoir joué de rôle politique pendant la Commune de Paris (mars-mai 1871).

En mars 1873, Berné et Bance font part aux lecteurs du quotidien Le Rappel des progrès qu’ils considèrent que leur structure a accomplis. « Nous venons encore d'agrandir nos magasins de vêtements sur mesure pour répondre aux besoins de notre nouvelle clientèle. Si nous sommes heureux de pouvoir vous signaler nos progrès, c'est surtout au point de vue de l'exemple que nous donnons aux autres travailleurs qui voudraient bien nous imiter, mais qui ne se figurent pas assez la possibilité de la réussite. Il n'y a pourtant qu'à vouloir; car, vous le savez, aucune société coopérative ne commencera plus modestement que nous avons été obligés de le faire. Et pourtant, aujourd'hui, certains du présent, nous songeons à l'avenir. Nous venons de voter la révision de nos statuts pour créer une caisse de retraite. »

Avec plusieurs personnalités politiques et des économistes, Berné prend part à la fondation, en mars 1875, de la banque du Crédit coopératif.

L’Association des ouvriers tailleurs participe à plusieurs expositions internationales, comme celle de Philadelphie (États-Unis) en 1876, où elle reçoit un diplôme d’honneur et une médaille, où celle de Paris en 1878. Elle compte 228 adhérents en 1876. Si sa réussite est saluée par la presse, les milieux économiques s’interrogent parfois sur le modèle social qu’elle présente. Ainsi, L'Économiste français écrit en décembre 1876 : « Nous sommes donc toujours en présence d’une entreprise de patrons capitalistes qui, quel que soit leur nombre, ne font pas, au demeurant, autre chose que ce que font beaucoup d’autres patrons et capitalistes isolés opérant pour leur propre compte. (…) Les ouvriers intelligents, ordonnés, prévoyants réussissent presque toujours à améliorer leur condition. (…) L’association permet de vaincre plus aisément certains obstacles, elle comporte, en revanche, des difficultés et des dangers auxquels échappent les entreprises individuelles. »

Chaque année, à partir au moins de novembre 1876, l’Association des ouvriers tailleurs organise un vaste banquet réunissant ses membres, leurs familles mais également des personnalités politiques de gauche : députés, sénateurs, conseillers municipaux de Paris et représentants de la presse républicaine. Ainsi, à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) en 1876, on note la présence de Louis Blanc, de Georges Clemenceau, de Charles Floquet ou du député de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux Alfred Talandier, tandis que Victor Hugo et Léon Gambetta se sont faits excuser. Berné explique cette invitation : l’Association s’est adressée à tous, sans acception de nuances, parce que, divisés sur le terrain de la politique, tous sont ou doivent être d’accord au point de vue des réformes sociales. La soirée s’est terminée par une collecte en faveur des familles des détenus politiques, notamment des anciens communards.

À suivre

 

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 8 novembre 2018. Début de la biographie d’Antoine Berné

Antoine Berné naît le 13 décembre 1828 à Moissac (Tarn-et-Garonne). Il est le fils de Jeanne Chaubet et de son mari Jean Berné, tailleur d’habits.

Il épouse, en août 1859 à Paris (2e arr.) Marie Ernestine Sainton, originaire de Loudun (Vienne).

Exerçant, comme son père, le métier de tailleur d’habits coupeur, fait partie d’un groupe de seize ouvriers tailleurs qui constituent, le 15 octobre 1863 l'Association générale des ouvriers tailleurs de la ville de Paris. Selon le journaliste Jean Barberet, qui fait l’historique de l’association dans le quotidien Le Rappel en août 1874, ils « se dirent qu'il était temps d’essayer la mise en pratique des principes que, depuis longtemps déjà, ils étudiaient en théorie ». Ils souscrivent au capital pour une somme importante de 3 000 francs, partiellement libérés.

Quatre d’entre eux travaillent au sein de la coopérative, qui a la forme d’une société en commandite, sous la responsabilité de Jean Mathieu Sauva, gérant. Elle est installée rue de Grenelle-Saint-Honoré à Paris (4e arr., act. rue Jean-Jacques-Rousseau) mais, après six mois, le propriétaire exige qu’ils retirent de leur enseignes la mention « association d’ouvriers ». Quoique payant d'avance, ils ont du mal à trouver un propriétaire qui accepte de les héberger, et s’installent rue Fontaine-Molière (1er arr., act. rue Molière).

Après deux exercices légèrement bénéficiaires, les fondateurs lancèrent un appel à leurs collègues de la corporation, pour les engager à se joindre à eux en décembre 1865. Ils transformèrent la structure en société à responsabilité limitée où chaque nouvel entrant devait acquérir une action de cent francs, en payant à l’entrée le quart de son prix. Selon Mathieu Brudon, qui s’exprimait en mars 1871 dans L’Ouvrier de l’avenir, « Un petit nombre de nos collègues répondit à notre appel, malgré la facilité des versements, qui étaient de un franc par semaine; la confiance est si difficile à établir entre semblables ! On est habitué à ne l’accorder qu’au monde officiel ou financier ». Malgré la déception de ce faible recrutement, la société nouvelle est formée en octobre 1866 à Paris avec 53 associés et un capital de 17 000 fr. Berné fait partie des sept membres du conseil d’administration. Il est probable qu’il ait exercé une fonction de direction dès cette période ; il est en tout cas désigné comme un des deux directeurs dans des communications publiées dans la presse à partir de mai 1870. Il partage alors cette fonction avec Brudon. En 1873, il est associé avec Pascal Bance. Il poursuit son rôle directorial entre 1874 et 1878 avec Toussaint puis en 1879 avec Serre. Il quitte la fonction en 1880.

Parallèlement au fonctionnement de la coopérative, Berné joue un rôle dans l’organisation sociale des tailleurs parisiens. La France a reconnu le droit de grève et d’action syndicale en 1864, mais par contre le droit d’association reste très limité par une loi de 1834.

Au cours du premier trimestre de l’année 1867, les ouvriers tailleurs parisiens revendiquent une hausse de leur rémunération et, face aux tergiversations des patrons, entament une grève. Berné devient un des animateurs du mouvement. Il profite de cette occasion pour faire de la propagande en faveur de la coopération de production. Le quotidien de droite La Presse, qui veut la fin du conflit, utilise la fonction de Berné dans sa société pour soutenir qu’elle le disqualifie en tant que représentant des tailleurs.

Pour soutenir les grévistes, et notamment pour financer leur subsistance, plusieurs personnes, dont Berné, constituent une Association fraternelle de solidarité et de crédit mutuel des ouvriers tailleurs, basée rue Rochechouart à Paris (9e arr.). Le préambule des statuts assure que « Les ouvriers tailleurs, résolus à résister, par tous les moyens que leur donne la loi, contre l’avilissement toujours croissant des salaires, et décidés à maintenir la limite de dix heures de travail au plus, afin de donner plus de temps à leur famille et à la culture de l’intelligence, ont décidé de fonder une Société dans le but de soutenir ces conditions ». Les animateurs de la grève font appel à la solidarité internationale, notamment celle des tailleurs britanniques, dont les syndicats versent une contribution à la caisse de grève et s’engagent à ne pas prendre de travail de la part de patrons français.

Le parquet du tribunal de Paris engage des poursuites pour association illicite de plus de vingt personnes et atteinte à la liberté du travail. Six personnes, dont Berné et Bance, président de la société, sont jugées le 2 août 1867 devant la sixième chambre correctionnelle ; seul le premier chef d’inculpation est alors retenu.

Berné est le premier des inculpés interrogés : « Nous n’avons pas cru du tout mal faire; nous avons imité ce que nous voyions faire ouvertement devant nous. [Question du président] Vous étiez plus de vingt personnes ?— [Réponse de Berné]. Oh ! Nous étions plus de deux mille. Q. Quel était le but de l’association? — R. De protéger nos intérêts, de faire respecter la dignité de l’homme. Q. La dignité de l’homme en tant qu’ouvrier tailleur. A quelles époques avaient lieu les réunions? — R. Elles n’avaient pas lieu à époques fixes. D. Dans quel but la Société s’est-elle réunie ? — R. C’était plutôt pour la grève que comme Société ; le comité proprement dit n’a pas eu le temps de fonctionner. D. Avez-vous quelque chose à ajouter? — R. Non, nous avons cru faire ce qui existait dans toutes les corporations, notre but était d’avoir quelques fonds pour subvenir à une grève quelconque. »

Le réquisitoire du procureur Pelletier reconnaît le droit de coalition, mais conteste le droit d’association. Pour lui « L’enjeu du procès, c’est la liberté du travail ! » Il souligne que Berné est membre du comité dirigeant. La défense est assurée par des avocats réputés, connus pour leur engagement politique et social : Ernest Picard, Emmanuel Arago, Emile Durier et Charles Floquet. Ce dernier, principal intervenant des plaidoiries, considère que « l’association découle du droit de coalition » et se félicite qu’il y ait eu 2 832 adhérents.

Le jugement rendu est sévère. Dans ses attendus, le tribunal relève que « si l’association est utile au développement des grèves, elle ne doit pas moins, dans l’intérêt de la sûreté publique, rester soumise à l’autorisation du gouvernement ». En application des articles 291 et 292 du Code pénal, issus de la loi du 10 avril 1834; la sentence « déclare dissoute la Société fraternelle de solidarité et de crédit mutuel des ouvriers tailleurs »; Bien que retenant « des circonstances atténuantes »; il condamne Berné, Bance, Coulon, Jeanroy, Jalinier et Deguergue chacun à cinq cents francs d’amende, somme importante. En appel, en absence des accusés, le jugement est confirmé le 23 août 1867. La Cour de cassation rejette leur recours le 7 février 1868, confirmant que les lois restrictives du droit de réunion et du droit d'association subsistaient.

Le procès a eu un grand écho dans la presse parisienne mais aussi en province. Le quotidien conservateur L’Univers commente ainsi : « On sait que la grève des ouvriers tailleurs s'était imposée avec un caractère de persistance telle, que la justice crut devoir faire des poursuites. Ces poursuites ont abouti à un jugement qui condamne six de ces ouvriers à 500 fr. d'amende et solidairement aux dépens. Mais le point important, c'est la dissolution de la société fraternelle de solidarité et de crédit mutuel des ouvriers tailleurs. Cette suppression a une grande portée, si l'on considère que presque foules les professions parisiennes ont constitué des sociétés de ce genre. Cette suppression frappe donc le principe de la grève dans sa base même. »

Une année plus tard, en juin 1868, le journal des milieux d’affaires, Le Temps revient sur ledit procès. « Nos lecteurs se souviennent encore de ce qui est arrivé l’an passé à la Société fraternelle de solidarité et de crédit mutuel des ouvriers tailleurs. Le jugement et l’arrêt qui ont prononcé la dissolution de cette société, et qui en ont frappé les membres d’une amende assez forte, ne sont pas encore oubliés. En voici la doctrine ou à peu près « Les ouvriers ont le droit de se coaliser ; ils ont la faculté de fonder des sociétés de crédit ; mais il leur est interdit de créer des caisses pour soutenir leurs coalitions; la combinaison de ces deux choses permises, la coalition et le crédit, devient un délit punissable sous le nom d’association non autorisée ». Pareille mésaventure vient d’échoir à l’Association internationale des travailleurs, frappée deux fois en trois mois par la justice, et qui a été avant-hier l’objet d’un sévère arrêt confirmatif ». Cette organisation est la première Internationale, qui regroupe des militants socialistes, communistes et anarchistes.

À suivre

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 00:01

Rémy Jules Martin naît le 19 janvier 1900 à Dadonville (Loiret). Il est le fils de Marceline Claire Garreau et de son époux, Jules Alfred Martin, qui habitent le hameau de Denainvilliers. Ce dernier est jardinier, probablement au château du lieu-dit.

Château de Denainvilliers (Wikipédia)

Étant alors cultivateur, Rémy Martin est mobilisé en mars 1920 dans le cadre de son service militaire au 8e régiment d’artillerie. Il devient brigadier en janvier 1921 puis est hospitalisé, le mois suivant, pour sept semaines à l’établissement militaire de Percy à Clamart (Seine, act. Hauts-de-Seine) pour bronchite. Démobilisé en mars 1922 il sera promu, dans la réserve, maréchal des logis en juin 1927.

À la sortie de l’armée, Rémy Martin devient gardien de la paix dans la police parisienne. Il vit d’abord dans un casernement boulevard du Palais à Paris (4e arr.). Après avoir épousé, en septembre 1923 à Isserpent (Allier) Mathilde Terrenoire, ils s’installent en 1925 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il travaille probablement. Ils vivent d’abord dans le centre de la commune rue de Paris puis s’installeront dans le quartier de Polangis d’abord avenue Oudinot puis rue Bourguignon.

Complémentairement à son activité professionnelle, Rémy Martin est actif au sein de la société de secours mutuels dite Amicale de la préfecture de police. Il est collecteur de cette mutuelle en 1933 et délégué pour Joinville-le-Pont en 1938.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Rémy Martin est affecté spécial à son poste au sein de la police de Paris jusqu’en juin 1944. Son épouse étant décédée en 1940, il se remarie en février 1943 à Joinville avec Joséphine Rouillé, ancienne commerçante divorcée.

Joséphine Rouillé devant son commerce, vers 1929

Après le conflit, il devient officier de paix en janvier 1955 avec le titre de brigadier-chef en juillet 1955. Il est alors à Charenton-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Rémy Martin meurt le 21 février 1971 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 71 ans et père de deux enfants, issus de son premier mariage. Il avait obtenu en avril 1933 une mention honorable du fait de son activité mutualiste. Pour la même cause, il est décoré du Mérite social en mars 1938.

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 00:01

François Charles Félix Allard naît le 28 décembre 1840 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Catherine Maubrey et de son mari Pierre Joseph Allard, de nationalité belge et possède donc également à la naissance cette nationalité. Un décret de juillet 1879 donna à Félix Allard un droit de séjour permanent. Il est ultérieurement présenté comme étant de nationalité française.

Exerçant la profession de quincailler à Paris (2e arr.), il épouse Clémence Joséphine Latourte en avril 1868 à Boulogne (act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Sa femme décède en février 1870.

Au début des années 1870, Félix Allard s’est lancé dans la fabrication et la commercialisation de coffres-forts. Il dispose, à Paris, d’une boutique boulevard Saint-Martin puis boulevard Sébastopol et d’une usine, rue de Charonne. Dans ses publicités, il assure que ses coffres étant tout en acier, d’une seule pièce, seraient incombustibles et incrochetables. Il poursuit son activité jusqu’en 1907. Il participe à des expositions à Paris et Lyon en 1872, puis à l’exposition universelle de 1878 à Paris. Par contre, il refuse d’aller à celle de Londres en 1889, parce qu’on ne lui avait réservé qu’un emplacement de 1 m 50 de façade, alors que l'exposition de son coffre-fort principal nécessitait déjà une longueur de 1 m 80. À partir de 1899, il se présente comme ingénieur.

Domicilié à boulevard Saint-Martin à Paris (11e arr.), Félix Allard se remarie en février 1890 dans cet arrondissement avec Marguerite Lamy. Le maire de Nogent-sur-Marne, Charles Pimbel, fait partie des témoins du mariage. Le couple s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue de Paris puis plus tard quai Beaubourg (act. quai du Barrage) puis avenue pauline, dans le quartier de Polangis, avant de revenir rue de Paris.

À côté de son activité industrielle, Allard est propriétaire de plusieurs terrains et immeubles : au Perreux, une vaste villa est mise en vente en août 1891 ; à Joinville, un hôtel-restaurant est cédé en août 1899 ; à Paris (2e arr.), plusieurs immeubles sont exploités rue du Caire vers 1900. Quant à l’activité de fabrication de coffres-forts, Allard l’arrête vers 1907.

La principale forme d’engagement de Félix Allard se situe dans le domaine des organismes à vocation sociale. Il est en 1880 l’un des fondateurs de la Société de protection mutuelle des voyageurs de commerce et en devient le trésorier. Il garde cette fonction pendant trente ans. Le président fondateur est Charles Mallet, suivi par Georges Carton, Victor Bonjean puis Pierre Cachet. Henri Brisson, député et président de la Chambre en est le président d'honneur lors de la constitution de l’association. En 1898, la société a versé des indemnités à 615 malades pour une trentaine de jours chacun en moyenne, apporté des secours aux sociétaires incurables, à leurs veuves ou enfants, finance les funérailles, constitué un fonds de retraite. Elle gère aussi un bureau qui a fourni 87 emplois fixes et 383 à la commission. La situation prospère de la société vaut régulièrement des félicitations à Allard. Il devient trésorier honoraire en décembre 1911 et reste administrateur.

Dans sa commune, Félix Allard préside en 1897-1898 une société d’épargne intitulée La Tirelire de Joinville. Elle place 300 livrets dans la population. Il est également le président fondateur, en 1897 toujours, de la Société amicale des pêcheurs. L’Union amicale de Joinville-Champigny, fondée en 1910, va également compter Allard comme président. Elle organise chaque année des concerts dans le quartier de Polangis.

Après la catastrophe de l'usine de Bi-Métal de Joinville-le-Pont, dont l’explosion d’une chaudière en février 1895 fait quatre morts, Allard organise une quête et présente le compte-rendu de l’utilisation des fonds recueillis en novembre la même année. Il est également membre honoraire de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de la commune.

Dans le domaine politique, Félix Allard manifeste une nette proximité avec les républicains et radicaux-socialistes. En 1883, il participe très activement à la constitution d’un monument à la gloire de Léon Gambetta, opposant républicain au second Empire, membre du gouvernement de la défense nationale en 1870, qui proclame le retour de la République le 4 septembre 1870, et fut, avec le « programme de Belleville » en 1869, l’inspirateur du mouvement radical-socialiste.

Dans la commune de Joinville, Allard est présenté comme étant la seule personne du public assistant au conseil municipal en décembre 1894, à un horaire qui déplaît au journaliste radical membre de ce conseil, Henry Vaudémont, puisqu’il se tient l’après-midi. C’est lui aussi qui demande, et obtient en février 1898, l’affichage analytique des décisions du conseil municipal.

À plusieurs reprises, Allard fait partie des bureaux en charge de l’organisation de réunions publiques de compte-rendu de mandat. C’est le cas pour le conseil municipal de Joinville en avril 1896 et en février 1911 ou pour le député de la circonscription, le radical Jules Ferdinand Baulard en octobre 1896.

On trouve aussi Félix Allard en tant que président du cercle de Joinville en 1916. Ledit cercle est celui « autour du billard duquel les élections municipales ont la réputation de se faire » écrivait, en mai 1891 l’hebdomadaire radical Voix des communes. Une pratique abandonnée en 1892, selon ce journal. Peut-être se réunit-il dans les locaux de la Société nautique de la Marne.

Félix Allard meurt le 23 mai 1923 à Joinville ; il est inhumé à Bry-sur-Marne. Il était âgé de 82 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant. Félix Allard était décoré des Palmes académiques, officier d’académie depuis janvier 1898 et officier de l’instruction publique depuis novembre 1907. Il avait reçu la médaille d'argent de la prévoyance sociale en décembre 1895 puis la médaille d'or en février 1911.

Coffre-fort Félix Allard, vers 1880

 

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie d’Achille Mermet

La première incursion connue d’Achille Mermet dans le domaine politique se fait lors des élections municipales de mai 1908 à Joinville-le-Pont, où il réside. Il est présent sur la liste du maire sortant, Eugène Voisin, présentée par le comité radical-socialiste présidé par Albert Gallas. Elle remporte 21 des 23 sièges à pourvoir, en laissant un à une liste dite socialiste évolutionniste, composée de dissidents socialistes et radicaux ainsi que de libéraux, et un autre à un indépendant. Les socialistes SFIO, qui se présentaient aussi, n’ont pas d’élu. Mermet accède à sa fonction au second tour, avec 600 voix pour 1 188 suffrages exprimés (50,5%). Eugène Voisin est reconduit, avec comme adjoints Georges Briolay et Paul Villain.

Les séjours estivaux à Noirmoutier du professeur Mermet dans sa villa La Fougeraie et son yacht Milianne ont une finalité d’abord touristique. Cependant, il devient également une personnalité locale. En août 1908, lors d’une excursion sur l’île organisée par le Touring-Club de France, Mermet est un des quatre orateurs à s’adresser aux visiteurs, avec le maire de Noirmoutier, le préfet de Vendée et le président de la Ligue Maritime. Il n’oublie pas son engagement politique, qui s’intensifie après sa retraite de l’enseignement en janvier 1910.

En juillet de cette même année, Mermet est candidat républicain au conseil général dans le canton de Noirmoutier, qui contient les deux communes de l’île vendéenne. Son adversaire conservateur, Jeanneau, étiqueté progressiste, est réélu. Cependant, Mermet se félicite d’avoir su grouper 500 voix qui constitueraient « le noyau des démocrates » face aux « représentants des régimes déchus ».

Un Comité républicain radical de l’île de Noirmoutier est constitué et Mermet est désigné comme président en août 1910. Dans une allocution, reproduite par le quotidien Le Phare de la Loire, il rend hommage aux « vieux et sincères républicains du pays ». Il assure que « notre grand parti démocratique représente l’ordre avec l’honneur et la liberté pour toutes les idées religieuses » et honore les catholiques fervents qui, à côté des libres-penseurs, ne pensent pas que les établissements laïques sont « des écoles du diable », mais des centres éclairés où on apprend le respect de toutes les libertés. Bien qu’il se déclare indépendant, le Comité, selon Mermet, « compte sur la bienveillance de l'Administration, puisque, préfets et sous-préfets sont des républicains radicaux, comme nous ». Il entend défendre « les fonctionnaires qu’on essaye d'intimider, et tous les humbles, tous les exploités, ouvriers de la ferme ou de l’atelier, marins, prêcheurs, palourdiers que l'on traite comme des esclaves, paludiers dont ou fraude les bulletins de vote ».

Lors d’un hommage rendu, en septembre 1910, à M. Stoecklin, greffier, républicain et président de la société de gymnastique du canton au Cercle des Travailleurs de Noirmoutier, Mermet constate l’efficacité de sa candidature cantonale : « M. Jeanneau, réélu, s’est définitivement rallié à la gauche du Conseil général. »

Exerçant également des responsabilités en matière sociale, Achille Mermet est, en 1911, président de la Société de secours mutuels de l’île de Noirmoutier, une structure ancienne qui fonctionnait déjà en 1883 au profit des pêcheurs.

À ce titre, il accueille, en août 1911 Gaston Guillemet, ancien député de la Vendée, président de l’Union des Sociétés mutualistes du département sur le thème des retraites ouvrières, après l’adoption de la loi du 5 avril 1910. Mermet, d’après Le Phare de la Loire, « montre le travailleur d’hier, ouvrier de l’usine, de l’atelier ou des champs, atteint par la vieillesse, brisé par la fatigue et les maladies, incapable de gagner son pain, sans ressources, à charge à lui-même, à la société, obligé de tendre la main en attendant la mort quelque part, sur les grands chemins... Avec la nouvelle loi, au contraire, c’est moyennant un versement quotidien infime, le pain assuré pour les vieux jours ». Mermet s’étonne cependant que la nouvelle loi ne compte pas autant d’adhérents qu’il estimait être en droit d’en attendre. Il reconnaît cependant qu’elle est « perfectible. »

Mermet est également membre du bureau de l’Union des présidents des sociétés de secours mutuels de France.

Au cours du mois d’octobre 1912, participe au congrès du parti radical-socialiste à Tours, en tant que délégué de la Vendée. Il était pourtant à Joinville-le-Pont en conflit avec la structure locale de cette formation.

À suivre

La Fougeraie, maison de Mermet à Noirmoutier

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 00:01

Octave Marie Greslon naît le 24 février 1863 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Cornélie Augustine Louise Dujardin, couturière et de son mari Philippe Clément Greslon, jardinier.

La famille Greslon s’installe, vers 1869, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. Octave Greslon, devenu serrurier, s’y marie en février 1886 avec Marie Eugénie Breuil. Il vit ans le quartier du Vieux Saint-Maur, place d’Armes puis rue de la Procession.

En 1897-1898, Octave Greslon est secrétaire du comité républicain radical-socialiste communal. C’est lui qui convoque les conseillers municipaux de cette tendance et tente de mettre fin au conflit au sein des radicaux locaux, dont une partie veut soutenir, lors des élections législatives de 1898, l’ancien maire de Saint-Maur, républicain modéré, Piettre, contre le candidat sortant, le député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard. Avec les cadres radicaux de la circonscription, Greslon s’insurge contre la fait que les partisans de Piettre aient constitué un « Comité central républicain radical-socialiste du canton de Saint-Maur », concurrent du leur et non reconnu par les instances départementales du mouvement radical. En mai 1898, Piettre renonça à se présenter et Baulard fut réélu.

Un an après la naissance de son troisième enfant, son épouse meurt en novembre 1898. Octave Greslon s’installe alors à Joinville-le-Pont, commune voisine, et s’y remarie en septembre 1899 avec Yvonne Zélia Mary. Il travaille, comme son fils aîné, comme serrurier-mécanicien pour l’entreprise Gosset de Joinville.

N’ayant plus d’activité politique publique, Octave Greslon est par contre engagé en matière sociale. Il est administrateur en 1906-1908 de l’Union fraternelle, société de secours mutuels s’intéressant aux communes de Saint-Maur, Joinville et Saint-Maurice, dont son père avait également été un des cadres quand elle portait le nom de société de Saint-Nicolas.

Le préfet nomme également Octave Greslon membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance de la commune de Joinville, où il côtoie un ébéniste Louis-Auguste Roussel et deux rentiers, Georges Maizière et Daniel-Dominique Philip

Après la première guerre mondiale, Octave Greslon ne réside plus à Joinville-le-Pont. Peut-être s’installe-t-il à Tillières-sur-Avre (Eure), où l’on retrouve entre 1926 et 1930 ses trois plus jeunes enfants. La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

Pour son activité dans la mutualité, Octave Greslon avait obtenu en juillet 1908 une mention honorable. Son deuxième fils, Henri Eugène, militant communiste et résistant à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, mourra en camp de concentration.

La rue du Canal à Joinville, 1900

 

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 00:01

Paul Henri Desplain naît le 24 décembre 1869 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Flore Alphonsine Caroline Desplain, couturière, qui vit rue Constance et d’un père non désigné. Le mariage en décembre 1872 à Paris (19e arr.) de sa mère avec Étienne René Davezies le légitimera.

Bien que né en milieu urbain avec des parents qui restent parisiens, Paul Henri Davezies est d’abord cultivateur à Chézy (Allier) en novembre 1890, quand il effectue son service militaire dans le 160e régiment d’infanterie. Nommé caporal en août 1891, il devient sergent en mars 1893 et est démobilisé en novembre de la même année.

Après sa période à l’armée, il revient en région parisienne, d’abord en 1894 à Nogent-sur-Marne, avenue du Val-de-Beauté (Seine, act. Val-de-Marne) avec ses parents puis en 1895 à Saint-Maurice, Grande-Rue, commune proche où il est journalier.

Il se marie en octobre 1898 à Saint-Maurice avec Rose Marie Élisabeth Ferrand, également journalière dans la ville, et ils s’installent ensuite dans la commune voisine de Joinville-le-Pont. Ils s’installent dans le quartier Schaken, rue du Viaduc puis avenue de Joinville.

À partir de 1911, Paul Henri Davezies est employé par La Canalisation électrique, usine de câbles et fils électriques à Saint-Maurice fondée en 1896 par les frères Brait de la Mathe puis rachetée en 1912 par les Tréfileries du Havre.

Malgré ses 44 ans, Paul Henri Davezies est mobilisé au cours de la première guerre mondiale, en août 1914, d’abord dans le 36e régiment d’infanterie avant d’être, en septembre la même année, affectée à la 22e section de commis et ouvriers d'administration (COA). Tout en y restant incorporé, il est détaché en août 1917 dans son usine, puis démobilisé en décembre 1918.

Après le conflit, Davezies poursuit son activité au sein de La Canalisation électrique. Il participe à la société de secours mutuels du personnel de l’entreprise, fondée en juillet 1910 par Antoine Fabre. Il en est le président en 1925 et transmet la fonction en mai 1933 à Paul Lombart.

Dans sa ville de résidence, Joinville, il se charge de signaler à l’autorité les lampes ne fonctionnant pas de son quartier à partir de novembre 1926.

Ayant pris sa retraite, Paul Henri Davezies quitte Joinville pour s’installer chez son fils aîné, Alexandre René, à Rosny-sous-Bois, chemin des Soudoux. Il y vit en 1935, âgé de 65 ans. sa date de décès n’est pas connue. Décoré en février d’une médaille d'argent d’honneur des ouvriers, il avait également obtenu en avril 1933 une mention honorable pour ses responsabilités mutualistes.

Le troisième de ses fils, Maurice Davezies (1909-1991), participera à la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale en tant que membre des Forces françaises de l’intérieur.

La Canalisation électrique, Saint-Maurice

 

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19 octobre 2020 1 19 /10 /octobre /2020 00:01

Marcel Henri Robin naît le 19 septembre 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Florence Joséphine Beaumann, couturière, et de son mari Auguste Robin, jardinier qui travaille pour la ville de Paris. La famille réside dans le centre de la commune, rue de Paris.

Le père, Auguste Robin, est d’écoré en février 1923 d’une médaille d’honneur agricole et obtient, en mars de la même année, une mention honorable pour son rôle de visiteur de la Société de secours mutuels des gardes et cantonniers de la ville de Paris.

Marcel Robin commence à travailler tôt puisque, au premier semestre 1911, alors qu’il a 14 ans, il est mentionné comme employé de la mairie de Joinville. Il s’est inscrit à la Société de préparation militaire du Parangon, installée sur le site de l’école coloniale dirigée par le Dr Henri Rousseau, et obtient, à ce titre, un diplôme d’honneur en août 1913.

Comme fonctionnaire municipal, Robin a été placé en sursis d’appel. Cependant, il devance l’appel de sa classe pour le service militaire, lui-même anticipé avec le déclenchement de la première guerre mondiale, et s’engage volontairement pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.) en septembre 1914. Il est affecté au 18e régiment d’infanterie et devient caporal en novembre 1914 puis sergent en février 1916. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre du régiment en novembre de cette année-là : « commandant un flanc garde du bataillon, a contribué par son attitude énergique à repousser une vigoureuse contre-attaque ennemie ». Il est démobilisé en septembre 1919.

Poursuivant son activité à l’hôtel-de-ville de Joinville, il en est le secrétaire adjoint en 1924, remplaçant Eugène Ernest Chauvin, devenu secrétaire général au départ d’Eugène Henri Doret.

En juin 1924, Marcel Robin épouse Marguerite Anne Louise Guérin, employée de banque et résidant dans le quartier de Polangis. Ils s’installent sur l’autre rive de la Marne, rue de Créteil (act. boulevard du maréchal-Leclerc). En avril 1925, la commune avait accordé à Marcel Robin un congé pour raison de santé. Son épouse meurt en juin de la même année, quelques jours après avoir donné naissance à leur fils Jean.

Parallèlement à son travail administratif, Robin s’implique dans la vie d’associations sociales. Il est, en 1923, secrétaire de la principale société locale de retraites, la 1164e section de la société Les Prévoyants de l’avenir. Il continue d’exercer la fonction en 1938. Robin est également en 1926 administrateur de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville et le reste en 1935.

Il devient, en avril 1935, secrétaire général de la commune au départ en retraite de Chauvin. L’hebdomadaire Voix des communes remarque qu’il est un « enfant du pays, élevé à la mairie. » Son livret militaire note qu’il séjourne, en 1937, à Lagos, au Nigéria.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Robin est affecté à son poste en mairie et démobilisé de fait fin juin 1940. Il présente, en mai 1941 les « félicitations du personnel municipal » à Léon Lesestre, le maire (droite) élu en 1925 et reconduit dans ses fonctions par le régime de Vichy.

À sa place, il organise le Noël du maréchal Pétain en décembre  1941 avec le Secours national d’entraide. Dans son discours à cette occasion, le maire appelle à «  bien aimer le maréchal, sauveur de notre France ». Robin est également secrétaire du Comité d’assistance aux prisonniers, qui envoie des colis à Noël et à Pâques et peut soutenir les familles. C’est lui qui présente le rapport moral et le rapport financier de cette institution en janvier 1943 ; le comité a, à ce moment, des « finances florissantes. »

Deux fonctionnaires municipaux, François Balemboy, secrétaire général adjoint et un autre cadre, Georges Karcher, organisent au sein de la mairie le soutien à la lutte contre l’occupation allemande, diffusant les publication du Mouvement Résistance et soutenant avec de faux papiers les personnes voulant échapper au service du travail obligatoire (STO). La participation de Robin à ce réseau n’est pas attestée, mais son maintien en poste avec ces deux derniers après la Libération en août 1944 indique qu’il n’a sans doute pas fait obstacle à cette activité ; le maire et ses adjoints ont, par contre, été démis et arrêtés par le comité local de libération.

Après le conflit, Robin doit piloter un important programme de construction d’équipements et de voirie. Il est toujours en poste en 1953 et le reste peut-être jusqu’en 1961.

Marcel Henri Robin meurt le 23 novembre 1977 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Il était âgé de 81 ans. Il était titulaire de nombreuses médailles : Croix de guerre avec étoile de bronze, Croix du combattant volontaire (accordée en juillet 1936), Croix du mérite de guerre italienne, mention honorable au titre de son activité dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers (novembre 1926), mention honorable au titre de son activité dans la société Les Prévoyants de l’avenir (août 1933), médaille d'argent des employés communaux (avril 1944) et Palmes académiques comme officier d’académie (février 1939).

Son fils Jean Robin, enseigne de vaisseau sur le porte-avions Arromanches qui patrouillait en Indochine, avait été abattu dans son avion en vol en décembre 1953, pendant la guerre du Viêt-Nam.

Mairie de Joinville-le-Pont, vers 1960

 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 00:01

Louis Castanet naît le 28 novembre 1866 à Paris (8e arr.). Il est le fils de  Marguerite Castanet, couturière, et d’un père non dénommé ; sa mère le reconnaît officielle deux ans plus tard.

Vers 1886, il est embauché comme facteur dans l’administration des postes. Au moins à partir de 1891, il est affecté au bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qui est dirigé depuis environ 25 ans par Antonine de La Chassaigne de Sereys, épouse du colonel Broutta. Le bureau avait été doté, en 1872, du service télégraphique. En novembre 1893, la ligne téléphonique reliant Joinville à Paris est inaugurée.

Louis Castanet épouse en février 1893 à Auchel (Pas-de-Calais) Maria Élisabeth Joseph Paillard, fille d’un mineur de houille. Ils vivent à Joinville dans le quartier du Centre, d’abord quai Beaubourg (act. quai du Barrage) et rue Bernier.

En octobre 1896, Louis Castanet fait partie des membres fondateurs de la 1 164e section de la société civile de retraites Les Prévoyants de l’avenir, créée en 1880. La section est basée à Joinville. Elle est présidée par Maurice Watrinet, directeur de funérailles et ancien secrétaire général de la mairie, futur adjoint au maire (conservateur) de la commune. Castanet en est le trésorier jusqu’en 1900. Il en devient ensuite vice-président et conserve la fonction jusqu’en avril 1923.

Lors du congrès de cette organisation en septembre 1904, Castanet est élu membre du conseil d’administration de l’Association générale des sous-agents des postes. Le droit syndical n’existant pas à ce moment dans la fonction publique, l’Association générale en tenait lieu pour les facteurs. Le congrès avait mis à son jour les questions de l’avancement et de la retraite. Mais il se prononça aussi au sujet de la guerre russo-japonaise alors en cours et se conclut sur les cris de « Vive la République sociale ! Vive l'association une et indivisible ! »

Lors du congrès d’octobre 1905, qui voit Roblet succéder à Bébin à la présidence de l’Association générale, Castanet est réélu, avec 393 voix, membre du conseil d’administration. En juillet 1908, il est délégué de la Société générale de l'orphelinat des sous-agents à Paris. Il s’associe à l’hommage rendu, en octobre 1912, à François Labarre, dirigeant mutualiste et est toujours membre du conseil en 1913.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Castanet est mobilisé. Au total, avec son service militaire, il aura effectué cinq ans dans l’armée.

Depuis 1911, Castanet semble ne plus résider en permanence à Joinville-le-Pont, même s’il est mentionné en relation avec la commune jusqu’en 1935 dans divers documents d’état-civil ou articles de presse et qu’il mentionne une adresse dans la ville dans des démarches officielles.

Louis Castanet meurt le 6 novembre 1955 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 88 ans et père de cinq enfants. Il avait été attributaire de deux mentions honorables pour son activité sociale en avril et juillet 1908.

La Poste de Joinville vers 1900 avec deux facteurs, dont peut-être Louis Castanet

 

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