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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 00:01

Paul Léon Rieux naît le 8 juillet 1888 à Seytroux, Haute-Savoie. Il est le fils de Josephte Eugénie Mudry et de son époux Joseph Rieux, instituteur.

Appelé au service militaire alors qu’il est étudiant, Rieux rentre dans l’artillerie dans un bataillon d’Albertville. Il est promu brigadier puis maréchal des logis en 1910 ; libéré en octobre 1911, il effectue une période de réserve en avril 1913 et est rappelé lors de la mobilisation générale de la première guerre mondiale en août 1914. Toujours affecté à l’artillerie lourde, il est nommé sous-lieutenant en juin 1916 puis lieutenant en juin 1918. Démobilisé en octobre 1919, il réside alors à Évian. Son parcours militaire lui a valu trois citations à l’ordre du régiment, de l’armée et du corps d’armée ; il est titulaire de la croix de guerre avec deux étoiles de bronze et d’argent.

Le mariage de Paul Léon Rieux avec Marguerite Juliette Richard-Cugnet est célébré en avril 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son épouse est la fille de Maurice Richard-Cugnet, alors conseiller municipal de Joinville et lui aussi originaire de Haute-Savoie, et la sœur de René Richard-Cugnet, qui siège également dans l’assemblée communale à partir de novembre 1919. C’est sans doute ce dernier, sous-lieutenant d’artillerie, qui fait se rencontrer les futurs époux. Les mariés s’installent dans la propriété des beaux-parents, avenue Jamin (quartier de Polangis).

Après avoir été employé de commerce, Rieux devient industriel. Il ouvre un atelier de décapage et polissage sur métaux, notamment de nickelage et dorure. Ses activités sont installées à Paris (3e arr.) d’abord rue Chapon puis rue du Temple.

Comme avant lui son beau-père et son beau-frère, Rieux va s’engager dans la politique locale. Il participe à la création d’une liste plutôt opposée à la municipalité de Georges Briolay (radical-socialiste) lors d’une élection municipale partielle en octobre 1934. Intitulée Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, la liste est conduite par une personnalité conservatrice, Léon Lesestre, mais comprend également un radical-socialiste, Émile Herluison. Son objectif est de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles. »

Arrivée en tête face à une autre liste comprenant plusieurs commerçants et à celles du parti socialiste SFIO et du parti communiste, le Comité de coordination emporte au second tour les dix sièges à pourvoir contre le PCF, après retrait des deux autres listes. Au premier tour, Rieux recueille 851 voix sur 2 297 suffrages exprimés (37%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, il obtient 1 111 votes pour 1 903 exprimés (58,4%) et 1 964 votants. Il est élu.

Pour les élections municipales générales de mai 1935, Rieux se présente avec l’Union des républicains qui revendique une « séparation de l’administration municipale et de la politique ». Elle défend un programme axé sur la « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène ». S’opposant à la liste radicale-socialiste du maire sortant Georges Briolay, elle fait face de nouveau à deux listes SFIO et PCF. La liste, soutenue par la droite locale, arrive en tête au premier tour. Face au regroupement des candidats socialistes et communistes et avec le maintien de la liste de la municipalité sortante au second tour, elle emporte 25 des 27 sièges à pourvoir. Au premier tour, Rieux recueille 956 voix sur 2 856 suffrages exprimés (33,5%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, il obtient 1 180 votes pour 2 899 exprimés (40,7%) et 2 924 votants. Il est réélu et Léon Lesestre devient maire.

Parallèlement à son activité professionnelle et à son engagement politique, Léon Rieux a également un rôle social en tant que président de la Société philanthropique savoisienne et de l’association des Enfants de Seytroux. Fondée en 1833, la Société philanthropique savoisienne est la doyenne des organisations d'originaires de province ayant leur siège à Paris. Reconnue d'utilité publique, elle vient venir en aide aux Savoisiens au chômage ou sans ressources. Alors vice-président, Rieux devient président fin 1935. Conformément aux statuts, il quitte sa fonction en décembre 1938. Il intègre alors l'Académie chablaisienne, basée à Thonon (Haute-Savoie) ; il en est toujours membre en 1943.

Ayant effectué deux périodes d’instruction en avril 1929 et octobre 1937, Rieux est rappelé lors de la deuxième guerre mondiale le 31 août 1939, bien qu’il ait alors 51 ans. Il est affecté à la commission d’achat et de réquisition du Parc régional de réparation et d'entretien du matériel d’artillerie (PRREM) de Lyon, Rhône. En décembre 1940, Rieux est démobilisé et réside toujours à Joinville.

Il reprend alors son activité municipale, participant notamment au Noël des vieillards organisé en décembre 1941 par le Secours national, organisation sous la houlette du maréchal Pétain, chef de l’État basé à Vichy. Lors de la réforme de l’administration locale, décidée par le régime en place, les conseils municipaux élus sur remplacés par des structures désignées. À Joinville, Rieux est renommé conseiller municipal par arrêté préfectoral du 20 février 1942. Léon Lesestre reste maire ; ce dernier et ses adjoints seront arrêtés, en août 1944, par le comité local de libération.

Paul Léon Rieux meurt le 17 février 1977 à Nice (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 88 ans et avait eu un enfant. Décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles de bronze et d’argent, il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie depuis février 1938 et chevalier de la Légion d’honneur.

Le fils de Paul Léon Rieux, André Rieux (1920-1997), s’est engagé dans la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il a été reconnu comme membre des Forces françaises de l’intérieur.

 

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 00:01

Suite de la biographie de Louis Ravet

En juin 1909, avec d’autres artistes, de la Comédie-Française (comme de Féraudy), de l'Opéra; de l’Opéra-Comique ainsi que des théâtres privés comme les Bouffes-Parisiens, l'Ambigu, le Grand-Guignol, le Vaudeville, le théâtre Sarah-Bernhardt ou le Palais-Royal, Louis Ravet est à l’initiative de la création de l'Œuvre de Rapatriement des Artistes, qui est présidée par Hubert Génin, directeur de la scène du théâtre du Châtelet et journaliste au quotidien Comœdia. Il participe à une course pour lever des fonds en faveur de l’association, dont l’objet est d’aider des artistes qui se retrouvent, parfois loin de chez eux, abandonnés lors de tournées qui s’arrêtent brusquement. Il est toujours administrateur en 1920 et est toujours une des vedettes des manifestations sportives, comme en juin 1913 au Vélodrome du Parc des Princes à Paris.

La réputation sportive de Ravet est forte, et le poète et humoriste Hugues Delorme lui consacre un poème en mars 1910. S’il fait également du vélo, de l’aviron, de la course et des sports de combat, l’activité principale de Louis Ravet est la navigation. Il est affilié au Cercle de la Voile de Nogent-Joinville et possède successivement plusieurs yachts, comme Santos en 1909, Grand-Bob en 1911, puis Dash. Il est toujours engagé dans des compétitions en 1920. En 1915, Ravet est président du Cercle.

Parallèlement à son métier d’acteur, à ses engagements sociaux et à son activité sportive, Louis Ravet manifeste également un intérêt pour les questions techniques. Ainsi, en avril 1911, il propose un système de sauvetage pour sous-marins.

La France avait vécu avec émotion le naufrage du sous-marin Pluviôse, percuté par le paquebot le Pas-de-Calais, au large du port de Calais, faisant vingt-sept victimes le 26 mai 1910. Un second accident vient renforcer la sensibilité populaire à ce sujet. Lors d’un exercice militaire au large de Cherbourg (Manche) le 7 juin 1912, le sous-marin Vendémiaire est heurté par le cuirassé Saint-Louis. Il coule avec ses 24 hommes d’équipage. En 1911, la marine avait ouvert un concours à ce sujet, auxquels 300 inventeurs avaient répondu. Ravet proposa un système utilisant un ponton flottant ; il est repris par un ingénieur de la marine et jugé intéressant en juin 1912 par le ministère. Cependant, il fut écarté en juillet.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Ravet est mobilisé comme garde des voies de communication, affecté à la gare d’Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine), commune où réside son ancien professeur, Eugène Silvain.

Un accident implique Louis Ravet en février 1915. Il conduisait la voiture d’Henri Flachon, journaliste au quotidien Le Radical, dans une rue de Saint-Cloud et, en reculant, il blesse un enfant de cinq ans. Il est jugé en juillet pour ces faits par le deuxième Conseil de guerre de Paris. Le journal Le Figaro s’étonne qu’on mobilise à ce titre la justice militaire, remarquant que la justice civile punissait le délit de blessure par imprudence par des amendes de seize à cinquante francs. Le jugement ne semble pas avoir eu d’incidence sur Louis Ravet, qui était devenu caporal en mai 1915. Fin juillet, il était une des vedettes de la fête pour les blessés, donnée dans le parc de la villa du Bois des Moines de La Varenne, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est promu sergent en novembre de la même année. À partir d’avril 1917, il est placé en sursis d’appel au titre d’artiste de la Comédie française.

Après le conflit, Louis Ravet tente à nouveau de devenir sociétaire de la Comédie-Française, mais après de nouvelles tergiversations, il quitte la Maison de Molière en septembre 1919, après vingt ans comme pensionnaire et malgré une presse toujours bien disposée à son égard. Il entame des tournées en province et à l’étranger, par exemple en Égypte, en Belgique ou au Canada.

Il revint jouer à Paris en 1929 mais, malade du foie, cessa ses représentations deux ans plus tard.

Louis Ravet meurt le 7 avril 1933 à Joinville. Il était âgé de 62 ans. Ses obsèques sont organisées à l'église Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont. À sa demande, aucun discours ne fut prononcé. Il fut enterré avec un exemplaire du Misanthrope dans sa main et dans le costume d'Alceste, le personnage principal de la comédie de Molière.

Titulaire des Palmes académiques en tant qu’officier de l’instruction publique depuis janvier 1910, Louis Ravet a eu un fils.

Fin.

Louis Ravet

 

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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 00:01

Début de la biographie de Louis Ravet

Henri Louis Ravet naît le 14 juin 1870 à Paris (1er arr.). Il est le fils de Marguerite Ernestine Trebujay et de son mari, Henri Joseph Ravet, bouchers. Il a vu le jour deux semaines après la fin de l’insurrection populaire de la Commune de Paris.

Lorsqu’il est appelé au service militaire, en avril 1891, il obtient un sursis en tant qu’élève du Conservatoire national de musique à Paris, où il suit les cours de comédie et de tragédie d’Edmond Got puis d’Eugène Silvain, qui furent tous deux doyens de la Comédie-Française et enfin ceux de Maurice de Féraudy, sociétaire de la même troupe. Mobilisé en novembre 1891, il n’effectue que dix-huit mois de période militaire au 79e régiment d’infanterie. Cependant, n’ayant paraît-il pas produit les certificats prévus à cet effet au sortir de son cursus, il est rappelé de nouveau pour poursuivre sa conscription en février 1896 ; il ne fera qu’un mois lors de ce deuxième appel, étant alors dispensé en tant que « fils aîné de veuve », son père étant mort début mars cette même année.

Entre ses deux périodes en tant que conscrit, Louis Ravet avait terminé ses études de théâtre, ayant obtenu en 1895 un second prix de comédie et un second accessit de tragédie. Il commença sa carrière d’acteur dans trois théâtres parisiens, l'Odéon, le Châtelet et l'Ambigu puis intégra, en tant que pensionnaire, la Comédie-Française en juin 1899 quand il tint le rôle de don Matias dans la pièce de Victor Hugo, Hernani. Il resta vingt ans dans cette même institution, jusqu’en septembre 1919.

Après avoir vécu sur l’île Saint-Louis à Paris (4e arr.), puis rue de Turbigo (1er arr.), Louis Ravet acquiert une propriété sur l’île Fanac, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). il y réside en 1901 et y sera domicilié ensuite, même s’il dispose probablement d’un pied-à-terre parisien.

Dans sa commune d’adoption, Ravet participe régulièrement à des manifestations privées, notamment avec certains de ses proches voisins, comme le constructeur de bateaux Henri Pélissier, Charles Banos, président d’une association de pêcheurs, ou Honoré Jullien, propriétaire du principal restaurant de l’île. Il est également sollicité dans des évènements publics, comme lors de la remise de la Légion d’honneur au maire radical de la commune, Eugène Voisin, en août 1903, où il chante au cours d’un concert. Maurice de Féraudy est originaire de Joinville.

Lorsqu’il est chez lui, Ravet porte des tenues remarquées de ses visiteurs, comme par exemple un fez rouge en guise de chapeau ou une casquette marine. En novembre 1909, il épouse à Joinville Jeanne Suzanne Frappier, également comédienne.

Au premier trimestre 1910, une très importante inondation de la Marne, dans le lit de laquelle ils habitent, oblige les nouveaux mariés à évacuer leur maison et à se faire héberger par les parents de Suzanne. Pour venir en aide aux très nombreux sinistrés, Louis Ravet organise en février une soirée à leur profit avec plusieurs artistes de la Comédie-Française. Il participe également à l’évacuation en barque des habitants de l’île. Tout le rez-de-chaussée de sa villa est inondé ; il accède à l’étage en grimpant par un cerisier.

S’il obtient rarement des premiers rôles, Louis Ravet joue très souvent au théâtre et, à partir de 1908, au cinéma. Il est réputé capable de remplacer sur le champ des artistes empêchés et d’avoir une remarquable aptitude à l’apprentissage d’un rôle. Le public l’apprécie manifestement, et une partie des touristes dominicaux visitent Joinville et l’île Fanac pour l’apercevoir. La presse le désigne régulièrement comme un « excellent artiste. »

Cependant, au grand dam de plusieurs chroniqueurs de la presse culturelle, les responsables de la Comédie-Française semblent par contre tergiverser à son sujet. Ainsi, alors que selon la tradition il aurait dû accéder au statut de sociétaire de l’institution créée par Molière en dix ans au maximum, il restait encore pensionnaire après vingt ans.

À suivre

Louis Ravet dans Nicomède

 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 00:01

Raoul Moïse Amar naît le 25 septembre 1892 à Alger. Il est le fils de Rosalie Luna Lebahar et de son mari Joseph Amar, commerçant, qui vivent boulevard de la République dans le quartier de Mustapha.

Après leur divorce en 1896, tandis que Joseph Amar se remarie à Alger, Rosalie Luna Lebahar-Amar est installée en 1912 à Paris (12e arr.). Raoul Amar exerce la profession de comptable et vit rue Saint-Denis (2e arr.).

Le service militaire de Raoul Amar débute dans l’infanterie en octobre 1913. Il est nommé caporal en avril 1914. Il reste mobilisé lors de l’entrée en guerre en août 1914. Il participe à des combats en Belgique et est fait prisonnier le 20 août 1914 à Neufchâteau (Belgique province de Luxembourg). Il est détenu à Langensalza, en Thuringe. Il est rapatrié en janvier 1919 et affecté au 102e régiment d’infanterie. Il sera dispensé de service militaire en 1930, suite à la perte d’un doigt.

Devenu employé de bureau, fréquentant la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth à Paris (3e arr.), Raoul Amar épouse en mai 1920 à Paris (12e arr.) Berthe Kapoustiansky, originaire de Nicolaiev (Russie, act. Ukraine). Ils s’installent à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), avenue Gambetta.

Raoul Amar est ensuite manœuvre spécialisé dans l’industrie mécanique. La famille déménage rue de Lorraine, encore à Courbevoie puis rue Sadi-Carnot à Nanterre.  Probablement après la perte de son doigt majeur, Amar s’établit en 1933 comme épicier, avenue Bizet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Pendant la deuxième guerre mondiale, selon le récit de la journaliste Stéphanie Trouillard (Si je reviens un jour, Des Ronds Dans L'o, 2020), qui cite le témoignage de leur fille Claude Amar, ils doivent quitter leur commerce en raison des lois anti-juives, mais restent à Joinville. Ils y reçoivent, à l’été 1943, la famille Pikovsky dont la fille, Louise a laissé une série de lettres qui forment la matière du roman graphique de Stéphanie Trouillard. Les Pikovsky sont déportés à Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) en février 1944 et y sont gazés.

Peut-être la famille Amar accueille-t-elle leur neveu, Bernard Vozlinski après l’arrestation de leurs parents, Maurice et Mina Vozlinski, la sœur de Berthe, qui vivaient rue Marceau à La Varenne, dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avant leur arrestation et leur déportation également à Auschwitz en juillet 1942. Leur autre neveu, Jean Vozlinski décède dans le maquis en 1944 à Sarlat (Dordogne).

Comme son épouse Berthe, Raoul Amar s’engage dans la résistance à l’occupation allemande de la France.

Raoul Amar meurt le 26 avril 1969. Il est inhumé à Courbevoie, au cimetière des Fauvelles, dans une sépulture de la Société fraternelle israélite Courbevoie-Puteaux.

Pont de Joinville, 1936

 

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 00:01

Jeanne Marie Alexandrine Frappier naît le 21 mars 1880 à Paris (8e arr.). Elle est la fille de Jeanne Barat et de son époux, Jean Auguste Alexandre Frappier, concierges. Elle utilisera le prénom de Suzanne.

En novembre 1909, Jeanne Suzanne Frappier épouse à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le comédien Henri Louis Ravet. Ils vivent sur l’île Fanac, accessible en bateau au milieu de la Marne. Au premier trimestre, une très importante inondation les oblige à évacuer leur maison et à se faire héberger par les parents de Suzanne.

Si son mari est réputé être sportif, Jeanne Suzanne Ravet semble partager le même goût. En janvier 1912, le quotidien culturel Comoedia rend compte d’une randonnée à vélo dans l’Esterel en quatre jours entre Toulon (Var) et Monte-Carlo (Monaco). On les cite régulièrement dans la presse comme participant, ensemble ou séparément, à des évènements mondains liés au monde du spectacle.

Pendant la première guerre mondiale, son mari est garde de voies de chemin de fer à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine), mais il est aussi régulièrement, comme sociétaire de la Comédie-Française, sollicité pour l’organisation de spectacles en faveur des soldats. Restée à Joinville, Jeanne Suzanne Ravet préside l'Œuvre de Patronage et d'hospitalisation des enfants et des orphelins. Fondée en avril 1915, elle est hébergée au château du Parangon, dans l’école dirigée par le docteur Henri Rousseau avec l’assistance de l’écrivaine Louis Rousseau, née Delalonde. Le statuaire et graveur de médailles, Jules Édouard Roiné, en est le vice-président.

En avril 1917, l'Œuvre, qui accueille des orphelins de guerre et leur offre une formation professionnelle le cas échéant, doit quitter le domaine du Parangon, réquisitionné pour devenir un hôpital, mais reste basée à Joinville. Jeanne Suzanne Ravet organise des levées de fonds et participe à des évènements, comme par exemple le déjeuner de la Ligue antiallemande en décembre 1917. Fin 1921, n’ayant plus que deux pupilles, l'Œuvre cesse son activité.

Toujours en matière sociale, Mme Ravet est, en juillet 1917, membre du conseil d’administration de l’Œuvre philanthropique de la cinématographie française.

Ayant probablement déjà été actrice avant-guerre, Jeanne Suzanne Ravet poursuit sa carrière après le conflit, avec cependant une activité limitée. En novembre et décembre 1919, elle accompagne la tournée de son mari sur la Côte d'Azur en jouant quelques petits rôles. En octobre 1920 Jeanne Suzanne Ravet interprète le rôle de Mercédès dans Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, toujours avec Louis Ravet jouant Dantès. La dernière interprétation répertoriée se situe en février 1928, au Théâtre des Arts où Jeanne Suzanne Ravet est une femme de chambre pour la pièce de Lucien Descaves, Les fruits de l’amour.

L’action sociale de Mme Ravet se poursuit, par exemple par une souscription pour la reconstruction de Reims en juillet 1919. Son activité mondaine est fournie. Elle est au restaurant Marguery pour le banquet des auteurs de films en juin 1923. Elle est au côté de son époux lors du dîner de gala donné à Vienne (Autriche) par le comte Glauzel, ambassadeur de France, en l'honneur de l’actrice Cécile Sorel. Elle accompagne cette dernière à New-York début 1927 puis en tournée avec son mari en Égypte au premier semestre 1930. Elle participe aux activités de l’American Women's Club de Paris.

Dans la presse, Jeanne Suzanne Ravet s’attache à défendre le point de vue de son mari, y compris après sa disparition en avril 1933.

Jeanne Suzanne Ravet, meurt le 12 juillet 1974 à Meaux (Seine-et-Marne). Elle était âgée de 94 ans. Elle ne semble pas avoir eu d’enfant.

Le Caire, 1930. Cécile Sorel, Mlle Revonne Louis & Jeanne Suzanne Ravet

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 00:01

Suite de la biographie d’Henri Thomas

Après avoir cessé ses fonctions dans les municipalités de Gentilly puis du Kremlin-Bicêtre, Henri Thomas, veuf depuis 1888 et toujours maréchal ferrant en 1896, va réorienter son activité professionnelle. Il quitte le Kremlin-Bicêtre, où il était domicilié rue des Coquettes, au début du 20e siècle. Il est buraliste, receveur des contributions indirectes, à Franconville (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) en janvier 1912.

Reprenant une activité politique, Henri Thomas est candidat sur une liste radicale-socialiste dans sa nouvelle résidence de Franconville lors des élections municipales de mai 1912. Il est battu, dès le premier tour par M. Leredu.

Cependant, c’est son comportement dans son ancienne commune qui lui vaudra plus d’une trentaine d’articles dans la presse quotidienne parisienne comme de province. Inscrit sur les listes électorales de Franconville, Henri Thomas n’avait pas été radié de celle du Kremlin-Bicêtre, bien qu’il eût quitté la ville depuis une dizaine d’années. Son frère, maire en fonction et confronté à une élection très serrée, lui fit parvenir une carte électorale. En conséquence, Henri Thomas vint participer au second tour du scrutin au Kremlin-Bicêtre, le 12 mai, après avoir voté à Franconville la semaine précédente. Eugène Thomas, membre de la SFIO (socialiste), l’emporta de 13 voix. Cependant, un électeur de la commune, parmi ses opposants, candidat sur la liste radicale-socialiste, avait aperçu Henri Thomas et porta plainte pour fraude électorale.

Lors du procès, Henri Thomas reconnut les faits, mais prétendit qu’il avait interprété l’envoi de la carte par son frère comme un ordre et fit remarquer qu’il n’avait pas voté, le même jour, dans les deux communes. L’avocat du plaignant soutint que l’on avait fait voter également d’autres personnes qui ont quitté la commune, des militaires et deux défunts. Le substitut du procureur de la République rétorqua : « C'est classique ! ». Henri Thomas fut condamné à 200 francs d’amende, mais le vote ne fut pas annulé.

Devenu, en 1914, buraliste à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne), il est rattaché à la recette des contributions indirectes de Joinville-le-Pont, commune où il s’installe après avoir épousé à Bessancourt (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise) en mai 1919, Marie Pascau, originaire des Hautes-Pyrénées. Il exploite un tabac dans le centre de la commune, rue de Paris.

Poursuivant son engagement politique, toujours au parti radical-socialiste, Henri Thomas est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste du Cartel des gauches en mars 1925 à Joinville, mais il n’est pas élu. Il est peut-être également candidat, sous la même étiquette, lors des élections municipales de mai 1925 qui voient la reconduction d’Henri Vel-Durand, radical dissident allié aux mouvements de droite.

Les membres du Comité républicain radical et radical-socialiste le désignent en décembre 1928 comme vice-président, au côté de Gustave Féret, président. Lors des élections municipales de mai 1929, la liste du maire, Stephen Durande, qui a remplacé Vel-Durand, décédé, fait face à celles du parti communiste et à un groupement des gauches, où l’on retrouve les radicaux-socialistes, le parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants.

Conduite par Georges Briolay, ancien adjoint au maire, la Concentration des gauches arrive en seconde position, avec 35;9% des suffrages, contre 42,6% pour la liste d’Union nationale et 16% pour les communiste. Cependant, elle emporte au second tour 22 sièges sur 27, malgré le maintien des candidats du PCF avec une moyenne de 45,9% contre 41,6% pour la droite et 12,5% pour les communistes. Henri Thomas avait obtenu au premier tour 766 voix sur 2 126 suffrages exprimés (36%) pour 2 969 inscrits. Il est élu au deuxième tour.

En février 1931, Henri Thomas est reconduit en tant que vice-président du Comité républicain radical et radical-socialiste de Joinville, dont le maire, Georges Briolay, est devenu président. Il est désigné comme membre du Conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville en avril 1931.

À compter de 1932, l’activité de Thomas semble décliner, puisqu’il est mentionné comme excusé à six séances du conseil municipal d’avril 1932 à janvier 1935. Il n’est pas candidat au renouvellement de son mandat en mai 1935.

En mars 1930, Thomas est nommé receveur-buraliste à Saint-Ouen-Batignolles (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il semble cependant ne pas quitter Joinville, où il est recensé en 1931. Il est domicilié à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), rue Roland- Nungesser, en 1935.

Henri Thomas meurt le 21 janvier 1936 à Paris (13e arr.) où il était hospitalisé. Il résidait toujours à Fontenay-sous-Bois. Si son veuvage de Léontine Audiger est bien mentionné dans son acte de décès, ce n’est pas le cas de son mariage avec Marie Pascau. Âgé de 81 ans, il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1912 puis officier de l’instruction publique en février 1935. Il était père d’un enfant, né de son premier mariage, prénommé comme lui Henri Alexandre. Il avait siégé, pendant un total de 15 ans, dans trois assemblées municipales différentes.

Fin

Un tabac, rue de Paris à Joinville

 

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 00:01

Début de la biographie de Chamba Balinov

Chamba Nudelich Balinov [Шамба Нюделич Балинов] naît le 5 mai 1895 à Novo-Alekseevskaya, Kraï de Krasnodar, région du Don, Russie. Il est le fils d’Ilyina Bembish [ou Hijin Bembich] et de son mari Nudel Balinov [ou Nudil Balinoff], une famille d’un milieu social modeste. La translittération de son nom sous la forme Chamba Balinov est la plus courante. On trouve également, principalement dans les sources anglo-saxonnes, Shamba Balinoff, Szamba Balinow en polonais et différentes variantes comme Balynov pour son nom et Samba ou Schamba pour son prénom. Plusieurs notices mentionnent une naissance en 1894, cependant la date de 1895 est confirmée par des documents officiels français et une lettre de Balinov.

La famille de Chamba Balinov est d’origine kalmouke, venant de la tribu de Jakamul (Dzhakamul), du groupe Ho Buch (Kho Bukh, Khoshuuds ou Khoshut), au sein de la région Remzhinken parmi les kalmouks du Don. Les hommes de cette communauté étaient intégrés au sein de l’armée des cosaques du Don.

Le village de Novo-Alekseevskaya est extérieur à l’actuelle République de Kalmoukie, constituée au sein de la fédération de Russie, et, selon le recensement russe de 2002, ne comprend plus de population kalmouke notable.

Ayant suivi les cours de l'école de son village natal, Chamba Balinov en ressort diplômé. En 1897, un recensement estimait que 4% des kalmouks savaient lire, un niveau bien inférieur à ceux d’autres peuples de la Russie, comme les Tatars (16%) ou les Russes (29%). Ultérieurement, Balinov sera présenté comme un autodidacte.

Chamba Balinov commence son service militaire au cours de la première guerre mondiale en tant que greffier du conseil d'administration du district de Sal, dans la ville de Salsk. De mi-1915 à avril 1917, il sert dans le 36e régiment de cosaques de Don sur le front allemand. Après la révolution, il poursuit dans le même régiment jusqu'à la fin de 1917, toujours dans la région du Don. Il rejoint un escadron basé à Salsk en juin 1918, qui a combattu avec les bolcheviks. En septembre 1918, il est affecté au 3e régiment de kalmouks du Don, qui opère dans la région. Il tomba malade en janvier 1919, et passa un mois dans un hôpital de Novotcherkassk puis obtient une permission de convalescence d’un mois. À partir d’avril 1919 et jusqu’en novembre de la même année, Chamba Balinov est traducteur de la langue kalmouk au conseil de district du district de Salsk. On le nomme, en novembre 1919, chef de la garde de la 5e section du district de Sal.

Selon l’historien Oleg Olegovich Antropov, « Dans la première moitié de 1918, l'anarchie régnait sur les vastes étendues des steppes kalmoukes, s'étendant entre la Volga et le Don, accompagnée d'éclats périodiques de conflits atteignant des massacres sanglants entre les villages cosaques, les nomades kalmouks et les villages russes. »

Territoire frontalier, la steppe kalmouke était prise en sandwich entre la région bolchevique de la Volga et le Caucase du Nord, qui était une arène de lutte acharnée entre l'armée blanche, les Soviétiques, les autorités cosaques et les gouvernements des nouvelles entités nationales.

À l'été 1918, la Grande Armée du Don déclara un État cosaque souverain tandis que l'armée allemande, occupait une partie de la région du Don, cherche à influencer certaines des nouvelles entités étatiques (Ukraine, Géorgie et Azerbaïdjan), tout en soutenant les groupes monarchistes abrités à Kiev. Le noyon (prince) Danzan Toundoutoff, ancien adjudant du Grand-Duc Nicolas, 27 ans, après avoir été élu chef des kalmouks au sein de l'armée d'Astrakhan, quitte le territoire pour la fin mai 1918 pour la Géorgie puis l'Allemagne où l'empereur Guillaume II propose de le soutenir dans la création d’une armée antibolchevique. Revenu dans son territoire, le noyon Toundoutoff tente de constituer l'Union du Sud-Est Don-Caucase, proto-État allié de l'Allemagne, mais il n’arrive pas à convaincre les autres dirigeants des peuples voisins de se rallier à lui. De plus, l'armée d'Astrakhan se trouve en concurrence, pour le recrutement des anciens officiers russes, avec l'Armée des Volontaires de Dénikine, autre chef antibolchévique. L’arrêt des financements allemands, en août 1918, conduit à un rapprochement avec les monarchistes, basés à Kiev (Ukraine).

De septembre 1918 à février 1919, le 3e régiment (celui de Balinov), défendit le district de Salsk contre les unités de l'Armée rouge opérant dans les steppes kalmoukes et assura le flanc droit de l'armée du Don, mise en difficulté par la baisse de ses ressources et des rivalités internes entre kalmouks et cosaques. Plusieurs dirigeants kalmouks devinrent partisans d’une alliance avec les bolcheviks et l'armée d'Astrakhan est dissoute dans les forces antibolchéviques de l'Armée des Volontaires le 1er mars 1919.

À suivre

Le prince Danzan Toundoutoff, noyon des Kalmouks

 

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 00:01

Début de la biographie de Louis Caillon

Louis Pierre Marie Caillon naît le 11 octobre 1881 dans le hameau de La Gaulais à Bouvron (Loire inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils aîné des huit enfants de deux cultivateurs, Angèle Marie Guillé et son époux Pierre Louis Caillon.

Lorsqu’il effectue son service militaire entre novembre 1902 et octobre 1904, comme cavalier au 23e régiment de dragons, Louis Caillon réside chez ses parents à Bouvron et est garçon de chambre. En 1907, il devient exploitant des vaches de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

La ferme, ancien domaine impérial, a été mise en location, probablement dès cette date au capitaine Gilbert Bandy de Nalèche. Elle avait pour régisseur le vétérinaire André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Caillon est mobilisé dans l’artillerie à pieds et est démobilisé en février 1919. Il reprend son activité dans la Ferme de la Faisanderie, la ville de Paris accordant un bail de douze ans à Bandy de Nalèche en 1919, Caillon devenant le directeur.

À Joinville, Caillon s’implique dans la ville locale, contribuant en juin 1923 à la reconstitution de l’union des commerçants et industriels de la commune. S’il n’est pas marié, il partage la vie de Suzanne Jodelay, comptable du domaine, fille d’Eugène Jodelay, agriculteur vivant également dans le Bois de Vincennes, qui a organisé pendant la guerre des jardins familiaux dans le domaine de Polangis, pour permettre l’alimentation des familles.

Lors des élections municipales de mai 1925, Louis Caillon est candidat sur la liste de l’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident). La liste obtient une moyenne de 1 080 voix au premier tour sur 2 275 suffrages exprimés (47,5%) pour 2 310 votants et 2 761 inscrits. Elle devance nettement la liste de cartel des gauches conduite par Georges Briolay (radical, soutenu par le parti socialiste SFIO) à 28,4% et les communistes du Bloc ouvrier-paysan à 21,1%. Malgré le retrait de la liste communiste au second tour, l’Union républicaine remporte tous les sièges.

Au sein du conseil municipal, Caillon manifeste une réticence au financement des dépenses, se prononçant contre l’augmentation des redevances en novembre 1925 puis en s’opposant au chauffage des écoles en janvier 1926. Il accepte cependant l’alignement des salaires du personnel municipal sur ceux du conseil général de la Seine en juin 1927 mais refuse la création d’un poste de professeur de dessin pour les écoles en janvier 1928.

En septembre 1928, après le décès de Vel-Durand, une élection partielle voit la victoire de l’union des gauches pour les trois sièges vacants, mais Stephen Durande, premier adjoint jusqu’ici (divers droite) est élu maire.

En mai 1929, lors des élections municipales générales, Caillon est colistier de la liste de concentration républicaine dirigée par Durande. Il obtient au premier tour 939 voix sur 2 126 suffrages exprimés (44,2%). Avec une moyenne de 42,6%, la liste de droite devance la concentration des gauches de Briolay (35;9%) et les communistes de Bénenson (16,0%). Cependant, au second tour, malgré le maintien de la liste du PCF, Les gauches remportent l’élection avec 45,9% et 22 sièges, la droite en ayant cinq avec 41,6%, les communistes reculant à 12,5%. Au contraire de Durande, CailIon fait partie des cinq rescapés de la liste sortante.

Il adopte une attitude critique, contestant l’intégration de voies privées dans la voirie communale, acceptant, contrairement à ses collègues, le halage des péniches par traction mécanique ou animale en août 1930. En mai 1932, il ne veut pas du renommage de deux artères, qui deviennent cependant rue Aristide-Briand et rue de la Paix.

Alors qu’une crise a éclaté au sein de la majorité, Caillon avec ses collègues libéraux et deux dissidents s’oppose au budget présenté en décembre 1933, qui n’est voté que par 9 voix contre 6. À partir de mai 1934, Caillon s’implique dans le Comité d’union républicaine et d’action sociale, qui rassemble l’essentiel de la droite locale. Après une élection municipale partielle en octobre 1934, qui a vu le renforcement de l’opposition libérale et conservatrice au sein de l’assemblée, Caillon est candidat sur un poste d’adjoint qui vient d’être créé. Cependant, la décision est repoussée jusqu’au prochain scrutin général en mai 1935. En janvier de cette année-là, Caillon s’oppose au budget présenté par le maire radical et vote contre la diminution de l’indemnité de bicyclette au personnel communal. Il s’interroge sur le projet de création d’un nouveau cimetière près de la redoute de la Faisanderie, qui n’aura pas de suite. Il participe, toujours en janvier 1935 à un très vif échange, selon l’hebdomadaire radical Voix des communes, entre la municipalité et quatre élus de droite, Béal, Caillon, Herluison et Lesestre à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux. Ils obtiennent le renvoi en commission de ce dossier.

À suivre

La ferme de la Faisanderie, 1912

 

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 00:01

Eugène Ernest Chauvin naît le 27 novembre 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Henriette Geneviève Guichard et de son époux, Léon Frédéric Chauvin, peintre en bâtiment et marchand de bois et charbon.

Après la mort de sa mère, quand il a dix ans, Eugène Chauvin va très tôt se faire embaucher comme employé à la mairie de Joinville où il est employé avant ses quinze ans, en 1895. Effectuant son service militaire à partir de septembre 1902 dans l’infanterie, il est un an plus tard musicien puis démobilisé l’année suivante.

Confirmant ses goûts pour la musique, alors qu’il est devenu secrétaire général adjoint de la mairie, il épouse en mars 1905 à Auxerre (Yonne) une artiste lyrique, Marthe Henriette Beauvais, dont les deux parents exercent le même métier. Ils vivent d’abord dans le quartier du Centre, rue Molette puis rue du Viaduc, avant de traverser la Marne en 1909 pour s’installer à Polangis, avenue Jamin en 1909.

En octobre 1896, Chauvin prend part à la constitution d’une section de la société d’épargne-retraite, Les prévoyants de l’avenir. Il en est le secrétaire adjoint en janvier 1898 puis le secrétaire en février 1902. Il deviendra président de la section en avril 1923 au départ du fondateur, Maurice Watrinet, également ancien secrétaire général de la mairie.

Lors de la grande inondation de la Marne au premier trimestre 1910, Chauvin est mobilisé avec Eugène Doret et trois employés de mairie Guichard, Billard et Beaufils, ainsi que des dizaines de bénévoles, alors que le tiers de la superficie de la commune et sous les eaux, dont 53 rues sur les 89 que compte la cité. Les préaux des écoles sont changés en dortoirs. La mairie de Joinville est reconstruite et agrandie l'année suivante.

Pendant la première guerre mondiale, Chauvin est affecté à une section d’état-major mais est placé en sursis d’appel au titre de la mairie de Joinville, dans laquelle il restera pendant tout le conflit, gérant notamment de difficiles problèmes d’approvisionnement des familles et d’aides aux veuves et enfants de soldats.

Après le conflit, Chauvin participe, en janvier 1924, à la création d’un syndicat autonome des employés communaux de la Seine aux côtés de son secrétaire général, Michel Verrier, qui refusait « l’inféodation du syndicat CGTU au parti communiste ». Il devient secrétaire général au départ de Doret en 1926. Il part en retraite en 1935.

Présent dans de nombreuses structures locales, Chauvin est notamment trésorier adjoint de la caisse des écoles, trésorier général de l’Association philotechnique, organisme d’éducation populaire, et administrateur de la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il poursuit son activité associative après la fin de son activité professionnelle. Eugène Chauvin participe en décembre 1938 à une souscription Pour le Noël des enfants espagnols, pendant la guerre civile qui frappe ce pays.

Eugène Chauvin meurt le 10 avril 1943. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville où il résidait toujours. Âgé de 62 ans, il était père d’une fille. Chauvin était titulaire de plusieurs décorations : la médaille d’honneur communale en juillet 1925 puis la médaille de vermeil en août 1939 ; les Palmes académiques comme officier d’académie en juillet 1926 puis comme officier de l’instruction publique en avril 1932 ; la médaille de bronze de la mutualité en février 1931 et ensuite celle d’argent en février 1935 ; enfin, il avait reçu la médaille d’honneur du courage lors de la Sainte-Barbe en novembre 1926.

 

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 00:01

Marcel Roque naît le 16 décembre 1893 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Claire Joséphine Dive et de Gaston Roque, employé de commerce. En 1906, la famille est installée à Noyon (Oise) où le père est cordonnier et y réside toujours en 1913.

Devenu employé de chemin de fer, Marcel Roque est ajourné lors de sa convocation pour le service militaire pour faiblesse. Son ajournement est maintenu en 1914.

Il est cependant mobilisé pour la première guerre mondiale en septembre 1914. Incorporé au 106e régiment d’infanterie, il est cependant mentionné comme insoumis, une erreur qui ne sera rectifiée qu’en août 1916, après sa nomination en tant que caporal dans un régiment de chasseurs à pieds. Affecté brièvement en mars 1919 dans un régiment de génie, il est démobilisé en mai de la même année.

Travaillant pour la Compagnie des chemins de fer du Nord, puis, après la fusion des réseaux, pour la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), Marcel Roque vit à Paris, Aubervilliers et la Courneuve (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il épouse, en septembre 1919 à Paris (10e arr.) Marguerite Jeanne Héloïse Tellier.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Marcel Roque est affecté spécial au service des chemins de fer dès septembre 1939. Il est démobilisé en février 1943.

Installé à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) en 1983, dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne, Marcel Roque fait partie des derniers anciens combattants survivants de la première guerre mondiale. À ce titre, il est décoré, en février 1996, à l’âge de 102 ans, en tant que chevalier de la Légion d’honneur.

Marcel Roque meurt le 30 décembre 1996 à Joinville. Il était âgé de 103 ans et père de trois filles.

Le quartier de Palissy à Joinville-le-Pont dans les années 1960

 

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