Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Théophile Leteuil

L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, en janvier 1908, donne la parole à Briolay au sujet de ses rapports avec Leteuil, qui fut membre de son comité : « - Tu es fâché ? Politiquement, oui. Leteuil, mon ennemi politique, Théophile, mon ami particulier ». Une chronique régulière de ce journal, Les Aventures du balai, mettra en vedette Leteuil et ses associés avec un style souvent cruel, dû à la plume de Louis Rey, conseiller municipal radical.

La firme cinématographique Pathé, qui a des relations difficiles avec la municipalité Eugène Voisin, appuie en février la formation d’un comité d’action sociale pour la concentration et la défense des intérêts des habitants de la commune de Joinville et des communes avoisinantes. Hainsselin et Leteuil tentent, en vain, d’en prendre le contrôle.

Le scrutin local voit s’affronter trois listes : celle de la municipalité sortante et des radicaux-socialistes, de nouveau conduite par Eugène Voisin, une liste socialiste unifiée soutenue par la SFIO avec Lacroix et Lebègue, et celle soutenue par le comité de Leteuil, Hainsselin et Valbonnet qui prend désormais le nom de comité socialiste évolutionniste. Le nom est peut-être emprunté aux théories des socialistes italien Oddino Morgari ou allemand Eduard Bernstein, qui défendit le concept dans son ouvrage Socialisme théorique et social-démocratie pratique, paru en 1899.

Le résultat du premier tour est nettement en faveur des radicaux, qui ont six élus dès le premier tour avec environ 65% du total des votes ; avec des listes incomplètes, la SFIO a environ 5% et les évolutionnistes plus de 28%. Au second tour, la victoire des radicaux est très large, avec 15 élus de plus, contre un seul aux candidats patronnés par Leteuil et un indépendant. Leteuil recueille 387 suffrages exprimés pour 1 188 votants, soit 32,6% et n’est pas réélu.

Hainsselin a lancé une publication intitulée l’Indépendant, qui polémique vivement avec Voix des communes. Les sujets sont nombreux : les becs de gaz, les pavés, la gestion de la caisse des écoles… Cette dernière cause conduira Leteuil à des déboires. Il avait déposé une plainte en septembre 1908 auprès de la préfecture de la Seine au sujet de prétendues turpitudes dans la comptabilité ; après enquête, le préfet dédouane entièrement la municipalité. L’assemblée générale de l’association vote, en mars 1909, à l’unanimité un blâme contre Leteuil et ses insinuations. Même un de ses anciens alliés, Valbonnet, le lâche.

Un cadre de Pathé, Vernière, devient président du comité évolutionniste et finance le journal.

Malgré son échec local, Théophile Leteuil est candidat, sans succès, aux élections sénatoriales de janvier 1909 dans le département de la Seine.

La voirie devient un autre cheval de bataille, qui va permettre à partir de 1909 aux alliés Hainsselin et Leteuil de retrouver une influence. Un entrepreneur fait transiter, par une petite rue, les chariots qui transportent la boue issue du dragage de la Marne. Le chemin qu’il emprunte se dégrade considérablement, ce qui irrite les habitants, d’autant que municipalité et entrepreneur se renvoient la charge des travaux de réhabilitation de la rue.

Leteuil annonce, en mars 1909, être le candidat des évolutionnistes pour une élection cantonale partielle, mais il y renoncera.

Leteuil tente également de tirer profit de la grande inondation de la Marne, au premier trimestre 1910, pour retrouver une place dans la vie publique. Il s’intitule président pour Joinville d’un groupement intercommunal de défense des inondés. Les radicaux lui reprochent de s’intéresser au sujet uniquement par intérêt personnel. Hainsselin étant parti en Inde, où il est devenu juge de paix dans la colonie française de Pondichéry, le comité évolutionniste périclite et Leteuil se rapproche de la SFIO et participe à la campagne victorieuse d’Albert Thomas, qui sera maire socialiste de Champigny avant de devenir ministre puis directeur général du Bureau international du travail. Il est qualifié, par Voix des communes, de « tambour des mécontents », réclamant par exemple la réduction des taxes d’octroi sur les boissons ou critiquant la rémunération du receveur des Postes.

En prévision des élections municipales de 1912, Leteuil, à la tête de son groupe évolutionniste, cherche à construire une alliance avec les socialistes SFIO, libéraux, les conservateurs et un groupe de radicaux dissidents de la municipalité sortante dont le maire, Eugène Voisin, ne veut pas se représenter. La coalition emporte l’élection contre l’ancien adjoint radical-socialiste, Georges Briolay et Ernest Mermet (radical dissident) est élu maire. Hainsselin, revenu brièvement à Joinville, est élu au conseil municipal, mais pas Leteuil. Battus, les radicaux-socialistes continuent de régler le compte de ce dernier : « depuis ses insinuations mensongères contre le trésorier de la caisse des écoles ; il a été jugé, il est mort et enterré, n’en parlons plus. Cadavre récalcitrant, il a voulu revenir de nouveau à la surface, vos alliés d’aujourd’hui l’ont réinhumé, ce n’est plus qu’une poussière » écrit Briolay dans Voix des communes.

Pendant la première guerre mondiale, toujours négociant en vins, Leteuil participe aux Journées joinvillaises, une collecte humanitaire organisée en décembre 1917. Il fut peut-être un des initiateurs de l’émission d’une pseudo-monnaie, des d’une valeur de 50 centimes émis pendant la guerre par le Groupement des commerçants, industriels et habitants de Joinville pour suppléer à l’absence d’argent liquide. Il fut chargé, en novembre 1922, de la reprise de ces jetons qui permirent même de payer les taxes municipales.

En juin 1924, Leteuil propose à la location son terrain de l’avenue du Président-Wilson (anc. chemin de Brétigny), dans le quartier de Palissy, d’une superficie de 1 700 m², qui comprend une belle habitation et une usine.

Théophile Leteuil meurt le 27 septembre 1925 à Joinville. Il était âgé de 65 ans et père de quatre enfants.

Fin

La monnaie de guerre utilisée à Joinville à la fin du conflit de 1914-1918

 

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 00:01

Suite de la biographie de Paul Preyat

Après le conflit, le sculpteur et blessé de guerre Paul Preyat coopère avec le peintre Reni-Mel, président du Centre d'art français, à son initiative pour « la renaissance de l’art ». Il participe notamment, en 1922, au Salon de la Société des Artistes français.

À partir de 1923, en sus de son activité artistique, Paul Preyat va consacrer une partie de son activité à la vie associative, pour promouvoir notamment les productions des victimes du conflit mondial. Il organise ainsi, au sein de l'Union fraternelle des blessés de la grande guerre, un Salon des Artistes mutilés dont la première édition en mai 1925 se tient en l’hôtel du gouverneur militaire de Paris, aux Invalides.

Paul Preyat, atelier Nadar

 

Devenue annuelle, l’exposition prend un statut officiel, attirant des personnalités militaires et politiques, par exemple en décembre 1927, Edouard Herriot, ministre de l’instruction publique et des beaux-arts. En 1928, il s’installe aux Champs-Élysées et est inauguré par Gaston Doumergue, président de la République.

Rebaptisée La Samothrace, la section des artistes mutilés ajoute à son activité d’organisation d’évènements, la défense des intérêts matériels et moraux de ceux-ci. Elle propose notamment d’édifier à Paris une « cité-musée » et l’État comme la ville de Paris acquièrent régulièrement quelques œuvres.

Sur le plan politique, malgré un évident patriotisme, Paul Preyat prend à plusieurs reprises des positions pacifistes. Ainsi, il proteste, comme président-fondateur de La Samothrace, contre l'exclusion d'une toile par le Salon des Indépendants de 1930 parce qu’elle était intitulée « Ce crime, la guerre ! ». Suite à un débat à la chambre des députés, le tableau sera replacé.

Pour Noël 1931, Paul Preyat remet à la Fédération Nationale des grands invalides et à la Ligue d'Action Féminine un dessin contre les jouets guerriers, légendé ainsi : « Tu vois, mon p’tit gars, c’est un crime de donner ça aux gosses… » Le quotidien socialiste Le Populaire reproduit le croquis.

La Samothrace poursuit ses salons annuels, avec toujours un appui d’autorités nationales, comme Paul Doumer, président de la République en avril 1932.

Cette même année, Paul Preyat, qui est séparé depuis 1925 de sa première épouse, se remarie avec Marie Thérèse de Courteix à Laroque-des-Arcs (Lot). Ils vivent toujours rue François-Guilbert à Paris (15e arr.).

Il est élu, en 1933, président de la Fédération nationale des grands blessés et mutilés atteints d'infirmités multiples de la Grande-Guerre.

Après la deuxième guerre mondiale, La Samothrace, qui devient la Fondation Paul Preyat, poursuit ses présentations au sein du Musée d'art moderne de la ville de Paris, où un salon se tient en mai 1965.

Paul Preyat meurt le 24 septembre 1968 à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, décoré de la Légion d’honneur comme chevalier depuis 1932 et officier en 1955, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre et commandeur de l’ordre national du mérité. Il avait eu un fils et une fille de son premier mariage.

Au début du XXIe siècle, plusieurs œuvres de Paul Preyat sont vendues aux enchères à Paris, comme en juin 2012 une Tête de Christ ou en octobre en 2014 le Village breton, peinture de 1929.

Fin

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 00:01

Début de la biographie de Paul Preyat

Paul Jean Baptiste Preyat naît le 16 janvier 1892 à Paris (7e arr.). Il est le fils de Clara Marie Desmonts et de Jean Baptiste Maximilien Paul Preyat, employé de bourse. Les deux parents sont issus d’un milieu artistique. Jean Baptiste Preyat et Émelie Bruine, ses grands-parents paternels, étaient tous deux artistes peintres tout comme son grand-père maternel, Louis Édouard Desmonts. Tout en travaillant comme remisier chez un agent de change, Jean Preyat, père de Paul, se présentait également comme artiste et donnait des cours de dessin pour la mairie de Paris après la première guerre mondiale. Clara Preyat, mère de Paul, était également professeure.

Pour sa part, Paul Preyat suit les cours de l'École des Arts décoratifs de Paris. Il est attributaire de plusieurs récompenses en septembre 1912, dont le premier grand-prix de sculpture ornementale.

Paul Preyat, coll. Roger-Viollet

Il entame son service militaire en octobre 1913 au 150e régiment d’infanterie et est toujours sous les drapeaux lors du déclenchement de la première guerre mondiale. Il est nommé caporal en août 1914 et est blessé, le mois suivant, à Ornes (Meuse) d’un éclat d’obus à la jambe droite. Promu sergent en septembre 1915, il est de nouveau, en octobre de cette année-là, victime d’une nouvelle blessure à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne). Un éclat d’obus provoque la désarticulation de son épaule et conduira à l’amputation de son bras droit. Il est pensionné à 100% en 1916.

Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la division en octobre 1915 pour avoir « avec un grand sang-froid mis sa mitrailleuse en batterie sur le parapet de la tranchée allemande conquise et contribué par le feu de sa pièce à enrayer une contre-attaque ennemie. »

Reprenant la vie civile, Paul Preyat, malgré son infirmité, va reprendre son activité de statuaire. En mai 1916, il participe à l'exposition des travaux des mutilés de la guerre, au musée Galliera à Paris (16e arr.) avec des « souvenirs du front ». En janvier 1917, commentant cette exposition, le journal Le Figaro écrit : « On rencontre des expositions individuelles dont l'intérêt artistique et documentaire est de premier ordre : celles, par exemple, des cinq maquettes du sculpteur Paul Preyat, amputé du bras droit. Ces cinq maquettes marquent les étapes d'une rééducation de main d'artiste. Rien n'est plus émouvant. Sur la première on voit s'exercer une main gauche inhabile, qui n'ose pas... Il y a plus d'assurance, dans l'exécution de la seconde; dès la troisième on sent que la main est devenue maîtresse de l'ébauchoir. L'avant-dernière maquette de la série montre un combattant debout derrière le parapet, aux écoutes; la dernière est l'image tragique du même soldat, frappé d'une balle en plein visage. C'est un chef-d'œuvre. »

Projet de Monument à la femme de Paul Preyat

En novembre 1916 à Paris (15e arr.), Paul Preyat épouse Marguerite Marie Heckmann, musicienne. Ils vivent dans cet arrondissement, rue François-Guilbert.

À suivre

Marie Hecmann-Preyat

 

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 00:01

Émile Louis Eugène Herluison naît le 11 juillet 1887 à Rosny-sur-Seine (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Victorine Augustine Cléret et d’Émile Jules Herluison, garde particulier puis plus tard imprimeur.

En 1899, il est placé comme apprenti brocheur à l'Imprimerie Chaix, 20, rue Bergère, à Paris. Le petit-fils du fondateur de la société, Alban Chaix, le récompense en 1903 d’un livret de caisse d'épargne de dix francs avec ce compliment : « Satisfait grandement ses professeurs qui en font le plus grand éloge; travailleur intelligent et sérieux, montrant une très grande bonne volonté deviendra assurément un bon ouvrier, donne toute satisfaction à ses parents et un excellent exemple à ses quatre frères plus jeunes. »

Effectuant son service militaire entre octobre 1908 et septembre 1910 au 153e régiment d’infanterie, stationné à Toul, Herluison est nommé caporal puis sergent en septembre 1909. Il se marie en janvier 1911 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Juliette Germaine Toussaint, couturière. Il s’installe avec sa belle-mère avenue Marie-Louise dans le quartier de Polangis, à Joinville, et est brocheur chez Wolff, cité Fénelon, à Paris (9e arr.).

Au cours de la première guerre mondiale, mobilisé au 94e régiment d’infanterie, il est promu  adjudant puis sous-lieutenant en novembre 1914 et, le même mois, est blessé près de l’œil de petits éclats de balle. À cause d’un double leucome, il est placé hors cadres en septembre 1917, puis démobilisé en juin 1919. Réintégré dans la réserve en mars 1921, il voit son grade d’officier confirmé.

Adresses : 1908 Bois-Colombes, 25, rue des Halles ; 05/02/1911 Joinville 5, av. Marie-Louise ; 09/12/1917 id. ; 03/07/1928 Rouen 105, rue Lafayette ; 02/12/1929 Persan 26, rue Jean-Jaurès ; 25/02/1932 Joinville 16, av. des Lilas ; 20/04/1937 Joinville 62, av. Oudinot.

Revenu à Joinville après le conflit, il s’implique dans la vie locale. C’est peut-être lui qui souscrit, en février 1919 des actions du quotidien L’Humanité, alors organe du parti socialiste SFIO et qui deviendra l’année suivante celui du parti communiste. Il fait partie, en mars 1925, de la liste présentée par le groupement local du Cartel des gauches qui tente, en vain, d’obtenir des délégués sénatoriaux. Le cartel regroupe les radicaux-socialistes, auxquels Herluison est affilié, les socialistes SFIO qui se reconstituent et des socialistes indépendants.

Après un échec en mai 1925, le groupement des gauches non communistes remporte les élections municipales de mai 1929. Cependant, suite à des conflits internes et à une succession de décès ou de défections, il faut compléter le conseil en octobre 1934. Avec Léon Lesestre, porte-parole de la droite locale, Émile Herluison conclut, avec l’appui des radicaux-socialistes, un accord pour constituer un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville dont l’objectif affiché est de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles ». Il figure sur la liste constituée pour les dix sièges à pourvoir, avec un autre radical, Auguste Lobrot, à côté de libéraux et conservateurs ou indépendants. Face à une seconde liste, qui comprend également des radicaux, et à des concurrents communiste et socialiste, la liste de concentration arrive en tête au premier tour. Herluison obtient 850 voix pour 2 297 suffrages exprimés (37%) sur 2 360 votants pour 3 225 inscrits. Face à la seule liste communiste, il est élu au second tour en recueillant 1 112 des 1 903 suffrages exprimés (58,4%) pour 1 964 votants.

S’il est supposé être proche de la municipalité, il participe en janvier 1935, devant un public nombreux, à un très vif échange à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux ; le dossier est renvoyé en commission à la demande d’Herluison et de trois élus de droite, Béal, Caillon et Lesestre.

Lors des élections municipales générales suivantes, en mai 1935, Herluison rejoint la liste des Gauches républicaines, conduite par le maire, Georges Briolay, qui s’oppose à celle de l’Union républicaine (droite) de Léon Lesestre. Ayant perdu le soutien du parti socialiste SFIO, le groupement des gauches concède avoir dû augmenter les impôts communaux du fait des « importants travaux d’amélioration et d’embellissement » et à cause de « l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) » en cette période de crise économique. Refusant une « politique du moindre effort », ils préconisent l’amélioration de la voirie et des transports ainsi que l’installation d’un éclairage public. Ils veulent faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’intérêt national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Ils planifient également la construction d’une nouvelle école et d’une salle des fêtes ainsi que de cours de natation et d’aviron gratuits.

Talonnée par la liste communiste, celle de la municipalité sortante est nettement devancée par la droite de l’Union républicaine. Herluison obtient un score meilleur que celui de la majorité de ses colistiers, avec 787 suffrages exprimés sur 2 856 (27,6%) pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits.

Après la fusion des listes communiste et socialiste, les radicaux, qui se maintiennent, reculent fortement au second tour au profit de la droite et n’ont aucun élu. Herluison obtient 595 suffrages exprimés sur 2 899 (20,5%) pour 2 924 votants. Léon Lesestre est élu par les 25 conseillers municipaux de sa liste, contre les deux voix communistes.

La famille Herluison vit dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas puis avenue Oudinot. Il est représentant de commerce.

Émile Herluison meurt le 27 juin 1952 au Mans (Sarthe). Il était âgé de 64 ans et avait eu un fils.

L'imprimerie Chaix

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 00:01

Albert Fernand François Guyot naît le 23 février 1887 à Paris (4e arr.). Il est le fils d’Albertine Émilie Serré et de son mari Louis Désiré Guyot, ouvrier papetier.

Condamné en novembre 1907 à 12 francs d’amende pour outrages par le tribunal correctionnel de la Seine, il sera ensuite amnistié.

En octobre 1908, il est opticien et dispose du permis de conduire. Il effectue pour deux ans son service militaire au 26e régiment d’infanterie. Albert Guyot épouse, en avril 1912 à Paris (4e arr.) Louise Marguerite Poggioli, papetière. Ils vivent dans le 12e arrondissement rue de Charenton puis impasse Crozatier.

Mobilisé au cours de la première guerre mondiale, il est blessé en septembre 1914 au mollet gauche à Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle), qui lui vaudra une pension d’invalidité de 15% après-guerre. Détaché aux ateliers de Puteaux en février 1916, il est versé dans des services non militaires en mars 1917 à cause de sa cicatrice douloureuse. Il est muté à l’usine Strauss de la rue de Naples à Paris. Il retrouve un service armé en février 1918 au sein du 23e régiment d’infanterie colonial.

Après le conflit, Albert Guyot vit à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne) puis s’installe dans la commune proche de Joinville-le-Pont dans le quartier du Centre, d’abord rue Bernier puis rue Vautier. Il y réside, séparé de son épouse, avec une nouvelle compagne, Suzanne Darfeuille ainsi qu’avec un orphelin de la famille de cette dernière. Ayant développé son activité dans l’optique, Guyot dispose désormais d’un atelier de fabrication de lunettes.

S’engageant dans l’action politique au côté de l’Union des républicains (droite conservatrice et libérale), Albert Guyot est candidat aux élections municipales de mai 1935 à Joinville. Il est présent sur la liste conduite par Léon Lesestre, qui assure rassembler des « hommes d’ordre et d’action », « n’ayant pour but que la bonne gestion communale » et « sans aucune préoccupation politique. »

La liste est opposée à celle du maire sortant, Georges Briolay, rassemblant les radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, à une liste communiste et à une autre liste, incomplète, constituée par le parti socialiste SFIO.

La liste de droite arrive en tête au premier tour, devant les radicaux et les communistes. Guyot obtient 926 votes pour 2 856 suffrages exprimés (32,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les communistes et les socialistes fusionnent leurs listes. L’Union républicaine creuse l’écart avec les radicaux et devance la gauche, en obtenant 25 sièges contre deux élus communistes. Guyot est élu avec 1 152 voix sur 2 899 suffrages exprimés (39,7%) pour 2 924 votants. La droite considère que « Les Joinvillais, dans le seul but de barrer la route aux communistes, ont apporté leurs suffrages en masse à la liste d’ordre de l’Union républicaine. Ils ont montré leur réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

Albert Fernand François Guyot meurt le 26 février 1938 à Joinville. Il était âgé de 51 ans et avait eu un enfant de son mariage puis avait élevé le fils adoptif de sa compagne.

La rue Vautier à Joinville-le-Pont

 

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 00:01

Paul Charles Victor Guye naît le 10 juin 1876 à Paris (4e arr.). Il est le fils d’Eugénie Justine Caroline Asselin et de son mari Pierre Étienne Achille Guye, cordonnier.

À dix-huit ans, Guye, qui est employé de commerce, devance le service militaire et s’engage dans l’armée pour cinq ans. Il est affecté au 27e régiment d’infanterie ; en juin, 1895, il est réformé à Dijon (Côte-d'Or), une pleurésie purulente étant diagnostiquée. Il devient ensuite professeur de langue anglaise puis inspecteur à l’école Berlitz.

Marié en janvier 1901 à Paris (11e arr.) avec une institutrice, Marthe Le Vasseur, ils vivent boulevard Beaumarchais. Après le décès de son épouse, Paul Guye se remarie en novembre 1910 à Paris (9e arr.) avec une secrétaire de l’école Berlitz, Marthe Dreyfus. Ils s’installent d’abord boulevard des Italiens, puis rue Choron et rue Saint-Hilaire à Colombes, (Seine, act. Hauts-de-Seine).

En 1914, Paul Guye enseigne en Angleterre, probablement à Harrogate, dans le Yorkshire, où il demande à adhérer au Touring club de France. Il est à Londres en 1917. Son exemption du service militaire armé est confirmée à deux reprises.

Après le conflit mondial, la famille Guye s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où elle réside en 1926 avenue d’Hill (act. avenue de la Plage) dans le quartier de Palissy. Guye reprend une activité commerciale et semble bénéficier d’un certain confort financier.

Dans sa nouvelle commune, Paul Guye s’engage dans l’action politique. Il préside le Comité d’union républicaine et d’action sociale, principale organisation locale de la droite libérale et conservatrice. En octobre 1932, il présente sa démission de président du comité pour des raisons de santé. Les membres ne l’acceptent pas et confient l’intérim à Lucien Pinton.

Paul Guye meurt le 12 septembre 1933 à Joinville. Il était âgé de 57 ans et père de deux filles. En janvier 1912, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

La presse locale lui rend hommage, y compris l’hebdomadaire Voix des communes, de ses opposants radicaux-socialistes, qui remarque qu’il « ne comptait que des amis à Joinville » tandis que le journal libéral Union régionale dit qu’il était « très estimé du comité d’union républicaine dont il était le président. »

Le Pont de Joinville et le quartier de Palissy

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 00:01

Gaston Maisonpierre naît le 10 janvier 1881 à Paris (18e arr.), il est le fils de Caroline Maisonpierre, couturière native de Hollande qui vit boulevard de Clichy, et d’un père non dénommé. Sa mère le reconnaît en janvier 1883 à Paris (10e arr.). Enfin, il est reconnu à Paris (17e arr.) en janvier 1885 par Joseph Victor Florence, distillateur alsacien ayant opté pour la nationalité française ; ce dernier meurt en avril 1889.

Travaillant comme ouvrier dans la métallurgie en tant que chauffeur à Joeuf (Meurthe-et-Moselle), Gaston Florence s’engage pour quatre ans dans l’armée à Briey (Meurthe-et-Moselle) en février 1901. Il est affecté au 12e régiment de dragons. Il se marie, toujours à Joeuf, en février 1906 avec Marie Véronique Thévenin.

En 1907, Florence est ouvrier à l’usine du Bi-Métal, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, rue du Four puis place des Écoles. Il va prendre un rôle actif dans la grande grève de cette usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques.

Au début de l’année 1910, les communes riveraines de la Marne ne sont pas encore sous les eaux : l’inondation historique débutera à la fin du mois de janvier. Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers de Bi-Métal se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (CGT), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; elle a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Les demandes des syndicalistes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse. Selon Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève en tant que secrétaire de l’Union des métaux, qui s’exprime dans le quotidien socialiste L’Humanité « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. »

Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Début mars, la Marne s’étant retirée, la direction se mit en devoir de procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une équipe de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice.

Changement de tactique alors parmi les syndicalistes des métaux. Jeudi 24 mars, il vient cinquante jaunes, ou prétendus tels. Afflux de chômeurs attirés par l’espoir d’un travail ? Peut-être, mais il y a sans doute également, selon le quotidien libéral Le Journal des débats, de pseudo-jaunes se seraient glissés dans l’équipe, pour discréditer l’organisation des anti-grévistes et prouver que, selon le mot de L’Humanité « La jaunisse coûte cher. »

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol.

La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques-uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 16 mars, les ouvriers en grève du Bi-Métal qui dure depuis deux mois sont rejoints par ceux de La Canalisation électrique, usine voisine située à Saint-Maurice. Avec le reflux de l’inondation, La Canalisation électrique embauche vingt nettoyeurs, cependant le 17 mars, une centaine de grévistes tentent de les empêcher d’opérer à coups de pierres. La police s’interpose, et plusieurs coups de revolver sont tirés, sans faire de blessés. Cinq arrestations sont faites, dont celle de Florence. Dans l'après-midi, des métallurgistes de Montreuil, également grévistes, se sont joints à ceux de Joinville et la police locale réclame des renforts des commissariats de Charenton, Ivry, Vincennes et Gentilly puis fait appel à l’armée.

Florence, Victor Bluche, Jean Elipoura, François et Jean Lucchi ont nié avoir tiré des coups de feu et avoir jeté des pierres sur la police. Ils sont cependant maintenus sous mandat d'écrou. À la demande de leurs avocats, le président du Conseil des ministres, Aristide Briand, leur octroie le régime des détenus politiques. Ils sont jugés le 12 avril devant la neuvième chambre du tribunal de police correctionnelle, présidée par M. Ausset, sous les inculpations d'entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers (pours trois d’entre eux) et port d'arme prohibée, en compagnie d’une femme, Catherine Gutrod, née Thomé. Florence et Bluche sont condamnés à trois mois de prison pour entrave à la liberté du travail et port d'arme prohibée, Jean Elipoura et François Lucchi à deux mois, Catherine Gutrod à quinze jours tandis que le jeune Jean Lucchi est relaxé.

Le même jour, Gaspard Ingweiller, le dirigeant syndical à la tête de la grève, est arrêté après une course poursuite. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail. Six autres personnes sont inculpées le même jour, pour entraves à la liberté du travail et violences, sans être mises en prison.

Après sa sortie de prison, Florence repart en Lorraine avec sa famille. Il travaille à Joeuf où existe une importante usine sidérurgique appartenant à la famille de Wendel.

Pendant la première guerre mondiale, est d’abord mobilisé dans l’artillerie puis, en novembre 1916, détaché aux Forges de Chatillon à Commentry (Allier) avant d’être reversé, en juillet 1917, dans l’infanterie. Il est démobilisé fin février 1919 et s’installe à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), autre haut lieu de la sidérurgie.

Revenant en région parisienne, Florence s’installe avec sa famille à La Courneuve (Seine, act. Seine-Saint-Denis), un des centres métallurgiques de l’agglomération. Il est en 1931 chauffeur dans une usine de la ville voisine d’Aubervilliers puis, en 1936, lamineur à La Courneuve.

Gaston Florence meurt le 11 avril 1963 à La Courneuve (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 82 ans et père de trois enfants. Il avait été décoré de la médaille commémorative française de la grande guerre.

Son deuxième fils, Max Florence (1918-1944), boxeur et résistant à l’occupation allemande, combattant dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI), a été fusillé par les allemands le 16 août 1944 à Garges-lès-Gonesse, Seine-et-Oise (act. Val-d’Oise).

Un atelier de l'usine du Bi-Métal en 1910

 

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 00:01

Ernest Proupin nait le 28 janvier 1895 à Saint-Bonnet-de-Bellac, en Haute-Vienne. Il est le fils de Marie Desbordes, cultivatrice, et de son mari, Jean Proupin, scieur de long, qui vivent dans le hameau de Lauberge.

Son père étant devenu gendarme, Ernest Proupin va avec sa famille résider dans l’Isère à La Tour-du-Pin en 1896 puis à Grand-Lemps en 1906.

Il fréquente sans doute l’école militaire préparatoire de Billom, dans le Puy-de-Dôme, puisque c’est dans cette commune, en janvier 1913, qu’Ernest Proupin s’engage dans l’armée pour cinq ans, le lendemain de son dix-huitième anniversaire. Il est affecté au 2e régiment d’artillerie de campagne et nommé brigadier en août 1913.

Pendant la première guerre mondiale, il est blessé en octobre 1914 au ravin du Bois-Mulot à Mécrin (Meuse) d’un éclat d’obus dans la tête. Nommé maréchal des logis en mars 1915, il est affecté à l’armée d’Orient en mai de la même année. Il est cité à l’ordre du régiment pour avoir « fait preuve de courage et de sang-froid en maintenant les hommes de sa pièce à leur poste malgré que cette dernière était soumise à un violent bombardement ennemi ».

De nouveau blessé d’un éclat de bombe à la gorge à en Turquie, il est rapatrié en France en juillet, puis exclu du service armé, qu’il reprendra en novembre 1918. Il devient maréchal des logis chef en juillet 1919 puis est démobilisé deux mois plus tard. Suite à ses blessures, il bénéficie d’une pension pour une invalidité estimée à 50%.

Après le conflit, Ernest Proupin s’installe à Saint-Sulpice (act. Ham, Somme) où il est toujours domicilié en 1924. Il est ensuite à Paris (3e arr.), boulevard Beaumarchais en 1926 puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1927. Il est domicilié dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

Lors des élections municipales de mai 1929, Ernest Proupin est candidat sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, conduite par le communiste Roger Bénenson. Il figure en 13e position sur 27. Proupin obtient, au premier tour, 337 voix pour 1 715 votants (19,7%) sur 2 491 inscrits. Proupin est l’assesseur de sa liste dans le bureau de vote qui couvre les quartiers de Palissy et Polangis. Les candidats communistes se maintiennent au second tour, mais ils n’ont pas d’élus, le radical Georges Briolay emporte 22 sièges dans une coalition de groupement des gauches associant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants. La droite du maire sortant Stephen Durande gagne les 5 derniers postes.

En 1931, Proupin est représentant de commerce. Il est victime d’un grave accident de la route dans l’Oise, à Breuil-le-Sec, en février 1931. Sa voiture s'écrase contre un arbre après avoir tenté de dépasser un autre véhicule. Il est grièvement blessé.

C’est probablement Proupin qui, sous la désignation d’Ernest, remporte le concours d’abonnements lancé en 1933-1934 par l’hebdomadaire La Défense du Secours Rouge international.

Adhérent à la section de Joinville de l’association républicaine des anciens combattants (ARAC), Proupin en est exclu en août 1935 par la commission des conflits fédérale « en raison des malversations commises » par lui.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Proupin est rappelé en activité en février 1940 dans le 21e régiment d’artillerie de campagne. À la fin de la campagne de France, il s’évade et se rend en Algérie, où il est démobilisé à Oran en septembre 1941. Il est rappelé à sa demande en novembre 1942, d’abord dans l’artillerie puis dans l’infanterie en 1945. Il est au sein des troupes françaises d’occupation en Allemagne en octobre 1945, avant de rejoindre le fort de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1946 puis d’être démobilisé en mars de la même année.

Son appartenance à la résistance à l’occupation allemande est reconnue au titre des Forces françaises libres.

Se présentant désormais comme métreur et toujours domicilié à Joinville, Ernest Proupin est convaincu d’avoir commis plusieurs abus de confiance, notamment dans les communes de Nyoiseau (act. Segré-en-Anjou Bleu, Maine-et-Loire) et Daon (Mayenne). Il est condamné à 6 mois de prison par le tribunal correctionnel d’Angers en décembre 1949.

Ernest Proupin meurt le 26 septembre 1962 à Joinville. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative de l’armée d’Orient.

La tranchée du ravin du Bois-Mulot

 

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 00:01

Avant la première guerre mondiale, la notoriété de l’école du Parangon devient assez grande. Henri Rousseau a associé, en 1909, son fils aîné, Louis, à la direction. Il est spécialement en charge de l’accueil des élèves étrangers. L’école est présente en 1913 à l’exposition universelle de Gand, présentant une bibliothèque pliante portative construite par les élèves, contenant une petite collection de produits coloniaux.

Au début du conflit, alors que son fils Louis est mobilisé, Henri Rousseau s’efforce de maintenir l’activité de l'Institution du Parangon. La rentrée est cependant décalée de deux semaines, début octobre 1914. L’enseignement est offert gratuitement aux enfants de mobilisés.

Dès le 3 août 1914, une Œuvre de patronage et d'hospitalisation des enfants est constituée au Parangon, sous la conduite du Dr Rousseau et de son épouse. Le sculpteur et médailliste Jules Édouard Roiné en est le vice-président.

En 1915, les activités de la Société de gymnastique et de préparation militaire du Parangon reprennent sous la conduite d’un militaire blessé.

Cependant, faute sans doute d’une clientèle suffisante, l’école ferme définitivement en 1917. Ses bâtiments servent à l’implantation d’un hôpital américain cette même année. À la fin du conflit, le service de santé de la Croix-Rouge française prend le relais. Après-guerre, la transformation du Parangon est envisagée par le département de la Seine, mais son aménagement est jugé trop coûteux. Ce sont finalement les Sœurs de l'Assomption qui s’y installent. Elles mènent une activité de garde-malades pour les pauvres.

Après la fermeture de ses établissements, le docteur Rousseau cesse son activité médicale en 1917.

En complément de son activité médicale, Henri Rousseau avait poursuivi son travail scientifique et fait œuvre de naturaliste. Outre des articles dans le Journal des campagnes, il publie plusieurs ouvrages comme Herbiers d’enseignement (1888), Atlas des plantes médicinales et vénéneuses (1895, réédité en 1920), Les Plantes nuisibles (1902). Il est également l’auteur d’ouvrages pédagogiques et de brochures scientifiques ou médicales, comme Contribution à l’étude de l’acide chromique (1878) ou Secours à donner aux noyés en attendant l’arrivée du médecin (1874).

Le Dr Rousseau est également impliqué dans plusieurs associations. Il est signalé comme membre de l’association de lutte contre l’alcoolisme La Tempérance entre 1881 et 1885. Depuis 1885, il participe à la Société nationale d'horticulture de France et y est toujours actif en 1905. Il intègre la Société de géographie commerciale de Paris en 1900 et continue d’y participer jusqu’en 1914. Sa contribution à l’Association française pour l'avancement des sciences est signalée en 1889-1890. Il est un des conseillers du Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) en 1902 et en 1905. Enfin, il préside à partir de 1910 la Société de gymnastique du Parangon, structure de l'Union nationale des sociétés de tir de France.

En septembre 1923, il participe au congrès des jardins ouvriers qui se tient à Strasbourg (Bas-Rhin).

Henri Rousseau meurt le 23 octobre 1926 à Joinville. Il était âgé de 80 ans et était père de deux fils. Henri Rousseau était titulaire de nombreuses décorations : outre au moins six distinctions agricoles, il est officier de l’ordre de Nicham Iftikar (Tunisie), titulaire de la médaille annamite de Khim Kaï (Viêt-Nam), des Palmes académiques comme officier d’académie (mai 1889) puis officier de l’instruction publique (janvier 1897), et chevalier de la Légion d’honneur (juillet 1926).

Son fils aîné, Louis Jules, fut associé à la direction de l’institution du Parangon à partir de 1909, officier et décoré de la Croix de guerre.

Son fils cadet, Paul, avocat à la cour d'appel puis procureur et juge, épousa Alice Roiné, fille du sculpteur Jules-Édouard Roiné.

Henri Rousseau, Les Plantes nuisibles

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens