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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Bien avant-guerre, Raymond Caudrilliers avait démarré une carrière artistique. Il prit le pseudonyme d’Aimos, qui devint son nom d’usage, et s’engagea en tant que chanteur lyrique dans le music-hall.

C’est cependant dans le cinéma qu’il fit l’essentiel de sa carrière. Si une légende lui attribue une participation au film des frères Lumière, L’Arroseur arrosé, elle est évidemment fausse, car il avait alors 4 ans, tandis que les deux personnages du film tourné en 1895 sont des adultes. D’autres sources lui attribuent, à 12 ans (donc vers 1903), une apparition dans une courte bande de Georges Méliès, mais elle n’est pas confirmée.

Le premier court-métrage où sa présence est documentée est Pendaison à Jefferson City de Jean Durand (1910) montrant la cruauté quotidienne de la vie de l'Ouest américain. Avec le même réalisateur, il participe à une série de petits films, autour du personnage d'Onésime créé par Ernest Bourbon (1912 à 1914).

Entre les deux guerres, Aimos va devenir un second rôle populaire du cinéma français, d’abord dans le muet. Il apparaît dès 1922 dans le long-métrage Vingt ans après, adaptation du roman d'Alexandre Dumas par Henri Diamant-Berger.

En juin 1923, Aimos qui vit avec sa mère avenue Ledru-Rollin à Paris (11e arr.), épouse Pauline Madeleine Botté.

C’est avec le parlant que la carrière d’Aimos s’accentue. On le voit dans le premier film de cette catégorie tourné par René Clair, Sous les toits de Paris. Il enchaînera ensuite une centaine de films.

Il tourne avec Gaby Morlay dans Accusée, levez-vous de Maurice Tourneur (1930). À côté de nombreuses productions commerciales, où il tient souvent des petits rôles comiques, on voit Aimos au générique de quelques chefs-d’œuvre et grands classiques.

 

Il est ainsi Charles dans 14 Juillet de René Clair, Marcel dans Sous la griffe de Christian-Jaque, Marcel Mulot dans La Bandera de Julien Duvivier, Raymond dit Tintin dans La Belle Équipe de Julien Duvivier encore, Dix-de-Der dans Titin des Martigues de René Pujol, La Ficelle dans Chéri-Bibi de Léon Mathot, Quart-Vittel dans Quai des brumes de Marcel Carné ou Agénor dans Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry.

Pendant la deuxième guerre mondiale, il continue à tourner et on le voit comme le valet de François-Ferdinand dans De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls, Cupidon dans Monsieur La Souris de Georges Lacombe, Ernest dans Lumière d'été de Jean Grémillon ou dans Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret.

Un de ses plus beaux rôles se situe dans La Belle Équipe où il incarne le plus optimiste des cinq copains qui choisirent de mettre en commun leurs gains à la loterie pour construire une guinguette au bord de la Marne. Il tourne le film à Joinville-le-Pont, aux côtés notamment de Jean Gabin et Charles Vanel, en 1936, période d’optimisme social et politique qui allait peu durer.

Il divorce en 1938 de Pauline Madeleine Botté et va vivre sur les bords de Marne à Chennevières (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne) avec sa mère et Renée Lefèvre, présentée parfois comme son épouse mais avec laquelle il ne semble pas s’être marié.

À suivre.

 

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

Raymond Arthur Caudrilliers naît le 28 mars 1891 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari, Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe en région parisienne dans la première décennie du vingtième siècle. Elle réside en 1910 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Krüger, dans le quartier du Parc. Cette même année, Raymond Caudrilliers est condamné, en janvier, à quatre mois de prison pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Il effectuera sa peine dans la colonie correctionnelle de Gaillon, Eure, prison pour enfants où il est présenté comme résident en 1911. Son père meurt en février 1911 à Saint-Maur.

Son frère aîné, Robert Caudrilliers (1888-1959), est un pionnier de la photographie aérienne, d’abord à titre civil à partir de 1908, puis dans l’armée. Il couvrira ensuite principalement l’actualité sportive.

C’est cette même année 1911 que Raymond Caudrilliers aurait dû effectuer son service militaire. Cependant, il est déclaré insoumis en janvier 1913 comme « manquant à la convocation de son ordre d’appel. »

Lors de la première guerre mondiale, Caudrilliers se présente volontairement en août 1914 et est incorporé au 113e régiment d’infanterie. De ce fait, et grâce à la loi d’amnistie du 5 août 1914, il est rayé de la liste des insoumis. Il sera présenté, entre juillet 1915 et février 1929, 11 fois devant des commissions de réforme, qui toutes concluront à sa mauvaise santé pour cause d’une tuberculose pulmonaire, antérieure à son incorporation. Après les 11 premiers mois, il ne reprend une activité militaire qu’un mois lors de l’été 1916. Les commissions constatent que sa voix est altérée et son état général médiocre ; il obtient une pension correspondant à un taux d’invalidité de 50%.

Caudrilliers réside un temps en 1917 à Marseille avant de revenir, en juillet de cette même année, à Saint-Maur.

Après-guerre, Raymond Caudrilliers est une nouvelle fois traduit en justice ; il écope d’un mois de prison pour port d’arme prohibée devant le tribunal correctionnel de la Seine.

À suivre.

Colonie correctionnelle de Gaillon, Eure

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 01:01

Marcel Louis Gaucher naît le 29 septembre 1894 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Juliette Mathiot et de son époux Louis François Gaucher, instituteur, qui résident à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).

Au début de la première guerre mondiale, Marcel Gaucher est étudiant en droit et réside chez ses parents à Bagnolet (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est incorporé en août 1916 au 153e régiment d’infanterie. Il devient caporal en mai 1917 puis sergent le mois suivant. Pour son attitude pendant les combats, il est cité à l’ordre du régiment en novembre 1918. Gaucher est affecté en mai 1919 à la 20e section état-major et est mis en congé en septembre de la même année.

Il s’installe alors à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue du Bac. Juste après la fin de sa période militaire, il épouse dans cette ville Raymonde Mathilde Rigaud en septembre 1919. Il est contremaître dans l’entreprise de coupe de verre et de glaces, dirigée par son beau-père, Eugène Rigaud, et située à son adresse dans le quartier de Polangis. Il participe au bureau de la Société symphonique de Joinville dont il est archiviste en 1925.

Vers 1925, Marcel Gaucher devient rédacteur à la préfecture de police de Paris. Il y préside une société musicale, la Symphonie, qu’il fusionnera en 1935 avec le Salon artistique de la même administration, en une Association artistique s’occupant à la fois de musique et de peinture. Marcel Gaucher est lui-même peintre, orienté vers le paysage, et expose au salon annuel de la préfecture en 1934, 1937 et 1938.

La famille Gaucher s’est installée à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord rue Squéville puis rue Castel. En juillet 1932, Marcel Gaucher remporte un prix au Grand concours politique organisé par le quotidien l'Œuvre.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gaucher est affecté spécialement à la préfecture de police. Il est démobilisé de fait le 25 juin 1940. Le 6 septembre 1941, le Journal officiel publie une « Liste des dignitaires (hauts gradés et officiers de loges) de la franc-maçonnerie » dans laquelle Marcel Gaucher est présenté comme responsable de la loge L'Effort. En conséquence de cette dénonciation, l'amiral Bard, préfet de police, dans un arrêté du 26 septembre 1941, relève Marcel Gaucher de ses fonctions de sous-chef de bureau à la direction du personnel, du budget et du matériel.

Marcel Gaucher avait fondé, dès juin 1940, le premier groupe clandestin contre l’occupant à la préfecture. Il s’occupe de faux papiers et de l’organisation de dépôts d’armes.

Après son renvoi, il est recruté le 1er octobre 1941 comme agent P1 au sein du réseau Hector, mouvement de résistance fondé par Alfred Heurteaux et lié au service de renseignement de l’armée de l’air française. Le 9 octobre, il est nommé agent P2, chargé de mission 3e classe, ce qui lui vaut un grade de sous-lieutenant homologué au titre des Forces françaises combattantes.

Le réseau est démantelé au cours de l’opération Porto par l’Abwehr, service de renseignement de l'état-major allemand à Paris. 119 personnes sont arrêtées, dont 77 seront maintenues en détention, dans des lieux gardés secrets au nom de la nouvelle classification Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard).

En compagnie de son fils Jacques, également résistant, Marcel Gaucher est arrêté le 9 octobre 1941. Il est déporté depuis la gare de l’Est à Paris le 15 décembre 1941, cinq jours après son enfant. Il est successivement interné dans les prisons de Hagen, de Cologne, de Wittlich (Rhénanie-Palatinat), de Wolfenbüttel (Basse-Saxe) et de Hambourg. Il est enfin transféré au camp de concentration de Gross-Rosen (Allemagne, act. Pologne, près de Rogoźnica), où il meurt le 24 décembre 1944. Il était alors âgé de 50 ans. Son fils mourut également en déportation en avril 1945.

Pour son activité civile, Marcel Gaucher avait obtenu la médaille de bronze de la mutualité en août 1929. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en janvier 1931 et comme officier de l’instruction publique en février 1937.

Au nom de son engagement dans la Résistance, et à titre posthume, Marcel Gaucher a obtenu la médaille de la Résistance en avril 1946 et a été fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1947. Il a été cité à l’ordre de la Nation le 21 juin 1947 par le ministre de l’intérieur, Édouard Depreux.

Le nom de Marcel Gaucher figure sur la plaque commémorative des victimes civiles, située au carrefour des Martyrs-de-la-Résistance à Fontenay-sous-Bois. La même commune a baptisé une de ses voies « rue Marcel et Jacques Gaucher » ; il s’agit d’une ancienne partie de la rue Castel, où il résidait. Un arrêt de bus de la RATP porte le nom « Mallier-Gaucher » ; il est desservi par la ligne 524.

Les archives municipales de Fontenay-sous-Bois conservent des toiles peintes par Marcel Gaucher.

Bords de mer, Marcel Gaucher (arch. Fontenay-sous-Bois)

 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 01:01

Eugène Frédéric Henri Doret naît le 12 mai 1873 à  Brezolles (Eure-et-Loir). Il est le fils d’Augustine Demeestère et de Désiré Prudent Léopold Doret, huissier. Son grand-père maternel, Alphonse Demeestère, est une figure du mouvement républicain de la région parisienne, et le pilier du mouvement radical-socialiste dans le canton de Charenton et la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Après le décès de son père en juin 1883, la famille vient s’installer à Joinville, où ils sont élevés au domicile des grands-parents, hôteliers quai Beaubourg.

Devenu chef de bureau à la préfecture de la Seine, affecté à la mairie de Joinville à partir de 1893, Henri Doret affiche rapidement des opinions politiques radicales ; il participe ainsi en mai 1893 au comité de patronage qui promeut l'érection à Dijon d’un monument en mémoire de Pierre Joigneaux, journaliste, militant républicain et exilé sous le second empire puis député classé  à l'extrême gauche.

Mobilisé pour son service militaire en septembre 1894, il sert dans le 67e régiment d’infanterie. Il termine sa période en tant que sergent.

Succédant à Maurice Watrinet, Henri Doret devient secrétaire général de la mairie vers 1899 et le restera jusqu’en 1923. Il présente les compliments du personnel municipal au maire, Eugène Voisin, à l’occasion de son accession au grade de chevalier de la Légion d’honneur en août 1903.

En 1904, Doret est trésorier de l'association amicale des secrétaires et employés de mairie de la Seine et la représente, en août, au congrès des employés communaux de Belgique qui se tient à Ixelles. Il organise, en août 1905, le congrès des nageurs, créé par le quotidien L’Auto, qui se tient dans la salle des mariages de la mairie de Joinville.

Le mariage d’Henri Doret avec  Blanche Julia Lemoine est célébré en février 1909 à Paris (6e arr.), en présence du maire de Joinville.

Lors des grandes inondations de la Marne, en janvier 1910, Doret s’implique fortement dans l’organisation des secours.

Pendant la première guerre mondiale, Henri Doret assume des fonctions logistiques pour le compte du ministère de l’intérieur, étant probablement maintenu à son poste. Il est classé comme relevant d’un service auxiliaire en octobre 1916 pour bronchite suspecte ; même si une nouvelle commission de réforme le reclasse en service armé en mai 1917, il est maintenu dans ses fonctions.

D’abord sergent fourrier au début du conflit, Henri Doret est nommé à titre temporaire officier d’administration de 3e classe en février 1916. Il est confirmé dans ce grade en septembre 1917 puis passe en 2e classe en décembre 1918.

Parallèlement à ses fonctions administratives, Henri Doret exerce des responsabilités dans différentes associations. Il est un des initiateurs de la constitution d’une section de la société mutualiste Les Prévoyants de l’avenir en octobre 1896 et en est le comptable. Il participe à la formation d’une section des Vétérans en octobre 1899. Il est, en 1908, le trésorier de l’Association philotechnique. À partir de 1910 au moins, il est administrateur de la société de secours mutuel des sapeurs-pompiers, une des principales structures mutualistes de la commune. Il est enfin également secrétaire adjoint de la caisse des écoles en 1922.

L’appartenance à la franc-maçonnerie d’Henri Doret est critiquée par la presse d’extrême-droite, notamment le quotidien de Drumont, La Libre parole. Il est affilié à la loge Les Philanthropes Réunis, adhérente au Grand-Orient de France et fondée en 1839.

Après sa retraite en décembre 1923, Henri Doret va s’engager dans l’action politique. Il est candidat, en mai 1929, sur la liste des gauches républicaines, constituée dans le cadre du cartel des gauches et regroupant des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Au premier tour, Doret recueille 809 voix pour 1715 suffrages exprimés (47,2%) sur 2491 électeurs inscrits. Au second tour, il est élu, la liste remportant 22 des 27 sièges à pourvoir, face à la liste libérale et conservatrice de la municipalité sortante – qui a les 5 sièges restants – et à une liste communiste, qui s’est maintenue. Émile Briolay, radical, est élu maire avec des adjoints socialistes

En juin 1929, Doret fait partie des 5 membres du conseil qui refusent le changement de nom pour la rue du Cimetière, qui devient rue de l’Égalité.

Pour son engagement mutualiste, Henri Doret avait obtenu une mention honorable en mars 1907 puis une médaille de bronze en mars 1912. Du fait de son engagement dans les œuvres scolaires, et notamment la caisse des écoles, il a été décoré des Palmes académiques, d’abord comme officier d’académie en janvier 1905, puis comme officier de l’instruction publique en août 1922.

Henri Doret meurt le 18 juin 1930 ; son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était père de deux enfants. Son poste au conseil municipal reste vacant, jusqu’à une élection partielle en octobre 1934.

 

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 01:01

Victor Doyen naît le 3 mai 1897 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Cousson et de son compagnon, Victor Doyen, maçon, qui le reconnaît.

En décembre 1919 à Joinville, Victor Doyen épouse Françoise Belbéoch, sœur de Joseph Belbéoch, qui sera militant communiste et combattant dans les rangs de la Résistance, tué lors de la bataille du pont de Joinville le 25 août 1944. Il vivait alors dans la commune voisine de Saint-Maurice.

Alors employé de commerce, après avoir été épicier en 1915, Victor Doyen est mobilisé pendant la première guerre mondiale. Il est incorporé en janvier 1916 dans le 10e bataillon de chasseurs à pied. En mai 1916, il est fait prisonnier au fort de Condé, à Chivres-Val. (Aisne). Il est interné en Allemagne à Giessen (Hesse) d’où il est libéré le 12 décembre 1918. Il est réintégré dans le 26e bataillon de chasseurs à pied et démobilisé en septembre 1919.

Après son retour à la vie civile, Victor Doyen est employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Est ; il en est congédié en juin 1920 pour « absence illégale et prolongée. »

La famille Doyen vit après-guerre à Joinville, rue du Canal. Devenu chauffeur mécanicien, Doyen travaille dès 1921 à la Compagnie des Eaux de la Ville de Paris, située à Joinville dans le même quartier.

Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Doyen est candidat, en 17e position sur 27, sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, soutenue par le parti communiste et conduite par Roger Bénenson, futur député.

Au premier tour de scrutin, Doyen obtient 338 voix sur 1715 suffrages exprimés (19,7%) pour 2491 inscrits. La liste communiste se maintient au second tour face à celles du cartel des gauches et à celle de la municipalité sortante, libérale et conservatrice. Elle n’obtient aucun siège et son score recule à une moyenne de 278 voix (12,5%), l’alliance entre les radicaux-socialistes et le socialistes SFIO obtenant 22 conseillers municipaux avec 1025 voix (46%) tandis que la liste de droite a 5 élus avec 929 votes (41,6%).

Lors des élections suivantes, Victor Doyen est de nouveau candidat, en 15e position sur la liste communiste, conduite par Robert Deloche, futur maire de la commune après la deuxième guerre mondiale. Il recueille au 1er tour 673 voix sur 2856 suffrages exprimés (23,5%). Il n’est pas candidat au second tour, la liste communiste ayant fusionné avec la liste socialiste SFIO.

Face à la municipalité sortante radicale-socialiste (les socialistes lui ayant retiré leur soutien) et à une liste de droite, les communistes obtiennent deux sièges sur 27, la droite conservatrice emportant tous les autres. Léon Lesestre est élu maire.

Le 4 mars 1939, Victor Doyen obtient une pension. Étant donné son âge, 42 ans, il ne s’agit pas d’une retraite, mais probablement de la suite d’un accident de travail, fréquent dans son métier - il est alors chauffeur désinfecteur, toujours pour la ville de Paris - ou des suites d’une maladie professionnelle. Il décède le mois qui suit.

Victor Doyen meurt le 6 avril 1939 à Joinville. Il avait eu deux enfants.

 

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 01:01

Henri Fraissange naît le 17 septembre 1899 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Alice Juliette Martin et de son mari, Jean Albert Henri Fraissange, mécanicien. La famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1903.

C’est probablement lui qui, salarié de Weil Brothers, rue Sainte-Cécile à Paris, est signalé en tant membre adhérent mineur de l'Union des employés de commerce en décembre 1913.

Alors électricien et vivant avec ses parents, toujours à Joinville, Henri Fraissange devance son service militaire et s’engage dans l’armée, à 18 ans, en décembre 1917. Il sert dans l’artillerie puis, en 1920, dans le train ; il est brigadier-fourrier à sa démobilisation en décembre 1921 puis sera maréchal des logis dans la réserve. Après avoir participé à la campagne contre l’Allemagne pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé au Maroc de janvier 1920 à août 1921. Il est décoré de la médaille coloniale.

Revenu à Joinville-le-Pont, où il réside avenue du Bac, dans le quartier de Polangis, Henri Fraissange est employé de commerce. Il sera ensuite comptable, puis acheteur dans la maison Bergeron à Paris (3e arr.).

En avril 1923 il épouse, à Joinville, une joinvillaise, Georgette Marie Augustine Fontaine, employée.

En mars 1933, Henri Fraissange participe, en tant que secrétaire à la création d'une société de secours mutuels, baptisée Mutuelle de l'Union fraternelle d'anciens combattants de Joinville-le-Pont. Honoré Genevay en est le président et Marius Achaintre le trésorier.

Lors des élections municipales de mai 1935, Henri Fraissange est candidat sur la liste des Gauches républicaines, conduite par le maire sortant, Georges Briolay. Elle défend le bilan de la municipalité élue en 1929, qui regroupe des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, le parti SFIO lui ayant retiré son soutien. La liste plaide pour l’amélioration de la vicinalité, l’installation d’un éclairage public et l’amélioration des transports. Elle veut faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation de grands travaux (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau), revendique la création d’un fonds national de chômage et projette la fondation d’un nouveau groupe scolaire, d’une salle des fêtes et d’un stade.

Au premier tour, avec 26,8% des suffrages exprimés, la liste radicale est nettement devancée par l’Union des républicains (droite conservatrice, 32,6%) et talonnée par les communistes (23,5%), qui s’unissent au second tour avec les socialistes (12,3%). Au second tour, la droite l’emporte avec 41% et 25 sièges, la gauche réunie rassemblant 39% des votes et obtenant deux sièges, tandis que les radicaux reculent à 20%.

Fraissange a recueilli 754 voix au premier tour pour 2856 exprimées (26,4%) sur 2923 votants et 3433 inscrits. Au second tour, il a 550 voix pour 2899 exprimées (19%) sur 2924 votants.

En juin 1938, Fraissange quitte Joinville pour Chaintré, en Saône-et-Loire. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est rappelé dans la 24e compagnie mixte du Train puis affecté spécial pour les ponts-et-chaussées du Rhône au port de Mâcon.

Après-guerre, Henri Fraissange s’installe dans l’Yonne. Il devient en 1951 maire de Cérilly, sans doute au décès du maire élu en 1947, Gabriel Mignot. Cérilly est un petit village, qui compte 91 habitants au recensement de 1954. Le mandat de Fraissange cesse lors des élections municipales de 1953.

Henri Fraissange meurt le 4 février 1966 à Cérilly. Il était âgé de 65 ans et n’avait pas d’enfant.

La mairie de Cérilly

 

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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 01:01

Édouard Henri Vardinal naît le 10 février 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Adélaïde Rousseau et de son époux Constant Vardinal, sellier.

Vivant toujours dans le même arrondissement, Édouard Vardinal devient monteur en bronze. Il fait un service militaire raccourci en 1891-1892, du fait du décès de son père, et épouse en février 1893 à Paris (10e arr.) Louise Eugénie Charbonneix, fille d’un maçon.

Entre 1897 et 1904, la famille vit aux Lilas (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis revient dans à Paris (19e arr.), square Bolivar, en 1907. À partir de 1913, la famille est définitivement installée à Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Pendant la première guerre mondiale, Vardinal est d’abord affecté au 29e régiment d’artillerie, basé à Laon (Aisne), puis, à partir de juin 1916 détaché au sein de la maison Vachette, rue du Chemin-Vert à Paris (11e arr.).

Après le conflit, Vardinal travaille à la maison Thibault où il est chef de fabrication pour le montage de bronze.

En novembre 1947, lors des élections municipales à Joinville-le-Pont, Édouard Vardinal figure sur la liste Union républicaine et résistante, qui rassemble des communistes, des radicaux et d’autres personnalités de gauche. La liste obtient une moyenne de 3 017 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44,4%), étant légèrement devancée par la liste gaulliste du RPF avec 3 066 votes (45,1%). Cependant, les deux listes ayant chacune 13 élus, c’est le socialiste SFIO Berthet, seul de sa liste, qui permet au maire sortant Robert Deloche de retrouver son poste.

En 1950, c’est probablement Édouard Vardinal (ou son fils Henri), qui participe en tant que responsable des Vieux travailleurs au 6e anniversaire de la Libération de la ville.

Non élu en 1947, Édouard Vardinal va être appelé à siéger au conseil municipal le 16 mars 1953, en remplacement de Robert Deloche, démissionnaire. Amélie Trayaud, communiste également, est élue maire. Son mandat prit fin dès le 26 avril 1953.

Édouard Vardinal meurt le 1er octobre 1953 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 83 ans. Il avait eu deux enfants.

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 00:01

Henry Vrain Charles François Lange naît le 8 mars 1896 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Clotilde Lange et de son époux Vrain Émile Léon Henri Louis Lange, ingénieur civil.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Henry Lange est décoré de la Croix de guerre 1914-1918, de la Médaille militaire et de la Croix de guerre belge. En 1921, il est maréchal des logis de réserve au 33e régiment d'artillerie.

Installé à Angers, Maine-et-Loire, Henry Lange va travailler comme économe à l’hôpital, avec un statut de fonctionnaire. En mai 1921, il épouse dans cette ville Yvonne Élisabeth Marguerite Le Lagatdée.

En juin 1941, pendant la deuxième guerre mondiale, Henry Lange est contacté par Maurice Tardat, précurseur de la Résistance angevine, qui le recrute pour le réseau de renseignement de la Confrérie Notre-Dame (CND-Castille). Il y est agent de renseignement P1. Il sera homologué au titre des Forces françaises libres et des Forces françaises combattantes.

Fondée en 1940, la Confrérie Notre-Dame est un réseau de renseignements relié au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Elle est dirigée par le colonel Rémy (Gilbert Renault).

Henry Lange meurt le 12 mai 1984 à Angers. Il était âgé de 88 ans. Il avait eu un enfant. Il a été décoré chevalier de la Légion d’honneur.

Henry Lange, photo CND-Castille

 

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 00:01

Jacob Sabkowski naît le 27 janvier 1891 à Paris (4e arr.) ; il utilisera le prénom de Jacques. Il est le fils de Malvina Deitcher, couturière et de son époux, Samuel Sabkowski, marchand forain. Tous deux juifs et originaires de Pologne, alors sous contrôle russe, ils obtiendront en 1895 et 1896 la nationalité française. En 1904, il fait sa Bar Mitzvah au temple de la rue des Tournelles, dans le quartier du Marais.

Devenu comptable, Jacques Sabkowski épouse en janvier 1912 à Paris (4e arr.) Louise Agnès Jamet, repasseuse, venant d’Indre-et-Loire.

Appelé au service militaire en octobre 1912, il est hospitalisé à plusieurs reprises et finalement réformé en août 1913 pour une tuberculose contractée au cours du service. Remobilisé pendant la première guerre mondiale en août 1916, il obtint une pension d’invalidité en octobre 1919, qui fut revalorisé en 1960.

Divorcé en octobre 1917, Jacques Sabkowski se remaria à une date inconnue avec Mathilde Alphonsine Peiffert.

Après-guerre, il quitte Paris et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y exploite, rue de Paris, en 1922 un commerce de lingerie, mercerie et articles de nouveautés, qu’il vend en 1924.

Lors de la fondation de la section de Joinville de la Ligue de la République, le 19 février 1923, Jacques Sabkowski en devient le secrétaire aux côtés de Félix Caperon, Charles Augros et Léon Berthet. La Ligue de la République rassemble des radicaux-socialistes, des socialistes indépendants et des socialistes SFIO. Le 21 février, elle lance un appel à faire triompher le bloc de gauche, pour faire échec à la réaction.

Des listes de groupement des gauches, de format variable, seront présentes à toutes les élections entre 1925 et 1935.

Jacques Sabkowski est lui-même candidat en mai 1929 lors des élections municipales qui voient la victoire de la Liste des gauches républicaines, conduite par Georges Briolay. Cependant, si la liste remporte 22 des 27 sièges à pourvoir, Sabkowski n’est pas élu. Il recueille, au premier tour de scrutin, 701 voix pour 1 715 votants (40,9%) sur 2 491 électeurs inscrits.

En 1930, Sabkowski participe à une souscription en faveur des victimes des inondations du Midi.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Jacques Sabkowski est arrêté et déporté. En tant que conjoint d'aryenne, il est dirigé le 11 octobre 1943 lors du convoi n° 641 vers le camp d'Aurigny, dans les îles anglo-normandes occupées. Il s’en évade le 17 août 1944 et rejoint le port de Boulogne.

En avril 1948, Jacques Sabkowski est désigné comme membre suppléant de la Commission départementale de la Seine de contrôle des prisonniers, déportés et internés. Il y représente la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes.

Jacques Sabkowski meurt le 20 novembre 1971 à Nice (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 80 ans. Son patronyme est inscrit sur le sur le Mur des Noms du Mémorial de la Shoah à Paris.

Plaque sur le site du camp d'Aurigny, photo Andrée Stephan, Wikipédia.

 

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 00:01

Zélik Sabkowski naît le 5 septembre 1896 à Paris (4e arr.) où son père Samuel Sabkowski est marchand forain ; il utilisera le prénom de Félix. Il est également le fils de Malvina Deitcher, ses deux parents, des juifs originaires de Pologne et ayant acquis peu avant sa naissance la nationalité française, vivent rue Saint-Paul, dans le quartier du Marais.

Résidant alors avec sa mère à Drancy (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Danton, Félix Sabkowski est mobilisé par anticipation en avril 1915, avec la classe 1916, du fait de la première guerre mondiale. Il travaillait alors dans la confection.

Intoxiqué au gaz en octobre 1918 dans l’Aisne, Félix Sabkowski est décoré de la Croix de guerre pour son activité pendant le conflit. Il semble cependant avoir du mal à supporter la prolongation de son service sous les drapeaux après l’armistice. Le 23 mars 1919, il est noté comme « manquant aux appels » puis déclaré « déserteur » six jours plus tard, avant d’être rayé des contrôles de la désertion le surlendemain.

Traduit devant le conseil de guerre, il est condamné le 11 juin 1919 à un an de prison avec sursis pour « faux et usage de faux en matière de feuille de route » ainsi que pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre ». Cependant, il obtiendra un certificat de bonne conduite au moment de sa démobilisation, le 23 septembre 1919.

Revenu à la vie civile, Félix Sabkowski devient marchand forain, vivant d’abord à Paris puis à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), de nouveau dans le 19e arrondissement de Paris puis enfin à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne).

Il se marie en janvier 1921 à Paris (4e arr.) avec Jeanne Gabrielle Salmon ; le couple participe en août 1929 à un concours du plus beau bébé.

Remobilisé dans un régiment de génie en 1939, Félix Sabkowski est renvoyé dans ses foyers le 2 mars 1940.

Il participa à lutte contre l’occupation allemande de la France et fut décoré de la médaille de la Résistance.

Félix Sabkowski meurt le 4 novembre 1953 à Paris (12e arr.). Il résidait toujours rue du Lac à Saint-Mandé et fut inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Son frère Salomon était mort en 1899 dans des circonstances qualifiées de « crime antisémite » par la presse. Un autre de ses frères, Jacques, fut déporté pendant la deuxième guerre mondiale dans un camp allemand, à Aurigny (îles anglo-normandes).

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