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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Giroux

Après la fin du conflit mondial, va s’impliquer dans une activité politique. Il est membre en 1920 de la Fédération nogentaise du mouvement royaliste Action française, qui comprend un groupe dédié à Joinville-le-Pont, dans lequel ou trouve deux autres médecins, les docteurs Jean et Georges Bitterlin, ainsi que la fille de ce dernier, Marie Watelet. Giroux se manifeste régulièrement en répondant à des appels à souscription jusqu’en février 1926. Son épouse se joint parfois à lui, de même que les filles et gendres de cette dernière.

Étant déjà, avec le docteur Pierre Vallat, un des médecins conseil de la Société d’allaitement maternel depuis 1909, il joue le même rôle, encore avec Vallat, auprès de la Société des mutilés à la fondation de sa section joinvillaise en février 1919. En août 1926, il fait un don à la municipalité de Joinville en faveur des sapeurs-pompiers.

Le quotidien L’Ami du peuple accuse, en janvier 1929, le docteur Giroux d’être un « médecin marron », exploitant avec sa famille une clinique à Joinville-le-Pont à l’enseigne du  Vainqueur de la Marne. Cependant, l’affaire n’est reprise par aucun autre organe de presse et le quotidien en question ne donne guère de précision, évoquant simplement une perquisition qui aurait porté sur la comptabilité de l’établissement. Lancé par le parfumeur François Coty, L’Ami du peuple connut un grand succès au tournant des années 1930, avec une tonalité antiparlementaire, nationaliste et antisémite.

Les époux Giroux hébergent régulièrement, dans leur vaste pavillon, les filles de Julie Iribe, notamment à l’occasion de pertes d’une de leurs époux ou de divorces. Ils hébergent certains de leurs enfants. Ainsi, ils logent en 1926 Anne et Jean, enfant de Marie Louise et de son deuxième époux, le comédien André Roanne. S’y ajoutent en 1931 Camille, enfant de l’aînée, Adrienne et de son second marié, l’industriel Théodore Rodrigues-Ely.

S’ils sont proches des filles nées du mariage de Julie avec le colonel Lavoisot, les époux Giroux refusent, cependant, en octobre 1930 d’épouser la querelle de Marie Louise avec son troisième conjoint, le comédien Pierre Renoir. Pour défendre ce qu’elle estimait être ses droits patrimoniaux, Marie Louise avait, en l’absence de son époux, déménagé 70 œuvres du père de celui-ci, le peintre Pierre Auguste Renoir. Les Giroux ne voulurent pas les stocker chez eux, et la justice les mit sous séquestre.

Quittant la proche banlieue, Auguste Giroux installe à Barbizon (Seine-et-Marne) une Maison de repos et de convalescence pour enfants de moins de quinze ans. Il loue d’abord la villa Bernard puis, devant l’extension des jeunes accueillis, la villa Serge. Dans cette cité des peintres, les époux Giroux sont toujours en compagnie d’une maisonnée nombreuse : Adrienne et Pierre Lestringuez, la première fille de Julie, qui se faisait appeler Touroura, le second scénariste et leurs deux filles, Edmée et Camille. Il y avait également Anne Marie Rahou, fille du comédien André Roanne et de Marie Louise.

La villa Bernard accueillit de nombreux visiteurs, dont l’industriel André Citroën, le poète Jean Cocteau, l’écrivain Jean Giraudoux, le fondateur des Ballets russes Diaghilev, la créatrice de mode Coco Chanel ou le prince Constantin Andronikoff, écrivain religieux, et interprète de plusieurs présidents de la République (Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing).

La maison de convalescence fonctionnait toujours en 1939.

Auguste Giroux meurt le 9 août 1953 à Portel (act. Portel-des-Corbières, Aude). Il était âgé de 79 ans. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1905.

Fin

Auguste Giroux en 1899

 

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 00:01

Début de la biographie d’Auguste Giroux

Auguste Paul Almire Giroux naît le 29 juillet 1874 à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret). Il est le fils de Juliette Marie Chaignot et de Paul Auguste Giroux, négociant en vin.

Il effectue des études secondaires au lycée Henri-IV à Paris (5e arr.). Il commence à y pratiquer le rugby, alors désigné sous le nom de football-rugby, jouant principalement au poste de trois-quarts centre. Les équipes des lycées parisiens sont parmi les principales promotrices de ce sport. Il remporte, avec son équipe, le championnat interscolaire en février 1894.

Cette même année, il remporte pour la première fois un titre de champion de France avec le Stade français. Il obtiendra six titres avec ce club parisien. Pour un autre joueur, Demeure, Giroux était « le modèle des trois-quarts. »

Il est sélectionné pour les Jeux olympiques de 1900 qui se déroulent à Paris et accueillent un petit tournoi, puisqu’il se limitera à deux matches, que remporte l’équipe de France qui remporte le tournoi devant l’Allemagne et l’Angleterre. Le dernier match, qui fait office de finale, oppose les français de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques aux anglais de la Mooseley Wanderers. Giroux est titulaire et l’équipe de France, vainqueur 27 à 8, devient championne olympique.

L'équipe de France de rugby olympique en 1900

Poursuivant des études de médecine à la faculté de Paris en même temps que son parcours sportif, Giroux intègre, en 1903, une équipe de vétérans au Stade français, tandis qu’il soutient une thèse sur Le purpura et les maladies infectieuses la même année. Il s’intéressera ultérieurement aux maladies des enfants. Il avait effectué un service militaire d’un an en 1895-1896 puis est nommé, dans la réserve, officier comme médecin aide-major.

Après son diplôme, Auguste Giroux ouvre un cabinet à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier en plein développement de Polangis. Il retrouve le mode sportif, par exemple à l’occasion des championnats du monde de natation organisés dans la commune en août 1905, où il participe au service médical.

Le mariage d’Auguste Giroux avec Jeanne Julie Iribe est célébré à Paris (9e arr.) en septembre 1909. Il est l’occasion d’une entrée dans le milieu artistique, dont la famille ne sortira plus. Auguste Giroux choisit comme témoin un comédien, Louis Ravet, pensionnaire de la Comédie française et résidant sur l’île Fanac, à Joinville. Julie Iribe fait appel à son frère, Paul Iribe, peintre et dessinateur, futur directeur de journaux.

Julie Iribe, native de Séville et de nationalité espagnole, est la fille d’un ingénieur civil des mines, Jules Iribe, qui contribua au percement du canal de Panama puis se lança dans le développement de l'exploitation minière à Madagascar. Revenu en France, il fut ensuite rédacteur du quotidien parisien Le Temps avant de diriger des établissements sanitaires à Hendaye (Basses Pyrénées, act. Pyrénées-Atlantiques) puis Paris. C’est dans la capitale malgache, Tananarive, que Julie Iribe se maria une première fois avec le futur colonel Louis Lavoisot qui, après une dernière mission en Indochine, mourut à son retour en France en 1908.

Ils avaient eu trois filles, après avoir vécu avec Auguste et Julie Giroux à Joinville-le-Pont, qui épousèrent des comédiens. La seconde, qui porta le nom de scène de Marie Louise Iribe, fut également actrice, metteuse en scène et réalisatrice de cinéma.

L’inondation séculaire de la rivière Marne, qui traverse Joinville, au premier trimestre 1910 se répandit dans les deux-tiers du quartier où résidait Giroux. Il fut mobilisé dans les commissions constituées, dans sept secteurs de la ville, d’un conseil municipal, un architecte et un médecin, pour mettre en place le service de désinfections. Ce sont ces commissions qui donnaient, ou non, la permission de réintégrer les logements abandonnés, et organisait la désinfection des boues et immondices.

Pendant la première guerre mondiale, Auguste Giroux fut d’abord affecté à un hôpital militaire ouvert à Fontainebleau. Il rejoignit, en février 1917, le 45e régiment d’artillerie puis, en novembre 1918, à la gare sanitaire des Aubrais, près d’Orléans (Loiret), d’où il sera démobilisé en février 1919.

À suivre

Auguste Giroux en 1900 (phot. Bob Thomas)

 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 00:01

Louis Jean Etienne Boullin naît le 27 décembre 1899 à Doux (Deux-Sèvres). Il est le fils de Marie Caillaud et de son mari, Emmanuel Boullin, cultivateurs.

Après avoir terminé des études secondaires avec un baccalauréat ès lettres, Louis Boullin est incorporé par anticipation sur sa classe d’âge du fait de la première guerre mondiale en avril 1918 dans le 125e régiment d’infanterie. Il devient caporal en avril 1919 puis sergent en juin de la même année. En novembre 1919, il est détaché au sein de l’école normale de gymnastique militaire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord comme garde magasin puis au sein de l’état-major de l’établissement. Il se blesse, en mars 1921 au cours d’une partie de football en service commandé. Il est démobilisé en juin la même année. Pendant son service militaire, il a effectué deux séjours en Allemagne, dans les forces d’occupation des pays rhénans, à l’automne 1919 et au printemps 1921.

Pendant sa période à l’armée, Louis Boullin manifeste déjà un engagement politique, en souscrivant à au moins quatre reprises entre 1918 et 1920 pour soutenir le mouvement royaliste Action française. Il épouse, à Joinville, Germaine Gorain en décembre 1921 et reste dans la commune après la fin de son service.

Continuant son engagement à l’extrême-droite, Louis Boullin est un des fondateurs en 1925 de la section de Joinville-le-Pont du mouvement Action française, dont les membres étaient antérieurement attachés à un groupe à Nogent-sur-Marne ; il en est le contact public et collecte l’argent des appels aux dons. Il organise, chez ses beaux-parents, un dîner en l'honneur des jeunes partant au service militaire. Lorsque la section est définitivement constituée, en mai 1926, c’est Charles Pernot, un employé d’origine péruvienne, qui en devient le président.

Après avoir cherché, en septembre 1925, un emploi de secrétaire particulier, Louis Boullin est embauché par la compagnie des Chemins de fer du Nord en 1926. Il se remarie, en juillet 1926 à Joinville avec Hélène Henriette Carmen Rouget.

En tant que cheminot, Louis Boullin va continuer son activité au sein de la Corporation des transports, une structure affiliée à l'Union des corporations françaises (UCF), organisation que tente de mettre en place le mouvement de Charles Maurras pour renforcer sa base sociale en véhiculant l’idéologie corporatiste. Elle édite le journal Le Rail. Dans ce cadre, en mai 1926, Boullin organise le service d’ordre pour la venue du duc d'Orléans à Paris. Il présente deux des trois rapports soumis au quatrième congrès de la corporation, en janvier 1928, l’un sur les revendications des cheminots, l’autre sur les résultats de la propagande. Selon l’historien Olivier Dard, ceux-ci sont très mauvais, le nombre d’adhérents étant négligeable. La famille Boullin s’est installée à Paris (10e arr.), rue du Faubourg-Saint-Denis, à proximité de la gare du Nord. En 1936, il est chef de gare.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Louis Boullin est affecté spécial pour les chemins de fer, en tant que facteur aux écritures. Il est démobilisé en juin 1940. Il s’installe à Saint-Quentin (Aisne) où, en 1946, il est contrôleur de l'exploitation de la SNCF. Il se sépare de son épouse en septembre 1943.

Louis Jean Etienne Boullin meurt le 4 août 1976 à Gagny (Seine-Saint-Denis). Il avait eu quatre enfants, deux paires de jumeaux, de son second mariage, nés en 1933 et 1934.

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie de Gabriel Bureau

Sous l’impulsion d’un ancien conseiller municipal de Joinville, Auguste Hautemulle, négociant en vins, Gabriel Bureau se présente lors des élections cantonales de la 2e circonscription du canton de Saint-Maur, qui comprend les communes de Bonneuil, Créteil, Joinville et une petite section de Saint-Maur-des-Fossés. Il se présente comme « républicain indépendant pour la paix, l’ordre, le travail » avec un programme axé sur la défense des anciens combattants. Il est étiqueté républicain national, groupement à droite sur l’échiquier politique français.

Sont également en lice le sortant, Louis Auguste Prieur, radical indépendant, le communiste André Parsal, un radical-socialiste, un autre radical indépendant et un socialiste indépendant. Au premier tour, Bureau arrive en tête à Joinville, avec 39% des suffrages exprimés. Cependant, il obtient des résultats beaucoup plus modestes dans les autres communes. Dans tout le canton, il recueille 1 072 voix soit 19,1% des 5 620 suffrages exprimés pour 5 685 votants sur 7 573 inscrits. Le communiste arrive en tête avec 36,4% devant le sortant qui a 30,5%.

Un représentant du parti social-national, Claude Noizat, appelle Bureau à « se désister, pour l’ordre, pour la liberté, pour tous ceux qui pensent français ». Il réclame un « Front national contre front commun », les radicaux-socialistes soutenant, au second tour, le candidat de gauche. Bureau maintient cependant sa candidature. Si son score est limité à 232 voix, soit 4,9% des 5 718 suffrages exprimés, sa présence suffit cependant à faire pencher la balance en faveur de Parsal, qui devance de 57 voix Prieur.

Le 18e congrès national des mutilés et anciens combattants tient sa dernière journée en juin 1935 à Joinville-le-Pont. Bureau y accueille le ministre des pensions, Henri Maupoil.

En novembre 1936, Gabriel Bureau est signataire, au nom de la société des mutilés et anciens combattants, d’un appel commun en faveur de la paix à l’occasion de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 avec André Blocher, responsable de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), proche des communistes et Robert Derivière, en charge de la Fédération ouvrière et paysanne des anciens combattants, militant socialiste SFIO. Il s’associe de nouveau à un appel lancé par le Comité local du Rassemblement universel pour la paix en juillet 1938, s’indignant des bombardements effectués sur les villes espagnoles. Les cosignataires sont le maire de Joinville, Léon Lesestre (droite), le délégué de la Confédération générale du travail, J. Carré et de nouveau Blocher.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Gabriel Bureau poursuit l’exploitation de son entreprise. Il est nommé en juin 1942 membre de la commission provisoire d'organisation pour la famille professionnelle du verre puis, en janvier 1944, membre du conseil d'administration du Syndicat unique des employeurs de la famille du verre qui couvre les départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne.

Cependant, à côté de ces fonctions officielles, Gabriel Bureau s’était engagé dans la résistant à l’occupation allemande. Il rejoint, en novembre 1940 le réseau Saint-Jacques, créé trois mois plus tôt par Maurice Duclos. Le réseau Saint-Jacques a été un des premiers réseaux de résistance de la France occupée. Missionné par le premier ministre anglais Winston Churchill, Duclos a orienté son activité vers le renseignement. Son réseau sera ensuite intégré au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), sous les ordres du capitaine Passy.

Après-guerre, Gabriel Bureau est président du groupement des anciens combattants de Joinville. Il a cédé la présidence de la Société des mutilés et anciens combattants à Georges Delsaux.

En matière professionnelle, Gabriel Bureau reste gérant de la miroiterie Bureau et Cie. Il la fusionne, en janvier 1954 avec une autre société et cède alors sa responsabilité de dirigeant.

Gabriel Bureau meurt le 18 juillet 1956 à Paris (11e arr.). Il était âgé de 61 ans et père de deux enfants. Décoré de la Croix de guerre, il était chevalier de la Légion d’honneur depuis décembre 1916 puis officier dans cet ordre en mai 1934.

Fin

Insigne du réseau Saint-Jacques

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 00:01

Début de la biographie de Gabriel Bureau

Gabriel Alphonse Narcisse Bureau naît le 18 août 1895 à Saulnières (Eure-et-Loir). Il est le fils de Louise Charlotte Cécile Marchand et de son mari Prosper Émile Bureau, cultivateur. Il suit l’enseignement du pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle à Rouen (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime), rue Saint-Gervais.

À la fin de ses études, devenu métallurgiste, il est appelé pour son service militaire en décembre 1914. D’abord affecté au 4e régiment de zouaves, il postule pour devenir officier et est nommé aspirant en avril 1915. Promu sous-lieutenant en juillet 1915, il rejoint le 1er régiment de zouaves puis le 3e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs africains. Il est grièvement blessé en mai 1916, par un éclat d’obus qui l’atteint à l’épaule, au front et à la cage thoracique, tandis que sa main droite restera inutilisable. Il combattait alors à la tête de sa compagnie sur la cote 304, près de Verdun (Meuse) pour rétablir un réseau téléphonique.

Le comportement de Bureau lui vaut quatre citations, dont une à l’ordre de la brigade, une à l’ordre de la division et une à l’ordre de l’armée. Il est promu lieutenant en décembre 1918.

Ayant vécu antérieurement boulevard Magenta à Paris (10e arr.), Gabriel Bureau épouse Jeanne Marie Pauline Fanny Boivin en octobre 1918 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille d’un ingénieur et militant nationaliste, Frédéric Paul Boivin. Le couple s’installe dans une maison contigüe à celle des Boivin, dans le quartier de Polangis, avenue du Parc.

Sur le plan professionnel, Gabriel Bureau devient représentant de commerce pour le bureau d’ingénieurs de son beau-père. Il exercera cette activité jusqu’au milieu des années 1920.

Dans sa ville, Gabriel Bureau prend l’initiative, avec Simon Lavogade, Émile Muckensturm et Étienne Pégon, de créer la Société des mutilés, réformés et veuves de guerre de Joinville en mars 1919. Il en est le président. L’association d’agrandira en regroupant en 1928 les anciens combattants titulaires de la carte et les victimes de guerre ; elle deviendra la Société des anciens combattants de Joinville.

L’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes publie, en novembre un article consacré au discours prononcé le 1er novembre 1925 devant le monument au morts par Bureau. L’article était intitulé « Une menace fasciste à Joinville » et le journal assure que « la réplique courte mais cinglante du représentant du ministre ne laisse aucun doute » sur le fait que l’allocution était « un appel au fascisme. »

En 1930, Gabriel Bureau est devenu un industriel, patron d’une miroiterie installée avenue Ledru-Rollin, à Paris (12e arr.). Il participe en décembre de cette année à la constitution d’un syndicat d’initiative à Joinville, dont le restaurateur Robert Maxe, premier adjoint au maire, est président et dont il est le vice-président. Il prend en charge l’organisation des fêtes. En juin 1932, le syndicat d’initiative fusionne avec l’Union des industriels de Joinville.

Au sein de la Fédération des associations de mutilés, victimes de guerre et anciens combattants, Bureau présente, en association avec le maire de Joinville, Léon Lesestre, qui en est vice-président, un rapport sur le chômage présenté au congrès de 1933. Il conseille, en avril 1935, Louis Caillon, exploitant de la ferme de la Faisanderie dans le Bois de Vincennes, qui est expulsé de son établissement que la ville de Paris veut reprendre ; anciennement sur le territoire de Joinville-le-Pont, la ferme a été annexée en 1929 avec l’ensemble du Bois. Bureau met en relation Louis Caillon avec Henri Dorgères, président du Front paysan, qui avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.

À suivre

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 00:01

Émile Georges Soyez naît le 9 octobre 1872 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Victorine Julie Robberechts et de son mari Louis Antoine Soyez, mécanicien, qui vivent d’abord rue des Réservoirs, puis rue du Canal. Il perd sa mère à 4 ans. Son père, qui venait d’être élu conseiller municipal de Joinville en mai 1878 sur la liste républicaine de Gabriel Pinson, se remarie en octobre puis déménage pour la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.

Le jeune Émile Soyez va encore devoir faire face à la disparition de son frère cadet quand il a 11 ans, de sa belle-mère à 12 ans et son père à 15 ans. C’est son grand-père paternel, Jean Louis Soyez, qui devient son tuteur ; originaire de Seine-et-Marne, il fut vigneron, jardinier puis blanchisseur et s’est installé à Saint-Maur, rue du Pont-de-Créteil.

En 1892, Émile Soyez est ouvrier de la maison Bardin, fabricant d’objets en plumes à Joinville-le-Pont. Il s’associe avec son frère aîné, Victorin, pour créer, en novembre 1893 la société Soyez frères, également spécialisée dans la fabrication d’articles en plumes et de cure-dents, qui en sont un sous-produit. Elle reprend le site de l’épicerie familiale, rue du Pont-de-Créteil.

Au cours du même mois de novembre 1893, Émile Soyez est incorporé au sein du 94e régiment d’infanterie pour faire son service militaire. Il devient caporal en août 1894 puis sergent en septembre 1895. Il prend manifestement goût à l’activité militaire puisque, après son passage dans la réserve en septembre 1896, il participe à neuf périodes d’entraînement de réserve. Ayant suivi une formation pour devenir officier, il est sous-lieutenant en octobre 1897, lieutenant en juillet 1903 puis capitaine en mai 1910.

Yvonne Rosalie Cluzan devient l’épouse d’Émile Soyez en juillet 1904 à Saint-Maur. L’entreprise familiale participe à plusieurs expositions internationales, en 1900 à Paris, en 1908 à Londres et en 1910 à Bruxelles.

Rappelé lors de la première guerre mondiale, il sert dans des régiments territoriaux d’infanterie (100e puis 17e et 96e) et devient chef de bataillon (commandant) en avril 1918. Il est démobilisé après la fin du conflit avec l’Allemagne en décembre de cette année.

Son comportement au front lui vaut une citation à l’ordre de la brigade en mai 1916 : « Officier d’un dévouement absolu. A rendu de grands services en faisant preuve d’une activité et de connaissances techniques remarquables dans la construction d’abris qui ont permis d’éviter à un régiment des pertes importantes lors de bombardements qui ont détruit des cantonnements. »

Après le conflit, Émile Soyez divorce en juillet 1923 et poursuit l’exploitation de Soyez frères, qui devient société anonyme en octobre 1930. Les plumes restent l’activité principale, mais l’entreprise reprend également la production de cure-dents et diversifie ses produits avec des tuyaux, raves (lampes de mineur), chalumeaux (pailles), etc.

Une partie des propriétés familiales est expropriée en juillet 1933 pour la construction du futur lycée Marcelin-Berthelot (Saint-Maur). Contestant l’offre qui leur est faite, les Soyez obtiendront satisfaction devant la Cour de cassation.

La production de plumes s’oriente, en 1938, vers les loisirs : jouets, volants pour le badminton, paillantines pour fleurs, tuyaux de plumes pour pinceaux, articles de pêche…

Émile Soyez meurt le 27 novembre 1939 à Saint-Maur-des-Fossés. Il était âgé de 67 ans et était père de deux filles. Lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900, il avait obtenu une médaille d'or. Il avait été décoré des Palmes académiques comme officier de l’instruction publique en mars 1911. Il était titulaire de la Croix de guerre et avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1918.

Exploitée par les descendants de son frère Victorin, l’entreprise Soyez frères, qui a déménagé dans la Nièvre en 1958, est toujours en exploitation en 2020. Si elle poursuit la production de pailles et de cure-dents, elle a remplacé les plumes par le plastique ; en 2019, elle a lancé un investissement pour les produire désormais à partir de papier.

Logo de l'entreprise Soyez

 

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 00:01

Suite de la biographie d’Achille Mermet

Les élections municipales de mai 1912 à Joinville-le-Pont se présentent dans un contexte particulier. Pour la première fois sous la troisième République, le maire sortant ne se représente pas. Le nombre de listes (quatre) est lui-même inédit : radicaux-socialistes, socialistes SFIO, libéraux-conservateurs et radicaux dissidents. De plus, les trois dernières listes ont pris l’engagement de fusionner au second tour sur une base proportionnelle, sans toutefois vouloir gérer la ville en commun. Une cinquième liste était même envisagée, celle des socialistes évolutionnistes de 1908, mais une partie de ses membres a rejoint dès le premier tour les radicaux dissidents.

L’application de ces règles fait qu’au second tour, alors qu’aucun candidat n’a été élu au premier, la liste coalisée rassemble 10 radicaux dissidents et leurs alliés, sept socialistes et six libéraux-conservateurs. Ils sont tous élus. Les radicaux-socialistes officiels n’ont aucun représentant. Achille Mermet est élu maire par 14 voix sur 23 votants. Il est probable que les socialistes unifiés, et peut-être certains conservateurs, n’ont pas voté pour lui. Le bureau municipal est complété par deux adjoints, Henri Vel-Durand, radical dissident, et Pierre Dalbavie, libéral. En juillet 1913, Vel-Durand est exclu du parti radical.

S’éloignant des attitudes anticléricales des municipalités précédentes, Mermet préside en décembre 1913 l’assemblée générale de l’Union des mères en présence du curé, le père Léon Roger.

Probablement moins motivés par la politique non locale, le groupe radical dissident laisse plus de place à ses alliés parmi les délégués sénatoriaux : en février 1914, il y a sur 9 délégués trois socialistes et quatre libéraux-conservateurs ; en mai de la même année, on note quatre socialistes et trois libéraux-conservateurs.

Le déclenchement de la première guerre mondiale prend de court la municipalité. Comme tous les étés, Mermet est à Noirmoutier, son premier adjoint Vel-Durand est à Arcachon et le second, Dalbavie est absent lui aussi. Ce sont donc des conseillers municipaux qui doivent lire le décret de mobilisation générale, Watrinet à la mairie et Beauvais dans les rues du Haut de Joinville. Mermet revient, en train, le 3 août Mermet et, selon le journal Voix des communes, est sifflé à son arrivée. Les laiteries qui vendent le produits Maggi, marque allemande, sont pillées. Une garde civique, que le maire voulait armer, est créée.

Le maire vient à la mairie tous les jours et même ses adversaires reconnaissent son labeur : secours aux familles, hygiène, ambulances, cérémonies religieuses et civiles. Dalbavie étant malade et Vel-Durand mobilisé, Mermet nomme un nouvel adjoint, Maurice Watrinet, ancien secrétaire général de la mairie et entrepreneur de pompes funèbres. Le conseil municipal fonctionne difficilement ; ainsi, en 1915, c’est le préfet qui impose un budget d’office, car les élus n’ont pu l’examiner à temps.

Malgré le climat d’unité nationale qui prévaut pendant la guerre, les animosités politiques locales perdurent et les radicaux-socialistes, avec notamment Briolay et Rey, s’appuyant sur l’hebdomadaire Voix des communes, attaquent vivement la gestion communale.

La révocation de deux professeurs de musique, début 1915, est une première occasion de critique. L’absence de réunion du conseil municipal est également mise au pilori : depuis août 1914 jusqu’en mai 1915, une seule séance publique a été organisée. La mémoire de la précédente guerre est aussi un sujet : Mermet, qui se dit volontaire de 1870, tient en suspicion l’association des Vétérans, dont Briolay est le trésorier.

Un arrêté du maire d’interdiction partielle de vente de l’alcool dans les débits de boisson est mis en cause par les commerçants, et les radicaux en janvier 1916. Le mois suivant, le ton monte fortement. Voix des communes dénonce le fait que le maire utiliserait, « comme bon lui semble » les fonds remis par la société du Bi-Métal, estimant qu’elle aurait dû être remise au bureau de bienfaisance.

La plupart des membres du conseil municipal réagissent, dans plusieurs lettres signées y compris par les socialistes : ils s’insurgent contre « diffamation et calomnie » visant le maire, assurant : « Nous sommes vos collaborateurs, vos complices ! Non seulement nous approuvons votre manière de faire, mais nous y applaudissons ». Le conseil décide que des poursuites seront demandées contre l’auteur de l’article calomnieux (Louis Rey) – ce qui sera abandonné – et vote félicitations et encouragement au maire. Le socialiste Lebègue, conseiller municipal, lui écrit « M. le maire, vous êtes pour moi un adversaire politique irréductible, mais je reconnais votre scrupuleuse honnêteté. »

Les polémiques suivantes vont porter sur l’approvisionnement de la population en charbon, la vente de viande frigorifiée ou le prêt de la salle municipale au curé qui organise une fête pour les blessés.

L’organe radical reproche en septembre 1916 : « Le maire déserte son poste en temps de guerre, il part pour Noirmoutier ». Il laisse Dalbavie « pour garder la mairie » avec un secrétaire général « accablé de travail ». Dans un des derniers articles de Voix des communes en décembre 1916, avant la suspension de sa parution, Rey s’indigne des difficultés de l’achat de pommes de terre et conclut : « Il n’y a pas de commune plus mal administrée que Joinville ! »

Au contraire, l’ingénieur Félix Marboutin assure que « Mermet apporte le réconfort, soulage les infortunes, visite les affligés, s’associe à toutes les détresses, trouve les paroles qui conviennent à toutes les situations et ne s’éclipse qu’après avoir assuré, sous la forme la plus discrète, l’avenir immédiat des malheureux. »

Mermet encourage la création de jardins potagers de guerre, pour pallier les difficultés d’alimentation des familles, sur les terres de l’ancien château de Polangis, mises à la disposition par le propriétaire, Chavignot. Il laisse les commerçants créer une monnaie locale, pour suppléer l’absence de numéraire. Dans sa commune, un hôpital américain est installé dans l’ancienne école du Parangon. Un vase hôpital canadien se crée également en 1918 dans le Bois de Vincennes.

Mais, de plus en plus souvent retenu par des problèmes de santé, Mermet se fait régulièrement représenter dans les manifestations publiques.

Le mandat de maire de Mermet aurait dû prendre fin en 1916, mais il fut prolongé du fait de la guerre jusqu’en novembre 1919. La ville comptait, au recensement de 1911, 8 349 habitants. 367 Joinvillais seront inscrits comme morts pour la France, en 1926, lors de l’érection du monument aux morts de la commune. Une partie de la population féminine travaille à la cartoucherie du Bois de Vincennes, où une garderie d’enfants est installée à leur intention en 1917. Les bombardements de Paris par l’aviation et l’artillerie allemande (qui font 22 morts et 76 blessés en banlieue parisienne, en février 1918) amènent les Joinvillais à trouver un refuge dans le tunnel du canal de Saint-Maur. Du coup celui-ci fut éclairé à l’électricité en 1918.

Le 1er décembre 1919, Achille Mermet meurt, quelques heures après qu’ait été proclamée la victoire de la liste conduite par son ancien adjoint, Henri Vel-Durand. Il était toujours juridiquement le maire en exercice. Âgé de 70 ans, il n’avait pas eu d’enfant.

Achille Mermet était attributaire de la Cocarde du souvenir, au titre de sa participation à la guerre de 1870-1871. La Société d'encouragement pour l'industrie nationale lui avait accordé une médaille de platine en 1876 puis une médaille de vermeil en 1908. Décoré des Palmes académiques, Mermet était officier d’académie depuis juillet 1889 puis officier de l’instruction publique en juillet 1900. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1908 avec plusieurs autres scientifiques, au titre de ses 37 ans de service dans l’enseignement à l’époque (il en compta 40 au moment de sa retraite).

Dans le Larousse Mensuel-Illustré d’octobre 1921, l’ingénieur Félix Marboutin, professeur à l'École centrale, publie une notice hagiographique, insistant sur son « dévouement à l’humanité. »

Fin

Achille Mermet

 

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 00:01

Suite de la biographie de François Boileau

Lors des élections municipales de mai 1900, s’il n’a de nouveau pas de concurrents à droite, le maire sortant Eugène Voisin fait face pour la première fois à une présence socialiste-révolutionnaire. Sa liste emporte cependant, dès le premier tour, les 23 sièges avec des scores élevés. François Boileau est réélu avec 625 voix, pour 1 096 électeurs inscrits.

Quand Jules Ferdinand Baulard décide de ne pas se représenter aux élections législatives de mai 1902, les radicaux décident de présenter Adolphe Maujan, qui réside à Saint-Maur-des-Fossés et fut déjà député de la Seine de 1889 à 1893. Boileau est le secrétaire de la réunion publique qu’il organise, sous la présidence de Baulard, en mars 1902. Elle est perturbée par une « bande de nationalistes », selon l’hebdomadaire radical Voix des communes, qui explique que c’est le conseiller municipal Raoult, qualifié « d’homme à tout faire des nationalistes », qui est à leur tête. En avril, Boileau fait partie des délégués de la commune de Joinville lors de la constitution du Comité d’union et d’action républicaines de la 2e circonscription de Sceaux, qui appuie le candidat radical. Maujan est élu de justesse, au second tour, après retrait du candidat socialiste.

Au sein du conseil municipal de Joinville, et contrairement à ses collègues radicaux, Boileau se prononce en juin 1902 en faveur de l’autorisation d’installation du des Sœurs enseignantes de la Providence. Cependant, le conseil municipal refuse leur présence par treize voix contre, cinq pour et une abstention. Se différenciant en cela des autres responsables radicaux de la ville (Demeestère, Baulard, Vaudémont, Rey…) Boileau n’est pas mentionné comme participants aux activités anticléricales.

Il figure cependant de nouveau sur la liste conduite par Eugène Voisin, en mai 1904 et qui assure avoir « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme » avec une adhésion au programme radical-socialiste. Ce choix provoque le départ de quatre conseillers, que les colistiers de Voisin qualifient d’adversaires de la République. Leur liste remporte 22 des 23 sièges à pourvoir. Boileau est réélu dès le premier tour, avec 629 pour 1 119 votants (56,2%) sur 1 363 inscrits. Baulard commente la réélection de la majorité radicale : « Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause ». Signe probable d’une certaine réduction de son influence, Boileau n’est désormais plus désigné comme électeur sénatorial.

La campagne municipale de mai 1908 dans une certaine tension. Outre la liste socialiste unifiée, soutenue par la SFIO, on trouve une liste du comité socialiste évolutionniste local, de composition hétéroclite et comprenant plusieurs personnalités libérales et conservatrices. Il y a aussi un candidat indépendant. Les candidats de la majorité sortante se présentent sous la houlette du comité radical-socialiste et assurent vouloir « une gestion sage et une administration prudente des finances de la commune ». Ils entendent « réaliser des économies, encourager les œuvres laïques d’instruction, d’éducation, d’assistance et de solidarité » et s’opposent à de nouveaux impôts. Boileau fait partie des cinq élus dès le premier tour, la liste Voisin disposant de 21 sièges, contre un au comité évolutionniste et un indépendant. Boileau avait recueilli 688 votes pour environ 1 300 suffrages exprimés (53%) sur 1 613 électeurs inscrits.

Face au maire, malade, à son adjoint, Georges Briolay et au conseiller municipal Louis Rey, une fronde s’organise derrière le conseiller d’arrondissement Henri Vel-Durand. Elle trouve un appui auprès des socialistes mais également des libéraux et des conservateurs de la commune et provoque des incidents sur divers sujets, comme l’entretien d’un chemin communal, la discipline dans une école, le ramassage des animaux morts ou la gestion de la caisse des écoles. Boileau reste fidèle à Eugène Voisin et tente, auprès de la préfecture, de résoudre le problème de voirie qui empoisonne la vie locale.

Une grave inondation de la Marne place sous les eaux, au premier trimestre 1910, les deux-tiers des quartiers du bas de Joinville, dont celui où réside Boileau. Il fait partie de la commission chargée d’organiser le service des désinfections, mise en place mi-février au début de la baisse de la rivière, qui fournit du matériel aux évacués et les autorise, ou non, à réintégrer leur logement.

La crispation de la vie politique locale s’accroît au cours de la réunion de compte-rendu de mandat qui se tient en février 1911. En l’absence pour raison de santé du maire, ses adjoints Paul Villain et Briolay assurent la défense de la gestion municipale, vivement critiquée par les dissidents, les libéraux et les socialistes. À 23 heures, les conseillers municipaux qui, l’hiver, habitent Paris, demandent la permission de se retirer pour prendre leur train ; Boileau quitte alors la salle en compagnie de Guelpa, Roux, Nivelet et Rey. Leur départ est accompagné des cris de « Démission ! Démission ! », de la part des socialistes, évolutionnistes et libéraux. Les dissidents font voter un ordre du jour dénonçant « l’incurie administrative et la mauvaise gestion municipale » et réclamant la démission du conseil municipal, notamment celles de ceux « n’y résidant que pendant les rares beaux jours de la bonne saison » tels Roux et Boileau.

Le second semestre 1911 voit Boileau participer à une réunion d’hommage à Eugène Voisin. Il est membre de la commission qui prépare les inaugurations de la mairie et de deux ponts sur la Marne. Des élections partielles, organisées en octobre suite à la démission des dissidents, voient la victoire de ces derniers, qui sont réélus.

Le maire ne se représentant pas, le scrutin de mai 1912 voit s’opposer, derrière Briolay, la majorité sortante et trois listes, des dissidents radicaux, des libéraux et conservateurs et des socialistes SFIO, qui s’unissent au second tour et emportent la totalité des sièges. C’est le dissident, Ernest Mermet, qui est élu maire. La liste des candidats n’est pas connue.

Après 22 ans de mandat, Boileau ne siège plus au conseil municipal. Il conserve cependant une activité civique. Il est toujours administrateur de la caisse des écoles de Joinville. De plus, il exerce, la fonction de commissaire répartiteur, membre d'une commission, chargée de répartir les impôts entre les contribuables joinvillais.

Pendant la première guerre mondiale, Boileau est un informateur de Louis Rey, chroniqueur du journal radical Voix des communes.

François Boileau meurt le 14 avril 1917 à Paris (11e arr.), boulevard Beaumarchais ; il était officiellement domicilié à Joinville, avenue Gille. Âgé de 77 ans, il avait une fille. Pour son activité à la caisse des écoles de Joinville, il était décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en janvier 1906 puis officier de l’instruction publique en février 1914.

Fin

L'avenue Gille à Joinville

 

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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 00:01

Emélie Constance Courtois naît le 3 mars 1864 à Montmirail (Sarthe). Elle est la fille de Constance Loriot et de son mari, Charles Eugène Courtois, employé. Après le décès de son père, elle vit rue Fabert à Paris (7e arr.). Elle s’y marie en janvier 1885 avec Achille Delobel, instituteur.

Ils vivent d’abord boulevard de la Tour-Maubourg, dans le même arrondissement puis, la décennie suivante, vont s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue Chapsal.

Dans cette commune, Emélie Delobel est une des fondatrices, en 1899, de la section de la société de l’Allaitement maternel, principale association humanitaire locale. Partant du constat fait par plusieurs médecins que « À Joinville, la mortalité infantile de la naissance à un an est effrayante », Jeanne Bitterlin et Emélie Delobel ont pris l’initiative de constituer cette organisation, qui compte, à son lancement, 60 adhérentes, avec l’appui timide des autorités politiques locales. Jeanne Bitterlin préside la section et Emélie Delobel en est la secrétaire. Elle continue d’assurer cette fonction en 1901 et en est toujours membre en 1902, bien que la famille ait déménagé pour rejoindre la boulevard Beaumarchais (11e arr.).

En 1901, l’Allaitement maternel de Joinville déclare avons secouru 31 familles, leur fournissant layette, viande, pain, lait, charbon, lentilles et pruneaux. Contrairement à d’autres structures charitables, la section ne fait pas de distinction en fonction du statut matrimonial des jeunes mères.

L’activité associative et littéraire d’Achille Delobel s’accélère après leur retour à Paris. Il fonde et anime la Société antituberculeuse de l'enseignement primaire ainsi que l’Œuvre des colonies scolaires de vacances. Il contribue à la rédaction du Nouveau dictionnaire des sciences et de leurs applications puis rédige seul un Annuaire de l'enseignement primaire du département de la Seine et en collaboration avec un médecin, Les Œuvres de l'enfance, ouvrage qui paraît le jour de sa mort, en juin 1906. Se retrouvant sans ressource, la veuve obtient un secours de 500 francs de la ville de Paris, qui met en avant les mérites de son époux décédé.

Dès le début de la première guerre mondiale, Emélie Delobel s’engage en tant qu’infirmière. Elle est considérée comme « très instruite ». Elle sert pour la Croix-Rouge dans la zone des armées, à Fraize, dans le département des Vosges en 1916 et est une première fois récompensée par la médaille de bronze des épidémies, titre des décorations en matière de santé. Ensuite, Emélie Delobel est affectée à hôpital temporaire n° 16, installé sur le site de l’ancienne abbaye bénédictine de Royallieu, à Compiègne (Oise). Son nom est inscrit, en juin 1918 sur le Livre d'or des infirmières et elle reçoit la médaille d'honneur des épidémies en argent.

Après la fin du conflit, en février 1920, Emélie Delobel est attributaire de la médaille de vermeil de la Reconnaissance française. Son attribution mentionne qu’elle était « d'un dévouement au-dessus de tout éloge » ayant rendu « des services exceptionnels ». Le Journal officiel mentionne que, à l'hôpital de Compiègne, elle « Dirige avec autorité et compétence le service difficile et pénible qui lui a été confié et qu'elle n'a jamais abandonné, bien qu'elle ait été atteinte pendant un certain temps d'une infection grave contractée dans ses fonctions ». Il s’agit, peut-être, de la grippe espagnole.

En 1924, Emélie Delobel obtient une pension de retraite pour l’activité d’instituteur de son mari. Elle meurt le 17 mars 1951 à Neuilly-sur-Seine (Seine, act. Hauts-de-Seine). Elle était âgée de 87 ans et mère d’une fille.

Il n’y a pas de lien entre Emélie et Achille Delobel et Fénelon Delobel, qui vécut à Joinville une dizaine d’année avant leur arrivée.

Les écoles communales de Joinville

 

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 00:01

Paul Léon Rieux naît le 8 juillet 1888 à Seytroux, Haute-Savoie. Il est le fils de Josephte Eugénie Mudry et de son époux Joseph Rieux, instituteur.

Appelé au service militaire alors qu’il est étudiant, Rieux rentre dans l’artillerie dans un bataillon d’Albertville. Il est promu brigadier puis maréchal des logis en 1910 ; libéré en octobre 1911, il effectue une période de réserve en avril 1913 et est rappelé lors de la mobilisation générale de la première guerre mondiale en août 1914. Toujours affecté à l’artillerie lourde, il est nommé sous-lieutenant en juin 1916 puis lieutenant en juin 1918. Démobilisé en octobre 1919, il réside alors à Évian. Son parcours militaire lui a valu trois citations à l’ordre du régiment, de l’armée et du corps d’armée ; il est titulaire de la croix de guerre avec deux étoiles de bronze et d’argent.

Le mariage de Paul Léon Rieux avec Marguerite Juliette Richard-Cugnet est célébré en avril 1919 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Son épouse est la fille de Maurice Richard-Cugnet, alors conseiller municipal de Joinville et lui aussi originaire de Haute-Savoie, et la sœur de René Richard-Cugnet, qui siège également dans l’assemblée communale à partir de novembre 1919. C’est sans doute ce dernier, sous-lieutenant d’artillerie, qui fait se rencontrer les futurs époux. Les mariés s’installent dans la propriété des beaux-parents, avenue Jamin (quartier de Polangis).

Après avoir été employé de commerce, Rieux devient industriel. Il ouvre un atelier de décapage et polissage sur métaux, notamment de nickelage et dorure. Ses activités sont installées à Paris (3e arr.) d’abord rue Chapon puis rue du Temple.

Comme avant lui son beau-père et son beau-frère, Rieux va s’engager dans la politique locale. Il participe à la création d’une liste plutôt opposée à la municipalité de Georges Briolay (radical-socialiste) lors d’une élection municipale partielle en octobre 1934. Intitulée Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, la liste est conduite par une personnalité conservatrice, Léon Lesestre, mais comprend également un radical-socialiste, Émile Herluison. Son objectif est de « continuer l’œuvre déjà accomplie dans l’aménagement et l’embellissement de notre cité et envisager toute compression budgétaire susceptible d’être réalisée dans les conditions actuelles. »

Arrivée en tête face à une autre liste comprenant plusieurs commerçants et à celles du parti socialiste SFIO et du parti communiste, le Comité de coordination emporte au second tour les dix sièges à pourvoir contre le PCF, après retrait des deux autres listes. Au premier tour, Rieux recueille 851 voix sur 2 297 suffrages exprimés (37%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, il obtient 1 111 votes pour 1 903 exprimés (58,4%) et 1 964 votants. Il est élu.

Pour les élections municipales générales de mai 1935, Rieux se présente avec l’Union des républicains qui revendique une « séparation de l’administration municipale et de la politique ». Elle défend un programme axé sur la « diminution des charges écrasantes qui pèsent sur les travailleurs et les consommateurs, atténuation des dépenses publiques, simplification des rouages administratifs, application des lois sociales et des questions intéressant l’enfance et l’hygiène ». S’opposant à la liste radicale-socialiste du maire sortant Georges Briolay, elle fait face de nouveau à deux listes SFIO et PCF. La liste, soutenue par la droite locale, arrive en tête au premier tour. Face au regroupement des candidats socialistes et communistes et avec le maintien de la liste de la municipalité sortante au second tour, elle emporte 25 des 27 sièges à pourvoir. Au premier tour, Rieux recueille 956 voix sur 2 856 suffrages exprimés (33,5%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, il obtient 1 180 votes pour 2 899 exprimés (40,7%) et 2 924 votants. Il est réélu et Léon Lesestre devient maire.

Parallèlement à son activité professionnelle et à son engagement politique, Léon Rieux a également un rôle social en tant que président de la Société philanthropique savoisienne et de l’association des Enfants de Seytroux. Fondée en 1833, la Société philanthropique savoisienne est la doyenne des organisations d'originaires de province ayant leur siège à Paris. Reconnue d'utilité publique, elle vient venir en aide aux Savoisiens au chômage ou sans ressources. Alors vice-président, Rieux devient président fin 1935. Conformément aux statuts, il quitte sa fonction en décembre 1938. Il intègre alors l'Académie chablaisienne, basée à Thonon (Haute-Savoie) ; il en est toujours membre en 1943.

Ayant effectué deux périodes d’instruction en avril 1929 et octobre 1937, Rieux est rappelé lors de la deuxième guerre mondiale le 31 août 1939, bien qu’il ait alors 51 ans. Il est affecté à la commission d’achat et de réquisition du Parc régional de réparation et d'entretien du matériel d’artillerie (PRREM) de Lyon, Rhône. En décembre 1940, Rieux est démobilisé et réside toujours à Joinville.

Il reprend alors son activité municipale, participant notamment au Noël des vieillards organisé en décembre 1941 par le Secours national, organisation sous la houlette du maréchal Pétain, chef de l’État basé à Vichy. Lors de la réforme de l’administration locale, décidée par le régime en place, les conseils municipaux élus sur remplacés par des structures désignées. À Joinville, Rieux est renommé conseiller municipal par arrêté préfectoral du 20 février 1942. Léon Lesestre reste maire ; ce dernier et ses adjoints seront arrêtés, en août 1944, par le comité local de libération.

Paul Léon Rieux meurt le 17 février 1977 à Nice (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 88 ans et avait eu un enfant. Décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles de bronze et d’argent, il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie depuis février 1938 et chevalier de la Légion d’honneur.

Le fils de Paul Léon Rieux, André Rieux (1920-1997), s’est engagé dans la résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il a été reconnu comme membre des Forces françaises de l’intérieur.

 

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