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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 00:01

Paul Rousseau naît le 15 octobre 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Éléonore Delalonde et d’Henri Jean Ferdinand Rousseau. Sa mère est une personnalité mondaine et une écrivaine et dramaturge. Son père, professeur de science, docteur en médecine, devient chef de l’école du Parangon, à Joinville après la disparition de ses oncles et de son père, qui avaient fondé l’important établissement d’enseignement privé laïque de Joinville.

Ses parents transforment le Parangon en une école pratique d’enseignement colonial. Il vit dans le vaste parc de la propriété puis suit les cours de l’École des sciences-politiques (Sciences-Po, Paris) d’où il ressort probablement avec un doctorat en droit. En 1904, il est inscrit au barreau de Paris comme avocat à la cour d’appel. Il épouse en octobre 1904 à Paris (5e arr.) Alice Roiné, native des États-Unis, où vit son père, Jules Édouard Roiné, un statuaire et médailliste, lié à la famille Rousseau.

Paul Rousseau obtient, en mars 1905, une audience d’Émile Loubet, président de la République, pour évoquer la situation d’un de ses clients, Fontaine, condamné aux travaux forcés à perpétuité par la Cour d'assises de la Seine, le 21 décembre 1904. Il quitte la fonction de défenseur pour entrer dans la magistrature en juillet 1905. Il est d’abord attaché à Paris puis, en août 1906, juge suppléant rétribué à Segré (Maine-et-Loire).

En avril 1909, il intègre le parquet comme substitut du procureur à Neufchâtel (Seine-Inférieure, act. Neufchâtel-en-Bray, Seine-Maritime). Il exerce la même fonction à Valenciennes (Nord) en juillet 1912. Il représente le ministère public en 1912 lors du procès de Charles Delzant, secrétaire de la Fédération des verriers, qu’il accuse d'excitation au pillage et de provocation de militaires à la désobéissance. Il s’efforce de convaincre que le socialiste-révolutionnaire est un anarchiste. Plusieurs dirigeants de la CGT, comme Alphonse Merrheim et Benoît Broutchoux, assistent au procès. Devant l’absence de preuves, le tribunal correctionnel de Valenciennes se déclara incompétent et Delzant fut acquitté.

Dispensé de service militaire en 1900 à cause d’une défloration du tympan gauche, Paul Rousseau est affecté à des services auxiliaires dans la réserve. Lors de la première guerre mondiale, il est appelé et devait rejoindre une section de commis d’ouvriers à la direction des abattoirs. Il ne se présente pas et est déclaré « insoumis en temps de guerre » en décembre 1916. Cependant, il est rayé des contrôles de l’insoumission en janvier 1919, étant reconnu avoir été un civil vivant dans les régions envahies par l’armée allemande, qui l’a empêché de rejoindre son unité.

L’accusation d’insoumission n’aura pas de conséquence, puisqu’il est nommé en avril 1919 procureur de la République à Saint-Pol (Pas-de-Calais) puis, en mars 1920, à Hazebrouck (Nord). Il fait, en mars 1925, une proposition au Touring-club de France de « vulgarisation du code de la route ». Continuant sa carrière dans le Nord de la France, il rejoint le parquet de Valenciennes en juin 1925.

Mis à la disposition du ministre de la justice, Paul Rousseau revient à Joinville-le-Pont. en septembre 1926, le nouveau garde des Sceaux, Louis Barthou, le charge d’accélérer, l'examen des demandes de naturalisation. En octobre 1929, il devient juge d’instruction au tribunal de première instance de la Seine.

Après son divorce en novembre 1947, Paul Rousseau se remarie en février 1948 à Paris (10e arr.) avec Georgette Louise Augier.

Paul Rousseau meurt le 8 août 1954 à La Couture-Boussey (Eure). Il était âgé de 73 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques comme officier d’académie. Le procureur général Pierre Béteille, retrace sa carrière lors de la cérémonie de rentrée des cours et des tribunaux en septembre 1955.

Il ne faut pas le confondre avec d’autres magistrats ayant le même patronyme, notamment Louis Rousseau, juge d’instruction en même temps que lui à Paris puis procureur sous le régime de Vichy.

La cour de l'institution du Parangon à Joinville-le-Pont

 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 00:01

Léon Lévine naît le 31 mai 1914 à Valenciennes (Nord). Il est le fils de Fénia Beiline et de son mari Isaac Lévine, des marchands forains immigrés en 1912 depuis Minsk (Russie, act. Biélorussie) et vivant rue des Maillets. À sa naissance, il a la nationalité russe.

Après la première guerre mondiale, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni.

Léon Lévine fait des études à l’école des sciences politiques et du droit de Paris (Sciences-Po). Ayant effectué une préparation militaire, il est admis en septembre 1936 dans un peloton d'élèves sous-officiers de réserve du train. Il est nommé maréchal-des-logis en avril 1939 dans le 126e escadron du train des équipages.

Pendant la deuxième guerre mondiale, alors qu’il est militaire et stationné à Neufchâteau (Vosges), il trouva un portemonnaie qui contenait une somme importante en billets de banque et le déposa au secrétariat de la mairie.

Au cours de l’occupation allemande, plusieurs membres de sa famille sont arrêtés du fait de leurs origines juives et déportés au camp de concentration d’Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) où ils meurent en juillet et septembre 1942 : sa mère Fénia Beiline, sa sœur Élise, épouse Kac, son neveu Paul Kac et sa belle-sœur, Renée Lipkin, épouse de son frère Alexandre. Ce dernier et leur beau-frère Marc Kac ont participé activement à la Résistance.

Après le conflit, Léon Lévine devient avocat à la cour d’appel de Paris. Il épouse en janvier 1949 à Helsingborg (Suède) Kate Britt Ekman.

Selon l’historien Jean Bossu, Léon Lévine, comme son frère Alexandre, est membre de la loge Europe unie (n° 64) de l’orient de Paris et de la Grande Loge Nationale Française en novembre 1961.

Léon Lévine meurt le 19 novembre 1996 à Paris 6e arrondissement. Il était âgé de 82 ans avait eu au moins trois enfants.

Valenciennes

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 00:01

Julien Aimé Auguste Delorance naît le 12 avril 1886 à Merville (Nord). Il est le fils Victor d’Arthémise Virginie Lesimon et de son époux, Aimé Delorance, nacellier, originaire de Belgique. En 1906, il vit à Watten (59£), où sa mère est marchande de légumes, et est constructeur de bateaux. Il se marie à Épône (Seine-et-Oise, act. Yvelines) en octobre 1919 avec Marie Françoise Bourse. Ils auront trois filles.

À partir de 1920, les Delorance vivent à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne) puis, en 1926, dans la commune voisine de Joinville-le-Pont et en 1923 dans celle limitrophe de Champigny-sur-Marne.

D’abord charpentier construisant des bateaux, activité en vogue sur les bords de Marne où le nautisme est prisé, Delorance devient ensuite menuisier à Paris.

En 1932, il appartient à la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il souscrit pour le quotidien de cette formation, Le Populaire, et dans une collecte de « défense socialiste et républicaine pour la paix et le désarmement. »

Julien Delorance meurt le 6 décembre 1946 à Champigny-sur-Marne. Il était âgé de 60 ans.

Bateaux sur la Marne

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 01:01

Fréna Clémence Laridan naît le 28 février 1857 à Bergues (Nord). Elle est la fille de Louise Clémence Adeline Spilliaert et de son époux, Henri Constantin Laridan. Son prénom, peu fréquent en France, est rencontré plus souvent en Belgique.

Le père, pâtissier, est interné peu après la naissance de sa fille et meurt le 1er février 1860 à l’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

Sa mère va devenir fabricante en bonneterie et s’installe à Paris où elle s’associe avec Alphonse Depasse, comptable et futur dirigeant de syndicats professionnels. Elle constitue en 1877 la société V. Laridan et Cie, installée 4, rue Elzévir (3e arr.). L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

Fréna Clémence Laridan épouse en juin 1875 à Paris (3e arr.) l’associé de sa mère, Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse, qui devient le dirigeant de la société de bonneterie et adopte alors le nom de Depasse-Laridan.

En 1892, Depasse cesse son activité de fabricant. La famille quitte la rue des Bourdonnais où elle résidait à Paris (3e arr.) et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Sa mère et son nouvel époux, Auguste Bernard, les y rejoindront avant 1911.

Fréna Depasse est membre de la section de Joinville de la Société de l’allaitement maternel. Cette association nationale, présidée par Mme Béquet de Vienne, a été fondée en 1876 sous le nom de Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes. La section de Saint-Maur est fondée en 1899, en même temps que celle de Joinville, présentée alors comme une sous-section. Mais la structure saint-maurienne rencontre des difficultés de fonctionnement dès l’année suivante, étant qualifiée en 1901 d’association « mondaine » par un conseiller municipal, A. Monjean. Par contre, la section joinvillaise va prospérer, regroupant en particulier les épouses ou parfois les filles des notabilités, notamment des élus municipaux.

En janvier 1901, Fréna Depasse est élue au bureau de section, présidée par Ernestine Bitterlin, femme d’un médecin. Elle exerce la fonction de visiteuse des femmes sollicitant l’association. Un des objectifs était de diminuer la mortalité infantile de la naissance à un an, dont un autre médecin, le Dr Pierre Vallat, estimait qu’elle était « effrayante » à Joinville.

Suite à un conflit avec le comité directeur de l’association en 1917, Mme Bitterlin démission de l’œuvre de l’allaitement maternel et constitue l’Union des mères avec anciennes membres du comité, dont Fréna Depasse qui devient à la fois vice-présidente, trésorière et visiteuse. En décembre 1918, l’Union des mères élargit son activité aux orphelins, veuves de guerre et réformés pour tuberculose ; elle a secourue 30 familles en 1918. Si, en 1917, l’hebdomadaire Gazette de l’Est s’inquiétait du fait que deux œuvres aux buts identiques s’ignorent, son concurrent Voix des communes se félicitait au contraire en 1923 de cette concurrence.

L’Union des mères s’est transformée en Mutualité maternelle et Mme Depasse, trésorière, en est toujours la cheville ouvrière avec Mme Bitterlin. Elle est de nouveau vice-présidente, à l’âge de 71 ans, quand Ernestine Bitterlin quitte sa fonction en avril 1928 et est remplacée à la présidence par Mme Carlier. La section élargit son champ d’action à la commune voisine de Saint-Maurice.

Fréna et Alphonse Depasse ont eu deux enfants. La fille aînée, Fréna Marie Henriette épouse en mai 1897 à Joinville Émile Hippolyte Baton, marchand de nouveautés dans la commune. Le fils, Émile Auguste Alphonse (1882-1949), chimiste mécanicien, sous-lieutenant pendant la première guerre mondiale, blessé pendant le conflit, est décoré de la croix de guerre et chevalier de la Légion d’honneur.

La date de décès de Fréna Depasse n’est pas connue.

L’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 01:01

Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.

Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.

Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.

Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerce et de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.

L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.

Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.

En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.

La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme Le Globe et La Ville de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.

A suivre

 

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