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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 00:01

Turenne Louis Jean Caron naît le 14 juillet 1893 à Saint-Georges-Buttavent (Mayenne), dans le village de Fontaine-Daniel. Il est le fils d’Augustine Victorine Routhier et de son mari Louis Gilbert Caron, commerçant à Paris, rue de la Butte-aux-Cailles.

En 1911, Turenne Caron habite chez sa tante, Marie Louise Godard, rue Vautier à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre. Il est employé comme mécanicien dans l’entreprise de cinéma Pathé, principal employeur de la commune. Il dispose d’un permis de conduire. Sans doute à la demande de Pathé, il obtient un sursis d’incorporation au service militaire en 1913 puis est incorporé au début de la première guerre mondiale au sein du 46e régiment d’infanterie.

Il est blessé à trois reprises au cours du conflit : d’abord par un éclat d’obus en septembre 1914 dans la Meuse qui entraîne la perte de son gros orteil gauche. Il souffre d’une gelure superficielle des deux pieds puis décembre 1914 dans le ravin des Menissons en Argonne (Meuse). De nouveau en mars 1915, il a les pieds gelés sur la butte de Vauquois (Meuse). Du fait de ses infirmités, il est affecté entre décembre 1915 et avril 1917 à un service auxiliaire. Il l’est de nouveau en juillet 1918 du fait d’une bronchite suspecte. Il est démobilisé en avril 1919 et obtient en septembre de la même année une pension d’invalidité de 10%. Il est cité à l’ordre du régiment en août 1919 et décoré de la médaille militaire en février 1936.

Après-guerre, Turenne Caron épouse en mai 1920 à Paris (7e arr.) Anne Marie Godard, qui est probablement sa cousine. Ses témoins sont d’anciens combattants décorés. Il a repris son travail chez Pathé et vit alors rue de Paris, encore à Joinville, avant de revenir rue Vautier où il est en 1926 puis allée des Tilleuls en 1931.

En 1921, il est embauché à l’usine des Eaux de la ville de Paris, implantée dans le quartier du Canal à Joinville. Il y est mécanicien conducteur de machines.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Turenne Caron est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Il figure en 11e position des 14 titulaires de la liste, pour 27 poses à pourvoir. Un autre machiniste, Hector Charamon, est un de ses colistiers. La liste socialiste avec 12,3 % des suffrages exprimés arrive en quatrième position derrière l’Union des républicains (droite) qui recueille en moyenne 32,6 %, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches républicaines du maire sortant Georges Briolay qui en ont 26,7 % et les communistes de Robert Deloche avec 23,5 %. Caron recueille 345 votes sur 2 856 exprimés pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec 10 socialistes, 16 communistes et un indépendant, le secrétaire de la section de l’association d’anciens combattants ARAC, Louis Blocher, promu tête de liste. Les 9 premiers socialistes figurent sur la liste unifiée, mais ni son prédécesseur, Joseph Bernard, ni Caron ne sont candidats, remplacés par le 12e, Jules Dubreuil.

Tandis que les radicaux-socialistes sont battus, la gauche gagne deux sièges pour les communiste Robert Deloche et Paul Rouhaud, tandis que l’Union des républicains gagne la mairie avec les 25 autres conseillers municipaux. Léon Lesestre est élu maire.

En juillet 1945, Turenne Caron, qui est toujours conducteur de machines au service des eaux et assainissement de Paris, est décoré de la médaille d’honneur d'argent départementale et communale. Il a alors 52 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Sa date de décès n’est pas connue.

Usine Pathé de Joinville en 1924

 

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 00:01

Maurice René Forest naît le 26 juillet 1891 à Parthenay (Deux-Sèvres). Il est le fils de Marie Caroline Hervé et de Camille Désiré Forest, négociant.

À la fin de ses études d’ingénieur à Lille, probablement à l’Institut catholique d’arts et métiers (ICAM), Maurice Forest est incorporé en octobre 1913 pour son service militaire au 5e régiment de génie. Pendant la première guerre mondiale, il devient officier étant nommé aspirant en février 1915 puis sous-lieutenant en décembre 1916 et lieutenant en décembre 1918. Il est démobilisé en août 1919. En juillet 1937, il est nommé capitaine dans la réserve. Son activité pendant la guerre lui avait valu une citation à l’ordre de l’armée en décembre 1918 et la Croix de guerre.

Devenu entrepreneur de voies ferrées, Maurice Forest est installé à Charleville (Ardennes) en 1919 puis à Saint-Dizier (Haute-Marne) en 1920. Il épouse Lucienne Gond en septembre 1921 à Olivet (Loiret).

Le couple est installé en 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, villa René-Robert.

Lors des élections municipales complémentaires d’octobre 1934 à Joinville, organisées pour pourvoir à dix postes vacants sur 27, Forest se présente sur la liste du Groupe des républicains indépendants, regroupant des personnalités locales avec la bienveillance des radicaux-socialistes, qui tiennent la municipalité. Elle fait face à une liste de Concentration républicain, comprenant principalement des candidats conservateurs et libéraux, ainsi qu’à deux listes de gauche, socialiste SFIO et communiste. Les républicains indépendants se proposent de « compresser les dépenses de la commune selon l’exemple du gouvernement » et de traiter la « situation malheureuse des ouvriers et employés en chômage ». Elle comprend nombre de commerçants et industriels. Sérieusement devancée par la liste de concentration républicaine au premier tour, elle se retire. Forest recueille 577 voix, soit 25,1% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Forest rejoint la liste de l’Union des républicains, qui se présentent comme des « hommes d’ordre et d’action » et se disent « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale ». Ils disposent du soutien de la plupart des formations politiques de droite. La liste est confrontée à celle du maire sortant, Georges Briolay, radical-socialiste, ainsi qu’aux candidatures socialistes SFIO de Derivière et communiste de Robert Deloche.

Elle arrive en tête au premier tour. Forest est crédité au premier tour de 935 votes, soit 32,7% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Face à la liste unifiée des communistes et des socialistes et à celle des radicaux-socialistes, l’Union des républicains remporte au second tour 25 sièges contre deux communistes après avoir lancé un appel à « barrer la route aux communistes » dont ils réprouvent « la turbulence et «  la démagogie ». Forest est élu avec 1 169 voix, soit 40,3% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants. Le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Pendant la période d’occupation allemande, les municipalités élues sont remplacées par des corps municipaux désignés par arrêté préfectoral. Comme le maire et trois de ses adjoints, Maurice Forest figure dans la liste des 20 personnes nommées en février 1942. À la Libération le 25 août 1944, le maire et les adjoints sont arrêtés et le conseil local de Libération constitue une municipalité provisoire.

Maurice Forest meurt le 12 novembre 1947 à Joinville. Il était âgé de 56 ans et père de deux enfants.

Vue de Joinville, sd

 

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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 00:01

Suite de la biographie de Joseph Sauvêtre

Peu avant le début de la première guerre mondiale, l'abbé Joseph Sauvêtre quitte la banlieue populeuse de Saint-Ouen pour retrouver la rive gauche parisienne et le quartier latin, en devenant curé de Saint-Etienne-du-Mont, église paroissiale de la montagne Sainte-Geneviève (5e arr.). Il prend la place du chanoine Lesêtre, intellectuel réputé. Le journal mondain Le Gaulois  remarque le contraste : « à un homme d'étude et de science, succède un homme d'œuvres ». C’est l'abbé Jouin, ancien vicaire de la paroisse, qui procède à son installation, soulignant que l'abbé Sauvêtre fut « son commensal » et, selon Le Figaro, lui vouait « tendresse, respect et dévouement. »

Pendant le conflit, l'abbé Sauvêtre mobilise ses paroissiens en invoquant Sainte Geneviève, patronne de Paris. Il publie, en septembre 1916, Sainte Geneviève et l'invasion allemande en 1914, brochure illustrée par Mlle Moreau-Wolff. Il réclame qu’une statue de la saine soit dressée près de la Seine. Dans Dieu et patrie (octobre 1916), il répond à la question : « La victoire de la Marne. Y a-t-il eu miracle ? ». Pour Joseph Sauvêtre, il s’agit « d'un miracle relatif, c'est-à-dire d'une volonté toute spéciale de la Providence qui a tout disposé pour permettre à nos armées de remporter la victoire ». Pour lui, « celle qui, en 451, éloigna, par sa prière Attila et ses Huns des murs de Lutèce » a permis que soient repoussés en septembre 1914 « le nouvel Attila et ses hordes barbares. »

En août 1920, l'abbé Sauvêtre émit le souhait d’apposer une plaque commémorant cette bataille qu’il voulait qu’elle comporte le texte suivant : « Le 6 septembre 1914, les armées allemandes étant aux portes de la cité, Paris recourut à son antique patronne. Trois jours durant, la foule vint prier devant la châsse. Sainte-Geneviève entendit ces supplications. Comme Attila, l’ennemi se détournant de la ville fut vaincu sur les bords de Marne. ». Le quotidien Le Cri de Paris rapporte la polémique qui s’ensuivit dans les services municipaux. Pouvait-on laisser dire que « Paris » avait invoqué sainte Geneviève ? L’administration des Beaux-Arts « opina que le clergé catholique n'avait pas qualité pour parler au nom de Paris. On demanda donc à M. le Curé de substituer au mot Paris l'expression collective les fidèles de Paris. Et M. le Curé, qui est un homme d'esprit, ne fit pas la moindre difficulté pour accepter ce distinguo. »

Après la légendaire défenseuse de Lutèce, l'abbé Sauvêtre, devenu chanoine honoraire, rend hommage aux prestigieux anciens paroissiens de Saint-Etienne du Mont. Il fait graver dans son église le portrait de Frédéric Ozanam, fondateur des Conférences de Saint-Vincent de Paul en décembre 1919. Il célèbre le tricentenaire de Pascal en présence d’autorités politiques et du bureau de l’Académie française en juin 1923. En décembre la même année, il salue la mémoire du cardinal de Richelieu.

En 1925, il met une chapelle de sa paroisse à la disposition de l’église syrienne de Paris, qui permette d’accueillir la population originaire du Liban et du Levant.

Malade, Joseph Sauvêtre quitte son poste de curé de Saint-Etienne du Mont en en février 1929 ; il est remplacé par Joseph Courbe, premier vicaire de Saint-François-Xavier à Paris.

Il quitte Paris et vit en 1936 à Hyères (Var). Il consacre à son ami, Ernest Jouin, mort en juin 1932, une biographie, au contenu hagiographique, qui montre ses talents d’écriture, parie en 1936 chez Casterman. Elle a été rééditée plusieurs fois. Joseph Sauvêtre tente également d’engager la béatification d’Ernest Jouin ; cependant, sa tentative pour promouvoir la cause du protonotaire pourfendeur de la franc-maçonnerie et antisémite n’aboutit pas.

Il s’installe à Vern-d'Anjou (act. Erdre-en-Anjou, Maine-et-Loire) où son frère cadet Eugène Sauvêtre est curé depuis 1911. En juin 1940, l’église paroissiale Saint-Gervais-et-Saint-Protais est endommagée par un bombardement allemand, puis réparée en 1941.

Joseph Sauvêtre meurt le 25 juillet 1949 à Vern-d'Anjou. Il était âgé de 87 ans et était prêtre depuis 64 ans. Il avait obtenu le prix Montyon de l’Académie française en 1937 pour sa biographie de Mgr Jouin.

Fin

 

 

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 00:01

Suite de la biographie d’Ernest Jouin

Si est Ernest Jouin est resté dans les mémoires, c’est pour avoir fondé en 1912 une revue antimaçonnique, la Revue internationale des sociétés secrètes (RISS), qu’il a dirigée jusqu’à son décès en juin 1932.

Son engagement dans la lutte contre les francs-maçons serait, selon Joseph Sauvêtre, consécutif à une discussion, en 1909, avec Jean-Baptiste Bidegain, ancien dignitaire du Grand-Orient de France, qui était devenu un farouche opposant à la franc-maçonnerie et exhortait Jouin à la « détruire » en composant « un roman dans le genre populaire du Juif errant », faisant allusion au livre d’Eugène Sue qui attaquait vivement les jésuites.

Pour pouvoir faire la lumière sur le « péril maçonnique », l’abbé décida de se constituer une importante bibliothèque. Il estima plus intéressant, plutôt que de faire œuvre romanesque, de publier une revue scientifique, s’appuyant sur sa documentation.

La RISS, fut d’abord mensuelle puis bimensuelle. Fondée dans le but de continuer le combat antimaçonnique, elle accueille 1928 à 1933 un deuxième volume rose, s’intéressant à l’occultisme et aux sociétés secrètes. Chaque numéro était volumineux, avec 250 à 300 pages. Le tirage, très faible, n’empêcha pas une forte influence dans certains milieux catholiques et d’extrême-droite.

Le quotidien antisémite La Libre Parole d’Édouard Drumont et le journal royaliste L’Action française, de Charles Maurras, saluèrent cette parution. La Croix souhaita également « bon succès » à la revue. Le journal catholique soutint en octobre 1913 les positions de la RISS quant à la soi-disant véracité de crimes rituels imputés aux Juifs.

En 1913, Ernest Jouin fondait également la Ligue Franc-catholique, dont la RISS devenait l’organe de presse. Il entend regrouper « les défenseurs de la Foi contre la collusion des Juifs et des Maçons, cette formidable armée lancée par l'Enfer contre le Christ et les siens ». Il tenta de monter une fédération avec d’autres mouvements aux buts comparables, l’Association antimaçonnique de France, de l'abbé Tourmentin et Ligue française antimaçonnique du commandant de Fraville, mais échoua dans cette construction.

Pendant la première guerre mondiale, l’abbé Jouin installa, en partie à ses frais, un hôpital provisoire dans sa paroisse, dénommé ambulance 139. Près de 1 300 soldats blessés y furent accueillis.

Si la parution de la RISS est interrompue par la guerre, Jouin poursuivait son offensive idéologique, construisant en particulier une relation entre juifs, protestants et francs-maçons. Il publie en 1917 un opuscule, traitant en parallèle Le Quatrocentenaire de Luther et le bicentenaire de la franc-maçonnerie, et un autre, la même année sur Lourdes, la guerre et Bernadette, consacré à Bernadette Soubirous.

Le pape Benoît XV l'élève, à l’occasion du jubilé cinquantenaire de son entrée en religion en mars 1918, à la dignité de la prélat romain, ce qui l’autorise à se faire appeler Monseigneur, bien qu’il n’ait pas été nommé évêque. Pendant ces noces d'or, le RP Hébert des Frères Prêcheurs, se félicitait des œuvres sociales de l’abbé Jouin et notamment du « patronage Saint-Augustin, prospère après vingt-huit ans d'existence et auquel l'acquisition d'une maison de vacances à par Chaville, donnait, encore, un nouveau développement ». Il concluait : « Personne n'est moins mondain que ce curé d'une paroisse mondaine. »

A suivre

 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 00:01

Albert Favin naît le 18 mars 1884 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Alix Bathilde Bigé et de son époux, Victor François Favin, chauffeur mécanicien.

En 1904, Albert Favin exerce le même métier de chauffeur mécanicien et a déménagé avec ses parents dans la commune riveraine de Joinville-le-Pont. Il travaille à l’usine des eaux de la ville de Paris dans cette localité. Il y conduira toute sa carrière professionnelle, étant nommé en 1924 maître-chauffeur.

Le service militaire de Favin se déroule entre septembre 1905 et septembre 1907 dans la 7e section de Commis et ouvriers d'administration (COA). Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé dans la 24e section de Commis et ouvriers d'administration puis passe en décembre 1915 au 55e régiment d’infanterie avant d’être affecté en mai 1916 aux ateliers de construction de Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il rejoint en juillet 1917 le 1er régiment de génie.

Lors des élections municipales qui suivent le conflit, en novembre 1919, Albert Favin est candidat en huitième position sur la liste socialiste unifiée (SFIO) conduite par Georges Laruelle, ancien conseiller municipal.

Au premier tour, la liste socialiste fait face à une liste conduite par Henri Vel-Durand (radicaux dissidents, radicaux-socialistes officiels et socialistes indépendants, dont plusieurs anciens de la SFIO) et à une liste libérale et conservatrice. Elle obtient une moyenne de 500 voix, soit 30,1% des 1 695 suffrages exprimés pour 1 715 votants sur 2 491 inscrits. Au second tour, face à la seule liste de Vel-Durand, la liste SFIO obtient 502, 34,3% des 1 518 suffrages exprimés pour 1 537 votants. Elle n’a pas d’élu. Favin avait obtenu 500 voix au premier tour (30,1%) et 496 au second (32,7%).

Comme l’ensemble de la section de Joinville de la SFIO, Favin adhère en décembre 1920 au parti communiste SFIC. Il souscrit, en avril 1921, en faveur du développement de la nouvelle formation.

Marié en juillet 1908 à Saint-Maurice avec une plumassière, Maria Prévost (née Stöcklé), il aura une fille et élèvera la fille d’un premier mariage de son épouse.

Après avoir reçu la médaille d’honneur communale en juillet 1929, Favin prend sa retraite en tant que brigadier-chauffeur en avril 1939.

Peut-être est-ce lui qui, en 1971, contribue à la solidarité syndicale dans le journal des retraités des services publics du syndicat CGT, La Voix des anciens.

Albert Favin meurt le 1er septembre 1974 à Créteil  (Val-de-Marne). Il résidait probablement encore à Joinville et était âgé de 90 ans.

La rue du Canal à Joinville-le-Pont

 

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 00:01

Benoit Bayard naît le 23 décembre 1874 à Monétay-sur-Loire (Allier). Il est le fils aîné des dix enfants de Magdeleine Minard et de son marie Benoît Bayard, cultivateurs métayers, dont trois sont prénommés Benoit.

Alors cultivateur à Diou (Allier), Benoit Bayard épouse dans cette commune, en juillet 1902, Philiberte Tillier, originaire du Pin, résidant alors à Paris (12e arr.).

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1909, les Bayard résident dans le quartier du Centre, rue de Paris. Benoit Bayard est ouvrier à l’établissement de la Monnaie et des médailles (Monnaie de Paris). Il y sera ensuite employé en tant qu’huissier. Son frère Gilbert, qui a épousé une sœur de sa femme, travaille également à la Monnaie et vit dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés ; il reprendra, après la première guerre mondiale, le logement occupé précédemment par Benoit Bayard à Joinville.

Au cours du conflit mondial, Benoit Bayard est mobilisé dans le 358e régiment d’infanterie.

Après-guerre, la famille déménage à Viroflay (Seine-et-Oise, act. Yvelines). En 1931, elle vit dans le quartier du Marais, sur la rive droite, rue Julien-Certain.

Selon les archives des historiens de la coopération Jean Gaumont et Gaston Prache, Benoit Bayard adhéra au Parti socialiste SFIO ainsi qu'au mouvement coopératif de consommation à Viroflay.

Benoit Bayard meurt le 3 septembre 1940 à Viroflay. Il était âgé de 65 ans.

Son fils André Bayard fut également militant socialiste SFIO à Viroflay et responsable du mouvement coopératif en Île-de-France.

 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 00:01

Lucien Barberolle naît le 11 octobre 1885 à Corbeil (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Sophie Debacker et de son époux Albert Jean Barberolle, graveur sur métaux. Son oncle, Ernest Barberolle, barreur d’aviron avec la Société nautique de la Marne (Seine, act. Val-de-Marne) a été médaillé d’argent aux Jeux olympiques de 1920 à Anvers (Belgique).

Devenu également graveur-ciseleur, après son service militaire (1906-1908), Barberolle épouse en octobre 1909 à Paris (14e arr.) Jeanne Marguerite Descoins, couturière. Ils s’installent dans le 3e arrondissement, rue Commines puis rue des Filles-du-Calvaire, et auront trois enfants.

Pendant la première guerre mondiale est mobilisé comme caporal dans l’infanterie, puis comme sergent fourrier. Il est cité à l’ordre du régiment en avril 1915 en tant que « Agent de liaison qui n’a cessé sous un feu très intense et très meurtrier d’assurer son service ». Il est décoré de la Croix de guerre. À partir de novembre 1915, il est détaché dans plusieurs usines : Chambeyre à La Guéroulde (Eure), Delage à Courbevoie puis Sanglet à Villeneuve-la-Garenne (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est ensuite affecté à des fonctions administratives et démobilisé en avril 1919.

Après-guerre, l’activité de Barberolle se développe et il se présente désormais comme industriel. Il est présenté, en 1925, comme l’inventeur de la combinaison d'une photographie vitrifiée et d'un miroir, qu’il intitule « photo-émail-miroir » et qui est appréciée par la presse spécialisée. Il installe son activité rue de Saintonge, toujours à Paris (3e arr.).

En octobre 1924, Barberolle prend en location une maison en bord de Marne à Joinville-le-Pont, quai Hector-Bisson (act. quai Gabriel-Péri), dans le quartier de Palissy. Il s’implique rapidement dans la vie locale. Il soutient l’activité du Club athlétique de Joinville (CAJ), pour lequel il finance un plongeoir pour son bassin de natation, situé quai Hector-Bisson. Il crée également un Challenge Lucien Barberolle, course d’une heure par relais de trois nageurs, organisé à Joinville de 1927 à 1929.

Lors des élections municipales de mai 1925 à Joinville, Barberolle est candidat sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant Henri Vel-Durand (radical dissident), qui comprend essentiellement des personnalités libérales et conservatrices. Son programme veut que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », se prononce pour le maintien de l’octroi appliqué pour l’entrée des marchandises dans la commune, et appelle à l’économie dans les dépenses budgétaires. La liste fait face à deux concurrents : le Cartel de gauche, rassemblant radicaux-socialistes et socialistes SFIO, conduit par Georges Briolay, et la liste du Boc ouvrier et paysan (BOP, communiste). Au premier tour, l’Union républicaine obtient 1 080 voix soit 47,5% des 2 275 suffrages exprimés pour 2 310 votants sur 2 761 inscrits. Le cartel des gauches en a 648 (28,4%) et les communistes 480 (21,1%). Au second tour, malgré le retrait de la liste communiste, l’Union républicaine emporte les 27 sièges à pourvoir avec 1 078 voix. Barberolle est élu conseiller municipal.

Pour les élections cantonales (pour le conseil général du département de la Seine) de juin 1925, Barberolle est candidat dans la 2e circonscription de Saint-Maur-des-Fossés, qui comprend les communes de Créteil, Bonneuil, Joinville et une partie de Saint-Maur. Sous l’étiquette de républicain indépendant, Barberolle recueille au 1er tour 163 voix soit 5,8% des 2 814 suffrages exprimés pour 2 842 votants sur 5 553 inscrits. Il ne se présente pas au second tour où est élu le républicain de gauche (centre-droit) Naudin devant le radical-socialiste Avet et le communiste Muller.

À l’automne 1927, Barberolle le bail de sa maison de Joinville et s’installe à son atelier, rue de Saintonge. Il est candidat pour les élections législatives d’avril 1928, sous l’étiquette de républicain socialiste indépendant (centre droit) dans son arrondissement, se présentant comme commerçant. Il collecte au 1er tour 115 voix soit 0,7% des 15 910 votants sur 18 981 inscrits. Il ne se présente pas au second tour où est élu le républicain de gauche (droite) Louis Puech.

Ayant quitté la région parisienne pour Toulouse en 1933, Lucien Barberolle y est élus en novembre de la même année vice-président et délégué à la propagande de la 17e légion des Croix de guerre dont Louis Deffès, mutilé de guerre et titulaire de la Médaille militaire, est le président.

Après la deuxième guerre mondiale, Lucien Barberolle est membre en tant que sculpteur-graveur de la société des Artistes occitans indépendants. Il participe à plusieurs salons, notamment en 1947 et 1950 à Toulouse. Il présente des panneaux gravés et ciselés, des sculptures en cire et en bronze ainsi que des peintures. Une de ses œuvres, exposée en 1947, s’intitule Le Maquisard.

Barberolle vit rue des Polinaires à Toulouse. La date de son décès n’est pas connue.

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 01:01

Paul Alphonse Sauvageau naît le 8 mai 1877 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Joséphine Félicité Foubert et de Paul Jean Baptiste Sauvageau, teinturier. Ils vivent rue de Sèvres.

Alors ouvrier typographe, Sauvageau fait un service militaire raccourci en 1898-1899 après le décès de son père. Il épouse en novembre 1905 à Paris (15e arr.) Georgette Louise Olympe Bili, qui porte le nom d’usage de son beau-père, Maurice Sorelle,

Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé d’abord dans l’infanterie puis, à partir de mars 1917, dans l’aviation, étant affecté au 1er groupe d’aérostation. Il est nommé caporal en juin 1918 et démobilisé fin janvier 1919.

Après le conflit, Sauvageau travaille dans l’industrie du cinéma. En 1923, il est directeur du studio de Pathé-Consortium-Cinéma à Vincennes. À ce titre, il fait partie de ceux qui accueillent, en juillet une visite du bey de Tunis lors du tournage d’un épisode du film de Jean Kemm, L'Enfant-Roi. Son épouse, qu’il a encouragée à devenir actrice et qui utilise le pseudonyme de Georgette Sorelle, joue dans cette production.

C’est également comme costumier que Sauvageau prend part à la réalisation du film Destinée, d’Henry Roussel en 1925 ou Napoléon, d’Abel Gance, en 1927. Georgette Sorelle est aussi au générique de cette œuvre. Elle meurt en août 1929, après avoir terminé peu avant le tournage de La Valse de l'adieu, d'Henry Roussel.

Le Syndicat du personnel de la production cinématographique est fondé en juillet 1933 par Maurice Morlot et Sauvageau en est le trésorier. Il réunit des administrateurs, régisseurs et assistants-metteurs en scène. Son siège est chez son président, avenue Gallieni, à Joinville-le-Pont. Le syndicat adhère à la Fédération nationale des syndicats d'artisans français du film, une structure autonome non affiliées aux confédérations CGT, CGTU ou CFTC.

Au-delà de la gestion financière du syndicat, le rôle de Sauvageau prend une grande importance. Ainsi, début 1934, c’est lui qui sensibilise Jean Châtaigner, chef de la rubrique cinématographique du Journal et président de l’Association professionnelle de la presse cinématographique aux revendications de son organisation. Il rencontre également Bernard Natan, administrateur-délégué de la firme Pathé-Cinéma. Il se prononce également en faveur de la création d'un Comité Intersyndical.

Ce sont Morlot et Sauvageau qui accueillent, dans les établissements cinématographiques de Joinville-le-Pont, le sous-secrétaire d'État et député Adolphe Chéron ainsi que le maire de la commune Georges Briolay, l’adjoint au maire Georges Scornet et Paul Hainsselin, conseiller municipal et lui aussi salarié du secteur du cinéma. Ils se plaignent que « l'emploi de la main-d'œuvre étrangère dans le cinéma avait eu pour répercussion le licenciement d'une grande partie des éléments français, ce qui a augmenté dans une proportion considérable (…) le nombre des chômeurs français déclarés à la mairie ». Jusqu’en juillet, Sauvageau va multiplier les initiatives de son syndicat de de la fédération pour réclamer un décret réglementant l’embauche d’étrangers dans les studios auprès du gouvernement et des parlementaires.

Le président Morlot ne sollicitant pas le renouvellement de son mandat à la tête du syndicat, en décembre 1934, René Montis le remplace et Sauvageau est trésorier-rapporteur.

Après la réunification de la CGT avec la CGTU en 1936, la Fédération nationale des syndicats des artisans du film décide, le 7 mai 1937, de se transformer en Syndicat général des artisans du film et d’adhérer à la Fédération du spectacle de la CGT. La nouvelle organisation rassemble metteurs en scène, opérateurs de prises de vues, ingénieurs du son et ingénieurs spécialisés, personnel de la production ainsi que la presse filmée. Son objectif est de « maintenir la qualité professionnelle des artisans de la production du film ». Il vise à la signature de la convention collective des techniciens contribue à l'élaboration du texte d'application des quarante heures.

Les metteurs en scène André Berlhomieu et Marcel L'Herbier sont respectivement président et secrétaire général, tandis que Sauvageau est vice-président.

Depuis 1932, Sauvageau résidait à Joinville, dans le quartier de Polangis et avait une nouvelle compagne, Marthe Godin. Il se lance dans l’action politique et rejoint Paul Hainsselin sur la liste de l’Union des républicains de Joinville. Très marquée à droite, la liste est conduite par Frédéric Bautsch et Léon Lesestre. Elle se présente comme composée d’hommes d’ordre et d’action, sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale, et s’oppose au maire sortant, Georges Briolay (radical) et aux formations socialiste SFIO et communiste.

La liste de l’Union des républicains obtient au premier tour une moyenne de 931 voix soit 32,6% des 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Le Groupement des gauches républicaines suit avec 765 voix (26,8%), suivi par les communistes de Robert Deloche qui ont 671 voix (23,5%) et les socialistes avec Robert Derivière, 352 voix (12,3%). Sauvageau recueille 908 votes (31,7%).

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent derrière un ancien combattant, André Blocher, tandis que Georges Briolay maintient sa liste. Pour sa part, l’Union des républicains appelle à barrer la route aux communistes, affichant sa « réprobation pour la turbulence et de la démagogie. »

La liste de droite se renforce, avec 1 160 voix en moyenne soit 41% des 2 899 suffrages exprimés sur 2 924 votants, talonnée par l’union de la gauche à 1 100 voix (39%), tandis que les radicaux sont distancés avec 566 voix (20%). Sauvageau est un des deux seuls candidats de l’Union républicaine à ne pas être élu ; il avait obtenu 1 120 votes (38,6%). Au total, la liste de droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, la gauche recueillant les deux derniers sièges pour des communistes, dont le futur maire de Joinville, Robert Deloche. Léon Lesestre est élu maire, entouré comme adjoints de Chaussée, Caillon, Béal et Kirbühler.

En mars 1936, avec plusieurs personnalités locales de tendance radicale modérée et opposées au Front populaire, Sauvageau comme Hainsselin rejoint un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature du député sortant Adolphe Chéron. Il est battu par le communiste André Parsal.

Alphonse Sauvageau meurt le 10 mai 1942, son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 65 ans.

Georgette Sorelle, épouse Sauvageau

 

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 01:01

Début de la biographie de Georges Defert

Georges Maurice Defert nait le 5 avril 1896 à Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est le fils de Clémentine Enault et de son époux Charles Defert, menuisier. La famille s’installe peu après à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où le père ouvre un atelier de menuiserie dans leur logement, 30, rue de Créteil (act. rue du maréchal Leclerc).

Dès l’âge de 13 ans, Georges Defert devient apprenti menuisier dans l’atelier paternel. Après la mort de son père en octobre 1919, c’est sa mère qui en reprendra la gestion.

Au début de la première guerre mondiale, Georges Defert s’engage pour la durée de la guerre dans le génie (1er RG puis 11e RG). Il est cité à l’ordre du 4e corps d’armée en août 1915. Blessé à Perthes en septembre 1915, il est de nouveau cité, à l’ordre des armées, en octobre 1915. En mai 1918, Defert est promu caporal. Démobilisé en août 1919, il obtient la croix du combattant volontaire en juillet 1936.

Le mariage de Georges Maurice Defert avec Madeleine Cécile Haas a lieu en novembre 1921 à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, act. Hauts-de-Seine). Ils auront deux enfants.

Après-guerre, Georges Defert et son frère Raymond poursuivent l’activité de la menuiserie familiale à Joinville. Un violent incendie en février 1933 les met au chômage et les contraint à s’installer provisoirement dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés. Les conditions d’intervention des sapeurs-pompiers émeuvent les voisins, qui lancent une pétition demandant de les équiper de bottes. Le conseil général leur attribue des secours.

C’est à partir de 1925 que Defert s’implique dans la vie politique locale. En avril, il fait partie du Comité d’union des républicains et d’action sociale, fondé en 1912, qui soutient la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par Henri Vel-Durand, ancien radical-socialiste qui a rassemblé les libéraux et conservateurs. Le comité est présidé par Félix Soulié. En mars 1935, Defert participe à la transformation du comité en Union des républicains, centrée sur les activités municipales, ce qui lui permet de rassembler l’ensemble de la droite joinvillaise. La nouvelle organisation a pour président René Kirbühler, futur adjoint au maire tandis que Léon Lesestre, qui était à la tête de l’ancien comité et deviendra maire suite au scrutin de mai, est nommé président d’honneur.

L’Union des républicains de Joinville a son siège au café de Paris, place de la Gare. Son programme vise à la diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, la simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales.

Pour le scrutin de mai 1935, la municipalité sortante, élue dans le cadre du Bloc des gauches, unissant radicaux-socialistes et socialistes SFIO, s’est réduite aux premiers. La SFIO et les communistes présentent chacun une liste. Pour sa part, l’Union des républicains rassemble l’essentiel de la droite. Georges Defert, toujours menuisier, figure sur la liste qui emporte, au second tour, 25 des 27 sièges à pourvoir, tandis que deux communistes sont élus sur la liste unifiée de la gauche, les radicaux n’ayant pas d’élu. Léon Lesestre devient le premier magistrat.

Au premier tour, Defert avait recueilli 919 voix pour 2 856 suffrages exprimés (32,2%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il joue un rôle politique dans le conseil, étant notamment élu délégué sénatoriale en septembre 1935. Il s’occupe également de la passation des marchés municipaux.

Defert est en 1936 le président de la section de Joinville du Parti social français (PSF), formation d’extrême droite du colonel de La Rocque, fondateur des Croix de Feu, dont la devise est « travail, famille, patrie ». À ce titre, il co-organise une réunion pour le canton de Saint-Maur le 17 décembre, mais elle est interdite. Le PSF tient une permanence à Joinville au café Clerté, rue de Paris. En avril 1937, sa section accueille au cours de sa réunion mensuelle La Rocque.

Si la politique du PSF est clairement réactionnaire, François de La Rocque, le PSF ne soutint pas le régime de Vichy en raison de son caractère antisémite et défaitiste. En 1942, quand un nouveau conseil municipal est nommé, la plupart des colistiers de Lesestre figurent encore à ses côtés, mais pas Defert.

A suivre

Georges Defert

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Rey

Louis Rey a eu une activité sociale significative. En 1904, il fonde et administre une société d’assurance décès et d’achats en commun dénommée Les Mille débitants, hébergée dans son domicile quai des Célestins à Paris (4e arr.). Elle s’adresse aux marchands de vins de la région parisienne.

Secrétaire général du syndicat des marchands de vin et liquoristes de Paris depuis 1879 et toujours en poste en 1911, il est, depuis 1877 fondateur et administrateur de bureaux de placement gratuit, qui constituent un des ancêtres des institutions de gestion des services à l’emploi en faveur des chômeurs et des employeurs. Louis Rey est également membre du Syndicat central des chimistes et essayeurs de France, sans doute depuis sa fondation en 1890.

Ses amis politiques radicaux-socialistes ont connu la défaite lors de plusieurs scrutins au début du vingtième siècle : la ville de Joinville est passée en 1912 aux mains de radicaux  dissidents alliés à des libéraux et des conservateurs, avec le soutien des socialistes SFIO et il n’y a plus de conseillers municipaux fidèles au comité radical-socialiste. Le canton de Saint-Maur est aux mains d’un homme de centre-droit, Henri Naudin. Quant à la députation, la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux a vu la défaite des candidats radicaux au profit du socialiste Albert Thomas en 1910. Même le poste de conseiller d’arrondissement appartient à l’un des dissidents radicaux de Joinville. La République radicale, dont Joinville était l’épicentre dans l’Est parisien à la fin du 19e siècle et à laquelle se vouait Louis Rey est en profond déclin.

Dans la commune, Louis Rey indique qu’il a démissionné du comité radical-socialiste de Joinville en 1911 parce qu’en faisaient partie Henri Vel-Durand et plusieurs autres des dissidents qu’il appelle les Saxons, en référence à la défection des troupes de cet État allemand qui, alors alliées aux Français et à Napoléon 1er, changèrent de camp pendant la bataille de Leipzig en 1813. Rey s’explique : « Je ne pouvais défendre la République en leur compagnie ». Mais, en juillet 1913 Vel-Durand est exclu du parti radical par décision de la fédération départementale tandis que les autres, comme Ernest Mermet, ont cessé d’y adhérer. Rey s’en réjouit dans l’hebdomadaire Voix des communes : « Je puis rentrer, la maison est maintenant propre, l’on ne risque plus d’y coudoyer les traîtres et les renégats. »

Dans sa chronique de Voix des communes, Rey poursuit la défense des valeurs laïques et sociales qui sont les siennes, et les critiques envers la nouvelle majorité municipale. Cependant, l’incomplétude de la collection conservée du journal aux archives, puis son arrêt au début de la première guerre mondiale ne permet guère de suivre son rôle. On sait cependant qu’une affiche est posée en août 1913 pour critiquer à nouveau son rôle dans l’affaire de l’école de Polangis. il s’insurge, à la fin de l’année, de l’absence de toute représentation municipale à l’enterrement d’un ancien élu radical-socialiste, le constructeur de bateaux Petrus Perre.

La reprise de la parution de l’hebdomadaire voit une réorientation des préoccupations de Rey, qui se focalise beaucoup plus sur les questions graves de la vie quotidienne des Joinvillais ; il signe une partie de ses nombreux papiers du pseudonyme de Lécouteux. Il publie ainsi une lettre aux boulangers dans le premier numéro de 1915, leur reprochant de supprimer le portage à domicile sans diminuer le prix. Il s’inquiète de la pénurie de charbon, moyen de chauffage quasi-unique à cette période. Il relaie aussi les protestations des bouchers, pénalisés par l’interdiction d’entrée des marchandises la nuit.

S’intéressant toujours autant à la chose publique, Rey prononce, au nom de la franc-maçonnerie, un éloge de Régis Clavel, receveur des Postes, responsable de la Ligue des droits de l’Homme et militant radical-socialiste, qui est aussi salué par Georges Briolay au nom de ces deux institutions dont il est le responsable local. En mars, il s’insurge contre le fait que le prêtre ait traversé Joinville en habits sacerdotaux pour le premier enterrement d’une victime de la guerre au cimetière municipal. Pour lui, « En temps de guerre comme en temps de paix, la loi de séparation [de l’église et de l’État] doit être respectée. »

Le pavillon dont il avait été expulsé, deux ans plus tôt, restant inoccupé, Rey fait remarquer pourrait loger 2 ou 3 familles. Il conseille les familles de soldats qui ont des difficultés  obtenir les allocations auxquelles elles devraient avoir droit. Il propose sinon qu’elle soit mise à la disposition de la Société des secours aux blessés (la Croix-Rouge). Finalement, le terrain servira pour des plantations de pommes de terre et les arbres finiront en bois de chauffage.

S’il est très patriote, Rey s’inquiète pourtant de ce que « Des gens voient des espions partout ». Ainsi, Andrès, membre du comité radical-socialiste de Joinville et candidat aux élections municipales de 1912, alsacien, soldat français, propriétaire à Polangis, membre de la Symphonie, était en Alsace en visite dans sa famille à la déclaration de guerre ; il est arrêté par les Allemands, s’évade et revient à Joinville. Mais il est dénoncé par la rumeur comme s’étant rendu en Allemagne.

La situation des animaux concerne aussi Rey, qui avait saisi la Société protectrice des animaux, laquelle, après enquête, confirme qu’une décision du maire concernant le stationnement des chevaux leur portait préjudice. Il conteste également la taxe qu’on veut imposer à son chien, qualifié de chien de luxe par la municipalité, alors qu’il l’a déclaré comme chien de garde. Le préfet lui donne raison en 1916.

S’agissant de la vie politique municipale, Rey explique son positionnement, à propos de ce qu’il appelle le devoir du maire : « Nous voulons bien respecter la trêve des partis, respecter l’union sacrée. Est-ce la rompre que de signaler ce qui devrait être fait ? » Il se plaint que le conseil municipal ne fonctionne presque plus, malgré la présence sur place de plusieurs élus. Mais il défend leur honnêteté, face aux rumeurs qui prétendent qu’ils accaparent une partie des allocations destinées aux chômeurs et aux femmes des mobilisés.

Le principal combat de Rey pendant la période de guerre va être autour du charbon. Dès avril 1915, il s’indigne qu’il atteigne, à Joinville, « des prix de famine », alors qu’il est deux fois moins cher à Saint-Maur et Maisons-Alfort où les municipalités ont fait des achats collectifs. Constatant, selon lui en octobre 1915, que « la municipalité ne fait rien », Rey lance le projet d’achat collectif d’une cargaison de charbon à Rouen. Il sera ensuite piloté par Georges Briolay  à partir de juin 1916. Une centaine de personnes souscrivent, venant de Joinville et de communes voisines. La municipalité achète un stock qu’elle compte revend à la population pour faire concurrence à l’achat groupé de Rey et Briolay.

Le prix du gaz est aussi dans le collimateur de Rey. Il remarque en janvier 1916 que des municipalités, notamment socialistes, ont refusé la hausse demandée par la compagnie du gaz, mais pas Joinville, contrairement à Nogent et Saint-Maur. Il approuve les quelques élus SFIO qui se sont prononcé contre l'augmentation. Le conseil de préfecture finira par l’annuler en décembre 1916.

Une très vive polémique va éclater, en janvier 1916, quand Rey reproche au maire de Joinville, Ernest Mermet, de faire des « largesses » avec la subvention que la société du Bi-Métal a remise pour la commune. Selon lui, il aurait dû la remettre au bureau de bienfaisance au lieu de l’utiliser « comme bon lui semble ». Le maire annonce qu’il veut intenter un procès contre Voix des communes, « organe de diffamation et de calomnies ». Les membres du bureau de bienfaisance et les élus, notamment les socialistes, protestent contre l’attaque de Rey et soutiennent Mermet.

Une boucherie municipale ayant été mise en place en mars 1916, vendant de la viande congelée, Rey critique le fait que, étant exemptée de taxes, elle fait une concurrence déloyale aux bouchers. Il soutient que, malgré cela, la viande est plus chère à Joinville qu’à Maisons-Alfort et affirme que la commune aurait le record de la vie chère. Racontant le début de la guerre comme il l’a vécu, Rey parle d’une émeute, le 2 août 1914, sur le marché d’alimentation quand les acheteurs eurent constaté l’augmentation des prix des pommes de terre ; des étals furent renversés. Des laiteries Maggi ont été mises au pillage, car il s’agissait d’une marque allemande.

S’agissant des boissons alcoolisées, Rey s’inquiète du déficit de la récolte de 1915. Il approuve la contestation par des débitants joinvillais de l’arrêté d’interdiction partielle de vente, désapprouvant qu’on utilise des agents pour verbaliser les débits de boisson qui ouvriraient après 22h ou avant 11h.

Annoncé comme souffrant en avril 1916, Rey reconnaît le mois suivant qu’il « a manqué à son devoir et au plaisir d’écrire pour la première fois depuis 9 ans ». Il s’absentera de nouveau en août pour raisons de santé.

Alors que la publication de Voix des communes était stoppée depuis plus d’un an, Louis Rey meurt le 5 août 1918 à son domicile de Joinville, quai Hector-Bisson (act. quai Gabriel-Péri). Il était âgé de 71 ans et n’avait pas eu d’enfant. Il continuait d’exercer son métier d’expert chimiste.

Rey était chevalier de la Légion d’honneur, décoré des Palmes académiques comme officier d’académie, officier du mérite agricole et avait reçu de nombreuses distinctions professionnelles ainsi qu’une médaille militaire.

Fin

La Marne à Joinville gelée, hiver 1917

 

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