Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 01:01

Pierre Eugène Gobin naît le 21 octobre 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils de Maria Aurélie Maximilienne Deflers et de son mari, Pierre François Xavier Gobin, typographe. Après le décès de son père en mars 1879, sa mère se remarie en janvier 1880 avec Pierre Dalbavie. Un décret de 1892 l’autorise à prendre le patronyme de Gobin-Dalbavie ; il se fera connaître sous le nom de Dalbavie.

Comme son père adoptif, sa mère, ses deux frères Victor et Amédée, ainsi que son demi-frère Alexandre, Eugène Dalbavie va travailler dans la confection. Il est tailleur d’habits. Il se marie en mars 1893 à Paris avec une couturière d’origine bordelaise, Adélaïde Jeanne Marguerite Rotival. Ils auront deux enfants.

Ayant fait son service militaire dans un régiment de dragons, en garnison à Sedan (Ardennes), Dalbavie est sous-lieutenant puis, en 1917, lieutenant dans le 20e escadron du train des équipages pendant la première guerre mondiale.

Si l’engagement civique d’Eugène Dalbavie n’est pas connu avec précision, il est cependant attesté par le fait qu’il  est décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en décembre 1913.

Après la première guerre mondiale, Dalbavie exploite un atelier comme tailleur pour dames, 153, boulevard Magenta à Paris (10e arr.). Il est très probable qu’il est également associé à la gestion de l’atelier familial de la rue Ramey (18e arr.), notamment après le décès en 1922 de son frère Amédée.

Eugène Dalbavie meurt le 12 novembre 1934 à Montmorency (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise). Il est enterré dans la commune voisine de Deuil-la-Barre (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il était âgé de 64 ans.

Une production de la maison Dalbavie en 1928

 

Partager cet article
Repost0
29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 01:01

Suite de la biographie de Pierre Dalbavie

Le scrutin général de mai 1912 voit le retour de Dalbavie dans l’arène électorale à la tête d’une liste libérale. En février, Dalbavie réunit chez lui les candidats et sympathisants de sa liste. Un journal de droite, l’Écho de Saint-Maur, assure que près de 100 personnes y étaient, mais l’hebdomadaire radical Voix des communes conteste : « c’est impossible de faire entre 98 personnes chez Dalbavie. »

En avril, Dalbavie, Louis Gallas et Georges Bitterlin, au nom de la liste libérale, concluent un pacte avec deux autres listes, celle des socialistes unifiés (Georges Laruelle, Émile Lebègue et Constant Ricard) et celle des dissidents radicaux (Ernest Mermet, Henri Vel-Durand et Maurice Watrinet). Ils conviennent « que les organisations politiques diverses doivent être représentées au conseil municipal par eux qui sont les meilleurs militants de leurs partis respectifs ». Ils décident de faire, au second tour, une liste unique constituée proportionnellement aux résultats du premier tour.

Louis Gallas et Dalbavie, qui affichent un programme économique libéral, essaient de s’appuyer sur les commerçants de la ville.

Le premier tour de scrutin laisse une majorité relative aux radicaux-socialistes officiels, emmenés par Émile Briolay, le maire sortant Eugène Voisin ne se représentant pas. Sur la base de leurs scores respectifs, les trois opposants se regroupent sur une liste comptant 10 radicaux dissidents, 7 socialistes et 6 libéraux. Au second tour, la coalition remporte les 23 sièges à pourvoir. Ernest Mermet est élu maire, Dalbavie est accompagné par Beauvais, Gallas, Perchet, Barreau et Bitterlin. Il se voit confier le poste d’adjoint au maire, au côté de Vel-Durand.

Pour les élections législatives de mai 1914, Dalbavie appuie la candidature de son collègue du conseil, l’avocat Louis Gallas, au nom de la Fédération des républicains progressistes, libéraux et indépendants de la deuxième circonscription de Sceaux. C’est le socialiste Albert Thomas, futur ministre et premier directeur du Bureau international du travail, qui l’emportera.

Le déclenchement de la première guerre mondiale va conduire Dalbavie à jouer un rôle important. À côté du maire, Mermet, absent au début du conflit et Vel-Durand étant mobilisé, c’est Dalbavie qui est le seul adjoint en fonction. Il est le signataire de l’affiche officielle placardée le 3 août 1914 sur les murs de la ville. Après le retour de Mermet, selon Voix des communes, il « seconde de son mieux le maire, c’est à lui que vont la plupart des réclamations des citoyens recevant des secours de chômage ou pour toucher l’allocation militaire, les réclamations sont nombreuses ».

Cependant, Dalbavie est malade et régulièrement absent. Pour faire fonctionner la mairie, Mermet nomme Watrinet adjoint en remplacement de Vel-Durand.

Quand il reprend ses fonctions, il s’attire de vives critiques de certains radicaux, comme Louis Rey, qui lui reprochent s’être proclamé le président des Anciens combattants de 1870-1871, sans que les vétérans de la guerre franco-prussienne aient été consultés. Sa gestion autoritaire du personnel municipal est également contestée. Il est à la manœuvre pour empêcher une tentative d’achat de charbon par un groupe d’habitants, trop proche à son goût des radicaux-socialistes.

En novembre 1917, Dalbavie, avec Watrinet et Mermet, est signataire de l’affiche appelant à souscrire à l’emprunt de guerre lancé par l’État.

Après le conflit, Dalbavie ne se représente pas aux élections municipales organisées en novembre 1919. Il semble ne plus avoir d’activité politique publique. Il est signalé, en juin 1922, comme abonné au quotidien royaliste Action française. Si l’implantation locale du parti d’extrême-droite semble peu importante, un des anciens colistiers de Dalbavie en 1912, le docteur Georges Bitterlin, figurait sur la liste des candidats du mouvement pour les élections législatives de 1919. Au moins deux des fils du couple Dalbavie seront qualifiés d’amis par le journal de Léon Daudet et Charles Maurras.

Pierre Dalbavie meurt le 15 août 1925 à Joinville. Il était âgé de 83 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie.

À noter que le nom de Dalbavie est fréquemment mal orthographié, non seulement dans la presse, mais même dans des sources officielles. On trouve par exemple les formes Dalbaire, Dalbaret, Dalbacie, Dalbon ou Dalbavu.

Affiche de guerre signée Dalbavie

 

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 01:01

Émile Victor Moutier naît le 10 août 1891 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Adèle Gabrielle Thépin, blanchisseuse et de son époux, Victor Moutier, livreur, qui habitent rue du Pont.

Émile Moutier est orphelin de père en 1901. Il vit avec sa mère rue de Paris, dans le centre de Joinville, et devient comptable. Il fréquente la société symphonique de Joinville.

Appelé au service militaire avec la classe 1911, il est incorporé en novembre 1912. À la déclaration de guerre en août 1914, il est sergent-major au 272e régiment d’infanterie. Il devient lieutenant en avril 1916. Son comportement est salué par une citation à l’ordre de la brigade le 1er novembre 1915.

Le 28 juillet 1916, le lieutenant Moutier est tué face à l‘ennemi à Belloy-en-Santerre (Somme) ; il était âgé de 25 ans. Son supérieur, le capitaine Hénaux, témoigne dans une lettre à un de ses amis, publiée dans l’hebdomadaire Voix des communes, « Le brave Moutier a reçu un obus en pleine poitrine le 28 juillet à 23h. Moutier était un chef aimé, adoré de ses hommes, un camarade excellent, un subordonné très estimé ; il est mort en brave. Il est enterré à Assevillers (Somme). »

Il fait l’objet d’une nouvelle citation, à l’ordre l'armée cette fois, le 31 août 1916 : « officier de haute valeur morale. Le 28 juillet 1916, a été tué à la tête de sa section, en marchant à l'attaque d'un village fortement organisé ». Le futur maire de Joinville, Émile Briolay (radical-socialiste) salue « La mort d’un héros ». La société symphonique de Joinville le nomme membre d’honneur. En juin 1920, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Le décret d’attribution parle d’un « officier de haute bravoure morale. »

Une délibération du conseil municipal de Joinville, le 15 janvier 1922, a décidé d'attribuer la dénomination « Émile-Moutier » à une voie publique de la commune, l’ancienne rue des Cliquettes, dans le quartier du centre. Elle est confirmée par décret du 8 juillet 1922.

Si l'hommage public est unanime, la débaptisation de rue des Cliquettes est critiquée par l’historien Georges Bousquié. Le nom évoquait en effet le souvenir des lépreux, enfermés au 13e siècle, dans une maladrerie installée à cet endroit.

Le gymnase situé dans cette rue, détruit en 2018, portait initialement le nom « Émile-Moutier » avant d’être rebaptisé « Pierre François ».

 

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 01:01

Fin de la biographie d'Alphonse Depasse.

Attaché au développement de l’apprentissage, Depasse-Laridan essaie, en 1886, de convaincre ses collègues de l’utilité de faire des expositions annuelles des travaux de toutes les écoles professionnelles. Si la Chambre syndicale de la bijouterie l’appuie, plusieurs autres professions sont réticentes et le Syndicat général lui-même reste dans une prudente réserve.

Suite au rapport présenté en juin 1886 d’une commission d'enquête nommée par la Chambre des députés sur « la crise commerciale et industrielle », Depasse-Laridan s'élève la « manie de la sténographie », s’inquiétant que le constat fait par les employeurs français que, à égalité de qualité, ils sont obligés de vendre plus cher que les Allemands, soit porté à la connaissance de ces derniers. Estimant que les parlementaires sont ignorants des questions économiques, Depasse-Laridan plaide pour la mise en place d’un Conseil supérieur économique.

La même année, Depasse-Laridan soutient la création d’une « marque de fabrique nationale » pour protéger des imitations les produits d’origine française, comme le cognac.

Toujours en 1886, Depasse-Laridan s’adresse à la Chambre de commerce de Troyes (Aube), haut-lieu du textile en France, pour lui proposer qu’elle crée une école nationale professionnelle de bonneterie, que la Chambre syndicale de la bonneterie parisienne financerait également, avec les organismes consulaires de Nîmes, Amiens et Roanne. Le projet aboutira trois ans plus tard.

À partir de 1888, se lance dans une propagande pour le mutualisme, dans lequel il voit le seul moyen pour défendre les « petits commerçants honnêtes » face aux grands magasins. Il prend l’initiative de fonder La Mutuelle Commerciale en avril 1888 et en devient le président ; mais ce sera un échec, et la société est dissoute dès août 1889.

Depasse-Laridan fait partie des commissions d’admission des articles de bonneterie et de lingerie pour l’exposition internationale de Melbourne en 1888 et l’exposition universelle de Paris pour le centenaire de la Révolution. Il contribue aussi à l’exposition des arts de la femme de 1892.

Lors d’une séance de la Chambre syndicale de la bonneterie qu’il préside toujours en mai 1891, Depasse-Laridan accueille avec faveur l’intervention d’un de ses collègues, M. Bernheim qui propose de créer des institutions en faveur des ouvriers. Il cite les pensions de retraite, les sociétés de secours mutuels et les assurances contre les accidents.

Ce sera pratiquement la dernière contribution d’Alphonse Depasse au débat social national puisqu’en 1892, il abandonne ses mandats syndicaux et cesse son activité de fabricant. Il quitte la rue des Bourdonnais à Paris (3e arr.) où il résidait et s’installe avec sa famille à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Depasse reprend sa profession de comptable et son nom patronymique. Il reste lié à la bonneterie, car il est en 1911 chef de comptabilité chez Bernheim et avait été désigné président d’honneur de la chambre syndicale.

Son activité publique est plus orientée vers le terrain local. Il participe au comité radical-socialiste qui soutient la candidature d’Adolphe Maujan, député puis sénateur radical-socialiste modéré, sous-secrétaire d’État à l'Intérieur dans le gouvernement Clemenceau en 1906. Il y discute la question de la participation des ouvriers et employés aux bénéfices des entreprises. Ce thème lui était cher, car il avait adhéré en 1890 à la Société de la participation aux bénéfices. Mais il constate en 1909 qu’il est « sans grand succès », ce qu’il attribue à la méfiance de l’ouvrier sur les déclarations de l’employeur.

Sensible aux situations humanitaires, Depasse était membre de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge française) de 1886 à 1889.

Pendant la première guerre mondiale, il prend la succession du Dr Pierre Vallat, mobilisé comme ses deux vice-présidents, en tant que président de la Mutualité scolaire de Joinville. Elle compte 165 adhérents en 1916-1917 et assure, pour une cotisation de trois francs par an, des indemnités en cas maladie d’enfant. La moitié des versements, soit 10 centimes par semaine, sont conservés pour constituer un livret pour la retraite.

Depasse s’exprime à plusieurs reprises entre 1916 et 1918 dans les deux principaux journaux locaux, les hebdomadaires Gazette de l’Est et Voix des communes. Il y évoque sa mutuelle et la société de l’Allaitement maternel, dans laquelle milite son épouse.

En novembre 1919, Depasse est candidat lors des élections municipales de Joinville-le-Pont, sur la liste du Bloc indépendant, conduite par Jules Beauvais. La liste rassemble des conservateurs et des libéraux, qui s’étaient alliés au second tour en 1912 avec les radicaux dissidents et les socialistes pour battre les radicaux-socialistes sortants. Après la guerre, le maire (qui meurt le soir du deuxième tour) n’était pas candidat et son ancien adjoint, Henri Vel-Durand, reprit le flambeau, avec le soutien cette fois des radicaux-socialistes. Devancée au premier tour par la liste Vel-Durand et par les socialistes, le Bloc indépendant se retire avant le second tour et n’a pas d’élu.

Depasse avait obtenu 401 voix pour 1694 suffrages exprimés (23,7%) avec 1715 votants sur 2491 inscrits.

Décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1895, Alphonse Depasse, qui résidait à Joinville et était âgé de 74 ans en 1919, meurt à une date inconnue. Son épouse était toujours active dans des associations humanitaires de la commune en 1928. Ils avaient eu deux enfants.

Le frère d’Alphonse, Hector Depasse (1842-1911), homme de lettres, résidant à Neuilly-sur-Seine, fut conseiller municipal de Paris de 1881 à 1890, chef de cabinet du ministre de l'Instruction publique Eugène Spuller en 1893-1894 puis député de la Seine de 1906 à 1911. Il était membre du groupe radical-socialiste.

Hector Depasse, député de la Seine

 

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 01:01

Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse naît le 27 juin 1845 à Armentières (Nord). Il est le fils de Marie Louise Théry Lucien et de son époux, Auguste Joseph Depasse, régent du collège. En 1850, la famille vit dans la commune voisine de Tourcoing.

Devenu comptable et installé, avec ses parents, à Paris, Alphonse Depasse va s’associer avec Louise Clémence Adeline Spilliaert, originaire de Bergues (Nord), veuve d’Henri Constantin Laridan et fabricante en bonneterie. D’abord représentant en 1875, Alphonse Depasse devient associé de la société V. Laridan et Cie, fondée en 1877, en assure la direction au moins depuis 1881 puis reprend l’ensemble de l’activité à son nom en 1884. L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

En juin 1875 à Paris (3e arr.), Alphonse Depasse avait épousé Fréna Clémence Laridan, fille de sa partenaire d’affaires. À partir de 1881, il va utiliser le nom de Depasse-Laridan pour l’ensemble des activités qu’il mène en rapport avec la bonneterie.

Cette année-là, Depasse-Laridan est secrétaire de la Chambre syndicale de la bonneterie en gros de Paris. Il en devient vice-président entre 1882 et 1886, puis président de 1886 à 1892.

Parallèlement, Depasse-Laridan représente son institution dans le Syndicat général de l'Union nationale du commerce et de l’industrie. Créé en 1866, c’est l’une des plus anciennes organisations patronales en France, après le Groupe des chambres syndicales de l’industrie et du bâtiment (héritier du Groupe de la Sainte-Chapelle, créé en 1821) et du Groupe des syndicats du commerce du bois (remontant à 1826). Le Syndicat général regroupe plus de 90 structures professionnelles. Siégeant au Syndicat général dès 1881, Depasse-Laridan en est secrétaire en 1886 puis vice-président de 1887 à 1891. Enfin, il participe, sans toutefois y exercer de mandat, aux activités de la Chambre syndicale des comptables.

L’activité de Depasse-Laridan dans les organismes professionnels fut très intense. S’attachant à défendre les intérêts économiques des entreprises, il a une préoccupation sociale assez élevée, qui l’amène à se heurter parfois à des patrons ayant une vision plus traditionnelle de leur fonction.

Ses premiers combats, en 1881, sont sur le terrain judiciaire. Il critique le monopole des agréés des tribunaux de commerce, puis plaide pour une refonte du droit des faillites, en faveur d’une limitation des engagements des commerçants sur leur patrimoine privé.

En 1883, il intervient auprès du ministre des postes et télégraphes afin d'obtenir que le prix des colis postaux entre la province et Paris soit le même que pour ceux expédiés en sens inverse, moins chers.

La même année, il défend l’idée qu’il y a une injustice à faire juger les différends entre patrons et employés par les tribunaux du commerce, dans lesquels siègent des représentants des chefs d’entreprises mais pas des salariés, alors que les ouvriers ont accès à des juridictions paritaires avec les prud’hommes. Il revendique donc qu’on élise des représentants des employés dans les Chambres de commerce pour assurer cette représentation. Le projet est contesté par plusieurs de ses collègues, mais Depasse-Laridan obtient leur soutien en assurant qu’il a déjà pour partisans la Chambre syndicale des comptables et le Congrès ouvrier tenu à Lille au mois d'août 1883. Plusieurs journaux, sensibles aux questions sociales, comme Le Globe et La Ville de Paris y sont également favorables. Les patrons du Syndicat général l’adoptent à l'unanimité moins deux voix. L'Union fraternelle des employés approuve encore le projet en avril 1885.

A suivre

 

Partager cet article
Repost0
5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 01:01

Théophile Covin naît le 19 juin 1872 à Paris (11e arr.). Il est le fils d’une alsacienne ayant opté pour la nationalité française, Marie Thérèse Frindel, piqueuse de bottines, et de Stéphane Covin, enfant abandonné à la naissance, devenu mécanicien. Comme ses quatre frère et sœurs plus âgés, Théophile Covin est légitimé par le mariage de ses parents un an pile après sa naissance dans le même arrondissement parisien.

Après des études à l'Institut catholique de Paris, Théophile Covin, devient prêtre en 1898. Il est nommé vicaire à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine) en janvier 1899. Il y dirige la congrégation des sœurs Maronites de la Sainte Famille, qui servent à l’hôpital Notre-Dame du Perpétuel secours.

En juin 1904, il est affecté à une paroisse parisienne, en tant que vicaire à Saint-Lambert de Vaugirard (15e arr.). Il y vit la séparation de l’église et de l’État et affiche son conservatisme politique. Ainsi, il participe en février 1906 à une souscription lancée par le quotidien d’extrême-droite La Libre parole « en faveur des Français arrêtés ou blessés en défendant la liberté de conscience ». En mars 1907, c’est dans le journal catholique La Croix qu’il donne en « hommage aux religieux et aux prêtres persécutés. »

Nommé vicaire à Sainte-Marthe des Quatre-Chemins à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en avril 1907, il est responsable de l'œuvre des hommes. Il devient vicaire de Notre-Dame de Clignancourt à Paris en avril 1911. Il s’y charge notamment de l’éducation religieuse des jeunes filles et des messes funéraires.

Resté dans ses fonctions pendant la première guerre mondiale, l’abbé Covin est nommé curé de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1915, successeur de l’abbé Léon Roger. Il y reste tout juste un an, et c’est son prédécesseur qui reprend son poste tandis que l'abbé Covin prend possession de la cure de Saint-Germain de Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). Pendant cette année, il « s’est efforcé de maintenir les traditions chrétiennes » selon  La Semaine religieuse de Paris. Il était seul prêtre dans la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville, puisque son vicaire était mobilisé, et la population desservie était de 5 000 personnes. Elle est double à Vitry avec trois vicaires.

Théophile Covin va rester curé de Vitry pendant 16 ans. Arrivé au milieu de la première guerre mondiale, il est sensible aux situations humanitaires, étant par exemple membre du comité local de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) en 1924.

Comme dans ses fonctions antérieures, l’abbé Covin défend des opinions conservatrices. Ainsi, en mars 1925, l'abbé Covin préside une réunion de 600 catholiques de Vitry-sur-Seine, selon La Croix, « Pour les libertés catholiques », assisté du colonel Philippe et de M. Rouilly, ingénieur. Le conférencier est l’essayiste Joseph Santo (1869-1944), militant catholique et monarchiste, auteur d’ouvrages sur la question juive et très opposé à la franc-maçonnerie. Il avait été conseiller municipal de Nancy. Pendant la rencontre, J. Santo demande « pour les religieux anciens combattants, la place que les défaitistes d’hier tentent de leur refuser » et appelle à défendre les Sœurs de Charité « qui se dépensent sans compter dans la banlieue parisienne et que les sectaires veulent persécuter. »

A suivre

Couverture d'un livre de Joseph Santo : "Le communisme? jamais! jamais! jamais!"

 

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 01:01

Henri Drevet naît le 13 janvier 1886 au Mans (Sarthe). Il est le fils d’un journalier, Félix Auguste Drevet, et de son épouse, Marie Désirée Bidault. Après que son père ait abandonné le domicile, c’est sa mère qui va l’élever – elle obtient le divorce en avril 1890,.

Devenu tapissier, Henri Drevet épouse en janvier 1910 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Blanche Marie Thérèse Berthelot, couturière, fille d’un syndicaliste qui s’est suicidé suite à la perte de son emploi dans une maison de bourse, Émile Berthelot. Ils s’installent dans la commune en 1912.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Drevet est décoré de la croix de guerre.

Les élections municipales de mai 1935 à Joinville sont la première occasion d’un engagement politique public d’Henri Drevet. Il rejoint la liste du groupement des gauches républicaines, qui avait obtenu 22 élus sur 27 en 1929, derrière Georges Briolay, tapissier lui aussi et maire sortant radical-socialiste. La liste de la municipalité sortante a perdu le soutien du parti socialiste SFIO, qui la soutenait lors du scrutin précédent, et comprend des socialistes indépendants en plus des radicaux-socialistes. Elle présente un bilan mitigé, assurant que, pour réaliser d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement elle a dû augmenter les impôts communaux. Elle attribue cet effort à l’aggravation des charges imposées à la ville en période de crise économique (contingent incendie, chômage, moins-values sur les recettes). Le programme de la liste propose, outre la création de squares et l’assainissement, de faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Les investissements principaux prévus sont construction d’un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis et l’agrandissement de deux des écoles existantes.

Devancée au premier tour par la liste de l’Union des républicains, les candidats de centre-gauche seront également distancés au second tour par la fusion des communistes et des socialistes SFIO et n’obtiendront aucun siège. Drevet remporte 766 suffrages exprimés sur 2 856 au premier tour (26,8%) pour 2 923 votants et  3 433 inscrits. Au second tour, il recule à 571 voix sur 2 899 votes valables (19,6%) et 2 924 votants.

Tandis que bien des élus sortants cessent leur activité, Drevet devient au contraire secrétaire du comité de Joinville de la Fédération radicale et radicale-socialiste du canton de Saint-Maur, dont Gabriel Vélard, miroitier, est le président, pendant toute la période du Front populaire. Le 18 mars 1938, après un débat sur l’annexion de l’Autriche au sein de la Fédération cantonale, c’est Drevet qui fait voter un ordre du jour de « confiance au gouvernement pour défendre la cause de la paix. »

La participation d’Henri Drevet à la résistance à l’occupation allemande est attestée par le fait qu’il préside le comité local de Libération, où il représente le mouvement Ceux de la Résistance. Il est également président du Comité joinvillais de la renaissance française. L’arrêté du 26 septembre 1944 le nomme en tant que vice-président de la délégation spéciale, faisant fonction de troisième adjoint au maire. Il siège dans la municipalité conduite par le communiste Robert Deloche, qui comprend également un autre communiste, André Malcouronne, un deuxième radical, François Decrombecque, et un socialiste, Léon Berthet.

Lors des premières élections municipales de la 4e République, en mai 1945, la municipalité sortante est reconduite. Maurice Thorez, vice-président du gouvernement Félix Gouin et secrétaire général du parti communiste français, vient en septembre 1946 faire un discours où, selon L’Aube nouvelle, il « exalte l’école laïque et définit une politique gouvernementale » après le départ du général de Gaulle. Le journal communiste estime les participants à près de 5 000 personnes dans le gymnase Jules-Ferry. Si c’est la maire qui accueille le dirigeant communiste, c’est Drevet, adjoint au maire et secrétaire du patronage laïque, qui est chargé de faire l’allocution introductive. Il indique comment le patronage à peine ouvert avait connu un afflux considérable avec 450 inscriptions en quelques jours. Selon lui, ceci montre « combien cette réalisation municipale correspondait à une nécessité et quelle sympathie elle rencontrait dans la population. »

Au cours des élections municipales de novembre 1947, la liste d’Union républicaine et résistante rassemble les communistes, les radicaux et d’autres personnalités de gauche. Elle obtient un peu moins de voix, mais 11 élus, soit autant que la lise du Rassemblement populaire français (RPF, gaulliste) ; c’est l’unique élu socialiste SFIO qui, en ralliant les communistes et les radicaux, permettra de reconduire une nouvelle fois la municipalité. Le RPF recueillait 3 066 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44%), les communistes et radicaux 3 017 (43,2%) et les socialistes 452 (6,8%).

En raison de dissensions avec le maire, Robert Deloche, Drevet démissionne de son mandat d’adjoint le 2 octobre 1950, puis quitta ses fonctions de conseiller municipal le 10 octobre de la même année. Il résidait alors place de Verdun, sur la rive gauche de la Marne.

Henri Drevet meurt le 3 septembre 1966 à Chartres (Eure-et-Loir). Il était âgé de 80 ans.

Cérémonie de la Libération à Joinville

 

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 01:01

Louis Marie Auguste Émile Albinhac naît le 1er août 1876 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Marie Antoinette Virginie Céline Belvaux et de son époux Louis Alexandre Albinhac, employé.

Ordonné prêtre en 1904, il va être affecté au clergé paroissial dans le diocèse de Paris, parfois en banlieue, mais principalement à Paris. Il est d’abord nommé vicaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il assiste l’abbé Amédée Lassier, curé de la paroisse Saint-Charles-Borromée qui venait prendre la succession de l’abbé Alfred Roustan, mort en fonction.

La paroisse compte un seul vicaire et Louis Albinhac prend la suite de l’abbé Husson dans cette fonction. Pendant cette période, les deux prêtres vont vivre la séparation de l’église et de l’État en 1905. Les opérations d'inventaire des biens contenus dans les églises se déroulent à Joinville le 19 février 1906 ; elles ont lieu sans incident, alors que dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, des catholiques ont empêché l'agent du fisc d'accomplir sa mission. Par décret du 20 mai 1912, les biens inventoriés furent partagés entre la ville et son bureau de bienfaisance.

En février 1908, l’abbé Seneuze devient vicaire de Joinville tandis que Louis Albinhac a été nommé vicaire à Saint-Jean l'Évangéliste de Montmartre (Paris, 18e arr.). Il y reste peu, car dès octobre, il devient vicaire à Saint-François Xavier, toujours à Paris (7e arr.).

En août 1914, Albinhac est mobilisé avec le grade de caporal au 64e régiment d’infanterie territoriale (RIT). Il devient sergent en décembre, est transféré en décembre 1915 au 81e RIT, où il est promu sous-lieutenant en juin 1916. En septembre cette année-là, il est cité à l’ordre de la brigade : « Officier très méritant, a montré beaucoup de bravoure et de sang-froid en organisant sa tranchée, attaquée par une patrouille ennemie qui laissa entre nos mains deux prisonniers. »

Devenu adjoint au chef de bataillon en mai 1917, Albinhac passe au grade de lieutenant en juin 1918 et est démobilisé le 25 janvier 1919. Son parcours est inscrit dans le Livre d'or du clergé et des congrégations 1914-1922, paru en 1925.

Au début de la guerre, Louis Albinhac avait séjourné à Baccarat au domicile de la famille Sigvard, qui raconte ainsi la situation dans cette petite ville très proche de la ligne de front : « Nous vivions toujours sous la menace de voir revenir les allemands. Nous avons dû déménager nos matelas pour aller nous installer sous les fours de la Cristallerie, dans de grandes galeries souterraines. C’était obligatoire durant les nuits. Les matelas étaient alignés par quartier, avec un responsable. Et, chaque matin, nous rentrions déjeuner à la maison. Parce que si nous n’étions pas rentrées, la maison pouvait être réquisitionnée pour loger des soldats de l’armée française. Surtout depuis l’annonce de l’arrivée des américains. De toute façon, il fallait déclarer les pièces que nous avions libres. Nous avons logé un aumônier militaire, l’Abbé Albinhac. Il était curé de Saint-François-Xavier de Paris. »

Après-guerre, l'abbé Albinhac reprend son service pastoral à Saint-Jean de Montmartre. Il célèbre notamment deux messes en 1920 pour la Ligue patriotique des Françaises, association féminine proche à sa fondation de l’Action libérale populaire puis réorientée vers l'éducation sociale, les interventions de bienfaisance et l'action sociale.

En octobre 1922 l'abbé Albinhac devient vicaire à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis à l’église de l'Immaculée-Conception à Paris (12e arr.) en avril 1924. En mars 1929, il retourne à Saint-François-Xavier comme premier vicaire. Dans cette paroisse d’un des quartiers les plus huppés de Paris, il célèbre des cérémonies mondaines, comme les obsèques de la marquise de Montebello en février 1930, du marquis de Moy de Sons en mars 1932, du comte Edgard de Villefranche en novembre la même année ou du baron Jurien de la Gravière en novembre 1933.

En mai 1933, l'abbé Albinhac avait également conduit la cérémonie mortuaire du chanoine Paul Coqueret, ancien aumônier de la 60e division d’infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre et curé de l'église de l’Immaculée-Conception, dont il était l’exécuteur testamentaire.

Après 19 ans passés à Saint-François-Xavier, le père Albinhac va consacrer 18 ans à une paroisse beaucoup plus populaire, Saint-Antoine des Quinze-Vingts Paris (12e arr.). Il y est nommé curé en mai 1934. Lors de la fête corporative de l'Union catholique du personnel des chemins de fer, en juillet de cette année, on assure qu’il est appelé « curé du P.-L.-M. », la compagnie qui gère la liaison ferroviaire Paris-Lyon-Marseille depuis la gare de Lyon. Il est présent au banquet du cinquantenaire des syndicats chrétiens, organisé par la CFTC en octobre 1937.

L’activité militaire d’Albinhac fait qu’il est partie prenante de la constitution, en mai 1936, avec 50 autres religieux de l’association des Prêtres anciens combattants (PAC), une organisation présidée par le chanoine Filleux, curé de Saint-Louis de Vincennes et dont l'abbé Albinhac est trésorier. L’association organise notamment des congrès-pèlerinage, à Lourdes en 1936 puis à Vienne (Autriche) en 1937. En lien avec cette fonction, le curé organise plusieurs cérémonies commémoratives. Il est nommé chanoine honoraire en janvier 1938.

Un service à la mémoire des disparus du sous-marin Phénix, qui coule au large de l’Indochine le 5 juin 1939, est organisé en juillet de cette année à la demande du Parti social français (PSF), pour honorer André de Saint-Martin, un de ses membres ; le colonel François de la Rocque, fondateur du parti d’extrême-droite, y participe. Le chanoine Albinhac célèbre la messe dans son église.

L’abbé Louis Albinhac meurt le 22 juillet 1952 à Paris (12e arr.). Il était âgé de 75 ans et toujours titulaire de la cure de Saint-Antoine des Quinze-Vingts.

Saint-Antoine des Quinze-Vingts, photo MBZT, Wikipédia

 

Partager cet article
Repost0
23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 01:01

Joseph Marie Moutardier naît le 21 septembre 1877 à Sens (Yonne). Il est fils d’Eulalie Bertrand, lingère, et de son mari Edme René Moutardier, domestique puis tanneur.

Devenu serrurier et résidant alors toujours chez ses parents à Sens, Moutardier épouse en septembre 1899, à Paris (11e arr.), Louise Mathilde Vaillant, domestique. Ils reconnaissent à cette occasion un enfant né en mai 1898 dans le même arrondissement. Leur divorce sera prononcé en mars 1917.

C’est en février 1903 que Joseph Moutardier devient professeur de serrurerie à l'école Diderot à Paris.

Ayant reçu son permis de conduire des véhicules automobiles en avril 1905, il est mobilisé dans le 5e escadron du Train comme conducteur automobile en août 1914 ; il est détaché dans une usine comme ouvrier en mai 1915 et y reste jusque février 1919.

Suite à sa séparation juridique avec sa première épouse, Joseph Moutardier se remarie en mai 1918 à Paris (20e arr.) avec Gabrielle Céline Maillot

Après la première guerre mondiale, il est professeur d'enseignement technique à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il a fixé son domicile rue Vautier. Il s’établira ensuite en 1925 rue Chapsal, toujours dans le quartier du centre de la commune.

L’activité politique publique de Moutardier est documentée à partir de 1924. Le 5 janvier de cette année-là, il préside une réunion de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui ambitionne d’assurer un groupement des gauches, autour des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Alors que les bords de Marne subissent leur plus forte inondation après celle de 1910, Moutardier qui se présente comme un « plongeur par nécessité », écrit une lettre ouverte à Yves Le Trocquer, ministre des travaux publics, pour se plaindre que les mesures prises pour préserver Paris des inondations ont eu pour conséquence d’inonder les riverains de la Marne et de la Haute Seine. En janvier 1925, Moutardier est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste radicale-socialiste, mais la majorité municipale de droite l’emporte. Lors des élections municipales de mai 1925, Moutardier est probablement présent sur la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay ; elle recueille 28,4 % des suffrages exprimés, devant les communistes, 21,1 % et dernière l’Union républicaine (droite), 47,5%. Au second tour, malgré le retrait des communistes, la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 27 sièges à pourvoir.

Moutardier est élu, en décembre 1928, trésorier du comité radical-socialiste de Joinville dont Féret est le président.

Lors des élections municipales de mai 1929, Moutardier figure de nouveau sur la liste de concentration des gauches conduite par Georges Briolay, comprenant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste de gauche arrive en tête, devant la liste d’Union républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui a remplacé Henri Vel-Durand, décédé en cours de mandat, et la liste communiste conduite par Bénenson. Moutardier obtient 795 voix sur 1 715 votants (46,2%) pour 2 491 électeurs inscrits. Au second tour, la liste des gauches obtient 22 sièges, contre 5 à celle de la municipalité sortante et aucun aux communistes.

Moutardier devient le quatrième adjoint du nouveau maire, Georges Briolay (radical), aux côtés de Maxe, Scornet (socialiste indépendant) et Roger (socialiste SFIO).

En l’absence de Briolay, malade, c’est Moutardier, trésorier, qui assure la présidence du comité radical-socialiste le 26 janvier 1931. Il est réélu à la même fonction et il en est de même en janvier puis en novembre 1933.

Au cours d’un conseil municipal le 18/12/1934, Moutardier défend un vœu pour qu’il soit interdit aux commerçants de vendre des produits sans rapport avec l’activité principale exercée.

Maxe s’étant retiré et Scornet étant décédé, Moutardier figure en troisième position sur la liste de la municipalité sortante, derrière Briolay et Roger, devenu socialiste indépendant, pour les élections municipales de mai 1935. Elle fait face à une liste de droite, à une liste socialiste SFIO et à une liste communiste.

Le groupement des gauches républicaines met en avant son bilan, revendiquant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement, dont l’installation d’un éclairage public, qui justifient l’augmentation des impôts, également liée à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Leur programme s’oppose à celui de la liste de droite, soulignant qu’une « réduction d’impôts, au demeurant assez modeste, ne serait possible que par le retour à la politique du moindre effort ». La liste préconise de faire  pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et veut réaliser des cours de natation d’aviron gratuits pour les élèves.

Au premier tour, la liste radicale arrive en seconde position, distancée par l’Union républicaine (droite). Moutardier obtient le meilleur score parmi ses colistiers, avec 807 voix pour 2 856 suffrages exprimés (28,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, après la fusion des listes communiste et socialiste, la liste radicale échoue. Recueillant 646 voix pour 2 899 suffrages exprimés (22,3%) et 2 924 votants, Moutardier est une nouvelle fois très nettement devant les autres candidats radicaux-socialistes. La liste de droite obtient 25 sièges, complétée par deux élus communistes et Émile Lesestre est élu maire.

Refusant de suivre la majorité des radicaux-socialistes, Moutardier prend part à la création à Joinville, le 11 mars 1936, d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, radical dissident, contre un candidat radical-socialiste officiel, Gabriel Vélard. L’ancien maire, Georges Briolay, et une grande partie du comité radical soutiennent également Chéron, comme Herluison, ancien président du comité radical-socialiste de Joinville. Chéron est battu par le communiste André Parsal.

Depuis son installation à Joinville, Moutardier a exercé des responsabilités dans plusieurs associations locales. En septembre 1929, il devient président de la société de pêche Le Gardon de Joinville. Il est administrateur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1933 et le reste en 1938. Moutardier exerce la même fonction au sein de la caisse des écoles en 1935.

La Chorale de Joinville est fondée en novembre 1930 par Moutardier, qui la préside, compte 30 participants à son démarrage, 40 un an plus tard et 50 l’année suivante. Elle s’appuie sur les directeurs d’écoles, notamment sur Demeester de l’école de garçons du Centre, qui la dirige. Moutardier préside toujours la chorale en 1938.

Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole, mentionnait, en mai 1912, l’appartenance de Moutardier à la franc-maçonnerie, signalant qu’il était membre de la loge lsis-Montyon, affiliée au Grand-Orient de France.

Décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en août 1913 puis officier de l’instruction publique en juin 1923, Moutardier avait également reçu une mention honorable pour son rôle dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1936.

Joseph Marie Moutardier meurt le 12 avril 1958 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 80 ans et avait eu un enfant de chacun de ses deux mariages.

 

Partager cet article
Repost0
14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 01:01

Paul Eugène Henry Jodelay naît le 5 avril 1884 à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est  fils d’Alix Jeanne Charlot, couturière, et de son époux Eugène Jean Baptiste Paul Jodelay, piqueur des ponts et chaussées.

Embauché en décembre 1899 par la préfecture de la Seine, à l’âge de 15 ans, Paul Jodelay y travaille comme commis dessinateur au service des chemins de fer métropolitains. Il est en 1920 au Service de la voie publique, du nettoiement, de l'éclairage et des plantations puis en 1921 au service d'Architecture. Il réussit le concours de conducteur des travaux de Paris en 1927, affecté au bureau de la comptabilité de la direction des services d'Architecture et des Promenades.

Ayant effectué un service militaire en 1903-1904, Paul Jodelay est lieutenant de réserve en 1934. Son frère, Jean Isidore, a été tué pendant la première guerre mondiale.

Installé avec ses parents dans le Bois de Vincennes à la Ferme de la Faisanderie de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902, Jodelay dispose d’un logement personnel dans la commune, rue de Paris, en 1909. Il se marie en avril de cette année à Paris (19e arr.) avec Rachel Amélie Massé, puis est veuf dès novembre 1911. Il se remarie avec Lucie Isabelle Guillaume.

Le club cycliste Joinville Sportif confie en avril 1924 le poste de secrétaire général à Jodelay, en remplacement de René Henri Graillat. Ses deux frères, Eugène et Henri, seront eux-aussi administrateurs du club. Il est vice-président en 1929 et réélu à ce poste en octobre. Il en est le président en 1933.

C’est sans doute son père Eugène Jodelay (mais ce peut également être Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, Paul Jodelay est candidat sur la liste des républicains indépendants, proche de la majorité municipale de cartel des gauches, et menée par Antoine Liou. Elle s’oppose à une liste de concentration républicaine, plus marquée à droite, et à deux listes communiste et socialiste. Jodelay recueille 602 voix sur 2 297 suffrages exprimés (26,2%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour devant celle de concentration républicaine.

L’année suivante, avec les élections municipales générales de mai 1935, Jodelay rejoint la liste de l’Union des républicains, dont Frédéric Bautsch est le promoteur. Face à la municipalité sortante de centre-gauche, dirigée par Georges Briolay, et aux listes communiste et socialiste, l’Union des républicains, nettement marquée à droite, est en tête au premier tour. Jodelay obtient 937 voix sur 2 856 suffrages exprimés (32,8%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Elle emporte au second tour, marqué par l’union des candidatures de gauche, 25 des 27 sièges à pourvoir, les communistes en ayant deux. Jodelay est élu après avoir enregistré 1 171 voix sur 2 899 suffrages exprimés (40,4%) pour 2 924 votants. Emile Lesestre est élu maire.

Paul Eugène Jodelay décède le 6 décembre 1936 à Joinville. Il était âgé de 52 ans et veuf de sa deuxième épouse depuis mars 1934. Il vivait dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Son fils Roger Eugène Paul (né en 1913), orphelin, obtient un secours du conseil municipal de Paris 1937. Sergent pendant la deuxième guerre mondiale, il est fait prisonnier et détenu au camp de Charleville dans les Ardennes françaises. C’est probablement lui qui, ingénieur chimiste, rejoint en 1958 l’Association des anciens de la météorologie militaire. Est-ce lui le Roger Jodelay, décorateur de cinéma sur plusieurs films (La Communication, de Domingue Rollin ou Topaze, de Marcel Pagnol) et productions télévisuelles (Vieille France d’André Michel  ou Les Enquêtes du commissaire Maigret) ?

Paul Jodelay était titulaire de plusieurs décorations : médaille d’honneur communale en décembre 1927, chevalier du Nichan el-Anouar au titre de l’exposition coloniale en mai 1933, médaille d'argent de l’éducation physique en septembre 1934.

Le bureau de Joinville Sportif en 1933

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens