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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 00:01

Début de la biographie de Marius Ceretti

Jacques Marius Ceretti naît le 3 février 1900 à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Marie Florence Élise Bruschera et de son mari Jacques Victor (ou Trevor) Paul Ceretti, monteur en cuivre. Les parents sont italiens, originaire du village d’Intra, de la commune de Verbania, au bord du lac Majeur dans le Piémont ; ils sont venus en région parisienne au milieu des années 1890. Lui-même est donc italien à la naissance et deviendra français à sa majorité. Les prénoms familiaux sont tous francisés.

Jacques et Marie Ceretti

Devenu chaudronnier-tôlier, Marius Ceretti aurait été mobilisé probablement fin 1918 ou début 1919, si la première guerre mondiale n’avait pas cessé ; son frère Alphonse François Joseph Ceretti est tué à Petegem-aan-de-Leie, en Flandre Orientale (Belgique) en décembre 1918. Après un séjour à Aarsele (act. Tielt, Flandre, Belgique), probablement pour le rapatriement du corps de son frère, il est convoqué au service militaire en octobre 1920 dans le 4e bataillon de chasseurs, mais il est réformé dix jours plus tard pour une entérite et un « état général médiocre ». Il sera finalement dispensé de service.

Associé avec son frère aîné Pierre François, Marius Ceretti développe une activité de fumisterie et chauffage et s’implante également dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, où ils obtiennent par exemple en 1927 l’entretien des bâtiments communaux. La société Ceretti Frères, basée à Saint-Maurice, est fondée en avril 1929. Ils s’associent avec un autre italien d’origine, M. Zancarini dans une nouvelle structure, la Société Française de tôlerie industrielle, basée toujours à Saint-Maurice, mais l’entreprise commune est dissoute en juin 1935, chacun des associés reprenant sa part de la clientèle. En octobre 1934, Marius Ceretti avait été condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à une amende de 25 francs pour « emploi d’étranger sans carte de travailleur. »

Marié en février 1924 à Saint-Maurice avec Germaine Poulain, Marius Ceretti va se lancer cette même année dans une action politique publique.

Germaine Ceretti, née Poulain

Début avril 1924, au nom de « la section de Saint-Maurice nouvellement reconstituée » du parti socialiste SFIO, Ceretti lance « un pressant appel à tous les camarades qui désirent reprendre leur place de lutte dans la vieille maison du Parti SFIO ». La réunion constitutive est convoquée pour le 14 avril. En mai, le Cartel des Gauches se met en place dans le canton de Charenton-le-Pont. Le bureau est présidé par le docteur Thévenin, républicain socialiste et comprend également des représentants du parti radical-socialiste, de l’Union socialiste-communiste (USC) et du parti socialiste SFIO. Ceretti est membre du bureau, au nom de la SFIO de Saint-Maurice.

Lors de l’élection municipale de mai 1925, Ceretti n’est pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste, incomplète, arrive en quatrième position avec 15,%, derrière les communistes à 18,6%, le Comité républicain radical-socialiste à 20,1% et l’Union républicaine de droite à 48,9%. La SFIO n’a pas d’élu. Ceretti joue un rôle important dans la section SFIO, probablement comme secrétaire. Il la représente au sein de la commission de contrôle et propagande de l’Union des sections du canton de Charenton en 1928.

Le nom de Ceretti est aussi associé à celui de la section de Joinville-le-Pont, voisine, par exemple pour des souscriptions en février 1928 et mai 1930.

Au cours de l’élection municipale de mai 1929, Ceretti n’est toujours pas candidat à Saint-Maurice. La liste socialiste obtient environ 13,3% et n’a pas d’élu. M. Ternois, radical, est élu maire.

En tant que membre du conseil de la fédération SFIO de la Seine, où il représente Saint-Maurice, Ceretti s’oppose, en compagnie de Jean Longuet et de la majorité fédérale à l’exclusion de la section d'Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne), accusée d’avoir maintenu ses candidats au deuxième tour de scrutin lors des élections municipales, malgré l'avis contraire de la Fédération.

En septembre 1932, M. Ceretti signe, dans le quotidien socialiste Le Populaire, une tribune attaquant la municipalité de Saint-Maurice et son maire radical, Désiré Louis Léon Ternois, qui « dernièrement a jugé utile de se jeter dans les bras de la réaction ». Il lui reproche son attitude envers les chômeurs de la commune : six chômeuses, envoyées pour du travail aux pièces avec un « salaire dérisoire » auprès d’un industriel ayant refusé cet emploi sont radiées par la commission paritaire du chômage, présidée par le maire. Ceretti remarque qu’il n’en est pas ainsi dans les autres municipalités. En octobre 1932, Ceretti préside la réunion du Comité exécutif de l’Union des sections SFIO du canton de Charenton.

À suivre

Marius Ceretti

 

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 00:01

Jean Baptiste Guiot naît le 9 octobre 1839 à Pragelas (act. Pragela), commune montagnarde et francophone de la province de Turin, dans le Piémont italien. Il est le fils de Marianne Blanc et de Jean Baptiste Guiot, dit Guiot-Bourg son mari.

Jean Baptiste Guiot, qui dispose de la nationalité française, épouse en décembre 1863 à Paris (2e arr.) Catherine Schaldenbrand, ouvrière en châles, originaire de Flaxlanden (Haut-Rhin). Il exerce alors le métier d’employé de commerce et réside 12, rue Beaurepaire à Paris (10e arr.). Dès 1865, il exerce la profession de fabricant de peignes, d’abord à Paris puis, avant 1885, à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) où il ouvre un atelier dans le quartier de Polangis, rue du Plateau. Il réside dans la partie joinvillaise du même quartier, avenue Jamin.

Son épouse, qui opte en 1872 pour la nationalité française, et lui-même auront une fille, Léontine, qui épousera en août 1885 à Joinville-le-Pont Emmanuel Laforest, lequel sera le collaborateur puis le successeur de Guiot dans l’exploitation de la fabrique de peignes.

Le quartier de Polangis, loti à partir de 1883 dans le parc du château éponyme, compte en 1891 plus de 80 habitants sur les 4 320 de la commune. Les deux listes en présence lors des élections municipales de mai 1892 vont solliciter Guiot. Il refuse de rejoindre celle, classée à droite, conduite par le Dr Jean Barborin et Albert Bocquentin. Il rejoint la liste du maire sortant, Eugène Voisin, soutenue par le comité radical-socialiste. La liste conservatrice n’aura qu’un seul élu sur 23 (Honoré Moulinet), tandis les 22 autres sièges sont occupés par les radicaux. Guiot, qui est donc le premier polangeois élu au conseil municipal, est élu au second tour.

Dans le journal radical régional Voix des communes, Henry Vaudémont décrit ainsi le contexte municipal : « Le vieux Joinville [c’est-à-dire le centre-ville, sur la rive droite de la Marne] accorde au nouveau huit conseillers. Il en aura donc deux à choisir [en plus des 6 sortants qui se représentent]. Dès à présents les électeurs militants semblent avoir jeté les yeux sur MM. Guiot et Villain. (…) Quant à M. Guiot, je le connais personnellement et le tiens en grande estime. C’est un vieux et sincère républicain, car il l’était déjà sous l’empire. Il habite l’avenue Jamin et représentera Polangis, qui a pris assez d’extension, depuis un certain temps, pour avoir droit à un mandataire. Signe particulier : a refusé de faire partie de la liste Barborin. »

Après l’explosion de l'usine du Bi-Métal à Joinville en octobre 1895, Guiot organise avec François Blaize, coopérateur et lunettier, une quête en faveur des familles des ouvriers touchés par la catastrophe et rend compte, en novembre, de la gestion des fonds recueillis en faveur des victimes.

Il est désigné comme électeur sénatorial en mars 1896 et le sera e nouveau à deux reprises en 1899.

Lors des élections municipales de mai 1896, la liste Eugène Voisin est élue sans concurrence. Guiot est réélu dès le premier tour. Il n’est pas candidat en 1900.

Guiot et sa femme vendent, en août 1906 l’entreprise de peignes à leur fille et à leur gendre. Son épouse va vivre avec ces deux derniers à Champigny, tandis que Jean Baptiste Guiot va s’installer au Havre (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Sans doute attiré par les bateaux, il vit rue Frédéric-Lemaître, à quelques dizaines de mètres du port, dont il fréquente les pilotes.

Jean Baptiste Guiot meurt le 31 mars 1914 au Havre. Il était veuf depuis octobre 1911 et âgé de 74 ans.

Son gendre, Emmanuel Laforest, a siégé également au conseil municipal de Joinville (1904-1908).

Mineurs au col de Pragela vers 1900

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 01:01

Pierre Antoine Lucchi naît le 16 février 1906 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Francesco Lucchi, ouvrier tréfileur et de Louise Maraffi, ouvrière.

La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives.

Pierre Lucchi épouse en février 1927 à Joinville  Marcelle Andrée Duchène. Il vit alors dans le quartier du Canal.

Il s’engage dans la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale. Son activité est homologuée au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

La date de son décès n’est pas connue.

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 01:01

Jacques Lucchi naît en 1895 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il est le fils de Francesco Lucchi et de Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec ses parents ainsi qu’une partie de sa famille, comme sa tante Jeanne ou son oncle Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Jacques. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

Jacques Lucchi travaille d’abord comme manœuvre pour divers employeurs. Après la première guerre mondiale, il est chauffeur-mécanicien.

Il s’engage d’abord dans la Jeunesse communiste et devient en février 1922 le nouveau secrétaire de la section locale de Joinville. Jacques Lucchi adhère également à l’Union syndicale des travailleurs de la métallurgie de la Cgtu. Il est membre de la section locale du Secours rouge international.

Son activité principale se situe dans le mouvement sportif. Il est un des responsables du Club sportif ouvrier de Saint-Maur-Joinville (CSO), adhérent à la Fédération sportive du travail. Il est nommé arbitre officiel pour le football en 1925.

De nationalité italienne, Lucchi est informé par la police en février 1926 qu’il fait l’objet d’un mandat d'expulsion. Le quotidien communiste L’Humanité va mener une virulente campagne en sa faveur, publiant sa photo en Une du journal le 19 février. Les organisations proches du Pcf multiplient les appels et réunions publiques, reprochant aux autorités du Bloc des gauches, au pouvoir, de se montrer plus réactionnaire que les gouvernements précédents. Les communistes craignent que Lucchi « remis entre les mains des assassins ultramontains. »

Pendant que se déroule les actions en sa faveur, Jacques Lucchi, gravement malade, est hospitalisé à Brévannes (Seine-et-Oise, act. Val-de-Marne). Il meurt le 24 janvier 1927 à Joinville. Il avait épousé à Joinville en août 920 Marie Louise Aubignat.

Après sa disparition, des collectes sont organisées dans les clubs sportifs en faveur de sa famille. Un challenge est créé à son nom au sein du CSO Saint-Maur-Joinville lors de tournois de jeunes sportifs ouvriers ; il est attribué en avril 1927 et 1928. Le club, rebaptisé ASO, met en jeu de nouveau un challenge Jacques Lucchi, mais cette fois-ci pour ses concours annuels de boules, en 1936 et 1937.

Ses deux frères, Jean et Pierre, auront comme son père un engagement politique ou social.

Jacques Lucchi

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 01:01

Jean Lucchi naît vers 1895 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il est le fils de Francesco Lucchi et de Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec ses parents ainsi qu’une partie de sa famille, comme sa tante Jeanne ou son oncle Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Jean. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

François Lucchi travaille à l’usine métallurgique du Bi-Métal de Joinville.

Comme son père, il s’engage, le 19 janvier 1910, dans la grève de organisée par l’Union des métallurgistes Cgt et dirigée par Gaspard Ingweiller, secrétaire du syndicat. Le mouvement, qui va durer 101 jours, est suivi par 206 des 215 ouvriers de l’usine qui demandent une augmentation des salaires.

Le conflit est violent, les grévistes s’opposant à l’embauche par la direction d’ouvriers pour entretenir les machines. Il se déroule par ailleurs en plein dans l’inondation de la rivière Marne, qui atteint cette année-là son niveau record et recouvre une grande partie du territoire de Joinville et des villes voisines.

Le 17 mars, une centaine de personnes attaquèrent les ouvriers graisseurs qui se rendaient à leur travail. Au cours de la bagarre, des coups de feu furent tirés et six des assaillants furent arrêtés, dont Jean Lucchi et son père François. Une grande effervescence règne toute la journée, avec l’intervention de métallurgistes d’autres usines, comme ceux de La Canalisation électrique à Saint-Maurice ou des ouvriers de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant qu’il est en détention provisoire, de santé de sa sœur Maria (17 ans) se dégrade. Malgré un certificat médical attestant de la gravité de la situation, le père et le frère n’obtiennent pas leur mise en liberté provisoire. Ils ne sont autorisés à sortir que deux heures après le décès de la jeune fille. Le quotidien socialiste L’Humanité fait sa Une de cet incident, qu’il qualifie de crime.

Les six prévenus comparaissent le 12 avril 1910 devant le tribunal correctionnel de la Seine pour « entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers et port d'arme prohibée ». Jean est acquitté comme « ayant agi sans discernement » tandis que son père François Lucchi est condamné à deux mois de prison.

La grève prend fin le 30 avril, les ouvriers obtenant une satisfaction partielle de leurs revendications.

Jean Lucchi est toujours tréfileur en 1921 mais il se présente également comme artiste. Il épouse en mai 1921 Marie Thérèse Léontine Icole, plumassière. La date de son décès n’est pas connue.

Ses deux frères, Jacques et Pierre, auront comme son père un engagement politique ou social.

Usine Bi-Métal Joinville

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 01:01

Francesco Lucchi naît en 1867 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Louise Maraffi.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et ses fils Jean et Jacques ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère Joseph, lui aussi accompagné de sa femme et de sa fille. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler François. La famille Lucchi sera active dans la vie publique à Joinville, notamment François et Jean dans le syndicalisme, Jacques dans la vie politique et les associations sportives et Pierre dans la Résistance.

François Lucchi travaille comme manœuvre à l’usine Bi-Métal à Joinville-le-Pont.

Il s’engage, le 19 janvier 1910, dans la grève de organisée par l’Union des métallurgistes Cgt et dirigée par Gaspard Ingweiller, secrétaire du syndicat. Le mouvement, qui va durer 101 jours, est suivi par 206 des 215 ouvriers de l’usine qui demandent une augmentation des salaires.

Le conflit est violent, les grévistes s’opposant à l’embauche par la direction d’ouvriers pour entretenir les machines. Il se déroule par ailleurs en plein dans l’inondation de la rivière Marne, qui atteint cette année-là son niveau record et recouvre une grande partie du territoire de Joinville et des villes voisines.

Le 17 mars, une centaine de personnes attaquèrent les ouvriers graisseurs qui se rendaient à leur travail. Au cours de la bagarre, des coups de feu furent tirés et six des assaillants furent arrêtés, dont François Lucchi et son fils aîné Jean. Une grande effervescence règne toute la journée, avec l’intervention de métallurgistes d’autres usines, comme ceux de La Canalisation électrique à Saint-Maurice ou des ouvriers de Montreuil (Seine, act. Seine-Saint-Denis).

Pendant qu’il est en détention provisoire, de santé de sa fille Maria (17 ans) se dégrade. Malgré un certificat médical attestant de la gravité de la situation, le père et le frère n’obtiennent pas leur mise en liberté provisoire. Ils ne sont autorisés à sortir que deux heures après le décès de la jeune fille. Le quotidien socialiste L’Humanité fait sa Une de cet incident, qu’il qualifie de crime.

Les six prévenus comparaissent le 12 avril 1910 devant le tribunal correctionnel de la Seine pour « entraves à la liberté du travail, outrages aux agents, infraction à la loi sur les étrangers et port d'arme prohibée ». François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; son fils Jean est acquitté comme « ayant agi sans discernement. »

La grève prend fin le 30 avril, les ouvriers obtenant une satisfaction partielle de leurs revendications. François Lucchi avait appel de sa condamnation, mais elle est confirmée par la cour d’appel en novembre 1910.

François Lucchi, qui avait repris son activité à l’usine Bi-Métal, meurt le 28 décembre 1918 à Joinville-le-Pont. Il était âgé de 51 ans et avait trois fils, qui auront tous un engagement politique ou social.

Usine du Bi-Métal

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 01:01

Giuseppe Lucchi naît le 11 juillet 1874 à Berceto (Italie), commune de la province de Parme, région Émilie-Romagne. Il y épouse Delphine Cavalli.

Lucchi s’installe vers 1903 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec sa femme et sa fille Louise ainsi une partie de sa famille, comme sa sœur Jeanne ou son frère François, lui aussi accompagné de sa femme et de ses enfants. Tous adoptent alors des prénoms francisés et lui-même se fait appeler Joseph. La famille Lucchi sera active dans le mouvement syndical, dans la vie politique ainsi que dans les associations, notamment sportives.

Joseph Lucchi travaille d’abord comme ouvrier journalier à l’usine de la Canalisation électrique à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Il sera ensuite tréfileur.

Marié avec Delfine Cavalli, Lucchi a six enfants. En novembre 1939, il obtient la nationalité française par naturalisation. La date de son décès n’est pas connue.

La Canalisation électroque

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 00:01

(Suite de Camille Bainville, voyageur orientaliste)

Après la soixantaine, Camille Bainville va publier plusieurs ouvrages de théâtre et de poésie, inspirés de ses voyages et de l’histoire. Ils sont tous publiés par l’imprimerie Chaix, spécialisée dans le ferroviaire. Les Captifs à Alger, drame en un acte, et Un Miracle, tragédie en un acte, paraissent en 1893.

Il publie la même année, Blanche Capello, la fille de Venise, drame historique en cinq actes, inspiré de la vie de Bianca Cappello (1548-1587), seconde épouse du duc de Florence François 1er de Médicis, empoisonnée à l'arsenic en même temps que lui :

(…) À vingt ans j'avais tout !

À trente, j'ai la haine, un trône et du dégoût.

À vingt ans, on m'aimait, j'aimais aussi moi-même

(…)

On tremble près de moi de respect ou de peur,

On me hait et je hais... est-ce là le bonheur?

L‘ouvrage a été réédité en 2014 par Hachette Livre en coopération avec la BNF, qui le propose également en téléchargement sur le site Gallica.

Encore en 1893, Bainville propose un recueil de poésies, Nuages et fumées.

Ces quatre livres vont asseoir la réputation de Camille Bainville, qualifié en 1894 par L'Année des poètes de « fin lettré trop peu connu, mais trop modeste pour se faire connaître » qui confirme en 1895 qu’il ne tient pas à faire sonner les « trompettes de la réclame ». Les ouvrages suivants auront un accueil critique plus important.

Le Dernier Jour de Léopardi, drame en un acte, paru en 1894, est décrit la même année par L'Année des poètes comme « fort bien mené, profondément émouvant, écrit dans la langue sobre d'un homme qui se rappelle les auteurs latins, et rivalise avec eux d'aisance et de précision ». Il est consacré au grand poète italien contemporain, Giacomo Leopardi :

Chantre du désespoir, poète du néant

Tu t’approches de lui, vois à pas de géant

Comme Blanche Capello, il a été réédité par Hachette Livre en 2016, en coopération avec la BNF, qui le propose aussi en téléchargement sur le site Gallica.

Isabelle de Médicis, drame en trois actes, édité en 1895, lui vaut les félicitations de l’Académie française. L'Année des poètes y voit en 1895 l’une des « rares pièces vraiment intéressantes qui aient été inspirées par l'histoire de France. »

Continuant dans la chronique théâtrale des Médicis, Bainville publie en 1896 Dianora, drame en quatre actes, inspiré de la vie de Leonora Álvarez de Tolède (1553–1576), épouse de Pierre de Médicis, qui l'étrangla par jalousie.

Paru en 1897, Le Temple de Salomon, en cinq actes, est qualifié par Le Figaro de « remarquable tragédie. »

Le même journal salue en 1898 comme « d'une très belle allure vibrante et patriotique », le dernier livre sous la signature de Camille Bainville, Beaurepaire. Il prend comme sujet un épisode dramatique de la Révolution française, avec Jacques Alexandre Reine de Beaurepaire (1754-1829), garde du corps du roi Louis XVI à Versailles lors des journées des 5 et 6 octobre 1789.

Louise Naudon avait épousé Camile Bainville en novembre 1880 à Paris (4e arr.). Ils n’auront pas d’enfants. Camile Bainville, qui restera attaché à Joinville-le-Pont pendant toute son existence, fait partie au bureau de la caisse des écoles jusqu’en 1885, même si un journal local remarque qu’on ne l’y voit guère car « étant presque toujours en voyage. »

Il siège dans l’assemblée locale, comme son arrière-grand-oncle, Edme Lheureux, premier maire en 1790 de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (ancien nom de Joinville-le-Pont), son arrière-grand-père Nicolas Lheureux, troisième maire du village en 1792, son grand-père Jean Victor Bainville, conseiller municipal sous la Restauration et son père Pierre Victor Bainville, conseiller municipal et adjoint au maire sous la monarchie de Juillet, la seconde République puis le début du second Empire. Élu en 1871, alors qu’Auguste Courtin, conservateur, est maire, Camille Bainville siège à côté de son oncle, Jean Porphyre Bainville, qui prolongera la présence de la famille  au conseil municipal jusque 1884.

Camille Bainville décède le 3 novembre 1909 à Fontenay-sous-Bois. Il résidait toujours rue des Corbeaux à Joinville, où son décès est retranscrit avec la mention « sans profession ». Une demi-douzaine de journaux salue sa disparition.

La fuite de Bianca Cappello vers Florence

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