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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, Gallas patronne une liste de droite avec Dalbavie (conservateur) et Bitterlin (royaliste). Elle fusionne pour le second tour avec la liste socialiste SFIO et les dissidents radicaux. La liste d’union emporte au second tour les 23 sièges à pourvoir (6 libéraux et conservateurs, 7 socialistes et 10 radicaux dissidents). Gallas est élu conseiller municipal et Dalbavie devient adjoint au maire, Ernest Mermet.

Pendant la campagne, Gallas s’attaque aux francs-maçons, assurant que « ceux-ci ont imposé leur volonté au comité radical ». Début 1914, Gallas est désigné à deux reprises comme électeur sénatorial.

Désigné comme candidat lors d’une réunion à Joinville en octobre 1913, Gallas se présente aux élections législatives d’avril 1914 sous l’étiquette de la Fédération républicaine, le principal parti de la droite libérale et conservatrice, dans la 2e circonscription de Sceaux. Il a cependant deux concurrents de même tendance, Jules Auffray, ancien député libéral de Paris et Léon Daboncourt, soutenu par les comités libéraux et patriotes, mais ce dernier se retire avant le scrutin.

Le député sortant Albert Thomas, socialiste SFIO, élu en 1910, dispute le scrutin de 1914 avec un radical, Adolphe Chéron. Avec 1 746 voix pour 19 490 suffrages exprimés (9,6%) sur 25 040 inscrits, Gallas arrive en 4e position et se retire au second tour en faveur d’Auffray (16,2%) tandis que Chéron (25,7%) se désiste pour Thomas (49,1%). Ce dernier est réélu au second tour et deviendra ministre plus tard.

Les premières plaidoiries mentionnées par la presse se situent en juin 1910. Mais c’est en juillet de la même année qu’il participe à un procès qui a une dimension politique certaine, celui des grévistes du Bi-Métal. La cause semble manifestement étrangère aux convictions de Louis Gallas, mais la très grande proximité entre l’usine et le domicile de ce dernier explique certainement qu’il ait été sollicité.

Le 19 janvier 1910, la majorité des 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail. Les demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit deviendra violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève en tant que secrétaire de l’Union des métaux, s’exprime ainsi : « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir ». Les jaunes désignent les non-grévistes embauchés par la direction.

En juillet 1910, la 9e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, à Paris, juge onze membres du comité directeur de la grève pour entraves à la liberté du travail. Le tribunal s’interroge notamment sur la façon dont il faut interpréter la « machine à frictionner » annoncée dans une affiche des grévistes. Parmi les avocats, on compte des personnalités socialistes comme Jean Longuet, gendre de Karl Marx et Pierre Laval, qui deviendra plus tard premier ministre du maréchal Pétain. La presse relève l’habileté de la défense de ses clients par Me Gallas. Huit inculpés sont cependant condamnés à des peines qui vont de 15 jours de prison avec sursis à six mois fermes pour le dirigeant syndicaliste.

À suivre.

Un atelier de l'usine Bi-Métal de Joinville en 1910

 

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 01:01

Mise à jour de la biographie de Pierre Allaire

Pierre Allaire est né le 30 octobre 1894 à Paris (5e arr.). Il est le fils de Maria Vantuycom, professeur de piano et de son mari, Gabriel Allaire, agent d'affaires.

Pierre Allaire est instituteur en 1914, année où il devrait faire son service militaire, mais il est ajourné d’un an pour « faiblesse ». Il réside avec sa famille depuis une quinaine d’années à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), d’abord dans le quartier de Palissy, avenue Gille, puis dans celui de Polangis, rond-point de Polangis (act. place de Verdun).

Après le déclenchement de la première guerre mondiale, il s’engage pour la durée du conflit et est incorporé, en septembre 1914, au 78e régiment d’infanterie. Nommé caporal en novembre de la même année il est cité à l’ordre du régiment pour avoir, en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle) « participé courageusement à conquérir et conserver les tranchées ennemies ». Il est ensuite nommé sergent en mai.

Il est une première fois blessé à son poste de combat en septembre 1915, dans les combats du Labyrinthe, entre Neuville-Saint-Vaast et Écurie (Pas-de-Calais). Il a une plaie pénétrante au pied gauche, due à un éclat d’obus. En septembre 1916, il est sous-lieutenant et affecté au 90e régiment d’infanterie. Le 10 avril 1918, il a un poumon perforé par balle lors de sa troisième blessure dans des combats autour de la ferme de l’Espérance à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne). Il est cité pour avoir entraîné « sa compagnie entière à l'assaut d'une tranchée ennemie au chant de la Marseillaise et s'en est emparé ». Il est promu en septembre 1918 et confirmé dans son grade à titre définitif en juin suivant. Il est mis en congé en septembre 1919.

Marié à Joinville le 25 février 1918 avec Jeanne Méresse, il est veuf dès le mois d’octobre. Pierre Allaire se remaria dans la commune le 26 septembre 1922 avec sa belle-sœur, Marthe Juliette Méresse. Il enseigne dans l’école publique de Joinville.

Du fait des lésions pulmonaires liées à sa blessure par balles, il obtient une pension en février 1929, au taux d’invalidité de 10%, porté à 30% en mars 1937 suite à une aggravation.

Il quitte la région parisienne pour s’installer, en 1931 à Daglan (Dordogne) puis à Bergerac, dans le même département, où il réside rue de Reims en 1936. Il revient à Joinville fin 1937 et enseigne dans la nouvelle école du quartier de Polangis, baptisée Jules-Ferry lorsqu’elle est inaugurée par Jean Zay, ministre du Front populaire, en 1938.

Sans doute mobilisé comme officier au début de la deuxième guerre mondiale, il est mis en non disponibilité début octobre 1939 et renvoyé dans ses foyers. Il s’engage dans la résistance et fut homologué au titre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Suite au conflit, il enseigne de nouveau au groupe scolaire de Polangis jusqu’en 1947.

Il est candidat en octobre 1947 sur la liste socialiste SFIO de Léon Berthet lors des élections municipales à Joinville-le-Pont. Elle s’oppose à une liste de droite et à une autre regroupant communistes et radicaux ; elle obtient un siège sur 27. Il devient conseiller municipal le 14 novembre 1951, en remplacement de Léon Berthet, démissionnaire.

Ses fonctions cessèrent dès le 19 janvier 1952 en raison de son état de santé. Il sera remplacé par Victor Hochet*. Le maire était alors le communiste Robert Deloche*.

Pierre Allaire est mort le 11 avril 1960 à Paris (13e arr.) où il était hospitalisé. Il était âgé de 63 ans et résidait toujours, avec sa seconde épouse, avenue des Lilas à Joinville.

Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 6 juin 1920 ; il était titulaire de la Croix de guerre avec étoile de bronze. La voie de Joinville où il résidait porte désormais le nom d’avenue Pierre Allaire. Il avait également reçu en février 1931 une mention honorable de la Mutualité comme collecteur de la Mutualité scolaire de Joinville.

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 01:01

Émile Henri Billemont naît le 28 mars 1898 à Lille, Nord. Il est le fils de Jeanne Zélie Billemont, 18 ans, couturière. Le mariage de sa mère avec Jean Baptiste Jules de Geyter en août 1906 à Lille le légitime. Son père est chansonnier, tourneur en fer, éditeur de musique ; d’une famille belge, il a acquis la nationalité française en 1891.

Probablement mobilisé à la fin de la première guerre mondiale, Émile de Geyter (dont le nom est fréquemment écrit Degeyter) épouse, toujours à Lille en décembre 1921 Zulma Marie Cauwels, dont la famille est hollando-belge.

Devenu monteur en chauffage, Émile de Geyter vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1928 avec sa mère et son épouse.

Il est actif au sein de la section de Joinville du parti socialiste SFIO à partir de cette date et jusqu’au moins 1930. La section compte alors une quarantaine de membres, dont 20 adhérents permanents.

Toujours à Joinville, Émile de Geyter est également un des membres fondateurs de na nouvelle Chorale de Joinville, constituée en décembre 1930 par Moutardier, professeur à l’école Diderot. Il est membre du bureau de l’association en tant qu’archiviste. Il réside encore à Joinville en 1936.

Émile Henri de Geyter meurt le 25 novembre 1964 à Roubaix, Nord. Il était âgé de 66 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 01:01

Paul Gaubert naît le 12 novembre 1881 à Valenciennes, Nord. Il est le fils d’Élise Maria Douchy et de son mari Étienne Gaubert, professeur d’académie de musique.

À l’âge de 18 ans, Paul Gaubert s’engage dans l’armée pour quatre ans. Il intègre le 1er régiment d’infanterie et devient sergent en janvier 1902. Après la fin de sa période, il intègre en avril 1904 l’école militaire d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Il en sort en avril 1905 comme sous-lieutenant 67e au 67e régiment d’infanterie.

En avril 1909 à Valenciennes, Paul Gaubert, alors domicilié à Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine), épouse Madeleine Jeanne Joséphine Simonet.

Devenu lieutenant en avril 1907, Gaubert est nommé en novembre 1909 instructeur à l’École normale de gymnastique et d’escrime, dite École de Joinville, située dans le Bois de Vincennes, sur la commune de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le couple s’installe dans la ville voisine de Saint-Maurice, rue de Presles, puis à Joinville, dans le quartier de Palissy, avenue Gille.

Dans un article paru en juin 1913 dans l’hebdomadaire La vie au grand air, Gaubert présente sa conception en matière éducative « l'entraînement n'est pas uniforme : chaque catégorie d'élèves a son entraînement particulier ». Pour la formation des moniteurs, qui devront ensuite intéresser les jeunes, la méthode de Gaubert fait une large place aux jeux, rompant avec une tradition axée sur la gymnastique pure.

Pendant la première guerre mondiale, Gaubert retrouve l’infanterie au 123e RI. Il devient capitaine en février 1915. Au cours des combats, il est blessé deux fois en septembre 1914 et en mai 1915, ce qui lui vaudra une reconnaissance d’invalidité de 10%.

Gaubert participe à de nombreuses opérations de guerre, comme en 1914 la retraite de Charleroi, la bataille de Guise, l’offensive de la Marne et la bataille de l’Aisne ; en 1915 la bataille d’Ypres et l’offensive de l’Artois ; en 1917, l’offensive de l’Aisne ; enfin en 1918, les combats de Verdun-Les Chambrettes et autour d’Amiens. Cette dernière année, il est affecté en octobre à l’état-major de la 18e division d’infanterie.

Son comportement pendant la guerre lui vaudra quatre citations : à l’ordre de la brigade en septembre 1914 pour le combat de Montceau-lès-Provins ; à l’ordre de la division en mai 1915 ; à l’ordre de l’armée en octobre 1916 ; à l’ordre du corps d’armée en mai 1917.

Après la fin du conflit, Gaubert est de nouveau affecté à l’instruction et l’entraînement physique, d’abord comme chef de section subdivisionnaire pour les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise. Il a alors en charge les établissements de Corbeil, Étampes, et Rambouillet. Il retourne à l’École de Joinville après sa réouverture et en est le trésorier en 1921.

Nommé chef de bataillon (commandant) en avril 1928, Paul Gaubert est de nouveau dans l’infanterie, au 46e RI. En octobre de cette année, il doit rejoindre les troupes du Maroc. Cependant, en novembre, il est de nouveau affecté à l'état-major de l'infanterie. Il quitte l’armée en mars 1930 après 30 ans de service.

Résidant toujours à Joinville, il est installé d’abord quai de la Marne, ensuite dans le quartier de Palissy (avenues Gille puis Galliéni) et enfin vers 1930 chez la veuve de l’ancien maire Ernest Mermet, Émilie Mermet, née Quirot, héritière d’un des fondateurs de l’école du Parangon et présentée comme sa marraine.

Comme son père, Paul Gaubert s’intéresse à la musique. Il fonde en 1912 une chorale dans l’École de Joinville. Lors de la fête du 46e RI à la caserne de Reuilly en juin 1926, il fait représenter une revue musicale en trois actes de sa composition, En revenant de Mailly. Il est membre du bureau de la Chorale municipale de Joinville en décembre 1930.

Après avoir quitté l’armée, Gaubert est employé par l’entreprise Vandevalle, qui gère des chantiers et constructions pour la Ville de Paris. Il y a des responsabilités commerciales aux achats.

Lors des élections municipales de mai 1935, Paul Gaubert rejoint la liste des Gauches républicaines du maire sortant, Georges Briolay, qui a le soutien des radicaux-socialistes et de socialistes indépendants. La liste plaide sur ses réalisations, assurant avoir fait d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement mais attribue la hausse des impôts locaux à « l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). »

Pour le nouveau mandat, la liste radicale propose l’amélioration de la voirie et des transports ainsi que l’installation d’un éclairage public. Elle souhaite faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation de grands travaux (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et la création d’un fonds national de chômage. Elle propose la création d’un nouveau groupe scolaire à Polangis.

Au premier tour, Gaubert obtient 756 suffrages sur 2 856 exprimés (26,5%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au deuxième tour, il reçoit 549 votes sur 2 899 exprimés (18,9%) pour 2 924 votants. La liste radicale (26,8%) est devancée au premier tour par la droite de l’Union des républicains (32,6%). Elle est dépassée au second tour par la liste de Front populaire regroupant les communistes et les socialistes SFIO et n’obtient aucun siège. Le nouveau maire est Léon Lesestre (droite).

Paul Gaubert était en 1937 et 1938 président de la Société amicale des isolés, une société de secours mutuels gérant une mutuelle-retraite des anciens combattants et victimes de la guerre de France et d'outre-mer.

Appartenant à la franc-maçonnerie, Paul Gaubert est mis en cause publiquement à deux reprises à ce titre. En juin 1914, le quotidien d’extrême-droite La Libre parole mentionne qu’il est affilié à la loge Germinal de Joinville, dans laquelle on retrouve plusieurs officiers de l’École de Joinville comme le capitaine Paul André Giansilj (1880-1914).

On retrouve son nom sur une « Liste des dignitaires (hauts gradés et officiers de loges) de la franc-maçonnerie » publiée au Journal officiel le 6 septembre 1941, Paul Gaubert étant signalé comme membre de la loge Pro Solis.

Paul Gaubert meurt le 3 novembre 1949 à Joinville. Il était toujours domicilié au 60, rue de Paris et était âgé de 67 ans.

Pour ses activités civiles et militaires, Paul Gaubert a reçu de nombreuses décorations : les Palmes académiques comme officier d’académie en mars 1911 ; la médaille d'argent de l’Union des sociétés de préparation militaire de France en août 1912 ; le Mérite agricole en tant que chevalier en février 1914 ; la Croix de guerre française avec palmes en octobre 1916 ; la Croix de guerre belge en avril 1920 ; la médaille d'or de l’Éducation physique en janvier 1934 ; le Mérite social comme chevalier en septembre 1937 ; la Légion d’honneur comme chevalier en octobre 1916 puis officier en juin 1937.

 

 

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 01:01

André Victor Giboin naît le 6 janvier 1876 à Paris 6e arr.). Il est le fils Léonie Louise Baron et de son époux Amédée Raimond Giboin, tapissier.

Faisant des études de médecine vétérinaire à Alfort (Seine, act. Maisons-Alfort, Val-de-Marne) il est diplômé en septembre 1897 puis est incorporé au service militaire, mais, du fait de sa profession, pour dix mois seulement. Il effectue par contre plusieurs périodes de réserve. Il s’installe en 1899 à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) et y restera ensuite.

En janvier 1900 Giboin épouse à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) Jeanne Mathilde Pétillon. Il est, en 1904, directeur d’une société d'assurances mutuelles contre la mortalité des chevaux.

Vers 1904, il devient régisseur de l’ancienne ferme impériale, devenue ferme de la Faisanderie, qui se situe dans la partie du bois de Vincennes dépendant alors de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). La Ville de Paris, qui en est propriétaire, l’a mise en location et un officier de cavalerie, le comte Gilbert Bandy de Nalèche, est l’attributaire du bail selon l’historien Georges Bousquié.

En août 1906, ayant fait un pari avec son propriétaire, Giboin doit constater que la jument Lumière, une irlandaise rouanne âgée de neuf ans et appartenant au vicomte de Vaucelles, éleveur aux Genêts, à Donjeux (Haute-Marne), a été capable de franchir les 252 kilomètres qui séparent ce village de la gare de Joinville-le-Pont en 60 heures, arrêts et repos compris. Elle était en parfait état.

Il abandonne sa fonction dans la ferme de la Faisanderie, sans doute vers 1907, et Louis Caillon devient le régisseur. Giboin redevient vétérinaire à Vincennes.

Pendant la première guerre mondiale, Giboin est d’abord vétérinaire aide-major (sous-lieutenant) puis vétérinaire-major de 2e classe (lieutenant) dans des unités du train puis à l'abattoir de Dijon et ensuite à Orange. Après sa démobilisation, il devient vétérinaire honoraire, avec le grade de capitaine.

Moïse Louis Lignères, fabricant de voitures de course hippomobiles à Saint-Maurice, s’associe avec Giboin en mai 1928 pour créer une société, Lignères et Cie, qui produit des sulkys. Giboin détient 10% des parts ; il les revend à Lignères en mai 1931.

En 1941, lors de courses à Vincennes, Giboin, qui est le vétérinaire de la société du demi-sang officie au pesage des animaux.

André Victor Giboin meurt le 28 avril 1947 à Vincennes. Il était âgé de 71 ans. Il disposait de plusieurs décorations : chevalier du mérite agricole en août 1904 puis officier en janvier 1910 ; médaille de bronze de la mutualité en mars 1907 ; médaille de bronze du sauvetage pour avoir secouru un baigneur au large d'Arromanches (Calvados) en janvier 1908 ; Palmes académiques comme officier d’académie en janvier 1909.

Ferme de la Faisanderie

 

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 01:01

François Louis Gilbert Bandy de Nalèche naît le 26 décembre 1863 à Moutier-Rozeille, dans la Creuse. Il est le fils de Berthe Louise Gabrielle Lafond et de son mari, Louis Charles Léonard Bandy de Nalèche, avocat, homme de lettres, maire du Monteil-au-Vicomte et futur et député.

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles. François de Nalèche porte le titre de comte, obtenu par son père auprès du pape en 1861. Son frère cadet, Étienne, porte également le même titre.

Ayant rejoint la carrière militaire en 1884, comme plusieurs de ses aïeux, au 4e régiment de dragons, de Nalèche intègre en septembre 1888 l'école militaire d'application de cavalerie à Saumur, Maine-et-Loire. Il rejoint ensuite le 3e régiment de cuirassiers. En 1900, alors lieutenant, il est officier d’ordonnance du général commandant la 5e brigade de dragons. Passé par les 27e, 23e et 18e régiments de dragons, il est capitaine en 1904. Il démissionne en 1905.

Selon le professeur d'histoire Daniel Dayen, Gilbert Bandy de Nalèche était charmeur et bon vivant.

Vers 1890, Gilbert Bandy de Nalèche eut une relation avec l’actrice Sylviac, alias Marie-Thérèse Chauvin (1863-1947). Actrice de théâtre et auteur dramatique, originaire de Bordeaux et ancienne élève du Conservatoire national, Sylviac devint célèbre en 1904 pour ses aventures avec l’administration des téléphones. Ils eurent une fille, Françoise Gilberte qui devint cantatrice et actrice de cinéma célèbre sous le nom de Françoise Rosay, née en avril 1891. Gilbert de Nalèche la reconnut comme sa fille en mars 1936.

En septembre 1896, Gilbert de Nalèche avait épousé Marie-Anne Blanche Violette de Jannel de Vauréal, la sœur cadette de la femme de son frère Étienne. Ils auront deux enfants, Henri et Solange. Séparés de corps et de biens en 1916, ils divorcent en 1936.

Dès la période de son activité militaire, de Nalèche dispose de chevaux de course. Il en engage au moins sept dans des compétitions entre 1892 et fin 1912.

La ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), propriété de la Ville de Paris, est mise en location en 1904. De Nalèche en obtient le bail, selon l’historien Georges Bousquié ; il confie l’exploitation à un vétérinaire de Vincennes, André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Gilbert de Nalèche s’engage de nouveau malgré son âge de 51 ans. Il fut affecté au dépôt de remonte de nouveaux chevaux à Mâcon puis à celui de Fontenay-le-Comte, avant d'être envoyé comme acheteur au Haut-Commissariat de la République française aux États-Unis où il se rend, via New-York, en 1915. Il y rencontra peut-être Léon Osterrieth, attaché militaire de Belgique en 1918, comme lui officier de cavalerie, qui avait épousé en 1899 à Londres Sylviac, mère de sa fille aînée.

Après le conflit, il devient contrôleur des régions libérées de la Somme auprès de la préfecture de ce département. À ce titre, il accueille un groupe de 82 jeunes anglaises en août 1923.

Reprenant ses activités dans la remonte des chevaux, de Nalèche devient chef d'escadrons (commandant) en 1924. Il quitte l’armée en mars 1925.

Après en avoir fait la demande en avril 1919, de Nalèche obtient du préfet de la Seine, avec l’approbation du conseil de Paris, un nouveau bail de location de la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il doit prendre en charge les fermages courus pendant la période de guerre. Il devait également engager des travaux de remise en état de l’ancienne ferme impériale. Cependant, il n’est pas certain que de Nalèche ait réellement assumé son rôle de fermier. En effet, en 1931, c’est le régisseur du domaine, Louis Caillon, qui est présenté comme le locataire, et qui proteste contre son éviction par la ville de Paris qui veut installer l’école d’horticulture sur son domaine.

La Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, en 1912

 

 

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, il réside dans son château familial de Nalèche. Sa fille Françoise y séjourna un mois. Il épouse, en septembre 1941 à Paris (9e arr.) Andrée Léonie Louise Laillet. À la fin de la guerre, le château de Nalèche est pillé « par des résistants de la dernière heure », selon le quotidien La Montagne (2013/05/31).

Gilbert Bandy de Nalèche meurt le 26 février 1949 à Paris (18e arr.) ; il résidait ave sa seconde épouse place Adolphe-Max à Paris (9e). Son frère Étienne (1865-1947), n’eut pas de descendance. Sa fille Solange, née en 1905 était morte en 1933. Son fils Henri (1902-1979) fut le dernier à porter le titre comtal. Il n’eut semble-t-il pas d’enfant lui non plus. Seule la fille aînée de Gilbert de Nalèche, Françoise Rosay, eut trois garçons et des petits-enfants.

Gilbert Bandy de Nalèche était, depuis décembre 1918, chevalier de la Légion d’honneur.

Gilbert Bandy de Nalèche

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie de Robert Caudrilliers

Fin décembre 1918, à Paris (7e arr.), Robert Caudrilliers épouse Olga Marie Guillaume. Ils vivent rue Ernest-Lacoste (12e arr.). Après-guerre, il reprend son métier de journaliste reporter photographe, se spécialisant dans le sport, et notamment le cyclisme, où il devient un spécialiste renommé du Tour de France. Selon Georges Briquet, « Le bon Robert Caudrilliers qui fut, quarante ans durant, le photographe du Miroir des Sports, avait ses coins de prédilection. Sa pierre existait au début du Galibier. Ailleurs, il avait un parapet, une fenêtre du premier étage, son faux vélodrome dans les lacets de Castellane. Mais son plus beau tableau fut celui d'André Leducq qui, gagnant certain du Tour 1930, caracolait au-dessus du lot, bien soutenu par la première des équipes nationales françaises. En descendant le Galibier, alors qu'il avait la réputation d'être le plus beau descendeur connu jusqu'alors, il tomba. Une pédale cassée, le genou gauche ouvert, André Leducq paraissait incapable de repartir... Son attitude, fixée par la plaque sensible, était exactement celle du penseur de Rodin. »

En 1931, Charles Joly, directeur de la course, dont le véhicule est arrêté à un passage à niveau, commente : « c'est encore Caudrilliers qui a soudoyé le garde-barrière pour avoir un sensationnel cliché. »

Vivant à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine), Caudrilliers est membre du club Asnières-Gennevilliers Sportif et donne des conférences pour le public et les jeunes sur le sport. Après son divorce, il se remarie en novembre 1931 à Asnières avec Marie Adrienne Suzanne Cugnot.

Membre de l’association professionnelle des reporters photographes et cinégraphistes, il en est d’abord trésorier puis syndic. Une des activités de l’association est la préparation d’un championnat des reporters : partant du parvis de Notre-Dame de Paris, il faut prendre un cliché 18 x 24 sur un sujet donné (par exemple, le portrait du préfet de police) et le porter, révélé, tiré et prêt au clichage, le plus rapidement possible au sommet de la butte Montmartre. Robert Caudrilliers le remporte en avril 1930 et devient ensuite un des organisateurs de la course.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Caudrilliers est officier de rapatriement, technicien photographe au ministère des prisonniers et correspondant de guerre détaché au grand quartier général.

Il reprend ensuite son activité de journaliste, et la vie des parisiens d’alors ; le quotidien L’Auto, en juin 1941 comment ainsi sa présence à une course automobile au sud de Paris : « Entre deux passages du Dunlop au Championnat de Paris à Montlhéry, on pouvait voir notre confrère photographe Robert Caudrilliers, du Petit Parisien, arracher frénétiquement des herbes qu'il enfouissait dans un sac... C'est que Caudrilliers habite la banlieue et élève des lapins... Et il avait pensé, non sans raison, que sur le plateau de Saint-Eutrope, II y a de quoi nourrir des armées de lapins !... »

Le 26 avril 1944, Robert Caudrilliers est un des reporters qui réalise, pour Le Petit Parisien, les photos de la visite à Paris du chef de l’État, Philippe Pétain, que le journal du 27 titre ainsi : « Le maréchal acclamé par le peuple de Paris. À Notre-Dame, le Chef de l'État, le président Laval et les membres du gouvernement ont assisté à la cérémonie à la mémoire des Français massacrés par les Anglo-Américains. »

Il ne semble pas que Robert Caudrilliers ait un engagement dans la Résistance à l’occupation, contrairement à son frère cadet, Raymond dit Aimos, acteur, tué le 21 août 1944 lors des combats de la libération de Paris.

Reprenant son activité après-guerre, Caudrilliers est le doyen des reporters photographes en 1949, après à ce moment 41 ans d’activité et à l’âge de 61 ans.

Robert Caudrilliers meurt le 26 septembre 1959 Clichy-la-Garenne. Il était âgé de 71 ans et était toujours domicilié à Asnières, rue de Prony.

Robert Caudrilliers a été fait chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1949. Le certificat de moralité et de bonne conduite pendant la campagne 1939-1945 est signé par François Mitterrand, alors secrétaire d’État à la présidence du conseil et futur président de la République.

Il est également titulaire de nombreuses autres médaille. À titre militaire, il est décoré de la médaille de la Victoire, de la médaille commémorative française de la Grande-Guerre, de la  médaille commémorative d’Orient, de la médaille commémorative de Serbie. Il est également officier du Nicham Iftikhar (Tunisie) et officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc).

À titre civil, Caudrilliers a été gratifié des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie en 1934. Il est également médaille d’or de l’éducation physique, médaille d'argent de la ville de Paris et médaille d'honneur du travail.

Fin

 

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 01:01

Début de la biographie de Robert Caudrilliers

Robert Michel Fernand Caudrilliers naît le 2 août 1888 à La Fère (Aisne). Il est le fils de Blanche Armance Cloës et de son mari Joseph Caudrilliers, bijoutier.

La famille s’installe ensuite en région parisienne au début du 20e siècle. En 1910, elle vit à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue Krüger. Robert Caudrilliers s’intéresse au sport et est, alors qu’il n’a encore que 15 ans, secrétaire d’un club cycliste, l’US Saint-Gervais en 1904<ref>L’Auto, quotidien, 1904/05/07</ref>.

En 1908, devenu reporter photographe, Caudrilliers s’intéresse aux débuts de l’aviation. En octobre, il couvre le vol de Louis Blériot entre Toury (Eure-et-Loir) et Artenay (Loiret). Premier voyage circulaire de l’histoire, il se déroule sur un circuit d’environ 26 km avec un appareil Blériot VIII et est émaillé de deux pannes moteur.

Un peu plus d’un an plus tard, il assure le reportage du vol de Maurice Farman de Chartres à Orléans en janvier 1910 puis accompagne son frère Robert Caudrilliers, pionnier de la photographie aérienne (1/2), en avril de la même année, entre Étampes (Seine-et-Oise, act. Essonne) et Chevilly pour un trajet d’une soixantaine de kilomètres dans un bilan évoluant à 50 mètres au-dessus de la Beauce. Il inaugure ainsi le tourisme et le reportage aérien. Quelques jours plus tard, il illustre la course Londres-Manchester en aéroplane.

Malgré une faiblesse physique, Caudrilliers fait son service militaire en 1910-1912, mais dans un service auxiliaire, détaché à l’école d’artillerie de Fontainebleau (Seine-et-Marne) comme technicien photographe. Son père décède au cours de cette période en février 1911 à Saint-Maur.

Au début de la première guerre mondiale, Caudrilliers poursuit son métier de journaliste, effectuant des reportages de guerre parus en novembre 1914 dans le journal Excelsior, où il dit être « un photographe dont le métier est plutôt de manier l'objectif que d'écrire, et qui s'excuse d'être, pour une fois, sorti de son rôle ». Il décrit : « aujourd'hui que l'artillerie est la reine de la bataille, c'est une lutte souterraine que se livrent les camps adverses, et la première impression qui frappe le spectateur est celle d'un désert bruyant : on entend des coups de tonnerre, mais on ne voit âme qui vive. »

La destruction d’Arras est au programme du premier des deux voyages de presse sur le front : « Au milieu de fous ces vestiges qui arracheraient des larmes au plus insensible, une boutique est pourtant restée ouverte, doublement ouverte puisque c'est à un obus qu'elle doit d'être béante ; sur la brèche, le commerçant avisé a, de son mieux, assujetti quelques planches, sur lesquelles il a calligraphié, à l'aide d'un bout de craie, la nomenclature des articles qu'il tient à la disposition de sa clientèle : chemises, jerseys fourrés, caleçons, mouchoirs, torchons, serviettes de toilette, mains-éponges, lacets, ceintures de flanelle ‘au mètre’, cache-nez, chaussettes, blagues à tabac, cadenas, papier à lettres, couvertures de voyage, porte-monnaie, chaînes, gants de laine ‘pour femmes’, bas et chandails ‘pour enfants seulement’. Toute l'énergie d'une race n'est-elle pas symbolisée par cette originale enseigne ? Au milieu même des ravages de la mort, la vie continue. »

En février 1915, Caudrilliers est reclassé dans un service armé, en restant affecté à la photographie aérienne dans le 1er puis le 2e groupe d’aérostation. Il effectue des missions notamment dans les Balkans et en Serbie. Il est démobilisé en février 1919.

Caudrillers et Henry Farman, 1910

 

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

La disparition d’Aimos suscita une importante émotion dans la presse parisienne qui vient d’éclore après a disparition des journaux publiés sous l’occupation.

Le quotidien d’Aragon, Ce soir, écrit que « le si populaire acteur de cinéma Aimos a trouvé une mort héroïque au cours de l'attaque d'un convoi allemand. Depuis des années il personnifiait sur l'écran le véritable enfant de Paris. (…) Il était toujours prêt à aider les malheureux ; on connaît principalement son œuvre pour l'enfance. »

Le même journal relève la présence de près de 2 000 personnes lors de ses obsèques dans l'église Saint-Antoine de Paris (11e arr.), dont des artistes et de nombreux gosses. Un détachement des FFI présente les armes.

Le journal chrétien L'Aube salue « cet artiste au grand cœur, qui aimait les petits. »

Les circonstances du décès d’Aimos ne sont pas établies de manière précise. Plusieurs lieux parisiens, très proches, sont évoqués comme étant l’endroit de sa mort : devant le café du Cadran du Nord, rue de Dunkerque (Ce soir) ; sur la barricade de la rue Philippe-de-Girard (L'Aube) ; ou sur une barricade installée en travers de la rue Louis-Blanc, à hauteur du numéro 50 (Bertrand Beyern). L’état-civil de Paris mentionne le 2, place du Docteur-Alfred-Fournier, mais il s’agit de l’adresse de l’hôpital, où son corps a été déposé.

La patronne du Cadran du Nord raconte : « C'est devant notre café qu'il a été trouvé tué avec trois de ses camarades de combat, dans une conduite intérieure toute maculée de sang et percée comme une écumoire. Les quatre pneus étaient crevés. »

La journaliste Colette Morel évoque dans Ma vie en rouge une autre hypothèse qu’elle attribue à son père, le résistant Ange Morel : « Mon père participa à la libération de Paris, puis à la bataille du pont de Joinville, sans que je connaisse le détail de ces aventures. J’ai seulement entendu parler de deux camarades de combat. Un comédien nommé Aimos jouait les personnages populaires au destin souvent tragique. Il s’est battu là en témoignant d’une certaine inconscience, au point que mon père lui avait dit :

- Ne t’expose pas ainsi !

Il en est mort, parce qu’il voulut être Aimos jusqu’au bout. »

Cependant, le décès d’Aimos ayant été déclaré à l’état-civil le 23 août et la bataille du pont de Joinville à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) ayant eu lieu le 25, ni le lieu ni la date ne peuvent être retenus. Peut-être Colette Morel a-t-elle amalgamé dans sa mémoire plusieurs récits de son père, qui a pu participer à des combats à Paris avant de rejoindre ceux de Joinville.

L’incertitude va susciter une polémique, alimentée notamment par l’écrivain Patrick Modiano. Dans son romain Dimanches d’août, il met dans la bouche de Mme Villecourt une version de la mort d’Aimos : « Il a soi-disant été tué, à la libération de Paris, sur une barricade, par une balle perdue… (…) En fait, ça ne s’est pas du tout passé comme ça… C’est une sombre histoire… (…) C’était un règlement de comptes… A cause de certaines personnes qui fréquentaient Champigny et La Varenne pendant la guerre… Il les avait connues… Il savait des choses sur elles… Il entendait leurs conversations dans les auberges du coin… »

Le même Modiano interprète dans Paris Tendresse : « On n’a jamais pu élucider les circonstances de sa mort – ou de son assassinat – en août 1944, sur une barricade, du côté de la gare du Nord, à l’heure où les jeunes gens fêtaient la Libération, debout sur le lion de Denfert-Rochereau. Sans doute Aimos n’avait-il plus d’avenir car il en savait beaucoup trop long sur les défuntes années trente… »

Le statut de résistant d’Aimos est cependant attesté. L’état-civil de Paris porte la mention « Mort pour la France » sur son acte de décès, apposée le 1er février 1946.

Aimos est enterré à Chennevières-sur-Marne en compagnie de Renée Lefèvre (Raymond Aimos). Son nom figure sur le monument aux morts de la ville (Raymond Caudrilliers). Une plaque en hommage aux résistants du groupe de Sébastopol est apposée au 48, boulevard de Sébastopol à Paris (3e arr.) ; le nom de Raymond Aimos y est inscrit.

Fin

 

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 01:01

Suite de la biographie d’Aimos, alias Raymond Caudrilliers

À côté de son travail artistique, Aimos s’intéresse en particulier à la boxe. Il est le président du Ring de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis), qui revendique le titre de premier club pugilistique français chez les amateurs. Une coupe à son nom sera délivrée à partir de 1944.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Aimos ouvre, rue Montmartre à Paris, un restaurant pour les enfants nécessiteux, baptisé L'Œuvre des Gosses. Il mobilise Charles Trenet, qui y interprète La cigale et la fourmi pour récupérer des fonds pour la cantine. Plusieurs auteurs comparent son engagement aux Restaurants du cœur de Coluche.

Son principal engagement, c’est cependant dans la lutte contre l’occupation allemande en France. Aimos rejoint le mouvement Libération-Nord. Il est membre du groupe Sébastopol, affilié au mouvement Résistance, qui s’appuie sur d’anciens cadres de Jeune République, un parti chrétien d’avant-guerre. Le groupe avait son siège à la pharmacie Canonne, boulevard Sébastopol à Paris et se retrouvait au restaurant Le Grillon, dans la même artère.

Le groupe est actif dans la lutte contre la déportation et l'aide aux aviateurs alliés. En août 1944, en lien avec le groupe Cloche des Halles, le groupe Sébastopol participe aux combats pour la libération de Paris et compte alors une soixantaine de membres.

C’est le 20 août, au cours d’échanges de tirs avec des soldats allemands, qu’Aimos va trouver la mort, près de la gare du Nord.

Une quinzaine de membres du groupe Sébastopol, soit un quart, sont disparus pendant les combats de la Libération.

Transporté à la morgue de l’hôpital Saint-Louis, son cadavre ne fut identifié, par la Croix-Rouge, que plusieurs plus tard, suite à des annonces publiées dans la presse par sa mère.

Aimos se vit reconnaître à titre posthume, en 1947, le grade de caporal dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI).

À suivre.

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