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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 00:01

Robert Charles Albert Derivière naît le 25 février 1896 à Bruxelles (Belgique). Il est le fils d’Élisabeth Elvira Céline Fould et de son mari Aimé Charles François Derivière. Son père, originaire d’Amiens (Somme), est lapidaire. Sa mère est native de Saint-Hélier, à Jersey.

Résidant à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Derivière est sténodactylographe en 1915.

Convoqué pour son service militaire de manière anticipée, du fait de la première guerre mondiale, Robert Derivière est mobilisé en avril 1915 au sein du 76e régiment d’infanterie. Il passe au 404e régiment d’infanterie en août 1916 et devient caporal en février 1918 puis caporal-fourrier en juillet la même année. Il est démobilisé en septembre 1919 et deviendra, dans la réserve caporal-chef en septembre 1930.

Son comportement pendant la guerre lui vaut quatre citations, deux à l’ordre du régiment, une à l’ordre de la brigade et la dernière à l’ordre de la division. En décembre 1917, Derivière est considéré comme un « très bon soldat, énergique et très brave. A réussi au cours d’une patrouille difficile à capturer un ennemi, permettant ainsi d’obtenir de précieux renseignements ». Il est qualifié ainsi  en juillet 1918 : « excellent gradé, brave et dévoué. Au cours d’un coup de main a, sous un feu violent de mitrailleuses, avec le plus grand mépris du danger, assuré la liaison entre les différents groupes du régiment ». De nouveau en août 1918, on voit en lui un « excellent caporal. Lors de l’attaque du 9 juillet 1918, a assuré constamment la liaison entre les éléments des premières lignes et son commandant de compagnie, pour lequel il a été un auxiliaire précieux ». Enfin, le même mois, on le remarque comme « jeune fourrier qui s’est distingué dans maintes circonstances. Lors des attaques 20 et 21 août 1918 a assuré de façon parfaite la transmission des ordres, malgré un bombardement continu et un feu violent de mitrailleuses. »

Quelques jours après la fin de sa période militaire, Robert Derivière épouse en octobre 1919 Madeleine Lucie Petibon à Morlhon-le-Haut (Aveyron). Elle est la fille de l’instituteur du village de Marmont. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Paris.

Continuant de travailler comme secrétaire sténodactylo, Robert Derivière est membre, en 1919, du Syndicat des employés du commerce et de l'industrie, qui est le principal fondateur de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) en novembre 1919.

En janvier 1924, Derivière devient secrétaire de la section de Joinville de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), dont le professeur d’allemand Jules Edmond Neumann est le président. Active, comptant 56 adhérents en 1924, la section a pour responsables principalement des personnalités membres du parti socialiste SFIO et des socialistes indépendants, notamment d’anciens communistes. En février la même année, la section demande qu’une enquête soit lancée sur les socialistes-révolutionnaires russes, victimes d’une répression de la part du gouvernement soviétique et réclame la libération de trois prisonnières.

La section participe à une collecte pour les affamés d'Allemagne en février 1924 et s’oppose aux sanctions décidées par la France et ses alliés contre les populations civiles. Avec les partis socialiste, communiste et d’autres formations, la section de la LDH même campagne contre la guerre du Rif (Maroc) en 1925. Elle proteste contre la dislocation du Cartel des gauches en août la même année. Elle intervient en 1926 contre la suppression des libertés en Afrique du Nord.

La section joinvillaise remet en question le comportement de la LDH au début de la première guerre mondiale, demandant en mai 1927 « à la Ligue d’avouer qu’elle a contribué à tromper le monde en cautionnant tous les mensonges de 1914. »

Comptant un maximum de 75 adhérents en 1927, la section va ensuite voir décliner son nombre de militants. Robert Derivière préside la section en avril 1930 et exerce toujours cette fonction en septembre 1934. À cette date, il y a 45 membres.

À titre personnel, Robert Derivière signe une pétition, destinée en août 1927 au gouverneur du Massachusetts (États-Unis) pour lui demander la grâce des anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti,

À partir de mai 1930, apparaît comme un des principaux animateurs de la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il en est le secrétaire en décembre et s’occupe notamment de la diffusion du quotidien Le Populaire.

Des élections municipales partielles sont organisées à Joinville en octobre 1934, dans un contexte de tensions au sein de la majorité municipale, élue en 1929 dans le cadre du groupement des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants). La liste que Derivière conduit obtient une moyenne de 403 voix soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits. Elle arrive légèrement derrière la liste communiste (17,8%), pour laquelle elle se désiste au second tour. La liste comprenant des candidats radicaux favorables au maire reçoit 25,4% et est devancée par une liste de concentration républicaine, plus à droite, qui a 36,9%. Elle emporte les dix sièges au second tour.

En février 1935, un groupe de socialistes se rend au poste de police de Joinville pour réclamer la libération d’un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Roger Jamet, le secrétaire du groupe des Jeunesses socialistes de Joinville, mutilé d'une jambe, est bousculé, tombe, et traite les policiers de « saligauds ! » Ce qui lui vaut d’être poursuivi pour outrages à agents. À l’audience, en mars 1935, Derivière témoigne en faveur de Jamet. Défendu par Me Betty Brunschvicg, Jamet est condamné à 50 francs d'amende avec sursis ce qui équivaut selon Le Populaire « fort équitablement, à une absolution. »

Pour les élections municipales générales de mai 1935, Robert Derivière conduit de nouveau une liste socialiste SFIO. Elle obtient une moyenne de 12,3% des voix, nettement distancée par la liste communiste de Deloche (23,5%), celle des sortants de Georges Briolay, radical-socialiste (26,7%) et l’Union des républicains (droite, 32,6%).

Au second tour, la SFIO et le PCF décident de fusionner leurs listes et font appel au responsable de l’association des anciens combattants ARAC, André Blocher, pour conduire la liste unifiée. Cette dernière, avec une moyenne de 36,6% des voix devance la liste radicale (19,5%) et talonne la droite (39,8%). La gauche gagne deux sièges, contre 25 à la droite. Les élu sont deux communistes, les candidats socialistes faisant des scores bien inférieurs à ceux issus du PCF. Derivière lui-même est crédité de 999 voix, soit 34,4% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants sur 3 433 inscrits.

 

En tant que secrétaire de la section de Joinville, Derivière signe, en septembre 1935 l'Appel pour la création de la Gauche révolutionnaire du Parti socialiste SFIO, tendance conduite par Marceau Pivert qui quittera cette formation en 1938 pour créer le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP).

Comme à la LDH, Robert Derivière prend la succession de Jules Edmond Neumann dans le groupe local de la Fédération ouvrière et paysanne des anciens combattants (FOP). Fondée en 1929, cette organisation est proche des milieux socialistes.  Il siège en novembre 1933 à la commission de contrôle de la section de la région parisienne. Il signe, pour le 11 novembre 1936, l’appel des associations d’anciens combattants de Joinville avec la société des mutilés et anciens combattants et l’ARAC.

Robert Derivière meurt le 21 avril 1946 à Joinville. Il était âgé de 50 ans et père de deux enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et étoile d’argent ainsi que de la Médaille militaire en janvier 1921.

Le café des sports à Joinville

 

 

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3 janvier 2022 1 03 /01 /janvier /2022 00:01

Suite de la biographie de Pierre Schaken

Quittant la commune flamande pour Bruxelles, devenue en 1830 capitale de la Belgique indépendante, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il est notamment chargé de la réalisation de fortifications et du creusement de canaux. Adepte du Saint-Simonisme et franc-maçon, Schaken va ensuite se consacrer principalement à la réalisation de voies ferroviaires, en Belgique, au Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et, principalement, en France. Associé à Basile Parent, sa société est une des principales entreprises, associée notamment à la construction des liaisons entre Lyon et la Méditerranée, de Paris à Mulhouse ainsi que de la capitale française à Strasbourg. Toujours avec Basile Parent, il commença en 1855 la construction de matériel ferroviaire à Oullins (Rhône) et transporta en 1861 ses ateliers à Fives, dans la région de Lille. Cette entreprise devint en 1865 la Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises. Les diverses sociétés contrôlées par Parent et Schaken employaient plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, dont une vingtaine de milliers en Belgique et plus en France. Schaken s’intéressa également à la production de gaz pour l’éclairage et le chauffage, notamment à Bruxelles et Naples.

En juin 1851, Pierre Schaken, alors domicilié à Schaerbeck-les-Bruxelles (Belgique) achète pour 35 000 francs aux héritiers de Marie Jean Baptiste Bertin une maison de deux étages avec un belvédère, un jardin et une île, située rue du Canal à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Le terrain s’étend également sur le terrain de la commune, alors voisine, de Saint-Maur-des-Fossés.

Après avoir fait démolir l’ancienne maison, Schaken fait construire en 1852 un bâtiment par l’architecte et archéologue Pierre Manguin. Il sera désigné, d’abord comme le château de Gravelle, ensuite comme le château Schaken. Il est orné de mascaron et rinceau. Plusieurs constructions annexes sont faites dans le domaine, dont une maison miniature et un pont donnant accès à l’île, entre la Marne et un bras comblé ultérieurement.

Plusieurs publications présentent le château Schaken comme celles de César Daly (L’architecture privée au XIXe siècle, Paris, 1864) ou l’Atlas de la Seine (BHVP, Paris, 1900). Le peintre aquarelliste Albert Capaul a réalisé une représentation du château ainsi qu’une autre de la pompe à eau et des écuries.

Albert Capaul, le château Schaken

La construction par la compagnie du Chemin de fer de l’Est de la voie ferrée qui relie la gare de Paris-Vincennes à Saint-Maur-des-Fossés, via Vincennes, entraine l’expropriation d’une petite partie du parc Schaken, identifié comme étant au lieu-dit Pré de Presles, aménagé en jardin d’agrément avec des murs, arbres, arbustes et espaliers. Une indemnité pour dépréciation de 27 570 francs lui est accordée, la superficie concernée faisant 1 142 m². Selon J. Bailly, qui signe un portrait de Schaken dans la Revue des races latines (septembre 1863) « sa délicieuse villa de Saint-Maurice est un petit et brillant chef-d’œuvre de parfaite élégance. Le jardin, au terrain accidenté, est traversé par un viaduc de la ligne de Paris à Vincennes, produisant l’effet le plus original. »

Un décret du 2 mai 1868 modifia les limites entre les communes de Saint-Maurice et Joinville-le-Pont, les fixant « par le canal et la route du canal de Saint-Maur ». Saint-Maurice perdit donc toute la partie de Gravelle entre le canal et le territoire de Saint-Maur-des-Fossés. De ce fait, la propriété Schaken se retrouva dans le giron de Joinville, les parties non construites en bords de Marne continuant à relever de Saint-Maur. Son adresse devint 174, rue du Canal (act. 20, rue Henri-Barbusse).

Pierre Schaken meurt le 8 janvier 1870 à Joinville. Il était âgé de 76 ans et père de trois enfants, un fils, mort très jeune et deux filles. D’abord inhumé au cimetière de Joinville, où son tombeau subsiste au 21e siècle sous le nom de Schaken-Rommel (nom d’épouse d’une de ses filles), son cercueil est transféré en janvier 1885 dans une chapelle funéraire familiale, au cimetière du Montparnasse à Paris (14e arr.).

Il était titulaire de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre de Léopold de Belgique depuis janvier 1844, commandeur du nombre de l'ordre d'Isabelle la Catholique (Espagne, janvier 1860), chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, commandeur de l’ordre du Christ du Portugal et médaille de Sainte-Hélène (France).

Le château Schaken est vendu aux enchères en 1883 par ses héritiers ; la mise à rpix est de 330 000 francs. La propriété vendue fait 2,8 hectares pour le domaine et 1,3 hectare pour le potager. Le terrain est loti et le bâtiment lui-même est détruit en 1970 pour laisser place à un immeuble social, la résidence Sévigné à Joinville. Seule la « villa miniature » subsiste au 21e siècle, au 56, avenue de Sévigné, dans la même ville. La ville de Saint-Maur-des-Fossés a baptisé une voie de son nom, le quai Schaken, ainsi qu’un établissement public, l’école maternelle Schaken ; le quartier environnant est fréquemment désigné aussi sous ce nom.

Fin

Le parc du château Schaken

 

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 00:01

Début de la biographie de Pierre Schaken

Petrus Jacobus Franciscus dit Pierre Jacques François Schaken naît le 1er février 1793 à Ostende (Pays-Bas autrichiens, act. Flandre-Occidentale, Belgique). Il est le fils de Thérèse Cécile Olferts et de son mari, Pierre Louis Joseph Schaken.

En octobre 1795, les Pays-Bas autrichiens sont annexés par la République française et Ostende devient le chef-lieu d’un canton du département de la Lys. Pierre Louis Joseph Schaken est commissaire de police de la ville de 1800 jusqu’à son décès en octobre 1815.

Petrus Schaken, qui utilise le prénom Pierre, sert, selon les archives familiales, dans le 1er régiment des gardes d'honneur de Napoléon 1er et participe aux campagnes militaires de la Grande Armée. Créé le 3 avril 1813, le régiment était composé de fils de famille, qui devaient s'habiller et s'équiper à leurs frais. Il combat pendant la campagne de France, avec les rois autres régiments de gardes d'honneur, dans la division commandée par le général Jean-Marie Defrance. Elle s'illustre aux batailles de Montmirail et de Reims. Le 1er régiment fut licencié à Versailles, le 14 juillet 1814.

Garde d'honneur

De retour à Ostende, la ville appartenant désormais au royaume des Pays-Bas, Pierre Schaken devient en 1815 vérificateur des poids et mesures, ayant probablement fait des études techniques qui lui permettront ensuite de se présenter comme ingénieur.

Après la mort de son père en octobre 1815, il lui succède en tant que commissaire de police d’Ostende, nommé par décret du roi Guillaume 1er. En mai 1819, Joanna Theresia (Jeanne Thérèse) Verpoorten et Pierre Schaken se marient à Ostende, en présence notamment du bourgmestre et de l’échevin de la ville. Pierre Schaken démissionne de la fonction de commissaire en 1823. Il prend ensuite la direction du Mont de Piété d'Ostende (Lomberd, institution de prêts sur gages). Il commande le premier bataillon de la garde civique en 1832 avec le grade de major (commandant), sous les ordres du lieutenant-colonel De Knuyt-de Brouwère, qui encadre les deux bataillons territoriaux. Plusieurs ouvrages attribuent à Schaken un titre de général de la garde civique, mais aucune source connue ne l’atteste.

Comme son père, Pierre Schaken était membre de la loge Les Trois Niveaux, Orient d’Ostende, constituée en 1784 (5784 selon le calendrier maçonnique). Il en est surveillant en 1822, le vénérable étant l’avocat Donny. Les réunions se tenaient rue Longue.

Après l'indépendance de la Belgique en 1830, obtenant ainsi une quatrième nationalité, Pierre Schaken devient entrepreneur de travaux publics. Il se consacre notamment à la réalisation de fortification puis au creusement du canal de jonction de l'Escaut à la Lys, dont il préside le conseil d'administration de la société chargée de la construction.

Pierre Schaken est un adepte du Saint-Simonisme, doctrine qui fait de l’industrie le fer de lance du progrès technique et la propagatrice d’une morale, condition du bonheur, de la liberté et de l’émancipation. Il est en relation avec les frères Émile et Isaac Pereire, figures majeures de ce courant, ce qui va lui permettre d'entrer dans de nombreuses entreprises notamment en France.

À suivre

Pierre Schaken

 

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 00:01

Jeanne Gabrielle Élisabeth Fay naît le 4 octobre 1804 à Lyon. Elle est la fille de Marie Jeanne Lemesle et de son époux Étienne Fay. Sa mère comme son père sont des acteurs de théâtre et chanteurs, issus eux-mêmes de familles de comédiens qui jouent en France et dans les salles d’Europe (Belgique, Allemagne, Autriche, Pologne, etc.). Étienne Fay avait pris la direction du théâtre de Marseille de 1810 à 1813, mais y aurait englouti ses économies, selon l’historienne Anne Martin-Fugier. La famille repartit alors en tournée, en Belgique et en Normandie notamment.

Élisa Fay débute sur les planches, en compagnie de sa sœur cadette Léontine en 1820. Elle interprète Les Deux Petits Savoyards, opéra-comique de Nicolas Dalayrac, La Fée Urgèle ou Ce qui plaît aux dames, autre opéra-comique de Charles-Simon Favart et Le Devin du village, intermède chanté de Jean-Jacques Rousseau.

Elle joue en Belgique, à Bruxelles en 1823-1824 et à Gand 1825.

Élisa Fay est mariée à Paris (1er arr.) en l’église Saint-Roch avec un comédien, Pierre François Génot et porte désormais le nom d’Élisa Génot, bien qu’elle conserve parfois son patronyme ; Le Dictionnaire des comédiens français d’Henry Lyonnet présente ainsi son époux : « "Chanteur faible, acteur nul dit la biographie de [1826]. Un gaillard qui ne doute de rien écrit-on en 1829. Doué d'une mémoire prodigieuse, d'un aplomb imperturbable, Génot se fit pourtant une situation à l'Opéra-Comique, où tenant tous les emplois, remplaçant n'importe qui au pied levé, il était véritablement indispensable. Il tint aussi le rôle de l'Empereur à l'Opéra-Comique à une époque où chaque théâtre avait le sien. »

Élisa Génot participe à l’ouverture du Théâtre des Nouveautés à Paris en mai 1827 avec Monsieur Jovial ou l'Huissier-chansonnier, comédie-vaudeville d’Adolphe Choquart. Elle interprète ensuite sur la même scène Le Caleb de Walter Scott.

En compagnie de sa sœur Léontine, elle crée au Gymnase dramatique en 1830 La Protectrice, comédie vaudeville, puis en 1831 La Famille Riquebourg d’Eugène Scribe.

Des tournées mènent Élisa Génot à Rouen en 1836, Bruxelles en 1839, Nantes en 1843. À Paris, elle joue à la Porte-Saint-Martin en 1847, puis au Théâtre historique en 1848-1849 dans Catilina et Le Chevalier d’Harmental, d’Alexandre Dumas, Les Mystères de Londres de Paul Féval ainsi que Les Puritains d'Écosse de Walter Scott

Elle est ensuite au Théâtre des Variétés et au Vaudeville. Dans le premier, elle est à l’affiche du Pouvoir d'une femme de Joseph-Bernard Rosier en 1848. Elle a un rôle en 1853 dans Les Enfers de Paris de Roger de Beauvoir et Un notaire à marier de Marc-Michel.

Elle s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier du Centre, rue de Paris. Henry Lyonnet, dans le Dictionnaire des comédiens français, estime qu’elle joua « avec esprit ». Le peintre et historien de l’opéra Jean-Louis Tamvaco considère qu’elle fut « une cantatrice fort estimée. »

Élisa Génot meurt le 2 octobre 1858 à Joinville. Elle allait atteindre ses 54 ans.

Plusieurs œuvres représentent l’actrice. Le buste du sculpteur Jean Pierre Dantan, réalisé en 1835 à Rouen, est dans la collection du Musée Carnavalet, de Paris.

Son fils, qui utilise le nom d’Achille Fay-Génot, comédien et peintre, s’installe à Montréal (Québec, Canada) en 1874 avec la Société dramatique française puis y crée le Cercle Molière en 1885.

Élisa Génot, buste de Jean Pierre Dantan, musée Carnavalet, Paris

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 00:01

Étienne Claude Auguste Durande naît le 13 décembre 1841 à Valbenoîte (act. Saint-Étienne, Loire). Il est le fils de Clarisse Adèle Leclercq et d’Étienne Jules Durande, qi ne sont pas mariés. Son père est capitaine d'artillerie, attaché à la manufacture d'armes de Saint-Etienne. Il meurt peu après la naissance de son fils, en septembre 1842.

Son grand-père, Claude Auguste Durande (1764-1835) était chevalier de l'Empire, il est devenu baron en 1811. Il était médecin. De tendance légitimiste, il fut maire de Dijon (Côte-d'Or) de 1806 à 1815 puis ensuite de 1815 à 1818. Jean Edme Durande, probablement son frère, un avocat modéré, avait également été maire de la ville en 1794-1795. Une voie a été baptisée rue du Docteur-Durande dans l’ancienne capitale des ducs de Bourgogne. Il avait acquis le château d’Ahuy, à proximité, datant du XVIe siècle. Son fils et lui y moururent. Le bâtiment, qui portait également son nom, fut en grande partie détruit par un incendie en décembre 1924.

Le château Durande à Ahuy

Vivant avec sa mère à Saint-Vigor-le-Grand (Calvados), Auguste Durande y épouse Félicité Julie Martin en janvier 1860 à Bayeux, dans le même département. Ils s’établissent à Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), rue Saulnier, où Auguste Durande est mercier. Il se déclare en faillite en avril 1864, signe un concordat avec ses créanciers en novembre et sort de la procédure en janvier 1865.

Durande s’oriente ensuite vers le secteur du théâtre et adopte le prénom de Stephen. En 1870, il est administrateur du Casino-Grétry de Liège (Wallonie, Belgique), une salle de bal et de spectacles, théâtre et jardin d’été, ouverte en 1865.

Le Casino-Grétry de Liège

Devenu veuf, Stephen Durande se remarie à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en novembre 1879 avec Antoinette L’Hôpital, dont il avait eu un fils quatre ans plus tôt. Ils vivent dans cette commune, rue de Brétigny (act. rue du Président-Wilson), dans le quartier de Palissy.

Stephen Durande est rédacteur en chef d’un journal hebdomadaire politique et littéraire, Le Mousquetaire, entre 1883 et 1885. En avril 1883, il précise son orientation : « Le Mousquetaire personnifie le dévouement complet au Roi et l’obéissance aux ordres de ses représentants. (…) La bannière sous laquelle nous marchons est celle de Jeanne d’Arc ; le drapeau qui nous abrite est celui du Béarnais, père du peuple. (…) Vive le Roi ! ». Son journal est affilié à l’Union royaliste. Il cesse de paraître après dix-huit numéros et est remplacé en 1884 par L'Intérêt social, qui paraît également chaque semaine toujours avec Stephen Durande à la tête de la rédaction. Il est mentionné lors des funérailles du comte de Chambord en septembre 1883.

En matière théâtrale, Stephen Durande dirige la salle des Bouffes-Parisiens. Son épouse exploite à Joinville l'auberge des Bibelots-du-Diable dans le quartier de Palissy, quai Hector Bisson (act. quai Gabriel-Péri), célèbre guinguette, qui attire la clientèle parisienne le dimanche. Elle sert du vin, fait hôtel-restaurant, organise des bals et des concerts. Malgré une faillite en octobre 1892, ils peuvent en reprendre l’exploitation après un accord avec les créanciers en décembre.

Ayant constitué une troupe à son nom, la compagnie Stephen, Durande fait représenter lors des fêtes de Jeanne d’Arc à Bourges (Cher) en mai 1898 des tableaux vivants sur le drame historique de la Pucelle d’Orléans. Il appelle les habitants à pavoiser et illuminer.

Stephen Durande meurt le 9 mai 1906 à Joinville. Il était âgé de 64 ans. Son fils et homonyme sera maire de la commune après-guerre.

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 01:01

Émile Henri Billemont naît le 28 mars 1898 à Lille, Nord. Il est le fils de Jeanne Zélie Billemont, 18 ans, couturière. Le mariage de sa mère avec Jean Baptiste Jules de Geyter en août 1906 à Lille le légitime. Son père est chansonnier, tourneur en fer, éditeur de musique ; d’une famille belge, il a acquis la nationalité française en 1891.

Probablement mobilisé à la fin de la première guerre mondiale, Émile de Geyter (dont le nom est fréquemment écrit Degeyter) épouse, toujours à Lille en décembre 1921 Zulma Marie Cauwels, dont la famille est hollando-belge.

Devenu monteur en chauffage, Émile de Geyter vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1928 avec sa mère et son épouse.

Il est actif au sein de la section de Joinville du parti socialiste SFIO à partir de cette date et jusqu’au moins 1930. La section compte alors une quarantaine de membres, dont 20 adhérents permanents.

Toujours à Joinville, Émile de Geyter est également un des membres fondateurs de na nouvelle Chorale de Joinville, constituée en décembre 1930 par Moutardier, professeur à l’école Diderot. Il est membre du bureau de l’association en tant qu’archiviste. Il réside encore à Joinville en 1936.

Émile Henri de Geyter meurt le 25 novembre 1964 à Roubaix, Nord. Il était âgé de 66 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 00:01

Mise à jour d’une biographie publiée le 13/05/2013.

François Joseph Benoit naît probablement le 27 janvier 1753 à Namur (paroisse Saint-Michel), alors dans les Pays-Bas autrichiens, aujourd’hui en Belgique. Il est le fils de Marie Marguerite Joséphine Tavelet et de son époux Jean François Benoit.

Il épouse en juin 1782 dans la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur Marie Anne Destouches. François Joseph Benoit exerce la profession de perruquier au village de Pont de Saint-Maur où il réside rue du Pont. Ils ont eu plusieurs enfants (Charles Hubert, Louis Marie et François Marie).

Benoit participe à la municipalité de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur constituée en l’an 2 (4 avril 1793). En tant que secrétaire-greffier, il est membre du conseil municipal, exécutif de la commune. En l’an 3, Benoît, accuse réception d'une adresse de la Convention nationale au peuple français.

Le village, qui avait 409 habitants au recensement de 1794, a une administration composée de 5 membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de 6 personnes formant le conseil municipal, autour du maire. Pendant le mandat de François Joseph Benoit, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy.

François Joseph Benoit meurt le 13 ventôse an 10 (5 mars 1802) à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il était âgé de 52 ans. Son décès est déclaré par ses beaux-frères Pierre Antoine Louis Destouches, 54 ans et Jean Antoine Louis Destouches, 38 ans. Tous les deux ont siégé ou siègeront à l’assemblée communale.

Louis Eugène Théodore Benoit, son petit-fils, sera membre du conseil municipal de Joinville (1834-1840). Un autre Louis Eugène Théodore Benoit, fils du précédent et son arrière-petit-fils, sera lui aussi conseiller municipal de la même commune (1874-1881).

 

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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 00:01

Nestor Jean Marie de Caluwé naît le 15 juillet 1845 à Gand (Belgique) dans une famille de la noblesse flamande. Il épouse en octobre 1871 à Paris (3e arr.) Marie Augustine Eugénie Carlier, fille d’un maroquinier. Il monte lui-même, toujours en 1871, une entreprise de maroquinerie, qui obtient un prix lors de l’exposition universelle de 1878. Elle est dissoute en 1879 mais de Caluwé continue d’exercer le métier de maroquinier.

Nestor et Augustine de Caluwé auront quatre filles. Ils s’installent au début du siècle à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, au 8, rue de Brétigny (qui devient après-guerre l’avenue du président Wilson), où ils élèvent plusieurs de leurs petits-enfants.

Nestor de Caluwé est candidat aux élections municipales générales de 1904 à Joinville sur une liste définie comme nationaliste par Le Petit Parisien (Moulinet, Provin, Dalbavie, Raoult, Dupré). La liste s’oppose à celle du maire radical-socialiste Eugène Voisin et à une liste socialiste (Lacroix, Lebègue). Nestor de Caluwé figure en 20e position sur 23 et obtient lors du 1er tour le 1er mai, 321 voix, soit 28,7% des suffrages exprimés, se situant ainsi au 43e rang sur 53 candidats. Il n’est pas élu au second tour, sa liste remportant un seul des 23 sièges en jeu.

En décembre 1917, de Caluwé participe à la collecte humanitaire organisée par le maire de Joinville, Ernest Mermet (radical dissident).

Nestor de Caluwé meurt le 1er février 1923 à Joinville. Il était veuf et âgé de 77 ans.

 

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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 00:01

Adelson Constant Pernez naît le 28 septembre 1843 à Leuze (Hainaut, Belgique). Il est le fils de Thérèse Nicole Lemaire et de son époux, Constant Pernez, corroyeur.

Il travaille également le cuir, s’installant à Paris (11e arr.), rue Vieille-du-Temple, où il est coupeur en chaussures et se marie, en mars 1868 avec Marie Emélie Caroline Vuillier, piqueuse de bottines.

Bien qu’ayant fait son service militaire en Belgique, Pernez est engagé volontaire en 1870 dans l’armée française qui combat les troupes prussiennes et allemandes. En mars 1889, il bénéficie d’une autorisation de résidence permanente à Paris.

Il s’installe après sa retraite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit une partie de sa belle-famille. Il y réside en 1908, année où il obtient par décret sa naturalisation française en août 1908. Sa sœur et son frère s’y installent aussi.

Vers 1912, il est désigné comme administrateur du bureau municipal de bienfaisance. Pendant la guerre, il souscrit régulièrement à diverses collectes humanitaires.

Pernez est élu conseiller municipal en 1919 sur la liste de Henri Vel-Durand, qui rassemble des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants et s’oppose au premier tour à une liste libérale ainsi qu’à une autre socialiste SFIO. Au premier tour, Pernez obtient 770 suffrages exprimés (45,5%) sur 1 715 votants pour 2 491 inscrits. Il est élu au second tour avec 977 voix sur 1 537 (64,4%).

Lors des séances du conseil municipal, Pernez est assidu jusqu’à ce qu’il tombe malade fin 1923. Le journal radical-socialiste Voix des communes le qualifie de « courtois et aimable ». En 1920, il est vice-président de l’Union sportive de Joinville.

Adelson Pernez meurt en cours de mandat à Joinville le 17 décembre 1924. Il était âgé de 81 ans.

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 01:01

Premier article de la biographie de Laurent Graillat.

Laurent Vincent Graillat naît le 20 janvier 1834 à Saint-Vallier (Drôme), il est le fils de Marie Maige et de son époux Laurent Graillat. La famille s’installe à Lyon vers 1835, où les parents exercent la profession de marchands de comestibles en 1859, rue de la Monnaie ; ils sont ensuite concierges en 1877.

Toujours à Lyon, Laurent Graillat exerce la profession de tonnelier et vit également rue de la Monnaie (2e arr.). Il y épouse en mars 1859 Jeanne Jogand.

Sous la Commune de Paris, Graillat est commandant du 240e bataillon de la 70e légion, stationné à Belleville le 18 mars 1871. Selon Ernest Vaughan (1841-1929, fondateur de l’Aurore), « il combattit énergiquement jusque la dernière minute et ne songea à son salut qu'après l'occupation complète de Paris. Il réussit à s'échapper par la porte de Belleville, en sautant du haut du bastion et se réfugia à Saint-Maurice. »

Il continue d’exercer la profession de tonnelier et réside de la Grande-Rue de Saint-Maurice  (Seine, act. Val-de-Marne) quand il déclare le décès de son fils aîné, Jean, 9 ans, en mars 1872. Il était cependant recherché en tant qu’ancien communard et, d’après Ernest Vaughan « un soir, le brigadier de gendarmerie, qui avait pour lui, sinon de l'amitié, du moins beaucoup d'estime, vint le prévenir qu'il avait l'ordre de l'arrêter le lendemain matin. Graillat partit immédiatement ». Il est condamné par contumace, le 21 novembre 1873, par le 3e conseil de guerre, à la déportation à perpétuité dans une enceinte fortifiée.

Il se fixa en 1873 à Bruxelles (Belgique), 19, rue de la Montagne-de-Sion, où il exerce toujours son métier de tonnelier. Il intègre la Société des proscrits de la capitale belge et s’investit dans l’aide sociale aux réfugiés.

Après le décès dans son village d’origine de Civrieux-d'Azergues (Rhône) de son épouse Jeanne en février 1875, Laurent Graillat se remarie en septembre 1878 à Bruxelles avec Marie Joséphine Tourot, originaire de Faucogney (Haute-Saône).

Amnistié, sans doute au titre de la loi du 3 mars 1879, s’installe de nouveau en France et y continue son métier de tonnelier. Il est domicilié 17, passage d’Austerlitz à Paris (12e arr.) quand il déclare la naissance de son second fils, Laurent Désiré. Il est chef tonnelier chez Sauvignon en 1886 où il gagnait 500 francs par mois plus les commissions, puis courtier en vins. Il vivra ensuite dans le même arrondissement rue Érard.

À suivre.

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