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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 00:01

Lucien Fernan Barbier naît le 30 novembre 1863 à Villers-Outréaux (Nord). Il est le fils de Firmie Zoé Stéphanie Letient et de Louis Joseph Henri Barbier, tisseur. Ses parents sont originaires de Gouy (Aisne). Ils tiendront ensuite une auberge à Villers-Outréaux, commune du Cambrésis.

Devenu cordonnier, Lucien Barbier épouse Augustine Delamotte en avril 1887 à Banteux (Nord). Ils vivent à Walincourt (Nord), auront une fille et divorceront en 1902. Augustine Delamotte se remarie, toujours à Banteux, en octobre 1904 avec Jean Louis Estenave, adjudant. Celui-ci la tuera le 1er février 1923 à Paris (16e arr.) où il était employé municipal, déclarant l’avoir étranglée alors qu’elle le menaçait après une scène de jalousie dont elle aurait été coutumière. Il se pend alors qu’il est incarcéré à la prison de Fresnes le 22 février.

Exerçant désormais la profession d’employé, Lucien Barbier vit rue André-del-Sarte à Paris (18e arr.) où il épouse en septembre 1903 Laure Berne. Ils s’installent d’abord rue Boutarel (4e arr.) puis, à partir de 1906, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils sont installés dans le quartier de Polangis, avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

Lucien Barbier enseigne la grosse caisse, la batterie et la caisse claire à Paris en 1905. À Joinville, il rejoint la société symphonique, présidée par Édouard Clément. Il en est le directeur dès le premier concert de la société en décembre 1906. Il associe, en mars 1906, à une souscription lancée par le quotidien Le Matin en faveur des sinistrés de la catastrophe minière de Courrières (Pas-de-Calais). La société cesse son activité pendant la première guerre mondiale.

Après le conflit, Lucien Barbier est un militant actif de la section de Joinville du parti socialiste SFIO. Il n’est pas candidat au premier tour des élections municipales de novembre 1919, mais il figure cependant sur la liste, légèrement remaniée, présentée par cette formation pour le second tour, qui l’oppose à l’Union républicaine et sociale d’Henri Vel-Durand (radical dissident). Il obtient 507 voix pour 1 518 suffrages exprimés (33,4%) sur 1 537 votants et 2 491 inscrits et n’est pas élu.

Lors du renouvellement du bureau de la section socialiste de Joinville, en février 1920, il intègre le bureau en tant que trésorier-adjoint ; le secrétaire est le cheminot André Flambard. Il participe en mai la même année à une souscription « Pour les victimes de la grève et des violences gouvernementales. »

En décembre 1920, Barbier est désigné comme chef de la philharmonie constituée au sein du groupe artistique de la Jeunesse socialiste de Joinville-le-Pont. Sans doute, comme l’ensemble des membres de la SFIO à Joinville, rejoint-il le nouveau parti communiste ce même mois.

Toujours en décembre 1920 Lucien Barbier épouse à Levallois-Perret (Seine, act. Hauts-de-Seine) Eugénie Alphonsine Juliette Leclercq, couturière. Il était veuf depuis mars 1915. Il cesse son activité d’employé de commerce, qu’il exerçait encore en 1926, et reprend son métier initial de cordonnier qu’il exerce comme artisan indépendant à Joinville en 1931.

En 1936, Lucien Barbier, qui est retraité, vit en Dordogne à La Force, avec son épouse et son fils. Il y est toujours en 1938 où il semble continuer une activité musicale et est alors âgé de 74 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Pour son activité artistique, Lucien Barbier a été décoré des Palmes académiques, comme officier d’académie en mars 1913 puis comme officier de l’instruction publique en février 1938.

L'île Fanac et le pont de Joinville

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Faure naît le 22 juin 1866 à Mansle (Charente). Elle est la fille de Marie Daigueplat et de son époux, Jean Faure, cultivateur propriétaire et bistourneur (personne castrant les animaux). Elle est la troisième des neuf enfants du couple.

En 1886, Marie Faure est couturière. Elle quitte Mansle après 1891 pour rejoindre les sœurs Servantes des pauvres, communauté oblate fondée à Angers par dom Leduc. Elle est en 1926 prieure de l’établissement de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), fondé en 1883 par l’abbé Ernest Jouin, qui a une activité de garde-malades. Cette année-là, il y a 11 sœurs pensionnaires ; elles seront 13 en 1931 et autant en 1936. Une autre congrégation de garde-malades, les sœurs de l’Assomption, est installée, dans la même rue, parc du Parangon.

Pour le cinquantenaire de la fondation du centre de Joinville, le conseil municipal, pourtant dirigé par le radical-socialiste Georges Briolay, décide de leur accorder une somme de mille francs. En février, le préfet lui envoie une lettre critiquant cette subvention.

Toujours en fonction en 1936, Marie Faure est peut-être la prieure de la communauté qui souscrit, en mai 1939, pour un secours aux Chinois victimes de la guerre.

Marie Faure meurt le 20 mai 1941 à Angers (Maine-et-Loire), au siège des Servantes des pauvres, rue Parmentier, où elle résidait. Elle était âgée de 74 ans. À Joinville, les sœurs étaient encore en activité à la fin du 20e siècle.

Le site des Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

 

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Christine Anna Drouard naît le 17 novembre 1902 à Curzay-sur-Vonne, Vienne. Elle est la fille de Victoria Félicie Gérard et de Louis Désiré Drouard, garde particulier du domaine du vicomte de Curzay. La famille, originaire de l’Oise, est nombreuse, plus d’une dizaine d’enfants.

L’aînée des filles, Alice Victoria Félicité, deviendra religieuse, sous le nom de sœur Radegonde Kergonan. Ce sera également le cas de Marie Christine Drouard. Elle rejoint la congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption.

À partir de 1921, elles s’installent dans l’ancienne école du Parangon à Joinville-le-Pont, fermée pendant la première guerre mondiale, et qui avait été transformée en hôpital auxiliaire de l'armée américaine puis en service de santé de la Croix-Rouge française. Elles y créent un centre infantile, doté d’un hôpital complémentaire de celui de Créteil. La congrégation utilise également le lieu comme noviciat.

La première supérieure est Georgette Mottot. En 1926, c’est Marie Christine Drouard qui assume la fonction ; on compte cette année-là 43 sœurs. Elle l’a quittée en 1931, remplacée par Marthe Pouponnot.

Marie Christine Anna Drouard meurt le 27 mars 2007 à Issoudun (Indre). Elle était âgée de cent-quatre ans.

Le Parangon avant l'installation des Sœurs de l'Assomption

 

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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 00:01

Pierre Eymas naît le 25 décembre 1874 à Campugnan (Gironde) ; il se fera ensuite appeler Henri. Il est le fils Marguerite Élie et de son époux, Jean Eymas ; ses parents sont cultivateurs dans le village de Sabaron.

En 1895, Henri Eymas est recruté par l’administration des Postes comme commis surnuméraire et affecté au bureau de Blaye (Gironde).

Ajourné en 1895 pour faiblesse, il est finalement déclaré bon pour le service militaire en 1896 et part, en novembre au sein du 2e régiment de génie pour une campagne de deux ans en Algérie. À son retour en octobre 1898, il est affecté au bureau de Montargis (Loiret), où il devient commis titulaire. Peut-être est-ce lors de son séjour sur les bords de Loire qu’il rencontre Marie, originaire d’Ouzouer-sur-Loire (Loiret), présentée ensuite comme son épouse.

Rejoignant la région parisienne, Henri Eymas devient en 1903 commis à la Poste centrale de Paris. Il est probablement mobilisé pendant la première guerre mondiale avec une affectation spéciale auprès des Postes.

Après le conflit, il est nommé contrôleur à Paris en 1920 puis contrôleur principal, dans le 16e arrondissement, en 1927. C’est peut-être son expérience du contrôle qui lui vaut d’être désigné comme receveur du bureau de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). En effet, le receveur titulaire, Paul Mourlam, puise depuis 1926 dans la caisse du bureau pour jouer aux courses ; il est arrêté en septembre 1928 après la découverte d’un trou de 300 000 francs dans sa comptabilité.

Le vieux bureau de Poste du quai du Barrage (anc. quai Beaubourg), jugé depuis longtemps trop petit, est remplacé en août 1930 par un nouvel hôtel des Postes situé en face de la mairie, rue de Paris. En 1931, M. Eymas est un des lauréats du concours lancé par le Touring-Club de France destiné à récompenser les receveurs « qui se sont distingués par l'excellente tenue des bureaux dont ils ont la direction. »

Des cambrioleurs s’attaquent, de nuit en novembre 1932, au nouvel établissement. Les deux coffres installés dans le bureau du receveur vont cependant résister à leurs trois heures de tentative au chalumeau et les voleurs repartent, juste avant l’arrivée de la police, avec un butin de dix-neuf sous (moins d’un franc) et quelques timbres.

Parallèlement à son activité professionnelle, Henri Eymas est percepteur de l’association Amicale des PTT, société de secours mutuels. Il prend sa retraite en juillet 1934 et est alors remplacé par François Alphonse Renom.

Pierre Eymas meurt le 24 décembre 1955 à Joinville-le-Pont, veille de ses 81 ans. il était titulaire de la médaille de bronze de la mutualité depuis septembre 1932. Peut-être a-t-il eu un fils.

 

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 00:01

Jean Arthur Combalet naît le 4 janvier 1855 à Saint-Cyprien (Dordogne). Il est le fils d’une lingère, Marie Combalet et d’un père inconnu ; sa mère le reconnaîtra comme son fils en 1888. La première année, il est élevé par Marguerite Bézat, boulangère à Saint-Cyprien.

En 1868, âgé de 13 ans, il fut envoyé à Bordeaux comme clerc d’huissier puis devint premier clerc. Il s’inscrit dans la classe de Gaston Sarreau, professeur de piano et de chant au conservatoire Sainte-Cécile. D’autres chanteurs réputés ont fréquenté le même enseignement, comme Jean-Alexandre Talazac, ténor et Solve, baryton du Théâtre-Lyrique.

Adoptant désormais le pseudonyme de Cobalet, il obtint le premier prix de chant en 1876. La conscription pour le service militaire se faisant par tirage au sort, Cobalet est incorporé, pour cinq ans, au 3e régiment d’infanterie de marine à Rochefort (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime). Dans la réserve, Cobalet est nommé sous-lieutenant en janvier 1888 puis lieutenant au début de l’année 1891.

Il poursuit cependant ses exercices lyriques durant sa période dans la marine puis, revenu à Bordeaux en 1881, il se perfectionne au conservatoire, chantant notamment la Damnation de Faust de Berlioz et le Paradis et la Péri de Schumann.

Cobalet par Nadar

Rejoignant son camarade de cours de chant, Talazac, il se rend à Paris, obtient une audition à l’Opéra-comique auprès de son directeur, Léon Carvalho, et est tout de suite engagé pour trois années. Il débute, en septembre 1881 dans le rôle de Max, dans l’opéra-comique d’Adolphe Adam, Le Chalet. Selon Charles-Emmanuel Curinier, rédacteur du Dictionnaire national des contemporains, il eut un rapide succès « amplement justifié par la puissance et la souplesse d’une superbe voix de basse-chantante-baryton, par ses qualités de diction, ses innovations savamment nuancées et par un jeu d’acteur très étudié et pourtant naturel. »

Il créa ensuite à l’Opéra-comique Lakmé de Léo Delibes (rôle de Nilakanta), la Perle du Brésil de Gabriel et Sylvain Saint-Étienne (l’Amiral), Manon de Massenet (le comte des Grieux), Proserpine de Camille Saint-Saëns (Renzo) et le Roi d’Ys de Lalo (le Roi). Il interpréta Mignon de Thomas (Lothario) qu’il joua près de 300 fois ; Carmen de Bizet (Escamillo, 200 fois) ; Esclarmonde de Massenet (l’Évêque) ; Roméo et Juliette de Gounod (Capulet) ; l’Étoile du Nord de Meyerbeer (Peters) ; la Damnation de Faust de Berlioz, etc.

Dimitri (le Prieur) ; Benvenuto Cellini (l’Évêque) ; le Déserteur (Courchemin) ; Philémon et Baucis, Mireille, la Jolie fille de Perth, le Barbier de Séville, la Dame Blanche, etc.

Le 25 mai 1887, un violent incendie détruisit pour la seconde fois dans l’histoire la salle Favart où était implanté l'Opéra-Comique. Le sinistre s’est déroulé pendant une représentation de Mignon, œuvre d’Ambroise Thomas. Il fit 84 morts, tandis que Cobalet en ressort blessé. Il conservera toute sa vie une claudication assez prononcée.

Le mariage de Cobalet avec Cécile Solve, elle-même cantatrice et fille d’un baryton issu de la même école bordelaise, eut lieu en août 1889 à Mérignac (Gironde) et fut un évènement mondain, largement évoqué par la presse.

Cobalet quitta l’Opéra-comique en 1891, pour entamer une carrière internationale et tourner en province. Son engagement au Grand-Théâtre de Marseille à l’automne 1891 tourna court rapidement. Il joua à Londres au théâtre de Covent-Garden, puis en Russie, en Roumanie, en Turquie, etc. Il interpréta pour la première fois en France, le rôle du Hollandais dans le Vaisseau-Fantôme de Wagner à Lille en 1892. Il se consacra principalement au répertoire du grand opéra à Anvers ou à Nice où, en 1895, il contribue à la création française d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski. En novembre 1896, il est au Théâtre des Arts de Rouen. Il joua aussi avec la troupe d'opéra d'Angoulême (Charente).

Dès 1885, Cobalet souffrait d’une maladie du cerveau. Sa santé et sa voix s’étant ensuite détériorées, il dut abandonner le théâtre. Vers 1895, il avait acquis une propriété à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier Schaken, avenue de Joinville. Il la baptisa « villa Lackmé ».

En novembre 1897, Cobalet s’était porté candidat à l’exploitation, en régie du Théâtre lyrique municipal auprès du conseil de Paris, mais il ne l’obtint pas.

Il avait commencé à donner des cours de chant, de déclamation lyrique, d’opéra et d’opéra-comique depuis 1893. Il fit partie de l’équipe de lancement du Nouveau cours, rue des Mathurins à Paris en 1899 mais réduisit son activité.

Lors des élections municipales de mai 1900 à Joinville-le-Pont, Cobalet fit partie de la liste présentée par la maire sortant, Eugène Voisin, républicain de tendance radicale-socialiste. Elle emporta, dès le premier tour, les 23 sièges à pourvoir.

En juin, c’est Cobalet qui organise un concert de la municipalité réunie chez Jullien, guinguette suitée sur l’île Fanac, au milieu de la Marne, tenue par l’adjoint au maire Honoré Jullien.

Arthur Cobalet mourut le 18 mai 1901 à Joinville. Il était âgé de 47 ans et n’avait pas d’enfant. Il était décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d’académie depuis mai 1889.

Le peintre Raoul Boudier a réalisé un portrait de Cobalet, présenté au Salon des artistes français en 1886. Plusieurs photographes, dont Nadar, ont également réalisé son portrait.

Cobalet par Ferrand

 

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 01:01

Marie Thérèse Chauvin naît le 30 juillet 1863 à Bordeaux, Gironde. Elle est la fille de Thérèse Denucé et de son mari Arthur-Émile-Alfred Chauvin, négociant.

Issue de la bourgeoisie bordelaise, ancienne élève du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dont elle obtient un premier accessit en 1887, Marie Thérèse Chauvin adopte le pseudonyme de Sylviac dès le début de son activité de comédienne de théâtre. Elle pratique également le piano.

Participant aux débuts du Théâtre-Libre à Paris elle joue sur de nombreuses scènes dans la capitale française, ainsi qu’à Bruxelles et Saint-Pétersbourg ou en province (Lyon, Marseille, Luçon, Cauterets…). Son répertoire est principalement dans la comédie. Très active jusque 1909, elle aura une présence plus limitée ensuite, remontant sur les tréteaux entre 1922 et 1925. Elle tourne dans au moins deux films en 1926 et 1935, Pension Mimosas de son gendre, Jacques Feyder.

En tant qu’auteur, Sylviac est à l’origine de six pièces jouées avant la première guerre mondiale qui sont remarquées par la critique et dont certaines ont du succès à Bruxelles (Le Trait d'Union) ou à Paris (L'Eau qui dort). Elle publie également un court roman, Marchandes de Chichis, développement d’un texte paru dans la presse. L’accueil n’est pas enthousiaste, mais le talent de Sylviac est salué.

Dans la presse, Sylviac tient une chronique dans le Jardin des modes nouvelles (1912-1914) et publie plusieurs articles dans Le Journal, Le Figaro, Comoedia ou Vogue.

Selon l’écrivain Jean Lorrain (1855-1906), « Il y a deux femmes dont la société m'enchante, parce que ce sont les deux plus rosses de Paris : Balthy et Sylviac ». Sylviac consacra d’ailleurs un texte à la chanteuse Louise Balthy (1867-1925).

Pour Sacha Guitry, « Mme Sylviac est la bonté même. Elle ne peut pas souffrir qu'on débine les gens devant elle. Prononcez un nom, vous verrez immédiatement Mme Sylviac s'en emparer, le traîner dans la plus spirituelle des boues, rendant désormais impossible toutes les calomnies. » Sylviac était également très sportive.

Si l’activité artistique de Sylviac lui vaut une certaine réputation, ce sont cependant ses démêlés avec l’administration des Postes qui lui apporteront une réputation considérable.

En avril 1904, Sylviac se plaint, auprès de la surveillante du central téléphonique qu’elle a dû attendre 55 minutes pour obtenir une réponse, tandis que la communication n’aboutit pas. Elle lui déclare que les demoiselles « s’expriment comme des vachères ». L’administration porte plainte pour « outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions » et « imputation calomnieuse » et interrompt son abonnement pour 17 jours. Deux procès vont suivre. Dans le premier, en correctionnelle, Sylviac est acquittée. Dans le second, qui va jusqu’au Conseil d’État, elle ne réussit pas à obtenir ni le remboursement de son abonnement pendant la période concernée, ni l’abrogation de l’article 52 du règlement qui autorisait la coupure des communications ; cependant, l’administration du téléphone cesse de l’utiliser. L’affaire fait l’objet de plus de 1 300 articles, dans les quotidiens ou hebdomadaires nationaux et en province, ainsi que dans les revues juridiques, y compris au plan international. Sylviac, qui était défendue par l’Association des abonnés au téléphone, est présentée comme une héroïne voire comme une nouvelle Jeanne d’Arc. La procédure engagée permis de reconnaître que les employés du téléphone étaient des employés chargés d’un service public, susceptibles donc de se syndiquer.

Sylviac eut, en 1890, une liaison avec un comte limousin, alors lieutenant dans un régiment de cuirassier, Gilbert Bandy de Nalèche. Une fille naquit en 1891 de leur union, Françoise. Elle fut reconnue par son père en 1936.

En 1907-1908, Sylviac fut impliquée dans une autre affaire judiciaire. En juillet 1899, elle avait discrètement épousé, dans le quartier du Strand, à Londres (Royaume-Uni) Léon Osterrieth, officier belge, issu d’une très riche famille francophile d’Anvers. Léon Osterrieth fut administrateur du théâtre des Variétés d’Anvers, propriété de sa famille, et auteur sous le pseudonyme de Noël Retso.

La mère de Léon Osterrieth, née Léonie Mols, avait attaqué devant les tribunaux belges le mariage de son fils pour défaut de consentement parental. En effet, les codes civils français et belge exigeaient cette formalité, ce qui n’était pas le cas de la loi anglaise. Le procès était annoncé comme devoir être sensationnel par la presse parisienne. Cependant, elle ne fit jamais part de ses résultats ; il est donc possible qu’il y ait eu un désistement.

Léon Osterrieth (1870-1924) fut pendant la première guerre mondiale attaché militaire de Belgique à Washington, aux États-Unis, où il sera décoré de la Army Distinguished Service Medal. Il y rencontra peut-être Gilbert de Nalèche, comme lui officier de cavalerie et en poste à la mission diplomatique française dans la capitale américaine.

Françoise Bandy de Nalèche dite Françoise Rosay (1891-1974), fut chanteuse lyrique, actrice de théâtre et de cinéma, résistante pendant la deuxième guerre mondiale et décorée comme officier de la Légion d’honneur. Elle porta le même pseudonyme que sa mère au début de sa carrière, jusque 1911.

Malgré des relations difficiles, la mère et la fille jouèrent à plusieurs reprises ensemble au théâtre, dans sa propre pièce Coiffeur pour dames à la Comédie-Royale en 1909 et au cinéma, dans Pension Mimosas.

Les trois fils de Françoise Rosay et Jacques Feyder travaillèrent tous dans le cinéma : Marc Frédérix (1919-2004) fut décorateur. Paul Feyder (1922-1999) était réalisateur. Enfin, Bernard Farrel (1926-1999) a été auteur, scénariste, réalisateur et comédien.

Sylviac est morte à Paris le 31 décembre 1947 Paris résidait 46, rue La Bruyère. Elle était âgée de 84 ans et fut incinérée au cimetière du Père-Lachaise.

 

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 01:01

François Louis Gilbert Bandy de Nalèche naît le 26 décembre 1863 à Moutier-Rozeille, dans la Creuse. Il est le fils de Berthe Louise Gabrielle Lafond et de son mari, Louis Charles Léonard Bandy de Nalèche, avocat, homme de lettres, maire du Monteil-au-Vicomte et futur et député.

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles. François de Nalèche porte le titre de comte, obtenu par son père auprès du pape en 1861. Son frère cadet, Étienne, porte également le même titre.

Ayant rejoint la carrière militaire en 1884, comme plusieurs de ses aïeux, au 4e régiment de dragons, de Nalèche intègre en septembre 1888 l'école militaire d'application de cavalerie à Saumur, Maine-et-Loire. Il rejoint ensuite le 3e régiment de cuirassiers. En 1900, alors lieutenant, il est officier d’ordonnance du général commandant la 5e brigade de dragons. Passé par les 27e, 23e et 18e régiments de dragons, il est capitaine en 1904. Il démissionne en 1905.

Selon le professeur d'histoire Daniel Dayen, Gilbert Bandy de Nalèche était charmeur et bon vivant.

Vers 1890, Gilbert Bandy de Nalèche eut une relation avec l’actrice Sylviac, alias Marie-Thérèse Chauvin (1863-1947). Actrice de théâtre et auteur dramatique, originaire de Bordeaux et ancienne élève du Conservatoire national, Sylviac devint célèbre en 1904 pour ses aventures avec l’administration des téléphones. Ils eurent une fille, Françoise Gilberte qui devint cantatrice et actrice de cinéma célèbre sous le nom de Françoise Rosay, née en avril 1891. Gilbert de Nalèche la reconnut comme sa fille en mars 1936.

En septembre 1896, Gilbert de Nalèche avait épousé Marie-Anne Blanche Violette de Jannel de Vauréal, la sœur cadette de la femme de son frère Étienne. Ils auront deux enfants, Henri et Solange. Séparés de corps et de biens en 1916, ils divorcent en 1936.

Dès la période de son activité militaire, de Nalèche dispose de chevaux de course. Il en engage au moins sept dans des compétitions entre 1892 et fin 1912.

La ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), propriété de la Ville de Paris, est mise en location en 1904. De Nalèche en obtient le bail, selon l’historien Georges Bousquié ; il confie l’exploitation à un vétérinaire de Vincennes, André Victor Giboin.

Pendant la première guerre mondiale, Gilbert de Nalèche s’engage de nouveau malgré son âge de 51 ans. Il fut affecté au dépôt de remonte de nouveaux chevaux à Mâcon puis à celui de Fontenay-le-Comte, avant d'être envoyé comme acheteur au Haut-Commissariat de la République française aux États-Unis où il se rend, via New-York, en 1915. Il y rencontra peut-être Léon Osterrieth, attaché militaire de Belgique en 1918, comme lui officier de cavalerie, qui avait épousé en 1899 à Londres Sylviac, mère de sa fille aînée.

Après le conflit, il devient contrôleur des régions libérées de la Somme auprès de la préfecture de ce département. À ce titre, il accueille un groupe de 82 jeunes anglaises en août 1923.

Reprenant ses activités dans la remonte des chevaux, de Nalèche devient chef d'escadrons (commandant) en 1924. Il quitte l’armée en mars 1925.

Après en avoir fait la demande en avril 1919, de Nalèche obtient du préfet de la Seine, avec l’approbation du conseil de Paris, un nouveau bail de location de la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, située sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il doit prendre en charge les fermages courus pendant la période de guerre. Il devait également engager des travaux de remise en état de l’ancienne ferme impériale. Cependant, il n’est pas certain que de Nalèche ait réellement assumé son rôle de fermier. En effet, en 1931, c’est le régisseur du domaine, Louis Caillon, qui est présenté comme le locataire, et qui proteste contre son éviction par la ville de Paris qui veut installer l’école d’horticulture sur son domaine.

La Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, en 1912

 

 

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, il réside dans son château familial de Nalèche. Sa fille Françoise y séjourna un mois. Il épouse, en septembre 1941 à Paris (9e arr.) Andrée Léonie Louise Laillet. À la fin de la guerre, le château de Nalèche est pillé « par des résistants de la dernière heure », selon le quotidien La Montagne (2013/05/31).

Gilbert Bandy de Nalèche meurt le 26 février 1949 à Paris (18e arr.) ; il résidait ave sa seconde épouse place Adolphe-Max à Paris (9e). Son frère Étienne (1865-1947), n’eut pas de descendance. Sa fille Solange, née en 1905 était morte en 1933. Son fils Henri (1902-1979) fut le dernier à porter le titre comtal. Il n’eut semble-t-il pas d’enfant lui non plus. Seule la fille aînée de Gilbert de Nalèche, Françoise Rosay, eut trois garçons et des petits-enfants.

Gilbert Bandy de Nalèche était, depuis décembre 1918, chevalier de la Légion d’honneur.

Gilbert Bandy de Nalèche

 

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 01:01

La famille de Nalèche, d’origine limousine et implantée dans la Creuse, connut une notoriété constante pendant près de deux siècles.

Léonard Bandy de Lachaud, seigneur de Lachaud, Noizat et Nalèche (1729-1803), marchand tapissier à Felletin, est député du tiers état par la sénéchaussée de Guéret aux États généraux en 1789, où il défend des positions républicaines. Il est maire de Felletin en 1801.

Gilbert Bandy de Nalèche (1756-1820), fils du précédent, militaire, prend la tête du 1er bataillon de volontaires de la Creuse, contribuant à la libération de Thionville, en septembre 1792. Devenu génal en 1793, il est reversé dans la gendarmerie en 1797. Hostile au coup d'État du 18 brumaire de Napoléon Bonaparte, il vote contre le consulat à vie, ce qui lui vaut d'être mis en réserve. Il rentre en grâce en 1809 et est nommé chef de brigade dans la cavalerie. Il devient commandant supérieur des îles de la Zélande en 1814 (aux actuels Pays-Bas). En 1812, il reçoit le titre de baron et est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1813. Pendant les Cent-Jours en 1815, il est élu par l'arrondissement d'Aubusson à la Chambre des représentants.

Auguste François Léonard Bandy de Nalèche (1789-1868), fils du précédent, également militaire, fut avocat, sous-préfet d'Aubusson en 1830 et inspecteur général des établissements de bienfaisance en 1844.

Louis Bandy de Nalèche (1828-1879), fils du précédent, également avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, fut homme de lettres, publiant des travaux historiques : La Moldo-Valachie (1856), Poésies complètes du chancelier Michel de L'Hospital (1857), Les Maçons de la Creuse (1859). Nommé maire du Monteil-au-Vicomte en 1852, il reçoit du pape Pie IX le titre de comte en 1861. Il rallie la République lors de sa proclamation le 4 septembre 1870. En 1874, il est élu conseiller général du canton de Felletin. En février 1876, il est élu député républicain de l'arrondissement d'Aubusson. Siégeant sur les bancs de la gauche modérée, il vote l'amnistie partielle des communards en mai 1876, et fut l'un des 363 députés républicains opposés au coup de force présidentiel du 16 mai 1877. Réélu en octobre de cette année, il meurt en fonctions.

Les deux fils de Louis Bandy de Nalèche et de son épouse Berthe Lafond vont également connaître une place significative dans la vie publique. Ils épousent deux sœurs, filles du comte Henri de Vauréal.

Le cadet, Étienne Bandy de Nalèche (1865-1947), fut d’abord diplomate puis journaliste. Après son mariage, il devient administrateur puis directeur en 1898 du Journal des débats, quotidien dont sa femme était l'héritière. Il joue un rôle important dans les instances professionnelles, comme vice-président puis président du Syndicat de la presse parisienne. Membre de l’Institut, il est commandeur de la Légion d’honneur.

L’aîné, Gilbert Bandy de Nalèche (1863-1949), officier de cavalerie fut propriétaire de chevaux. Il prit à bail la Ferme de la Faisanderie dans le Bois de Vincennes (Joinville-le-Pont, act. Paris).

La fille de ce dernier avec l'actrice Sylviac, Françoise Bandy de Nalèche (1891-1974), dite Françoise Rosay, fut une chanteuse lyrique, actrice de théâtre et de cinéma, résistante. Elle était officier de la Légion d’honneur.

Henri Bandy de Nalèche (1902-1979), fils de Gilbert et demi-frère de Françoise Rosay, ingénieur agronome, fut l’actionnaire principal du quotidien Le Petit Journal, dont la société éditrice confia la direction politique au colonel La Rocque, dirigeant du parti social français (PSF, extrême-droite). Il avait résidé en 1929 à Brazzaville (Moyen Congo) et en 1942 à Vichy, Allier, siège de l’administration de l’État français.

Nous reprendrons dans des articles suivants les biographies de Gilbert Bandy de Nalèche, Sylviac et Françoise Rosay.

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