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7 février 2023 2 07 /02 /février /2023 00:01

Georges Edmond Maréchal naît le 22 février 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maria Apolline Joséphine Caüet, originaire du Pas-de-Calais, ouvrière dans l’usine Pathé de Joinville (cinéma), et de son mari, Daniel Edmond Maréchal, ouvrier dans la même entreprise. La famille vit dans le quartier du Centre, rue du Pourtour-des-Écoles.

Pendant la première guerre mondiale, son père est prisonnier en Allemagne (1914-1916). Ses parents se séparent après le conflit.

Devenu électricien, Georges Maréchal s’installe à Joinville rue du Chemin-Creux (quartier du Centre) et y épouse en août 1936 Berthe Henriette Bray, couturière.

À la fin de la deuxième guerre mondiale, Maréchal représente le Mouvement de libération nationale (MLN) au sein du comité local de Libération de Joinville, conjointement avec Georges Moutenot. Le MLN regroupe en 1944 plusieurs mouvements, dont Combat (issu lui-même d’un premier MLN, fondé en 1940 par Henri Frenay), les Mouvements unis de la Résistance, Défense de la France, Résistance et Lorraine. Outre des partis politiques (PCF, SFIO, radicaux-socialistes), le syndicat CGT, l’association d’anciens combattants ARAC, le comité local de Libération comprend aussi des représentants du Front national (proche des communistes) et de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Lors des élections municipales de mai 1945 à Joinville, Maréchal est, comme Moutenot, candidat sur la liste d’Union résistante et démocratique, conduite par Robert Deloche, maire communiste. La liste remporte les 27 sièges à pourvoir, avec une moyenne de 61,7% des suffrages exprimés. Moutenot et Maréchal figurent parmi les 9 indépendants de gauche que compte le conseil municipal, aux côtés de 7 communistes, 6 socialistes SFIO et 5 radicaux-socialistes.

Le mandat de Maréchal prend fin en novembre 1947. Georges Moutenot deviendra, en 1953, adjoint au maire de Joinville-le-Pont en tant que membre du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien).

Après son divorce en janvier 1946, Georges Maréchal épouse en juin cette même année, toujours à Joinville, Anne Marie Alice Brunel.

Georges Edmond Maréchal meurt le 28 décembre 1964 à Joinville. Il était âgé de 55 ans et père de trois enfants issus de son deuxième mariage.

Célébration de la Libération à Joinville-le-Pont, août 1944

 

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3 février 2023 5 03 /02 /février /2023 00:01

Jules Célestin Guervin naît le 29 décembre 1889 à Paris (20e arr.). Il est le fils de Marguerite Dell, journalière et de son mari Nicolas Guervin, ébéniste. Ils vivent rue d’Avron dans un quartier dédié au travail du bois et à la production de meubles.

À l’instar de son père, Jules Guervin devient ébéniste. Appelé pour faire son service militaire, il est incorporé au 11e régiment d’artillerie basé à Briançon (Hautes-Alpes). En janvier 1913, il est arrêté dans cette ville et transféré par la gendarmerie à Grenoble (Isère) où il est incarcéré et accusé de « désertion en temps de paix. »

Il est possible qu’il ait été, au moins partiellement, relevé de cette accusation car il est mobilisé au cours de la première guerre mondiale, qui débute en août 1914, au sein du 6e régiment d’artillerie de campagne et non dans un bataillon disciplinaire. Il combat au front en janvier 1916 quand il obtient une permission pour épouser, à Valence (Drôme), Henriette Dubreuil, journalière dans cette ville.

Après le conflit, Jules Guervin s’engage dans l’action syndicale. Le Congrès des fabriques de l'ameublement parisien est lancé en juillet 1923 dans le cadre de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), qui rassemble notamment des communistes et des anarcho-syndicalistes, dissidents de la CGT. Il vise à regrouper les différents syndicats de métier et se tient en avril 1924 à Paris (20e arr.) dans la salle de la Bellevilloise. En mars et avril, Jules Guervin est l’un des orateurs désigné pour animer des réunions concernant les ouvriers de trois maisons (Mougelis ou Mangelis, Magno et Aubert ainsi que Pivo et Prince).

C’est Guervin qui collecte, en mai 1925, une souscription auprès du personnel de la maison Foucaud en faveur de Clerc et Bernardon, deux ouvriers communistes inculpé de meurtres rue Damrémont à Paris de membres des Jeunesses Patriotes, organisation d’extrême-droite, qui sont qualifiés de « manifestants fascistes » par le quotidien L’Humanité.

En 1926, séparé de son épouse, Jules Guervin vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Lucie Devilliers, doreuse puis brunisseuse, et un fils de cette dernière. Ils résident impasse Jules-Rousseau, dans le quartier du Centre.

À Joinville, Guervin est militant du parti communiste. Il est candidat en septembre et octobre 1928 à une élection municipale partielle organisée pour pourvoir à trois sièges vacants, suite au décès du maire, Henri Vel-Durand (droite, radical dissident). La liste communiste, qui porte le titre de Bloc ouvrier et paysan, est dirigée par Roger Benenson, ouvrier mécanicien, futur député de Seine-et-Marne, déporté en Allemagne et mort dans en camp de concentration pendant la deuxième guerre mondiale. Elle comprend en outre Jules Guervin et une candidate, Mme Martin. Les voix en faveur de cette dernière seront annulées, les femmes n’étant alors ni éligibles ni électrices. Guervin obtient, au premier tour, 298 voix pour 1 524 suffrages exprimés sur 1 538 votants (19,6%) et 2 995 inscrits. La liste du groupement des gauches (radical-socialiste, socialiste SFIO et socialiste indépendant) arrive en tête avec 40,5% devant l’Union nationale (droite, 39,1%). Au second tour, Benenson et Guervin sont de nouveau candidats, mais leur score régresse, tandis que les trois postulants du cartel des gauches l’emportent.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, Guervin est de nouveau présent, en cinquième position, sur la liste de Roger Benenson. Il obtient 345 voix pour 2 267 suffrages exprimés (15,2%) sur 2 290 votants et 2 969 inscrits. Maintenue au second tour, la liste communiste perd de nouveau des voix, tandis que la gauche radicale et socialiste emporte 22 des 27 sièges à pourvoir, les cinq autres allant à la droite. Georges Briolay (radical-socialiste) est élu maire.

Jules Guervin meurt le 15 décembre 1956 à Antibes (Alpes-Maritimes). Il était âgé de 66 ans.

Vue du port de Joinville-le-Pont

 

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1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 00:01

François Jean Quéré naît le 26 novembre 1891 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Yvonne Hamon et de son mari, François Quéré, matelot, en mer au moment de sa naissance.

En 1906, François Quéré est candidat pour devenir apprenti des constructions marines à Brest, établissement dépendant de la marine nationale. Il y rentre sans doute en 1908. Il s’engage au moment d’effectuer son service militaire, probablement dans la marine.

Exerçant la profession de tourneur sur métaux, François Quéré rejoint sa sœur qui est employée dans la firme Pathé (cinéma) à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et vit dans cette ville dans le quartier de Polangis. Il vit d’abord avenue du Parc puis quai de Polangis et épouse, en mars 1914, Berthe Conchard, polisseuse.

Au cours de la première guerre mondiale, François Quéré est probablement mobilisé dans la construction maritime et retourne à Brest.

Après-guerre, il revient à Joinville, dans le même quartier, d’abord avenue Jamin puis avenue Pauline et enfin avenue des Lilas (act. avenue Pierre-Allaire).

En août 1921, le quotidien signale qu’il est membre du parti communiste, nouvellement créé en décembre précédent par l’adhésion de la majorité des adhérents de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) aux conditions posées par la Troisième internationale ; à Joinville, tous les membres du parti socialiste SFIO rejoignent la nouvelle formation.

C’est probablement lui, mentionné sous le nom de Quéri, qui, en juin 1922, participe à la souscription du Comité d'assistance à la Russie soviétique en compagnie des Fêtes populaires de Joinville, groupement culturel monté par les communistes dans la commune.

Peut-être est-il aussi le contributeur, mentionné en tant que Quéré, à une ou plusieurs des souscriptions du journal en 1927 (élections législatives) puis entre 1929 et 1930 « Pour L’Humanité de Lénine. »

Sans doute malade, François Quéré est mentionné comme étant « sans profession » dans les recensements effectués à Joinville en 1931 et 1936. Il meurt le 16 mars 1938 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était hospitalisé. Son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville, où il résidait toujours. Âgé de 46 ans, il était père de quatre enfants, dont trois étaient vivants à sa disparition.

Avenue Pierre-Allaire, ex-avenue des Lilas à Joinville-le-Pont

 

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20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 00:01

Frédéric Émile Ernest Grassoreille naît le 22 mars 1896 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Marie Bullot, fleuriste, et de son mari Frédéric Adolphe Grassoreille, cannier, c’est-à-dire ouvrier qui confectionne les cannages pour chaises. Ils vivent rue des Annelets puis, dans le 20e arrondissement, rue des Amandiers.

Appelé à faire son service militaire pendant la première guerre mondiale, Frédéric Grassoreille, qui exerce le métier de peintre en bâtiment, est mobilisé au sein du 149e régiment d’infanterie (RI) en avril 1915. Il passe au 122e RI en mai 1916 puis au 256e en août la même année. Il est une première fois blessé en mai 1917 à Ueberkurnen (Haut-Rhin, act. Balschwiller, Alsace) et hospitalisé, avec des plaies multiples à la jambe, à une fesse, et à la tête. En février 1918, il est intoxiqué puis, en octobre cette année-là, gazé et évacué. Il est démobilisé en janvier 1919. Il se voit reconnaître un invalidé partielle, qui lui vaut une petite pension.

Son comportement pendant le conflit lui vaut deux citations. La première, en mai 1917, à l’ordre de la brigade remarque « Un soldat brave et dévoué, qui a toujours fait preuve du plus grand mépris du danger. Le 2 mai, s’est à nouveau distingué par la part active qu’il a prise à une reconnaissance offensive exécutée dans des circonstances particulièrement difficiles et au cours de laquelle dix allemands ont été capturés ». La seconde, à l’ordre du régiment en janvier 1918, salue un « Excellent soldat, toujours volontaire pour les missions périlleuses. A exécuté [en janvier] des patrouilles d’embuscade particulièrement pénibles et dangereuses, en avant de nos lignes. A participé à l’attaque et à la mise en fuite d’une forte reconnaissance ennemie qui tentait d’aborder nos lignes. »

Après son mariage en avril 1920 avec Solange Éva Braconne, couturière, native de la Creuse, la famille s’installe rue de l’Ermitage (20e arr.). Il est établi à son compte comme peintre et vitrier en 1928. Son livret militaire signale qu’il est condamné, en novembre 1928 à 16 francs d’amende pour « complicité » puis amnistié.

Peut-être est-ce lui qui, sous son patronyme, participe à une souscription en août 1929 dans le quotidien L’Humanité pour fournir « Un budget de guerre pour le Parti [communiste] ».

Au début des années 1930, Frédéric Grassoreille quitte le domicile familial pour Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il y est candidat en octobre 1934 sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (communiste) à des élections municipales complémentaires, pour pourvoir à dix sièges vacants et figure en neuvième position. Il obtient au premier tour 409 voix pour 2 297 suffrages exprimés (17,8%) sur 2 360 votants et 3 225 inscrits. La liste communiste a légèrement devancé celle du parti socialiste SFIO, qui se retire pour le second tour, de même qu’une liste de républicains indépendants. Lors du scrutin de ballotage, face à l’alliance entre l’Union républicaine (droite) et les radicaux-socialistes, la liste communiste bénéficie d’un report de voix ; Grassoreille recueille 746 votes pour 1 903 suffrages exprimés (39,2%) sur 1 964 votants. Il n’est pas élu.

On retrouve Frédéric Grassoreille, toujours peintre, sur la liste communiste, conduite par Robert Deloche, pour les élections municipales générales de Joinville en mai 1935. Il figure en 10e position et obtient 673 voix sur 2 856 suffrages exprimés, soit 23,6%. Arrivée en troisième position, la liste communiste fusionne ensuite avec celle de la SFIO, dans le contexte du Front populaire. Grassoreille ne figure pas sur la liste du second tour, conduite par un indépendant, André Blocher, responsable de la Ligue des droits de l’Homme et de l’association d’anciens combattants ARAC. Elle fait presque jeu égal avec 39,7% contre 40% avec la liste de droite, et a deux élus sur 27.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Frédéric Grassoreille est sans doute mobilisé au début du conflit. Ses obligations militaires prennent fin en mars 1940. Peut-être est-ce lui qui est mentionné en février 1941 dans le quotidien La France au travail (proche du Rassemblement national populaire de Marcel Déat) comme participant à une souscription en faveur de la famille de l’ouvrier Gressard, présenté comme victime de représailles patronales.

Frédéric Grassoreille meurt le 23 novembre 1966 à Suresnes (Hauts-de-Seine). Il était âgé de 70 ans et père de quatre enfants. Il avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze et, en mars 1921, de la Médaille militaire.

Crue de la Marne à Joinville en 1930

 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 00:01

François Henri Picouret naît le 20 janvier 1900 à Alfortville (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Maria Jacquet et de son époux Jean Picouret, journalier.

Trop jeune pour être mobilisé pendant la première guerre mondiale, il fait un très bref service militaire entre mars et mai 1920 au 149e régiment d’infanterie. Il est en effet réformé à cause d’un « astigmatisme compliqué », sa vue étant considérée comme de un sur dix.

Peu après, en août 1920, il épouse, dans la commune proche de Joinville-le-Pont, Marie Anne Eugénie Daguerre, soudeuse autogène. Ils s’installent dans cette commune, dans le Centre, rue de Paris. Picouret travaille ensuite comme paveur.

Sportif amateur, Picouret s’aligne dans des courses cyclistes de vétérans en 1924. Il est également encadrant, d’abord en 1923 à l'Etoile Sportive de Créteil, puis en 1924-1925 à Joinville Sportif, où il est manager soigneur. Il est ensuite pompier bénévole. Son activité lui vaut, en février 1936, une médaille de bronze de la Société d’encouragement au dévouement.

Lors des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Picouret est candidat en 27e et dernière position sur la liste communiste, conduite par Robert Deloche. Elle arrive en troisième position avec 23,5% des votes, derrière la droite de l’Union républicaine (32,6%) et l’équipe municipale sortante du Groupement des gauches (radicaux-socialistes, 26,8%), mais devant le parti socialiste SFIO (12,3%). Picouret est crédité de 671 voix pour 2 856 suffrages exprimés (23,5%) sur 2 923  votants et 3 433 inscrits.

Peut-être parce que son score l’a placé en dixième place, Picouret figure au second tour sur la liste fusionnée du parti communiste et de la SFIO, qui a un responsable d’une association d’anciens combattants à sa tête, André Blocher. Le Groupement des gauches du maire Georges Briolay connaît un fort recul, à 19,5%, et n’a pas d’élu ; le Front populaire remporte deux sièges avec 39,7%, très près de la droite qui empoche les 25 autres avec 40%. Picouret obtient 1 103 voix pour 2 899 suffrages exprimés (38,1%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu.

En mars 1938, lors de la désignation par les membres du conseil municipal des délégués sénatoriaux, Picouret reçoit un suffrage ; la liste de droite récolte les 9 délégués en jeu. Il est alors employé comme chauffeur par la Ville de Paris, probablement à l’usine des Eaux, située  Joinville.

François Henri Picouret meurt le 11 novembre 1965 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Il était âgé de 65 ans et père de deux enfants.

Course Paris Le Tréport, organisée par Joinville-Sportif en 1927

 

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14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Roger Benenson

Député et conseiller général de Provins, Roger Benenson est le directeur politique de L'Information, hebdomadaire communiste de Seine-et-Marne. Après la signature du Pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, son journal est interdit. Lui-même est mobilisé dans l’armée le 6 septembre, au sein du 15e régiment de génie. Il est démobilisé, après la cessation des combats, le 16 juillet 1940 à Saint-Girons (Ariège).

Ayant obtenu une permission pour siéger à la Chambre en janvier 1940, Benenson, contrairement à quatre autre députés communistes, s’associe à l’hommage rendu aux soldats français. Avec trois autres dissidents, dont André Parsal, élu de la circonscription de la Seine où il s’était lui-même présenté en 1928. Le 11 janvier, Benenson est, avec Honel (Seine), Langumier (Seine), Le Corre (Seine-et-Oise), Parsal (Seine) et Dewez (Nord) l’un des six signataires d’une lettre adressée à Édouard Herriot, président de la Chambre des députés : « Nous affirmons hautement notre attachement à la France et à sa défense et notre attachement indéfectible à la cause des revendications des masses laborieuses sur le terrain de la liberté et de la démocratie. Mobilisés depuis le début de la guerre nous nous sommes inclinés devant la discipline, avons accompli intégralement notre devoir de soldats. Nous sommes aujourd'hui en mesure de déclarer que nous ne pouvons que nous élever contre une politique qui a abouti à l'attaque contre la Finlande et à une menace contre la liberté du pays de France menacé par Hitler. »

Malgré cette prise de position, considérée comme trop tardive, la déchéance du mandat de Benenson est prononcée par le parlement. Au cours de la discussion au Sénat, Marx Dormoy avait évoqué la situation des députés mobilisés : « Vous voyez des croix de bois avec cette inscription Mort pour la France et exclu du Parlement français ? »

En mars 1940, il est en outre déchu de son mandat de conseiller général de Provins.

Avec plusieurs anciens sénateurs, députés et maires communistes, Benenson signe une Lettre aux ouvriers communistes, publiée dans Le Matin (1941/09/06). Le premier signataire est Marcel Gitton, ex-secrétaire du parti communiste français, ancien député de la Seine. La lettre explique que « Durant de longues années, nous avons milité dans les rangs du Parti communiste. Nous avons partagé votre foi, vos espérances. Nous avons rompu avec le Parti communiste, considérant que sa dépendance directe de Moscou, la soumission totale de certains de ses dirigeants à l'Internationale dont l'activité était exclusivement dictée par les intérêts et la politique d'alliances si mouvante et parfois équivoque de l'URSS, lui ont enlevé, à un moment capital pour l'avenir de la classe ouvrière, de notre pays, toute possibilité de jugement impartial et indépendant. En un instant, il a renié son action de plusieurs années, s'est séparé de la nation et a brisé ses liens essentiels avec les masses populaires. Il est de nouveau retombé dans une politique sectaire et aventuriste que nous ne pourrions admettre parce que fatale pour les travailleurs qu'il avait mission de défendre et d'émanciper ». Appelant leurs lecteurs à les rejoindre, ils appellent à « bâtir la France de demain. Pour le travail et le pain, Pour la paix et la fraternité des peuples. »

Ce sera la dernière intervention publique de Benenson car, avant même la parution du texte, le 4 septembre 1941, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son internement administratif, le considérant comme « dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ». Il est d’abord interné au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) puis dans celui de Voves (Eure-et-Loir). Il est ensuite déporté à partir de Compiègne le 21 mai 1944 dans un convoi comprenant 2 004 hommes, dont plus de 60% disparurent. Il arrive au camp de concentration de Neuengamme (Hambourg, Allemagne) le 24 mai. Benenson porte le matricule 30 446. Il est ultérieurement transféré au camp annexe de Drütte (Salzgitter, Basse-Saxe, Allemagne), créé pour fournir de la main-d’œuvre à la fonderie de Brunswick pour sa production d’obus.

Roger Benenson meurt le 5 mars 1945 à Drütte. Selon Maitron et Pennetier, il était devenu aveugle et mourut d'épuisement. Âgé de 44 ans, il avait eu deux enfants.

Roger Benenson avait, comme ses collègues qui avaient pris leurs distances avec la  politique soviétique, été exclu du parti communiste. Marcel Cachin, dirigeant du PCF, qui prononce le discours d’ouverture de la nouvelle Assemblée nationale en qualité de doyen d'âge en 1946, « omit » de nommer Roger Benenson, parmi les députés morts pour la France. Ses obsèques eurent lieu à Provins en mai 1949.

La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès par arrêté du secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants, en date du 4 septembre 2007.

Fin

Tombe de Roger Benenson, Provins

 

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12 janvier 2023 4 12 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Roger Benenson

Roger Benenson se marie, en mai 1925 à Paris (12e arr.) avec Marie Morin. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et résident dans le Centre, rue de Paris.

Lors des élections législatives d’avril 1928, il est candidat pour le parti communiste dans la 4e circonscription de l’arrondissement de Sceaux du département de la Seine (Saint-Maur-des-Fossés) qui comprend notamment Joinville. Parmi les autres candidats, il y a Gaston Muller, élu communiste de 1924 sur la liste menée par Paul Vaillant-Couturier dans le 4e secteur de la Seine ; le scrutin de liste alors en vigueur a été ensuite remplacé par le vote majoritaire. Gaston Muller a désormais l’étiquette de communiste indépendant. À l’issue du premier tour, Benenson arrive en deuxième position, largement distancé par Adolphe Chéron, radical indépendant, qui sera élu. Il obtient 2 589 voix pour 16 820 votants (15,4%) et 19 920 inscrits. Au second tour, il s’incline avec 4 458 voix pour 15 519 votants (28,7%)

Des élections municipales partielles sont organisées en octobre 1928 à Joinville, après le décès du maire, Henri Vel-Durand (radical indépendant) pour pourvoir à trois postes. Benenson présente une liste qui compte une candidate, Mme Martin ; les bulletins de cette dernière ne seront pas comptés, les femmes n’étant alors ni électrices ni éligibles. Pour sa part, Benenson recueille 306 voix pour 1 524 suffrages exprimés (20,1%) sur 1 538 votants et 2 995 inscrits. Il se maintient au second tour, malgré la présence d’une liste du groupement des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendant) ; c’est celle-ci qui a trois élus, Benenson voyant son score reculer à 14,3%.

Il est de nouveau à la tête de la liste communiste lors des élections municipales générales de mai 1929 à Joinville. Sa liste arrive de nouveau troisième, avec une moyenne de 341 voix pour 2 126 suffrages exprimés (16%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, le groupement des gauches arrive en tête avec 45,9% et 22 sièges, la droite emportant les cinq restants avec 41,6%, tandis que les communistes reculent à 12,5%. Benenson n’est pas élu, Georges Briolay (radical-socialiste) devient maire.

Toujours en mai 1929, Benenson s’aligne pour le scrutin départemental dans la 2e circonscription du canton de Saint-Maur-des-Fossés, qui comprend notamment Joinville. Il recueille 15,5% des votes au premier tour et 14% au second et n’est pas élu. C’est Avet, maire de Créteil, républicain radical, qui gagne.

En février 1930, Benenson est encore le porte-drapeau du parti communiste à Joinville. Cependant, il a passé en 1928 le concours du Service des eaux de la ville de Paris et a été reçu. Il est recruté comme tourneur-ajusteur en septembre 1931 au Service de dérivation de Seine-et-Marne et s’installe alors dans la petite commune des Ormes-sur-Voulzie. Il est nommé chef ouvrier en 1934.

Il se présente comme candidat lors des élections municipales de mai 1935 à Ormes-sur-Voulzie et échoue.

Après cinq échecs électoraux entre 1928 et 1935, Roger Benenson est de nouveau candidat en avril 1936 pour les élections législatives dans la circonscription de Provins en Seine-et-Marne. Devançant de peu le député sortant Augé (radical-socialiste), il est en tête au premier tour avec 3 118 voix pour 11 835 votants (26,3%) et 13 489 inscrits. Malgré les accords de Front populaire, le radical refuse de se retirer, mais c’est cependant Benenson qui est élu en mai dans une élection triangulaire au second tour avec 4 779 voix pour 11 856 votants (40,3%).

À l’Assemblée nationale, il s’inscrit dans le groupe communiste, qui compte 72 membres. Il est membre de la commission des postes, télégraphes et téléphones et de celle des travaux publics. Le journal L’Informateur de Seine-et-Marne (1936/05/27), fortement anticommuniste, présente Benenson comme étant un des douze représentants de « la tribu d'Israël » au parlement, avec notamment Léon Blum, président du conseil (socialiste SFIO), Georges Mandel, ministre des PTT (indépendant) ou Pierre Mendès-France (radical-socialiste).

En octobre 1937, R Benenson remporte un nouveau succès, en se faisant élire conseiller général du canton de Provins. Il bat au second tour le Dr Merlin, sortant, républicain indépendant, en recevant 1 573 voix pour 3 132 votants (50,2%) et 3 751 inscrits. Il est le benjamin de l’assemblée départementale, qui siège à Melun.

C’est sans doute pour assurer son mandat que Benenson passe son permis de conduire en mars 1937 et acquiert une « voiture usagée » ; il est victime d’un accident avec un camion en avril à Provins que L’Informateur de Seine-et-Marne attribue à « un manque de réflexe » du néophyte.

Ayant présenté à la Chambre des députés en juin 1938 une proposition en vue de l'organisation d'un pèlerinage à Valmy, Benenson intervient également pour qu’on accorde des facilités de transport aux malades en traitement pour tuberculose.

À suivre

Roger Benenson, arch. Assemblée nationale

 

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10 janvier 2023 2 10 /01 /janvier /2023 00:01

Début de la biographie de Roger Benenson

Roger Henri Benenson naît le 13 avril 1900 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Rosine Duchmann et de son mari, Salomon Benenson, tailleur. Ils vivent rue Sainte-Anne puis, rue des Moulins (1er arr.). Le père est natif de Minsk en février 1875 (Russie, act. Biélorussie) et les parents de la mère sont originaires d’Alsace et de Lorraine occupée par l’Allemagne.

En décembre 1902, Salomon Benenson est le personnage principal d’une affaire qui va susciter des dizaines d’articles dans la presse parisienne comme de province. Présenté comme « Un couturier Juif » par La Tribune française, Benenson a été coupeur chez, un grand couturier de la rue de la Paix à Paris, ce qui lui permit de se créer de nombreuses relations. Il monte sa propre affaire en 1900, visant une clientèle luxueuse, semblant réaliser de très bonnes affaires et jouissant d’une estime importante chez ses fournisseurs. Il avait une cinquantaine d’ouvriers. Le 4 décembre, il partit pour Londres visiter des clientes anglaises avec un de ses employés, mais ce dernier revint seul le 9, assurant que le patron lui avait dit qu’il « avait à faire à Southampton ». Il ne rentra pas en France, laissant ses créanciers et employés désemparés ; les premiers tentèrent de récupérer leur marchandise tandis que les seconds voulaient la garder en gage pour le paiement de qui leur était dû. La police intervint et le stock fut saisi. La presse soutint que, en octobre la même année, Benenson avait escamoté la succession d'une fillette d'une douzaine d'années dont la mère venait de mourir, soit 150 000 francs. Plusieurs journaux parlent de lui comme menant une vie dissolue, « fréquentant assidûment les music-halls et les établissements de plaisir de la Butte » Montmartre. Avant de partir, il aurait déposé une grande partie de son stock au Mont-de-Piété, établissement de prêt sur gages, et emprunté 3 000 francs à un parent. Le passif de sa faillite, jugée en 1904, était estimé par le quotidien Gil Blas à 1 200 000 francs. Le Journal estime que « Salomon Benenson, sans pouvoir prétendre aux grands premiers rôles (…) a droit néanmoins d'occuper une place prépondérante dans la galerie des escrocs célèbres. »

Rosine Benenson, restée seule avec ses deux enfants, a repris son ancien métier de coupeuse dans la confection ; la famille vit avenue Philippe-Auguste (11e arr.). Les biographes de Roger Benenson mentionnent qu’il vient d’une « famille de travailleurs manuels parisiens. »

Selon l’historien Jean Jolly, Roger Benenson « fit de brillantes études primaires », étant reçu premier à Paris à l’examen du certificat d'études, qui clôturait ce cursus. Il devient ensuite tourneur mécanicien.

Mobilisé dans le cadre du service militaire en mars 1920 au sein du 2e régiment de bombardement aérien, il sert dans l'aviation à Toul (Meurthe-et-Moselle). Il est démobilisé en mars 1922. Dans la réserve, il intègrera en juin 1930 l'école militaire d'administration de Vincennes (Paris, 12e arr.) mais ne finira pas la formation d’officier d'administration du service de l'Intendance.

D’après les historiens Jean Maitron et Claude Pennetier, Roger Benenson est membre du Parti socialiste SFIO depuis 1918. Il intègre, en octobre 1919, la Commission exécutive des Jeunesses socialistes de la Seine, où il est en charge de la propagande. Comme la majorité des adhérents de la SFIO, il passe en décembre 1920 au nouveau parti communiste.

Entre 1920 et 1926, Roger Benenson est fréquemment mobilisé comme orateur dans son département, mais également en Seine-et-Oise et Seine-et-Marne, notamment pour des réunions de recrutement. Il est parfois associé à des personnalités comme Marcel Cachin à Vincennes en novembre 1923, l’avocat Maurice Paz le même mois dans le 3e arrondissement, ou Jacques Duclos en mars 1926 dans le 12e. Il prononce aussi des conférences sur des thèmes historiques, comme en mai 1923 sur la Terreur pendant la révolution française.

Sa sœur, Yvonne Benenson, épouse Bruneau (1898-1993) est également engagée politiquement. En novembre 1920, elle est trésorière adjointe du groupe de la Jeunesse communiste du 12e arrondissement. En 1924, elle s’occupe de l’organisation locale des pupilles, Les enfants de Jean-Jaurès.

À suivre

Salomon Benenson, tailleur, Le Matin, 1902

 

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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Michèle Aumont

La dernière usine dans laquelle Michèle Aumont travaille en tant qu’ouvrière est la SNECMA, entreprise aéronautique à Paris (13e arr.), où elle commence comme ouvrière spécialisée (OS) avant, après une formation, de devenir tourneur avec le statut d’ouvrier professionnel (OP). Elle sera l’une des premières femmes diplômées d’un CAP dans ce métier. Elle témoigne de la difficulté de cette évolution dans En usine, pourquoi (1958).

Cette expérience la fait recruter en 1963 par la direction des relations du travail de la SNECMA, ce qu’elle accepte pour « découvrir le volet patronal de la vie d’entreprise ». Elle expose dans une étude sociologique, Construire l’entreprise, considérant que ce sont les « intentions créatrices et productrices des hommes qui la construisent incessamment ». Pierre Drouin (Le Monde) souligne qu’elle distingue les deux groupes d’ouvriers : les OP se séparant des OS ; elle estime que les fils des premiers ne seront pas ouvriers. S’agissant des cadres, elle pense qu’ils rejoignent la contestation du pouvoir patronal. Collaborant avec le ministère du travail, elle est consultée sur la transformation des centres de formation et de promotion.

À partir de 1966, quittant les sociétés industrielles, Michèle Aumont devient conseillère de synthèse, rejoignant l’équipe Dr André Gros, fondateur de ce métier en 1947. Pour la Société internationale des conseillers de synthèse (SICS), dont Mme Aumont est membre, celui-ci est «  pour le chef d’entreprise l’interlocuteur extérieur, solidaire mais indépendant, qui peut par la maïeutique l’aider à devenir un philosophe en action comme l’y invitait Gaston Berger. »

Avec André Gros, Michèle Aumont publie, en 1965, La reconstruction du citoyen. L’économiste Alfred Sauvy salue « l'ardente militante attachée à la vie et à la cause ouvrières » mais s’étonne que, par une « étrange pudeur », elle ne s’interroge pas sur « l'influence des groupes » qui serait devenue, selon lui, « un des éléments essentiels de la politique, l'individu n'osant jamais s'opposer à leur action. »

Outre leur place en usine, Michèle Aumont consacre plusieurs livres aux questions féminines, s’opposant nettement aux thèses féministes. Dans La Chance d’être femme (1959), elle plaide pour une complémentarité hommes-femmes : « Il est l'architecture et c'est beau ; elle est l'âme des édifices et ce n'est pas moins beau ». Son livre Jeune fille, lève-toi (1960), est considéré comme « excellent » par le prêtre et théologien Paul Winninger.

Ayant participé aux travaux du concile de l’église catholique Vatican II en 1962, Michèle Aumont y consacre un ouvrage, L’Église écoute (1967). Elle poursuit avec Le prêtre homme du sacré (1969) dans sa recherche sur la prospective spirituelle de l’humanité.

Elle s’installe en 1968 à Crozon (Finistère), petite ville qu’elle découvre en 1966 lors d’un séjour à l’abbaye de Landévennec. Elle y avait trouvé « la beauté, la rudesse conservée et une mystérieuse simplicité » qui selon le quotidien breton Le Télégramme l’« empoignaient littéralement. »

Au cours des années 1970, elle étudie deux groupes d’âge. Avec Jeunes dans un monde nouveau (1973) elle relate que « Beaucoup de jeunes estiment non seulement qu'il faut déscolariser l'école, mais encore que l'école est de moins en moins nécessaire pour acquérir des connaissances » et que « Les jeunes se montrent aisément tous solidaires contre l'autorité ». Ce que le directeur du Monde, Pierre Viansson-Ponté, conteste au vu de « l'afflux de candidats à l'enseignement et à la police. »

Lors du colloque national sur l'éducation, organisé par le ministre de l’éducation Joseph Fontanet en novembre 1973, Michèle Aumont est rapporteure de la commission sur L'école et le mode extérieur. Selon le journaliste du Monde, Guy Herzlich, « En dépit de l'optimisme inébranlable de Mlle Michèle Aumont », « cette commission est caractéristique du blocage qui est apparu surtout le premier jour du colloque : on a assisté tantôt à une succession de monologues, tantôt à de classiques affrontements entre ceux qui prônent une large ouverture sur l'extérieur, et ceux qui redoutent avant tout les risques que cela comporte. »

Plaidant Pour le troisième âge (1975), Michèle Aumont critique la vision de l’écrivaine Simone de Beauvoir qui aurait, dans La Vieillesse (1970), entretenu « l'humiliation d'être vieux ». Elle souligne « la part des responsabilités personnelles (…) qui permet à l'être humain de tenir dans la tempête, de se redresser, s'il est courbé par la défaite ou le sort, et de résister envers et contre tout, en temps de guerre comme en temps de paix, selon les normes de sa conscience - cette voix que nul au monde n'a le pouvoir de faire taire. »

À partir des années 1990, tous en poursuivant ses travaux précédents, Michèle Aumont s’intéresse à plusieurs figures du christianisme, tous prêtres, comme Eugen Drewermann,  théologien et psychanalyste allemand ; le jésuite français, résistant, philosophe et théologien Gaston Fessard ; Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus ; Henri Bremond, jésuite également, historien et critique littéraire, membre de l'Académie française.

Elle écrit plusieurs témoignages autobiographiques et relate son voyage en Chine à l’automne 1982. Entre 1953 et 2017, Michèle Aumont a publié trente ouvrages, plus de nombreuses notes et articles.

Michèle Aumont meurt le 22 mars 2019 à Crozon (Finistère). Elle était âgée de 96 ans. Pour Le Télégramme, c’était une « humaniste, brillante, ouverte. »

Chevalière de la Légion d’honneur, Michèle Aumont avait obtenu plusieurs récompenses pour ses livres : prix social 1954 de l’Académie d’Éducation et d’Entraide sociale pour Dialogues de la vie ouvrière ; prix Fabien de l’Académie française en 1959 pour En usine, pourquoi ; prix de Joest de l’Académie française en 1964 pour Construire l’entreprise. Une association existe à Crozon, intitulée Les Amis de Michèle Aumont, parrainée par le philosophe et académicien François Cheng.

Fin

Michèle Aumont (2012, arch. fam.)

 

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21 décembre 2022 3 21 /12 /décembre /2022 00:01

Germaine Augustine Gigot naît le 13 mars 1903 à Valigny (Allier). Elle est la fille de Marie Armance Déternes et de son époux, Antoine Gigot, tailleur de pierres. Ils vivent dans le hameau des Bruyères. Ses parents seront ensuite propriétaires exploitants agricoles.

En janvier 1925, Germaine Gigot épouse à Valigny Henri Alibert, également fermier. Son mari sera en 1928 le secrétaire d’un syndicat de paysans-travailleurs, dont Pénot, le maire communiste du village est le président.

L’historienne Annie Pennetier, dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, les décrit comme « une famille paysanne anticléricale et communiste. »

Fin 1936, la famille quitte Valigny pour s’installer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le centre-ville, quai Beaubourg (act. quai du Barrage). Henri Alibert devient chauffeur de chaudières à vapeur à l’hospice de Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Seine, act. Val-de-Marne).

Ils déménagent en 1939 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, rue de l’Écluse.

Selon son fils, dont le témoignage est repris par Annie Pennetier, Germaine Alibert est mouleuse de dents en porcelaine chez Novecta à Saint-Maur. Elle adhère à la section de Joinville du parti communiste.

Après-guerre, les Alibert reviennent à Joinville.

Germaine Alibert meurt le 28 avril 1949 ; son décès est retranscrit sur l’état-civil de Joinville-le-Pont, où elle résidait toujours. Elle était âgée de 46 ans et mère d’un enfant. Son époux a également été militant communiste, de même que son fils qui fut adjoint au maire de Valenton (Val-de-Marne).

Carte postale de Valigny (Allier)

 

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