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17 mai 2022 2 17 /05 /mai /2022 00:01

Début de la biographie de Georges Roger

Georges Roger naît le 19 septembre 1876 à Sully-sur-Loire (Loiret). Il est le fils de Marie Julie Sophie Terrasson et de son mari Marie Victor Henry Roger, menuisier.

Alors charpentier, Georges Roger effectue un service militaire en novembre 1897 au 40e régiment d’artillerie. Il est démobilisé en septembre 1900. Il vit à Paris (18e arr.), rue Véronèse. Il épouse dans cet arrondissement en avril 1902 Gabrielle Louise Angèle Espinasse, feuillagiste. Ils s’installent rue Montcalm puis rue Jules-Jouy, toujours dans le 18e. Georges Roger travaille alors comme boucher.

Vers 1910, il est embauché en tant que plombier par la Compagnie du gaz de Paris.

Au cours de la première guerre mondiale, il est mobilisé en août 1914 au sein de la section technique du 5e régiment de génie ; il est démobilisé en mars 1919. Selon un état de la Compagnie du gaz, il aurait été prisonnier de guerre. Après son retour à la vie civile, il reprend son travail dans cette Compagnie et la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Colbert, dans le quartier de Polangis.

Georges Roger est membre du Parti socialiste SFIO, dont la section de Joinville-le-Pont s’est reconstituée, sans doute en 1924, après le passage de la totalité des adhérents au parti communiste en 1920. Cette année-là, la SFIO soutient la liste de groupement des gauches, présentée par Georges Briolay, qui est battue par le maire sortant, Henri Vel-Durand, radical dissident. En octobre 1925, Georges Roger est élu secrétaire lors du renouvellement du bureau de la section SFIO, qui comprend aussi Eugène Meslin, trésorier, et Claude Noizat, délégué à la Fédération socialiste de la Seine. Il exerce la même fonction en 1927 et 1928.

Une élection municipale partielle est organisée en octobre 1928 suite au décès de Vel-Durand, maire. Georges Briolay présente une liste de la gauche républicaine avec lui-même, radical-socialiste, Georges Scornet, socialiste indépendant et Georges Roger, SFIO conseiller municipal. Elle arrive en tête au premier tour devant la liste de l’Union républicaine (droite) et la liste communiste. Avec 574 voix pour 1 524 suffrages exprimés (37,7%) sur 1 538 votants et 2 995 inscrits, Georges Roger obtient un score sensiblement inférieur à celui de ses colistiers, Scornet obtenant lui 661 voix (43,4%).

Malgré le maintien des communistes, il est cependant élu au deuxième tour avec 698 voix pour 1 667 suffrages exprimés (41,8%) sur 1 677 votants, tout en étant assez loin là aussi de Scornet et Briolay. Il rentre donc au conseil municipal.

S’il siège dans l’opposition au nouveau maire, Stephen Durande, il convainc cependant ses collègues de voter, à l'unanimité, un vœu contre le projet d’allongement à six ans du mandat des élus locaux, qui était alors de cinq ans.

Lors des élections municipales générales de mai 1929, constitue de nouveau une liste de Concentration des gauches, face à l’Union nationale (droite) et au Bloc ouvrier et paysan (communiste).

Au premier tour, la droite est en tête, avec 42,6% des votes, devant les gauches à 35;9% et les communistes à 16,0%. Ces derniers se maintiennent au second tour, mais la liste Briolay emporte cependant avec 45,9% des voix 22 des 27 sièges à pourvoir. À 41,6%, l’équipe sortante récupère les cinq autres places, tandis que le PCF recule à 12,5%.

Encore derrière Scornet et Briolay, Roger fait cependant un meilleur score avec, au premier tour, 813 voix pour 2 126 suffrages exprimés (38,2%) sur 2 169 inscrits. Il est élu au deuxième tour, en compagnie de trois autres membres de la SFIO : Armand Bureau, Marcel Couillard et François Galabert. Par contre, le nouveau secrétaire de la section SFIO, Julien Cérignan n’est pas élu.

Dans le bureau municipal constitué par le nouveau maire, le tapissier Georges Briolay, Georges Roger devient troisième adjoint au maire, le restaurateur Robert Maxe (indépendant) étant premier adjoint, tandis que Scornet et Joseph Marie Moutardier, professeur de l’enseignement technique, radical-socialiste, complètent la liste des adjoints.

Il y avait déjà eu, à Joinville-le-Pont, des conseillers municipaux socialistes élus en 1912 aux côtés de la majorité faite de radicaux dissidents alliés à des libéraux et des conservateurs. Mais ils étaient restés à l’écart du bureau municipal, même s’ils avaient soutenu le maire dans les scrutins décisifs. Georges Roger est le premier socialiste à devenir adjoint au maire.

Dès le premier conseil municipal après l’élection du maire, Roger fait voter le changement de nom de la rue du Cimetière, qui devient rue de l’Égalité. En juin, il est élu secrétaire général de la Commune libre de Polangis, regroupement festif des habitants du quartier.

À suivre

Une villa à Polangis (quartier de Joinville-le-Pont)

 

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5 mai 2022 4 05 /05 /mai /2022 00:01

Marcel Gustave Laurent naît le 12 mai 1914 à Maubeuge (Nord). Il est le fils de Nelly Gabrielle Laurent qui vit rue du Capitaine. Sa mère se marie avec Gustave Georges Arvant en juillet 1916 à Paris (5e arr.), qui le reconnaît pour son fils.

Gustave Georges Arvant (1892-1935), ouvrier lamineur, syndicaliste, était militant dans la tendance anarchiste de la CGT après la première guerre mondiale, selon Rolf Dupuy, éditeur du Dictionnaire des anarchistes (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français). Secrétaire du syndicat des locataires de Maubeuge en 1920, il se rapprocha du parti communiste puis, dans les années 1930, fut proche du journal libertaire l’En-Dehors.

En mai 1932, Marcel Arvant épouse à Maubeuge Marie Olga Cuvelier. Ils sont installés en 1939 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Beauce et il est ajusteur.

Après la deuxième guerre mondiale, Marcel Arvant est candidat lors des élections municipales de la commune voisine de Joinville-le-Pont sur la liste d’Union républicaine et résistante conduite par Robert Deloche (PCF). Avec 43,3% des suffrages exprimés, la liste d’union des communistes et des radicaux est légèrement devancée par les gaullistes du RPF (44%) mais les deux listes ont le même nombre d’élus (13) ; le MRP (démocrate-chrétien) échoue à obtenir un siège, tandis que la SFIO (socialiste) en a un et apporte son soutien à Deloche, réélu. Arvant entre au conseil municipal.

Mis en cause pour son comportement par la direction du PCF, Deloche est conduit à démissionner du conseil général de la Seine puis de son poste de maire de Joinville ; il est exclu du parti communiste.

L’hebdomadaire local de droite, Nouvelle Union régionale, rapporte (1953/03/28) que « Deloche persiste à se faire transporter dans la voiture municipale, accompagné d’Arvant, conseiller municipal. »

Après le décès de sa première épouse en février 1973 à Bron (Rhône), Marcel Arvant se remarie en avril 1974 à Valence (Drôme) avec Juliette Marie Paulette Arnaud. Il est alors âgé de 59 ans.

La date et le lieu de son décès ne sont pas connus.

Robert Deloche et le général de Gaulle en 1944

 

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3 mai 2022 2 03 /05 /mai /2022 00:01

Robert Charles Sicre naît le 4 juillet 1901 à Paris (19e arr.). Il est le fils d’Augustine Louise Joséphine Lalmand et de son époux Charles Sicre, bijoutiers, qui vivent boulevard de la Villette.

Comme avant lui son grand-père, son père et sa mère, Robert Sicre devient bijoutier dans la boutique familiale. Il est mobilisé en avril 1921 pour son service militaire au sein du 8e régiment de chasseurs à cheval, qui participe à l’occupation des pays rhénans après la défaite de l’Allemagne. Il vit alors au Pré-Saint-Gervais (Seine, act. Seine-Saint-Denis), avenue du Président-Wilson puis s’installe, toujours avec ses parents, dans la commune voisine des Lilas, rue du Bois.

Marié en août 1923 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) avec Madeleine Gallion, bijoutière, il s’installe au début des années 1930 dans cette commune, à côté de sa belle-famille, dans le quartier de Polangis, avenue Bizet ; il déménagera ensuite rue de Créteil (act. rue du Maréchal-Leclerc), dans le quartier du Centre. Son beau-frère, Henri Gallion mécanicien, est militant communiste.

Robert Sicre se présente désormais comme bijoutier mécanicien. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est affecté à la société Alkan et Sinay, située à Paris (11e arr.), boulevard de Belleville, spécialisée dans la fabrication de minuteries.

Après le conflit, Robert Sicre est candidat aux élections municipales à Joinville en octobre 1947 sur la liste d’Union républicaine et résistante, conduite par le maire sortant, Robert Deloche, communiste. Avec 43,3% des suffrages exprimés, la liste d’union des communistes et des radicaux est légèrement devancée par les gaullistes du RPF (44%) mais les deux listes ont le même nombre d’élus (13) ; le MRP (démocrate-chrétien) échoue à obtenir un siège, tandis que la SFIO (socialiste) en a un et apporte son soutien à Deloche, réélu. Sicre n’a pas été élu. Cependant, il entre en mars 1950 au conseil, à la suite de la démission d’un de ses colistiers, Roger Rouvet.

Démissionnaire, Robert Deloche est remplacé, en mars 1953, par Amélie Trayaud, également communiste. Il est de nouveau candidat en avril 1953 sur la liste d'Union républicaine et résistante, conduite cette fois par Henri Bideaux, communiste. Elle reste en tête, malgré un certain recul, avec 35,6% et 10 sièges et peut toujours compter sur l’appui de la SFIO qui obtient 12,3% et 3 élus. Mais les trois listes de droite et du centre (RGR, RPF et MRP) cumulent 51,1% des suffrages exprimés et obtiennent la majorité avec 14 élus. Georges Defert (RGR) est élu maire.

Robert Sicre a recueilli 2 382 voix pour 6 748 suffrages exprimés (35,3%) sur 6 979 votants et 8 482 inscrits. Il est élu conseiller municipal. Il siège dans l’opposition jusqu’en 1959.

Robert Charles Sicre meurt le 26 juillet 1989 à Saint-Germain-le-Gaillard (Eure-et-Loir). Il était âgé de 88 ans.

Son fils, Georges Sicre, né en 1925, fut également conseiller municipal communiste de Joinville-le-Pont (1977-1983) dans la municipalité dirigée par Guy Gibout (PCF). Il exerça en outre des fonctions associatives, notamment au sein de la section locale de la Confédération nationale du logement et dans l’Association des retraités joinvillais.

Joinville, rue de Créteil à droite, vers 1960

 

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 00:01

Valentine Rosa Monlezun naît le 24 mars 1900 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Elle est la fille de Valentine Henriette Leroy et de son mari, Léon Philibert Monlezun, imprimeur typographe. Ils vivent rue de L’Ormeau (act. rue Louis-Dupré). Son père meurt quand elle a deux ans, en avril 1902.

Devenue mécanicienne, Valentine Monlezun épouse en mars 1920 à Saint-Maur Joseph Nicolas, manœuvre, originaire des Ardennes françaises mais ayant également vécu en Belgique.

Ils s’installent dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, quartier de Polangis avenue du Bac (act. avenue Guy-Mocquet). Valentine Nicolas est ouvrière dans la firme Pathé cinéma, dont les usines sont très proches, et Joseph Nicolas est devenu comptable.

Après la deuxième guerre mondiale, Valentine Nicolas devient membre de l’Union des femmes françaises (UFF), organisation très liée au parti communiste. En 1945, l’UFF offre un repas à Joinville aux enfants des fusillés et des tués lors de la Libération de la commune, le 25 août 1944.

Amélie Trayaud, membre du Comité local de Libération au titre du Front national et future maire communiste de Joinville en 1953, représente l’UFF au sein du Comité joinvillais de la renaissance française. C’est l’épouse du maire communiste, Robert Deloche, qui est secrétaire de l’UFF en 1950.

Lors des premières élections municipales de la quatrième République, en avril mai 1945, les femmes ont acquis le droit de voter et d’être élues. Valentine Nicolas figure en 23e position sur la liste de 27 candidats de l’Union résistante et démocratique, conduite par Deloche. La liste remporte tous les sièges avec une moyenne de 3 994 votes sur 6 447 suffrages exprimés (62,1%) pour 6 621 votants et 7 811 inscrits. Le conseil compte sept membres du parti communiste, six socialistes, cinq radicaux et neuf indépendants de gauche, souvent proches des communistes. On enregistre quatre femmes élues, Mmes Chagnon, Derrien, Nicolas et Trayaud. Cette dernière siégeait déjà dans la délégation provisoire faisant office de conseil municipal mise en place après la Libération, en septembre 1944, mais elle avait été désignée et non élue.

Le nouveau conseil élit Deloche comme maire. Il inaugure, en janvier 1946, le patronage laïque municipal en présence de Maurice Thorez, ministre d’État, secrétaire général du parti communiste et voisin, puisqu’il réside à Champigny-sur-Marne.

Lors des élections municipales d’octobre 1947, Valentine Nicolas n’est pas réélue. Il n’y a plus que trois femmes parmi les 27 membres du conseil municipal.

Après leur retraite, le couple Nicolas part s’installer dans le Loiret, à proximité de Montargis. Valentine Nicolas meurt le 21 mai 1996 à Amilly (Loiret). Elle était âgée de 96 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

Repas de l'Union des femmes française, Joinville-le-Pont, 1945

 

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 00:01

Émile Perrin naît le 8 juin 1884 à Paris (11e arr.). Il est le fils de Clémentine Dupont et de son mari Auguste Alexandre Perrin, fabricants de bronzes. Ils vivent rue de la Folie-Méricourt.

Alors bijoutier et monteur en bronze, Émile Perrin est Exempté du service militaire, qu’il aurait dû effectuer en 1905, du fait d’une cicatrice à l’abdomen et du décès de sa mère. Il épouse en juillet 1907 à Paris (11e arr.) Jeanne Prost, originaire d’Autun (Saône-et-Loire) et reconnaît une fille née en avril la même année. La famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où elle vit dans le centre-ville, rue Hippolyte-Pinson, en 1911.

Émile Perrin est, en mai 1908, souscripteur de 25 actions du quotidien socialiste L’Humanité au nom du Syndicat des graveurs et ciseleurs.

Au cours de la première guerre mondiale, Émile Perrin est mobilisé en janvier 1915 au 46e régiment d’infanterie. Du fait d’une hernie côté gauche et de son « mauvais état général », il est orienté vers un service auxiliaire en décembre la même année et affecté dans un atelier. Il est démobilisé en mars 1919.

Après le conflit, Émile Perrin est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 à Joinville-le-Pont sur la liste socialiste SFIO conduite par Georges Laruelle. Elle fait face à la liste regroupant la majorité sortante, conduite par Henri Vel-Durand (radical dissident), qui inclut des socialistes indépendants, dont plusieurs anciens membres de la SFIO et des radicaux-socialistes, ainsi qu’à une liste dite du Bloc indépendant, qui rassemble les conservateurs et libéraux.

Au second tour, après le retrait du Bloc indépendant, l’Union républicaine et sociale de Vel-Durand remporte les 27 sièges à pourvoir avec 63% des votes. Au premier tour, Émile Perrin a recueilli 499 voix pour 1 694 suffrages exprimés (29,5%) sur 1 715 votants et 2 491 inscrits. Il n’est pas élu.

Chômeur en 1921, Émile Perrin monte ensuite son propre atelier et travaille comme ajusteur. La famille déménage rue Bernier, toujours dans le centre de Joinville. Il ne semble plus avoir eu d’activité politique.

Émile Perrin meurt le 15 janvier 1971 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 76 ans, résidait probablement toujours à Joinville et était père d’une fille.

Le port de Joinville-le-Pont

 

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 00:01

Robert Ferdinand Doit naît le 5 septembre 1910 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Blanche Rousselin et de son compagnon, Denis Doit, représentant de commerce, qui le reconnaît dès la naissance. Se parents se marient en novembre 1910 dans le même arrondissement, et sa naissance est ainsi légitimée.

Devenu électricien et vivant à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Robert Doit épouse en novembre 1932 à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) Paulette Suzanne Godefroy, couturière au hameau du Limon. Ils s’installent à Joinville, rue du Canal.

À l’occasion des élections municipales de mai 1935 à Joinville, Robert Doit est candidat, au premier tour, en 18e position, sur la liste communiste conduite par Robert Deloche. Il est crédité de 670 voix pour 2 856 suffrages exprimés (23,5%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, Doit figure sur la liste dirigée par le responsable de l’association d’anciens combattants ARAC, André Blocher, qui rassemble les communistes et les socialistes SFIO. La liste devance les radicaux-socialistes de la municipalité sortante, mais est légèrement devancée par la droite, de l’Union républicaine ; Doit recueille 1 104 votes pour 2 899 suffrages exprimés (38,1%) sur 2 924 votants ; il n’est pas élu mais deux communistes entrent au conseil municipal à côté de 25 élus de droite. Léon Lesestre (droite) est élu maire.

Après la deuxième guerre mondiale, Robert Doit est candidat sur la liste d’Union républicaine et résistante, dirigée par Robert Deloche, maire sortant, pour les élections municipales de novembre 1947. Avec une moyenne de 3 017 voix pour 6 974 suffrages exprimés (43,5%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits, la liste communiste a onze élus et arrive en seconde position. La liste RPF (droite, gaulliste) se situe à 44% mais a le même nombre d’élus. C’est le seul élu de la liste socialiste (6,4%) qui permet au communiste Deloche de rester maire. Doit est élu conseiller municipal.

Peu avant la fin de son mandat municipal, Deloche, mis en cause au sein du parti communiste, démissionne et est remplacé, en février 1953, par Amélie Trayaud, communiste, qui reste maire pendant deux mois. Doit n’est pas réélu en avril 1953.

Robert Doit meurt le 19 février 1981 à Vincennes (Val-de-Marne). Il était âgé de 70 ans et père d’au moins deux enfants.

Joinville, années 1960

 

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 00:01

Julien Périn naît le 4 avril 1869 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Jeanne Marie Paissant et de son mari Auguste Périn mécanicien. Le nom de Périn est très fréquemment orthographié fautivement « Perrin ».

Il exercera lui-même le métier de mécanicien. En mars 1890, Julien Périn s’engage pour trois ans dans l’armée. Il est affecté à la première compagnie d’ouvriers d’artillerie. Cependant, il est libéré du service militaire dès décembre 1891, étant devenu soutien de famille. Il vit dans le 11e arrondissement de Paris, d’abord passage Piver puis rue Morand.

En avril 1895 à Paris (20e arr.), Julien Périn épouse Zoé Françoise Thomas, polisseuse. Ils s’installent rue Julien-Lacroix puis, en 1905, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).

Il s’installe où il rejoint le Parti socialiste unifié SFIO. En avril 1911, il est un des deux orateurs, avec le secrétaire de la section Émile Lebègue, qui développe le programme du parti à l’occasion d’élections municipales complémentaires. Il est nommé membre de la commission exécutive en novembre la même année.

En mars 1912, il figure sur la liste socialiste qui fusionne au second tour avec des radicaux dissidents et des libéraux et bat la municipalité radicale-socialiste sortante.

Les socialistes sont sept à entrer au conseil municipal, dont Périn aux côtés de Laruelle, Lebègue, Flambard, Lacroix, Petit et Scornet ; ce sera la plus forte présence socialiste dans l’assemblée locale jusqu’en 1977.

Pendant la première guerre mondiale, Périn est mobilisé dans un atelier à Champigny, puis chez lui, à Joinville où il travaille pour l’armement. Il peut de ce fait continuer à siéger au conseil municipal. La maladie du maire, Ernest Mermet, et celle d’un de ses adjoints ainsi que l’absence de nombreux élus enrôlés dans l’armée renforce son rôle.

Le conseiller municipal monte une boucherie communale, qui approvisionne la population en viande congelée. Il s’occupera également de l’acquisition, toujours pour les besoins de la population, d’un stock de charbon. Périn suit également la création de jardins partagés dans un grand domaine mis à disposition par le propriétaire du domaine de Polangis.

Périn s’exprime régulièrement dans les journaux locaux, Gazette de l’Est et Voix des communes. Il présente ainsi son rôle : « le charbon, Y’a bon, comme disent nos amis sénégalais ». Il s’éloigne des socialistes SFIO, dirigés à Joinville par Émile Lebègue, qui le considèrent comme « trop indépendant », selon l’hebdomadaire radical Voix des communes. Il prend publiquement la défense du maire quand il est attaqué par les radicaux-socialistes.

Après avoir travaillé comme contremaître, responsable de l’équipe de nuit, dans l’usine de munitions Royer à Champigny-sur-Marne, Périn monte un atelier chez lui à Joinville, où il réside dans le quartier de Palissy, rue de Brétigny (act. avenue du Président-Wilson). Suite à une plainte de son ancien patron, Périn est condamné à 2 mois de prison et 200 fr. d’amende pour vol d’outils en première instance en octobre 1916. Il est acquitté en appel en juillet 1917.

Julien Périn est à nouveau élu en novembre 1919 sur une liste d’union républicaine et sociale conduite par l’ancien premier adjoint, Henri Vel-Durand, qui rassemble les radicaux dissidents, les radicaux-socialistes (Georges Briolay) et des socialistes indépendants (Scornet). Elle s’oppose aux socialistes SFIO, conduits par Laruelle, et aux libéraux. La liste remporte les 23 sièges et Périn devient premier adjoint.

Au début 1922, Périn entre en conflit avec le maire. Il est d’abord exclu de certains organismes municipaux, comme le syndicat d’initiative, puis, en juin 1923, il est radié du conseiller municipal et démis de sa fonction d’adjoint par le préfet, sous prétexte d’absentéisme aux séances officielles en application de l’article 60 de la loi du 5 avril 1884. Il proteste vivement et dénonce de « louches combinaisons » du second adjoint et futur maire Stephen Durande. Le socialiste indépendant Georges Scornet prend sa défense, au nom de « nombreux d’habitants », soulignant que Périn était « toujours là, prêt à rendre service » quand on le sollicitait.

Périn était membre du club cycliste Joinville sportif et vice-président de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de la commune. Il est un des fondateurs du Club du chien de défense et de police de Saint-Maur-des-Fossés.

En juillet 1920, Julien Périn avait reçu une lettre de félicitations pour actes de courage et de dévouement. Il quitte Joinville vers 1924. Il était alors âgé de 55 ans.

La date de sa mort n’est pas connue.

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 00:01

Abel Émile Vervial naît le 9 mai 1889 à Vitry-aux-Loges. Il est le fils d’Eugénie Félicie Vervial, qui le reconnaît le 31 mai, et d’un père non dénommé ; la déclaration est faite par son grand-père, Henri Eugène Vervial, scieur de long. Avec sa sœur Antoinette Jeanne Marie, ils sont légitimés par le mariage de leur mère en janvier 1895 à Paris (11e arr.) avec Jean Delort.

Alors forgeron, Delort fonde en août 1901 la société en nom collectif Delort et Marescaux, installée rue de la Roquette. Elle a une durée de neuf ans et un capital de huit mille francs. Elle est spécialisée dans la ferronnerie d’art et produit également des pièces pour les couvreurs, notamment des châssis pour toiture. Son associé est Émile Marescaux, également forgeron. Ultérieurement l’entreprise prendra exclusivement le nom de Marescaux, même si Delort continuera d’y travailler.

Outre son magasin de la rue de la Roquette, l’entreprise ouvre une usine quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle compte plusieurs dizaines d’ouvriers.

Delort est mobilisé pour le service militaire en octobre 1910 dans la 11e section de commis et ouvriers de l’armée (COA), il est libéré en octobre 1912 avec 25 jours de retard, suite à des peines disciplinaires qui lui ont été infligées.

Au cours de la première guerre mondiale, il rejoint est mobilisé dès le mois d’août 1914, transféré à la 15e section COA en août 1916 puis en octobre la même année à la section coloniale COA. Ayant rejoint le 74e régiment d’infanterie en octobre 1916, il est détaché en janvier 1917 aux établissements Marescaux, d’abord à Paris puis, en janvier 1919, à l’usine de Joinville. Il y est démobilisé en août la même année. Dix-neuf des ouvriers de l’usine ont trouvé la mort au cours du conflit.

Vivant avec son père à Joinville, avenue du Président-Wilson, dans le quartier de Palissy, Abel Delort perd une de ses sœurs en juillet 1920 puis sa mère le mois suivant.

En janvier 1923, son père, qui doit aller se faire opérer, lui confie la clé de son coffre-fort. À son retour, il a dépensé les 70 000 francs qui y étaient conservés. Son père lui demandant une explication, il aurait répondu, selon le quotidien Le Matin : « Des comptes ? J'aimerais mieux te zigouiller ! » Utilisant un pistolet appartenant à son père, il lui tire dessus et le blesse légèrement. Arrêté, il est traduit devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Mais, en avril, les juges estimant que les faits étaient trop graves, refusent de le juger et transfèrent son dossier à la cour d'assises de la Seine.

Selon le quotidien Bonsoir, Abel Delort aurait dépensé l’argent paternel avec des « jeunes femmes aux mœurs ultralégères ». En septembre 1923, les jurés de la Seine condamnent Abel Delort à cinq ans de prison et mille francs d’amende. Dans une autre procédure, il est condamné, trois jours plus tard, à 15 jours de prison.

Après avoir purgé sa peine, Abel Delort revient vivre à Joinville où son père était mort en juillet 1924.

Il aura de nouveau affaire à la justice en août 1932, le tribunal correctionnel de la Seine le condamnant alors à six mois de prison pour port d’armes prohibé et violences volontaires à particulier.

Abel Delort meurt le 15 janvier 1935 à Armentières (Nord). Il était âgé de 45 ans.

Il est décoré, à titre posthume, de la Médaille interalliée en octobre 1935.

Joinville en 1918

 

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 00:01

Suite de la biographie d’Adrien Moucheraud

Tout, en continuant de travailler en imprimerie, et alors encore militant anarchiste, Adrien Moucheraud est professeur de la section Aviation de l'Ecole supérieure de navigation aérienne pour la session 1889-1890. Le terme « aviation », utilisé depuis 1863, désigne alors la navigation aérienne qui, à cette époque, relève exclusivement de l'aérostation. Ayant produit lui-même son ballon, il fit sa première ascension le 10 mai 1890 à Paris, face à la toute récente tour Eiffel.

Il poursuit sa collaboration avec l’école l’année suivante. En août 1894, il a un premier accident de ballon. Il fête, en août 1896, sa centième ascension dans les Ardennes. Après une chute en août 1897, il est recueilli en mer par un remorqueur, à deux milles de la côte.

S’efforçant de motoriser ses ballons, Moucheraud subit un nouvel accident après l’explosion de fulminate de mercure, servant à actionner un moteur de son invention, en mars 1898.

Attiré, comme plusieurs milliers d’européens du continent, par la lutte des protestants de l’État libre d’Orange et de la République sud-africaine du Transvaal contre les colonisateurs anglais, Moucheraud se rend au Transvaal où la seconde guerre des Boers a été déclenchée en octobre 1899. Il rentre en France en septembre 1900 pour accompagner la visite de plusieurs généraux des deux républiques rebelles, conduits par le président Kruger. Moucheraud est présenté, dans les cérémonies officielles, comme « chargé de la défense aérienne au Transvaal ». Sa carte de visite stipule qu’il est « aéronaute des Républiques sud-africaines ». Environ 400 français figuraient parmi les quelques 7 400 membres de la Légion des étrangers, dont le colonel en retraite Georges de Villebois-Mareuil. Après de violents combats, et une répression féroce contre la population civile, les troupes britanniques mettent fin à l’indépendance des deux États et les intègrent à leur empire colonial en mai 1902.

Membre de l'Académie aéronautique de France, Moucheraud y est nommé pilote en février 1903. Il assure également la fonction d’archiviste-bibliothécaire. Il participe en tant que capitaine-pilote du ballon Prosper-Lambert à l’Exposition universelle de Saint-Louis, ville du Missouri (États-Unis) qui accueille, la même année, les troisièmes Jeux Olympiques de l'ère moderne.

Le mariage d’Adrien Moucheraud avec Victorine Marie Schmitt est célébré en février 1905 à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne) où ils résidaient alors. Il déclare exercer la profession d’imprimeur.

En 1906, il fait partie de la mission Wellmann qui, à bord du ballon dirigeable America, entendait survoler le pôle Nord à partir du Spitzberg. Moucheraud était chargé des observations scientifiques. Mais l’expédition ne put avoir lieu cette année-là. Remise en 1909, le ballon de la mission explosa à Christiania (act. Oslo, Norvège).

Une ascension de Moucheraud sur le Roitelet, ballon de 250 m3, est signalée à Bousval, (Brabant wallon, Belgique) en janvier 1907.

Adrien Moucheraud meurt le 7 novembre 1912 à Paris (5e arr.). Il est enregistré avec comme profession aéronaute, et résidait rue Linné. Il était âgé de 47 ans et ne semble pas avoir eu d’enfant.

Son frère Paul Moucheraud (1866-1945), ouvrier lithographe, qui fut avec lui militant anarchiste à Paris (1884-1894), était devenu socialiste à Joinville-le-Pont (1904). Il poursuivi son activité d’imprimeur à Saint-Maur-des-Fossés.

Fin

Les parents de Paul et Adrien Moucheraud

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 00:01

Début de la biographie d’Adrien Moucheraud

Eugène Adrien Moucheraud naît le 17 mars 1865 à Paris (4e arr.) Il est le fils de Victoire Honorine Tiphaine, placière, et de son époux Lambert Moucheraud, peintre en bâtiment. Ils vivent rue de la Verrerie.

Adrien Moucheraud, ayant quitté l’école après 12 ans, fut placé en apprentissage de lithographe dans une imprimerie. Il va partager l’engagement militant de son frère, cadet d’un an, Paul Moucheraud, au sein du mouvement anarchiste, vraisemblablement dès 1884. Le 18 décembre 1885, il est arrêté après avoir posé des affiches du Comité exécutif révolutionnaire, pour appeler à une réunion, place du Chatelet, le jour suivant.

Le 11 juin 1886, il est condamné à Paris à deux mois de prison pour provocation d’un attroupement et le 11 septembre 1886, à quinze jours de prison pour la même raison.

En 1887, il créa en collaboration avec Jahn, Murjas, Paillette et Tennevin, l’hebdomadaire L’Avant-garde cosmopolite dont il fut l’imprimeur-gérant et qui eut huit numéros. Dans son éditorial, il écrivait « Oui, nous les jeunes, nous marcherons de l’avant et rien n’empêchera notre marche. Si sur notre route nous trouvons des obstacles, nous les briserons comme les vagues de la mer brisent les rochers… » Le premier numéro avait été tiré à 4 000 exemplaires.

Comme son frère Paul, il était membre de la Ligue des anti-propriétaires, fondée par Couchot, qui s’était spécialisée dans les déménagements « à la cloche de bois. »

Le 30 avril 1887, encore avec son frère Paul, après une réunion publique organisée par le groupe L’Avant Garde à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ils avaient ouvert le feu contre des membres d’un groupe qu’ils qualifiaient de réactionnaires et qui leur jetaient des pierres.

Aux élections municipales de mai 1887, Adrien Moucheraud se présenta à Paris dans le 5e arrondissement, comme « candidat abstentionniste ». Il déclara : « Je ne préconise pas le suffrage universel, parce que voter, c’est s’avilir, c’est-à-dire qu’on est une bête incapable de se conduire. Quand la masse ne sera plus abrutie par la société actuelle, elle n’aura plus besoin de voter, pour arriver à la transformation de l’État social. »

Il fréquenta la plupart des groupes anarchistes parisiens. Lors d’une réunion le 8 octobre 1887, salle Gaucher, organisée par le groupe Germinal, il fit l’éloge de l’action individuelle qui qui contribue plus « à la révolution sociale que ne le feraient toutes les réunions. »

Au printemps 1888 Adrien Moucheraud demeure quai d’Anjou et est l’un des animateurs de la Ligue des antipatriotes dont son frère Paul est le secrétaire. Fin 1888, il est secrétaire de La Jeunesse socialiste des Écoles avec Georges Brunet ; il demeure à ce moment quai de la Tournelle à Paris.

Le 22 avril 1892, une perquisition était effectuée à son domicile du boulevard Saint-Germain à Paris ; la police y saisit des affiches et le manifeste La Jeunesse socialiste des Écoles, signé de son nom. Le 10 janvier 1893, il était arrêté aux abords de la Chambre des députés. Une perquisition effectuée le 1er janvier 1894, ne donna aucun résultat.

Le 3 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs. Le 4 mars, le commissaire de Saint-Germain des Prés perquisitionna sa chambre de Moucheraud. Il avait refusé d’ouvrir la porte de son logement du boulevard Saint-Germain tout en proférant des injures, selon le policier, qui recourut à un serrurier pour forcer l’entrée. Parmi les documents saisis figuraient une carte du géographe Élisée Reclus, qu’il avait rencontré à la Société de géographie. Emmené au commissariat, il se déclara nihiliste et ami de Padlewski, assassin à Paris du général russe Séliverstoff, proférant des menaces envers les policiers puis le juge d’instruction. Ce dernier, nommé Meyer, désigna le 4 mai 1894, deux médecins afin d’examiner son état mental de afin de déterminer s’il était responsable de ses actes ou devait être enfermé dans une maison d’aliénés. Le rapport conclut à sa responsabilité tout en notant une grande exaltation. Il fut mis en liberté provisoire le 16 juin. De nouveau poursuivi par la préfecture, sur le même motif, il indique, le 1er juillet, ne plus s’occuper d’anarchie mais uniquement de son travail de lithographe et d’aérostation. Arrêté cependant, il est libéré le 10 juillet de la prison de Mazas. Le juge délivra, le 20 juin 1895, un non-lieu pour l’inculpation d’association de malfaiteurs. Comme son frère, Adrien n’eut plus d’activité dans les milieux anarchistes.

À suivre

Profession de foi abstentionniste d'Adrien Moucheraud

 

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