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2 janvier 2023 1 02 /01 /janvier /2023 00:01

Suite de la biographie de Michèle Aumont

La dernière usine dans laquelle Michèle Aumont travaille en tant qu’ouvrière est la SNECMA, entreprise aéronautique à Paris (13e arr.), où elle commence comme ouvrière spécialisée (OS) avant, après une formation, de devenir tourneur avec le statut d’ouvrier professionnel (OP). Elle sera l’une des premières femmes diplômées d’un CAP dans ce métier. Elle témoigne de la difficulté de cette évolution dans En usine, pourquoi (1958).

Cette expérience la fait recruter en 1963 par la direction des relations du travail de la SNECMA, ce qu’elle accepte pour « découvrir le volet patronal de la vie d’entreprise ». Elle expose dans une étude sociologique, Construire l’entreprise, considérant que ce sont les « intentions créatrices et productrices des hommes qui la construisent incessamment ». Pierre Drouin (Le Monde) souligne qu’elle distingue les deux groupes d’ouvriers : les OP se séparant des OS ; elle estime que les fils des premiers ne seront pas ouvriers. S’agissant des cadres, elle pense qu’ils rejoignent la contestation du pouvoir patronal. Collaborant avec le ministère du travail, elle est consultée sur la transformation des centres de formation et de promotion.

À partir de 1966, quittant les sociétés industrielles, Michèle Aumont devient conseillère de synthèse, rejoignant l’équipe Dr André Gros, fondateur de ce métier en 1947. Pour la Société internationale des conseillers de synthèse (SICS), dont Mme Aumont est membre, celui-ci est «  pour le chef d’entreprise l’interlocuteur extérieur, solidaire mais indépendant, qui peut par la maïeutique l’aider à devenir un philosophe en action comme l’y invitait Gaston Berger. »

Avec André Gros, Michèle Aumont publie, en 1965, La reconstruction du citoyen. L’économiste Alfred Sauvy salue « l'ardente militante attachée à la vie et à la cause ouvrières » mais s’étonne que, par une « étrange pudeur », elle ne s’interroge pas sur « l'influence des groupes » qui serait devenue, selon lui, « un des éléments essentiels de la politique, l'individu n'osant jamais s'opposer à leur action. »

Outre leur place en usine, Michèle Aumont consacre plusieurs livres aux questions féminines, s’opposant nettement aux thèses féministes. Dans La Chance d’être femme (1959), elle plaide pour une complémentarité hommes-femmes : « Il est l'architecture et c'est beau ; elle est l'âme des édifices et ce n'est pas moins beau ». Son livre Jeune fille, lève-toi (1960), est considéré comme « excellent » par le prêtre et théologien Paul Winninger.

Ayant participé aux travaux du concile de l’église catholique Vatican II en 1962, Michèle Aumont y consacre un ouvrage, L’Église écoute (1967). Elle poursuit avec Le prêtre homme du sacré (1969) dans sa recherche sur la prospective spirituelle de l’humanité.

Elle s’installe en 1968 à Crozon (Finistère), petite ville qu’elle découvre en 1966 lors d’un séjour à l’abbaye de Landévennec. Elle y avait trouvé « la beauté, la rudesse conservée et une mystérieuse simplicité » qui selon le quotidien breton Le Télégramme l’« empoignaient littéralement. »

Au cours des années 1970, elle étudie deux groupes d’âge. Avec Jeunes dans un monde nouveau (1973) elle relate que « Beaucoup de jeunes estiment non seulement qu'il faut déscolariser l'école, mais encore que l'école est de moins en moins nécessaire pour acquérir des connaissances » et que « Les jeunes se montrent aisément tous solidaires contre l'autorité ». Ce que le directeur du Monde, Pierre Viansson-Ponté, conteste au vu de « l'afflux de candidats à l'enseignement et à la police. »

Lors du colloque national sur l'éducation, organisé par le ministre de l’éducation Joseph Fontanet en novembre 1973, Michèle Aumont est rapporteure de la commission sur L'école et le mode extérieur. Selon le journaliste du Monde, Guy Herzlich, « En dépit de l'optimisme inébranlable de Mlle Michèle Aumont », « cette commission est caractéristique du blocage qui est apparu surtout le premier jour du colloque : on a assisté tantôt à une succession de monologues, tantôt à de classiques affrontements entre ceux qui prônent une large ouverture sur l'extérieur, et ceux qui redoutent avant tout les risques que cela comporte. »

Plaidant Pour le troisième âge (1975), Michèle Aumont critique la vision de l’écrivaine Simone de Beauvoir qui aurait, dans La Vieillesse (1970), entretenu « l'humiliation d'être vieux ». Elle souligne « la part des responsabilités personnelles (…) qui permet à l'être humain de tenir dans la tempête, de se redresser, s'il est courbé par la défaite ou le sort, et de résister envers et contre tout, en temps de guerre comme en temps de paix, selon les normes de sa conscience - cette voix que nul au monde n'a le pouvoir de faire taire. »

À partir des années 1990, tous en poursuivant ses travaux précédents, Michèle Aumont s’intéresse à plusieurs figures du christianisme, tous prêtres, comme Eugen Drewermann,  théologien et psychanalyste allemand ; le jésuite français, résistant, philosophe et théologien Gaston Fessard ; Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus ; Henri Bremond, jésuite également, historien et critique littéraire, membre de l'Académie française.

Elle écrit plusieurs témoignages autobiographiques et relate son voyage en Chine à l’automne 1982. Entre 1953 et 2017, Michèle Aumont a publié trente ouvrages, plus de nombreuses notes et articles.

Michèle Aumont meurt le 22 mars 2019 à Crozon (Finistère). Elle était âgée de 96 ans. Pour Le Télégramme, c’était une « humaniste, brillante, ouverte. »

Chevalière de la Légion d’honneur, Michèle Aumont avait obtenu plusieurs récompenses pour ses livres : prix social 1954 de l’Académie d’Éducation et d’Entraide sociale pour Dialogues de la vie ouvrière ; prix Fabien de l’Académie française en 1959 pour En usine, pourquoi ; prix de Joest de l’Académie française en 1964 pour Construire l’entreprise. Une association existe à Crozon, intitulée Les Amis de Michèle Aumont, parrainée par le philosophe et académicien François Cheng.

Fin

Michèle Aumont (2012, arch. fam.)

 

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31 décembre 2022 6 31 /12 /décembre /2022 00:01

Début de la biographie de Michèle Aumont

Michèle Jeanne Aumont naît le 7 septembre 1922 à Haiphong (Tonkin, act. Vietnam). Elle est la fille Maurice d’Anne-Marie Marcelle Serizay, secrétaire, et de son mari Charles Louis Aumont, directeur d'établissement d'une société d'import-export. Ils vivent ensuite à Hanoï, toujours au nord du Vietnam. Le Tonkin, comme le reste de l’Indochine, est alors sous protectorat français. Sa mère avait déjà eu quatre enfants d’un précédent mariage et en aura deux ensuite.

La famille revient en métropole en 1933, à Bordeaux (Gironde). Après son lycée, Michèle Aumont entre en khâgne, mais elle doit abandonner en 1940, suite à un départ pour Alger, également territoire français à l’époque. Elle s’inscrit à l’université et obtient une licence, qui lui permet ensuite d’enseigner, à partir de 1943, la philosophie au lycée de garçons d’Alger, succédant, selon l’historienne Michèle Rault, à Roger Garaudy, qui deviendra ensuite dirigeant du parti communiste français puis défenseur de thèses révisionnistes sur la deuxième guerre mondiale. Élevée dans un milieu chrétien, Michèle Aumont s’intéresse aux œuvres de Pierre Teilhard de Chardin, apprend à connaître l’islam et prend conscience de la condition des femmes algériennes.

Rentrée en France en 1946, elle passe l’agrégation de philosophie à la Sorbonne (université de Paris). Elle fréquente les conférences du Collège libre en sciences sociales, se rapproche des de l’Action populaire (jésuites) et rencontre au sein du mouvement Économie et humanisme les pères Joseph Lebret, économiste, Henri Desroches, sociologue, et Jacques Loew, prêtre ouvrier. En été 1947, elle fait un stage en tant que manœuvre dans une usine d’emballage de dattes à Marseille (8e arr.).

Selon le récit qu’en fait Michèle Rault d’après ses propres témoignages, Michèle Aumont rentre en novembre 1947 dans une usine de fabrication de tubes à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis est peu après embauchée dans un établissement cinématographique de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Elle monte des appareils photos, se syndique à la Confédération générale du travail (CGT) et est élue déléguée du personnel et membre du comité d’entreprise.

Fin 1949, elle est embauchée dans une usine automobile Citroën, d’où elle sera licenciée fin 1951 à cause de son activité syndicale. Toujours d’après Michèle Rault, Michèle Aumont est femme de ménage ou travaille dans de petites usines de Paris ou de banlieue jusqu’en 1956.

Elle commence à publier des ouvrages issus de son expérience, le premier, Femmes en usines, s’intéresse aux ouvrières de la métallurgie. Selon Informations sociales, c’est un « témoignage intense, douloureux ». Elle poursuit avec Dialogues de la vie ouvrière (1954), Le même bulletin considère qu’elle présente « le monde ouvrier, aux prises avec les difficultés d'embauche, l'insécurité du travail, les continuels soucis pécuniaires, et la préoccupation des enfants à élever, sans espoir d'en sortir ». Elle souligne l’opposition entre ceux, les communistes, qui veulent un changement radical du régime actuel, au besoin par la violence, et « souhaitent seulement quelques transformations de structure qui pourraient se réaliser d'un commun accord entre patrons et ouvriers ». Souhaitant « l'unité ouvrière et humaine », elle appelle un dialogue entre ses deux et se démarque des prêtres ouvriers. Dans Monde ouvrier méconnu (1956), d’après Cité chrétienne, Michèle Aumont « fait pénétrer dans toute la vie ouvrière : dans l'usine, en famille, dans la camaraderie, dans l'engagement syndical ». Dans Le Monde, Pierre Drouin remarque que « sa plume s'échauffe parfois, parce que la raison du cœur et la soif de justice sont trop fortes ». Il y voit « le déroulement de la vie concrète d'un ouvrier spécialisé, d’une bobineuse » et indique qu’elle appelle à un « sursaut ouvrier », fondé sur l’approche chrétienne de « l'espérance en la fraternité de tous les hommes. »

À suivre

Femmes en usine (1953)

 

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 05:01

Pierre Albert Joseph Giraud naît le 21 mars 1914 à Lyon (6e arr.). Il est le fils d’Anne Marie Barthélémie Grange et de son mari, Pierre François Giraud, négociant. Ils résident cours Morand.

En 1939, Albert Giraud est élève au séminaire catholique du diocèse de Paris à Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine).

Il faut probablement l’identifier avec l’abbé Albert Giraud, nouveau prêtre, nommé vicaire de la collégiale Saint-Just, à Lyon (5e arr.) en juillet 1944.

Il aurait cependant ensuite rejoint le diocèse de Paris et il est sans doute à assimiler à l’abbé Giraud, présent dans les milieux d’action catholique en banlieue parisienne

L’abbé Giraud est en 1949 missionnaire du travail et aumônier fédéral du secteur Seine-Rives de Marne au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).. Il célèbre en octobre 1949 en l’église Saint-Lambert de Vaugirard à Paris (15e arr.) le mariage de Marcelle Chamfroy avec Henri Melchior, responsable de la section de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien). En septembre 1950, il officie pour les noces de Colette Étienne, secrétaire du groupe MRP de l'Assemblée nationale avec Robert Gruet, responsable des jeunes de la section MRP de Joinville.

Le même mois, l’abbé Giraud dit la messe organisée suite au décès de Pierre Angenot, responsable de la JOC parisienne (Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise), organisée dans sa paroisse d’Adamville à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne). Il est présenté comme le « père spirituel » d’Angenot par le quotidien catholique La Croix.

En janvier 1957, il est responsable d’un centre de catéchuménat pour adultes pour la banlieue Est de Paris, qui fonctionne rue de Fontenay à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne). Il est alors basé à l’église Sainte-Anne, dans le quartier de Polangis, à Joinville.

Le père Albert Giraud meurt le 11 août 1990 à Vernaison (Rhône, act. Métropole de Lyon). Il était âgé de 86 ans.

Église Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont

 

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29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 06:01

Albert Joseph Antoine Guichard naît le 5 mars 1924 à Saint-Bonnet-le-Château (Loire). Il est le fils de Simone Lombardin et de son mari Joannès Guichard, quincailler, originaires de Saint-Jean-Soleymieux (Loire). Il n’est pas recensé avec ses parents entre 1926 et 1936, contrairement à ses deux sœurs et à son frère aînés, et a donc été probablement confié à de la famille. Selon les historiens André Caudron et Nathalie Viet-Depaule, il est élève au lycée Ampère de Lyon (Rhône) de la sixième à la seconde, puis en classe de première au petit séminaire de Montbrison (Loire). Pendant la deuxième guerre mondiale, il passe son bac en tant que candidat libre puis s’inscrit en première année de sciences politiques à Lyon. A la fin de la deuxième guerre mondiale, Albert Guichard fait deux années de service social au Secours national puis à l'Entraide française qui lui succède à la Libération,, où il fait fonction de chef de service.

En 1945, Albert Guichard rejoint le séminaire de la Mission de France à Lisieux (Calvados). Selon Oscar Cole Arnal, il fut attiré par la Mission « elle représentait... un vent de révolution dans l’église, une rénovation dans tous les domaines ». Il fait un stage d’un an dans une des équipes de prêtres-ouvriers, à Givors (Rhône), où il est chargé du catéchisme et des colonies de vacances. Il est ordonné prêtre du diocèse de Lyon le 24 mai 1951. Incorporé à la Mission de France, il poursuit des études supérieures à la Faculté de théologie de Lyon dont il est licencié.

Toujours selon des témoignages confiés à André Caudron et Nathalie Viet-Depaule, ses parents, hostiles à sa vocation, lui avaient refusé toute aide financière. Il est pris en charge matériellement par la paroisse catholique lyonnaise de Saint-Pothin (3e arr.). Domicilié à Vénissieux (Rhône), il y anime des groupes d'action catholique. Durant l’été, Albert Guichard, alors âgé de 26 ans, obtient du cardinal-archevêque de Lyon, Mgr Gerlier, l'autorisation d'entrer au travail et devient ainsi un des derniers prêtres-ouvriers, ainsi qu’un des plus jeunes. Il est en usine à Saint-Étienne (Loire).

Le 1er mars 1954, le pape Pie XI interdit aux prêtres de travailler en usine. Albert Guichard décide de refuser, avec 72 autres prêtres-ouvriers Ils publient un texte dans lequel ils déclarent « Nous ne pensons pas que notre vie d’ouvriers nous ait jamais empêchés de rester fidèles à notre foi et à notre sacerdoce. (…) La classe ouvrière n’a pas besoin de gens qui se « penchent sur sa misère » mais d’hommes qui partagent ses luttes et ses espoirs. En conséquence, nous affirmons que nos décisions seront prises dans un respect total de la condition ouvrière et de la lutte des travailleurs pour leur libération. »

Il figure parmi les dix réfractaires de l’équipe de Lyon, Saint-Étienne et Givors qui envoient, le 23 mars 1954, une lettre adressée à l'archevêque de Lyon, Albert Guichard mentionnant son appartenance à la Confédération générale du travail (CGT) et au Mouvement de la paix, organismes proches du parti communiste à cette période.

D’après la notice que lui consacrent André Caudron et Nathalie Viet-Depaule dans le Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français), Albert Guichard fait partie, en mai 1955, d’une commission des insoumis qui se réunit à pour traiter de la question « Comment, coupés de l'Église, garder une vie de foi ? » Dans une lettre du 13 janvier 1955, il écrit : « Il paraît impensable à un nombre de plus en plus grand de croyants et de prêtres dont je suis que les membres de l'Église et en particulier sa hiérarchie se bloquent indéfiniment et s'enferment dans l'ancien monde, la société et le régime bourgeois qui s'opposent par la force à l'établissement du monde plus fraternel qui se fait. Le seul vœu que je forme en ce début d'année, c'est donc celui pour lequel j'ai engagé ma vie : que le message évangélique ne soit pas injustement rendu inaccessible à des millions d'hommes "nouveaux" par la faute de ceux qui le lient en fait au monde bourgeois, quelles que soient leurs intentions ou leurs inconsciences. Ce ne sont pas des mots pour nous, mais une profonde réalité, puisqu'y être fidèle entraîne pour nous ruptures, incompréhensions, discrédit, sanctions et écueils pour notre foi elle-même. »

En 1957, Albert Guichard rejoint le bureau d’études en urbanisme BERU, fondé sous forme de société coopérative ouvrière de production (SCOP) par Max Stern, qui regroupe des chrétiens progressistes dont un autre prêtre, Maurice Ducreux. Il est sociologue et économiste. Le BERU travaille, souvent avec les municipalités communistes, à la rénovation de la banlieue parisienne. À l'automne 1958, Albert Guichard rejoint la CEGOS, organisme privé de formation continue professionnelle.

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), il quitte définitivement sa condition de prêtre et obtient sa réduction à l'état laïc des instances catholiques à Rome. Il épouse à Joinville, en février 1963, Paule Goubely, technicienne en publicité à Sedan (Ardennes), elle-même divorcée. Ils se séparent en automne 1965.

S’étant spécialisé dans l'étude de l'aménagement urbain des pays du Tiers-Monde, Albert Guichard séjourne au Brésil. Il épouse, en mai 1967 à Paris (12e arr.), Estella Pereira de Macedo. Il poursuit son activité, notamment pour le compte du ministère français de la Coopération et du secrétariat des missions d'urbanisme et d'habitat.

Albert Guichard meurt le 6 mars 2006 à Recife (Brésil). Il était âgé de 82 ans.

Joinville-le-Pont, années 1960

 

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16 décembre 2021 4 16 /12 /décembre /2021 00:01

Victorine Marie Charlotte Grand naît le 24 avril 1896 à Caluire-et-Cuire (Rhône). Elle est la fille de Mélitine Constance Tournet, brodeuse d’ornements d’église, et de son mari Antoine François Marie Grand, employé de commerce, qui vivent à Caluire, commune de la banlieue lyonnaise, rue Coste.

La famille s’installe ensuite à Lyon (4e arr.), Grande-Rue de la Croix-Rousse, où le père est propriétaire d’un atelier de tissage de soie. Il était secrétaire de la Société littéraire, historique et archéologique de Lyon et secrétaire de la Corporation des employés de la Soierie lyonnaise lors de son décès en février 1923.

Victorine Grand est la quatrième des six enfants du couple. Elle suit des cours d'instruction religieuse dans la paroisse Saint-Denis de la Croix-Rousse, où elle est distinguée par une mention en 1909.

Elle s’engage dans la vie religieuse dans les Petites Sœurs de l'Assomption, dont elle est membre en 1923. Elle porte le nom religieux de sœur Victorine-Marie. Elle est pensionnaire en 1931, de la communauté de cette congrégation à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Installée en 1921 dans le domaine du Parangon, qui avait accueilli une école puis un hôpital américain pendant la première guerre mondiale et ensuite un centre de la Croix-Rouge, le Parangon forme désormais des garde-malades, dispose d’un centre infantile et est un hôpital complémentaire de celui de Créteil. Il héberge en outre le noviciat de la Congrégation, avec 68 pensionnaires.

La supérieure est alors probablement Marthe Pouponnot, selon les indications du recensement de la population communale, où elle figure en première position, selon l’usage. C’est, de la même façon, sœur Victorine-Marie qui dirige l’institution en 1936 ; elle a alors 40 ans. Cette année-là, 74 sœurs sont recensées.

La date de décès de Victorine Grand n’est pas connue.

Le noviciat du Parangon en 1927

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Faure naît le 22 juin 1866 à Mansle (Charente). Elle est la fille de Marie Daigueplat et de son époux, Jean Faure, cultivateur propriétaire et bistourneur (personne castrant les animaux). Elle est la troisième des neuf enfants du couple.

En 1886, Marie Faure est couturière. Elle quitte Mansle après 1891 pour rejoindre les sœurs Servantes des pauvres, communauté oblate fondée à Angers par dom Leduc. Elle est en 1926 prieure de l’établissement de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), fondé en 1883 par l’abbé Ernest Jouin, qui a une activité de garde-malades. Cette année-là, il y a 11 sœurs pensionnaires ; elles seront 13 en 1931 et autant en 1936. Une autre congrégation de garde-malades, les sœurs de l’Assomption, est installée, dans la même rue, parc du Parangon.

Pour le cinquantenaire de la fondation du centre de Joinville, le conseil municipal, pourtant dirigé par le radical-socialiste Georges Briolay, décide de leur accorder une somme de mille francs. En février, le préfet lui envoie une lettre critiquant cette subvention.

Toujours en fonction en 1936, Marie Faure est peut-être la prieure de la communauté qui souscrit, en mai 1939, pour un secours aux Chinois victimes de la guerre.

Marie Faure meurt le 20 mai 1941 à Angers (Maine-et-Loire), au siège des Servantes des pauvres, rue Parmentier, où elle résidait. Elle était âgée de 74 ans. À Joinville, les sœurs étaient encore en activité à la fin du 20e siècle.

Le site des Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

 

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Joséphine Robin naît le 6 mai 1861 à Treffendel (Ille-et-Vilaine). Ses parents sont Marie Joséphine Rozé et son époux Jean Marie Robin, cultivateurs au village de La Corvaiserie. Elle est l’aînée des dix enfants du couple.

En 1876, âgée de 15 ans, elle est présentée comme cultivatrice, à l’instar d’un de ses frères (14 ans) et d’une de ses sœurs (12 ans). La famille ne réside plus au village en 1881.

Devenue membre de la communauté des Servantes des pauvres, sous le nom de sœur Marie-Armèle, Marie Robin est garde-malade dans l’établissement de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1896. Fondée par dom Leduc à Angers, la congrégation s’est implantée à Joinville en 1883 à la demande du curé de la paroisse, le père Ernest Jouin, également originaire d’Anjou. Dirigée depuis sa fondation par la mère Agnès de Jésus (Modeste Bondu), établie au 45, rue de Paris, la communauté essaime à Paris, suivant les nouveaux postes de l’abbé Jouin à Saint-Médard puis Saint-Augustin. Elle est remplacée comme prieure en 1896 par Émilie Renaudin mais devient supérieure générale des Oblates Servantes des pauvres, qui suivent la règle de Saint-Augustin.

Les sœurs ont probablement installé une école, peut-être pour des jeunes filles. L’attitude de la municipalité, largement dominée par les radicaux-socialistes et qui compte nombre de francs-maçons et libres-penseurs, est nettement hostile au début, dans le cadre d’affrontements juridiques entre l’abbé Jouin et les élus. Elle s’améliore ensuite.

Dans le cadre des mesures engagées par le gouvernement pour la dispersion des congrégations, deux décisions contradictoires vont être prises concernant la communauté de Joinville.

En janvier 1902, à une forte majorité, le conseil municipal de Joinville vote le maintien dans sa commune de la congrégation des Servantes des pauvres. Dans le journal radical local, le correspondant de Joinville, Louis Dehné (alias Ludovic), est fort mécontent : « Ils avaient été élus il n’y a pas deux ans sur un programme radical-socialiste. Maintenant qu’ils ont jeté le masque, ils sont cléricaux-nationalistes ». Cependant, en juillet 1904, comme 758 écoles dont 447 de filles, la fermeture de l’école est ordonnée. Mais l’activité de garde-malades perdure.

En 1911, c’est Marie Robin (sœur Marie-Armèle) qui est prieure de la communauté, qui compte alors sept pensionnaires ; il y en a dix en 1921.

Pendant la première guerre mondiale, sœur Marie-Armèle devient directrice d’un hôpital auxiliaire en tant qu’infirmière. Elle joue probablement un rôle dans le traitement des civils et militaires touchés par la grippe espagnole à partir de 1918. Restée à la tête de sa communauté en 1921, elle est titularisée en février 1922 tant qu'infirmière-visiteuse de 10e classe dans le personnel de l'Office public d'hygiène sociale du département de la Seine. Une autre congrégation, les sœurs de l’Assomption, a également installé un établissement de garde-malades, avec son noviciat, à peu de distance, dans la même rue de Paris, au sein du parc du Parangon.

En 1926, Marie Robin ne réside plus à Joinville ; la fonction de prieure de la communauté est assurée par Marie Faure. Marie Robin est domiciliée en mai 1928 à Paris (1er arr.), rue de Rivoli, quand elle se voit attribuer, en tant qu’ancienne infirmière, un secours de cinq cents francs. Elle est alors âgée de 67 ans.

La date de décès de Marie Robin n’est pas connue. Pour son activité, elle s’était vue remettre en mars 1920 la médaille de la Reconnaissance française et en mai la même année, la médaille de bronze des épidémies.

Le site des Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 00:01

Émilie Renaudin est née vers 1869. Elle est religieuse catholique, au sein de de la communauté des sœurs Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont en 1901. Comme la plupart des membres de cette congrégation, elle est probablement originaire de l’ouest de la France (Anjou, Vendée ou Bretagne).

Cette communauté, dont l’activité est principalement de garde-malades, a été fondée par dom Leduc à Angers (Maine-et-Loire). Elle s’est implantée à Joinville en 1883 à la demande du curé de la paroisse, le père Ernest Jouin, également originaire d’Anjou. Dirigée depuis sa fondation par la mère Agnès de Jésus (Modeste Bondu), établie au 45, rue de Paris, la communauté essaime à Paris, suivant les nouveaux postes de l’abbé Jouin à Saint-Médard puis Saint-Augustin. Agnès de Jésus devient supérieure générale des Oblates Servantes des pauvres, qui suivent la règle de Saint-Augustin et est remplacée comme prieure de Joinville par Émilie Renaudin sans doute en 1896. Six sœurs pensionnaires composent la communauté, installée dans le centre-ville.

Les sœurs ont probablement installé une école, peut-être pour des jeunes filles. L’attitude de la municipalité, largement dominée par les radicaux-socialistes et qui compte nombre de francs-maçons et libres-penseurs, est nettement hostile au début, dans le cadre d’affrontements juridiques entre l’abbé Jouin et les élus. Elle s’améliore ensuite.

Dans le cadre des mesures engagées par le gouvernement pour la dispersion des congrégations, deux décisions contradictoires vont être prises concernant la communauté de Joinville.

En janvier 1902, à une forte majorité, le conseil municipal de Joinville vote le maintien dans sa commune de la congrégation des Servantes des pauvres. Dans le journal radical local, le correspondant de Joinville, Louis Dehné (alias Ludovic), est fort mécontent : « Ils avaient été élus il n’y a pas deux ans sur un programme radical-socialiste. Maintenant qu’ils ont jeté le masque, ils sont cléricaux-nationalistes ». Cependant, en juillet 1904, comme 758 écoles dont 447 de filles, la fermeture de l’école est ordonnée. Mais l’activité de garde-malades perdure.

En 1911, Émilie Renaudin a cédé la fonction de prieure de la communauté à Marie Robin (sœur Marie-Armèle), qui était déjà à Joinville en 1896. Il y a alors sept pensionnaires. Émilie Renaudin a, à ce moment, environ 41 ans.

La date de décès d’Émilie Renaudin n’est pas connue.

Le site des Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

 

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 00:01

Marthe Marie Christine Léonie Valentine Pouponnot naît le 28 septembre 1907 à Charzais (act. Fontenay-le-Comte, Vendée). Elle est la fille de Marie Léonie Marceline Virginie Cantin et de son époux Jean Alfred Auguste Pouponnot, cultivateurs. Les parents seront ultérieurement épiciers à Fontenay-le-Comte.

Marthe Pouponnot rejoint la congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption. À partir de 1921, elles s’installent dans l’ancienne école du Parangon à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). L’école, fermée pendant la première guerre mondiale, avait été transformée en hôpital auxiliaire de l'armée américaine puis en service de santé de la Croix-Rouge française. Elles y créent un centre infantile, doté d’un hôpital complémentaire de celui de Créteil. La congrégation utilise également le lieu comme noviciat.

Dans les recensements de la population, l’ordre ordinaire est d’indiquer en premier la responsable de la communauté. La première supérieure aurait donc été Georgette Mottot, citée en 1921. En 1926, c’est Marie Christine Drouard qui est indiquée dans cette position. En 1931, on trouve Marthe Pouponnot. La communauté compte, cette année-là, 68 sœurs dont la sœur Victorine-Marie (Victorine Grand), qui serait devenue la supérieure en 1936.

Marthe Pouponnot meurt le 22 novembre 1973 à Paris (15e arr.). Elle était toujours religieuse et domiciliée rue Violet, dans la maison de retraite de la Congrégation des Petites Sœurs de l’Assomption. Elle était âgée de 66 ans.

Le Parangon (avant l'installation des soeurs)

 

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Christine Anna Drouard naît le 17 novembre 1902 à Curzay-sur-Vonne, Vienne. Elle est la fille de Victoria Félicie Gérard et de Louis Désiré Drouard, garde particulier du domaine du vicomte de Curzay. La famille, originaire de l’Oise, est nombreuse, plus d’une dizaine d’enfants.

L’aînée des filles, Alice Victoria Félicité, deviendra religieuse, sous le nom de sœur Radegonde Kergonan. Ce sera également le cas de Marie Christine Drouard. Elle rejoint la congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption.

À partir de 1921, elles s’installent dans l’ancienne école du Parangon à Joinville-le-Pont, fermée pendant la première guerre mondiale, et qui avait été transformée en hôpital auxiliaire de l'armée américaine puis en service de santé de la Croix-Rouge française. Elles y créent un centre infantile, doté d’un hôpital complémentaire de celui de Créteil. La congrégation utilise également le lieu comme noviciat.

La première supérieure est Georgette Mottot. En 1926, c’est Marie Christine Drouard qui assume la fonction ; on compte cette année-là 43 sœurs. Elle l’a quittée en 1931, remplacée par Marthe Pouponnot.

Marie Christine Anna Drouard meurt le 27 mars 2007 à Issoudun (Indre). Elle était âgée de cent-quatre ans.

Le Parangon avant l'installation des Sœurs de l'Assomption

 

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