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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 00:01

Louis Jules Rousseau naît le 11 août 1876 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Éléonore Delalonde et d’Henri Jean Ferdinand Rousseau. Sa mère est une personnalité mondaine et une écrivaine et dramaturge. Son père, professeur de science, docteur en médecine, prend la succession de son père et de son frère comme chef de l’école du Parangon. C’est un important établissement privé laïque d’enseignement de Joinville que ses parents transforment en une école pratique d’enseignement colonial.

Après avoir fait des études de droit et de langues à l’École spéciale des langues orientales à Paris, Louis Rousseau épouse en février 1902, à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Jeanne Marie Léonie Poullin, couturière. Ils vivent à Neuilly-sur-Seine en 1903, avenue de Neuilly (act. avenue du Général-de-Gaulle), puis à Saint-Maur-des-Fossés en 1906, boulevard de Créteil avant de s’installer en 1909 à Joinville, dans le vaste parc du Parangon. Louis Rousseau rejoint son père à la tête de l’institution dont il est, en 1911, le directeur au côté de son père. Il est spécialement en charge de l’accueil des étudiants étrangers, nombreux dans l’établissement.

Léonie Rousseau

Ayant effectué son service militaire entre novembre 1897 et septembre 1900, d’abord au 72e régiment d’infanterie puis dans une section d’état-major de recrutement, Louis Rousseau en ressort avec le grade de sergent. Il contribue à créer une Société de préparation militaire au sein de l’école, ce qui lui vaut en juillet 1913 une lettre de félicitations du ministre de la guerre. Il est rappelé au début de la première guerre mondiale et est nommé adjudant en août adjudant puis sous-lieutenant en mars 1916 et enfin, lieutenant à titre temporaire en juillet 1918. Rousseau sert au sein de la mission militaire française auprès de l’armée britannique. Son attitude lui vaut deux citations, l’une à l’ordre de la brigade, l’autre à l’ordre du jour général.

L’école du Parangon, que son père a tenté de maintenir pendant la guerre, ferme en 1917 et le bâtiment devient un hôpital américain. Louis Rousseau et sa famille vont s’installer à Dinard Saint-Enogat (Ille-et-Vilaine), où ils ouvrent d’abord une épicerie en 1920 puis une agence immobilière.

S’étant déjà fait remarquer par des conférences comme naturaliste en 1912, Rousseau adhère en 1914 à la Société nationale d'acclimatation et fait des communications notamment sur les oiseaux.

Louis Rousseau meurt le 7 janvier 1928 à Dinard Saint-Enogat. Il était âgé de 51 ans et avait deux enfants. Décoré de la Croix de guerre, il est inhumé à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Louis Rousseau

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 00:01

Maurice Paul Coffin naît le 10 février 1890 à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Flore Adèle Marie Durier et de son mari Paul Coffin, marchand de nouveautés, tous deux originaires d’Amiens (Somme).

La famille Coffin est établie en 1902 à Lorient (Morbihan). C’est dans cette ville que son frère Léon naît ladite année, que le père, Paul Coffin meurt en avril 1908 et que Maurice Coffin, qui est alors voyageur représentant de commerce, s’engage pour trois dans l’armée en octobre de la même année. Un an plus tard, il est cependant réformé puis exempté de service militaire à cause d’une bronchite chronique. Le couple Coffin avait disposé d’un certain capital, puisqu’une maison de maître à Clohars-Carnoët (Finistère) fut mise en vente au profit des deux fils en octobre 1908.

Le même jour de décembre 1914, Maurice Coffin épouse Berthe Adrienne Liné à Abbeville (Somme) et est déclaré bon pour service. Il est affecté au 151e régiment d’infanterie. Signalé comme disparu en juin 1915, il est fait prisonnier et interné à Darmstadt (Hesse, Allemagne). Il est rapatrié mi-décembre 1918, retourne dans l’infanterie ou il est démobilisé en juillet 1919.

Installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, Maurice Coffin et son épouse résident sur le quai de la Marne, dans le quartier du Centre. Il s’engage publiquement dans la vie politique à l’occasion des élections municipales partielles d’octobre 1934, provoqué par la disparition ou la démission d’une dizaine de membres du conseil municipal. La municipalité, élue en 1929 avec à sa tête Georges Briolay, était constitué par une alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes indépendants et le parti socialiste SFIO. Ces derniers se sont retirés de la majorité, deux de leurs quatre élus démissionnant, tandis que les autres restaient en tant qu’indépendants. La SFIO présente une liste lors du scrutin, sur laquelle Maurice Coffin se trouve en quatrième position derrière Robert Derivière, tête de liste. Une liste communiste est également en lice, ainsi que deux listes aux contours flous, regroupant pour l’une des opposants à la municipalité et pour l’autres des personnes qui lui sont plutôt proches, mais on trouve des radicaux et des personnalités de droite sur les deux listes.

La liste d’opposition dite de Concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,9% des suffrages exprimés, devançant les Républicains indépendants (25,4%), les communistes ayant une très courte avance sur les socialistes (408 voix en moyenne et 17,8% contre 403 et 17,5%). Suite au retrait des Républicains indépendants et de la SFIO, la Concentration républicaine emporte au second tour les dix sièges. Coffin avait obtenu 403 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Coffin est de nouveau candidat en cinquième place sur la liste SFIO de Joinville, qui compte quatre représentants de commerce sur ses 14 candidats. Elle est à nouveau conduite par Robert Derivière. Au premier tour, l’Union des républicains (droite), arrive en tête (32,6%), devant les radicaux du maire sortant (26,7%) et les communistes de Robert Deloche (23,5%). Les socialistes sont au dernier rang, avec 12,3%. Coffin recueille 354 voix pour 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec à leur tête André Blocher, indépendant et secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants). La droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, avec 39,8% tandis que la gauche, avec 36,6% a deux élus. Les radicaux se contentent de 19,5%. Coffin est présent sur la liste unifiée et est crédité de 981 votes pour 2 899 suffrages exprimés (33,8%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu, les deux conseillers municipaux de la liste élus étant communistes.

Lors du recensement de la commune en 1936, Maurice Coffin est signalé comme « absent », ce qui s’explique peut-être par son activité commerciale itinérante.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Maurice Coffin est membre du mouvement des Francs-tireurs et partisans français, proche des communistes, et incorporé dans le groupe des Forces françaises de l’intérieur de Joinville-le-Pont, dirigé par Robert Deloche, futur maire. Il combat militairement du 18 au 25 août 1944, date de la Libération de la commune. Il ne semble pas avoir pris part aux combats du pont de Joinville (23-26 août).

Maurice Coffin est vivant au décès de son épouse, en octobre 1950 à Joinville. Ils avaient eu deux filles, la cadette étant morte très jeune, tandis que l’aînée, Jacqueline, épousa Frédy Plé, conseiller municipal (divers droite) de Joinville-le-Pont entre 1959 et 1965 et fils d’un médaillé olympique d’aviron. En avril 1952, Maurice Coffin obtient un certificat attestant de sa participation à la Résistance. Il était alors âgé de 62 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Plaque à la mémoire des FFI de Joinville-le-Pont

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin, après avoir quitté Joinville-le-Pont, s’installe à Salbris (Loir-et-Cher). Il y acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et, en 1884, il devient maire de Salbris, fonction qu’il exercera jusqu’en 1900. Il siège également, de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher.

La mairie de Salbris

Les opinions politiques de Courtin font de lui un « monarchiste impénitent » dont la « vie tout entière » est « consacrée à combattre la République » constatait le quotidien progressiste La Lanterne en août 1893. Selon le Journal de l'agriculture (1908), Auguste Courtin était « un des meilleurs agriculteurs de la Sologne ». Le journal catholique La Croix en fait « un des premiers rénovateurs de la Sologne » dans sa nécrologie. Il aura exercé des mandats poltiques pendant 37 ans (18 ans à Joinville, 19 à Salbris).

Auguste Courtin meurt le 15 avril 1908 à Salbris, dans sa propriété du Chesne. Il était âgé de 82 ans. Une rue du quartier de Polangis à Joinville porte le nom d’avenue Courtin.

Comme il le fit lui-même avec son propre père, c’est son fils André Courtin qui lui succéda, mais cette fois de son vivant, à la mairie de Salbris de 1900 à 1912 et qui reprit son poste de conseiller général du canton de Salbris de 1901 à 1907.

Fin

Le château du Chesne à Salbris

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est maire de Joinville-le-Pont depuis 1858 et le reste jusqu’à la fin du second empire. Les maires sont alors nommés par le préfet. Il est reconduit dans cette fonction, puis élu au même poste au début de la Troisième République en 1870, puis en 1871 et en 1874. Au début de la troisième République, Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, a remplacé Hippolyte Pinson en tant qu’adjoint.

En juillet 1868, il est nommé membre du conseil de l'arrondissement de Sceaux pour le canton de Charenton par décision gouvernementale.

La population de la commune fait plus que doubler pendant le mandat d’Auguste Courtin. Elle passe de 1207 habitants en 1856 à 2901 en 1876.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la municipalité de Joinville est déplacée dans la capitale, avec l’ensemble de la population. Elle siège d’abord au 104, rue du Bac à Paris (7e arr.). Les locaux provisoires sont ensuite fixés au 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment sur le territoire de Joinville-le-Pont. Le pont de Joinville est détruit.

Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Au cours de l’insurrection de la Commune de Paris, trois cents membres des conseils municipaux du département de la Seine adoptent le 22 avril 1871 une « Adresse des municipalités suburbaines » : « L'assemblée des maires, adjoints et conseillers municipaux des communes suburbaines de la Seine, navrée de la guerre civile actuelle, réclame une suspension d'armes. Elle affirme, pour toutes les communes, la revendication complète des franchises municipales, avec l'élection par les conseils de tous les maires et adjoints, et demande l'installation définitive de la République en France. Elle proteste contre l'envahissement et le bombardement pour la cessation des hostilités. L'assemblée surtout demande qu'il n'y ait pas de représailles ». Dix délégués sont nommés pour présenter l’adresse, dont Courtin.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Courtin quitte Joinville en 1877. Son adjoint, Louis Ferdinand Rousseau lui succède, mais il échoua à se faire élire en 1878. Courtin vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

À suivre

Auguste Courtin

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est présumé né le 25 décembre 1825 à Rennes, Ille-et-Vilaine. Il faut cependant attendre un jugement du tribunal civil de la Seine, à Paris, en janvier 1846 pour que son état-civil soit établi et que le registre des naissances de Rennes soit modifié avec une mention marginale, mentionnant sa date et le lieu présomptifs de son origine, avec la mention de « parents inconnus ».

L’historien de Joinville Georges Bousquié indique qu’il était le fils adoptif du grammairien Charles-Pierre Chapsal et de son épouse Anne-Adélaïde, née Favray ; cette mention figure dans la déclaration faite à l’état-civil pour le décès de sa mère adoptive. Il hérite du domaine familial, le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), mais aussi de la fonction de maire de ladite commune au décès de Chapsal en 1858. Un autre historien, Gérard Blanc-Césan, qualifie Auguste Courtin d’enfant naturel de Chapsal. L’acte d’état-civil de son mariage en mai 1848 mentionne des « parents non dénommés. »

Il faut certainement assimiler Auguste Courtin avec l’enfant désigné sous le nom d’Émile Chapsal dans les recensements conduits à Joinville en 1836 et 1841 et qui a le même âge. Les travaux généalogiques conduits par un de ses descendants, André Forgeot, lui attribuent le prénom d’usage d’Auguste Émile. Aucun « Émile Chapsal » n’est par ailleurs attesté.

Le château de Polangis avait été acquis en 1835 par Charles Chapsal auprès Jean-Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837). Auguste Courtin en sera l’héritier au décès de Mme Chapsal en février 1880. À l’époque, la rive gauche de la Marne à Joinville est très peu peuplée et le château en occupe une grande partie.

Riche, Charles Chapsal utilise ses moyens pour asseoir son autorité locale,

En mai 1848 à Joinville, c’est Charles Chapsal, en tant que maire, qui célèbre le mariage d’Auguste Courtin avec Anna Caroline Spooner, fille d’un chimiste citoyen des États-Unis. Parmi les témoins on compte Charles Favray, frère de sa mère adoptive, et Hippolyte Pinson, inamovible adjoint au maire de la commune. Ils auront cinq enfants.

À suivre

Auguste Courtin

 

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 00:01

Yves Marie Le Page naît le 25 janvier 1844 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Félicité Le Page, lingère, et de Pierre Ovide Bonheur, fusilier au 1er régiment d’infanterie marine. Ses parents ne sont pas mariés, mais ils procèdent à sa reconnaissance en novembre 1844 à Brest. Ensuite, Yves Marie utilisera le patronyme de Bonheur. Il vit avec sa mère à Landerneau (Finistère).

Il sert pendant plusieurs années, au moins entre 1867 et 1870, dans la marine de guerre, comme matelot chef de pièce dans l’artillerie de marine en 1867. Il est sur le bateau Le Jura en 1868. Devenu quartier-maître, il embarque sur le Rochambeau, cuirassé à coque en fer, construit à New-York, qui, avec 115 mètres, est le plus long navire jamais construit en bois. Enfin, il est second maître sur la frégate Thémis en 1870. En 1902, au moins six sommes qui lui étaient dues par la marine au titre de son activité militaire étaient non réclamées.

Le premier mariage de Bonheur a lieu en novembre 1867 à Landerneau (Finistère) pendant son service militaire à Landerneau. Il épouse Anne Marie Perrine Piton. Elle meurt l’année suivante, juste après avoir donné naissance à un fils, qui décède lui-même à 11 ans, toujours à Landerneau où il vivait chez sa grand-mère maternelle.

Sans doute sur les conseils de son oncle Louis Benoit Bonheur, garde-cimetière au Père-Lachaise, Yves Marie Bonheur vient à Paris après la guerre franco-prussienne et se fait embaucher également dans l’administration parisienne des cimetières. Il continuera d’exercer cette fonction jusqu’en juillet 1890. Il vit dans le 20e arrondissement, rue du Repos, (adjacente au cimetière du Père-Lachaise) puis en 1875 à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne), route de Choisy (qui dessert le cimetière parisien de cette ville). Il épouse en juillet  1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Léonie Catherine Thime, fille d’un cordonnier, libre-penseur et militant radical-socialiste, Eugin Thime (1830-1904). Ils vivent de nouveau rue du Repos.

Après sa retraite, Yves Marie Bonheur devient employé d’octroi en 1892 à Joinville-le-Pont. Il vit route de Brie (act. avenue Galliéni) dans le quartier de Polangis. Il a eu sept enfants avec sa seconde épouse.

Yves Marie Bonheur meurt le 8 janvier 1893 à Joinville. Il était âgé de 48 ans. La très longue nécrologie que lui consacre l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes constitue, outre l’état-civil ou les données sur son activité militaire et professionnelle, la principale source d’information sur les engagements publics de Bonheur.

La notice est incluse dans la rubrique régulière intitulée Bulletin maçonnique et de libre-pensée, rédigée par Henry Vaudémont. Les obsèques de Bonheur, dont le lieu n’est pas précisé, eurent probablement lieu à Joinville. Elles furent organisées « suivant ses principes et en dehors de toute pompe mystique, d’une façon purement laïque ».

Henry Vaudémont, président du groupe La Raison du canton de Charenton, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, a retracé la vie de cet « humble et digne », citant Proudhon : « Dieu, c’est le mal. »

Émile Pasquier, secrétaire-général de la Fédération française de la Libre-Pensée ainsi que de l'Union des républicains radicaux socialistes de Sceaux, a fait une allocution en tant que secrétaire du député Jules Ferdinand Baulard, radical-socialiste, « Bonheur, ce travailleur modeste, ce libre-penseur convaincu, avait su de bonne heure se débarrasser de tous ces vieux préjugés qui sont la négation de la dignité humaine. »

Brisson-Joly, ancien conseiller général de la Seine et animateur de la Fédération française de la libre-pensée a formulé des considérations qui « n’ont certes pas été du goût de tout le monde. Mais nul n’a eu la goujaterie de désapprouver bruyamment ». Vaudémont remarque que « C’est un grand, un immense progrès au point de vue moral. La tolérance s’acclimate décidément chez nous. Et les gens qui, au nom de leur liberté, réclament le droit de croire en dieu, commencent à nous reconnaître, à nous, le droit de ne pas y croire. »

Le cuirassé Rochambeau

 

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 00:01

[Notice inspirée du Dictionnaire international des militants anarchistes.]

René Louis Émile Martin naît le 4 octobre 1887 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Fanny Berthe Morvan et de son époux, René Alexandre Martin, marin. En août 1912 à Brest. René Louis Martin, à ce moment ouvrier au port et résidant à Lambézellec (act. quartier de Brest) épouse Henriette Yvonne Marianne Callet.

Réformé et pensionné à la suite de la première guerre mondiale, René Martin, résidait rue Turenne à Brest et travaillait à l’arsenal de la ville.

En avril 1920, il est élu au bureau de l’union départementale CGT lors du congrès régional tenu à Carhaix-Plouguer. En octobre, il devient administrateur de la Maison du peuple dont la commission administrative comptait alors 7 anarchistes sur 19 membres. Il est membre des jeunesses syndicalistes et du groupe libertaire reconstitué en janvier 1921 par J. Le Gall. Martin adhéra à la CGTU, après le congrès régional de Landernau en avril 1922 et devint secrétaire de l’union locale. Dans le Syndicaliste du Finistère (août 1922), il justifia son adhésion par ce qu’il appelait « la trahison » de la majorité confédérale de la CGT pendant la guerre et rappela que « les partis politiques, communistes ou autres, doivent foutre la paix au syndicalisme ».

Cette même année 1922, Martin signe un article collectif intitulé « Plus que jamais vive Cottin », en référence à la tentative d’attentat contre Clémenceau de ce dernier. Il fut condamné à trois mois de prison avec Pierre Gouzien, Louis Marchand et Pierre Camblan. En mai 1923, Martin fut avec Gouzien et Quemerais l’un des délégués anarchistes au congrès de fondation de l’Union régionale unitaire dont Quelerais sera nommé secrétaire. Les 22-23 juillet 1923, avec Texier et Tircor, au comité confédéral national de la CGTU, il dénonça le rôle des Commissions syndicales obligeant tout syndiqué du parti communiste à appliquer la ligne du parti.

Martin était membre du Comité de défense sociale et secrétaire du Comité Sacco-Vanzetti qui organisa le 19 octobre 1921 un meeting de solidarité où prirent la parole Fister de l’union anarchiste et J. Le Gall du groupe de Brest et à l’issue duquel, un cortège se forma, se dirigea vers le Consulat des États-Unis dont les vitres furent brisées à coups de pierres.

Á l’été 1922, lors d’un meeting de soutien aux grévistes du Havre, il avait déclaré « Dans l’avenir, il faudra pouvoir descendre autant de policiers et de gendarmes qu’il y aura de victimes ouvrières ». Cette même année il participa avec L. Guérineau, C. Journet, Boudoux et G. Bastien à l’enquête sur ‘e fonctionnarisme syndical » publiée par La Revue anarchiste de Sébastien Faure.

Le 6 juillet 1923 il participait à la fondation du Comité de vigilance et d’action contre les menées fascistes d’Action française et autres groupes réactionnaires, où il représentait la CGTU ; le bureau comprenait six anarchistes et quatre communistes. Il semble qu’il ait été le secrétaire du syndicat unitaire du bâtiment et diffusait le quotidien Le Libertaire, auquel il collaborait, avec une carte de colporteur. En novembre 1923 il participait au 2e congrès national CGTU de Bourges, qui vit la prise en main par le parti communiste sur le syndicat. Au congrès de 1924, après s’être opposé vainement à ce contrôle, il quittait la CGTU et adhérait à l’autonomie. Secrétaire de la Bourse du travail autonome de Brest, il fut perquisitionné à de nombreuses reprises en particulier en juillet 1925 où la police saisit de nombreux journaux et tracts. En 1927, il réintégra la CGT.

Secrétaire du groupe anarchiste de Brest et partisan de la Plate-forme dite d’Archinov, il fut l’un des rédacteurs et l’administrateur du journal Le Flambeau (Brest, 80 numéros 1927-1934) dont le gérant était J. Treguer et qui en 1929 tirait à 3.500 exemplaires et comptait 400 abonnés. Le 9 mars 1928, suite à un article paru dans le journal et sur plainte de l’évêque, il fut condamné par le Tribunal correctionnel de Brest à 100 fr. d’amende et à 3000 fr. de dommages et intérêts qu’il ne put payer et fut emprisonné pour un an pour contrainte par corps. De la prison, il refusa que ses compagnons se cotisent pour payer les dommages et intérêts. Suite à plusieurs interventions, dont celle de la Ligue des droits de l’Homme, il fut libéré le 4 décembre 1928. Puis Martin fut le responsable de l’édition de l’ouest de Terre Libre (Brest, 1934) et collabora à l’édition parisienne de ce journal publiée par Marchal et Planche (1936-1937) et à l’édition nîmoise publiée par A. Prudhommeaux (1937-1939).

Mi-octobre 1931, Martin fut délégué de Brest au congrès de l’Union Anarchiste à Toulouse, et participa également au congrès tenu à Paris en octobre et novembre 1937. Il collabora pendant les années 1930 au journal Le Libertaire ainsi qu’à l’organe pacifiste La patrie humaine (Paris, 1931-1939). Pendant la guerre d’Espagne il fut responsable avec R. Lochu du Comité pour l’Espagne libre puis de la Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) de Brest. En 1937 il accompagna P. Odéon à la Colonie Ascaso de Llansa, visite à la suite de laquelle il écrivit « Sauvez les gosses » (Le Libertaire, 18/03/1937).

En 1940 Martin quittait Brest et s’installait à Asnières où il rejoignit sans doute sa fille qui en 1937 avait épousé Maurice Laisant.

Selon Jean Maitron, René Martin aurait pendant la seconde guerre mondiale rejoint le Parti populaire Français (PPF) de Jacques Doriot (extrême-droite)

Martin est l’auteur d’une pièce de théâtre, La Tyrannie des Prêtres (Retour des Bancs), publiée en 1927. Elle a été jouée à plusieurs reprises dans des manifestations anticléricales.

René Martin est décédé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) le 13 décembre 1964. Il était âgé de 77 ans.

 

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 01:01

Augustin Baudot naît en 1883. Il est ordonné prêtre en 1906. En 1911, il est vicaire au Petit-Colombes, dans la commune de Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine). En mai, il est victime d’un escroc belge, qui met à profit la charité de prêtres parisiens ou de banlieues en leur présentant une lettre frauduleusement signée d'un ecclésiastique de Charleroi (Belgique). Il est condamné, par défaut, à dix mois de prison et 50 francs d'amende en août 1912. La qualité d’abonné du quotidien royaliste l’Action française d’Augustin Baudot est mentionnée en juin 1914.

Peu après le début de la première guerre mondiale, en octobre 1914, l'abbé Baudot a été nommé vicaire à Saint-Jean-Baptiste de Neuilly (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il y restera plus de seize ans.

En août 1930, l'abbé Baudot est en vacances avec un prêtre de ses amis, l'abbé Lozet, professeur à l'école Bossuet à Paris. Ils se trouvaient au large de Saint-Cast (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor) et revenaient du Cap Fréhel sur le bateau de ce dernier, L'Hermine. Ils aperçurent une périssoire vide, puis virent deux baigneurs agrippés à son bord, deux étudiants parisiens tombés à l'eau ; ils les ont ramenés sains et saufs.

Devenu premier vicaire de la basilique Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en février 1931, l'abbé Baudot y reste jusqu’en 1937. En avril, il est nommé curé de Saint-Charles-Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend la suite de Victorin Martin mort en fonction en janvier.

C’est dans l’église Saint-Charles qu’est célébrée en décembre 1938 la messe annuelle à la mémoire des morts du cinéma, qui se tenait les années précédentes dans l’autre lieu de culte communal, l’église Sainte-Anne de Polangis. Le changement de lieu est peut-être dû à la petite taille de l’édifice de Polangis.

Pendant la deuxième guerre mondiale, l'abbé Baudot participe en décembre 1943 au déjeuner des vieux, organisé par l’association des familles françaises de Joinville, présidée par le Dr Bitterlin, conseiller municipal, et auquel est présent le maire Émile Lesestre et ses adjoints, nommés par le gouvernement de Vichy.

En mai 1948, aux côtés de Gilberte Pierre-Brossolette et de l’abbé Bauller, curé de Polangis, l'abbé Baudot, rend hommage aux héros de la Résistance à l’Allemagne nazie. Gilberte Pierre-Brossolette, épouse de Pierre Brossolette, mort pendant l'Occupation en 1944, est vice-présidente socialiste du Conseil de la République (Sénat).

Sur la demande de la section locale du parti gaulliste le RPF, dont Pierre Calmon est le président pour Joinville, l'abbé Baudot dit une messe en mémoire du maréchal Leclerc en novembre 1951.

Présenté comme malade en octobre 1953, l'abbé Baudot quitte la cure de Saint-Charles en 1954, est âgé d’environ 71 ans. Il y revient deux ans plus tard, en mai 1956, pour célébrer ses noces d’or sacerdotales, à l’occasion d’une cérémonie célébrant le centenaire de la pose de la première pierre de l’église paroissiale. La date de son décès n’est pas connue.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 01:01

Jean Baptiste Gripon naît le 21 août 1864 à Mouliherne, Maine-et-Loire. Il est le fils Louise Courtin et de son mari, Jean François Gripon.

Après des études de médecine, Gripon est reçu comme officier de santé en juillet 1888 et est enregistré en mai 1889 comme exerçant rue Oberkampf à Paris (11e arr.). Il est mentionné dans la presse comme ne réussissant pas à ranimer une mère abandonnée qui se suicide en janvier 1890 à Paris ni à sauver un jeune homme qui se noie à Nanterre en été 1892.

Il se marie en décembre 1893 à Paris (18e arr.) avec Joséphine Zélie Caron, et est alors domicilié rue Ravignan. Il s’installe ensuite à Pierrelaye (Seine-et-Oise, act. Val-d’Oise), où naît son premier enfant et où il est appelé en avril 1898 pour secourir deux ouvriers ensevelis dans un accident de chantier ; un des deux meurt.

Gripon s’installe à l’été 1898 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où il va exercer d’abord rue Chapsal (quartier du Centre) puis, à partir de 1901, route de la Brie (quartier de Palissy). Il soutient en 1903 une thèse sur le traitement de la tuberculose pulmonaire où il souligne l’effet positif du sirop Thiocol (Roche).

Lors de l’affaire Dreyfus, Gripon signe en novembre 1898 une protestation « au nom du droit méconnu, contre les poursuites et les persécutions qui frappent le colonel Picquart, l'héroïque artisan de la révision, à l'heure même où celle-ci s'accomplit. »

En décembre 1907, le Dr Gripon est candidat au poste de médecin inspecteur des écoles de la commune, nouvellement créé. Sa candidature est présentée devant la délégation cantonale scolaire qui la retient par 9 voix contre 6 à son concurrent, le Dr Vallat, conseiller municipal. Contre la règle, le préfet nomme pourtant le candidat arrivé second après une enquête suite à ce que Gripon qualifie de « insinuations malveillantes » alors qu’il avait présenté une attestation d’honorabilité signée de 846 personnes. L’hebdomadaire radical Voix des communes considère que « le vaincu aurait dû se retirer ». Gripon fait appel à une sorte de jury d’honneur, composée de Louis Parisot, conseiller général de la Seine (Courbevoie) et de Paul Guelpa, dirigeant du parti radical. Les deux hommes concluent à l’absence de responsabilité dans les insinuations malveillantes qui auraient motivé l’enquête préfectorale. Gripon publie une lettre de Gripon dans laquelle il écrit : « Je fus dévalisé ! Je pensais qu’en m’en prenant à celui qui profitait de mes dépouilles, je découvrirais les coupables, mais je me trompais. Le Dr Vallat est bien innocent. (…) Nous chercherons ailleurs les responsabilités. »

Bien que le Dr Vallat ne se représente pas aux élections municipales de mai 1908 à Joinville, Gripon décide d’être candidat indépendant face à la liste du maire sortant, le radical-socialiste Eugène Voisin, à une liste du comité socialiste évolutionniste (anciens socialistes et libéraux) et à quelques socialistes unifiés (SFIO). Les radicaux-socialistes emportent 21 sièges, les évolutionnistes en ont un et Gripon est élu. Il a recueilli 526 voix au second tour pour 1 188 suffrages exprimés (44,3%) sur 1 319 inscrits. Il en avait obtenu 493 au premier tour.

Au conseil municipal, Gripon va adopter une position très critique vis-à-vis du maire et de Louis Rey, un des principaux animateurs du radical-socialisme dans la commune et teneur de la rubrique locale dans Voix des communes. En juillet, Gripon accuse le maire Voisin d’avoir payé ses employés avec des bons du bureau de bienfaisance ; la préfecture, saisie de l’accusation après que Gripon ait refusé de se soumettre à un jury d’honneur, lave la majorité municipale des accusations.

Tout au long de l’année 1908, la polémique est entretenue dans les journaux locaux, notamment Voix des communes, l’Écho républicain (libéral) et L’Indépendant, publié par Eugène Hainsselin, ancien syndicaliste et un des animateurs du comité évolutionniste. Louis Rey traite Gripon de misérable, petit homme, fou et morphinomane ; un autre conseiller radical, Léon Roux, qui l’avait défendu dans sa tentative de devenir médecin scolaire, estime qu’il est de ceux qu’il ne salue plus.

L’attitude agressive de Gripon lors du vote sur le compte administratif en octobre 1908 et l’agitation encouragée par Hainsselin, mais contestée dans les rangs de la droite, provoquent une bagarres entre nationalistes à la fin d’une séance du conseil municipal. À la fin du même mois, quand le bureau de bienfaisance tente de réorganiser le service médical de l’état-civil dans la commune, quatre médecins sur six refusent de collaborer avec Gripon pour « fautes graves entachant l’honneur. »

La vie privée de Gripon est également fort agitée. Gripon avait placardé des affiches pendant la campagne électorale de 1908 où il figurait en bon père de familles tenant ses enfants dans les bras en photo. Mais en avril 1909, une décision de justice lui a enlevé la garde de ses enfants, et la sentence est exécutée par le commissaire de police publiquement, un jour de marché, devant un attroupement de personnes. Le jugement faisait suite à une enquête judiciaire qui établissait que ses enfants étaient battus, mal traités et mal nourris. Gripon prétend que, s’il a perdu son procès, c’est en son absence alors qu’il procédait à un accouchement.

En juillet la même année, Gripon quitte Joinville pour s’installer rue d'Angoulême à Paris (8e arr.) et exercer dans le 11e arrondissement. Après un scrutin partiel la provoqué par la démission de cinq dissidents et qui voit la défaite de la majorité municipale, Gripon revient siéger et se solidarise des sept opposants au maire radical-socialiste. Cependant, Gripon avait mis en cause dans une réunion avant ce vote, comme faisant partie des cinq élus municipaux ayant quitté la commune. Il n’est pas réélu lors des municipales de 1912.

Cette même année, ses deux fils aînés vont être victimes d’un drame qui marque l’opinion publique. Se baignant en août dans l’anse de Piégu, près de Val-André, dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor) avec quatre de leurs parents, Jean (16 ans) et Jacques (13 ans) sont entraînés vers le large et meurent noyés sous les yeux de leur mère.

Jean Baptiste Gripon, qui continuait d’exercer comme médecin à Paris, meurt le 11 septembre 1920 à Paris (11e arr.). Il était malade et âgé de 56 ans.

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