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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 00:01

Marie Joséphine Robin naît le 6 mai 1861 à Treffendel (Ille-et-Vilaine). Ses parents sont Marie Joséphine Rozé et son époux Jean Marie Robin, cultivateurs au village de La Corvaiserie. Elle est l’aînée des dix enfants du couple.

En 1876, âgée de 15 ans, elle est présentée comme cultivatrice, à l’instar d’un de ses frères (14 ans) et d’une de ses sœurs (12 ans). La famille ne réside plus au village en 1881.

Devenue membre de la communauté des Servantes des pauvres, sous le nom de sœur Marie-Armèle, Marie Robin est garde-malade dans l’établissement de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1896. Fondée par dom Leduc à Angers, la congrégation s’est implantée à Joinville en 1883 à la demande du curé de la paroisse, le père Ernest Jouin, également originaire d’Anjou. Dirigée depuis sa fondation par la mère Agnès de Jésus (Modeste Bondu), établie au 45, rue de Paris, la communauté essaime à Paris, suivant les nouveaux postes de l’abbé Jouin à Saint-Médard puis Saint-Augustin. Elle est remplacée comme prieure en 1896 par Émilie Renaudin mais devient supérieure générale des Oblates Servantes des pauvres, qui suivent la règle de Saint-Augustin.

Les sœurs ont probablement installé une école, peut-être pour des jeunes filles. L’attitude de la municipalité, largement dominée par les radicaux-socialistes et qui compte nombre de francs-maçons et libres-penseurs, est nettement hostile au début, dans le cadre d’affrontements juridiques entre l’abbé Jouin et les élus. Elle s’améliore ensuite.

Dans le cadre des mesures engagées par le gouvernement pour la dispersion des congrégations, deux décisions contradictoires vont être prises concernant la communauté de Joinville.

En janvier 1902, à une forte majorité, le conseil municipal de Joinville vote le maintien dans sa commune de la congrégation des Servantes des pauvres. Dans le journal radical local, le correspondant de Joinville, Louis Dehné (alias Ludovic), est fort mécontent : « Ils avaient été élus il n’y a pas deux ans sur un programme radical-socialiste. Maintenant qu’ils ont jeté le masque, ils sont cléricaux-nationalistes ». Cependant, en juillet 1904, comme 758 écoles dont 447 de filles, la fermeture de l’école est ordonnée. Mais l’activité de garde-malades perdure.

En 1911, c’est Marie Robin (sœur Marie-Armèle) qui est prieure de la communauté, qui compte alors sept pensionnaires ; il y en a dix en 1921.

Pendant la première guerre mondiale, sœur Marie-Armèle devient directrice d’un hôpital auxiliaire en tant qu’infirmière. Elle joue probablement un rôle dans le traitement des civils et militaires touchés par la grippe espagnole à partir de 1918. Restée à la tête de sa communauté en 1921, elle est titularisée en février 1922 tant qu'infirmière-visiteuse de 10e classe dans le personnel de l'Office public d'hygiène sociale du département de la Seine. Une autre congrégation, les sœurs de l’Assomption, a également installé un établissement de garde-malades, avec son noviciat, à peu de distance, dans la même rue de Paris, au sein du parc du Parangon.

En 1926, Marie Robin ne réside plus à Joinville ; la fonction de prieure de la communauté est assurée par Marie Faure. Marie Robin est domiciliée en mai 1928 à Paris (1er arr.), rue de Rivoli, quand elle se voit attribuer, en tant qu’ancienne infirmière, un secours de cinq cents francs. Elle est alors âgée de 67 ans.

La date de décès de Marie Robin n’est pas connue. Pour son activité, elle s’était vue remettre en mars 1920 la médaille de la Reconnaissance française et en mai la même année, la médaille de bronze des épidémies.

Le site des Servantes des pauvres à Joinville-le-Pont

 

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 00:01

Victor Charles Ambroise Lalan naît le 9 septembre 1895 à Hennebont (Morbihan). Il est le fils Marie Joseph Le Besco, couturière, et de son époux Joseph Marie Pierre Paul Lalan, dessinateur lithographe.

La famille est installée dans le Calvados, en 1906 à Saint-Manvieu-Norrey puis ensuite à Fontaine-le-Pin. Victor Lalan suit les cours de l’Institution Sainte-Marie, à Caen où il obtient plusieurs récompenses en mathématiques. Il intègre en 1913 le séminaire catholique de Bayeux, dans le même département.

Du fait du déclenchement de la première guerre mondiale, il est appelé de manière anticipée pour son service militaire et est mobilisé, en décembre 1914, au sein du 24e régiment d’infanterie ; en mai 1915, il est nommé caporal. Il est très grièvement blessé lors de la bataille de l'Artois, en septembre 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais). Une grenade lui laisse une lésion légère à la main droite mais entraîne une désarticulation tibio-tarsienne de la jambe gauche, qui amène à son amputation. Il est réformé et dispensé des obligations militaires en février 1916. Il sera ensuite reconnu comme ayant un taux d’invalidité de 95%. Le comportement de Victor Lalan est remarqué : « Très bon gradé, énergique et dévoué. »

Ordonné prêtre à Bayeux, il s’installe ensuite en région parisienne. Peut-être parce qu’il a besoin de soins, il réside en 1921 dans le domaine du Parangon, géré par des religieuses catholiques, les Petites sœurs de l’Assomption, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est possible qu’il soit l’aumônier de la communauté, qui compte alors 43 sœurs garde-malades, dont une partie dans le noviciat. La supérieure est alors Georgette Mottot.

Au moins au cours des années 1921 et 1922, l'abbé Lalan se signale en tant qu’abonné au quotidien royaliste Action française.

À partir de 1919, Victor Lalan a engagé des études scientifiques au sein de l’école des sciences de l’Institut catholique de Paris (Catho). Il obtient des certificats en mécanique rationnelle, calcul différentiel et intégral et en astronomie.

Ayant obtenu sa licence ès sciences, il est à compter de 1923 chargé du cours de mécanique rationnelle, où il succède au professeur Lacaze. L’école des sciences de la Catho comptait alors cent étudiants dont cinq étrangers. Il soutient, avec succès, une thèse à la Faculté des sciences de l’Université de Paris en juin 1924 sur « Les propriétés infinitésimales projectives des variétés à trois dimensions » et obtient ainsi son doctorat ès sciences.

Nommé professeur adjoint en 1925, il poursuit son enseignement en mécanique rationnelle. Il donne en décembre 1926 une série de conférences sur l'initiation mathématique à la théorie d'Einstein, mobilisant des notions de calcul tensoriel.

En raison du départ de l'abbé Fouet, doyen de l'école, l’abbé Lalan devient professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral à l’automne 1928. En septembre, il représente la Catho au congrès international des mathématiciens qui se tient à Bologne (Italie). Rendant compte des travaux, il fait remarquer qu’il « a suffi que ce congrès de mathématiciens s'ouvrît pour qu'une pluie bienfaisante se déversât à flots sur Bologne et ses environs, qui n'avaient pas reçu une goutte d'eau du ciel depuis plus de trois mois ». Un de ses collègues relève que, « s'il y a vraiment relation de cause à effet entre la réunion d'un congrès de mathématiciens et l'arrivée de la pluie, la recette est à retenir… »

À partir des années 1930, Lalan publie un nombre important de notes dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences, et différents mémoires, par exemple en 1948, Un aspect mathématique de la Quarta Via de saint Thomas. Il s’intéresse en particulier au formalisme logique et mène des travaux sur la notion de temps. Son travail en cinématique est considéré remarquable par les professeurs Jean Abelé et Pierre Malvaux.

Il réagit cependant à certains de ses collègues, regrettant qu’ils produisent « un déluge de calculs sur un désert d'idées ». Le recteur de l’Institut catholique, Mgr Blanchet, releva qu’il « ne croyait pas que l'obscurité fût le signe nécessaire de la profondeur ».

Victor Lalan meurt le 8 juin 1954 à Paris (15e arr.). Il était âgé de 58 ans et résidait toujours à Issy-les-Moulineaux. Pour son activité militaire, il avait été décoré de la Croix de guerre 1914-1918 et de la Médaille militaire. L’église lui avait accordé le titre de chanoine.

 

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 00:01

Henri Julien Armand Jean Marie Moutel naît le 31 mars 1862 à Tresboeuf (Ille-et-Vilaine). Il est le fils de Jeanne Marie Laurent et de son époux, Pierre Julien Moutel, receveur buraliste.

Rattaché à l’ordre franciscain et devenu prêtre catholique, il est nommé vicaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le diocèse de Paris, en avril 1900. Il y organise notamment, avec le curé, l’abbé Roustan, le pèlerinage en l'honneur de Notre-Dame de Pellevoisin qui a lieu début septembre 1901.

Nommé vicaire de Notre-Dame des Blancs-Manteaux à Paris (4e arr.) en juillet 1904, il s’occupe en particulier du catéchisme des écoles de filles.

En avril 1912, Henri Moutel devient vicaire à Saint-Honoré d'Eylau (Paris, 16e arr.). Outre le catéchisme des filles, il est en charge de plusieurs œuvres, celles de l’Adoration du Saint-Sacrement, du Sacré-Cœur et des Vocations. Il se félicite, en 1914, que la paroisse compte onze séminaristes. Il se consacre, en 1915, à la récolte de dons pour l’orphelinat Saint-Joseph, à Bouvelinghem (Pas-de-Calais).

Toujours prêtre à Paris en août 1923, il prononce un « excellent panégyrique » selon le journaliste de L’Écho de Paris, Charles Pichon, au cours de la fête de Saint-Louis, dans la paroisse de l’Île Saint-Louis à Paris (4e arr.).

Henri Moutel meurt le 4 avril 1927 à Saint-Servan-sur-Mer, où il résidait rue de la Pie, villa La Feuilleraie, à proximité de sa famille maternelle. Il était âgé de 65 ans.

L'église Saint-Charles de Joinville-le-Pont

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 00:01

Louis Jules Rousseau naît le 11 août 1876 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Éléonore Delalonde et d’Henri Jean Ferdinand Rousseau. Sa mère est une personnalité mondaine et une écrivaine et dramaturge. Son père, professeur de science, docteur en médecine, prend la succession de son père et de son frère comme chef de l’école du Parangon. C’est un important établissement privé laïque d’enseignement de Joinville que ses parents transforment en une école pratique d’enseignement colonial.

Après avoir fait des études de droit et de langues à l’École spéciale des langues orientales à Paris, Louis Rousseau épouse en février 1902, à Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis) Jeanne Marie Léonie Poullin, couturière. Ils vivent à Neuilly-sur-Seine en 1903, avenue de Neuilly (act. avenue du Général-de-Gaulle), puis à Saint-Maur-des-Fossés en 1906, boulevard de Créteil avant de s’installer en 1909 à Joinville, dans le vaste parc du Parangon. Louis Rousseau rejoint son père à la tête de l’institution dont il est, en 1911, le directeur au côté de son père. Il est spécialement en charge de l’accueil des étudiants étrangers, nombreux dans l’établissement.

Léonie Rousseau

Ayant effectué son service militaire entre novembre 1897 et septembre 1900, d’abord au 72e régiment d’infanterie puis dans une section d’état-major de recrutement, Louis Rousseau en ressort avec le grade de sergent. Il contribue à créer une Société de préparation militaire au sein de l’école, ce qui lui vaut en juillet 1913 une lettre de félicitations du ministre de la guerre. Il est rappelé au début de la première guerre mondiale et est nommé adjudant en août adjudant puis sous-lieutenant en mars 1916 et enfin, lieutenant à titre temporaire en juillet 1918. Rousseau sert au sein de la mission militaire française auprès de l’armée britannique. Son attitude lui vaut deux citations, l’une à l’ordre de la brigade, l’autre à l’ordre du jour général.

L’école du Parangon, que son père a tenté de maintenir pendant la guerre, ferme en 1917 et le bâtiment devient un hôpital américain. Louis Rousseau et sa famille vont s’installer à Dinard Saint-Enogat (Ille-et-Vilaine), où ils ouvrent d’abord une épicerie en 1920 puis une agence immobilière.

S’étant déjà fait remarquer par des conférences comme naturaliste en 1912, Rousseau adhère en 1914 à la Société nationale d'acclimatation et fait des communications notamment sur les oiseaux.

Louis Rousseau meurt le 7 janvier 1928 à Dinard Saint-Enogat. Il était âgé de 51 ans et avait deux enfants. Décoré de la Croix de guerre, il est inhumé à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne).

Louis Rousseau

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 00:01

Maurice Paul Coffin naît le 10 février 1890 à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime). Il est le fils de Flore Adèle Marie Durier et de son mari Paul Coffin, marchand de nouveautés, tous deux originaires d’Amiens (Somme).

La famille Coffin est établie en 1902 à Lorient (Morbihan). C’est dans cette ville que son frère Léon naît ladite année, que le père, Paul Coffin meurt en avril 1908 et que Maurice Coffin, qui est alors voyageur représentant de commerce, s’engage pour trois dans l’armée en octobre de la même année. Un an plus tard, il est cependant réformé puis exempté de service militaire à cause d’une bronchite chronique. Le couple Coffin avait disposé d’un certain capital, puisqu’une maison de maître à Clohars-Carnoët (Finistère) fut mise en vente au profit des deux fils en octobre 1908.

Le même jour de décembre 1914, Maurice Coffin épouse Berthe Adrienne Liné à Abbeville (Somme) et est déclaré bon pour service. Il est affecté au 151e régiment d’infanterie. Signalé comme disparu en juin 1915, il est fait prisonnier et interné à Darmstadt (Hesse, Allemagne). Il est rapatrié mi-décembre 1918, retourne dans l’infanterie ou il est démobilisé en juillet 1919.

Installés à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, Maurice Coffin et son épouse résident sur le quai de la Marne, dans le quartier du Centre. Il s’engage publiquement dans la vie politique à l’occasion des élections municipales partielles d’octobre 1934, provoqué par la disparition ou la démission d’une dizaine de membres du conseil municipal. La municipalité, élue en 1929 avec à sa tête Georges Briolay, était constitué par une alliance entre les radicaux-socialistes, les socialistes indépendants et le parti socialiste SFIO. Ces derniers se sont retirés de la majorité, deux de leurs quatre élus démissionnant, tandis que les autres restaient en tant qu’indépendants. La SFIO présente une liste lors du scrutin, sur laquelle Maurice Coffin se trouve en quatrième position derrière Robert Derivière, tête de liste. Une liste communiste est également en lice, ainsi que deux listes aux contours flous, regroupant pour l’une des opposants à la municipalité et pour l’autres des personnes qui lui sont plutôt proches, mais on trouve des radicaux et des personnalités de droite sur les deux listes.

La liste d’opposition dite de Concentration républicaine arrive nettement en tête, avec 36,9% des suffrages exprimés, devançant les Républicains indépendants (25,4%), les communistes ayant une très courte avance sur les socialistes (408 voix en moyenne et 17,8% contre 403 et 17,5%). Suite au retrait des Républicains indépendants et de la SFIO, la Concentration républicaine emporte au second tour les dix sièges. Coffin avait obtenu 403 voix pour 2 297 suffrages exprimés sur 2 360 votants et 3 225 inscrits.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Coffin est de nouveau candidat en cinquième place sur la liste SFIO de Joinville, qui compte quatre représentants de commerce sur ses 14 candidats. Elle est à nouveau conduite par Robert Derivière. Au premier tour, l’Union des républicains (droite), arrive en tête (32,6%), devant les radicaux du maire sortant (26,7%) et les communistes de Robert Deloche (23,5%). Les socialistes sont au dernier rang, avec 12,3%. Coffin recueille 354 voix pour 2 856 suffrages exprimés sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, avec à leur tête André Blocher, indépendant et secrétaire de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants). La droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir, avec 39,8% tandis que la gauche, avec 36,6% a deux élus. Les radicaux se contentent de 19,5%. Coffin est présent sur la liste unifiée et est crédité de 981 votes pour 2 899 suffrages exprimés (33,8%) sur 2 924 votants. Il n’est pas élu, les deux conseillers municipaux de la liste élus étant communistes.

Lors du recensement de la commune en 1936, Maurice Coffin est signalé comme « absent », ce qui s’explique peut-être par son activité commerciale itinérante.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Maurice Coffin est membre du mouvement des Francs-tireurs et partisans français, proche des communistes, et incorporé dans le groupe des Forces françaises de l’intérieur de Joinville-le-Pont, dirigé par Robert Deloche, futur maire. Il combat militairement du 18 au 25 août 1944, date de la Libération de la commune. Il ne semble pas avoir pris part aux combats du pont de Joinville (23-26 août).

Maurice Coffin est vivant au décès de son épouse, en octobre 1950 à Joinville. Ils avaient eu deux filles, la cadette étant morte très jeune, tandis que l’aînée, Jacqueline, épousa Frédy Plé, conseiller municipal (divers droite) de Joinville-le-Pont entre 1959 et 1965 et fils d’un médaillé olympique d’aviron. En avril 1952, Maurice Coffin obtient un certificat attestant de sa participation à la Résistance. Il était alors âgé de 62 ans. Sa date de décès n’est pas connue.

Plaque à la mémoire des FFI de Joinville-le-Pont

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin, après avoir quitté Joinville-le-Pont, s’installe à Salbris (Loir-et-Cher). Il y acquiert le château du Chesne, doté d’un vaste domaine, et exerce la profession d’agriculteur. En 1881, il est élu conseiller municipal et, en 1884, il devient maire de Salbris, fonction qu’il exercera jusqu’en 1900. Il siège également, de 1889 à 1895 au conseil général du Loir-et-Cher.

La mairie de Salbris

Les opinions politiques de Courtin font de lui un « monarchiste impénitent » dont la « vie tout entière » est « consacrée à combattre la République » constatait le quotidien progressiste La Lanterne en août 1893. Selon le Journal de l'agriculture (1908), Auguste Courtin était « un des meilleurs agriculteurs de la Sologne ». Le journal catholique La Croix en fait « un des premiers rénovateurs de la Sologne » dans sa nécrologie. Il aura exercé des mandats poltiques pendant 37 ans (18 ans à Joinville, 19 à Salbris).

Auguste Courtin meurt le 15 avril 1908 à Salbris, dans sa propriété du Chesne. Il était âgé de 82 ans. Une rue du quartier de Polangis à Joinville porte le nom d’avenue Courtin.

Comme il le fit lui-même avec son propre père, c’est son fils André Courtin qui lui succéda, mais cette fois de son vivant, à la mairie de Salbris de 1900 à 1912 et qui reprit son poste de conseiller général du canton de Salbris de 1901 à 1907.

Fin

Le château du Chesne à Salbris

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 00:01

Suite de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est maire de Joinville-le-Pont depuis 1858 et le reste jusqu’à la fin du second empire. Les maires sont alors nommés par le préfet. Il est reconduit dans cette fonction, puis élu au même poste au début de la Troisième République en 1870, puis en 1871 et en 1874. Au début de la troisième République, Louis Ferdinand Rousseau, bonapartiste, a remplacé Hippolyte Pinson en tant qu’adjoint.

En juillet 1868, il est nommé membre du conseil de l'arrondissement de Sceaux pour le canton de Charenton par décision gouvernementale.

La population de la commune fait plus que doubler pendant le mandat d’Auguste Courtin. Elle passe de 1207 habitants en 1856 à 2901 en 1876.

Pendant le siège de Paris au cours de la guerre de 1870, la municipalité de Joinville est déplacée dans la capitale, avec l’ensemble de la population. Elle siège d’abord au 104, rue du Bac à Paris (7e arr.). Les locaux provisoires sont ensuite fixés au 105, boulevard Voltaire (11e arr.). Les très violents combats de la bataille de Champigny en novembre et décembre 1870 entraînent la mort de plusieurs milliers de soldats, notamment sur le territoire de Joinville-le-Pont. Le pont de Joinville est détruit.

Le retour des Joinvillais se fait en janvier 1871. La commune est ensuite occupée par les troupes bavaroises et wurtembergeoises jusqu’au 24 septembre 1871.

Au cours de l’insurrection de la Commune de Paris, trois cents membres des conseils municipaux du département de la Seine adoptent le 22 avril 1871 une « Adresse des municipalités suburbaines » : « L'assemblée des maires, adjoints et conseillers municipaux des communes suburbaines de la Seine, navrée de la guerre civile actuelle, réclame une suspension d'armes. Elle affirme, pour toutes les communes, la revendication complète des franchises municipales, avec l'élection par les conseils de tous les maires et adjoints, et demande l'installation définitive de la République en France. Elle proteste contre l'envahissement et le bombardement pour la cessation des hostilités. L'assemblée surtout demande qu'il n'y ait pas de représailles ». Dix délégués sont nommés pour présenter l’adresse, dont Courtin.

Après avoir mis fin, avant terme, à ses fonctions municipales en 1876, pour des raisons inconnues, Courtin quitte Joinville en 1877. Son adjoint, Louis Ferdinand Rousseau lui succède, mais il échoua à se faire élire en 1878. Courtin vend le domaine de Polangis en février 1881 à la Société immobilière de Polangis qui lotit le terrain et démolit le château.

À suivre

Auguste Courtin

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 00:01

Début de la biographie d’Auguste Courtin

Auguste Courtin est présumé né le 25 décembre 1825 à Rennes, Ille-et-Vilaine. Il faut cependant attendre un jugement du tribunal civil de la Seine, à Paris, en janvier 1846 pour que son état-civil soit établi et que le registre des naissances de Rennes soit modifié avec une mention marginale, mentionnant sa date et le lieu présomptifs de son origine, avec la mention de « parents inconnus ».

L’historien de Joinville Georges Bousquié indique qu’il était le fils adoptif du grammairien Charles-Pierre Chapsal et de son épouse Anne-Adélaïde, née Favray ; cette mention figure dans la déclaration faite à l’état-civil pour le décès de sa mère adoptive. Il hérite du domaine familial, le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), mais aussi de la fonction de maire de ladite commune au décès de Chapsal en 1858. Un autre historien, Gérard Blanc-Césan, qualifie Auguste Courtin d’enfant naturel de Chapsal. L’acte d’état-civil de son mariage en mai 1848 mentionne des « parents non dénommés. »

Il faut certainement assimiler Auguste Courtin avec l’enfant désigné sous le nom d’Émile Chapsal dans les recensements conduits à Joinville en 1836 et 1841 et qui a le même âge. Les travaux généalogiques conduits par un de ses descendants, André Forgeot, lui attribuent le prénom d’usage d’Auguste Émile. Aucun « Émile Chapsal » n’est par ailleurs attesté.

Le château de Polangis avait été acquis en 1835 par Charles Chapsal auprès Jean-Claude Moynat (1763-1837), agent de change, notable de la ville de Paris en l’an 9 et conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1834-1837). Auguste Courtin en sera l’héritier au décès de Mme Chapsal en février 1880. À l’époque, la rive gauche de la Marne à Joinville est très peu peuplée et le château en occupe une grande partie.

Riche, Charles Chapsal utilise ses moyens pour asseoir son autorité locale,

En mai 1848 à Joinville, c’est Charles Chapsal, en tant que maire, qui célèbre le mariage d’Auguste Courtin avec Anna Caroline Spooner, fille d’un chimiste citoyen des États-Unis. Parmi les témoins on compte Charles Favray, frère de sa mère adoptive, et Hippolyte Pinson, inamovible adjoint au maire de la commune. Ils auront cinq enfants.

À suivre

Auguste Courtin

 

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 00:01

Yves Marie Le Page naît le 25 janvier 1844 à Brest (Finistère). Il est le fils de Marie Félicité Le Page, lingère, et de Pierre Ovide Bonheur, fusilier au 1er régiment d’infanterie marine. Ses parents ne sont pas mariés, mais ils procèdent à sa reconnaissance en novembre 1844 à Brest. Ensuite, Yves Marie utilisera le patronyme de Bonheur. Il vit avec sa mère à Landerneau (Finistère).

Il sert pendant plusieurs années, au moins entre 1867 et 1870, dans la marine de guerre, comme matelot chef de pièce dans l’artillerie de marine en 1867. Il est sur le bateau Le Jura en 1868. Devenu quartier-maître, il embarque sur le Rochambeau, cuirassé à coque en fer, construit à New-York, qui, avec 115 mètres, est le plus long navire jamais construit en bois. Enfin, il est second maître sur la frégate Thémis en 1870. En 1902, au moins six sommes qui lui étaient dues par la marine au titre de son activité militaire étaient non réclamées.

Le premier mariage de Bonheur a lieu en novembre 1867 à Landerneau (Finistère) pendant son service militaire à Landerneau. Il épouse Anne Marie Perrine Piton. Elle meurt l’année suivante, juste après avoir donné naissance à un fils, qui décède lui-même à 11 ans, toujours à Landerneau où il vivait chez sa grand-mère maternelle.

Sans doute sur les conseils de son oncle Louis Benoit Bonheur, garde-cimetière au Père-Lachaise, Yves Marie Bonheur vient à Paris après la guerre franco-prussienne et se fait embaucher également dans l’administration parisienne des cimetières. Il continuera d’exercer cette fonction jusqu’en juillet 1890. Il vit dans le 20e arrondissement, rue du Repos, (adjacente au cimetière du Père-Lachaise) puis en 1875 à Choisy-le-Roi (Seine, act. Val-de-Marne), route de Choisy (qui dessert le cimetière parisien de cette ville). Il épouse en juillet  1875 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Léonie Catherine Thime, fille d’un cordonnier, libre-penseur et militant radical-socialiste, Eugin Thime (1830-1904). Ils vivent de nouveau rue du Repos.

Après sa retraite, Yves Marie Bonheur devient employé d’octroi en 1892 à Joinville-le-Pont. Il vit route de Brie (act. avenue Galliéni) dans le quartier de Polangis. Il a eu sept enfants avec sa seconde épouse.

Yves Marie Bonheur meurt le 8 janvier 1893 à Joinville. Il était âgé de 48 ans. La très longue nécrologie que lui consacre l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes constitue, outre l’état-civil ou les données sur son activité militaire et professionnelle, la principale source d’information sur les engagements publics de Bonheur.

La notice est incluse dans la rubrique régulière intitulée Bulletin maçonnique et de libre-pensée, rédigée par Henry Vaudémont. Les obsèques de Bonheur, dont le lieu n’est pas précisé, eurent probablement lieu à Joinville. Elles furent organisées « suivant ses principes et en dehors de toute pompe mystique, d’une façon purement laïque ».

Henry Vaudémont, président du groupe La Raison du canton de Charenton, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, a retracé la vie de cet « humble et digne », citant Proudhon : « Dieu, c’est le mal. »

Émile Pasquier, secrétaire-général de la Fédération française de la Libre-Pensée ainsi que de l'Union des républicains radicaux socialistes de Sceaux, a fait une allocution en tant que secrétaire du député Jules Ferdinand Baulard, radical-socialiste, « Bonheur, ce travailleur modeste, ce libre-penseur convaincu, avait su de bonne heure se débarrasser de tous ces vieux préjugés qui sont la négation de la dignité humaine. »

Brisson-Joly, ancien conseiller général de la Seine et animateur de la Fédération française de la libre-pensée a formulé des considérations qui « n’ont certes pas été du goût de tout le monde. Mais nul n’a eu la goujaterie de désapprouver bruyamment ». Vaudémont remarque que « C’est un grand, un immense progrès au point de vue moral. La tolérance s’acclimate décidément chez nous. Et les gens qui, au nom de leur liberté, réclament le droit de croire en dieu, commencent à nous reconnaître, à nous, le droit de ne pas y croire. »

Le cuirassé Rochambeau

 

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