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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 00:01

Paul Rousseau naît le 15 octobre 1880 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Louise Éléonore Delalonde et d’Henri Jean Ferdinand Rousseau. Sa mère est une personnalité mondaine et une écrivaine et dramaturge. Son père, professeur de science, docteur en médecine, devient chef de l’école du Parangon, à Joinville après la disparition de ses oncles et de son père, qui avaient fondé l’important établissement d’enseignement privé laïque de Joinville.

Ses parents transforment le Parangon en une école pratique d’enseignement colonial. Il vit dans le vaste parc de la propriété puis suit les cours de l’École des sciences-politiques (Sciences-Po, Paris) d’où il ressort probablement avec un doctorat en droit. En 1904, il est inscrit au barreau de Paris comme avocat à la cour d’appel. Il épouse en octobre 1904 à Paris (5e arr.) Alice Roiné, native des États-Unis, où vit son père, Jules Édouard Roiné, un statuaire et médailliste, lié à la famille Rousseau.

Paul Rousseau obtient, en mars 1905, une audience d’Émile Loubet, président de la République, pour évoquer la situation d’un de ses clients, Fontaine, condamné aux travaux forcés à perpétuité par la Cour d'assises de la Seine, le 21 décembre 1904. Il quitte la fonction de défenseur pour entrer dans la magistrature en juillet 1905. Il est d’abord attaché à Paris puis, en août 1906, juge suppléant rétribué à Segré (Maine-et-Loire).

En avril 1909, il intègre le parquet comme substitut du procureur à Neufchâtel (Seine-Inférieure, act. Neufchâtel-en-Bray, Seine-Maritime). Il exerce la même fonction à Valenciennes (Nord) en juillet 1912. Il représente le ministère public en 1912 lors du procès de Charles Delzant, secrétaire de la Fédération des verriers, qu’il accuse d'excitation au pillage et de provocation de militaires à la désobéissance. Il s’efforce de convaincre que le socialiste-révolutionnaire est un anarchiste. Plusieurs dirigeants de la CGT, comme Alphonse Merrheim et Benoît Broutchoux, assistent au procès. Devant l’absence de preuves, le tribunal correctionnel de Valenciennes se déclara incompétent et Delzant fut acquitté.

Dispensé de service militaire en 1900 à cause d’une défloration du tympan gauche, Paul Rousseau est affecté à des services auxiliaires dans la réserve. Lors de la première guerre mondiale, il est appelé et devait rejoindre une section de commis d’ouvriers à la direction des abattoirs. Il ne se présente pas et est déclaré « insoumis en temps de guerre » en décembre 1916. Cependant, il est rayé des contrôles de l’insoumission en janvier 1919, étant reconnu avoir été un civil vivant dans les régions envahies par l’armée allemande, qui l’a empêché de rejoindre son unité.

L’accusation d’insoumission n’aura pas de conséquence, puisqu’il est nommé en avril 1919 procureur de la République à Saint-Pol (Pas-de-Calais) puis, en mars 1920, à Hazebrouck (Nord). Il fait, en mars 1925, une proposition au Touring-club de France de « vulgarisation du code de la route ». Continuant sa carrière dans le Nord de la France, il rejoint le parquet de Valenciennes en juin 1925.

Mis à la disposition du ministre de la justice, Paul Rousseau revient à Joinville-le-Pont. en septembre 1926, le nouveau garde des Sceaux, Louis Barthou, le charge d’accélérer, l'examen des demandes de naturalisation. En octobre 1929, il devient juge d’instruction au tribunal de première instance de la Seine.

Après son divorce en novembre 1947, Paul Rousseau se remarie en février 1948 à Paris (10e arr.) avec Georgette Louise Augier.

Paul Rousseau meurt le 8 août 1954 à La Couture-Boussey (Eure). Il était âgé de 73 ans et avait été décoré, en février 1914, des Palmes académiques comme officier d’académie. Le procureur général Pierre Béteille, retrace sa carrière lors de la cérémonie de rentrée des cours et des tribunaux en septembre 1955.

Il ne faut pas le confondre avec d’autres magistrats ayant le même patronyme, notamment Louis Rousseau, juge d’instruction en même temps que lui à Paris puis procureur sous le régime de Vichy.

La cour de l'institution du Parangon à Joinville-le-Pont

 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 00:01

Léon Lévine naît le 31 mai 1914 à Valenciennes (Nord). Il est le fils de Fénia Beiline et de son mari Isaac Lévine, des marchands forains immigrés en 1912 depuis Minsk (Russie, act. Biélorussie) et vivant rue des Maillets. À sa naissance, il a la nationalité russe.

Après la première guerre mondiale, la famille s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni.

Léon Lévine fait des études à l’école des sciences politiques et du droit de Paris (Sciences-Po). Ayant effectué une préparation militaire, il est admis en septembre 1936 dans un peloton d'élèves sous-officiers de réserve du train. Il est nommé maréchal-des-logis en avril 1939 dans le 126e escadron du train des équipages.

Pendant la deuxième guerre mondiale, alors qu’il est militaire et stationné à Neufchâteau (Vosges), il trouva un portemonnaie qui contenait une somme importante en billets de banque et le déposa au secrétariat de la mairie.

Au cours de l’occupation allemande, plusieurs membres de sa famille sont arrêtés du fait de leurs origines juives et déportés au camp de concentration d’Auschwitz (Allemagne, act. Pologne) où ils meurent en juillet et septembre 1942 : sa mère Fénia Beiline, sa sœur Élise, épouse Kac, son neveu Paul Kac et sa belle-sœur, Renée Lipkin, épouse de son frère Alexandre. Ce dernier et leur beau-frère Marc Kac ont participé activement à la Résistance.

Après le conflit, Léon Lévine devient avocat à la cour d’appel de Paris. Il épouse en janvier 1949 à Helsingborg (Suède) Kate Britt Ekman.

Selon l’historien Jean Bossu, Léon Lévine, comme son frère Alexandre, est membre de la loge Europe unie (n° 64) de l’orient de Paris et de la Grande Loge Nationale Française en novembre 1961.

Léon Lévine meurt le 19 novembre 1996 à Paris 6e arrondissement. Il était âgé de 82 ans avait eu au moins trois enfants.

Valenciennes

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 00:01

Jean Brision naît le 14 septembre 1889 à Nantes (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique). Il est le fils de Rose Marie Lequillec, cigarière et de son mari Jean Marie Félix Brision, ajusteur.

Apprenti ajusteur, à l’image de son père, en juillet 1904, il est mordu par un chien à Nantes. Il perd ses père et mère à deux mois d’intervalle à l’été 1907. Avec un autre ajusteur, il est arrêté, en juillet 1911 pour « complicité de vol ». Il n’est sans doute pas condamné car aucune mention n’est portée sur son livret militaire.

En octobre de la même année, il est incorporé au service militaire, dans le 116e régiment d’infanterie puis dans le 2e régiment de sapeurs ; il finit sa période sous les drapeaux, malade, en novembre 1913 et s’installe à Paris, rue de Lille.

Toujours en mauvaise santé au début de la première guerre mondiale, il est réformé en août 1914 pour tuberculose. En 1934, il effectue une demande de pension, estimant que son état s’était dégradé du fait de son passage à l’armée. Elle sera rejetée pour cause de forclusion.

Pendant le conflit, il retourne en Loire-Inférieure et vit à Nantes en 1918 puis à Montoir-de-Bretagne en 1920. Il se marie à Nantes en novembre 1921 avec Hermine Francoise Eugénie André. Le couple Brision et leurs deux enfants s’installent ensuite à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils résident dans le quartier du Centre, rue de Paris, en 1927. Jean Brision est devenu voyageur, représentant de commerce.

Engagé dans la vie politique locale, Jean Brision est candidat lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, convoquées pour compléter le conseil municipal suite à des décès et démissions. Il figure sur la liste socialiste SFIO, conduite par Robert Derivière, qui arrive en quatrième position, juste derrière les communistes et les deux listes regroupant des radicaux et des libéraux ou conservateurs. Brision recueille 403 suffrages exprimés sur 2 297 (17,5%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. Au second tour, la liste socialiste se retire au profit des communistes. C’est la liste de Concentration républicaine qui emporte les dix sièges.

Le secrétaire des Jeunesses socialistes de Joinville, Roger Jamet, était poursuivi, en mars 1935, devant la dix-septième Chambre correctionnelle de la Seine pour « outrages à agents », après être intervenu en faveur d'un vendeur de journaux qui avait été arrêté. Prié de circuler, Jamet, mutilé d'une jambe, tomba et, assurant avoir reçu des coups violents, traita les agents de « saligauds ». Les deux responsables de la section, Derivière et Brision, témoignèrent en sa faveur. Le quotidien socialiste Le Populaire considéra que la peine prononcée, 50 francs d'amende avec sursis, équivalait à une absolution.

Lors des élections municipales générales de mai 1935, Jean Brision est de nouveau candidat, en quatrième position, sur la liste de Robert Derivière, qui présente un nombre incomplet de postulants. Nettement distancée par l’union des droites, les radicaux de la municipalité sortante et les communistes, elle arrive encore au dernier rang. Brision ne recueille plus que 355 voix sur 2 856 suffrages exprimés (12,4%), 2 923 votants et 3 433 inscrits. Pour le second tour, dans le cadre de la préparation du Front populaire, la SFIO fusionne sa liste avec les communistes de Robert Deloche, qui ont obtenu 23,5% en moyenne. La liste fusionnée, conduite par le responsable des anciens combattants (ARAC) André Blocher, inclut dix socialistes sur 27, dont Brision qui recueille 990 votes pour 2 899 (34,1%) sur 2 924 votants. La droite emporte 25 sièges, les communistes en ayant deux, tandis que les radicaux-socialistes sont battus.

En septembre 1936, Brision accueille chez lui une réunion des Jeunes socialistes.

Suite à des conflits internes avec la minorité de gauche de Marceau Pivert, très influente autour de Paris, la SFIO dissout en avril 1938 la fédération socialiste de la Seine. Des responsables provisoires sont désignés pour enregistrer les demandes de réintégrations des adhérents qui s’engagent à respecter les règles internes. Pour Joinville, c’est un militant de Champigny qui est d’abord désigné, Albert Duquenne. Il est remplacé, dans le courant du mois, par Brision qui devient secrétaire. Comme de nombreux militants de la section de Joinville, il avait pourtant signé en septembre un « Appel pour la création d'une Gauche révolutionnaire du Parti socialiste. »

Jean Marie Félix Brision meurt le 7 novembre 1948 à Paris (1e arr.). Il résidait rue de Clichy, et était toujours représentant de commerce à l’âge de 59 ans. Il était père de deux enfants.

Rue de paris, à Joinville-le-Pont ; le n° 1, demeure de Brision, est à gauche

 

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 00:01

Ernest Proupin nait le 28 janvier 1895 à Saint-Bonnet-de-Bellac, en Haute-Vienne. Il est le fils de Marie Desbordes, cultivatrice, et de son mari, Jean Proupin, scieur de long, qui vivent dans le hameau de Lauberge.

Son père étant devenu gendarme, Ernest Proupin va avec sa famille résider dans l’Isère à La Tour-du-Pin en 1896 puis à Grand-Lemps en 1906.

Il fréquente sans doute l’école militaire préparatoire de Billom, dans le Puy-de-Dôme, puisque c’est dans cette commune, en janvier 1913, qu’Ernest Proupin s’engage dans l’armée pour cinq ans, le lendemain de son dix-huitième anniversaire. Il est affecté au 2e régiment d’artillerie de campagne et nommé brigadier en août 1913.

Pendant la première guerre mondiale, il est blessé en octobre 1914 au ravin du Bois-Mulot à Mécrin (Meuse) d’un éclat d’obus dans la tête. Nommé maréchal des logis en mars 1915, il est affecté à l’armée d’Orient en mai de la même année. Il est cité à l’ordre du régiment pour avoir « fait preuve de courage et de sang-froid en maintenant les hommes de sa pièce à leur poste malgré que cette dernière était soumise à un violent bombardement ennemi ».

De nouveau blessé d’un éclat de bombe à la gorge à en Turquie, il est rapatrié en France en juillet, puis exclu du service armé, qu’il reprendra en novembre 1918. Il devient maréchal des logis chef en juillet 1919 puis est démobilisé deux mois plus tard. Suite à ses blessures, il bénéficie d’une pension pour une invalidité estimée à 50%.

Après le conflit, Ernest Proupin s’installe à Saint-Sulpice (act. Ham, Somme) où il est toujours domicilié en 1924. Il est ensuite à Paris (3e arr.), boulevard Beaumarchais en 1926 puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1927. Il est domicilié dans le quartier de Palissy, avenue des Platanes.

Lors des élections municipales de mai 1929, Ernest Proupin est candidat sur la liste du Bloc ouvrier et paysan, conduite par le communiste Roger Bénenson. Il figure en 13e position sur 27. Proupin obtient, au premier tour, 337 voix pour 1 715 votants (19,7%) sur 2 491 inscrits. Proupin est l’assesseur de sa liste dans le bureau de vote qui couvre les quartiers de Palissy et Polangis. Les candidats communistes se maintiennent au second tour, mais ils n’ont pas d’élus, le radical Georges Briolay emporte 22 sièges dans une coalition de groupement des gauches associant radicaux-socialistes, socialistes SFIO et indépendants. La droite du maire sortant Stephen Durande gagne les 5 derniers postes.

En 1931, Proupin est représentant de commerce. Il est victime d’un grave accident de la route dans l’Oise, à Breuil-le-Sec, en février 1931. Sa voiture s'écrase contre un arbre après avoir tenté de dépasser un autre véhicule. Il est grièvement blessé.

C’est probablement Proupin qui, sous la désignation d’Ernest, remporte le concours d’abonnements lancé en 1933-1934 par l’hebdomadaire La Défense du Secours Rouge international.

Adhérent à la section de Joinville de l’association républicaine des anciens combattants (ARAC), Proupin en est exclu en août 1935 par la commission des conflits fédérale « en raison des malversations commises » par lui.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, Proupin est rappelé en activité en février 1940 dans le 21e régiment d’artillerie de campagne. À la fin de la campagne de France, il s’évade et se rend en Algérie, où il est démobilisé à Oran en septembre 1941. Il est rappelé à sa demande en novembre 1942, d’abord dans l’artillerie puis dans l’infanterie en 1945. Il est au sein des troupes françaises d’occupation en Allemagne en octobre 1945, avant de rejoindre le fort de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1946 puis d’être démobilisé en mars de la même année.

Son appartenance à la résistance à l’occupation allemande est reconnue au titre des Forces françaises libres.

Se présentant désormais comme métreur et toujours domicilié à Joinville, Ernest Proupin est convaincu d’avoir commis plusieurs abus de confiance, notamment dans les communes de Nyoiseau (act. Segré-en-Anjou Bleu, Maine-et-Loire) et Daon (Mayenne). Il est condamné à 6 mois de prison par le tribunal correctionnel d’Angers en décembre 1949.

Ernest Proupin meurt le 26 septembre 1962 à Joinville. Il était âgé de 77 ans. Il avait été décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec étoile de bronze, de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative de l’armée d’Orient.

La tranchée du ravin du Bois-Mulot

 

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 00:01

Louis Albéric Fleury Bisson naît le 27 février 1820 à Houdan (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il est le fils de Louise Rosalie Grippierre et de son époux Fleury Bisson, notaire royal. Une grande partie de sa famille est dans le notariat.

En avril 1850 à Paris (6e arr.), il épouse Marie Adelaïde Héloïse Geneviève Bertrand. Après la mort de son frère, Hector Bisson, en novembre 1858, Albéric Bisson reprend la charge de notaire de ce dernier à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne).

Comme son frère également, Albéric Bisson est élu conseiller municipal de Nogent sans doute en 1860 et réélu en 1865. Il est nommé en 1866 adjoint au maire, qui est alors Antoine Bauyn de Perreuse depuis 1834.

Il est membre du Cercle des arts et contribue en 1865 à l’aménagement du tombeau de Watteau à Nogent-sur-Marne.

Pour le canton de Charenton-le-Pont, qui regroupe une grande partie des communes de l’Est parisien, Bisson est juge suppléant de la justice de paix.

Albéric Bisson meurt le 4 août 1868 à Nogent. Il était âgé de 48 ans et père d’une fille.

Nogent-sur-Marne

 

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 00:01

Édouard Robert Gente naît le 11 juillet 1921 à Melun (Seine-et-Marne). Il est le fils de Léontine Huri et de Robert Gente. Son père, Robert Gente (1898-1973), prisonnier à la fin de la première guerre mondiale, devient fonctionnaire du ministère des anciens combattants, d’abord affecté à l'office départemental de Seine-et-Marne puis nommé en juillet 1943 secrétaire général de l'office départemental d'Ille-et-Vilaine. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en juillet 1949. Il meurt à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne).

Devenu policier, Édouard Gente aurait été, selon son témoignage, actif dans la résistance interne à la police. Il épouse Lucie Thomas, avec laquelle il aura un fils avant son décès en 1955.

Après la deuxième guerre mondiale, il est militant syndicaliste dans la Police nationale et est, en tant que brigadier, membre de la commission administrative paritaire des gardiens de la paix du département de la Seine (puis de Paris) de 1960 à 1969. Dans ses prises de position ultérieures, il est un ardent défenseur des forces de sécurité aux services du citoyen. Il critique la constitution de polices municipales, estimant que « ça ressemble à la police, ça s’appelle police, mais ce n’est pas la police. »

Édouard Gente, alors brigadier au poste de police de l’Hôtel de Ville de Paris, place Baudoyer, livre, en novembre 1986, un témoignage sur la répression meurtrière, par la police française, d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris par la fédération de France du FLN le 17 octobre 1961. C’est l’historien Jean Luc Einaudi qui raconte : « De temps en temps, il est de garde au CIV. Il n’aime pas y aller. Les bâtiments sont d’anciens garages construits par l’occupant allemand dans le bois de Vincennes. C’est gris et triste. Il a un peu peur aussi : si les Algériens se révoltaient ? Dieu merci, se rassure-t-il, ils ne bougent pas. « J’ai vu des gars, se souvient-il, qui avaient combattu dans l’armée française pendant la guerre, eh bien ils étaient là comme les autres… » Si Édouard Gente n'aime pas aller à Vincennes, c'est aussi parce qu'il a honte. « Ces pauvres types, se rappelle-t-il, les trois quarts étaient là parce qu'ils avaient été ramassés. Mais qu'est-ce qu'ils avaient fait ? Rien. Le seul tort qu’ils avaient, c’était d’être Nord-Africains. »

Installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avait rejoint tout jeune le parti socialiste SFIO. Il continue à militer dans sa commune au nouveau parti socialiste, fondé en 1971, où il se faisait avec constance l’avocat de l’union de toute la gauche.

En 1977, Gente est élu conseiller municipal sur la liste de gauche conduite par Guy Gibout, communiste. La liste d’union de la gauche, rassemblant le parti communiste, le parti socialiste, le PSU et les radicaux de gauche (MRG) obtient au 1er tour le 13 mars 1977 3 079 voix, soit 39,9% des 7 725 suffrages exprimés pour 7 875 votants sur 10 636 inscrits. Elle devance quatre listes de droite. Au second tour, elle l’emporte face au maire sortant, Jean Pierre Garchery par 4 035 voix (51,3%) contre 3 836.

Annulée sur décision judiciaire, l’élection municipale partielle de 1978 confirme la victoire de la liste de gauche, par 4 179 voix soit 53,6% sur 7 798 suffrages exprimés pour 11 021 inscrits. Édouard Gente devenait maire adjoint chargé des personnes âgées et du jumelage.

Malgré la défection d’une partie des militants du PS, du PSU et du MRG, qui forment une liste autonome, Gente est, comme la majorité des socialistes joinvillais, en faveur du soutien à une nouvelle candidature du maire sortant Guy Gibout en mars 1983 et figure sur sa liste. Ce dernier est battu par Pierre Aubry (div. droite). Lors des élections législatives de 1988, Gente figure dans le comité de soutien à la candidature d’Henry Morel, socialiste, qui est battu par le maire de Nogent-sur-Marne, Roland Nungesser (RPR, droite).

En préparation des élections municipales de mars 1995, Gente fait partie de la délégation de la section socialiste de Joinville qui négocie un éventuel accord avec la section communiste. Il plaide en faveur d’une union derrière l’ancien maire, mais les négociations n’aboutissent pas ; le candidat socialiste, Henri Sécail, devance, avec 14,3% des suffrages exprimés, le communiste Guy Gibout, qui en a 10,7% tandis que le maire sortant de droite, Pierre Aubry, est réélu.

Édouard Gente meurt le 27 avril 2004 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 82 ans et résidait toujours à Joinville. Son fils, Robert Gente, a été ingénieur commercial dans l’aéronautique et s’est installé dans la région de Toulouse.

Édouard Gente (second à partir de la gauche) avec Guy Gibout (à droite)

 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, selon Voix des communes, Louis Gallas criait devant la mairie de Joinville : « Allons à Berlin, venger nos mères et nos fiancées ». Il rejoint son régiment à Melun (Seine-et-Marne) puis est affecté à Gaillac (Tarn). Il semble avoir des problèmes de discipline, car il est emprisonné et doit rendre ses galons de sergent en janvier 1915. En avril, de nouveau simple soldat à Albi (Tarn), il doit embarquer depuis la Provence vers l’Orient, mais il se plaint de devoir faire le trajet à pieds sac au dos. Son régiment prend place, en juin, sur le bateau le Jemappes, en partance pour les Dardanelles, où il est fusilier. Mais il rentre dès octobre, blessé grièvement, et ayant retrouvé un grade de caporal. Il rentre en convalescence prolongée à Joinville. En avril 1916, il épouse à Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) Madeleine Émilie Bourrier.

Affecté dans l’Hérault pour participer à l’instruction des nouveaux soldats, il rejoint en juin l’école de gymnastique de Joinville comme élève officier. Il en sort sous-officier, en septembre 1916, comme aspirant au 176e régiment d’infanterie de ligne. Il est de nouveau en congé en février 1917 pour une maladie qui fait suite à sa blessure de 1915. Il est démobilisé en mars 1919 et est cité à l’ordre du régiment.

Revenu à la vie civile, Louis Gallas reprend les consultations juridiques gratuites qu’il s’était engagé à faire en 1912. Cependant, il renonce, en novembre 1919, à solliciter le renouvellement de son mandat municipal. Il l’explique dans une lettre publiée par l’hebdomadaire Union régionale : « Obligé par l’exercice de ma profession d’avocat à quitter Joinville et à habiter Paris, je ne pouvais plus, pour le présent, m’occuper utilement des affaires municipales de Joinville. Je me suis rendu compte ces derniers mois qu’il m’était impossible d’assister régulièrement aux séances du conseil par suite des difficultés de transport. »

S’il n’est plus candidat à Joinville, peut-être est-ce lui qui est opposé, lors de ce même scrutin à Paris (12e arr.), au socialiste SFIO Jean Morin dans le quartier de Bercy ? Gallas, républicain d'union nationale, obtient 930 voix pour 2610 votants (35,6%) sur 3478 inscrits, son concurrent de gauche étant réélu dès le premier tour.

Il continue à assumer des fonctions juridiques dans l’Est parisien. Ainsi, en décembre 1919, il est nommé suppléant des juges de paix de Saint-Maur-des-Fossés. En décembre 1920, il est président de la commission arbitrale du canton de Vincennes qui statue sur des indemnités à accorder aux propriétaires dont les biens ont souffert de la guerre.

Plusieurs interventions politiques de Gallas sont mentionnées dans les années 1920. En octobre 1924, il défend, devant le Congrès des Forces économiques, « l’idée de patrie, facteur d'une civilisation avancée, conduit au rapprochement des peuples, par le respect mutuel que se doivent les patries » et s’élève « contre la lutte des classes ». En janvier 1926, il participe à une conférence de la Fédération républicaine à Romorantin (Loir-et-Cher).

Résidant à Paris d’abord rue du Sahel (12e arr.), puis rue Ledru-Rollin (11e arr.), Gallas met en location puis en vente ses propriétés de Joinville-le-Pont, qui comprenaient une propriété de 10 pièces sur un terrain de 1300 m², et un pavillon de 4 pièces. Il semble avoir du mal à les céder, car il baisse à plusieurs reprises les prix location et de vente dans les annonces qu’il publie.

Après le décès de sa première épouse, Louis Gallas se remarie en juillet 1937 à Paris (11e arr.) avec Pauline Jeanne Marguerite Sanimorte.

Nommé adjudant de réserve en 1925, Louis Gallas est promu officier assimilé de justice militaire adjoint en avril 1930. Rayé des cadres en avril 1939, il reprend cependant du service pendant la deuxième guerre mondiale. Il intègre en janvier 1940 la direction du contentieux et de la justice militaire puis, après l’armistice, en septembre de la même année, le tribunal militaire de la 5e région (Paris).

Louis Gallas meurt le 24 mai 1958 à Mortcerf (Seine-et-Marne). Il était âgé de 71 ans. En juillet 1932, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fin.

 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 01:01

Suite de la biographie de Louis Gallas.

Lors des élections municipales de mai 1912 à Joinville, Gallas patronne une liste de droite avec Dalbavie (conservateur) et Bitterlin (royaliste). Elle fusionne pour le second tour avec la liste socialiste SFIO et les dissidents radicaux. La liste d’union emporte au second tour les 23 sièges à pourvoir (6 libéraux et conservateurs, 7 socialistes et 10 radicaux dissidents). Gallas est élu conseiller municipal et Dalbavie devient adjoint au maire, Ernest Mermet.

Pendant la campagne, Gallas s’attaque aux francs-maçons, assurant que « ceux-ci ont imposé leur volonté au comité radical ». Début 1914, Gallas est désigné à deux reprises comme électeur sénatorial.

Désigné comme candidat lors d’une réunion à Joinville en octobre 1913, Gallas se présente aux élections législatives d’avril 1914 sous l’étiquette de la Fédération républicaine, le principal parti de la droite libérale et conservatrice, dans la 2e circonscription de Sceaux. Il a cependant deux concurrents de même tendance, Jules Auffray, ancien député libéral de Paris et Léon Daboncourt, soutenu par les comités libéraux et patriotes, mais ce dernier se retire avant le scrutin.

Le député sortant Albert Thomas, socialiste SFIO, élu en 1910, dispute le scrutin de 1914 avec un radical, Adolphe Chéron. Avec 1 746 voix pour 19 490 suffrages exprimés (9,6%) sur 25 040 inscrits, Gallas arrive en 4e position et se retire au second tour en faveur d’Auffray (16,2%) tandis que Chéron (25,7%) se désiste pour Thomas (49,1%). Ce dernier est réélu au second tour et deviendra ministre plus tard.

Les premières plaidoiries mentionnées par la presse se situent en juin 1910. Mais c’est en juillet de la même année qu’il participe à un procès qui a une dimension politique certaine, celui des grévistes du Bi-Métal. La cause semble manifestement étrangère aux convictions de Louis Gallas, mais la très grande proximité entre l’usine et le domicile de ce dernier explique certainement qu’il ait été sollicité.

Le 19 janvier 1910, la majorité des 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail. Les demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit deviendra violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève en tant que secrétaire de l’Union des métaux, s’exprime ainsi : « Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir ». Les jaunes désignent les non-grévistes embauchés par la direction.

En juillet 1910, la 9e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, à Paris, juge onze membres du comité directeur de la grève pour entraves à la liberté du travail. Le tribunal s’interroge notamment sur la façon dont il faut interpréter la « machine à frictionner » annoncée dans une affiche des grévistes. Parmi les avocats, on compte des personnalités socialistes comme Jean Longuet, gendre de Karl Marx et Pierre Laval, qui deviendra plus tard premier ministre du maréchal Pétain. La presse relève l’habileté de la défense de ses clients par Me Gallas. Huit inculpés sont cependant condamnés à des peines qui vont de 15 jours de prison avec sursis à six mois fermes pour le dirigeant syndicaliste.

À suivre.

Un atelier de l'usine Bi-Métal de Joinville en 1910

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 01:01

Début de la biographie de Louis Gallas.

Louis Henri Désiré Gallas naît le 20 juillet 1886 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne).Il est le fils de Marie Geneviève Gabrielle Moreau et de son époux Désiré Prosper Aimé Gallas, négociant à Paris. La famille est établie rue du Canal.

Il fait des études à Paris, tout en pratiquant le football avec l’Union Carolingienne qui joue sur un terrain du plateau de Gravelle à Joinville.

Louis Gallas devance son service militaire en s’engageant pour trois ans dans l’armée en septembre 1905 au sein du 31e régiment d’infanterie, basé à Melun (Seine-et-Marne). Cependant, il est démobilisé un an plus tard, en tant qu’étudiant en droit avec le grade de caporal ; il est promu sergent dans la réserve en mars 1907.

Devenu avocat vers 1908, Louis Gallas soutient une thèse de doctorat en droit. Elle est publiée en 1912 et porte sur le thème Du droit de réponse en matière de Presse. Il s’inscrit comme avocat à la cour d’appel de Paris.

C’est en 1909 que Louis Gallas s’engage publiquement dans l’action politique, en faisant la campagne pour les élections législatives complémentaires dans la 2e circonscription de Sceaux (Seine) en faveur d’Émile Blondont, également, avocat à la cour de Paris, membre de la Fédération républicaine. Blondont est le candidat des républicains progressistes et libéraux dont le président est Pierre Dalbavie, futur adjoint au maire de Joinville. Gallas cosigne le programme de Blondont avec Jean Contoux ; il s’oppose à la création d’une retraite ouvrière et à l'impôt sur le revenu ; il défend par contre l'augmentation du budget de la guerre, agitant le spectre de l'Allemagne. Le scrutin est organisé parce que le député radical-socialiste, Alphonse Maujan, est devenu sénateur. Les autres candidats sont Albert Thomas, socialiste SFIO, et Amédée Chenal, radical-socialiste. Blondont arrive en troisième position avec 16,2% des suffrages exprimés, il se retire au second tour qui voit la victoire de Chenal.

Membre du comité républicain libéral, Louis Gallas devient, en mai 1909, président de la Fédération des Comités républicains indépendants de la 2e circonscription de Sceaux, qui regroupe des organisations de droite des communes de Saint-Maur, Charenton, Nogent-sur-Marne, Le Perreux ou Joinville. Il organise des conférences publiques, comme en juin à Saint-Maur sur l’impôt sur le Revenu. La fédération est affiliée à l’Alliance libérale.

Gallas est également rédacteur à l’Écho républicain, journal réactionnaire à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), dirigé par Jean Contoux. Il polémique régulièrement avec Louis Rey, chroniqueur dans l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, qu’il traite de « gnome au ruban rouge », se moquant de sa petite taille et mettant en doute les qualités qui lui ont valu la Légion d’honneur. Rey reproche une alliance tactique avec les socialistes SFIO contre la municipalité radicale joinvillaise, Gallas assure qu’il a toujours voté à droite. Rey prédit : « C’est l’apanage de la jeunesse riche d’être dans l’opposition ; vous êtes réactionnaire, vous deviendrez républicain, radical, c’est l’évolution », mais il assure le respecter : « On peut être adversaires et non ennemis. »

Après la disparition de l’Écho républicain, Gallas participe à la refondation, encore à Saint-Maur, d’un nouvel organe, le Courrier libéral. Il attaque un autre radical, Henri Vel-Durand, qu’il traite de juif et poursuit ses mises en cause de Rey. Au début de 1911, une crise provoque la scission du conseil municipal entre les fidèles du maire malade, Eugène Voisin, soutenu par Rey et Georges Briolay, et un groupe de dissidents comprenant notamment Vel-Durand et Ernest Mermet. Les socialistes SFIO et les libéraux de Gallas se rapprochent des dissidents.

À suivre.

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 01:01

Paul Émile Mourlam naît le 19 décembre 1870 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Hortense Malaise et d’Émile Mourlam, alors gendarme à cheval. Médaillé militaire, ce dernier devient garde champêtre à Reims (51), où la famille réside en 1890. Il fait à trois reprises condamner des personnes pour des outrages à sa personne ; ainsi, en avril 1894, Claude Dumery, qui l’a traité de « badingueusard », parce qu’il porte la barbe des vieux troupiers de l’Empire, écope de huit jours de prison.

Pour faiblesse, Paul Mourlam est à deux reprises ajourné pour le service militaire, faisant ensuite un service raccourci en 1893-1894.

Devenu employé dans l’administration des postes et télégraphes à Reims, Paul Mourlam épouse en juin 1891 dans cette ville Jeanne Brevet, repasseuse lingère. Il s’implique dans la vie associative locale, notamment dans le Véloce-Sport Rémois, l'orphelinat des sous-agents des postes, télégraphes et téléphones et la Fanfare. Ces activités font qu’il reçoit une mention honorable en août 1907 puis est décoré des Palmes académiques comme officier d’académie en décembre 1912.

Devenu receveur, Mourlam est chargé du bureau de Fismes (Marne) en février 1919. Il est muté en décembre 1922 à Montlhéry (Seine-et-Oise, act. Essonne) puis un an plus tard à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Le bureau de poste est toujours situé à l’angle de la rue Vautier et du quai du Barrage, dans le quartier central. Il a deux activités particulières : la transmission des résultats des courses, puisqu’il est le plus proche de l’hippodrome de Vincennes, avant l’installation sur place de téléscripteur et de téléphones pour la presse ; et le paiement des salaires des personnels de l’école de gymnastique de Joinville, dans le Bois de Vincennes.

Ce sont ces deux particularités qui vont assurer une certaine notoriété à Paul Mourlam. En 1926, il se met à fréquenter assidûment les champs de courses. Face à de premières pertes importantes, en novembre 1926, il emprunte de l’argent à son gendre. Ensuite, il pise dans la caisse de son bureau. En septembre 1928, un contrôle de routine constate l’existence d’un trou important, chiffré à près de 300 000 francs. Le receveur est alors arrêté. Il reconnaît sa culpabilité, assure qu’il voulait rembourser et est jugé en juin 1929 par la cour d’assises de la Seine. Il est condamné, avec reconnaissance de circonstances atténuantes, à deux ans de prison, 500 francs d’amende et à l’interdiction d’exercer une fonction publique.

Portrait publié en 1928 par plusieurs quotidiens

L’enquête de police présente le prévenu comme bien noté par ses chefs, qui le considéraient comme « intelligent et zélé » et apprécié par ses voisins. Les témoignages, diffusés dans la presse de son épouse, relativisent un peu le tableau. Jeanne Mourlam estime que son mari « n'est pas tout à fait responsable » : « diabétique, fils d'alcoolique, il était parfois d'humeur bizarre ». Elle assurer en avoir « souvent ressenti les douloureux effets », évoquant sans doute ainsi des violences conjugales.

Défendu par Mes Gaston Weil et Charles Tilloy, Mourlam avait échappé aux de travaux forcés. Les évènements firent la Une de nombreux journaux, qui couvrirent également le procès. Paris-Midi, citant l’écrivain Jules Romains, parlait d'un bon fonctionnaire « saisi par la débauche », et comparait son attitude à celle de l’acteur Emil Jannings dans le film américain de Victor Fleming, Quand la chair succombe (1927).

Plusieurs journaux comme La Croix, relevaient le propos de l’accusé, « Les courses m'ont perdu ! »

La date de décès de Paul Mourlam n’est pas connue. Il avait eu trois enfants, dont un mort peu après sa naissance. Il était âgé de 58 ans au moment de sa condamnation.

Caricature de Roger Roy parue dans L’Œuvre, 23/06/1929

 

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