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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 00:01

Suite de la biographie d’Henri Vel-Durand

Au sein du conseil municipal de Joinville-le-Pont, début 1911, la maladie du maire, Eugène Voisin, qui est en poste depuis 23 ans déjà, accélère les tensions entre ceux qui ont jusqu’ici fait partie de son équipe. En février, quatre élus radicaux de 1908 (Watrinet, Mermet, Vel-Durand et Arnaud) acceptent de déférer à une convocation du parti socialiste SFIO, transmise par son secrétaire, Émile Lebègue, pour rendre compte de leur mandat. Maurice Watrinet, entrepreneur de pompes funèbres et ancien secrétaire général de la mairie, indique qu’il a quitté le parti radical, et laisse entendre qu’il se présenterait aux élections municipales de 1912, sollicitant le soutien des socialistes pour espérer devenir maire. Achille Mermet, professeur de physique-chimie, déclare qu’il n’a pas quitté le parti radical, mais estime le maire trop âgé et lui demande de donner sa démission. Vel-Durand blâme la lenteur de l’administration municipale. Quand à Chéri Arnaud, sellier, personnalité du quartier de Polangis, il soutient ses collègues. Sont également présent dans cette réunion Théophile Leteuil, le représentant du comité socialiste évolutionniste de 1908 et l’avocat Louis Gallas, porte-parole de la droite. L’hebdomadaire Voix des communes assure qu’on aura, s’ils partent ensemble aux élections, « une épatante liste des maires, avec une demi-douzaine de prétendants à l’écharpe ». Un membre du comité radical-socialiste de Joinville écrit une lettre ouverte à Vel-Durand, s’inquiétant de son intervention : « vous m’avez produit une bien mauvaise impression. »

Toujours en février, le conseil municipal convoque lui aussi sa réunion de compte-rendu de mandat. Elle se déroule en l’absence du maire, malade, sous la houlette des adjoints, Villain et Briolay, du chimiste Rey, chroniqueur de Voix des communes, et d’Albert Gallas, pilier du comité radical-socialiste. Watrinet, Vel-Durand, Mermet et Arnaud font une entrée conjointe applaudis par les socialistes SFIO et les amis de Leteuil.

Parmi les sujets qui portent à polémique figure l’entretien d’une voie du quartier de Palissy, le chemin de Brétigny, dégradé par un entrepreneur avec lequel la municipalité est en conflit pour savoir qui doit payer les réparations. Les socialistes dénoncent « l’incurie et la mauvaise gestion municipale » et la « construction d’une trop belle mairie » alors que l’école maternelle est, selon eux, « dans un triste état ». Vel-Durand déclare qu’il est toujours radical, mais fait partie des conseillers qui combattent la municipalité. Il critique le dernier budget, mal rédigé d’après lui, qu’il a cependant voté. Après Watrinet, Arnaud assure qu’il donne sa démission du comité radical-socialiste et trouve le maire trop âgé, appelant à le remplacer.

Louis Gallas dans le Courrier libéral, se réjouit : « rien ne va plus au conseil. MM. Vel-Durand, Mermet, Watrinet et Arnaud sont dissidents et osent avoir des idées et des opinions sans demander l’autorisation du comité radical de Joinville. Ils ne veulent plus obéir servilement aux injonctions de la franc-maçonnerie ! Ils pactisent avec les [socialistes] unifiés ». Il assure que « la municipalité, par un défaut de cohésion, est incapable de gérer plus longtemps les affaires de la commune ; c’est que notre maire Voisin n’a malheureusement plus les forces nécessaires pour guider la trirème municipale. La démission collective du conseil municipal s’imposerait. »

Après la voirie, c’est un incident dans une école qui provoquer une vive crise au sein du conseil municipal. Rey reprend la dénonciation, par une mère d’élève, du comportement douteux de certains élèves de l’école de Polangis. Les quatre dissidents, rejoints par deux autres, l’artiste peintre Henri Poitevin et Jules Beauvais, critiquent la divulgation des faits et provoquent la suspension de la séance du conseil. Ils convoquent une réunion en soutien au directeur de l’école, accusé de complaisance. Au sortir de la réunion, ils manifestent devant le domicile de Rey, que la police vient protéger.

Les six dissidents démissionnent, ce qui a pour effet, du fait d’un autre poste vacant, de provoquer des élections municipales partielles. Pendant la campagne, les radicaux-socialistes soulignent la fragilité des convictions radicales des sortants, les qualifient de « Saxons » et assurent défendre l’école laïque contre « les abus et les scandales de tout genre ». Les six sont réélus, en compagnie d’un de leurs alliés, Richard-Cugnet, face à une liste conduite par René Martin, président de l’Union des commerçants, mais non explicitement estampillée du soutien des radicaux-socialistes. Les socialistes et les libéraux avaient renoncé à se présenter, pour soutenir les protestataires. Cependant, l’origine ethnique de Vel-Durand est toujours mise en cause, par exemple par le nationaliste Jean Contoux qui s’offusque que le radical « Rey a le toupet d’écrire que les libéraux et les nationalistes sont les amis de Weil-Durand [sic]. »

Un autre rédacteur de Voix des communes, A Deyres, commente la campagne d’Henri Vel-Durand, qu’il qualifie de « chef de bande ». Il serait « un de ces politiciens à la mode, comme on en rencontre beaucoup dans le firmament républicain : ‘Je travaille pour moi, les autres, je m’en f…’. Élu conseiller municipal puis conseiller d’arrondissement grâce à l’appui de Voisin. N’oubliait pas ses intérêts privés : devint greffier du tribunal de Nogent grâce à l’appui de Maujan. Vilaine campagne électorale en 1909 pour le poste de conseiller général, qui lui aliène l’estime de ses meilleurs amis ; mis en minorité dans sa commune même. Les élections sont un épisode d’un plan longuement préparé pour renverser l’honorable maire de Joinville et prendre sa place. Les électeurs ont à se prononcer entre 2 hommes, Voisin et Vel-Durand. Le corps électoral saura choisir entre l’homme qui l’a toujours servi et l’homme qui s’est toujours servi de lui ». Quand à Rey, qui assure « J’ai défendu Vel-Durand quand il était attaqué et qualifié de juif par le journal de Jean Contoux (…) Vel-Durand renierait son meilleur ami, s’il en avait, pour servir ses intérêts. »

La victoire, à une forte majorité, des dissidents est commentée par un dirigeant du parti radical, Paul Guelpa : « Leur réélection effacera-t-elle leur trahison ? Ils ne sont les élus que d’une fiction. Les dissidents sont les élus de la réaction avouée ». Rey, qui avait été pris pour cible personnellement, raconte : « On m’a fait un crime d’être franc-maçon ; je m’en honore. On avait sur le marché exposé un mannequin couvert d’emblèmes maçonniques qu’on devait ensuite brûler. C’est de l’intolérance. La peur du commissaire a empêché l’autodafé du bonhomme de paille. Je ne me suis pas occupé de la liste Martin, mais Mermet la qualifiait de liste Rey. Toute cette élection s’est faite sur une équivoque des mensonges et des appétits ; la coalition des unifiés, des réactionnaires et des nationalistes a été établie ». Constatant que l’affaire de l’école de Polangis avait été au centre des polémiques électorales, Rey considère le résultat comme « le triomphe de l’onanisme », espérant que « la morale reprendra bientôt ses droits. »

Avec un indépendant élu en 1908, les opposants sont désormais huit contre treize soutiens d’Eugène Voisin. Le comité radical-socialiste est, selon le journal du parti, en « désarroi » suite à la démission des conseillers municipaux qui en étaient membres. Le bureau démissionne et les convoque devant l’assemblée du comité. Accusé d’avoir fait une campagne équivoque haineuse, de mensonge, avec des attaques contre Briolay et Rey, Vel-Durand, critiqué par tous, assure « qu’en attaquant Rey il attaque celui qui voulait être le maître du conseil municipal et qui attaquait tout le monde ». Un radical anonyme oppose aussi les deux hommes en s’adressant à Vel-Durand « Nous estimons Rey comme un bon citoyen, désintéressé, esclave de ses convictions nettement républicaines. Vous n’êtes qu’un vaniteux et un envieux détestable. »

L’inauguration de la nouvelle mairie, en décembre 1911, est l’occasion de nouveaux affrontements. Les huit protestataires s’opposent aux crédits pour le bal et critiquent la cérémonie dans la Revue de Saint-Maur, dont Vel-Durand est un collaborateur. Rey rétorque que « Vel-Durand n’a jamais pardonné à Voisin de n’avoir pas été élu adjoint et conseiller général » et qualifie Beauvais et lui de « politiciens sans consistance, qui ne sont que des profiteurs et des marchands d’influence qu’ils ne possèdent pas ». Vel-Durand conteste l’exécution du budget 1911, estimant que Voisin en aurait été bénéficiaire, au travers de la location des mâts et tribunes du jour de la fête d’inauguration. Vel-Durand y participe cependant, en tant que président du Conseil d'arrondissement de Sceaux.

Les élections municipales de mai 1912 se déroulent dans un climat de forte tension, alors que le maire sortant ne se représente pas. Elles sont marquées par une manœuvre tactique originale. Les trois listes d’opposants, les libéraux de Dalbavie, ancien conseiller municipal, les socialistes de Lebègue et les radicaux dissidents concluent un accord de fusion pour le second tour, au prorata de leurs scores du premier, avec comme objectif de battre les radicaux-socialistes, conduits par l’adjoint au maire Georges Briolay. Le comité radical-socialiste de Joinville tente, en vain, de ramener l’union de ses membres. Le scrutin voit le succès de la coalition, composée de dix radicaux dissidents, sept socialistes et six libéraux. Contrairement aux libéraux, les socialistes ne participent cependant pas systématiquement à la majorité municipale et n’ont pas d’adjoint. Achille Mermet est élu maire, Henri Vel-Durand devient premier adjoint et le libéral Pierre Dalbavie, tailleur d’habits, est le second adjoint.

Une des premières décisions proposée par Vel-Durand au conseil municipal est de doubler le loyer de la maison louée par Rey à la ville, puis de lui donner congé. Leur adversaire au cours du scrutin de 1912, Briolay, témoigne : « Si vous m’accusiez de m’être employé à faire ramasser une veste à Vel-Durand à l’élection au conseil général, ne cherchez pas. Oui, c’est moi le coupable. Je le reconnais. J’avoue : c’est la récompense de sa trahison à la cause radicale-socialiste. »

Suite à son comportement lors des élections municipales, Henri Vel-Durand est exclu du Parti radical-socialiste par la fédération de la Seine. La presse locale commente l’évènement : L’Écho républicain estime qu’il a été « excommunié ». La Revue de Saint-Maur, journal où collabore Vel-Durand, considère que c’est à l’instigation des dirigeants locaux du parti radical, qui sont selon elle Briolay, Roux et Rey. Voix des communes se félicite que « la maison est maintenant propre, l’on ne risque plus d’y coudoyer les traîtres et les renégats ». L’Union radicale-socialiste de Saint-Maur écrit que « la situation politique [de Vel-Durand], anormale tout d’abord, était devenue scandaleuse et insupportable ». Le journal considère « qu’il était entré en lutte avec lui en s’alliant aux ennemis de notre parti aux élections municipales. C’était déjà une faute grave. (…) Ce que l’opinion ne lui pardonnera pas, c’est d’être resté au parti radical sans radicalisme. »

À suivre

Les glaces dans la Marne pendant l'hiver 1917

 

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 00:01

Suite de la biographie d’Henri Vel-Durand

En prévision des élections municipales de mai 1908, le rôle d’Henri Vel-Durand augmente significativement. Le journal de droite, publié par Louis Nectoux, Le Travailleur français, lui prêt l’intention de présenter, avec de député Maujan, une liste de candidats à Joinville. le président du comité radical-socialiste réplique vertement à Nectoux que « C’est le comité radical-socialiste qui présentera sa liste, Vel-Durand en est membre ». L’hebdomadaire local de la SFIO, Tribune socialiste, parle d’un accord d’un accord entre la « liste Vel-Durand » et le comité d’action sociale, dirigée par Vernière, un cadre de la société cinématographique Pathé, plus gros employeur de la commune.

Au cours de l’assemblée plénière de l'Union des républicains radicaux-socialistes de la deuxième circonscription de Sceaux, qui se tient à Joinville en mars 1908, Vel-Durand interpelle la direction du Parti radical-socialiste au sujet de l'impôt sur le revenu, qui doit être introduit et dont la base « constitue un réel danger politique pour le département de la Seine » selon lui.

Le comité radical-socialiste, dont le maire sortant Eugène Voisin est le candidat, fait face à une opposition venant en partie de son propre camp, un comité socialiste évolutionniste, dirigé par Théophile Leteuil devant lequel la droite s’écarte ; une liste socialiste est également présente. Si Voisin et quatre de ses colistiers est élu dès le premier tour, ses autres soutiens doivent attendre le second tour ; l’adjoint au maire, Honoré Jullien, est battu. Henri Vel-Durand, loin de renouveler son score de 1904 l’emporte de manière modeste, avec 526 voix pour 1 188 votants (44%) sur 1 613 inscrits. Lors de l’élection de la municipalité, il obtient une voix pour le poste de deuxième adjoint, mais c’est Georges Briolay qui est élu. L’hebdomadaire radical Voix des communes indique que Vernière avait transmis le « mot d’ordre de l’usine Pathé » qui était « de voter contre Vel-Durand. »

En juin 1908, avec l’investiture des radicaux-socialistes, Vel-Durand est candidat au renouvellement de son poste de conseiller d’arrondissement du canton de Saint-Maur. Face à un socialiste indépendant et un candidat SFIO, il est très largement en tête au 1er tour avec 2 949 voix sur 3 933 votants (75%) pour 10 310 inscrits. Le second tour est une formalité, qu’il remporte avec 2 022 sur 2 216 votants (91%).

Dans le même canton, Vel-Durand est de nouveau candidat, en mai 1909, pour le poste de conseiller général, dont le rôle est bien plus important. Outre un socialiste, il a deux concurrents radicaux, les maires de Saint-Maur, Marin, et de Créteil, Geffroy. C’est Vel-Durand qui avait été choisi par le congrès radical-socialiste cantonal, mais les amis de Marin en avaient été exclus et Geffroy se présentait comme indépendant. Voix des communes remarque que, « à Joinville, Vel-Durand ne compte pas que des amis » et marque une préférence pour Marin, qui a pris l’engagement de se désister pour Vel-Durand s’il n’arrive pas en tête.

Le premier tour donne une légère avance, de 80 voix, à Vel-Durand. Marin refuse finalement de se retirer, malgré ses déclarations antérieures, se justifiant par le fait que Vel-Durand n’aurait pas pris un tel engagement. La Fédération de la Seine laisse entendre par son président, Bonnet, que « la décision de Marin lui paraissait motivée par des raisons sérieuses ». Après avoir objecté que, si « les fonctions de greffier de justice de paix et de conseiller général sont compatibles avec la loi », cependant « le cumul est contraire aux intérêts du canton » l’organe radical apporte un appui très formel : « Nous sommes respectueux de la discipline républicaine et demandons aux électeurs de faire leur devoir républicain. »

Lors du second tour, Vel-Durand est largement battu par Marin, recueillant  2 245 voix sur 6 044 votants (37%) contre 2 668 à Marin et 1 008 au socialiste Restiaux.

Contestant l’attitude de Marin, Vel-Durand demande son exclusion par le Comité central d’union et d’actions républicaines de la 2e circonscription de Sceaux, attaquant aussi l’attitude du journal Voix des communes. Le chroniqueur de cet organe radical, A. Deyres, critique son attitude, assurant que « Vel-Durand fait partie des arrivistes pour lesquels tous les moyens sont bons ». Marin est exclu par la fédération de la Seine mais la commission de discipline, approuvée par le comité exécutif du parti radical-socialiste, se contente d’envoyer un blâme et annule l’exclusion de Marin et de son comité.

Lors des grandes inondations de la Marne au premier trimestre 1910, le quartier du Canal, où vit Vel-Durand, est envahi par les eaux. Un peu plus haute, la maison Vel-Durand sert de refuge et accueille 17 habitants forcés de fuir leurs demeures. Lui-même fait partie d’une des commissions de désinfection mises en place pour visiter les locaux inondés, et accorder la permission de réintégration, après l’évacuation des boues et des immondices. Il participe a l’organisation d’une loterie, pour recueillir des fonds en faveur des inondés.

Au sein du conseil municipal de Joinville, des tensions apparaissent après la fin de la mobilisation en faveur des inondés. En décembre, la rédaction du compte-rendu de mandat, qui doit être envoyé par le conseil municipal aux électeurs par la poste, est confié aux adjoints après que le chimiste Louis Rey et Vel-Durand aient refusé de le rédiger, suite aux critiques faites sur le précédent compte-rendu, jugé trop long. Rey souhaite qu’il soit soumis au comité radical-socialiste, dont 22 des 23 élus sont membres.

Début 1911, un nouveau journal de droite sur le canton de Saint-Maur, le Courrier libéral, soutient que le conseil est divisé en deux clans : celui qui suit le premier adjoint faisant fonction de maire (Paul Villain, le maire Eugène Voisin étant malade), l’autre qui a confiance en l’étoile de Vel-Durand. Le rédacteur, l’avocat Louis Gallas qualifie Vel-Durand de « juif. »

À suivre

Henri Vel-Durand

 

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 00:01

Suite de la biographie d’Henri Vel-Durand

Les élections municipales de mai 1900 voient le retour d’une compétition, avec des candidats présentés par le comité électoral socialiste-révolutionnaire. Cependant, toute la liste d’Eugène Voisin est réélue dès le premier tour, Henri Vel-Durand y compris. Il est nommé rapporteur du budget et secrétaire de toutes les commissions importantes (travaux, octroi, électricité). Il fait partie, en avril 1902, des cinq délégués de la commune au sein du Comité d’union et d’action républicaines de la deuxième circonscription de l’arrondissement de Sceaux, qui rassemble les comités radicaux-socialistes.

Deux mois plus tard, le Comité républicain radical-socialiste de Joinville se transforme en structure permanente, alors qu’il renaissait à chaque élection jusqu’ici. Vel-Durand est un des huit délégués du comité. Toujours en juin 1902, Vel-Durand est en compétition, pour l’investiture radicale-socialiste au conseil d’arrondissement, avec Émile Palade, ancien maire de Créteil, ancien conseiller d’arrondissement. Le directeur du journal radical Voix des communes, Gaston Meynet, commente : « Palade, très apprécié, très sincèrement républicain et libre-penseur, intelligent et rompu aux affaires. Vel-Durand, conseiller municipal de Joinville, caractère bienveillant, esprit élevé, intelligence ferme, convictions républicaines ». Il donne ensuite son sentiment : « M. Vel-Durand ferait certainement un très bon conseiller d’arrondissement. Toutefois, en la circonstance, je lui préfèrerais M. Palade, qui a fait ses preuves et vraiment avec quelqu’éclat ». C’est pourtant Vel-Durand qui est désigné et l’organe radical le présente alors comme « un enfant du pays (…) Républicain ardent, radical-socialiste ». Il recueille au premier tour 1 653 voix soit 57% des 2 894 votants pour 8 788 inscrits contre 1 121 à un candidat de droite, Camille Raoult, également conseiller municipal de Joinville. Il l’emporte au second tour par 1 631 voix contre 967. Commentant le fait que le scrutin avait été peu suivi, le journal écrivait : « Le Conseil d’arrondissement tient une place très modeste ».

Tentant une œuvre pédagogique, Vel-Durand publie en décembre 1902 une brochure, Le conseil général de la Seine et le conseil municipal de Paris. Il propose un rééquilibrage entre Paris et la banlieue au conseil général en augmentant le nombre d’élus de cette dernière.

Au sein du conseil municipal, Vel-Durand vote en juin 1902 avec la majorité des élus contre l’autorisation d’installation demandée par les Sœurs enseignantes de la Providence, à une époque où l’église n’est pas encore séparée de l’État.

Le scrutin municipal de 1904 confirme la montée d’une opposition de droite, dans un climat marqué par l’exacerbation de la question religieuse. Eugène Voisin s’affiche avec le programme radical-socialiste, sa liste assurant avoir « une réprobation énergique du nationalisme et du cléricalisme » au cours des réunions de compte-rendu de mandat tenues en avril. Elle assure combattre « la réaction » et les « adversaires de la République », dans lesquels le comité radical-socialiste range les quatre conseillers municipaux dissidents de la majorité sortante (Dalbavie, Raoult, Boivin et Moulinet). Avec quatorze autres de ses colistiers, Vel-Durand est réélu dès le premier tour, où il arrive en seconde position derrière le maire, recueillant 650 voix soit 58% des 1 119 votants pour 1 363 inscrits. La liste de droite a un seul élu, sur vingt-deux, tandis qu’une nouvelle fois, les socialistes-révolutionnaires n’emportent pas de siège. L’ancien député radical-socialiste Jules Ferdinand Baulard commente le résultat « Je souhaite que nous puissions décrasser notre commune dont nous avons été considérés pendant longtemps comme des anarchistes qui voulaient tout bouleverser ; c’est une satisfaction que nos efforts et nos idées ont gain de cause. »

Une grande conférence du Parti républicain radical et radical-socialiste de la circonscription se tient à Nogent-sur-Marne en avril 1905 avec 600 participants. Comme conseiller d'arrondissement, Vel-Durand figure au bureau. On le retrouve à la fête républicaine de juin de la même année, qui se tient à Charenton. Il participe également à la conférence publique de novembre à Joinville du député radical-socialiste Adolphe Maujan, soutenant son appel « à l'union de toutes les forces républicaines contre la coalition réactionnaire et cléricale ». Toujours en décembre 1905 à Charenton, Vel-Durand fait partie des 800 militants des 24 comités radicaux et radicaux-socialistes qui approuvent la candidature de Maujan pour sa réélection.

Au sein de l’Union des radicaux-socialistes de la 2e circonscription de Sceaux, réunie à Joinville en juillet 1907, Vel-Durand présente un rapport sur les rapports entre les comités et les élus. Dans la même ville, il participe en novembre au punch d'honneur pour Maujan, devenu sous-secrétaire d'État à l'Intérieur dans le gouvernement de Georges Clemenceau. Il siège, toujours à Joinville, au bureau de la même union qui réclame la création de fédérations départementales uniques au sein du parti radical.

À suivre

La maison d'Henri Vel-Durand à Joinville

 

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 00:01

Paul Alexandre Joseph Quesnel naît le 7 avril 1879 à Lisieux (Calvados). Il est le fils de Maria Philomène Poulain et de son mari, Jean Alexandre Quesnel, huissier.

En 1900, Paul Quesnel vit à Troyes où il est employé de commerce. Il est définitivement réformé pour tuberculose en 1902 et n’effectue pas son service militaire.

Il s’installe ensuite à Paris (2e arr.) où il est chapelier et vit rue Saint-Denis, et épouse en septembre 1904 dans cet arrondissement Marie Louise Raphaëlle Lablée, couturière, originaire d’Orléans. Ils s’installent rue du Caire (2e arr.). Son épouse meurt en janvier 1906, deux semaines après avoir donné naissance à une fille, qui mourra à son tour en septembre la même année.

Après avoir vécu à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), Paul Quesnel revient à Paris (6e arr.), rue Monsieur-le-Prince, où il se remarie en octobre 1910 avec Marie Eugénie Élise Surville, native de Lisieux. Ils déménagent dans le 15e arrondissement, boulevard de Grenelle.

Au cours de la première guerre mondiale, Paul Quesnel n’est pas mobilisé immédiatement. Il est cependant appelé en mars 1915, classé pour exercer en service auxiliaire dans le 20e régiment territorial d’infanterie, nommé caporal fourrier en mars 1916 puis affecté en août la même année à l’état-major du régiment comme secrétaire. En août, il rejoint le 4e escadron du train des équipages, où il sert dans le service automobile ; il disposait d’un permis de conduire. Il est démobilisé en février 1919.

Après-guerre, la famille Quesnel vit dans différentes localités du Calvados : Broglie, Notre-Dame-du-Hamel, Bernay et Trouville. Dans ce port, peut-être est-ce lui le rédacteur en chef et gérant de l’hebdomadaire local, de tendance radicale, Le Progrès du Littoral. Paul Quesnel, âgé de 48 ans, est mentionné comme responsable légal en 1927.

En 1933, son fils, Roger, s’est installé à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Eugénie et Paul Quesnel y ont également emménagé, dans le quartier de Polangis, quai d’Anjou.

À l’occasion d’élections municipales partielles organisées en octobre 1934 à Joinville, Paul Quesnel est candidat sur la liste du parti socialiste SFIO conduite par Robert Derivière. Elle s’oppose à deux listes diverses, comprenant l’une comme l’autre des radicaux-socialistes, et à une liste communiste. Distancée de 5 voix par les communistes, la SFIO se retire avant le second tour et les soutient. C’est cependant la liste de Concentration républicaine (divers droite) qui emporte les dix sièges à pourvoir. Quesnel avait obtenu 401 voix, soit 17,5% des 2 297 suffrages exprimés pour 2 360 votants sur 3 225 inscrits.

Au cours des élections municipales générales de mai 1935, Quesnel est de nouveau présent, en huitième position, Derivière conduisant de nouveaux les socialistes. Il se déclare en tant que métreur. Les socialistes arrivent en quatrième position avec 12,3%, cette fois derrière une liste de droite de l’Union républicaine, les radicaux-socialistes du Groupement des gauches et les communistes. Quesnel reçoit 353 votes, soit 12,4% des 2 856 suffrages exprimés pour 2 923 votants sur 3 433 inscrits. Au second tour, les listes communiste et socialiste fusionnent, derrière le responsable de l’Association républicaine des anciens combattants, André Blocher, et Quesnel figure sur la liste d’union. Celle-ci, avec 36,6% des voix a deux élus, communistes, tandis que la droite, avec 39,8%, emporte les vingt-cinq autres sièges. Les radicaux-socialistes de la majorité sortante sont battus et le conservateur Léon Lesestre est élu maire.

Lors de ce second tour, Quesnel avait eu 981 votes, soit 33,8% des 2 899 suffrages exprimés pour 2 924 votants.

En 1936, Paul Quesnel signale lors du recensement dans sa ville qu’il est représentant. Il est alors âgé de 57 ans. La date de son décès n’est pas connue.

Trouville, le quai de Joinville

 

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29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 00:01

Armand Alexandre Julien Bureau naît le 13 mars 1878 à Curzon (Vendée). Il est le fils d’Armance Chateneau et de son mari Gustave Bureau, boulanger.

Venu avec ses parents à Levallois-Perret, rue Chaptal (Seine, act. Hauts-de-Seine), il est condamné en novembre 1897 à trois mois de prison avec sursis pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine. Cette peine est amnistiée en 1919. Il travaille comme ébéniste.

Convoqué en 1898 pour le service militaire, il est ajourné pour faiblesse. Il intègre en novembre 1900 le 69e régiment d’infanterie, est nommé caporal en septembre 1901 et démobilisé le même mois l’année suivante. Il effectue une période de réserve en 1905 mais, convoqué à nouveau en 1908, il ne s’y rend pas et est déclaré insoumis en octobre 1908. Il se présente de lui-même à la gendarmerie en janvier 1909 et sa bonne foi est admise.

N’ayant pas, une fois encore, répondu à une convocation en décembre 1912, il est inscrit sur les registres d’insoumission, arrêté en février 1913 et condamné, par le conseil de guerre, à six jours de prison.

Mobilisé en août 1914 pendant la première guerre mondiale, Armand Bureau est affecté au 19e régiment territorial d’infanterie. En mars 1916, il est écarté du service armé pour « débilité » et détaché à la direction du génie à Amiens (Somme). Il rejoint en août 1917 le 1er groupe d’aviation à linsoumis, dans le même département. Il est démobilisé en février 1919.

Pendant son séjour en Picardie, Armand Bureau épouse en juin 1916 à Abbeville Georgina Armande Drenthon (nom présumé) qui donne naissance dans cette ville à une fille en novembre 1918. Parmi ses prénoms, elle porte celui de Victoire.

La famille Bureau s’installe en 1926 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, d’abord avenue du Bac puis avenue de l’Île (act. avenues Guy-Môquet et Jean-d’Estienne-d’Orves).

La première mention de l’engagement politique d’Armand Bureau se trouve, en décembre 1928, dans le quotidien Le Populaire qui le cite comme membre de la section de Joinville du parti socialiste SFIO.

Lors des élections municipales de mai 1929, la municipalité sortante présidée par M. Stephen Durande (centre et droite) fait face à deux listes de gauche, celle du parti communiste, et celle du cartel des gauches, qui a le soutien des radicaux-socialistes et de la SFIO, comprenant aussi des socialistes indépendants.

Au premier tour, la liste d’Union nationale des sortants arrive en tête avec 42,6% des suffrages exprimés, devant la Concentration des gauches de Georges Briolay à 35,9% et les communistes de Roger Bénenson à 16%. Au second tour, la liste des gauches emporte vingt-deux des vingt-sept sièges à pourvoir, avec 45,9%, la droite conservant cinq sièges en recueillant 41,6%, tandis que la liste communiste, reculant à 12,5%, n’a pas d’élu.

Armand Bureau faisait partie des six candidats présentés par la SFIO sur la liste commune avec les radicaux et les indépendants. Il obtient au premier tour 730 voix, soit 42,6% des 1 715 votants pour 2 491 inscrits. Il est élu au second tour en compagnie de trois autres socialistes, Georges Roger, François Galabert et Marcel Couillard. Roger est désigné comme adjoint au maire.

Avec notamment Roger et Galabert, Bureau devient administrateur de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville-le-Pont, constitué en 1930. D’importantes dissensions se font jour au sein du conseil municipal, en particulier parmi les socialistes. François Galabert s’oppose, de manière parfois spectaculaire, au maire, en particulier au sujet de son attitude envers les chômeurs. Couillard quitte plus discrètement le conseil. par contre, Roger et Bureau restent fidèles à l’alliance avec les radicaux.

Les luttes à l’intérieur de l’assemblée ayant provoqué plusieurs départs, une élection municipale partielle doit être organisée en octobre 1934. La liste de droite, mais comprenant aussi quelques radicaux, emmenée par Charles Chaussée arrive en tête avec 37,0% tandis que des indépendants, plus proches du maire obtiennent 25,5% ; les socialistes, qui font une liste autonome, se retrouvent, avec 17,6%, légèrement derrière les communistes qui ont 17,8%. Ils se retirent pour le second tour, qui voit la liste de droite remporter les dix sièges avec 59,5% face aux seuls communistes.

Confirmant son engagement auprès du maire sortant, Bureau rejoint le parti radical-socialiste et est, en janvier 1935, secrétaire du comité de Joinville, alors présidé par le miroitier Gabriel Vélard, qui est aussi le président du comité de Front populaire dans la commune.

Lors de la campagne pour les élections municipales de mai 1935, Armand Bureau est également secrétaire du Groupement des gauches républicaines qui, outre les radicaux, regroupe également des indépendants comme Genevay et Roger. Il lance un « appel à l’union pour continuer l’œuvre de bonne administration des élus de 1929 et 1934. »

En présentant son bilan, la liste de Georges Briolay insiste sur les importants travaux d’amélioration et d’embellissement qu’ils auraient réalisé depuis 1929. Elle concède qu’il y a eu une augmentation des impôts locaux, mais l’attribue à une « aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes) ». Bureau figure en onzième position sur la liste. Elle défend le programme suivant : assainissement, travaux de viabilité, réfection des trottoirs défectueux, création de squares. Elle souhaite que l’État lance des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Proposant le maintien des allocations communales actuelles, le Groupement des gauches plaide pour la création d’un fonds national de chômage. Voulant créer un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis, la liste des sortants propose également d’agrandir les établissements existants. Elle veut enfin créer une salle des fêtes à la mairie ainsi que des cours de natation et d’aviron gratuits.

Devancée au premier tour par la coalition de droite de l’Union républicaine, qui recueille 32,6% des suffrages exprimés, la liste des Gauches républicaines obtient 26,8%, talonnée par les communistes à 23,5%. Ces derniers fusionnent avec les socialistes SFIO, qui avaient un score de 12,3%. Au second tour, les sortants perdent une grande part de leurs suffrages et n’ont aucun élu, les communistes en ayant deux, tandis que la droite de Léon Lesestre a les vingt-cinq autres. Bureau recueille au premier tour 755 votes sur 2 856 exprimés (26,4%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il en a 544 sur 2 899 exprimés (18,8%) pour 2 924 votants au second tour.

Depuis avril 1935, Bureau avait été désigné comme administrateur de la caisse des écoles de Joinville.

Armand Bureau meurt le 25 janvier 1941, et son décès est transcrit sur l’état-civil de Joinville. Il était âgé de 62 ans.

L'école militaire de pilotage du Crotoy, dite école Caudron

 

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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 00:01

Désiré Eugène Raoul Bourdin naît le 3 août 1881 à (Clichy, Seine, act. Clichy-sous-Bois, Hauts-de-Seine). Il est le fils de Joséphine Catherine Turpin et de Jean Baptiste Bourdin, laitier.

Ajourné en 1902 pour « faiblesse », Désiré Bourdin est déclaré bon pour le service militaire en 1903. Il est incorporé au 64e régiment d’infanterie en novembre de cette année et y reste jusqu’en septembre 1905.

Sur le plan professionnel, Désiré Bourdin est alors bijoutier. Il réside à Clichy, d’abord rue Cousin puis boulevard National. Il change d’emploi et déménage en 1910. Désormais employé par la firme cinématographique Pathé, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il s’installe dans cette commune, d’abord rue Bernier puis rue du Pont, dans le centre-ville.

Dans sa commune, Désiré Bourdin adhère à la section locale du parti socialiste SFIO. Il intègre le bureau de la section en juin 1912 en tant que trésorier adjoint. La section, grâce à un accord avec des radicaux dissidents et des conservateurs et libéraux, vient de faire élire sept conseillers municipaux sur les vingt-trois membres de l’assemblée locale en mai. Ils ne sont cependant pas associés à la gestion de la municipalité. Le secrétariat de la section passe d’Émile Lebègue, graveur sur acier, élu conseiller municipal, à Fernand Grandhomme, typographe. En janvier 1913, Désiré Bourdin est maintenu dans sa fonction tandis qu’Émile Graillat, comptable, devient le nouveau secrétaire. Il conserve encore ce poste après un nouveau changement de responsable local, en mai 1913, quand le doreur Alphonse Mibord prend la tête de la section. Par contre, il n’est pas renouvelé dans le bureau constitué en juin 1914, dont Francis Carrouet, comptable, assume la responsabilité. Le nouveau trésorier adjoint est alors Armand Arga.

La première guerre mondiale voit Désiré Bourdin mobilisé au sein du 167e régiment d’infanterie. Il participe aux combats du Bois de Remières et disparaît le 13 décembre 1914 dans la commune de Seicheprey (Meurthe-et-Moselle). Selon le récit de Dominique Toussaint, cette bataille, sans résultat, est conduite dans des conditions très difficiles : « Une grande partie des fusils ne fonctionne pas ; en effet, les mains des hommes sont pleines de boue et ceux-ci en introduisent dans l’arme avec les cartouches, les armes étant elles-mêmes couvertes de boue par le moindre contact avec le sol ». Un jugement d’avril 1920 confirmera que Désiré Bourdin est mort ce jour-là, tué à l’ennemi. Il était âgé de 33 ans. Il est déclaré mort pour la France et une pension sera versée à ses parents.

Son nom figure sur les plaques commémoratives des anciennes sociétés Pathé-Cinéma à Joinville-le-Pont et Kodak-Pathé à Vincennes, toutes deux dans le Val-de-Marne. Il est aussi répertorié dans le livre d’or pour la commune Clichy-sous-Bois.

Sorite des employés de Pathé à Joinville en 1911

 

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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 00:01

Suite de la biographie d’André Biscaldi

Sur le plan politique, André Biscaldi s’affiche de manière particulièrement active en faveur du mouvement royaliste Action française. On retrouve une cinquantaine de fois mention de ses activités entre 1910 et 1938 dans le quotidien éponyme. Lors de réponses aux appels à souscription, il associe souvent dans ses réponses à souscription son épouse, sa fille (même quand elle n’a que quelques jours, puis sa compagne.

Dans les messages envoyés par André Biscaldi au journal royaliste, il y a d’abord la mémoire de son frère, Amédée, évoquée au moins treize fois jusqu’en 1936, cette dernière fois associée à celle de son second frère, Raoul. Les messages sont aussi directement politiques : en juin 1919, il écrit « pour que l’Action française vive, grandisse et assure le salut public ». En octobre 1920, il souhaite que l'Action française écrase, la presse vendue des Téry, et autres fourriers de la Social-Demokraiie et de la Finance anonyme et vagabonde », attaquant ainsi Gustave Téry, fondateur du quotidien L’Œuvre. Il appelle à « venger Marius Plateau », fondateur des Camelots du roi, assassiné en 1923 par une jeune anarchiste, Germaine Berton. Il contribue également en faveur de la veuve et des enfants d'Ernest Berger, trésorier de l'Action française et ancien adjoint de Marius Plateau, également victime en mai 1925 d’une autre anarchiste, Maria Bonnefoy. En 1929, les époux Biscaldi veulent que leur « petite Jeanine ne voie pas une sixième invasion », après celles de la France en 1792, 1814, 1815, 1871 et 1914. Il se prononce en octobre 1932 « Pour le diable Bitru », faisant écho à la polémique contre l’Action française lancée par le journaliste Eugène Gâtebois (alias Flavien Brenier). Biscaldi précise : « Trop petit Coty, ses bourriques et ses pique-assiettes », visant le parfumeur François Coty, propriétaire du quotidien L’Ami du peuple, qui a publié les articles en question.

Certains de ses messages ont une dimension interne. Ainsi, il critique les divisions internes au mouvement en février 1926 : « Ne vous égaillez pas, les gars ».

On retrouve souvent Biscaldi, avec son épouse, aux cérémonies, comme en mars 1927 pour l’anniversaire de la mort du prétendant au trône de France, le duc d'Orléans où, fréquemment le 21 janvier en mémoire de la mort de Louis XVI à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris.

C’est probablement André Biscaldi qui, en décembre 1935 envoie son obole au nom « d’un chômeur et sa famille ». Il envoie un message de sympathie à Charles Maurras, emprisonné fin octobre 1936 pour son rôle dans l’agression qui a visé le chef du parti socialiste SFIO Léon Blum.

Bien qu’il ait résidé dans deux communes qui entourent cette ville, c’est dans la section de Joinville-le-Pont de l’Action française qu’André Biscaldi milite. Il est en nommé vice-président, lors de la constitution officielle de ladite structure, en mai 1926, au côté de Charles Pernot et d’Alfred Masse. Il sert de relais pour la transmission des contributions de cette section au moins jusqu’en 1932.

Peut-être est-ce André Biscaldi qui écrit, dans le mensuel La Réaction, qui se présente comme l’organe royaliste de la banlieue Est, un article documenté sur les élections municipales à Joinville-le-Pont, dans lequel il est pris parti en faveur d’un candidat indépendant, Claude Noizat. Le journal assure ne pas le connaître mais se félicite qu’il « se réclame de l’esprit du 6 février », évoquant les manifestations antiparlementaires de 1934, et ait « affiché des dessins vengeurs du Témoin, de Paul Iribe », dessinateur fétiche de l’extrême-droite. Noizat ne sera pas élu.

Pendant la deuxième guerre mondiale, André Biscaldi devient membre du Parti populaire français (PPF), formation d’inspiration fasciste devenue l’un des deux principaux partis collaborationnistes. Même si Jacques Doriot, son fondateur, était un ancien communiste, une grande partie des membres du PPF était issue de l'extrême-droite. Lors du congrès du PPF en 1942, sur 7 200 membres présents, 420, soit 6%, étaient des anciens de l’Action française. Peut-être est-ce Biscaldi qui organise, en octobre 1942, une rencontre du PPF pour Saint-Maur et Joinville avec comme orateur Jolivet, membre du bureau fédéral.

Avec plusieurs cadres du PPF, dont Jacques Doriot, Biscaldi se réfugie en Allemagne en août 1944, après l’avancée des troupes alliées en France. Le gouvernement nazi a concédé au PPF l'île de Mainau, sur le lac de Constance où ils annoncent la création, en janvier 1945 d’un soi-disant Comité de libération française.

Il rentre en France pour reprendre un emploi dans la compagnie d'assurances Le Soleil. Il est licencié sans indemnité en mars 1948, par arrêté du préfet de la Seine, sur la proposition du Comité régional interprofessionnel d'épuration dans les entreprises. Le motif de son licenciement est qu’il « a, par son adhésion au PPF, favorisé les desseins de l’ennemi et s’est réfugié en août 1944 en Allemagne. »

André Biscaldi meurt le 27 mai 1979 à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle). Il était âgé de 86 ans et père d’une fille. Il avait été décoré de la Croix de guerre (1914-1918).

Fin

Une affiche de l'Action française en 1918

 

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 00:01

Début de la biographie d’André Biscaldi

André Biscaldi naît le 11 novembre 1892 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Suivant les cours de l’École libre des frères chrétiens, André Biscaldi y obtient un prix d’honneur en août 1905. Il joue au football comme demi dans l’équipe GSP Saint-Rieul de Senlis, engagée dans le championnat de l’Oise.

Son père ayant acquis une boutique de tailleur pour hommes boulevard Saint-Germain à Paris (5e arr.), la famille vient s’installer rue du Bac.

André Biscaldi est arrêté en compagnie de deux autres camelots en décembre 1910, à tout juste 18 ans, pour avoir manifesté bruyamment dans les rues au sortir de la réunion de Paris (6e arr.) rue Saint-André-des-Arts qui a acté de la scission des organismes royalistes, parmi lesquels l’Action française prend le dessus. Il sort dans la soirée. Ces séjours en prison sont, pour les militants d’extrême-droite, des motifs de gloire en interne. Rapportant que Biscaldi avait raconté cette manifestation à la section de Senlis, le quotidien Action française écrit qu’il « a eu l'honneur d'être arrêté. »

De manière très régulière, André Biscaldi, comme toute sa famille, va participer aux appels de fonds lancés par la presse royaliste. Il en approuve les thèmes. Ainsi, en décembre 1910, il contribue, avec son frère Raoul, à la souscription « Le Juif sera vaincu » dont l’objectif est de « lutter contre la presse juive, contre la presse enjuivée, contre la presse asservie ». Il est de nouveau contributeur de l’appel « Pour la propagande du journal et contre l'or juif » en août 1913.

Biscaldi s’engage, dans les Camelots du Roi, service d’ordre et mouvement de jeunesse du groupe royaliste Action française, dont Charles Maurras est l’inspirateur. Il fait partie du groupe du 14e arrondissement de Paris. En décembre 1910, il rend compte à la section d'Action française de Senlis et du Valois de sa participation à une manifestation des Camelots du Roi et raconte qu’il « a eu l'honneur d'être arrêté. »

Le service militaire d’André Biscaldi débute en octobre 1913. Il est reste donc mobilisé dans son unité, le 171 régiment d’infanterie au début de la première guerre mondiale, en août 1914. Il passe au 35e régiment d’infanterie en septembre 1915 et est blessé, en novembre. Il est soigné à Carcassonne (Aude), à l’hôpital-auxiliaire n° 1.

Traduit devant le Conseil de guerre en décembre 1916 pour « refus d’obéissance sur un territoire en état de guerre », il se voit reconnaître des circonstances atténuantes et doit faire deux mois de prison ; après-guerre, sa condamnation est amnistiée. Transféré au 44e régiment d’infanterie puis au 135e, il est de nouveau hospitalisé à Angers (Maine-et-Loire) à quatre reprises entre mars 1917 et juin 1918, date à laquelle il est réformé pour « maladie mitrale très mauvaise ». Il a probablement été intoxiqué par des gaz de combat. En septembre 1921, une pension de 10% lui sera accordée. Il est démobilisé en décembre 1918.

Ayant séjourné à l’hôpital d’Angers (Maine-et-Loire) en 1917-1918, André Biscaldi y a rencontré Marguerite Jeanneteau, qu’il épouse sur place en novembre 1920. Ils vivent à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Godefroy de Cavaignac puis, à partir de 1924, dans la commune voisine de Saint-Maurice, avenue des Canadiens. À partir de 1931, André Biscaldi vit avec Jeanne Dupuis-Guébert, toujours à Saint-Maurice, mais dans la Grande-Rue. Cette dernière est présentée comme son amie dans le recensement de 1931, puis comme sa femme en 1936, bien qu’il n’y ait pas de trace de leur mariage. Ils élèvent la fille d’André Biscaldi et Marguerite Jeanneteau, Janine.

En matière professionnelle, André Biscaldi est géomètre topographe. Il se présente, à partir de 1924 comme métreur-vérificateur. À l’instar de son frère Raoul, et probablement avec lui, il est se déclare comme architecte en 1931. Il cesse probablement cette activité et semble avoir été chômeur en 1935. Il est ensuite contremaître pour l’entreprise de bâtiment Gillet à Paris.

À suivre

Des camelots du roi lors de la fête de Jeanne d'Arc

 

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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 00:01

Raoul Henri Biscaldi naît le 25 janvier 1891 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Scolarisé à l’école communale de la ville, Raoul Biscaldi obtient plusieurs prix d’honneur entre 1897 et 1899. Il participe, avec son frère André, à la représentation de la Passion, mystère de l’abbé Jouin, curé de Saint-Augustin, qui fait en avril 1908, selon Le Courrier de l’Oise « un triomphe. »

Mobilisé pour le service militaire en octobre 1912 au 152e régiment d’infanterie, puis transféré au 171e régiment d’infanterie, il est à l’armée au début de la première guerre mondiale.

Au cours d’une permission, Raoul Biscaldi épouse en octobre 1915 à Villers-Saint-Frambourg (act. Villers-Saint-Frambourg-Ognon, Oise), Julie Eugénie Pécheux.

Combattant sur le site de Vauquois, dans la Meuse, village qui fut l’objet des combats pendant quatre ans, en mai 1916, Raoul Biscaldi est blessé. Il est cité à l’ordre du régiment : « bon soldat. Bien qu’intoxiqué par les gaz le 19/05/1916 est resté à son poste d’observation et n’a été évacué que deux jours après. »

Du fait de son état, il est réformé temporairement en septembre 1916 et renvoyé dans ses foyers. Il est reconnu apte à reprendre une activité en janvier 1917 et affecté à la 20e section état-major. En janvier 1918, il est transféré à un compagnie d’ouvriers au sein du 2e groupe d’aviation puis, en février la même année, au 8e régiment de génie. Il est démobilisé fin janvier 1919. Réformé définitivement en septembre 1922 pour grosse insuffisance mitrale, il obtient une pension relativement faible (10%) ; elle sera portée à 90% en juin 1935.

Après le conflit, Raoul Biscaldi exerce la profession de métreur. Il vit d’abord à Senlis puis quitte rapidement son épouse et son fils pour résider à Paris dans le 17e arrondissement, rue Nollet, puis dans le 18e arrondissement d’abord rue Houdon, rue Ravignan et enfin rue André-Gill. Après son divorce en février 1922, il épouse en avril 1923 à Paris (18e arr.) Jeanne Marie Léontine Remeniéras. Rendant visite en automobile à ses parents, à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) en octobre 1923, il renverse une piétonne. En juin 1926, il est condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à quinze jours de prison avec sursis et cent francs d’amende pour « abandon de famille. »

Sur le plan politique, dans la continuité de l’engagement de ses frères Amédée et André, et avec l’assentiment de ses parents, Raoul Biscaldi est très engagé dans le mouvement royaliste Action française.

De manière très régulière, il va participer aux appels de fonds lancés par la presse royaliste. Dès décembre 1910, il contribue, avec son frère André, à la souscription « Le Juif sera vaincu » dont l’objectif est de « lutter contre la presse juive, contre la presse enjuivée, contre la presse asservie ».

À partir de 1920, il verse tous les ans une contribution volontaire au mouvement d’extrême-droite. Il précise, en juin 1920 comme en décembre 1921, que c’est « En souvenir de mon frère Amédée Biscaldi, mort pour la France et l'Action française ». Il associe, à partir de mai 1924, son épouse aux versements. Il participe à de nombreuses cérémonies, en souvenir des « morts de l'Action française » en juin 1925 ou pour l’anniversaire du décès du prétendant au trône de France, le duc d'Orléans, en mars 1927. Il est présenté, en avril 1928, comme membre, avec son frère André, de la section de Saint-Maur-des-Fossés de l’Action française.

Il divorce de nouveau en juillet 1930, et se remarie en mars 1932, toujours dans le 18e arrondissement, avec Germaine Marguerite Auboin. Il est devenu architecte en 1926, membre de la Société française des architectes. En 1930, il est chargé de construire le casino de La Rochelle (Charente-Maritime). En 1934, il supervise un chantier d’adduction d’eau à Vierzy (Aisne).

Le casino de La Rochelle

Raoul Biscaldi meurt le 18 juin 1936 à Clichy. Il était alors domicilié rue André-Gill à Paris (18e arr.). Âgé de 45 ans, il était titulaire de la Croix de guerre et de la médaille interalliée. Il a eu un enfant, qu’il n’a semble-t-il élevé que pendant une très courte période.

Son fils, Jacques Biscaldi (1916-2013), né de son premier mariage, a été résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. Il est reconnu comme ayant participé aux Forces françaises combattantes et aux Forces françaises de l’intérieur, en étant intégré au réseau CDM (Camouflage du matériel). Lieutenant, il dirige pendant la guerre d’Algérie la section administrative spécialisée de Laperrine (act. Tamanrasset). L’unité est chargée de « pacifier » le secteur, et de fournir assistance scolaire, sociale et médicale aux populations rurales musulmanes afin de les gagner à la cause de la France. Il est capitaine à la fin de sa carrière et décoré comme officier de la Légion d’honneur.

Almanach 1922 de l'Action française

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 00:01

Amédée Antoine Biscaldi naît le 9 octobre 1888 à Senlis (Oise). Il est le fils d’Ernestine Marie Zorra et de son mari Louis Biscaldi, marchand tailleur. Ses parents sont natifs du Piémont et alors de nationalité italienne. Ils obtiennent, en février 1894, la nationalité française pour eux-mêmes et pour leurs cinq enfants vivants.

Comme son père, Amédée Biscaldi est coupeur tailleur. Il vit à Paris (14e arr.), rue de Vanves en 1908. L’année suivante, son père cédera sa boutique de Senlis à un associé et viendra se réinstaller à Paris (7e arr.), boulevard Saint-Germain.

Peu après son installation Amédée Biscaldi s’engage dans l’action politique. Âgé de 18 ans, Amédée Biscaldi est secrétaire général de la ligue de la Rose Blanche, mouvement qui se présente comme une « ligue de Jeunesse catholique et patriote ». Il est présidé par Achille Joinard. Il est de tendance royaliste et antimaçonnique. Très active à partir de 1906, la ligue organise des cérémonies patriotiques, déposant des gerbes de roses blanches ou de lys devant des statues de Jeanne d'Arc à Paris, place des Pyramides, place Saint-Augustin ou au Panthéon. Un novembre 1907, à l’invitation de la section du 15e arrondissement de Paris, Amédée Biscaldi donne une conférence sur le thème « Les Jeunesses révolutionnaires et les Jeunesses d'opposition ». À cette occasion, en conformité avec la ligne de la ligue, il invite « les membres des groupes d'opposition », c’est-à-dire les antirépublicains et ceux qui contestent la séparation, en 1905, de l’église et de l’État.

Biscaldi s’engage, dans les Camelots du Roi, service d’ordre et mouvement de jeunesse du groupe royaliste Action française, dont Charles Maurras est l’inspirateur. En mai 1909, il est arrêté avec 16 autres camelots, au sortir du banquet royaliste de la Saint-Philippe donné à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) pour avoir crié « 'Vive le Roi I ». Il est relâché le jour-même. La proximité de Biscaldi avec certains des dirigeants est remarquée par la presse du mouvement, notamment Maurice Pujo. Il part au service militaire en octobre 1909, en même temps qu’un autre responsable, Maxime Real del Sarte ; une manifestation est organisée vers la gare de l’Est pour accompagner ce dernier.

Arrestation d'un camelot du roi à Paris, le 9 mai 1909, Wikipédia

Mobilisé au 1er régiment de génie, il est renvoyé à la vie civile en octobre 1911. Il se marie. Il est rappelé lors du déclenchement de la première guerre mondiale en tant que sapeur-mineur dans son unité.

Frappé d'un éclat d'obus à la cuisse, Amédée Biscaldi meurt le 30 septembre 1915 au cours des combats de Champagne entre les armées alliées et l’Allemagne. Il a été inhumé dans le cimetière de Minaucourt (Marne).

La veille de l’offensive, il envoie à sa femme et à ses parents une lettre, qu’ils transmettent au journal Action française. Elle est publiée le 14 octobre 1915 : « Je vous ai déjà dit quel était l'enthousiasme de tous ; c'est vous dire que, si je tombe, vous pourrez être fiers de votre fils, et toi, rna chère femme, de ton mari. Il m'est agréable et doux de vous remercier et de savoir que vos cœurs battent avec le mien en ces circonstances décisives. Regrettez-moi, mais ne me pleurez pas encore. Après la victoire définitive, après que, grâce aux efforts de ceux qui marcheront sur nos traces, l'ennemi sera pour longtemps réduit à l'impuissance, il sera temps de pleurer ceux qui ne sont plus. En ce moment, ne pensons tous qu'à la France ! Donc, chers parents, à Dieu ! Je prierai pour vous, lorsque le Tout-Puissant m'aura accueilli dans son lieu de repos éternel. Merci encore de vos bontés et que Dieu vous bénisse ! »

Le souvenir d’Amédée Biscaldi sera cultivé dans la famille, mais également au sein de la section du 14e arrondissement du mouvement Action française et dans la ville de Senlis ou dans la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin de Paris.

Les combats à Mauricourt pendant la première guerre mondiale, Wikipédia

 

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