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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 00:09

En grève depuis le 19 janvier 1910, 240 employés de l’usine métallurgique Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne) n’ont pas repris le travail fin mars. La direction, qui a tenté de faire appel à une organisation de non-grévistes, le syndicat des jaunes, a dû y renoncer. Mais la tension ne baisse pas pour autant. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 12 avril, Gaspard Ingweiller, dirigeant de l’Union des métaux de la Seine (Cgt) et chef du mouvement lancé à Joinville, est arrêté après une course poursuite. Il se rendait à la gare de Joinville pour y prendre le train pour Paris. Au moment où il pénètre dans la salle de distribution des billets, il y reconnaît quelques inspecteurs de police en civil. Il sort alors, et veut prendre le tramway qui rejoignait la porte de Vincennes, mais un policier à bicyclette lui barre le passage. Ingweiller tenta alors de se perdre dans le bois de Vincennes, mais un autre agent en civil se mit à sa poursuite et l'arrêta. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail.

Six autres personnes sont inculpées le même jour, pour entraves à la liberté du travail et violences, mais sans être mises en prison. Mais six autres grévistes du Bi-Métal avaient comparaissaient, le même 12 avril, devant le tribunal correctionnel, pour entrave à la liberté du travail, outrages aux agents et port d'arme prohibée ; le 27 mars, ils avaient attaqué à coups de pierres el de bâtons des travailleurs non-grévistes. L’un d’entre eux est aussi condamné pour infraction à la loi sur les étrangers : François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; un autre membre de la famille, arrivée à Joinville en 1901, Jean, considéré comme « ayant agi sans discernement », est acquitté ; un troisième Lucchi, Jacques, sera dans les années 1920 dirigeant des jeunesses communistes et responsable du club sportif ouvrier de Saint-Maur Joinville.

Les autres condamnés sont Elipoura (deux mois de prison) ; Bluche et Florence (trois mois chacun). Une femme fait également partie du groupe, Catherine Thomé, envoyée derrière les barreaux pour quinze jours.

Ø      Pour en savoir plus : Le Petit Parisien, L’Humanité et La Croix, numéros d’avril 1910.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier7.jpg

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 00:06

Depuis le 19 janvier 1910, les quelques 240 employés de l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne) est en grève. De plus, l’usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques, est sous les eaux au cours de l’inondation historique qui recouvre tous les terrains bas pendant tout le mois de février.

Début mars, la Marne s’est retirée. La direction se mit en devoir de procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une équipe de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice.

Changement de tactique alors parmi les syndicalistes des métaux. Jeudi 24 mars, il vient cinquante jaunes, ou prétendus tels. Afflux de chômeurs attirés par l’espoir d’un travail ? Peut-être, mais il y a sans doute également, selon le quotidien libéral Le Journal des débats, de pseudo-jaunes se seraient glissés dans l’équipe, pour discréditer l’organisation des anti-grévistes et prouver que, selon le mot de L’Humanité « La jaunisse coûte cher. »

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol.

La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers.

Ø      Pour en savoir plus : L’Humanité, La Croix et Le Journal des débats, numéros de mars 1910.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier6.jpg

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 00:04

François Joseph Benoit (vers 1750-1802), perruquier, secrétaire-greffier de La Branche du Pont de Saint-Maur.

François Joseph Benoit, naît en 1750 ou 1751 à Namur, alors dans les Pays-Bas autrichiens, aujourd’hui en Belgique. Il épouse Marie Anne Destouches. François Joseph Benoit exerce la profession de perruquier à La Branche du Pont de Saint-Maur où il réside rue du Pont. Ils ont sans doute eu des enfants (Charles Hubert et François).

Benoit participe à la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur constituée en l’an II (4 avril 1793). En tant que secrétaire-greffier, il est membre du conseil municipal, exécutif de la commune.

Le village, qui avait 409 habitants au recensement de 1794, a une administration composée de 5 membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de 6 personnes formant le conseil municipal, autour du maire. Pendant le mandat de François Joseph Benoit, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy.

François Joseph Benoit meurt le 13 ventôse an X (5/03/1802) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il était âgé de 52 ans. Son décès est déclaré par ses beaux-frères Pierre Antoine Louis Destouches, 54 ans et Jean Antoine Louis Destouches, 38 ans. Tous les deux ont siégé ou siègeront à l’assemblée communale.

Sa veuve, Marie Anne, meurt trois mois plus tard, le 16 prairial an X (5/06/1802). Elle était âgée de 49 ans.

Un autre Benoit, Louis Eugène Théodore, sera membre du conseil municipal en 1834 ; il s’agit sans doute d’un fils de Charles Hubert Benoit (vers 1782-1824), qui est probablement le fils de François Joseph Benoit. Charles Hubert Benoit avait pris la succession de François Joseph Benoit en tant que perruquier (il l’est en l’an X), avant de devenir aubergiste (profession mentionnée à son décès).

Sources : Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections).

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

La signature de François Joseph Benoit sur un document d'archive

Benoit-Francois-Joseph.png

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 00:02

 

Nicolas Bauche (1734-1813 ?), abbé, franc-maçon, secrétaire-greffier de La Branche du Pont de Saint-Maur.

La date de sa naissance n’est pas connue, mais il a 57 ans en octobre 1791 et serait donc né en 1734.

Nicolas Bauche devint prêtre et rejoignit la congrégation des Minimes du bois de Vincennes. Il s’engage dans la Franc-maçonnerie et s’associe à la loge l’Heureuse réunion, issue de la fusion en 1775 de l'Ancienne de Saint-Jean et de la Vertu triomphante. Plusieurs ecclésiastiques en sont membres ; elle s’intéresse particulièrement au monde des arts. Étienne Poisson des Londes, maréchal des camps et armées du Roi et ingénieur en chef à Lille, en est le premier responsable.

En 1785, l’abbé Bauche participe au convent des Philalèthes qui se tient à Paris à partir du 19 février. Convoqué par la loge des Amis réunis, l’objectif du convent, qui aura une seconde session en 1787, était de réunir tous les régimes maçonniques alors en usage pour les unifier. Bauche donne lecture d’un mémoire le 14 avril.

En 1791, l'abbé Bauche est appelé pour devenir aumônier de la garde nationale basée à La Branche du Pont de Saint-Maur, alors que les congrégations vont être dissoutes et que les couvents sont dispersés. La garde nationale du village est forte de 120 hommes, placés sous l’autorité du commandant Yvon, et elle est notamment chargée de défendre le pont de Saint-Maur (qui s’appelle désormais pont de Joinville).

Nicolas Bauche va jouer un rôle important dans la naissance de cette commune, créée en 1790 et rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831. Bien que les habitants relèvent toujours de la paroisse de Saint-Nicolas de Saint-Maur, dont le hameau du Pont s’est séparé, l'abbé Bauche fait réparer la chapelle Saint-Léonard, qui était en fort mauvais état. Il y célèbre plusieurs messes solennelles. Il honore la mémoire du comte Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, mort le 2 avril 1791, dont le frère, dit Mirabeau-Tonneau, habite le château de Polangis.

Toujours en 1791, l'abbé Bauche dit une messe le dimanche 27 septembre pour fêter l’adoption de la Constitution du 3 septembre 1791, premier texte fondamental écrit en France, qui inclut la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.

Le 21 septembre 1791, c’est le père Bauche qui assure la publication de l’acte constitutionnel en tant que secrétaire-greffier de la commune. Dans les autres communes, c’est généralement le maire qui se charge de cette tâche. Le secrétaire-greffier élu en 1790 pour l’année 1791 était Nicolas Spycket, carrier ; Nicolas Bauche semble l’avoir remplacé au moins pour cette occasion. À ce titre, il fait partie du conseil municipal, exécutif de la commune.

Selon l’historien Émile Galtier « La cérémonie commence à 10h à la chapelle Saint Léonard où une messe est célébrée. Elle se poursuit avec un cortège de jeunes filles habillées en blanc vers la maison commune. Le père Bauche, aumônier de la garde nationale, secrétaire-greffier, fait la publication de l’acte constitutionnel c’est lui qui assure (à Saint Maur, c’est le maire). Puis, un Te Deum est chanté dans la chapelle. Le soir, un brandon est allumé au milieu du pont, où l’on danse jusqu’au milieu de la nuit. »

Malgré les réparations faites en 1792, la chapelle Saint-Léonard, datant du 13e siècle, continue de se dégrader. Après une évaluation des dangers qu’elle fait courir, l’administration des domaines adjuge le 6 mai 1804 la démolition pour 335 francs. Il faudra attendre 1860 pour que la commune dispose d’un nouveau lieu de culte catholique et soit érigée en paroisse.

Nicolas Bauche ne figure pas parmi les 423 habitants recensés dans la commune en 1802.

La date de son décès n’est pas connue. Peut-être s’agit-il de Nicolas Bauche, mort le 3 février 1813 à Paris (8e arr.). Il aurait eu alors 79 ans.

Sources : Georges Naudet, L'histoire de Fontenay-sous-Bois, Éditions Jean Naudet, 1980 ; Anonyme : La Franc-maçonnerie dans l'État, H. Gomeare, Bruxelles, 1859 ; Charles Porset : Les philalèthes et les convents de Paris: une politique de la folie, H. Champion, Paris, 1996 ; Jean Marie Lazare Caubet : La franc-maçonnerie: lettre à Mgr l'évêque d'Orléans, Aux Bureaux du Monde maçonnique, 1875 ; Alexandre de Saint-Léger : Histoire de Lille des origines à 1789, Ém. Raoust, Lille, 1942 ; Conseil général de la Seine : Saint Maur des Fossés, notice historique, Montévrain, Paris, 1905 ; Émile Galtier, Histoire de Saint Maur, E. Champion Paris, 1923 ; Georges Bousquié : Histoire de Joinville-le-Pont (XII, XIII et XIV) - La chapelle Saint-Léonard in Le Vieux Saint-Maur (n° 12, 1952, p. 189-191 ; n° 13, 1952, p. 199-202 ; n° 14, 1953, p. 216-219) ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements).

{C}

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

 

La signature de l'abbé Bauche sur un document d'archive

Bauche_1791.jpg

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 00:02

Antoine Baron (1776 - ?), notable de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Antoine naît le 6 octobre 1776 et est baptisé le 9 du même mois à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Il est le fils de Jean Philippe Baron et de Marie Anne Ambelouis, son épouse.

Antoine Baron est membre de la municipalité élue en fructidor an IX à La Branche du Pont de Saint-Maur en tant que notable. Il est mentionné comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert sans doute dans l’armée ou dans un autre organisme d’intérêt collectif. Le maire est Laurent Pinson (1755 – 1814).

Il n’est pas recensé dans la commune en thermidor an X ni ultérieurement. La date de décès d’Antoine Baron n’est pas connue.

Sources : Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements).

Mis à jour en septembre 2014

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 00:01

Claude Pierre Aubert naît vers 1733 ou 1735. Il épouse Geneviève Poirier, d’une vingtaine d’années sa cadette ; ils auront six enfants. La famille réside rue Saint-Maur à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune constituée en 1790 qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Pierre Aubert exerce la profession de journalier (ouvrier ou artisan travaillant à la tâche, en général dans l’agriculture ou le transport de marchandise).

Aubert participe en tant que notable à la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur constituée en l’an 2 (4 avril 1793).

La commune, qui avait 409 habitants en l’an 3, a une administration composée de 5 membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de 6 personnes formant le conseil municipal exécutif, autour du maire. Pendant le mandat de Pierre Aubert, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy (22 pluviôse an 2 - 10/02/1794).

À partir du 4 frimaire an 3 (23/11/1794), Aubert est signalé comme exerçant la fonction d’agent national, qui était précédemment celle de Jean Guigneré.

L’agent national est instauré le 28 brumaire an 2 (18/11/1793) par Jacques Nicolas Billaud-Varenne au nom du Comité de salut public. Il représente le gouvernement révolutionnaire auprès de la commune, en remplacement du procureur.

Suivant l'article 14 du décret du 4 frimaire an II, l’agent national est « chargé de requérir et de poursuivre l'exécution des lois, ainsi que de dénoncer les négligences apportées dans cette exécution, et les infractions qui pourraient se commettre ». Il doit parcourir son territoire, pour surveiller et s'assurer que les lois sont exactement exécutées. Il a une fonction de contrôle aussi bien des autorités constituées que des particuliers. Après la chute de Robespierre le 9 thermidor an 2 (27/07/1794), les agents nationaux sont supprimés le 28 germinal an 3 (17/04/1795).

Un certain « Charles Aubert » est mentionné comme notable, membre de la municipalité élue en fructidor an 9 (août 1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il est noté comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert dans l’armée ou a été envoyé en mission. Il s’agit vraisemblablement de Pierre Aubert, seul de son nom (avec sa fille) à être recensé en l’an 10 dans la commune.

Pierre Aubert meurt le 10 avril 1807 à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il avait 72 ou 74 ans. Son décès est déclaré par son neveu Jean Mathurin Lemaire, 36 ans, marchand épicier, qui deviendra huit années plus tard maire de la commune, et par Edme Lheureux, 38 ans, journalier, fils d’un ancien maire, Nicolas Lheureux, et neveu d’un autre ancien maire, Edme Lheureux.

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

Jacques Nicolas Billaud-Varenne, dit « le Tigre » (1753-1819), créateur des agents nationaux

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 00:01

Au début de l’année 1910, la commune de Joinville-le-Pont (Val de Marne) n’est pas encore sous les eaux : l’inondation historique de la Marne et de la Seine débutera à la fin du mois de janvier. L’actualité dans la ville est sociale.

Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux.

« Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

« Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. Un de ces malpropres individus, marchand de vins à Joinville, ayant eu vent des dispositions préventives, se fit accompagner par deux agents qui le conduisirent à l'usine. Dans la région, toute la population se figura que c'était un pillard pris en flagrant délit, que nos excellents policiers conduisaient au violon. Il paraîtrait même que son fonds à la suite de cet incident, perdrait de sa valeur.

« Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, par suite de l'excellence de la méthode adoptée, la grève se poursuit d'une façon unanime dans les quatre usines en lutte. Un gendarme ayant voulu s'emparer d'un superbe nerf de bœuf qu'un métallurgiste tenait à la main, ce dernier lui fit observer que, se trouvant en grève, il ne possédait que cet instrument de travail, le seul propre à mettre en pression la machine à frictionner qui avait fonctionné à merveille dans la journée.

« En résumé, situation excellente au point de vue de la résistance. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Ø      Pour en savoir plus : L'Humanité, 3 et 9 février 1905 et Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (dir. Jean Maitron).

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 00:04

Charles Félix Ambelouis naît en 1739 ; il est fils d’Antoine Ambelouis et Marie Anne Gérard. Il épouse Marie Rémy (décédée en l’an VII [1800]) avec laquelle il aura au moins trois enfants : Jean Louis, charpentier, né en 1772, Charles Victor, né en 1775 et Charles Gaspard, garde-chasse à Fontenay-sous-Bois. Il exerce la profession de garde forestier et garde champêtre.

En tant que notable, Félix Ambelouis est membre, de la municipalité élue en fructidor an IX (août 1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il est mentionné comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert peut-être dans une institution d’État. Le maire est Laurent Pinson (1755–1814).

Charles Félix Ambelouis devient ensuite garde de la porte de la Porte de Fontenay à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne). Il y meurt le 27 août 1825, à l’âge de 86 ans.

La Branche du Pont de Saint-Maur, 1810, Base Mérimée

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 00:05

Jean Acher (1752-1837), épicier puis marchand de bois, procureur, agent municipal et maire de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Jean, Justin, Joseph Acher naît à Sainte-Colombe (Aude) le 10 août 1752. Il se marie à Paris en 1792 avec Louise Geneviève Mathieu, décédée chez elle le 16 octobre 1820. Ils auront au moins trois enfants : Alphonse, Françoise et Joseph.

Jean Acher est présenté comme marchand épicier à partir de 1790. En l’an IX, il est marchand de bois. Sur la fin de sa vie, il est désigné comme propriétaire et rentier. Il réside en 1836 au lieu-dit La Tourelle, à Joinville-le-Pont.

Pendant la révolution française, Jean Acher va figurer dans les municipalités de La Branche du Pont de Saint-Maur, commune fondée en 1790 par scission de la paroisse de Saint-Maur. Il y joue un rôle important. Il figure, en tant que procureur de la commune, dans le premier exécutif mené par le maire Edme Lheureux, marchand de bois, qui est en place en septembre 1790. Le 11 octobre 1790, Jean Acher est un des neuf citoyens élus par l’assemblée primaire du canton de Vincennes (860 inscrits) pour la représenter au sein de l’assemblée électorale de Paris pour un an. Pour être choisi comme électeur, à raison de un par cent citoyens actifs, il fallait payer en impôts au minimum la valeur de dix journées de travail.

Le 30 mars 1791, Jean Acher intervient devant l’assemblée électorale de Paris sur la nécessité de mettre la commune en état de se défendre, et souligne l’importance stratégique du site. Dans des courriers, la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur explique que c’est la sauvegarde du pont qui est une des raisons de sa séparation d’avec Saint-Maur.

Il s’adresse le 19 décembre 1791 au comité d’instruction publique de l’Assemblée nationale, qui est chargé de préparer une loi sur les gardes nationales. Il propose un projet d’organisation et de récompenses ; selon son système, tous les citoyens devraient s’inscrire dans les gardes nationales le jour de la fête de la Fédération de l’année de leurs dix-huit ans. Ils devraient ensuite effectuer régulièrement des périodes d’entraînement. Chaque année, l’état-major de la garde nationale à laquelle ils appartiennent devrait leur délivrer un certificat de bonne conduite, certifié par la municipalité. À l’âge de quarante ans, s’ils peuvent produire au moins vingt certificats, ils obtiendraient le titre de « chevalier français » et seraient décorés d’un gland d’or.

C’est sans doute lui qui est le sieur Acher présentant, le 24 avril 1792, une pétition à l'Assemblée législative « tendant à faire cesser l'agiotage, à rétablir la circulation du numéraire, par conséquent à remettre toutes les denrées sur l'ancien pied, et à rendre l'activité à l'industrie et au commerce ». L'Assemblée renvoie cette question au Comité de l'ordinaire des finances.

Quatre personnes domiciliées à La Branche du Pont de Saint-Maur achètent des biens nationaux mis en vente pendant la Révolution française ; une surface totale de 12 arpents et 50 perches est proposée, soit environ 7 ha. Jean Acher est celui qui acquiert la surface la plus importante, à savoir 4 arpents (2 ha), pour un montant inconnu. Deux notables figurent parmi les autres acquéreurs : Jacques Roch Vingdlet, carrier (3 arpents et 75 perches pour 7 livres) et Edme Lheureux, voiturier (1 arpent et 75 perches pour 27 livres) ; le quatrième est un autre voiturier, Louis Huardeau, (3 arpents, 4 livres).

Acher reste procureur en 1792 avec Jean-Charles Contour en tant que maire. On ne connaît pas son rôle pendant les municipalités conduites par Nicolas Lheureux (1793) et Charles-Laurent Parvy (an II). Jean Acher figure dans la municipalité de canton constituée après la suppression des instances communales en l’an IV.

En l’an V comme les deux années suivantes, Jean Acher est agent municipal, c’est-à-dire qu’il est le principal fonctionnaire dans la commune. Lors du rétablissement des assemblées communales en l’an VIII (1800), Jean Acher est désigné comme « faisant provisoirement fonction de maire, maire provisoire. »

On retrouve son nom, toujours comme procureur, dans la municipalité rétablie en l’an VIII, conduite par Laurent Pinson, marchand de bois scié.

Acher siège en tant que notable dans la municipalité élue en fructidor an IX.

Jean Acher meurt le 23 janvier 1837 à Joinville-le-Pont, nouveau nom de la commune adopté en 1831. Il était âgé de 84 ans. Il vivait avec son fils Alphonse, sa bru Émilie et était présenté comme propriétaire. Son décès est déclaré par ledit fils et Jean-Marie Molette, chef d’institution, c’est-à-dire directeur d’une école privée.

Alphonse Acher (vers 1785-1844) sera adjoint au maire de La Branche du Pont de Saint-Maur en 1830 puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1843.

Sources : Almanach général du département de Paris pour l'année 1791, impr. de Devaux, 1791 ; Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Archives nationales, D VI 1, n 1bis. Ed. ; Archives parlementaires, t. XLII, p. 324 ; Etienne Charavay Assemblée électorale de Paris, Maison Quantin, Charles Noblet, Paris, 1890-1894 ; Georges Saouter, in La Révolution française dans le Val de Marne (dir. Michel Balard et Alain Croix), Clio 94, 1989 ; Le Vieux Saint Maur, n° 1, 2ème série, 6ème année, 1929 ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements) ; Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; Arch. nationales (D/IV/51, F/14/14098, T//1493/6) ; Almanach national, d’Houry, Paris, 1791.

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

La signature de Jean Acher sur un document d'archive

Acher Jean

Maires de La Branche du Pont de Saint-Maur

Prédécesseur

Maire

Successeur

Charles-Laurent Parvy

Jean Acher

Laurent Pinson

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 00:06

Le blog Polmorésie commence, en avril 2013, la publication d’un « Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont ». Le début de ce travail s’intitule « Première période (1790-1815) – les municipalités de la Révolution et de l’empire ». Il va s’intéresser à la commune de La Branche du Pont de Saint-Maur, fondée en 1790 et qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831.

Au cours de la période considérée, 31 personnes exerçant une fonction municipale, élective ou suite à une désignation, ont été identifiées. Les données sont lacunaires pour l’année 1792 et pour la période de la fin de l’empire, de 1808 à 1815. Une notice sur chacun des 31 responsables locaux identifiés sera publiée, à raison d’une chaque semaine, dans l’ordre alphabétique.

Liste des municipalités de La Branche du Pont de Saint-Maur entre 1790 et 1815

Type de municipalité

Date

Titulaire et fonction  

Municipalité de facto élue

Février 1790

Edme Lheureux, maire de facto

Municipalité élue

Novembre 1790

Edme Lheureux, maire

Municipalité élue

Novembre 1791

Jean-Charles Contour, maire

Municipalité élue

Novembre 1792

Nicolas Lheureux, maire

Municipalité élue

4 avril 1793

Nicolas Lheureux, maire

Remplacé par Charles-Laurent Parvy, maire (8 mai 1793)

Municipalité cantonale

An III (début 1795)

Jean Acher, agent municipal

Municipalité cantonale

An VII

Fournier, agent municipal

Municipalité cantonale

An VII

Jean Acher, agent municipal

Municipalité provisoire

An VIII (avril 1800)

Jean Acher, faisant fonction de maire

Municipalité nommée

An VIII (mai-juin 1800)

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

Fructidor an IX

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

1808

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

1813

Laurent Pinson, maire (décès le 27/12/1814)

Remplacé par Jean Mathurin Lemaire, maire (mars 1815)

Municipalité élue

mai 1815 (empire)

Jean Mathurin Lemaire, maire

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

S’agissant de travaux historiques qui se poursuivent, les notices peuvent être sujettes à des corrections ou ajouts. Tous les commentaires sont les bienvenus.

Carte de 1770, base Mérimée

1770.jpg

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