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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Rey

Les premières attestations de l’engagement politique de Louis Rey remontent à 1880. Il est alors âgé de 33 ans. Il fait partie du comité de soutien à Désiré Barodet, ancien maire de Lyon, devenue député de la Seine, libre-penseur, franc-maçon et promoteur de l’instruction publique laïque et gratuite.

En octobre 1885, les élections législatives ont lieu au scrutin de liste majoritaire à deux tours dans le cadre départemental, contrairement aux échéances précédentes et futures, où le vote a lieu dans le cadre de circonscription. Le département de la Seine doit pourvoir 38 sièges. Les journaux et regroupements politiques présentent leurs listes de candidats.

Pour préparer ce vote, en septembre, le comité Jean, représentant le commerce, l'industrie et le travail fusionne avec le comité Lacoste-Révillon intitulé Comité central industriel et commercial. Le premier comité est soutenu par la chambre syndicale des débitants de vin de la Seine et par Rey. La nouvelle entité, baptisée comité central républicain, économique, industriel et commercial, s’appuie sur le Gaudissart, journal des voyageurs de commerce. Elle publie une liste des candidats qu’elle soutient, avec à sa tête Guichard, conseiller municipal de la Villette; Buisson, ancien chef de bataillon d'infanterie de marine, candidat de la défense nationale. Rey y figure en 30e position. Les candidats de tendance radicale arrivent en tête dans le devis-programme, mais sont devancés par les républicains opportunistes et modérés au plan national.

Une polémique oppose, en janvier 1889, Louis Bonnet, fondateur de La Ligue auvergnate et du Massif central et éditeur de L'Auvergnat de Paris, à Louis Rey, alors qu’une élection législative partielle est prévue à la fin du mois. Une grande partie des marchands de vins est originaire du Cantal et du Puy-de-Dôme. Louis Bonnet attaque ainsi : « Un M. Rey, qui était entré comme garçon de bureau au syndicat du quai des Célestins, et qui, profitant d’une période de désarroi, s’était improvisé chimiste, se mit dans la tête qu'il n’était nul besoin de grammaire ni d’orthographe pour faire du journalisme, et il prit en mains la direction du Bulletin commercial. M. Rey ne se contenta pas de faire un journal sans orthographe et sans grammaire ; il voulut se créer une tribune du haut de laquelle il prêcherait ses doctrines et lancerait ses anathèmes et d’où il ne descendrait que pour la quête. M. Rey écorche toujours la langue française, mais il se croit devenu puissance. Aujourd’hui, il ne consulte plus ni commission de rédaction, ni conseil du syndicat; il va de l’avant, fait de la politique dans un journal où l’on n’en devrait faire qu’après mûre réflexion et lance tout une corporation dans une aventure électorale d'où elle ne retirerait, si elle écoutait M. Rey, que des déboires et de la déconsidération. »

Bonnet reproche en particulier à Rey de soutenir Charles Floquet (organisateur de la défense de Paris pendant le siège de 1870-1871) contre le général Boulanger (leader populiste), alors que Bonnet reproche au premier sa désinvolture face aux syndicats de marchands de vins et qu’il voit avec bienveillance le second. Il concluait « Il n'y a que les chiens qui lèchent la main qui les frappe » et dénonçait l’attitude de Rey qui continuerait « à cirer les bottes de l’autocrate Floquet ». Il défendait également le responsable du laboratoire municipal d’analyse, ennemi de Rey. Et il critiquait le fait que ce dernier soit franc-maçon.

Louis Rey répondit qu’il « détend la République » avec, croit-il, les « applaudissements de la corporation tout entière » et « de la majorité des Auvergnats républicains », relevant que Bonnet traitait les membres de son syndicat de « chiens. »

Poursuivant ses attaques, Bonnet précise : « c’est Rey que je traitais de chien. Jadis socialiste à tout crin, M. Rey, à mesure que son rond-de-cuir se rembourrait, est devenu radical-socialiste puis radical tout court, enfin parlementaire et réactionnaire. (…) M. Rey manque d’orthographe, de syntaxe, de politesse et de véracité, mais il n’est pas inintelligent… »

Protestant, le 18 janvier, contre l’envoi d’une délégation de marchands de vin au candidat Boulanger, Rey affirme que la plupart des débitants de vin ont répudié la candidature du populiste, théoriquement républicain mais soutenu notamment par des bonapartistes et traite La Ligue, publication de l’association, d’organe boulangiste.

Le 21 janvier, Louis Rey et Louis Bonnet s’affrontent dans un duel à l'épée au Bois de Boulogne à Paris (16e arr.), provoqué par le premier qui s’estimait offensé. À la quatrième reprise, Rey a été atteint d'une blessure d'environ quatre centimètres de profondeur à la main droite et le combat a cessé. Il se réconforte le lendemain lors d’un lunch organisé au siège de la chambre syndicale des débitants de vin, qui est aussi son domicile, 22, quai des Célestins à Paris. Boulanger fut élu député de Paris par 244 070 voix, contre Jacques, soutenu par les radicaux et républicains, qui en recueille 162 520.

Lors des élections municipales de mai 1890, Louis Rey est candidat du comité républicain radical dans le quartier de l'Arsenal de Paris (4e arr.) contre le sortant, Eugène de la Goublaye de Ménorval, boulangiste. Dans une réunion publique, le 21 avril, Louis Rey s’adresse à son concurrent : « il ne vous reste plus que la corde de Judas, la fin des traîtres ». Dans sa profession de foi, Louis Rey se déclare « partisan d'une république démocratique éclairée et libre », soutenant « le progrès, la perfection des lois et par elles l'amélioration de l'état social et de la République » qu’il veut défendre contre « n'importe quel César de droit divin, d'aventure ou de contrebande ». De Ménorval arrive en tête au premier trou, avec 34,6% des suffrages exprimés, Rey en obtenant 11,7%. Il se désiste en faveur du candidat conservateur Hervieu qui avait obtenu 26,7% et est élu au second tour. Rey, qui assure avoir été « candidat pour la lutte » et « à l'avant-garde de la démocratie », avait demandé à de Ménorval « d’aller rejoindre dans la fosse commune du boulangisme, les cadavres putréfiés de la honte nationale. »

Le centenaire de l’insurrection parisienne du 10 août 1792 est l’objet d’un banquet, organisé par Rey, pour commémorer la déposition du roi Louis XVI.

De nouveau candidat au scrutin municipal d’avril 1893, Rey obtient cette fois le soutien du Comité républicain radical socialiste, formé des trois Comités républicains de 1890. Il a le soutien de la Fédération républicaine socialiste de la Seine. Il est cependant devancé par le sortant, Hervieu (29,7%) avec 11,5% des suffrages exprimés. Il refuse de se désister en faveur d’un républicain socialiste (centre-droit) arrivé second avec 23,1%. Hervieu est réélu.

Lors des élections législatives de mai 1896 Rey constitue avec les radicaux un comité d’union républicaine du 4e arrondissement, qui fit élire Gabriel Deville, candidat collectiviste et ancien membre du parti ouvrier français de Jules Guesde.

Participant en 1897 aux activités de l'Union progressiste, groupe parlementaire anticlérical de centre-gauche, Louis Rey contribue à la rédaction d’un projet de loi de réforme de l'impôt foncier.

Signataire en novembre 1898 d’une protestation contre « les persécutions qui frappent le colonel Picquart », dans le quotidien L’Aurore qui défend le capitaine Dreyfus, il signe ainsi « L. Rey, directeur du Bulletin Vinicole, (ancien soldat au 1er zouaves de 1868 à 73, médaille coloniale, campagne contre l'Allemagne du 01/08/1870 au 01/02/1871, deux fois prisonnier, deux fois évadé. »

Défendant en 1902 la candidature de Gabriel Deville aux élections municipales de 1902, Rey est alors président du Comité radical-socialiste du 4e arrondissement de Paris. Il le soutient de nouveau aux élections législatives de 1903, où il est élu. Il mène de nouveau campagne pour les municipales d’avril 1904 dans son quartier parisien, où il se retrouve sur la même position que son ancien adversaire Louis Bonnet, en faveur de deux candidats radicaux.

À suivre

Le 22, quai des Célestins à Paris (4e) en 2019

 

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 00:01

Suite de la biographie de Louis Rey

En 1910, Louis Rey situait en 1873 le début de son activité journalistique ; il vivait alors encore au Cheylard, en Ardèche, et était cuisinier. Il collabore d’abord avec le quotidien parisien Le Voltaire, « journal républicain politique et mondain », lancé en 1878 par Émile Ménier pour remplacer Le Bien public.

Il est mentionné, en 1893, en tant que directeur du Bulletin vinicole dont le siège est à Paris (4e arr.), 32, quai des Célestins, à son domicile. Il y écrit sous le pseudonyme de « Noé ».

Dans ses articles, Rey prend la défense des marchands parisiens, contre le Laboratoire municipal, sa cible principale, contre les élus conservateurs mais également parfois contre les viticulteurs du midi. En 1895, par exemple, il défend le fait de mouiller le vin, c’est-à-dire d’y ajouter de l’eau, ce qu’un projet de loi, défendant les intérêts des producteurs du Languedoc, voudrait interdire.

Dans la presse nationale, Rey prend, sous son nom cette fois, position en qualité de directeur du Bulletin sur différents thèmes, comme en juin 1897 où il affirme la solidarité des débitants de Paris avec les grévistes qui forment la Verrerie ouvrière d’Albi.

Pour sa propre publicité, Louis Rey n’hésite pas à innover même en termes de moyens juridiques. Ainsi, il obtient par jugement la condamnation de la Ville de Paris à lui rembourser une somme de 201 francs pour des taxes votées en octobre 1898, puis annulées pour illégalité. Faute d’avoir reçu le remboursement, il demande par huissier, en octobre 1900, la saisie du fauteuil que M. Grébauval, président du conseil municipal (qui fait fonction de maire de Paris) à la veille de la session de l‘assemblée. Au-delà de la somme, relativement peu importante, qui le concerne, Rey veut sensibiliser au fait qu’il faut redonner à tous les ayants-droit un montant qu’il estime à plus de quatre millions de francs. En cela, il s’estime « utile aux Parisiens ». Pus d’une quinzaine de journaux parisiens ou de province rendent compte de cette péripétie, qui aboutit d’ailleurs à un arrangement avant que la saisie soit opérée.

Outre son journal, Rey publie un Annuaire et historique de la corporation des vins à Paris, ainsi qu’un Traité d’analyse des vins.

À partir de 1911, il tiendra une rubrique régulière dans un hebdomadaire, Voix des communes, parallèlement à son activité politique.

A suivre

Armand de Grébauval, président du conseil municipal de Paris (Wikipédia)

 

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 00:01

Étienne Gaubert naît le 21 août 1847 à Caraman (Haute-Garonne). Il est le fils de Jeanne Charles et de son mari Martial Gaubert, maçon.

En 1876, il est employé de la Compagnie des Mines de Courrières à Billy-Montigny (Pas-de-Calais). Il épouse octobre 1877 Maria Élise Douchy, repasseuse, native de la commune et fille d’une aubergiste. La commune sera, en 1906, l’une des plus touchée par la catastrophe de Courrières qui fit 1 099 morts le 10 mars 1906, dont 114 à Billy-Montigny.

Cependant, Étienne Gaubert réoriente rapidement son activité professionnelle. À partir de 1881, il est professeur à l'Ecole nationale de musique de Valenciennes (Nord). En 1895, il est le directeur de la fanfare d'Haspres, commune du département du Nord, à mi-chemin entre Cambrai et Valenciennes.

Selon l’Histoire résumée de la Fanfare d’Haspres (Haspresnews, 2014/06/23), « M. Gaubert prend la direction de la fanfare et ses grandes qualités de musiciens permettent aux musiciens d’obtenir des succès dans les concours de musique. Ils obtinrent même un premier prix au festival international d’Enghien-les-Bains en 1909 ». Enghien-les-Bains se situe en Seine-et-Oise (act. Val-d’Oise). La fanfare, fondée en 1876) comptait 30 exécutants en 1895 et 49 en 1909. Elle est toujours en activité au 21e siècle. La famille Gaubert s’est installée dans la commune minière, rue de Saulzoir.

Au début de la première guerre mondiale, une importante bataille a lieu à Haspres le 25 août 1914 après l’envahissement de la Belgique par les troupes impériales. Le village est occupé après la retraite de l’armée française. Étienne Gaubert et son épouse restent cependant dans le village, contrairement à leurs deux enfants qui vivent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), Pauline épouse Moreau et Paul. En mai 1915, le quotidien Le Matin publie une petite annonce : « Moreau Gaubert Joinville. Supplie amis dire à Gaubert Haspres se faire évacuer » Trois autres insertions le même mois leur demandent de venir à Joinville.

Cependant, Étienne Gaubert reste à Haspres jusqu’en avril 1917 à la mort de son épouse. Il est ensuite évacué, avec une douzaine d’autres personnes de la commune vers Annemasse (Haute-Savoie), ville proche de Genève. Haspres est restée sous occupation allemande jusque 1918.

Après-guerre, il réside chez sa fille à Joinville. Il y meurt le 6 mars 1919, à l’âge de 71 ans. Pauline Germaine épouse Moreau étant elle-même décédée le 20 février, on peut voir un lien entre les deux décès. Peut-être est-il « mort de chagrin », ou tous les deux ont-ils succombé aux privations liées au conflit récent ; il est également envisageable qu’ils aient été victimes de l’épidémie de grippe espagnole, qui avait atteint l’Europe fin 1918 mais restait encore mortelle au premier semestre 1919.

Décoré des Palmes académiques, Étienne Gaubert avait été fait officier d’académie en janvier 1890 et officier de l’instruction publique en janvier 1908.

Son fils Paul Gaubert (1881-1949), chef de bataillon dans l’infanterie, a été instructeur d’éducation physique notamment à l’école de gymnastique de Joinville. Il a été également directeur de fanfare et responsable d’une mutuelle. Franc-maçon, il a été candidat radical-socialiste aux élections municipales de Joinville (1935). Il était officier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de guerre, des Palmes académiques et du Mérite agricole.

 

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 00:01

Marcel Robert Gastal naît le 14 mars 1910 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Charlotte Léontine Guillon et de Casimir Paulin Gastal, mécanicien dans l’aviation militaire, militant et élu socialiste, responsable coopératif. Ils vivent dans le quartier de Polangis, avenue Pauline puis déménagent en 1912 à Vincennes, rue du Midi, et s’établissent en 1919 à Nanterre, rue du Bois et enfin rue Saint-Germain.

En 1931, Marcel Gastal est employé à l’Union des coopérateurs de Paris (UDC), dont son père est adhérent, comme secrétaire de la direction commerciale. La même année, il épouse, en octobre à Clamart Denise Albertine Pagès. Militant syndicaliste, il est chef de service à l’UDC en 1939. À ce moment, il vit à Paris (20e arr.), rue Alphonse-Penaud.

Après la deuxième guerre mondiale, Marcel Gastal devient directeur commercial de l’UDC en 1953 puis directeur en 1955. Il quitte cette fonction en 1961, pour devenir président-directeur général de la société coopérative nationale d'assurances La Sauvegarde, dont il présidait déjà le conseil d’administration depuis 1960. Il assume cette fonction jusqu’en 1975, date de sa retraite.

Parallèlement, Marcel Gastal était membre du comité exécutif central de la Fédération nationale des coopératives de consommation (FNCC) jusqu'en 1975. Il fut également président de l’Institut de prévoyance et de retraite des cadres et assimilés de la FNCC (IPRCA) et administrateur l’Union coopérative de Crédit ménager, de la SACM, de la Société des Hôtels Coop, de la Société coopérative d'équipement, de la Caisse interprofessionnelle du logement, de la CPAV, et de l’Association pour l'emploi des sociétés coopératives de consommation de la FNCC. Il avait, en 1953, été nommé membre du comité départemental des prix pour la Seine en tant que représentant des coopératives de consommation.

Intervenant régulièrement dans les congrès coopératifs, Marcel Gastal présenta, lors du 37e congrès de la FNCC à Cannes, en juin 1954, un rapport sur « Comment accroître la productivité du mouvement coopératif ». Il publia plusieurs articles, notamment dans Coopération, organe de la FNCC, ou la Revue des études coopératives, où il signait en 1955 un Hommage à Charles Fourier, précurseur de la Coopération.

Selon un avis transmis par le consulat général de France au Mexique, Marcel Gastal est mort le 6 décembre 1987 à un endroit indéterminé entre l’île de Cozumel (Yucatán) et la ville de San-José-Chiltepec (Oaxaca). Il était âgé de 77 ans.

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 00:01

Gaston Alfred Devulder naît le 9 janvier 1884 à Dunkerque (Nord). Il est le fils de Rosine, Martine Fidélie Menaert et de son époux, Alfred Charles Devulder, cabaretier.

Devenu instituteur et vivant à Estaires (Nord), Gaston Devulder s’engage dans Le Sillon, créé en 1894 par Paul Renaudin et dirigé par Marc Sangnier. Les cercles d'études catholiques intégrés dans ce mouvement permettent à des jeunes et des prêtres de discuter de religion et de société. Il vise à réconcilier les ouvriers et le christianisme. D’abord appuyé par l’épiscopat, Le Sillon est condamné pour « modernisme social » par le pape Pie X en 1905 et se dissout alors.

Devulder fait son service militaire dans l’infanterie entre 1905 et 1907. Après sa démobilisation, il épouse, en novembre 1907 à Dunkerque, Gabrielle Joséphine Dubuis, couturière, devenue orpheline de mère à un an et abandonnée par son père à ce moment-là.

Pendant la première guerre mondiale, Devulder est mobilisé dans l’infanterie. Il est grièvement blessé par éclat d’obus en février 1916 à Louvemont (Haute-Marne). Il est ensuite plusieurs fois hospitalisé et versé dans une section sanitaire à Limoges (Haute-Vienne), où il est promu caporal en avril 1918. Ses blessures de guerre lui vaudront une pension de 40% en 1925.

En 1931, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Joseph-Jougla, dans le quartier de Polangis. Gaston Devulder est devenu comptable.

Rattaché à la paroisse Saint-Anne de Joinville-le-Pont, Devulder côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.

Après la deuxième guerre mondiale, Gaston Devulder fait partie avec Suzanne Le Poder, Marcel Lagouche, Robert Gruet, Gaston Moutenot et Henri Melchior des militants de la section du Mouvement républicain populaire (MRP) de Joinville-le-Pont.

Gaston Devulder meurt le 30 mai 1949 Joinville. Il était âgé de 65 ans et avait eu un enfant, Jean (1911-1983), employé de banque, également soutien du journal chrétien social L’Aube en 1936.

 

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 00:01

André Georges Roger Cyrille Dunet naît le 5 décembre 1927 à Paris (12e arr.). Il est le fils de deux domestiques, Damir Odette Georgina Alliaume, qui vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) et Georges Marcel Auguste Dunet, résidant à Évreux (Eure).

En 1931, la famille s’installe dans le nouvelle cité de 385 logements installée dans le quartier de Palissy à Joinville, rue de l’Égalité, par la société d’Habitations à bon marché (HBM) de Montreuil. Georges Dunet est devenu cantonnier de la ville de Paris, tandis que Damir Dunet est employée de la société cinématographique Pathé, implantée dans le même quartier.

Selon sa notice nécrologique, publiée dans le magazine municipal de Joinville, André Dunet « partira à Paris peu avant la guerre. Homme d’engagements, il luttera contre les Allemands et, à la Libération, il rejoindra la Croix-Rouge. »

Après la deuxième guerre mondiale, André Dunet devient un responsable syndical, d’abord dans sa branche professionnelle, les Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT). Il est responsable de la fédération des PTT de la Confédération générale du travail (CGT) en 1962. En avril 1952, en tant que membre du Conseil économique, il fait partie d’une délégation française qui se rend à la Conférence économique internationale de Moscou. Le Conseil économique, ancêtre du Comité économique, social et environnemental, avait été ré par l’article 25 de la constitution du 13 octobre 1946 qui fondait la 4e République ; c’est un lieu de débat autour de la reconstruction et de la modernisation économique de la France.

En 1975, André Dunet est un collaborateur permanent du bureau confédéral de la CGT, attaché au secteur international, où il a en charge les relations avec « l’Europe non-socialiste », certaines organisations internationales (Organisation internationale du travail, Organisation des Nations-Unies, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture – FAO) ainsi qu’avec la Fédération syndicale mondiale (FSM), d’obédience communiste. Il est chargé du Bulletin de presse international.

En 1981 et jusqu’en 1990, André Dunet est secrétaire de la commission OIT de la CGT et siège régulièrement à Genève, ville-hôte de l’institution. Il intervient ainsi en 1987 au cours d’un d’une conférence pour examiner les suites de la Déclaration de l’OIT sur l’apartheid en Afrique du Sud. Pour le polémiste Jean Montaldo (La Maffia des syndicats, Albin-Michel, Paris, 1981) André Dunet est, en tant que délégué de la FSM un « agent de formation » de l’influence communiste au sein des syndicats et des organisations internationales.

En mars 1981, André Dunet est nommé membre du Comité économique et social des Communautés européennes, siégeant à Bruxelles, où il remplace Georges Croese. Il met en cause à plusieurs reprises l’orientation politique de l’Europe, faisant par exemple en 1987 une déclaration sur « Chômage, austérité, flexibilité, remise en cause des acquis sociaux ».

Il reprend la même critique en 1988 : « la commission européenne n’entend nullement modifier ses choix et orientations en matière sociale. La rigueur et l’austérité demeureront... » Il démissionne de sa fonction en mai 1988 et est remplacé par Joël Decaillon.

André Dunet s’était réinstallé à Joinville en 1973, dans une nouvelle résidence gérée par l’Office municipal d’habitations à loyers modérés (HLM). Il s’agit cependant d’un groupe de standing plus élevé, des immeubles à loyer normal, situé rue Hippolyte-Pinson, dans le centre-ville. Il crée l’amicale des locataires de la résidence, dont il assumera la présidence pendant 36 ans.

L’amicale est, comme plusieurs autres à Joinville, affiliée à la Confédération nationale du logement (CNL), structure proche du parti communiste. André Dunet apparaît comme le principal responsable de la CNL sur Joinville. C’est lui qui conduit les listes de la CNL lors des élections au conseil d’administration de l’OPHLM municipal entre 1983 et 2010. Sa liste, qui est souvent seule en lice, remporte généralement les trois sièges à pourvoir, sauf en 1992 où elle n’en a que deux avec 79% des suffrages exprimés. Dunet est constamment réélu administrateur.

En 1987, avec son colistier Georges Sicre, André Dunet s’oppose à la vente de logements HLM, souhaitée le conseil d'administration de l'office à l’instigation du maire, Pierre Aubry (divers droite). Le préfet lui donne raison en mai 1992, mais avant cette date, 150 appartements avaient été vendus.

Apparaissant régulièrement aux côtés des élus communistes de la ville, André Dunet participait également aux souscriptions lancées par le quotidien du PCF L’Humanité, par exemple en 1997, 1999 et 2006

André Dunet est mort le 17 octobre 2019 à Créteil (Val-de-Marne). Il était âgé de 91 ans et résidait toujours à Joinville-le-Pont.

 

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 00:01

Nicolas Raymond Arthur Martin naît le 6 décembre 1873 à Blécourt (Haute-Marne). Il est le de fils Marie Louise Grandjean, 39 ans, aubergiste et de son mari Claude Adolphe Martin, scieur de long.

Une hernie inguinale le dispense, en 1893, de faire son service militaire. Il est alors étudiant et réside à Malroy (Haute-Marne). Il séjourne deux ans plus tard à Moulins-Engilbert (Nièvre) puis revient en Haute-Marne, d’abord à Dammartin puis à Rachecourt-sur-Marne. Il y est instituteur et épouse, en septembre 1902 à Joinville (Haute-Marne) Maria Joséphine Renaut, fille de cultivateurs.

Après avoir vécu un an à Harricourt, il est en 1904 aux forges de Marnaval, à Saint-Dizier, toujours en Haute-Marne. à la fin de cette même année, il s’installe en région parisienne, d’abord à Paris (12e arr.) rue de Wattignies puis enfin, définitivement en novembre 1908, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il emménage au 28, rue de Paris et travaille depuis 1907 comme comptable dans la société cinématographique de Charles Pathé, qui s’est installée dans un an plus tôt dans les quartiers de Polangis et Palissy.

Pendant la première guerre mondiale, Raymond Martin est affecté à la 22e puis à la 24e section de Commis et ouvriers d'administration (COA) ; il est démobilisé en janvier 1919.

Après-guerre, jouissant d’un appui manifeste des dirigeants de la firme Pathé, Raymond Martin va s’engager de manière intense dans la vie sociale.

En 1927, il donne de cours de comptabilité à Joinville pour l’Association philotechnique, société d’éducation populaire. Il poursuit ses cours en 1937.

Délégué de la mutuelle du cinéma, Raymond Martin reçoit plusieurs récompenses à ce titre en 1930 et 1935. Il joue également un rôle dans la section de Joinville de la Mutualité scolaire de Paris.

Prenant en 1931 la succession de l’ancien maire de la commune, Stephen Durande Raymond Martin préside la Société symphonique de Joinville, qui avait été fondée en 1908. Il exerce toujours cette fonction fin 1935.

C’est également en avril 1931 que Raymond Martin est désigné par le préfet de la Seine en tant que membre du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de la commune de Joinville-le-Pont, qui vient d’être constitué. Comme à la Symphonie, il y côtoie Marcel Mayer, le directeur de l'usine Pathé.

Pour établir la liste électorale des élections prud’homales en 1932, Martin (probablement Raymond) est choisi au titre des employés, à côté de Penneret, patron, et Fusibet, ouvrier.

Enfin, lors de la création du vestiaire municipal en janvier 1936, Martin (sans doute Raymond) y contribue.

Les multiples engagements de Raymond Martin lui valent nombre de décorations. Il reçoit les Palmes académiques comme officier d’académie en 1931 puis officier de l’instruction publique en 1937. Il obtient la médaille de la mutualité en 1935 après une mention honorable en 1930. On lui attribue également la médaille de bronze de la prévoyance sociale, encore en 1937. Enfin, il est détenteur en janvier 1939 d’une médaille d’honneur du travail. Il est alors âgé de 66 ans.

Sa date et son lieu de décès ne sont pas connus.

Atelier de mécanique de l'usine Pathé-Nathan de Joinville

 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:01

Édouard Léon Martin naît le 22 avril 1878 à Villabé (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il est le fils de Léontine Louise Villéger et d’Édouard Olivier Martin, maçon son époux.

Ses parents décèdent avant sa majorité et Édouard Martin vit chez sa grand-mère à Essonnes (Seine-et-Oise, act. Essonne). Il devient employé de mairie et se marie, en décembre 1901 à Corbeil avec Catherine Léontine Greiner.

Ajourné à deux reprises pour sa faiblesse physique, il effectue un service militaire en 1902. Il s’installe ensuite à Paris (19e arr.), d’abord rue de Flandre puis rue de Nantes.

En 1909, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il vit dans le quartier de Polangis, avenue Bourguignon et ensuite avenue de l’Île.

Dans la commune, Édouard Martin devient vice-président de la Mutualité scolaire, une des principales structures sociales locales. Elle est alors présidée par Alphonse Depasse, dit Depasse-Laridan, fabricant de bonneterie et responsable d’organisations professionnelles.

Pendant la première guerre mondiale, qu’Édouard Martin débute dans les services auxiliaires, il est reclassé ensuite comme apte au service armé et rejoint le 34e régiment territorial d’infanterie en avril 1915. Il devient brigadier en septembre 1918.

Édouard Léon Martin meurt le 1er janvier 1919 à Bouillon (province de Luxembourg, Belgique), où il venait d’être admis dans l’ambulance 4/6. Il est déclaré mort des suites de maladie contractée en service et est inhumé dans l’ossuaire de Bouillon, tombe 1.

Le décès de Martin a été transcrit sur l’état-civil de Joinville en mars 1921. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune sous la forme : Martin E. Son fils René est « adopté par la Nation » en octobre 1919.

Le monument aux morts de Joinville-le-Pont

 

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 00:01

La Compagnie Générale de phonographes, cinématographe et appareils de précision (société Pathé-frères), dirigée par Charles Pathé et implantée à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) se lança dans la fabrication industrielle de films vierges en 1906 et créa les laboratoires de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) à cette fin, dans le quartier de Palissy.

Vernière est employé de la société, qui lui confie le soin de construire des habitations à bon marché sur un terrain dont elle est propriétaire, boulevard de Polangis. La coopérative à capital variable Union des Prévoyants de Polangis est mise en place en juin 1908. C’est, en France, une des premières institutions de ce type. Son siège est fixé chez Paul Alombert, commissaire vérificateur, rue Chapsal, à Joinville.

Vernière publie des affiches, informant les joinvillais sur le projet coopératif et sa finalité.

Dotée d’un capital de départ de 30 000 francs, l’institution attire, selon la presse locale, de nombreux souscripteurs, ayant placé en octobre 1908 3 800 billets pour 19 000 francs. C’est à cette date que Vernière aurait quitté la présidence.

En 1912, le bilan de l’Union des Prévoyants de Polangis mentionne des obligations remises à la caisse des dépôts pour un montant de 66 000 francs. Un rapport de 1922 évalue ses fonds à 200 000 francs. Cependant, il semble qu’aucune construction sociale n’ait été faite par la coopérative, qui n’existe plus au moment de la constitution du conseil d'administration de l'Office public d'habitations à bon marché de Joinville en avril 1931.

Dans la société Pathé, Vernière s’occupe des relations avec la municipalité. Les relations sont difficiles, plusieurs élus et d’autres personnalités locales critiquant par exemple la construction de la cheminée. Quand l’usine demande à augmenter son stock de celluloïd, l’assentiment du conseil municipal n’est donné que sous réserve de précautions. Pour faire pression sur les élus, Vernière fait circuler un mot d’ordre de vote contre Henri Vel-Durand, candidat radical-socialiste au conseil d’arrondissement en juin 1908. Il sera cependant réélu, contre un candidat socialiste indépendant, René Martin et un socialiste SFIO, Tranchant.

En avril 1908, Vernière est président d’un comité d’action sociale qui dialogue avec les socialistes SFIO de Joinville, notamment Henri Lacroix. Il aurait été constitué en 1906, alors que Vernière avait demandé à adhérer au comité radical-socialiste. En juillet 1908, Vernière suspend son comité d’action sociale et rejoint le comité républicain-socialiste indépendant, dit évolutionniste, ce qui provoque le départ d’un de ses fondateurs, Eugène Hainsselin.

Hainsselin et Vernière vont cependant se réconcilier rapidement, et ce dernier soutient la publication du journal L’Indépendant, publié par Hainsselin, syndicaliste et ancien socialiste-révolutionnaire puis socialiste SFIO, mais qui a aussi le soutien de Gaston Méry, conseiller municipal réactionnaire de Paris, rédacteur au journal d’extrême-droite La Libre Parole.

En octobre 1908, les évolutionnistes Hainsselin, Martin et Vernière font alliance avec Théophile Leteuil, ancien conseiller municipal radical-socialiste démissionnaire.

Vernière quitte probablement Joinville et la maison Pathé vers la fin de 1908.

Les dates et lieux de naissance et de décès d’A. Vernière, ainsi que son prénom complet, ne sont pas connus.

L'usine Pathé

 

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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 01:01

 

Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.

Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.

Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.

Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.

Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).

La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.

Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.

La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.

 

 

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