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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:01

Henri Louis Eugène Seneuze naît le 3 février 1862 à Paris (15e arr.). Ses parents sont Jenny Françoise Chenue et son époux Édouard Jean Baptiste Antoine Seneuze, employé.

Prêtre du diocèse de Paris, il est d’abord vicaire à Noisy-le-Sec (Seine, act. Seine-Saint-Denis) puis est nommé en 1890 vicaire à Saint-Nicolas des Champs à Paris (3e arr.). En 1900, il devient vicaire à Saint-François-Xavier à Paris (7e arr.). Avec d’autres prêtes de la paroisse, il fera des voyages à Merquel, lieudit de la commune de Mesquer (Loire-Inférieure, act. Loire-Atlantique) sur la presqu’île de Guérande. Il contribue à y créer la colonie Saint-Clément qui permit à de nombreux enfants de la paroisse Saint-François-Xavier de découvrir la mer. En 1926, il écrit un court livre : Merquel et ses environs.

Seneuze est nommé en août 1908 premier vicaire de la paroisse Saint-Charles-Borromée de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), et administrateur de la chapelle Sainte-Anne de Polangis. Construite en 1906 par l’abbé Lassier, elle était baptisée « chapelle des usines » parce qu’elle jouxtait les établissements Pathé-Natan. Implantée avenue Oudinot, dans le nouveau quartier de Polangis, elle dessert aussi celui de Palissy, également sur la rive gauche de la Marne. L'abbé Seneuze fait agrandir l’édifice qui, construit après 1905, n’appartient pas à la ville, en lui adjoignant deux collatéraux.

Pendant les inondations de la Marne, de janvier à mars 1910, qui voient les deux-tiers du quartier de Polangis et une partie de celui de Palissy sous les eaux, l’abbé Seneuze a logé une quinzaine de personnes ruinées. Le rédacteur anticlérical du journal radical Voix des communes Louis Rey, également conseiller municipal, qui avait omis de le citer parmi les personnes mobilisées pour aider pendant l’inondation, s’en excuse publiquement.

Après le départ de l'abbé Lassier en mai 1910, Sainte-Anne de Polangis est érigée en église paroissiale en juin de la même année, avec un territoire groupant environ 10 000 habitants à Joinville et dans quelques rues voisines de Champigny.

L’abbé Seneuze cède sa cure en novembre 1921 à l'abbé Simonard pour devenir aumônier des Sœurs Sainte-Marie de la Famille, rue Blomet dans son quartier natal de Paris (15e arr.).

Henri Seneuze meurt le 26 novembre 1938 à Paris (15e arr.). Il résidait rue de l’Abbé-Groult et était âgé de 76 ans.

 

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 01:01

Joseph Marie Moutardier naît le 21 septembre 1877 à Sens (Yonne). Il est fils d’Eulalie Bertrand, lingère, et de son mari Edme René Moutardier, domestique puis tanneur.

Devenu serrurier et résidant alors toujours chez ses parents à Sens, Moutardier épouse en septembre 1899, à Paris (11e arr.), Louise Mathilde Vaillant, domestique. Ils reconnaissent à cette occasion un enfant né en mai 1898 dans le même arrondissement. Leur divorce sera prononcé en mars 1917.

C’est en février 1903 que Joseph Moutardier devient professeur de serrurerie à l'école Diderot à Paris.

Ayant reçu son permis de conduire des véhicules automobiles en avril 1905, il est mobilisé dans le 5e escadron du Train comme conducteur automobile en août 1914 ; il est détaché dans une usine comme ouvrier en mai 1915 et y reste jusque février 1919.

Suite à sa séparation juridique avec sa première épouse, Joseph Moutardier se remarie en mai 1918 à Paris (20e arr.) avec Gabrielle Céline Maillot

Après la première guerre mondiale, il est professeur d'enseignement technique à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il a fixé son domicile rue Vautier. Il s’établira ensuite en 1925 rue Chapsal, toujours dans le quartier du centre de la commune.

L’activité politique publique de Moutardier est documentée à partir de 1924. Le 5 janvier de cette année-là, il préside une réunion de la section de Joinville de la Ligue de la République, qui ambitionne d’assurer un groupement des gauches, autour des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants.

Alors que les bords de Marne subissent leur plus forte inondation après celle de 1910, Moutardier qui se présente comme un « plongeur par nécessité », écrit une lettre ouverte à Yves Le Trocquer, ministre des travaux publics, pour se plaindre que les mesures prises pour préserver Paris des inondations ont eu pour conséquence d’inonder les riverains de la Marne et de la Haute Seine. En janvier 1925, Moutardier est candidat pour être électeur sénatorial sur une liste radicale-socialiste, mais la majorité municipale de droite l’emporte. Lors des élections municipales de mai 1925, Moutardier est probablement présent sur la liste du cartel des gauches, conduite par Georges Briolay ; elle recueille 28,4 % des suffrages exprimés, devant les communistes, 21,1 % et dernière l’Union républicaine (droite), 47,5%. Au second tour, malgré le retrait des communistes, la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident) emporte les 27 sièges à pourvoir.

Moutardier est élu, en décembre 1928, trésorier du comité radical-socialiste de Joinville dont Féret est le président.

Lors des élections municipales de mai 1929, Moutardier figure de nouveau sur la liste de concentration des gauches conduite par Georges Briolay, comprenant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Au premier tour, la liste de gauche arrive en tête, devant la liste d’Union républicaine du maire sortant, Stephen Durande, qui a remplacé Henri Vel-Durand, décédé en cours de mandat, et la liste communiste conduite par Bénenson. Moutardier obtient 795 voix sur 1 715 votants (46,2%) pour 2 491 électeurs inscrits. Au second tour, la liste des gauches obtient 22 sièges, contre 5 à celle de la municipalité sortante et aucun aux communistes.

Moutardier devient le quatrième adjoint du nouveau maire, Georges Briolay (radical), aux côtés de Maxe, Scornet (socialiste indépendant) et Roger (socialiste SFIO).

En l’absence de Briolay, malade, c’est Moutardier, trésorier, qui assure la présidence du comité radical-socialiste le 26 janvier 1931. Il est réélu à la même fonction et il en est de même en janvier puis en novembre 1933.

Au cours d’un conseil municipal le 18/12/1934, Moutardier défend un vœu pour qu’il soit interdit aux commerçants de vendre des produits sans rapport avec l’activité principale exercée.

Maxe s’étant retiré et Scornet étant décédé, Moutardier figure en troisième position sur la liste de la municipalité sortante, derrière Briolay et Roger, devenu socialiste indépendant, pour les élections municipales de mai 1935. Elle fait face à une liste de droite, à une liste socialiste SFIO et à une liste communiste.

Le groupement des gauches républicaines met en avant son bilan, revendiquant d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement, dont l’installation d’un éclairage public, qui justifient l’augmentation des impôts, également liée à l’aggravation des charges imposées à la commune (contingent, chômage, moins-values sur les recettes). Leur programme s’oppose à celui de la liste de droite, soulignant qu’une « réduction d’impôts, au demeurant assez modeste, ne serait possible que par le retour à la politique du moindre effort ». La liste préconise de faire  pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau) et veut réaliser des cours de natation d’aviron gratuits pour les élèves.

Au premier tour, la liste radicale arrive en seconde position, distancée par l’Union républicaine (droite). Moutardier obtient le meilleur score parmi ses colistiers, avec 807 voix pour 2 856 suffrages exprimés (28,3%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits. Au second tour, après la fusion des listes communiste et socialiste, la liste radicale échoue. Recueillant 646 voix pour 2 899 suffrages exprimés (22,3%) et 2 924 votants, Moutardier est une nouvelle fois très nettement devant les autres candidats radicaux-socialistes. La liste de droite obtient 25 sièges, complétée par deux élus communistes et Émile Lesestre est élu maire.

Refusant de suivre la majorité des radicaux-socialistes, Moutardier prend part à la création à Joinville, le 11 mars 1936, d’un Comité de conciliation républicaine et de progrès social pour le travail et la paix qui soutient la candidature d’Adolphe Chéron, radical dissident, contre un candidat radical-socialiste officiel, Gabriel Vélard. L’ancien maire, Georges Briolay, et une grande partie du comité radical soutiennent également Chéron, comme Herluison, ancien président du comité radical-socialiste de Joinville. Chéron est battu par le communiste André Parsal.

Depuis son installation à Joinville, Moutardier a exercé des responsabilités dans plusieurs associations locales. En septembre 1929, il devient président de la société de pêche Le Gardon de Joinville. Il est administrateur de la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1933 et le reste en 1938. Moutardier exerce la même fonction au sein de la caisse des écoles en 1935.

La Chorale de Joinville est fondée en novembre 1930 par Moutardier, qui la préside, compte 30 participants à son démarrage, 40 un an plus tard et 50 l’année suivante. Elle s’appuie sur les directeurs d’écoles, notamment sur Demeester de l’école de garçons du Centre, qui la dirige. Moutardier préside toujours la chorale en 1938.

Le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole, mentionnait, en mai 1912, l’appartenance de Moutardier à la franc-maçonnerie, signalant qu’il était membre de la loge lsis-Montyon, affiliée au Grand-Orient de France.

Décoré des Palmes académiques, en tant qu’officier d’académie en août 1913 puis officier de l’instruction publique en juin 1923, Moutardier avait également reçu une mention honorable pour son rôle dans la société de secours mutuels des sapeurs-pompiers en 1936.

Joseph Marie Moutardier meurt le 12 avril 1958 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 80 ans et avait eu un enfant de chacun de ses deux mariages.

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 01:01

Paul Eugène Henry Jodelay naît le 5 avril 1884 à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est  fils d’Alix Jeanne Charlot, couturière, et de son époux Eugène Jean Baptiste Paul Jodelay, piqueur des ponts et chaussées.

Embauché en décembre 1899 par la préfecture de la Seine, à l’âge de 15 ans, Paul Jodelay y travaille comme commis dessinateur au service des chemins de fer métropolitains. Il est en 1920 au Service de la voie publique, du nettoiement, de l'éclairage et des plantations puis en 1921 au service d'Architecture. Il réussit le concours de conducteur des travaux de Paris en 1927, affecté au bureau de la comptabilité de la direction des services d'Architecture et des Promenades.

Ayant effectué un service militaire en 1903-1904, Paul Jodelay est lieutenant de réserve en 1934. Son frère, Jean Isidore, a été tué pendant la première guerre mondiale.

Installé avec ses parents dans le Bois de Vincennes à la Ferme de la Faisanderie de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en 1902, Jodelay dispose d’un logement personnel dans la commune, rue de Paris, en 1909. Il se marie en avril de cette année à Paris (19e arr.) avec Rachel Amélie Massé, puis est veuf dès novembre 1911. Il se remarie avec Lucie Isabelle Guillaume.

Le club cycliste Joinville Sportif confie en avril 1924 le poste de secrétaire général à Jodelay, en remplacement de René Henri Graillat. Ses deux frères, Eugène et Henri, seront eux-aussi administrateurs du club. Il est vice-président en 1929 et réélu à ce poste en octobre. Il en est le président en 1933.

C’est sans doute son père Eugène Jodelay (mais ce peut également être Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Lors des élections municipales partielles d’octobre 1934, Paul Jodelay est candidat sur la liste des républicains indépendants, proche de la majorité municipale de cartel des gauches, et menée par Antoine Liou. Elle s’oppose à une liste de concentration républicaine, plus marquée à droite, et à deux listes communiste et socialiste. Jodelay recueille 602 voix sur 2 297 suffrages exprimés (26,2%) pour 2 360 votants et 3 225 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour devant celle de concentration républicaine.

L’année suivante, avec les élections municipales générales de mai 1935, Jodelay rejoint la liste de l’Union des républicains, dont Frédéric Bautsch est le promoteur. Face à la municipalité sortante de centre-gauche, dirigée par Georges Briolay, et aux listes communiste et socialiste, l’Union des républicains, nettement marquée à droite, est en tête au premier tour. Jodelay obtient 937 voix sur 2 856 suffrages exprimés (32,8%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Elle emporte au second tour, marqué par l’union des candidatures de gauche, 25 des 27 sièges à pourvoir, les communistes en ayant deux. Jodelay est élu après avoir enregistré 1 171 voix sur 2 899 suffrages exprimés (40,4%) pour 2 924 votants. Emile Lesestre est élu maire.

Paul Eugène Jodelay décède le 6 décembre 1936 à Joinville. Il était âgé de 52 ans et veuf de sa deuxième épouse depuis mars 1934. Il vivait dans le quartier de Palissy, avenue Galliéni. Son fils Roger Eugène Paul (né en 1913), orphelin, obtient un secours du conseil municipal de Paris 1937. Sergent pendant la deuxième guerre mondiale, il est fait prisonnier et détenu au camp de Charleville dans les Ardennes françaises. C’est probablement lui qui, ingénieur chimiste, rejoint en 1958 l’Association des anciens de la météorologie militaire. Est-ce lui le Roger Jodelay, décorateur de cinéma sur plusieurs films (La Communication, de Domingue Rollin ou Topaze, de Marcel Pagnol) et productions télévisuelles (Vieille France d’André Michel  ou Les Enquêtes du commissaire Maigret) ?

Paul Jodelay était titulaire de plusieurs décorations : médaille d’honneur communale en décembre 1927, chevalier du Nichan el-Anouar au titre de l’exposition coloniale en mai 1933, médaille d'argent de l’éducation physique en septembre 1934.

Le bureau de Joinville Sportif en 1933

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 01:01

Eugène Jean Baptiste Jodelay naît le 16 février 1853 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Appoline Mottu, couturière, et de son époux, Félix Alexandre Jodelay, jardinier, originaire de l’Indre.

Devenu piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris (agent technique, surveillant de travaux), Jodelay épouse en mai 1876 à Paris (1er arr.) Marguerite Orlhac, lingère ; elle décède en janvier 1880, après avoir donné naissance à une fille. Jodelay se remarie, en avril 1881 à Paris (7e arr.) avec une cousine germaine, Alix Jeanne Charlot, couturière. Elle met au monde 12 enfants entre février 1882 et avril 1896, dont trois fois des jumeaux.

Travaillant d’abord au service de la Voie publique il passe à celui des Promenades et plantations en 1886, devient agent comptable du dépôt de matériaux de la rue des Bernardins en 1890, à la direction des services d'Architecture en 1901 et prend sa retraite en 1903 en qualité d’adjoint technique principal des Promenades et plantations.

Si son salaire est celui d’un contremaître de la fonction publique, Jodelay semble avoir des difficultés à loger sa grande famille. Il réclame et obtient plusieurs secours entre 1899 et 1901. Les Jodelay déménagent fréquemment, puisqu’on leur connaît douze adresses entre 1876 et 1902, dans les arrondissements du sud de Paris, à Malakoff (Seine, act. Hauts-de-Seine), à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne) puis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils se fixent dans la Ferme de la Faisanderie, au sein du Bois de Vincennes. Eugène Jodelay y élève ses enfants après le décès de sa femme en 1909 ; son frère, Jules Alexandre, également ancien piqueur des ponts et chaussées pour la mairie de Paris, réside avec lui.

Parallèlement à son activité d’employé, Jodelay est également un inventeur. Il est félicité et récompensé par le conseil municipal de Paris en mai 1894 pour avoir mis au point un nouveau collier de joints de tuyaux d'arrosage à la lance, invention dont il laisse le bénéfice à la Ville, ne voulant en tirer aucun profit personnel. C’est le fournisseur de la commune, Dalifol et Cie, qui prend, en son propre nom, un brevet d’invention. Il fonde en 1895 la société Laurens, Jodelay et Tournel, qui exploite un système d'arrosage antiseptique (brevet d’avril 1894) et un procédé de mélange automatique de liquides avec de l'eau sous pression (brevet de juillet 1894). Les brevets sont protégés dans de nombreux pays (États-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Espagne). Ils font l’objet de commentaires favorables lors du premier congrès d’assainissement et de salubrité, tenu à Paris en 1897.

Pendant la première guerre mondiale, Jodelay devient vice-président du Comité d’action agricole, mis en place à l’initiative de Chavignot, ingénieur et propriétaire du domaine de Polangis à Joinville. Formé en avril 1917, le comité attribue des parcelles de 300 à 400 m² aux habitants de la commune souhaitant mettre en place des jardins potagers. Toutes les demandes ont pu être satisfaites et environ 200 jardins sont établis dont 198 sur les terres de Chavignot. Ils couvrent 6,16 ha, plus 5,58 ha attribués aux soldats soit au total près de 12 hectares. En juillet la même année, le ministre de l’agriculture, Fernand David, vient visiter les jardins et leur fait attribuer du fumier de l’armée.

Eugène Jodelay participe à la distribution des lots et prodigue des conseils notamment dans l’hebdomadaire la Gazette de l’Est, où il tient une rubrique régulière. Il était, depuis juillet 1911, chevalier du mérite agricole.

C’est sans doute Eugène Jodelay (mais ce peut également être son fils Paul) qui est candidat lors des élections municipales de novembre 1919 sur la liste libérale du Bloc indépendant conduite par Jules Beauvais, conseiller municipal. La liste s’oppose à celle d’Henri Vel-Durand, radical dissident, qui rassemble des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, et à celle de parti socialiste SFIO. Au premier tour, Jodelay a 431 voix sur 1 694 suffrages exprimés (25,4%) pour 1 715 votants et 2 491 inscrits. La liste n’a pas d’élu et se retire au second tour, qui voit la victoire d’Henri Vel-Durand, élu maire.

Eugène Jodelay meurt le 13 février 1927 à Joinville. Il était âgé de 73 ans. Parmi ses 13 enfants les 4 garçons auront un rôle public.

L’aîné de ses fils, Paul (1884-1936), préside le club Joinville Sportif, se présente à plusieurs reprises lors d’élections municipales et est élu en 1935. Son deuxième garçon, Jean Isidore (1891-1914), comptable, meurt au début de la première guerre mondiale le 10 décembre 1914 à Zillebeke, en Flandre-Occidentale (Belgique).

Ses deux derniers fils, les jumeaux Henri Marcel (1896-1969) et Eugène André (1896-1968) seront tous deux également administrateurs de Joinville Sportif. Le premier est, comme son père, un inventeur, faisant breveter en avril 1930 un moteur à explosion à propulsion circulaire. Le second est fonctionnaire au ministère des affaires sociales, au secrétariat général de la main-d’œuvre.

La Ferme de la Faisanderie en 1912

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 01:01

Antoine Honoré Boireau naît le 10 janvier 1872 à La Motte-Saint-Jean (Saône-et-Loire). Il est le de fils Jeanne Benoîte Frangy et de son époux, Pierre Boireau, meunier au village du Sarroux. Leur milieu est modeste car le père comme ses témoins, vignerons, ne savent pas signer.

Devenu boulanger Antoine Boireau vit à Paris d’abord rue de Charonne puis rue des Fossés-Saint-Marcel, où il se marie en août 1898 avec Marthe Amélie Marcelline Dumont. Ils résideront ensuite boulevard Arago, rue Saint-Sabin et rue Daval.

Du fait du décès de son père et de l’incorporation de son frère aîné, Boireau n’avait fait qu’un service militaire de moins d’un an en 1893-1894. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé mais placé en sursis d’appel comme boulanger et continue d’exercer son métier à Paris.

Installé quai de la Marne à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) après-guerre, ayant cessé son activité commerçante, Antoine Boireau est candidat aux élections municipales de mai 1925 sur la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux, conduite par le maire sortant, Henri Vel-Durand, radical dissident. La liste s’oppose au cartel des gauches et aux communistes. Au premier tour, elle obtient 1 078 voix en moyenne, soit 47,5% des 2 275  suffrages exprimés pour 2 310 votants sur 2 761 inscrits. Les 27 candidats sont élus second tour.

Siégeant de manière régulière au conseil municipal et s’occupant des affaires de son quartier, Boireau ne se représente pas en 1929.

Antoine Honoré Boireau meurt le 9 mars 1934 à Joinville alors qu’il se rendait aux obsèques de Charles Provin, adjoint au maire. Il était âgé de 62 ans et avait un fils et une fille. Il était apparenté à Adolphe Boireau, également résident de Joinville ; c’est probablement ce dernier qui avait contribué à créer des jardins potagers dans le quartier de Polangis pendant la première guerre mondiale, dans le cadre d’un comité d’action agricole.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 01:01

Henry René Blancart naît le 24 juillet 1894 à Paris (18e arr.). Il est le fils de Marie Alexandrine Neyen, tapissière de 23 ans et de Jean Baptiste Louis Joseph Blancart, tapissier également et de 30 ans son aîné.

Pendant la première guerre mondiale, Blancart sert dans la 24e section d'infirmiers militaires, à l’hôpital militaire VR 62 d’Issy-les-Moulineaux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est décoré en mai 1916 de la médaille d’honneur des épidémies.

Devenu éleveur de chevaux de course au trot et journaliste dans la presse hippique, il s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue Bernier, à proximité de l’hippodrome de Vincennes. En 1923, il est un des responsables du Club athlétique de Joinville (CAJ), principale structure omnisports de la commune qui organise notamment une course célèbre, la Traversée de Joinville à la nage. Il épouse, en janvier 1926 à Paris (11e arr.) Marie Angèle Pierrot, de 14 ans son aînée.

Henry Blancart est réélu secrétaire de L’association des propriétaires-éleveurs de chevaux de course au trot en France lors d’une assemblée générale tenue à Joinville en février 1927. Il est l’un des fondateurs du syndicat d’initiative de Joinville en décembre 1930, sous l’impulsion de Georges Scornet, adjoint au maire et président du CAJ.

Lors des élections municipales de mai 1929, Blancart est candidat à Joinville sur la liste de l’Union républicaine et démocratique du maire sortant, Stephen Durande. Il obtient au premier tour 877 voix pour 2 126 suffrages exprimés (41,2%) sur 2 969 inscrits. Au second tour, la liste de droite avec 41,6%, perd du terrain face au cartel des gauches de Georges Briolay, qui est en tête avec 45,9% tandis que les communistes, qui se sont maintenus, sont à 12,5%. Les gauches ont 22 élus tandis que la droite se contente de 5 et que la liste communiste n’en a pas. Blancart n’est pas élu.

Henry René Blancart meurt le 24 janvier 1996 à Saint-Maurice (Val-de-Marne). Il était âgé de 101 ans.

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 01:01

Jacob Gozlan naît le 11 juillet 1885 à Constantine, Algérie. Il est le fils de Rachel Chemama et de son mari, Haï Gozlan, tailleur d'habits juif originaire de Souk-Ahras. La famille est nombreuse, comptant 12 enfants. C’est probablement en Algérie qu’il acquiert le surnom de Sidi Hiaco (M. Jacques), qu’il conservera.

Présent en métropole pendant la première guerre mondiale, il se marie en janvier 1917 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne) avec Georgette Marie Brochard.

Il exerce une activité de marchand forain et s’installe dans la commune voisine de Joinville-le-Pont, dans le quartier de Polangis. Il est, en 1934, vice-président de l’Union des commerçants et industriels de la ville, présidée par Lucien Girard. C’est lui organise la braderie organisée en mars et transmet au comité des chômeurs local une aide collectée par les commerçants.

Manifestement connu et apprécié, Sidi Hiaco est qualifié en septembre 1934 par l’hebdomadaire radical-socialiste Voix des communes, de « duc de Polangis. »

C’est en utilisant sa réputation que Jacob Gozlan va se présenter aux élections municipales. Il est candidat une première fois, en mai 1929, en tant que socialiste indépendant. Se présentant seul à côté des listes de droite du maire sortant Stephen Durande, du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants) et des communistes, Sidi Hiaco va obtenir un nombre de voix appréciable, soit 210 pour 2 126 suffrages exprimés (9,9%) sur 2 969 inscrits. Aucune autre candidature isolée n’approche ce niveau.

En mai 1935, face aux listes de droite, radicale-socialiste, socialiste et communiste, Sidi Hiaco s’aligne à nouveau de manière isolée. Il est crédité de 147 votes pour 2 856 exprimés (5,1%) sur 2 923 votants et 3 433 inscrits.

La situation de sa famille pendant la deuxième guerre mondiale n’est pas connue. Jacob Gozlan meurt le 19 mars 1948 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne) et résidait toujours à Joinville à cette date. Son épouse y décède en 1952.

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 01:01

Suite de la biographie de Jean Béal.

Revenu à Joinville-le-Pont en 1923, Béal y exploite un café 1, rue du Canal. Il est de nouveau condamné en février 1926 à une amende pour défaut d’indication de degré d’alcoolémie sur le vin qu’il vend. Après le décès de son épouse en avril 1929, Jean Béal se remarie avec Mathilde Goursat, hôtelière, en avril 1932 à Joinville.

Tribut payé à son origine, Jean Béal est président de l’Amicale auvergnate de Joinville, société active entre 1931 et 1938, organisant des bals et sorties champêtres.

C’est lors des élections municipales de mai 1929 que Jean Béal débute son engagement politique public. Il est candidat sur la liste de Concentration des gauches, conduite par Georges Briolay, comprenant des radicaux-socialistes, des socialistes SFIO et des socialistes indépendants. Elle s’oppose à une liste de la majorité municipale sortante, se revendiquant de l’Union nationale et conduite par le maire, Stephen Durande, et à une liste communiste, pilotée par Roger Bénenson. Le cartel des gauches arrive en seconde position avec 35,9%, derrière la droite à 42,6% et les communistes, 16,0%. Béal obtient 758 voix sur 2 126 suffrages exprimés (35,7%) pour 2 969 inscrits. Au second tour, malgré le maintien des communistes, les gauches emportent 22 sièges sur 27, grâce à un apport d’une partie des voix communistes et de celles des indépendants. Briolay devient maire et Béal est élu conseiller municipal.

Au sein du conseil, Béal polémique avec Paul Hainsselin au sujet du curage du canal, appelé rivière de Polangis. Béal veut que les riverains participent aux frais de ce curage, tandis qu’Hainsselin considère que c’est une question de salubrité qui intéresse tous les habitants, pas seulement les riverains.

Lors de l’élection cantonale de janvier 1933, Béal soutient le maire radical-socialiste de Joinville, Briolay, contre le maire modéré de Créteil, Prieur, qui l’emporte. Mais dans le courant de l’année, il se désolidarise de la gestion municipale, s’inquiétant de dépenses d’équipements et votant contre le budget pour 1934, adopté finalement par 9 voix contre 6 (Provin, Galabert, Béal, Caillon, Hainsselin, Lecuirot) dans une assemblée marquée par de nombreuses défections. Béal fait partie de la commission du bureau de bienfaisance.

En avril 1935, Béal est avec René Kirbühler, président et Frédéric Bautsch, conseiller municipal, l’un des fondateurs de l’Union des républicains de Joinville, association qui lance un appel à la séparation de l’administration municipale et de la politique mais dans le même temps publie un communiqué « se souvenant des fusillades du 6 février, des scandales Stavisky et autres dans lesquels figurent des députés, des magistrats, d’anciens ministres, tous radicaux et maçons, [l’Union des républicains de Joinville] a décidé de rompre l’union précédemment établie avec les radicaux pour faire une liste composée en totalité d’éléments modérés et nationaux ». Le programme de la liste prévoit une diminution des charges écrasantes, l’atténuation des dépenses publiques, une simplification des rouages administratifs et l’application des lois sociales.

Lors d’une des dernières séances du conseil avant son renouvellement en janvier 1935, un très vif échange a lieu entre la municipalité et quatre élus qui vont rejoindre l’Union des républicains (Béal, Caillon, Herluison et Lesestre) à propos du dépassement de crédit dans la construction du magasin et des ateliers communaux, ce qui provoque un renvoi en commission de ce projet.

La liste de l’Union des républicains est conduite par Bautsch, Béal figurant en second. Elle arrive en tête, avec 32,6%, devançant les gauches radicales de Briolay, 26,7%, la liste communiste de Robert Deloche, 23,5% et les socialistes SFIO, 12,3%. Béal recueille 948 votes sur 2 856 suffrages exprimés (3,2%) pour 2 923 votants et 3 433 inscrits.

Malgré l’union des communistes et des socialistes, la droite emporte 25 des 27 sièges à pourvoir au second tour avec 39,8%, en devançant l’union de la gauche (36,6%), les radicaux étant réduits à 19,5%. Béal est élu avec 1 157 voix sur 2 899 exprimées (39,9%) pour 2 924 votants.

Bien que Bautsch ait été le leader de la liste de droite, c’est Émile Lesestre qui est élu maire. Béal devient le troisième adjoint au maire, avec Charles Chaussée, Louis Caillon et Kirbühler. Il est en charge des garages, des ateliers, de l’octroi et des marchés d’alimentation.

Continuant à jouer un rôle politique, Béal est désigné comme électeur sénatorial en octobre 1935 et en mars 1938. Il participe en janvier de cette année-là, à une délégation de la fédération des usagers de la ligne de la Bastille, présentée par André Parsal, député communiste de la circonscription, qui réclame la modernisation de cette voie ferroviaire, menacée de fermeture par la STCRP, société gérant les transports urbains. Il fait partie de la commission tentant de convaincre le préfet de ne pas obliger la commune à rembourser les emprunts souscrits par une société d’habitations à bon marché, ayant construit le groupe Égalité à Palissy avant de faire faillite.

En novembre 1941, Béal participe aux activités du Comité local d’assistance aux prisonniers de guerre et à Noël de la même année, il contribue à l’organisation du Noël du maréchal, sous l’égide du Secours national d’entraide mis en place par le régime de Vichy.

Le renouvellement du conseil municipal, décidé par arrêté préfectoral du 20 février 1942, puis celui de la municipalité, par décret du 21 le même mois, voit Béal rester à son poste. Il est toujours actif en juillet 1944, assurant, au nom de la municipalité, la distribution des prix aux enfants des écoles.

Le rôle de Béal sous l’occupation fait qu’il est arrêté par le comité local de Libération le 25 août 1944 en même temps que Lesestre, Bautsch, Kirbühler et Chaussée. Ils sont transférés au camp de Drancy. A. Dély, secrétaire du Comité d’épuration de Joinville-le-Pont, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, dans laquelle il conteste leur libération qu’il trouve « pour le moins prématurée. »

Jean Béal meurt le 8 septembre 1952 à Nandy (Seine-et-Marne). Il était âgé de 69 ans et avait trois enfants de son premier mariage. Il était décoré des palmes académiques en tant qu’officier d’académie pour services rendus aux œuvres scolaires et post-scolaires depuis février 1938.

Jean Béal en 1943

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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 01:01

Jean Béal naît le 24 août 1883 à Riom-ès-Montagne, dans le Cantal. Il est le fils d’Élisabeth Bourgeade et de son époux Antoine Béal, vacher.

Après la mort de son père en octobre 1896, c’est le fils aîné Antoine qui gère l’exploitation familiale dans laquelle Jean est agriculteur. Une curiosité dans la fratrie : sa sœur cadette naît en décembre 1887 sous le prénom d’Antoine, étant déclarée de sexe masculin ; il faudra un jugement rendu en décembre 1924 par le tribunal civil de Mauriac (Cantal) pour que son genre soit modifié et son prénom changé en Eugénie, tel qu’il était déjà en usage dans la famille. Jean Béal restera lié à sa sœur, qui l’accompagnera en région parisienne.

Incorporé au service militaire en novembre 1904, Jean Béal est décrit comme étant d’une taille de 1,69m, portant des cheveux blonds et ayant des yeux bleus. Il est incorporé au 139e régiment d’infanterie à Aurillac, Cantal. Il devient caporal et moniteur d’escrime en septembre 1906. Il est démobilisé en juillet 1907.

Il quitte l’Auvergne pour s’installer à Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1908. Comme beaucoup d’originaires du Cantal, il va travailler dans les boissons et la restauration. Il est d’abord ouvrier distillateur, puis garçon de magasin et enfin marchand de vins. En octobre de la même année, toujours à Ivry, il épouse Anne Pommarat, domestique à Paris, place des Vosges, dont les parents sont cultivateurs à Menet, village voisin de Riom. Ils s’installent en décembre 1909 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où ils exploitent un café rue du Pont.

En décembre 1911, Béal est condamné à des amendes par la 8e chambre du tribunal civil de la Seine pour falsification de vins, mise en vente de vins falsifiés et fraude sur les droits de régie. Il sera ensuite réhabilité de ce délit.

Ayant déménagé en octobre 1913 dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés, avenue du Grand-Chêne, Jean Béal est mobilisé en août 1914, quelques jours avant la naissance de son troisième enfant. Il est fait prisonnier un mois plus tard, le 19 septembre 1914 et est interné au camp d’Erfurt (Thuringe, Allemagne). Il y restera plus de quatre ans, puisqu’il n’est libéré que le 24 décembre 1918 et rentre en France le lendemain, affecté au centre de Vincennes. Pour avoir tenté de s’évader, même sans y réussir, il sera décoré en décembre 1928 de la médaille des évadés avec citation à l’ordre du régiment. Il obtient la médaille militaire en mai 1933.

A suivre.

Jean Béal en 1943

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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 01:01

Frédéric Jacques Bautsch naît le 27 avril 1882 à Paris (12e arr.). Il est le fils de Marie Pfotzer, passementière, et de son époux Georges Bautsch, ébéniste au Faubourg Saint-Antoine, d’origine alsacienne tous les deux. Six mois après la naissance, son atelier est détruit par un violent incendie qui fait plusieurs blessés parmi les pompiers.

Vivant au milieu des professionnels du meuble, Frédéric Bautsch va lui aussi être ébéniste et épouser Prudence Victorine Huysegems, modiste, elle aussi fille d’ébéniste d’origine belge en janvier 1907 à Paris (12e arr.).

Ils vont s’installer en 1912 à Joinville-le-Pont. Pendant la première guerre mondiale, Bautsch va être décoré de la croix de guerre. Après-guerre, Bautsch se reconvertit dans la bonneterie en gros, s’associant avec un autre joinvillais, Audureau. Ils créent en 1919 la société Audureau et Bautsch, installée 47, rue de Montmorency à Paris (3e arr.). Dans les années 30, elle connaîtra une expansion en province, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest.

Ayant quitté le quai de la Marne, sur la rive droite, pour s’installer quai de Polangis, Bautsch participe en octobre 1934 à la constitution d’un Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, créé à l’initiative d’Émile Herluison et Léon Lesestre, clairement marqué à droite.

Des élections municipales partielles étant organisées ce même mois pour dix postes à pourvoir suite à de nombreuses défections, Frédéric Bautsch prend la tête d’une liste qui a le soutien du Comité et intègre, après négociations, plusieurs membres du comité radical-socialiste. Elle s’oppose à une liste indépendante, mais proche de la municipalité de cartel des gauches, comprenant aussi des radicaux-socialistes, et à deux listes de gauche socialiste et communiste. La liste de Bautsch arrive en tête, devant les indépendants, qui se retirent, les communistes devançant de peu les socialistes, qui se désistent. Avec au premier tour 880 voix sur 2 295 suffrages exprimés (38,3%), pour 2 360 votants et 3 225 inscrits, Bautsch dépasse les autres candidats. Il est élu au second tour avec tous ses colistiers en obtenant 1 122 votes sur 1 903 exprimés (59%) pour 1 964 participants.

En novembre, Bautsch postule pour un poste d’adjoint, mais le maire, Georges Briolay, radical-socialiste, et la majorité décident de surseoir au vote. Bautsch comme ses 5 colistiers membres du Comité de coordination pour la défense des intérêts de Joinville, s’abstiennent lors du vote du budget pour 1935. Ledit comité se transforme, en avril 1935, en Union des républicains, présidée par René Kirbühler et à laquelle adhèrent 9 conseillers municipaux.

Frédéric Bautsch prend la direction de la Liste de l’Union des républicains, qui se présente aux élections municipales générales de mai 1935 comme « sans aucune préoccupation politique, n’ayant pour but que la bonne gestion communale » et assure regrouper des « hommes d’ordre et d’action. »

Sa liste est de nouveau la mieux placée, devant les radicaux-socialistes de la majorité sortante, les communistes et les socialistes. Après l’alliance de ces deux dernières formations, les candidats de la liste Bautsch remportent au second tour 25 sièges, contre deux pour les communistes (dont le futur maire après-guerre, Robert Deloche). Comme l’année précédente, c’est Bautsch qui est placé au premier rang par le suffrage populaire. Au premier tour, il est crédité de 971 voix sur 2 856 suffrages exprimés (33,4%), pour 2 923 votants et 3 433 inscrits. Il est élu dans le scrutin triangulaire du second tour en obtenant 1 194 votes sur 2 899 exprimés (41,2%) pour 3 924 participants.

Bien que Bautsch soit systématiquement présenté comme le leader de la liste de droite, ce n’est ni lui, ni son second Jean Béal, qui va être désigné comme maire de la commune par le conseil municipal. Le poste échoit à un de ses colistiers, Émile Lesestre. Il ne figure pas non plus parmi les quatre adjoints au maire qui sont Charles Chaussée, Béal, Louis Caillon et René Kirbühler.

Cependant, Bautsch joue un rôle politique au sein du conseil, étant désigné électeur sénatorial en octobre 1935 puis en mars 1938. Il fait partie, avec Lesestre, Béal et Paul Hainsselin, d’une délégation qui tente, en mai 1940, de convaincre le préfet de ne pas inscrire d’office au budget municipal un remboursement de la dette d’un opérateur failli d’habitations à bon marché construites dans la commune.

Sous le régime de l’État français de Vichy, Bautsch est désigné, par arrêté du 20 février 1942, membre du conseil municipal dont les communistes avaient été expulsés deux ans plus tôt. Après Chaussée, Béal et René Kirbühler, il devient le quatrième adjoint au maire par décret du 21 février.

Administrateur du bureau de bienfaisance communal, il est l’un des fondateurs, en novembre 1943, d’un comité d’entraide aux travailleurs en Allemagne et à leurs familles, décidé par le conseil municipal, à la demande du Commissariat général à la main-d’œuvre française.

Le rôle de Bautsch sous l’occupation fait qu’il est arrêté par le comité local de Libération le 25 août 1944 en même temps que Lesestre, Béal, Kirbühler et Chaussée. Ils sont transférés au camp de Drancy. A. Dély, secrétaire du Comité d’épuration de Joinville-le-Pont, qui dépend du comité local de Libération, écrit le 13 mars 1945 une lettre à Georges Marrane, président du comité parisien de la Libération, dans laquelle il conteste leur libération qu’il trouve « pour le moins prématurée. »

Frédéric Bautsch, qui résidait certainement toujours à Joinville, meurt le 5 juin 1956 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne). Il avait 74 ans et était père de quatre enfants.

L’une de ses filles, Georgette, avait épousé en août 1936 à Joinville Pierre Dauban de Silhouette, descendant du contrôleur général des finances de Louis XV Étienne de Silhouette et dont la famille était alors et jusqu’en 1960 propriétaire de l’île éponyme des Seychelles, troisième île de l’archipel par sa superficie.

Mariage de Georgette Bautsch et Pierre Dauban de Silhouette, 1936 Joinville-le-Pont

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