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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 01:01

Fréna Clémence Laridan naît le 28 février 1857 à Bergues (Nord). Elle est la fille de Louise Clémence Adeline Spilliaert et de son époux, Henri Constantin Laridan. Son prénom, peu fréquent en France, est rencontré plus souvent en Belgique.

Le père, pâtissier, est interné peu après la naissance de sa fille et meurt le 1er février 1860 à l’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

Sa mère va devenir fabricante en bonneterie et s’installe à Paris où elle s’associe avec Alphonse Depasse, comptable et futur dirigeant de syndicats professionnels. Elle constitue en 1877 la société V. Laridan et Cie, installée 4, rue Elzévir (3e arr.). L’établissement fabrique des châles, sorties de bal, manteaux, gilets de chasse, jupons, bas et chaussettes. Il dispose d’ateliers de production en Picardie, à Puteaux (Seine) et à Roanne (Loire).

Fréna Clémence Laridan épouse en juin 1875 à Paris (3e arr.) l’associé de sa mère, Alphonse Winoc Lucien Marie Depasse, qui devient le dirigeant de la société de bonneterie et adopte alors le nom de Depasse-Laridan.

En 1892, Depasse cesse son activité de fabricant. La famille quitte la rue des Bourdonnais où elle résidait à Paris (3e arr.) et s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), rue des Cliquettes (act. rue Émile-Moutier). Sa mère et son nouvel époux, Auguste Bernard, les y rejoindront avant 1911.

Fréna Depasse est membre de la section de Joinville de la Société de l’allaitement maternel. Cette association nationale, présidée par Mme Béquet de Vienne, a été fondée en 1876 sous le nom de Société de l'Allaitement maternel et des refuges-ouvroirs pour les femmes enceintes. La section de Saint-Maur est fondée en 1899, en même temps que celle de Joinville, présentée alors comme une sous-section. Mais la structure saint-maurienne rencontre des difficultés de fonctionnement dès l’année suivante, étant qualifiée en 1901 d’association « mondaine » par un conseiller municipal, A. Monjean. Par contre, la section joinvillaise va prospérer, regroupant en particulier les épouses ou parfois les filles des notabilités, notamment des élus municipaux.

En janvier 1901, Fréna Depasse est élue au bureau de section, présidée par Ernestine Bitterlin, femme d’un médecin. Elle exerce la fonction de visiteuse des femmes sollicitant l’association. Un des objectifs était de diminuer la mortalité infantile de la naissance à un an, dont un autre médecin, le Dr Pierre Vallat, estimait qu’elle était « effrayante » à Joinville.

Suite à un conflit avec le comité directeur de l’association en 1917, Mme Bitterlin démission de l’œuvre de l’allaitement maternel et constitue l’Union des mères avec anciennes membres du comité, dont Fréna Depasse qui devient à la fois vice-présidente, trésorière et visiteuse. En décembre 1918, l’Union des mères élargit son activité aux orphelins, veuves de guerre et réformés pour tuberculose ; elle a secourue 30 familles en 1918. Si, en 1917, l’hebdomadaire Gazette de l’Est s’inquiétait du fait que deux œuvres aux buts identiques s’ignorent, son concurrent Voix des communes se félicitait au contraire en 1923 de cette concurrence.

L’Union des mères s’est transformée en Mutualité maternelle et Mme Depasse, trésorière, en est toujours la cheville ouvrière avec Mme Bitterlin. Elle est de nouveau vice-présidente, à l’âge de 71 ans, quand Ernestine Bitterlin quitte sa fonction en avril 1928 et est remplacée à la présidence par Mme Carlier. La section élargit son champ d’action à la commune voisine de Saint-Maurice.

Fréna et Alphonse Depasse ont eu deux enfants. La fille aînée, Fréna Marie Henriette épouse en mai 1897 à Joinville Émile Hippolyte Baton, marchand de nouveautés dans la commune. Le fils, Émile Auguste Alphonse (1882-1949), chimiste mécanicien, sous-lieutenant pendant la première guerre mondiale, blessé pendant le conflit, est décoré de la croix de guerre et chevalier de la Légion d’honneur.

La date de décès de Fréna Depasse n’est pas connue.

L’asile public d’aliénés d’Armentières (Nord).

 

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 01:01

Augustin Baudot naît en 1883. Il est ordonné prêtre en 1906. En 1911, il est vicaire au Petit-Colombes, dans la commune de Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine). En mai, il est victime d’un escroc belge, qui met à profit la charité de prêtres parisiens ou de banlieues en leur présentant une lettre frauduleusement signée d'un ecclésiastique de Charleroi (Belgique). Il est condamné, par défaut, à dix mois de prison et 50 francs d'amende en août 1912. La qualité d’abonné du quotidien royaliste l’Action française d’Augustin Baudot est mentionnée en juin 1914.

Peu après le début de la première guerre mondiale, en octobre 1914, l'abbé Baudot a été nommé vicaire à Saint-Jean-Baptiste de Neuilly (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il y restera plus de seize ans.

En août 1930, l'abbé Baudot est en vacances avec un prêtre de ses amis, l'abbé Lozet, professeur à l'école Bossuet à Paris. Ils se trouvaient au large de Saint-Cast (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d’Armor) et revenaient du Cap Fréhel sur le bateau de ce dernier, L'Hermine. Ils aperçurent une périssoire vide, puis virent deux baigneurs agrippés à son bord, deux étudiants parisiens tombés à l'eau ; ils les ont ramenés sains et saufs.

Devenu premier vicaire de la basilique Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en février 1931, l'abbé Baudot y reste jusqu’en 1937. En avril, il est nommé curé de Saint-Charles-Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il prend la suite de Victorin Martin mort en fonction en janvier.

C’est dans l’église Saint-Charles qu’est célébrée en décembre 1938 la messe annuelle à la mémoire des morts du cinéma, qui se tenait les années précédentes dans l’autre lieu de culte communal, l’église Sainte-Anne de Polangis. Le changement de lieu est peut-être dû à la petite taille de l’édifice de Polangis.

Pendant la deuxième guerre mondiale, l'abbé Baudot participe en décembre 1943 au déjeuner des vieux, organisé par l’association des familles françaises de Joinville, présidée par le Dr Bitterlin, conseiller municipal, et auquel est présent le maire Émile Lesestre et ses adjoints, nommés par le gouvernement de Vichy.

En mai 1948, aux côtés de Gilberte Pierre-Brossolette et de l’abbé Bauller, curé de Polangis, l'abbé Baudot, rend hommage aux héros de la Résistance à l’Allemagne nazie. Gilberte Pierre-Brossolette, épouse de Pierre Brossolette, mort pendant l'Occupation en 1944, est vice-présidente socialiste du Conseil de la République (Sénat).

Sur la demande de la section locale du parti gaulliste le RPF, dont Pierre Calmon est le président pour Joinville, l'abbé Baudot dit une messe en mémoire du maréchal Leclerc en novembre 1951.

Présenté comme malade en octobre 1953, l'abbé Baudot quitte la cure de Saint-Charles en 1954, est âgé d’environ 71 ans. Il y revient deux ans plus tard, en mai 1956, pour célébrer ses noces d’or sacerdotales, à l’occasion d’une cérémonie célébrant le centenaire de la pose de la première pierre de l’église paroissiale. La date de son décès n’est pas connue.

 

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 01:01

Lucien Lachambre naît en 1899. Ordonné prêtre en 1926, il poursuit des études à la faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris où il est lecteur en 1930.

En même temps, il exerce la fonction de vicaire à la paroisse Saint-Maurice de Bécon-les-Bruyères, située dans la commune de Courbevoie (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il s’y occupe notamment à partir de 1932 de l’association sportive qui fonctionne dans le cadre du patronage.

En juin 1934 l'abbé Lachambre est nommé vicaire à Notre-Dame-des-Champs, église de Paris (14e arr.). Six mois plus tard, en janvier 1935, il rejoint la paroisse Saint-Germain-de-Charonne, située dans le 20e arrondissement. Il y est de nouveau responsable des activités sportives conduites sous l’égide de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France.

Suite au décès en fonction de l’abbé Victor Simonard en janvier 1937, l'abbé Lachambre, est nommé curé de Sainte-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il reprend le projet, esquissé par son prédécesseur en 1927, et soutenu par le cardinal Verdier, archevêque de Paris, ainsi que par de nombreux professionnels du septième art, de construire une nouvelle église, Notre-Dame-du-Cinéma. Elle est destinée à remplacer l’ancienne chapelle de secours, bâtie en 1906 et devenue en 1910 siège de la paroisse, Sainte-Anne de Polangis, adossée aux studios et usines de cinéma.

Parmi les promoteurs du projet, on trouve Louis Lumière, Léon Gaumont et les dirigeants des studios Pathé-Natan. En janvier 1938, lors d’un prêche à Joinville au cours de la messe pour les morts du cinéma, le cardinal Verdier considéra que « le cinéma est un vecteur d'amour. L'Invention du cinéma a singulièrement contribué au développement de l'humanité. Votre mission est incomparablement grande. L'âme populaire aspire de plus en plus des améliorations dans tous les domaines. Tôt ou tard, cela aboutira à un ordre meilleur, à condition de donner aux masses les éléments qui instruisent et qui élèvent ». Le cardinal veut une « basilique qu'il dédie à Notre-Dame-du-Cinéma afin de montrer que l'Église ne reste pas étrangère à tout ce qui est beau... à tout ce qui est grand... »

Au cours de cette même cérémonie, M. Boucheron charcutier à Joinville, avenue Galliéni, présente une maquette en saindoux du projet N-D du Cinéma.

L’abbé Jacques Hollande, futur responsable de la mission de Paris et fondateur des prêtres-ouvriers, remplace Lucien Lachambre à Polangis en juillet 1942.

Lorsqu’il quitte la cure de Sainte-Anne, Lucien Lachambre est âgé d’environ 42 ans. La suite de sa biographie n’est pas connue.

Photo Le Matin 1938/01/09, cardinal Verdier ; au 2e plan, peut-être Lucien Lachambre

 

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 01:01

Suite de la biographie de Théophile Covin

Au milieu des années 20, la grande affaire secouant la paroisse de Vitry-sur-Seine va être celle de l’affiche « À l’ombre de la croix ». Apposée sur certains murs de la ville fin mai 1923, elle accuse le curé Théophile Covin d’avoir une maîtresse. Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’affiche tel que le quotidien communiste L’Humanité l’a publié en janvier 1926.

À l’ombre de la croix

Au n° 77 de l'avenue Dubois, se trouve un immeuble confortable, paraît-il, surtout vers le troisième étage, C'est là qu'habite une dame G. née A. veuve inconsolable qui, chaque dimanche, va à la messe, sans parler de la semaine.

Dans le même immeuble habile le curé Covin, face pudibonde et bien portant, qui, se prenant sans doute pour l'ange Gabriel, venait, la nuit, consoler ladite dame et lui parler de Jésus.

Il avait totalement oublié le commandement où Dieu dit « L'œuvre de chair tu ne feras qu'en mariage seulement. »

Tout se serait bien passé, si le fils de la veuve, d'une entrée brusque et inattendue, n'eut trouvé le ministre de Dieu en costume d'Adam, mordant à la pomme d'Ève, et ne s'était avisé de lancer par la fenêtre soutane et pantalon.

Puisque le chef de l'Église de Vitry ne respecte même plus les sentiments d'un fils pour sa mère, continuerez-vous plus longtemps, bons pères de famille, à lui envoyer vos femmes et vos filles ? Si cet exemple ne vous suffit pas et que vous vouliez être « chefs de gare », c'est que vous l'aurez bien voulu.

Un Chrétien.

L’affiche avait été polycopiée dans une salle du café de l'Angélus. Sur plainte de l’abbé Covin, une enquête fut ouverte. La police porta d’abord ses soupçons sur les francs-maçons, supposés être ennemis du curé. C’est finalement un petit journal communiste de Choisy-le-Roi, Germinal, qui avait reproduit l'affiche accompagnée d'un commentaire qui fut condamné pour diffamation le 13 décembre 1923 par la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine, aux sommes conséquentes de 200 francs d'amende et 2 000 francs de dommages-intérêts.

Cependant, après cette décision de justice, un vicaire de Vitry, l'abbé Gautier, toujours selon L’Humanité, « tint des propos fort irrespectueux pour son supérieur chez une paroissienne qui l'avait invité à sa table ». Décidément bien informé, le journal de gauche explique qu’ensuite « cette brave dévote s'en alla trouver le curé pour lui confier les étranges paroles du vicaire. Le curé, rouge de colère, s'écria : - C'est lui, le misérable, qui a rédigé l'affiche ! Ah, j'aurais dû m'en douter ! »

Le tribunal diocésain, l'officialité de Paris, fut saisi. Six religieux, experts en écriture, assurèrent que l’écriture reproduite sur l’affiche était celle du vicaire et la justice ecclésiastique conclut à la culpabilité de l'abbé Gautier. Il fit appel et tenta de faire citer un marchand forain, M. Chéron, qu’une tenancière de café croyait être l’auteur du libelle. Mais Chéron, qui était également trésorier du comité intersyndical de Vitry refusa de comparaître devant le tribunal d’appel de l'officialité de Versailles, malgré la promesse d’un défraiement. Définitivement condamné devant la cour catholique en novembre 1925, l'abbé Gautier fut frappé d'interdiction d’exercice de sa fonction.

Mais, banni par la justice religieuse française, Gautier indiquait vouloir en appeler à la cour de Rome et, en attendant, tenta sa chance devant la justice civile, en la personne du juge de paix d’Ivry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). L'audience avait attiré à la justice de paix d'Ivry une affluence nombreuse le 13 janvier 1926, plus de deux cents curieux n'ayant pu, selon  L’Humanité, trouver place dans le tribunal. Gautier accuse Chéron d’avoir imité son écriture et d’être le véritable scripteur de l’affiche. Si Mme Daviot, la cafetière, soutient l’abbé Gautier, plusieurs témoins, notamment communistes, dédouanent au contraire Chéron.

C’est le cas également du curé Covin qui transmet une lettre : «. Je vous écris, bien que nous soyons séparés par nos croyances religieuses comme par nos opinions politiques. Mais on me dit que vous êtes accusé d'avoir écrit, il y a deux ans et demi, un placard anonyme qui m'a injurié et diffamé publiquement. Or, je sais que ce n'est pas vous qui avez écrit cette affiche et je vous autorise à dire partout que je sais que ce n'est pas vous. C'est que j'en connais l'auteur et que je l'ai fait punir comme il méritait de l'être. Ce sont des experts qui l'ont découvert. On me dit qu'une femme Daviot (ancienne veuve Martin, de la place de l'Église) voudrait soutenir celui qui vous accuse. Cette personne a déclaré, le 3 juillet 1923, à un inspecteur de la police qu'elle ne savait rien. Si elle ne savait rien cinq semaines après l'affaire, comment peut-elle dire qu'elle sait maintenant quelque chose ? Je le répète, moi qui ai été victime de cette abominable affaire, je suis sûr que ce n'est pas vous qui avez écrit le texte qu'on a copié. »

On rit souvent dans cette audience, où le juge a quelques difficultés à maintenir le calme. Chéron, affirmant son innocence, considère, d’après L’Humanité, que « si le curé a aimé une de ses paroissiennes, il a bien fait. »

Me Barquissau, défenseur de Chéron, s’en prend aux tribunaux ecclésiastiques. Il s'étonne qu'au XXe siècle un tribunal ecclésiastique ose déclarer, en des attendus rédigés en latin, que les témoignages d'ouvriers, spécialement communistes ou anarchistes sont sans valeur, ajoutant que « la profession d'ouvrier n'est pas de celles qui élèvent les cœurs et anoblissent les caractères ». Lucien Barquissau était président de la Fraternelle rationaliste et membre du conseil juridique de l'Union fédérative de la libre-pensée.

Dans un arrêt, présenté comme très documenté par L’Humanité, le juge de paix débouta l'abbé Gautier de son instance et le condamna pour abus de citation et campagnes diffamatoires à 300 francs de dommages et intérêts envers M. Chéron ainsi qu’aux dépens. «... Si nous n'avons pas, sous le régime de la loi de séparation des églises et de l'État, à nous occuper de la validité des décisions ecclésiastiques, par contre, nous devons rechercher la vérité dans une affaire injurieuse ». Il rappela que des rois de France, Charles V en 1371 puis François 1er en 1539 avaient considérablement réduit le champ des officialités, avant qu’elles ne soient abolies par l'Assemblée constituante le 11 septembre 1790. Le juge considérait qu'il n'y avait pas lieu d'accueillir les décisions prises, mais il en tint compte à titre de simples renseignements, pour arriver à faire toute la lumière. Or, il assura que la preuve de la responsabilité de Chéron n'avait pas été administrée.

A suivre

L'abbé Gautier et Chéron, Le Journal, 1926

 

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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 01:01

Victorin Joseph Marie Martin naît le 27 mai 1872 à Vachères, village de la commune de Présailles (Haute-Loire). Il est le troisième des 14 enfants de Marie Mélanie Mialon et de Jean Louis Adrien Martin, propriétaire cultivateur.

Ordonné prêtre en 1897, l’abbé Martin devient en janvier 1898 professeur au petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris (5e arr.).

Il est nommé dans son premier poste paroissial, en septembre 1902, comme vicaire à l’église Saint-Michel des Batignolles de Paris (17e arr.). Il y vivra la séparation de l’église et de l’État puis la première guerre mondiale et y reste 17 ans. Toujours vicaire, Victorin Martin officie à partir de décembre 1919 à Saint-Pierre de Montrouge, Paris (14e arr.).

C’est en novembre 1930 que l’abbé Martin prend possession de la cure de Saint-Charles-Borromée, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), où il succède à l'abbé Paul Charles. Il y vivra la période du Front populaire.

Victorin Martin meurt en fonction le 26 janvier 1937 à Joinville. Il était âgé de 64 ans.

L'église Saint-Charles

 

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28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 01:01

Léon Joseph Roger naît le 16 mai 1863 à Paris (6e arr.). Il est le fils d’Henriette Roustain et de son mari, Édouard Roger, employé au ministère des finances.

Après des études au séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux, Léon Roger est ordonné prêtre dans le diocèse de Paris sans doute fin 1888. Il demande à être affecté la paroisse de Puteaux (Seine, act. Hauts-de-Seine), où il rejoint, en janvier 1889, selon La Semaine religieuse de Paris (1915) « des prêtres d'élite vivaient ensemble, s'adonnant, dans une communauté d'esprit et de sentiments, à l'apostolat des ouvriers, nombreux dans cette localité. »

L’abbé Roger demeura quatorze ans à Puteaux puis fut nommé, en décembre 1903, vicaire de l’église Saint-Médard à Paris (5e arr.). Il est le directeur des œuvres de Sainte-Rosalie, qui s’intéressent aux familles pauvres du quartier et sont assurées par les sœurs de Saint-Vincent de Paul. Il succède aux Prêtres de la Mission, lazaristes, qui en étaient chargés.

Nommé curé de Saint-Charles Borromée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en juillet 1910, Léon Roger arrive au moment où la paroisse vient d’être divisée. Couvrant la totalité de la commune depuis 1860, elle voit son ancienne chapelle de secours Sainte-Anne de Polangis érigée en nouvelle paroisse. Saint-Charles couvre désormais pour l’essentiel les quartiers de la rive droite de la Marne. Roger prend la succession de l'abbé Amédée Lassier, curé de Joinville depuis 1904, nommé curé de Saint-Eustache à Paris. Mais l’abbé Roger constate que, malgré une fréquentation du catéchisme à Polangis sensiblement plus importante que dans son église (153 en 1914), le nombre de ceux fréquentant Saint-Charles n’avait pas sensiblement diminué (114). L’abbé crée une salle de patronage, pour l’éducation religieuse et les œuvres. Il initie la fondation d’une œuvre des Mères chrétiennes.

Assurant le service paroissial à Joinville au début de la première guerre mondiale, l’abbé Roger, est nommé curé de Notre-Dame Auxiliatrice de Clichy (Seine, act. Hauts-de-Seine) en octobre 1915. Il y célèbre en février 1916 une messe pour les victimes des bombardements assurés par un Zeppelin, ballon dirigeable allemand.

Dès octobre 1916, Léon Roger reprend sa cure de Joinville, son successeur, l'abbé Théodore Covin, ayant été nommé curé de Vitry-sur-Seine (Seine, act. Val-de-Marne). Le 11 novembre 1918, après que le tambour-affichiste municipal ait annoncé l’armistice mettant fin à la guerre, l’abbé Léon Roger fit sonner les cloches de l’église à toute volée pendant une demi-heure, à l’unisson des autres lieux de culte de France. Il organisa un Te Deum pour célébrer la fin du conflit et pour le repos des âmes des combattants morts pour la France.

Remplacé à la cure de Joinville en 1921 par l'abbé Paul Charles, ancien vicaire de Saint-Etienne du Mont, Léon Joseph Roger meurt le 10 avril 1944 à Paris (14e arr.). Il résidait alors à la Maison Marie-Thérèse ; établissement d’hébergement des prêtres âgés, fondé par Céleste de Chateaubriand et situé 92, avenue Denfert-Rochereau.

Les deux frères de l’abbé Roger ont été des inventeurs. Ernest Roger (1864-1943) fut ingénieur et l’un des inventeurs, au sein de la société fondée par Eugène Ducretet, de la télégraphie sans-fil ou TSF, qu’il met au point en 1896-1898, en parallèle avec les travaux de Marconi. La société devient Ducretet-Roger en 1908, quand le fils, Fernand Ducretet, prend  la succession de son père. Fernand Ducretet meurt en août 1928 des suites de son exposition aux rayons X, qui allaient également rendre stérile Ernest Roger. Rachetée en 1930, la société pris le nom de Ducretet-Thomson.

Le frère cadet, Henri Roger (1869-1946), qui prit le nom de Roger-Viollet en accolant le patronyme de son épouse, Jeanne Viollet, au sien, fut ingénieur chimiste, astronome et photographe. Sa fille, Hélène Roger-Viollet, journaliste et militante féministe, fonda en 1938 l’Agence Roger-Viollet, qui fut reprise, après son assassinat en 1985, par la ville de Paris.

Saint-Médard en 1915, coll. Roger-Viollet

 

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 01:01

Henri Drevet naît le 13 janvier 1886 au Mans (Sarthe). Il est le fils d’un journalier, Félix Auguste Drevet, et de son épouse, Marie Désirée Bidault. Après que son père ait abandonné le domicile, c’est sa mère qui va l’élever – elle obtient le divorce en avril 1890,.

Devenu tapissier, Henri Drevet épouse en janvier 1910 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) Blanche Marie Thérèse Berthelot, couturière, fille d’un syndicaliste qui s’est suicidé suite à la perte de son emploi dans une maison de bourse, Émile Berthelot. Ils s’installent dans la commune en 1912.

Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Drevet est décoré de la croix de guerre.

Les élections municipales de mai 1935 à Joinville sont la première occasion d’un engagement politique public d’Henri Drevet. Il rejoint la liste du groupement des gauches républicaines, qui avait obtenu 22 élus sur 27 en 1929, derrière Georges Briolay, tapissier lui aussi et maire sortant radical-socialiste. La liste de la municipalité sortante a perdu le soutien du parti socialiste SFIO, qui la soutenait lors du scrutin précédent, et comprend des socialistes indépendants en plus des radicaux-socialistes. Elle présente un bilan mitigé, assurant que, pour réaliser d’importants travaux d’amélioration et d’embellissement elle a dû augmenter les impôts communaux. Elle attribue cet effort à l’aggravation des charges imposées à la ville en période de crise économique (contingent incendie, chômage, moins-values sur les recettes). Le programme de la liste propose, outre la création de squares et l’assainissement, de faire pression auprès des pouvoirs publics pour la réalisation des grands travaux d’outillage national (élargissement du pont de Joinville, suppression du passage à niveau). Les investissements principaux prévus sont construction d’un nouveau groupe scolaire dans le quartier de Polangis et l’agrandissement de deux des écoles existantes.

Devancée au premier tour par la liste de l’Union des républicains, les candidats de centre-gauche seront également distancés au second tour par la fusion des communistes et des socialistes SFIO et n’obtiendront aucun siège. Drevet remporte 766 suffrages exprimés sur 2 856 au premier tour (26,8%) pour 2 923 votants et  3 433 inscrits. Au second tour, il recule à 571 voix sur 2 899 votes valables (19,6%) et 2 924 votants.

Tandis que bien des élus sortants cessent leur activité, Drevet devient au contraire secrétaire du comité de Joinville de la Fédération radicale et radicale-socialiste du canton de Saint-Maur, dont Gabriel Vélard, miroitier, est le président, pendant toute la période du Front populaire. Le 18 mars 1938, après un débat sur l’annexion de l’Autriche au sein de la Fédération cantonale, c’est Drevet qui fait voter un ordre du jour de « confiance au gouvernement pour défendre la cause de la paix. »

La participation d’Henri Drevet à la résistance à l’occupation allemande est attestée par le fait qu’il préside le comité local de Libération, où il représente le mouvement Ceux de la Résistance. Il est également président du Comité joinvillais de la renaissance française. L’arrêté du 26 septembre 1944 le nomme en tant que vice-président de la délégation spéciale, faisant fonction de troisième adjoint au maire. Il siège dans la municipalité conduite par le communiste Robert Deloche, qui comprend également un autre communiste, André Malcouronne, un deuxième radical, François Decrombecque, et un socialiste, Léon Berthet.

Lors des premières élections municipales de la 4e République, en mai 1945, la municipalité sortante est reconduite. Maurice Thorez, vice-président du gouvernement Félix Gouin et secrétaire général du parti communiste français, vient en septembre 1946 faire un discours où, selon L’Aube nouvelle, il « exalte l’école laïque et définit une politique gouvernementale » après le départ du général de Gaulle. Le journal communiste estime les participants à près de 5 000 personnes dans le gymnase Jules-Ferry. Si c’est la maire qui accueille le dirigeant communiste, c’est Drevet, adjoint au maire et secrétaire du patronage laïque, qui est chargé de faire l’allocution introductive. Il indique comment le patronage à peine ouvert avait connu un afflux considérable avec 450 inscriptions en quelques jours. Selon lui, ceci montre « combien cette réalisation municipale correspondait à une nécessité et quelle sympathie elle rencontrait dans la population. »

Au cours des élections municipales de novembre 1947, la liste d’Union républicaine et résistante rassemble les communistes, les radicaux et d’autres personnalités de gauche. Elle obtient un peu moins de voix, mais 11 élus, soit autant que la lise du Rassemblement populaire français (RPF, gaulliste) ; c’est l’unique élu socialiste SFIO qui, en ralliant les communistes et les radicaux, permettra de reconduire une nouvelle fois la municipalité. Le RPF recueillait 3 066 voix sur 6 974 suffrages exprimés (44%), les communistes et radicaux 3 017 (43,2%) et les socialistes 452 (6,8%).

En raison de dissensions avec le maire, Robert Deloche, Drevet démissionne de son mandat d’adjoint le 2 octobre 1950, puis quitta ses fonctions de conseiller municipal le 10 octobre de la même année. Il résidait alors place de Verdun, sur la rive gauche de la Marne.

Henri Drevet meurt le 3 septembre 1966 à Chartres (Eure-et-Loir). Il était âgé de 80 ans.

Cérémonie de la Libération à Joinville

 

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 01:01

Louis Marie Auguste Émile Albinhac naît le 1er août 1876 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Marie Antoinette Virginie Céline Belvaux et de son époux Louis Alexandre Albinhac, employé.

Ordonné prêtre en 1904, il va être affecté au clergé paroissial dans le diocèse de Paris, parfois en banlieue, mais principalement à Paris. Il est d’abord nommé vicaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il assiste l’abbé Amédée Lassier, curé de la paroisse Saint-Charles-Borromée qui venait prendre la succession de l’abbé Alfred Roustan, mort en fonction.

La paroisse compte un seul vicaire et Louis Albinhac prend la suite de l’abbé Husson dans cette fonction. Pendant cette période, les deux prêtres vont vivre la séparation de l’église et de l’État en 1905. Les opérations d'inventaire des biens contenus dans les églises se déroulent à Joinville le 19 février 1906 ; elles ont lieu sans incident, alors que dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, des catholiques ont empêché l'agent du fisc d'accomplir sa mission. Par décret du 20 mai 1912, les biens inventoriés furent partagés entre la ville et son bureau de bienfaisance.

En février 1908, l’abbé Seneuze devient vicaire de Joinville tandis que Louis Albinhac a été nommé vicaire à Saint-Jean l'Évangéliste de Montmartre (Paris, 18e arr.). Il y reste peu, car dès octobre, il devient vicaire à Saint-François Xavier, toujours à Paris (7e arr.).

En août 1914, Albinhac est mobilisé avec le grade de caporal au 64e régiment d’infanterie territoriale (RIT). Il devient sergent en décembre, est transféré en décembre 1915 au 81e RIT, où il est promu sous-lieutenant en juin 1916. En septembre cette année-là, il est cité à l’ordre de la brigade : « Officier très méritant, a montré beaucoup de bravoure et de sang-froid en organisant sa tranchée, attaquée par une patrouille ennemie qui laissa entre nos mains deux prisonniers. »

Devenu adjoint au chef de bataillon en mai 1917, Albinhac passe au grade de lieutenant en juin 1918 et est démobilisé le 25 janvier 1919. Son parcours est inscrit dans le Livre d'or du clergé et des congrégations 1914-1922, paru en 1925.

Au début de la guerre, Louis Albinhac avait séjourné à Baccarat au domicile de la famille Sigvard, qui raconte ainsi la situation dans cette petite ville très proche de la ligne de front : « Nous vivions toujours sous la menace de voir revenir les allemands. Nous avons dû déménager nos matelas pour aller nous installer sous les fours de la Cristallerie, dans de grandes galeries souterraines. C’était obligatoire durant les nuits. Les matelas étaient alignés par quartier, avec un responsable. Et, chaque matin, nous rentrions déjeuner à la maison. Parce que si nous n’étions pas rentrées, la maison pouvait être réquisitionnée pour loger des soldats de l’armée française. Surtout depuis l’annonce de l’arrivée des américains. De toute façon, il fallait déclarer les pièces que nous avions libres. Nous avons logé un aumônier militaire, l’Abbé Albinhac. Il était curé de Saint-François-Xavier de Paris. »

Après-guerre, l'abbé Albinhac reprend son service pastoral à Saint-Jean de Montmartre. Il célèbre notamment deux messes en 1920 pour la Ligue patriotique des Françaises, association féminine proche à sa fondation de l’Action libérale populaire puis réorientée vers l'éducation sociale, les interventions de bienfaisance et l'action sociale.

En octobre 1922 l'abbé Albinhac devient vicaire à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis à l’église de l'Immaculée-Conception à Paris (12e arr.) en avril 1924. En mars 1929, il retourne à Saint-François-Xavier comme premier vicaire. Dans cette paroisse d’un des quartiers les plus huppés de Paris, il célèbre des cérémonies mondaines, comme les obsèques de la marquise de Montebello en février 1930, du marquis de Moy de Sons en mars 1932, du comte Edgard de Villefranche en novembre la même année ou du baron Jurien de la Gravière en novembre 1933.

En mai 1933, l'abbé Albinhac avait également conduit la cérémonie mortuaire du chanoine Paul Coqueret, ancien aumônier de la 60e division d’infanterie, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre et curé de l'église de l’Immaculée-Conception, dont il était l’exécuteur testamentaire.

Après 19 ans passés à Saint-François-Xavier, le père Albinhac va consacrer 18 ans à une paroisse beaucoup plus populaire, Saint-Antoine des Quinze-Vingts Paris (12e arr.). Il y est nommé curé en mai 1934. Lors de la fête corporative de l'Union catholique du personnel des chemins de fer, en juillet de cette année, on assure qu’il est appelé « curé du P.-L.-M. », la compagnie qui gère la liaison ferroviaire Paris-Lyon-Marseille depuis la gare de Lyon. Il est présent au banquet du cinquantenaire des syndicats chrétiens, organisé par la CFTC en octobre 1937.

L’activité militaire d’Albinhac fait qu’il est partie prenante de la constitution, en mai 1936, avec 50 autres religieux de l’association des Prêtres anciens combattants (PAC), une organisation présidée par le chanoine Filleux, curé de Saint-Louis de Vincennes et dont l'abbé Albinhac est trésorier. L’association organise notamment des congrès-pèlerinage, à Lourdes en 1936 puis à Vienne (Autriche) en 1937. En lien avec cette fonction, le curé organise plusieurs cérémonies commémoratives. Il est nommé chanoine honoraire en janvier 1938.

Un service à la mémoire des disparus du sous-marin Phénix, qui coule au large de l’Indochine le 5 juin 1939, est organisé en juillet de cette année à la demande du Parti social français (PSF), pour honorer André de Saint-Martin, un de ses membres ; le colonel François de la Rocque, fondateur du parti d’extrême-droite, y participe. Le chanoine Albinhac célèbre la messe dans son église.

L’abbé Louis Albinhac meurt le 22 juillet 1952 à Paris (12e arr.). Il était âgé de 75 ans et toujours titulaire de la cure de Saint-Antoine des Quinze-Vingts.

Saint-Antoine des Quinze-Vingts, photo MBZT, Wikipédia

 

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 01:01

Suite de la biographie d'Emile Simonard.

C’est en novembre 1921 que l'abbé Simonard prend en charge une cure, étant nommé à la tête de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il remplace l'abbé Seneuze, premier curé de Polangis, nommé à la création de la paroisse en 1910.

Lors d’une rencontre de l’Association catholique des hommes de son ressort, Simonard prononce une allocution en faveur de « l’Union sacrée pour le bien et le bonheur de notre France ». Chaque année, début décembre, une cérémonie est organisée en souvenir des combattants de 1870-1871 morts lors de la bataille de Champigny, en général à l’église Saint-Saturnin ; l'abbé Simonard en est souvent le prédicateur. En 1923, son intervention est publiée par le quotidien d’extrême-droite La Libre Parole : « A ne prendre que l’apparence, nos morts de Champigny n’ont pu triompher de l’adversaire ; leur héroïsme paraît comme inutile. Apparence trompeuse, car pendant près de quarante années, Champigny a été une de ces claires lumières où l’âme de France venait chercher Les directives d’action qui lui étaient nécessaires, pour garder le tenace et irréductible espoir des revanches de la justice et du droit ». Il poursuit avec une tonalité plus politique : « Nous devons donc associer dans un même mouvement de reconnaissance les morts de 1914-1918 à ceux de 1870 ; tous nous apportent la même éloquente et nécessaire leçon de discipline et d’obéissance consciente qui est l’indispensable leçon de l’heure présente (…) Nos grands chefs étaient des croyants catholiques pratiquants (…) Ils ont défendu la Justice divine, la Vérité ! Suivons-les et acceptons l’autorité. Il y a de l’ordre, de l’harmonie dans la Nature ; il doit y en avoir dans la Société ! »

L’abbé Simonard est souvent mobilisé comme prédicateurs de carême : à Saint-Hippolyte en 1920, Saint-Eloi en 1922, dans son ancienne paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Belleville en 1923, à Charenton en 1926, Saint-Honoré d'Eylau en 1929, Saint-Eugène en 1933, etc.

Il fait partie des premiers abonnés du quotidien d'inspiration démocrate-chrétienne l'Aube, fondé en 1932 par Francisque Gay et codirigé par Gaston Tessier, secrétaire général de la Cftc.

L’église de Polangis, avant son érection en paroisse, portait le nom de « chapelle des usines », étant proche des établissements Pathé-Natan. Elle était de fait très liée aux métiers du cinéma. L'association l’Entraide du Cinéma demande à l’abbé Simonard de célébrer, le 1er décembre 1934, un service funèbre â la mémoire de tous les cinématographistes morts dans l'année : producteurs, éditeurs, distributeurs, metteurs en scène, industriels, artistes, auteurs, directeurs, opérateurs, ouvriers, employés ; le quotidien culturel Comoedia en compte 237 pour les onze premiers mois de l’année. Simonard assure : « C'est de grand cœur que j'ai accueilli cette demande (…) comme curé d'une paroisse où est établi le premier studio de France. »

La messe des morts du cinéma accueille, en 1936 et 1938 à Sainte-Anne de Polangis le cardinal Verdier, archevêque de Paris. En décembre 1938, la dernière des messes du type est déplacée à l’autre édifice cultuel joinvillais, Saint-Charles-Borromée, de plus grande contenance.

Émile Simonard va s’intéresser de manière plus concrète au 7e art. Lors du tournage aux studios de Joinville d’un film de Jean Dréville, Les Petites Alliées, en janvier 1936, Madeleine Renaud et Constant Rémy se plaignaient du jeu peu crédible d’un figurant supposé les marier. Un régisseur alla chercher l’abbé de Polangis qui fit la scène et avoua : « Voici longtemps que j'avais envie de tourner. »

Le figurant partagea le cachet qu’on lui avait remis entre son enfant de cœur et un chômeur du voisinage.

Émile Simonard meurt le 22 janvier 1937 à l’âge de 61 ans ; son décès est transcrit dans l’état-civil de Joinville. Le journal syndical L'Employé, qui lui rend hommage en disant qu’il « avait su se faire aimer et respecter, notamment des cinéastes », assure qu’il a été « écrasé par une tâche trop lourde. »

 

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 01:01

Suite de la biographie d'Amédée Lassier

Nommé curé d’une des plus grandes églises de Paris, même si la population paroissiale est relativement limitée, l'abbé Lassier va donner à son ministère une autre dimension. La presse catholique et conservatrice l’apprécie manifestement. Le chroniqueur religieux du Figaro, Julien de Narfon, estime dès sa prise de fonction, que c’est « un prêtre fort intelligent, très distingué, très affable ». La Croix loue son zèle. Un de ses camarades de séminaire, l'abbé Adam, procède à son installation en l’avertissant que son rôle serait non seulement d’évangéliser, mais de convertir : « Elles sont nombreuses encore les paroisses parisiennes qui n'ont pas une église proportionnée par ses dimensions au chiffre des habitants. Ici, ce n'est pas l’église qui manque aux fidèles, ce sont les fidèles qui manquent à l'église ». L'abbé Adam compare le vaste édifice de Saint-Eustache à une « nécropole ». Le Figaro se réjouit de « l'éloquence, pleine de charme » de l'abbé Lassier. Le quotidien Le Soleil voit en lui un « apôtre aimable, persuasif, conquérant. »

La première modification substantielle qu’apporte M. Lassier en octobre 1910 est le retour à des récitals d'orgues pendant la messe dominicale de 11h. L’autre innovation est l’appel à un missionnaire apostolique, orateur réputé, l'abbé Dien. Le Figaro apprécie la messe en musique et juge que « l'église de Saint-Eustache, sous l'énergique impulsion de son nouveau et zélé curé M. l'abbé Lassier, s'éveille décidément de son long sommeil ».

Dès mars 1911, le même journal peut affirmer que « la paroisse Saint-Eustache est redevenue l'une des plus vivantes de la capitale ». C'est devant « un immense auditoire », chiffré par Julien de Nafon à 3 000 personnes, que l'abbé Dien fit une conférence sur « la femme contemporaine », toujours accompagnée de musique religieuse. Les paroissiens, satisfaits, offrent à l'abbé Lassier une statue de Jeanne d'Arc. Continuant sur le même thème, un mois plus tard, le quotidien conservateur voit alors 4 000 participants, essentiellement des femmes. Il s’agit d’une société choisie : « cet auditoire se recrute principalement dans les paroisses riches où l'abbé Dien a prêché avec un succès dont témoigne la file d'équipages stationnant au dehors et qui se prolonge parfois, à travers les halles, jusqu'à la Seine ». Une chorale, la Schola Sanctae Ceciliae, dirigée par Félix Raugel, et un organiste, Joseph Bonnet, sont mobilisés. En mai, c’est La Croix qui note « une foule considérable » lors d’une une messe de requiem. En juin, l'église Saint-Eustache accueille un congrès parisien et régional de chant liturgique et de musique d'église.

En mars 1912, Le Figaro signale de nouveau que pendant les conférences de l'abbé Dien, le mercredi pour les « femmes du monde » Saint-Eustache « est toujours archi-comble ». Mais il note « par contre la paroisse ne compte ni parmi les plus riches, ni parmi les plus pieuses et il entre donc dans le magnifique auditoire de l'abbé Dien beaucoup d'éléments étrangers. »

Pour les hommes, on fait appel, à l'abbé Mathieu qui répond, le mardi soir, « aux accusations portées contre l'Église » dans des « conférences dialoguées » où l’abbé Lassier prend toutefois soin qu’il n’y ait pas de contradiction ; Le Figaro y voit du « tact. ».

Conférences et concerts continuent pendant et après la guerre, notamment à l’occasion de commémorations.

Cependant, quand il quitte sa fonction en 1922, plusieurs journaux, relayés par le quotidien La Presse parlent de la « misère de la paroisse », qui serait « hors d'état d'assurer même le chauffage de l'église » et évoque une « grève perlée » du clergé. L'abbé Carcoux, successeur de Lassier, dément la grève et assure que « la vérité est que la paroisse de Saint-Eustache se dépeuple, les habitants, victimes de la crise des loyers, cédant chaque jour la place aux maisons de commerce, aux banques, aux bureaux. De là une diminution des ressources de la paroisse. »

Chanoine titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris à partir de juillet 1932, l'abbé Lassier semble avoir, une activité publique bien plus réduite. Il a à ce moment 69 ans et fait de réguliers séjours à Brunoy (Seine-et-Oise, act. Essonne).

Amédée Lassier meurt le 21 février 1937 à Paris (14e arr.). Il était domicilié rue Denfert-Rochereau et avait 84 ans.

Saint Eustache vers 1900

 

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