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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 00:09

Les « habitants de la paroisse de Varenne-Saint-Maur-les-Fossés » ont rédigé en prévision des états généraux un cahier de doléances, qui est daté du 14 avril 1789. À noter qu’il existait à cette date deux paroisses sur ce territoire, celle de Saint-Hilaire (La Varenne) et Saint-Nicolas (Saint-Maur) ; en outre, plusieurs textes fiscaux et administratifs mentionnent une troisième paroisse, celle de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont), qui cependant ne dispose ni d’une église, ni d’un desservant (voir notamment Auger, Traité sur les tailles et les tribunaux, Barrois, Paris, 1788). Les signataires, comme nous l’examinerons dans un article ultérieur, proviennent des deux premières paroisses ; le dernier d’entre eux peut être relié avec la troisième.  

L’exemplaire original du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur est manuscrit. Il est déposé aux Archives nationales. Une photocopie de ce document est déposée aux Archives municipales de Saint-Maur-des-Fossés.

La première publication du texte semble avoir été par J. Mavidal et É. Laurent en 1860 dans le tome 5 des Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; ils citent comme source « un manuscrit des Archives de l'Empire », qui est certainement celui des actuelles Archives nationales.

Deux autres publications intégrales sont disponibles. D’abord celle d’Émile Galtier dans son Histoire de Saint-Maur-des-Fossés (1913). Ensuite celle d’Annie Noly dans sa thèse Saint-Maur-des-Fossés sous la Révolution (1971, dactylographiée, conservée aux Archives de Saint-Maur).

Hormis quelques détails orthographiques ou de ponctuation, l’original et les trois publications ne présentent aucune variante significative. L’original ne comporte pas de défaut ni de difficultés de lecture. 

Le livre de Mavidal et Laurent ainsi que celui Galtier sont disponibles en consultation sur le site internet de la bibliothèque nationale de France, Gallica.

Nous commençons avec cet article une série où nous publierons le cahier de doléances puis les commentaires sur ce texte. Ensuite nous examinerons quels en sont les signataires et nous essaierons de rédiger un portrait de chacun d’eux.

Cahier-doleances.png

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 10:49

Après une interruption de six mois due à d’autres priorités occupationnelles, les publications sur ce blog Polmorésie vont reprendre.

Parmi les travaux que nous retrouverons, des recherches sur la période précédant la révolution française dans la presqu’île de la boucle de la Marne (Saint-Maur, Joinville), et de larges échos liés à la première guerre mondiale, notamment dans les Vosges et la banlieue parisienne.

Merci de vos encouragements pour les publications déjà en ligne.  

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:08

Ce dixième article sera le dernier de cette série sur l’histoire économique et sociale d’une entreprise métallurgique de Joinville-le-Pont (Val de Marne), la Compagnie française du Bi-Métal. Elle marqua le paysage urbain, comme l’environnement humain des boucles de la Marne.

Si la première guerre mondiale a apporté une prospérité considérable à la société, le retour à la paix est au contraire l’annonciateur du déclin. Il y avait quatre usines ; en 1921, celle de Paris ferme pendant trois mois ; celle d’Alfortville s’arrête en août pour une période indéterminée. Quant aux unités de Joinville et Maisons-Alfort, stoppées pendant un mois en janvier 1921, elles réduisent leurs effectifs. Il n’y a plus que 50 ouvriers à Maisons-Alfort. Si Joinville en occupe cent, contre plus du double avant guerre, ils voient leur temps de travail réduit à quatre jours par semaines – avec un salaire correspondant.

La société, qui occupait 900 personnes, n’a plus que 250 salariés. Alors que le coût de la vie a triplé entre 1913 et 1920, les salaires se sont contentés de doubler ; la perte de pouvoir d’achat est donc d’un tiers.

Le quotidien communiste L’Humanité suggère des solutions pour reconvertir la main-d’œuvre : démolir les fortifications qui entouraient Paris, étendre le métro, agrandir le port fluvial de Paris, construire des maisons à bon marché.

Les dirigeants de l’entreprise ne sont guère optimistes. Présentant, le 31 mai 1922, les résultats de l'exercice 1921, ils soulignent que l’année « n'a vu se produire aucune amélioration dans la situation de notre industrie. Tout au contraire, les difficultés que nous vous signalions lors de notre dernière Assemblée générale n'ont fait qu'augmenter. »

Certes, écrivent-ils, « la crise de consommation s'est atténuée vers la fin de l'année, nous permettant ainsi de remettre au travail une partie de nos effectifs ouvriers », mais « les résultats d'exploitation ne s'en sont guère trouvés améliorés par suite de l'état du marché qui n'a pas permis d'obtenir des prix rémunérateurs ». En conséquence, ils s’estiment « heureux » de pouvoir présenter un « très modeste résultat », qui n’est d’ailleurs obtenu  qu'en renonçant aux amortissements des usines de Joinville. Les dirigeants voient une explication dans l’évolution des cours des métaux, achetés en livres ou en dollars.

L’activité industrielle, fortement réduite, perdure après la seconde guerre mondiale, sur un terrain de la commune de Saint Maurice. Spécialisée dans la production de câbles La société Bi-Métal est apportée au groupe Tréfimétaux, repris par Péchiney puis par l’italien Pirelli, avant de cesser son activité dans le Val de Marne. Les bâtiments, reconstruits, accueillent aujourd’hui diverses entreprises, dont une société de traitement des eaux.

Ø      Pour en savoir plus : L'Humanité, 2 septembre 1921

 1910 Bi-metal atelier

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 00:05

Après la très longue grève de 1910, les affaires reprennent comme d’habitude à l’usine metallurgique Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne). Début mai 1910, un fondeur, Philémon Guillou, vingt-cinq ans, tombe dans un bain de cuivre en ébullition ; atrocement brûlé, il est transporté dans un état désespéré à l'hôpital.

Mais tous ces évènements n’ont gère troublé les responsables de la société. Ainsi, lors de l’assemblée générale du 25 mars 1912, le président Louis de Seynes, un industriel protestant, est-il « heureux » d’annoncer que les résultats de l'exercice 1911 sont conformes aux prévisions, c’est-à-dire qu’ils procurent un bénéfice substantiel. Un nouvel atelier est ouvert à Alfortville (Val de Marne). À Joinville, « les machines à vapeur ont été remises à neuf »

La première guerre mondiale allait voir l’apothéose économique de la société, qui se reconvertit dans le matériel militaire. Ceci ne se fait pas sans quelques inconvénients. Le préfet de police attire ainsi en 1915 l’attention de son confrère, le préfet de la Seine, sur « le danger, les odeurs et les bruits de cette usine. »

Par contre, sur le plan financier, tout va bien. Un anarchiste surnommé Mauricius (Maurice Vandamme, 1886-1974) la classera parmi « Les profiteurs de la guerre ». Les bénéfices passent de moins de 900 000 francs en 1913 (2,9 millions d’euros) à plus de 7 millions en 1915 (18,9 m€). La société, au capital de deux millions se constitue une réserve qui atteint 19 millions en 1917 (38 m€). Le cours de bourse s’en ressent. Cotée à 262 francs en 1914, l’action de la société est propulsée à 800 francs en 1917, soit une hausse de 205%.

Le résultat atteindra même l’année suivante neuf millions. Le Cartel des services publics confédérés, la fédération des syndicats de fonctionnaires de la Cgt maintenue (Confédération générale du travail, socialiste) présentera la Compagnie du Bi-Métal comme l’exemple des « bénéfices de guerre » lors de son congrès de Versailles des 9 et 10 mars 1924.

À la veille de la fin de la guerre, en octobre 1918, le cours de l’action Bi-Métal monte à 1 389 francs. Deux nouvelles usines ouvrent, à Paris et Maisons-Alfort, s’ajoutant à celles de Joinville et d’Alfortville.

Ø      Pour en savoir plus : Mauricius, Les profiteurs de la guerre, édition du journal « Ce qu’il faut dire… », Paris, novembre 1917.

Vue l’usine Bi-Métal

cartes-postales-photos-Usine-du-Bi-Metal-JOINVILLE-LE-PONT-

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 00:06

Lors des articles précédents, il a été fait état les violences qui ont marqué la grève de l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne), entre le 19 janvier et le 18 avril 1910 : bagarres, coups de feu, menaces de mort, jets de pierre, bastonnades, arrestations…

Mais les incidents ne se sont pas limités à l’entreprise et à ses abords. Nous sommes dans un contexte où l’anarchisme et le syndicalisme-révolutionnaire sont puissants. Le secrétaire de l’Union des métaux de la Seine, Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève, est d’ailleurs un des hérauts de cette tendance radicale au sein de la Confédération générale du travail (Cgt).

Dès le début du conflit, une affiche apposée sur les murs de Joinville et de Saint-Maurice et signée « Le comité de la grève » annonce que « la machine à frictionner serait sous pression » pour « les rares inconscients qui passeraient outre » le mot d’ordre d’arrêt du travail.

Au mois de mars, des appels sont lancés par les grévistes aux soldats venus pour renforcer le service d'ordre pour qu’ils désobéissent, tandis que la police et la direction de l’usine sont l’objet d’attaques dans de nouvelles affiches. Le commissaire de police reçoit une lettre signée « un groupe de grévistes » revendiquant la coupure d’une centaine de fils télégraphiques ou téléphoniques ont été coupés dans la banlieue de Paris et se terminant par « Nous continuerons ! »

Ces actions vont être théorisées par un présumé « comité révolutionnaire secret de la région de Joinville » dont l’existence et les actes seront évoqués lors d’un débat à la Chambre des députés.

Le syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget (1860-1931), fondateur du Père Peinard puis rédacteur en chef du journal de la Cgt, La Voix du peuple, publiera un bilan de l’action de ce comité dans une réédition de sa brochure intitulée Le sabotage en 1910 en reproduisant une circulaire par lequel le comité explique la marche à suivre.

Avec un autre comité de Seine-et-Oise (actuels départements de l’Essonne et des Yvelines), le comité Joinvillais revendique la coupure de 795 lignes téléphoniques et télégraphiques du lors d’actions conduites entre le 8 et le 28 juillet 1910 pour « protester contre l'arrestation arbitraire du camarade Ingweiller, secrétaire de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux, les poursuites scandaleuses engagées contre le comité de grève du Bi-Métal et les condamnations prononcées le 25 juillet 1910. »

C’est le 27 octobre 1910 que les députés vont débattre du sujet. Le président du conseil, Aristide Briand (1862-1932, centre droit), donne lecture de la circulaire sur le sabotage des lignes télégraphiques et téléphoniques, qui contient le « septième bilan du groupe révolutionnaire joinvillais », accueilli par des remarques ironiques des élus socialistes qui considèrent que « c’est une lettre anonyme », soupçonnant même une œuvre de police.

Le quotidien, Le Temps, lui n’en doute pas une seconde et s’étrangle même, parlant de « séance du sabotage » : « L'ironie en pareil cas équivaut à une approbation tacite ». Le journal, qui est l’organe officieux du patronat (le Comité des Forges), s’exprime au nom d’une « immense majorité de citoyens raisonnables dominés et terrorisés par une poignée de furieux » et estime que « les députés socialistes auraient mieux fait de réprouver la propagande criminelle qui s'étale en plein jour. »

Le livre d’Émile Pouget, est réédité régulièrement, il sera trouvé dans la bibliothèque des inculpés de Tarnac (Corrèze), soupçonnés de s’être attaqués en 2008 à des lignes d’alimentation pour les trains de la Sncf. Le comité de Joinville avait un avis sur le sujet : il « recommandait aussi, avec beaucoup d'insistance, de ne pas toucher aux fils des signaux ni aux fils télégraphiques des compagnies de chemin de fer » selon Émile Pouget.

Ø      Pour en savoir plus : Émile Pouget, Le sabotage, CNT-AIT, 1986, Paris et Le Temps, 27 octobre 1910.

Sortie de l'usine Bi-Métal

Bi-Metal-sortie-usine.jpg

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 00:05

Les affrontements liés à la grève de l’usine métallurgique Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne), entre janvier et avril 1910, amènent de nombreux incidents, parfois violents entre grévistes et non-grévistes, policiers, gendarmes voire l’armée, qui se déploie également aux abords des ateliers qui produisaient des fils téléphoniques.

Le 18 mars, une dizaine d’ouvriers grévistes sont interpellés ; six d’autres le seront le 27 du même mois, après des jets de pierres ; il y en aura encore sept le 12 avril, dont le secrétaire l’Union Cgt des métaux de la Seine, Gaspard Ingweiller, accusé de port d’arme prohibée (un revolver).

Le 18 avril, l’usine rouvre après pratiquement trois mois d’arrêt, et la plupart des ouvriers reprennent le travail. Les incidents autour de Bi-Métal ne cessent pas pour autant.

Le 2 mai, deux plâtriers âgés de 27 ans, Henri Abalan et Louis Fuzellier, demeurant à Montreuil vinrent, armés eux aussi, pour protester contre l'arrestation d'Ingweiller. Ils tirèrent plusieurs coups de revolver devant l'usine du Bi-Métal ; ils furent arrêtés.

Le 5 mai, un important meeting est organisé dans la vaste salle de la coopérative de Gravelle à Saint-Maurice. Cette institution, fondée en 1901, est alors devenue un haut lieu du mouvement ouvrier local. La manifestation est présidée par Georges Yvetot, secrétaire général adjoint de la Cgt (1868-1942). Les orateurs exigent, avec vigueur, la libération du syndicaliste emprisonné. Une manifestation d’un millier de personnes se dirige vers Joinville à la fin du meeting, mais un important service d'ordre les en empêche, et la protestation se termine « après quelques bagarres sans importance » selon le quotidien Le Petit parisien. Le quotidien Le Matin a compté pour sa part 300 personnes.

L’épilogue judiciaire aura lieu le 29 juillet. La 9e chambre correctionnelle de la Seine condamne huit grévistes poursuivis pour entraves à la liberté du travail avec violence, à des peines variant de quinze jours de prison avec sursis à un mois de prison sans sursis. Gaspard Ingweiller, en tant que dirigeant de la grève, est condamné à six mois fermes.

Parmi les avocats des grévistes, on comptait le petit-fils de Karl Marx, Jean Longuet (1876-1938), député socialiste de la Seine (Sceaux, Villejuif).

Ø      Pour en savoir plus : Le Matin et Le Petit parisien, avril, mai et juillet 1910.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier8.jpg

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 00:09

En grève depuis le 19 janvier 1910, 240 employés de l’usine métallurgique Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne) n’ont pas repris le travail fin mars. La direction, qui a tenté de faire appel à une organisation de non-grévistes, le syndicat des jaunes, a dû y renoncer. Mais la tension ne baisse pas pour autant. Au sein du personnel, un certain essoufflement apparaît après presque trois mois de conflit ; des ouvriers ont des entrevues avec les directeurs de l'usine au sujet d’une reprise du travail et une pétition est lancée par quelques uns d’entre eux.

L'usine du Bi-Métal était gardée par la gendarmerie et la police, mais devant la violence des affrontements, le gouvernement juge que c’est insuffisant et fait appel à l’armée : chasseurs à pied et dragons viennent donc faire la garde à Joinville, à partir du 11 avril.

Le 12 avril, Gaspard Ingweiller, dirigeant de l’Union des métaux de la Seine (Cgt) et chef du mouvement lancé à Joinville, est arrêté après une course poursuite. Il se rendait à la gare de Joinville pour y prendre le train pour Paris. Au moment où il pénètre dans la salle de distribution des billets, il y reconnaît quelques inspecteurs de police en civil. Il sort alors, et veut prendre le tramway qui rejoignait la porte de Vincennes, mais un policier à bicyclette lui barre le passage. Ingweiller tenta alors de se perdre dans le bois de Vincennes, mais un autre agent en civil se mit à sa poursuite et l'arrêta. Il était porteur d'un revolver. Conduit au commissariat, puis envoyé au dépôt, il est inculpé d'entraves sérieuses à la liberté du travail.

Six autres personnes sont inculpées le même jour, pour entraves à la liberté du travail et violences, mais sans être mises en prison. Mais six autres grévistes du Bi-Métal avaient comparaissaient, le même 12 avril, devant le tribunal correctionnel, pour entrave à la liberté du travail, outrages aux agents et port d'arme prohibée ; le 27 mars, ils avaient attaqué à coups de pierres el de bâtons des travailleurs non-grévistes. L’un d’entre eux est aussi condamné pour infraction à la loi sur les étrangers : François Lucchi est condamné à deux mois de prison ; un autre membre de la famille, arrivée à Joinville en 1901, Jean, considéré comme « ayant agi sans discernement », est acquitté ; un troisième Lucchi, Jacques, sera dans les années 1920 dirigeant des jeunesses communistes et responsable du club sportif ouvrier de Saint-Maur Joinville.

Les autres condamnés sont Elipoura (deux mois de prison) ; Bluche et Florence (trois mois chacun). Une femme fait également partie du groupe, Catherine Thomé, envoyée derrière les barreaux pour quinze jours.

Ø      Pour en savoir plus : Le Petit Parisien, L’Humanité et La Croix, numéros d’avril 1910.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier7.jpg

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 00:06

Depuis le 19 janvier 1910, les quelques 240 employés de l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne) est en grève. De plus, l’usine qui fabrique notamment des fils téléphoniques, est sous les eaux au cours de l’inondation historique qui recouvre tous les terrains bas pendant tout le mois de février.

Début mars, la Marne s’est retirée. La direction se mit en devoir de procéder au graissage des machines qui avaient été submergées. Une équipe de mécaniciens parisiens est recrutée par les contremaîtres vendredi 18 mars ; ils arrivent accompagnés matin et soir par une escorte de policiers entre la gare du chemin de fer et l’usine. Mais l'entrée des ateliers est barrée par des grévistes embusqués qui leur interdisent l'accès de l'usine, tirant même des coups de revolver ; dix grévistes seront arrêtés.

La direction décide alors de faire appel au « Syndicat des jaunes », un mouvement anti-gréviste fondé en 1899 et soutenu par des groupes d’extrême droite. Le lundi 21 mars, ils sont une quarantaine, toujours accueilli par des protestations des grévistes. La tension monte encore. Des menaces de mort ont été adressées au directeur et fils télégraphiques et téléphoniques ont été coupés à Saint-Maurice.

Changement de tactique alors parmi les syndicalistes des métaux. Jeudi 24 mars, il vient cinquante jaunes, ou prétendus tels. Afflux de chômeurs attirés par l’espoir d’un travail ? Peut-être, mais il y a sans doute également, selon le quotidien libéral Le Journal des débats, de pseudo-jaunes se seraient glissés dans l’équipe, pour discréditer l’organisation des anti-grévistes et prouver que, selon le mot de L’Humanité « La jaunisse coûte cher. »

Un des ouvriers nouvellement embauché est surpris emportant des pièces de cuivre dans une toile dissimulée sous son veston. La police procède à une fouille à l’entrée de la gare parmi les ouvriers qui regagnaient Paris : elle trouve sur six d’entre eux une moyenne de vingt kilos de métal ; ils sont eux aussi envoyés en prison. Le lendemain, un autre est encore convaincu de vol.

La direction de l'usine décide alors de congédier tout le personnel nouvellement embauché et de fermer les ateliers.

Ø      Pour en savoir plus : L’Humanité, La Croix et Le Journal des débats, numéros de mars 1910.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier6.jpg

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 00:04

François Joseph Benoit (vers 1750-1802), perruquier, secrétaire-greffier de La Branche du Pont de Saint-Maur.

François Joseph Benoit, naît en 1750 ou 1751 à Namur, alors dans les Pays-Bas autrichiens, aujourd’hui en Belgique. Il épouse Marie Anne Destouches. François Joseph Benoit exerce la profession de perruquier à La Branche du Pont de Saint-Maur où il réside rue du Pont. Ils ont sans doute eu des enfants (Charles Hubert et François).

Benoit participe à la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur constituée en l’an II (4 avril 1793). En tant que secrétaire-greffier, il est membre du conseil municipal, exécutif de la commune.

Le village, qui avait 409 habitants au recensement de 1794, a une administration composée de 5 membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de 6 personnes formant le conseil municipal, autour du maire. Pendant le mandat de François Joseph Benoit, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy.

François Joseph Benoit meurt le 13 ventôse an X (5/03/1802) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il était âgé de 52 ans. Son décès est déclaré par ses beaux-frères Pierre Antoine Louis Destouches, 54 ans et Jean Antoine Louis Destouches, 38 ans. Tous les deux ont siégé ou siègeront à l’assemblée communale.

Sa veuve, Marie Anne, meurt trois mois plus tard, le 16 prairial an X (5/06/1802). Elle était âgée de 49 ans.

Un autre Benoit, Louis Eugène Théodore, sera membre du conseil municipal en 1834 ; il s’agit sans doute d’un fils de Charles Hubert Benoit (vers 1782-1824), qui est probablement le fils de François Joseph Benoit. Charles Hubert Benoit avait pris la succession de François Joseph Benoit en tant que perruquier (il l’est en l’an X), avant de devenir aubergiste (profession mentionnée à son décès).

Sources : Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections).

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

La signature de François Joseph Benoit sur un document d'archive

Benoit-Francois-Joseph.png

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 00:02

 

Nicolas Bauche (1734-1813 ?), abbé, franc-maçon, secrétaire-greffier de La Branche du Pont de Saint-Maur.

La date de sa naissance n’est pas connue, mais il a 57 ans en octobre 1791 et serait donc né en 1734.

Nicolas Bauche devint prêtre et rejoignit la congrégation des Minimes du bois de Vincennes. Il s’engage dans la Franc-maçonnerie et s’associe à la loge l’Heureuse réunion, issue de la fusion en 1775 de l'Ancienne de Saint-Jean et de la Vertu triomphante. Plusieurs ecclésiastiques en sont membres ; elle s’intéresse particulièrement au monde des arts. Étienne Poisson des Londes, maréchal des camps et armées du Roi et ingénieur en chef à Lille, en est le premier responsable.

En 1785, l’abbé Bauche participe au convent des Philalèthes qui se tient à Paris à partir du 19 février. Convoqué par la loge des Amis réunis, l’objectif du convent, qui aura une seconde session en 1787, était de réunir tous les régimes maçonniques alors en usage pour les unifier. Bauche donne lecture d’un mémoire le 14 avril.

En 1791, l'abbé Bauche est appelé pour devenir aumônier de la garde nationale basée à La Branche du Pont de Saint-Maur, alors que les congrégations vont être dissoutes et que les couvents sont dispersés. La garde nationale du village est forte de 120 hommes, placés sous l’autorité du commandant Yvon, et elle est notamment chargée de défendre le pont de Saint-Maur (qui s’appelle désormais pont de Joinville).

Nicolas Bauche va jouer un rôle important dans la naissance de cette commune, créée en 1790 et rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831. Bien que les habitants relèvent toujours de la paroisse de Saint-Nicolas de Saint-Maur, dont le hameau du Pont s’est séparé, l'abbé Bauche fait réparer la chapelle Saint-Léonard, qui était en fort mauvais état. Il y célèbre plusieurs messes solennelles. Il honore la mémoire du comte Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, mort le 2 avril 1791, dont le frère, dit Mirabeau-Tonneau, habite le château de Polangis.

Toujours en 1791, l'abbé Bauche dit une messe le dimanche 27 septembre pour fêter l’adoption de la Constitution du 3 septembre 1791, premier texte fondamental écrit en France, qui inclut la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.

Le 21 septembre 1791, c’est le père Bauche qui assure la publication de l’acte constitutionnel en tant que secrétaire-greffier de la commune. Dans les autres communes, c’est généralement le maire qui se charge de cette tâche. Le secrétaire-greffier élu en 1790 pour l’année 1791 était Nicolas Spycket, carrier ; Nicolas Bauche semble l’avoir remplacé au moins pour cette occasion. À ce titre, il fait partie du conseil municipal, exécutif de la commune.

Selon l’historien Émile Galtier « La cérémonie commence à 10h à la chapelle Saint Léonard où une messe est célébrée. Elle se poursuit avec un cortège de jeunes filles habillées en blanc vers la maison commune. Le père Bauche, aumônier de la garde nationale, secrétaire-greffier, fait la publication de l’acte constitutionnel c’est lui qui assure (à Saint Maur, c’est le maire). Puis, un Te Deum est chanté dans la chapelle. Le soir, un brandon est allumé au milieu du pont, où l’on danse jusqu’au milieu de la nuit. »

Malgré les réparations faites en 1792, la chapelle Saint-Léonard, datant du 13e siècle, continue de se dégrader. Après une évaluation des dangers qu’elle fait courir, l’administration des domaines adjuge le 6 mai 1804 la démolition pour 335 francs. Il faudra attendre 1860 pour que la commune dispose d’un nouveau lieu de culte catholique et soit érigée en paroisse.

Nicolas Bauche ne figure pas parmi les 423 habitants recensés dans la commune en 1802.

La date de son décès n’est pas connue. Peut-être s’agit-il de Nicolas Bauche, mort le 3 février 1813 à Paris (8e arr.). Il aurait eu alors 79 ans.

Sources : Georges Naudet, L'histoire de Fontenay-sous-Bois, Éditions Jean Naudet, 1980 ; Anonyme : La Franc-maçonnerie dans l'État, H. Gomeare, Bruxelles, 1859 ; Charles Porset : Les philalèthes et les convents de Paris: une politique de la folie, H. Champion, Paris, 1996 ; Jean Marie Lazare Caubet : La franc-maçonnerie: lettre à Mgr l'évêque d'Orléans, Aux Bureaux du Monde maçonnique, 1875 ; Alexandre de Saint-Léger : Histoire de Lille des origines à 1789, Ém. Raoust, Lille, 1942 ; Conseil général de la Seine : Saint Maur des Fossés, notice historique, Montévrain, Paris, 1905 ; Émile Galtier, Histoire de Saint Maur, E. Champion Paris, 1923 ; Georges Bousquié : Histoire de Joinville-le-Pont (XII, XIII et XIV) - La chapelle Saint-Léonard in Le Vieux Saint-Maur (n° 12, 1952, p. 189-191 ; n° 13, 1952, p. 199-202 ; n° 14, 1953, p. 216-219) ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements).

{C}

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

 

La signature de l'abbé Bauche sur un document d'archive

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