Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 00:02

Antoine Baron (1776 - ?), notable de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Antoine naît le 6 octobre 1776 et est baptisé le 9 du même mois à la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur. Il est le fils de Jean Philippe Baron et de Marie Anne Ambelouis, son épouse.

Antoine Baron est membre de la municipalité élue en fructidor an IX à La Branche du Pont de Saint-Maur en tant que notable. Il est mentionné comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert sans doute dans l’armée ou dans un autre organisme d’intérêt collectif. Le maire est Laurent Pinson (1755 – 1814).

Il n’est pas recensé dans la commune en thermidor an X ni ultérieurement. La date de décès d’Antoine Baron n’est pas connue.

Sources : Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements).

Mis à jour en septembre 2014

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

Partager cet article
Repost0
6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 00:01

Claude Pierre Aubert naît vers 1733 ou 1735. Il épouse Geneviève Poirier, d’une vingtaine d’années sa cadette ; ils auront six enfants. La famille réside rue Saint-Maur à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune constituée en 1790 qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831. Pierre Aubert exerce la profession de journalier (ouvrier ou artisan travaillant à la tâche, en général dans l’agriculture ou le transport de marchandise).

Aubert participe en tant que notable à la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur constituée en l’an 2 (4 avril 1793).

La commune, qui avait 409 habitants en l’an 3, a une administration composée de 5 membres du conseil général, dits notables, élus pour deux ans, et de 6 personnes formant le conseil municipal exécutif, autour du maire. Pendant le mandat de Pierre Aubert, le maire est d’abord Nicolas Lheureux puis Charles-Laurent Parvy (22 pluviôse an 2 - 10/02/1794).

À partir du 4 frimaire an 3 (23/11/1794), Aubert est signalé comme exerçant la fonction d’agent national, qui était précédemment celle de Jean Guigneré.

L’agent national est instauré le 28 brumaire an 2 (18/11/1793) par Jacques Nicolas Billaud-Varenne au nom du Comité de salut public. Il représente le gouvernement révolutionnaire auprès de la commune, en remplacement du procureur.

Suivant l'article 14 du décret du 4 frimaire an II, l’agent national est « chargé de requérir et de poursuivre l'exécution des lois, ainsi que de dénoncer les négligences apportées dans cette exécution, et les infractions qui pourraient se commettre ». Il doit parcourir son territoire, pour surveiller et s'assurer que les lois sont exactement exécutées. Il a une fonction de contrôle aussi bien des autorités constituées que des particuliers. Après la chute de Robespierre le 9 thermidor an 2 (27/07/1794), les agents nationaux sont supprimés le 28 germinal an 3 (17/04/1795).

Un certain « Charles Aubert » est mentionné comme notable, membre de la municipalité élue en fructidor an 9 (août 1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il est noté comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert dans l’armée ou a été envoyé en mission. Il s’agit vraisemblablement de Pierre Aubert, seul de son nom (avec sa fille) à être recensé en l’an 10 dans la commune.

Pierre Aubert meurt le 10 avril 1807 à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il avait 72 ou 74 ans. Son décès est déclaré par son neveu Jean Mathurin Lemaire, 36 ans, marchand épicier, qui deviendra huit années plus tard maire de la commune, et par Edme Lheureux, 38 ans, journalier, fils d’un ancien maire, Nicolas Lheureux, et neveu d’un autre ancien maire, Edme Lheureux.

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

 

Jacques Nicolas Billaud-Varenne, dit « le Tigre » (1753-1819), créateur des agents nationaux

 

Billaud-Varenne_Jean_Nicolas.jpg

Partager cet article
Repost0
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 00:01

Au début de l’année 1910, la commune de Joinville-le-Pont (Val de Marne) n’est pas encore sous les eaux : l’inondation historique de la Marne et de la Seine débutera à la fin du mois de janvier. L’actualité dans la ville est sociale.

Le 19 janvier 1910, la majorité des quelques 240 ouvriers se mettent en grève avec l’appui de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux. Le syndicat est affilié à la Confédération générale du travail (Cgt), fondée en 1895 et unifiée en 1902 avec la fédération des bourses du travail ; la Cgt a adopté en 1906 la charte d’Amiens, qui reste la base idéologique du syndicalisme français.

Leurs demandes consistent en une revalorisation des salaires. Le conflit, particulièrement long, deviendra très violent, illustrant la rudesse des rapports sociaux au début du vingtième siècle. Il aura des échos à la Chambre des députés comme dans toute la presse.

Le langage de la presse de l’époque est fleuri. Le quotidien socialiste L’Humanité, fondé par Jean Jaurès en 1905, donne la parole au syndicaliste-révolutionnaire Gaspard Ingweiller (1876-1960, résidant à Paris). C’est lui qui dirige la grève joinvillaise, en tant que secrétaire de l’Union des métaux.

« Les métallurgistes s'étant aperçus qu'un foyer de jaunisse [des non-grévistes embauchés par la direction] existait à l'usine de canalisation électrique de Joinville-le-Pont, décidèrent d'accord avec les autres organisations en grève, de prendre de vigoureuses mesures de prophylaxie pour éteindre le foyer infectieux, considérant qu'il vaut mieux prévenir que guérir.

« Des groupes se, constituèrent et administrèrent aux malades en question une potion énergique qui les remit immédiatement sur pied. Un de ces malpropres individus, marchand de vins à Joinville, ayant eu vent des dispositions préventives, se fit accompagner par deux agents qui le conduisirent à l'usine. Dans la région, toute la population se figura que c'était un pillard pris en flagrant délit, que nos excellents policiers conduisaient au violon. Il paraîtrait même que son fonds à la suite de cet incident, perdrait de sa valeur.

« Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, par suite de l'excellence de la méthode adoptée, la grève se poursuit d'une façon unanime dans les quatre usines en lutte. Un gendarme ayant voulu s'emparer d'un superbe nerf de bœuf qu'un métallurgiste tenait à la main, ce dernier lui fit observer que, se trouvant en grève, il ne possédait que cet instrument de travail, le seul propre à mettre en pression la machine à frictionner qui avait fonctionné à merveille dans la journée.

« En résumé, situation excellente au point de vue de la résistance. »

Les syndicalistes se félicitent que, après trois semaines, « aucune défection se soit produite ». Des « cuisines communistes » fonctionnent pour fournir les repas aux grévistes et à leurs familles. Les enfants des métallurgistes en lutte sont pris en charge par d’autres militants afin d’écarter « le souci moral occasionné dans les luttes ouvrières par la présence des enfants. »

Ø      Pour en savoir plus : L'Humanité, 3 et 9 février 1905 et Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (dir. Jean Maitron).

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier5.jpg

Partager cet article
Repost0
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 00:04

Charles Félix Ambelouis naît en 1739 ; il est fils d’Antoine Ambelouis et Marie Anne Gérard. Il épouse Marie Rémy (décédée en l’an VII [1800]) avec laquelle il aura au moins trois enfants : Jean Louis, charpentier, né en 1772, Charles Victor, né en 1775 et Charles Gaspard, garde-chasse à Fontenay-sous-Bois. Il exerce la profession de garde forestier et garde champêtre.

En tant que notable, Félix Ambelouis est membre, de la municipalité élue en fructidor an IX (août 1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur. Il est mentionné comme « absent pour le service public », c’est-à-dire qu’il sert peut-être dans une institution d’État. Le maire est Laurent Pinson (1755–1814).

Charles Félix Ambelouis devient ensuite garde de la porte de la Porte de Fontenay à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne). Il y meurt le 27 août 1825, à l’âge de 86 ans.

La Branche du Pont de Saint-Maur, 1810, Base Mérimée

1810.jpg

Partager cet article
Repost0
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 00:05

Jean Acher (1752-1837), épicier puis marchand de bois, procureur, agent municipal et maire de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Jean, Justin, Joseph Acher naît à Sainte-Colombe (Aude) le 10 août 1752. Il se marie à Paris en 1792 avec Louise Geneviève Mathieu, décédée chez elle le 16 octobre 1820. Ils auront au moins trois enfants : Alphonse, Françoise et Joseph.

Jean Acher est présenté comme marchand épicier à partir de 1790. En l’an IX, il est marchand de bois. Sur la fin de sa vie, il est désigné comme propriétaire et rentier. Il réside en 1836 au lieu-dit La Tourelle, à Joinville-le-Pont.

Pendant la révolution française, Jean Acher va figurer dans les municipalités de La Branche du Pont de Saint-Maur, commune fondée en 1790 par scission de la paroisse de Saint-Maur. Il y joue un rôle important. Il figure, en tant que procureur de la commune, dans le premier exécutif mené par le maire Edme Lheureux, marchand de bois, qui est en place en septembre 1790. Le 11 octobre 1790, Jean Acher est un des neuf citoyens élus par l’assemblée primaire du canton de Vincennes (860 inscrits) pour la représenter au sein de l’assemblée électorale de Paris pour un an. Pour être choisi comme électeur, à raison de un par cent citoyens actifs, il fallait payer en impôts au minimum la valeur de dix journées de travail.

Le 30 mars 1791, Jean Acher intervient devant l’assemblée électorale de Paris sur la nécessité de mettre la commune en état de se défendre, et souligne l’importance stratégique du site. Dans des courriers, la municipalité de La Branche du Pont de Saint-Maur explique que c’est la sauvegarde du pont qui est une des raisons de sa séparation d’avec Saint-Maur.

Il s’adresse le 19 décembre 1791 au comité d’instruction publique de l’Assemblée nationale, qui est chargé de préparer une loi sur les gardes nationales. Il propose un projet d’organisation et de récompenses ; selon son système, tous les citoyens devraient s’inscrire dans les gardes nationales le jour de la fête de la Fédération de l’année de leurs dix-huit ans. Ils devraient ensuite effectuer régulièrement des périodes d’entraînement. Chaque année, l’état-major de la garde nationale à laquelle ils appartiennent devrait leur délivrer un certificat de bonne conduite, certifié par la municipalité. À l’âge de quarante ans, s’ils peuvent produire au moins vingt certificats, ils obtiendraient le titre de « chevalier français » et seraient décorés d’un gland d’or.

C’est sans doute lui qui est le sieur Acher présentant, le 24 avril 1792, une pétition à l'Assemblée législative « tendant à faire cesser l'agiotage, à rétablir la circulation du numéraire, par conséquent à remettre toutes les denrées sur l'ancien pied, et à rendre l'activité à l'industrie et au commerce ». L'Assemblée renvoie cette question au Comité de l'ordinaire des finances.

Quatre personnes domiciliées à La Branche du Pont de Saint-Maur achètent des biens nationaux mis en vente pendant la Révolution française ; une surface totale de 12 arpents et 50 perches est proposée, soit environ 7 ha. Jean Acher est celui qui acquiert la surface la plus importante, à savoir 4 arpents (2 ha), pour un montant inconnu. Deux notables figurent parmi les autres acquéreurs : Jacques Roch Vingdlet, carrier (3 arpents et 75 perches pour 7 livres) et Edme Lheureux, voiturier (1 arpent et 75 perches pour 27 livres) ; le quatrième est un autre voiturier, Louis Huardeau, (3 arpents, 4 livres).

Acher reste procureur en 1792 avec Jean-Charles Contour en tant que maire. On ne connaît pas son rôle pendant les municipalités conduites par Nicolas Lheureux (1793) et Charles-Laurent Parvy (an II). Jean Acher figure dans la municipalité de canton constituée après la suppression des instances communales en l’an IV.

En l’an V comme les deux années suivantes, Jean Acher est agent municipal, c’est-à-dire qu’il est le principal fonctionnaire dans la commune. Lors du rétablissement des assemblées communales en l’an VIII (1800), Jean Acher est désigné comme « faisant provisoirement fonction de maire, maire provisoire. »

On retrouve son nom, toujours comme procureur, dans la municipalité rétablie en l’an VIII, conduite par Laurent Pinson, marchand de bois scié.

Acher siège en tant que notable dans la municipalité élue en fructidor an IX.

Jean Acher meurt le 23 janvier 1837 à Joinville-le-Pont, nouveau nom de la commune adopté en 1831. Il était âgé de 84 ans. Il vivait avec son fils Alphonse, sa bru Émilie et était présenté comme propriétaire. Son décès est déclaré par ledit fils et Jean-Marie Molette, chef d’institution, c’est-à-dire directeur d’une école privée.

Alphonse Acher (vers 1785-1844) sera adjoint au maire de La Branche du Pont de Saint-Maur en 1830 puis conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1843.

Sources : Almanach général du département de Paris pour l'année 1791, impr. de Devaux, 1791 ; Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Archives nationales, D VI 1, n 1bis. Ed. ; Archives parlementaires, t. XLII, p. 324 ; Etienne Charavay Assemblée électorale de Paris, Maison Quantin, Charles Noblet, Paris, 1890-1894 ; Georges Saouter, in La Révolution française dans le Val de Marne (dir. Michel Balard et Alain Croix), Clio 94, 1989 ; Le Vieux Saint Maur, n° 1, 2ème série, 6ème année, 1929 ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements) ; Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; Arch. nationales (D/IV/51, F/14/14098, T//1493/6) ; Almanach national, d’Houry, Paris, 1791.

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

La signature de Jean Acher sur un document d'archive

Acher Jean

Maires de La Branche du Pont de Saint-Maur

Prédécesseur

Maire

Successeur

Charles-Laurent Parvy

Jean Acher

Laurent Pinson

Partager cet article
Repost0
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 00:06

Le blog Polmorésie commence, en avril 2013, la publication d’un « Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont ». Le début de ce travail s’intitule « Première période (1790-1815) – les municipalités de la Révolution et de l’empire ». Il va s’intéresser à la commune de La Branche du Pont de Saint-Maur, fondée en 1790 et qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831.

Au cours de la période considérée, 31 personnes exerçant une fonction municipale, élective ou suite à une désignation, ont été identifiées. Les données sont lacunaires pour l’année 1792 et pour la période de la fin de l’empire, de 1808 à 1815. Une notice sur chacun des 31 responsables locaux identifiés sera publiée, à raison d’une chaque semaine, dans l’ordre alphabétique.

Liste des municipalités de La Branche du Pont de Saint-Maur entre 1790 et 1815

Type de municipalité

Date

Titulaire et fonction  

Municipalité de facto élue

Février 1790

Edme Lheureux, maire de facto

Municipalité élue

Novembre 1790

Edme Lheureux, maire

Municipalité élue

Novembre 1791

Jean-Charles Contour, maire

Municipalité élue

Novembre 1792

Nicolas Lheureux, maire

Municipalité élue

4 avril 1793

Nicolas Lheureux, maire

Remplacé par Charles-Laurent Parvy, maire (8 mai 1793)

Municipalité cantonale

An III (début 1795)

Jean Acher, agent municipal

Municipalité cantonale

An VII

Fournier, agent municipal

Municipalité cantonale

An VII

Jean Acher, agent municipal

Municipalité provisoire

An VIII (avril 1800)

Jean Acher, faisant fonction de maire

Municipalité nommée

An VIII (mai-juin 1800)

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

Fructidor an IX

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

1808

Laurent Pinson, maire

Municipalité élue

1813

Laurent Pinson, maire (décès le 27/12/1814)

Remplacé par Jean Mathurin Lemaire, maire (mars 1815)

Municipalité élue

mai 1815 (empire)

Jean Mathurin Lemaire, maire

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

S’agissant de travaux historiques qui se poursuivent, les notices peuvent être sujettes à des corrections ou ajouts. Tous les commentaires sont les bienvenus.

Carte de 1770, base Mérimée

1770.jpg

Partager cet article
Repost0
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 00:16

Le blog Polmorésie commence, au printemps 2013, la publication d’un « Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont ». Ce travail de prosopographie politique va mettre à disposition des curieux et chercheurs les informations disponibles sur toutes les personnes ayant exercé une fonction municipale ou ayant obtenu un autre mandat électif lié à la commune de Joinville-le-Pont ou à sa devancière, La Branche du Pont de Saint-Maur.

Plusieurs centaines de personnes ont pu être identifiées ; pour certaines, les données restent lacunaires. Mais pour une partie d’entre elles, il a été possible de dresser un tableau assez complet.

La collecte de renseignements s’est faite par le dépouillement systématique des journaux, des archives électorales et des bases d’état-civil, en plus de la consultation de quelques ouvrages d’histoire locale (essentiellement Émile Galtier et Basile Nivelet).

Le Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont va se présenter sous formes de notices, classées par ordre alphabétique et regroupées dans cinq grandes périodes :

  1. Première période (1790-1815) – les municipalités de la Révolution et de l’empire ;
  2. Deuxième période (1815-1870) – les municipalités de la Restauration, de la seconde République et du second empire ;
  3. Troisième période (1870-1944) – les municipalités de la troisième République et de l’État français (régime de Vichy) ;
  4. Quatrième période (1944-1958) – les municipalités de la Libération et de la quatrième République ;
  5. Cinquième période (1958- ) – les municipalités de la cinquième République.

La publication des notices de la cinquième période est pour l’instant hypothétique ; elle ne concernerait pas, le cas échéant, les élus en cours de mandat.

Une partie des informations publiées ici ont pu faire l’objet de présentation de ma part, sous d’autres formes, dans des supports papier ou en ligne ; il s’agit notamment du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, principalement pour à partir de la troisième période (après 1871). Les travaux de son concepteur, Jean Maitron, et de ses continuateurs, comme Claude Pennetier, ont inspiré, sur le plan méthodologique, nos recherches.

L’encyclopédie en ligne Wikipédia a servi à la diffusion d’une partie des données, concernant principalement pour les maires. Certaines notices reprennent également une partie des données des articles diffusés, avec une vocation tout à fait différente, sur un blog local, Joinville-le-Pont au jour le jour.

© Chaque notice ne peut être reproduite qu’après l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot. Il en est de même pour l’ensemble que formera ce Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont.

S’agissant de travaux historiques qui se poursuivent, les notices peuvent être sujettes à des corrections ou ajouts. Tous les commentaires sont les bienvenus.

 

La mairie de Joinville-le-Pont, entre 1881 et 1911

 

 

mairie-entre-1881-et-1911.jpg

Partager cet article
Repost0
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 00:05

La Compagnie française du Bi-Métal, fondée en 1892, emploie au tournant du siècle 240 ouvriers à Joinville-le-Pont (Val de Marne), produisant du fil mélangeant cuivre et acier pour le téléphone, et réalisant également des produits en laiton ou du cuivre rouge pour l’industrie.

Après la catastrophe de 1895, une explosion qui tue quatre personnes et en blesse six autres, l’usine va à nouveau prouver qu’elle est une installation non sans risques. Le 5 avril 1899, un violent incendie se déclare dans la nuit, à 3 heures, dans un des bâtiments de l'usine. Grâce à la mobilisation d’importantes forces de sapeurs-pompiers, le feu qui menaçait de prendre des proportions considérables, est éteint après deux heures de travail.

Mais les accidents industriels ne sont pas les seuls risques pour l’entreprise. En 1904, la direction de l’usine constate la disparition quotidienne de grandes quantités de cuivre et autres métaux. Elle chiffrera le préjudice subi à près de cent mille francs (350 000 €). La Sûreté (préfecture de police de Paris) décide d’enquêter d’une façon originale. Deux inspecteurs MM. Vigneron et Augier, se font embaucher début 1905 comme mécaniciens et travaillent en tant qu’ouvriers pendant quinze jours.

Les policiers masqués identifient alors un certain Charles B., ajusteur, âgé de quarante-deux ans, qui habite Joinville. Une perquisition, opérée le 27 janvier 1905 à son domicile par le commissaire de police de Joinville, M. Rogeaux, permet de découvrir du cuivre et des pièces détachées, pour une valeur de 1 000 francs, et 7 000 francs en liquide, provenant d'une vente de matières volées. Six ouvriers, qui sont désignés comme ses complices, ont été priés de se tenir à la disposition de la justice.

Le directeur de l’usine, M. Franklin, allait avoir une surprise : le lendemain de l'arrestation de ses sept ouvriers, les fuites de matière n’ont pas cessé. Le 28 janvier, les inspecteurs reviennent et se saisissent cette fois de deux charretiers, nommés Jules H. et Eugène L. ; ils emportaient dans leur voiture, dissimulés sous des détritus, plusieurs volumineux sacs de rognures de cuivre.

Constatant qu'ils sont filés, ils tentent de se débarrasser de leurs colis en les jetant à la Marne. Ils sont interpellés avant d’y arriver.

Un siècle plus tard, le vol de matières premières est la plaie des autoroutes et autres réseaux. C’est une des explications de l’abandon, depuis plus deux ans, de la voie auxiliaire des autoroutes A4 et A86 toujours à hauteur de Joinville-le-Pont.

Ø      Pour en savoir plus : Le Matin, 28 et 29 janvier 1905.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier4.jpg

Partager cet article
Repost0
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 00:03

Le 8 février 1895, une chaudière explosait à l’usine du Bi-Métal à Joinville-le-Pont (Val de Marne), faisant d’importants dégâts matériels mais surtout quatre morts et six blessés.

Les assurances couvriront les frais de réparation, environ 40 000 francs (136 000 €). Mais l’accident provoque une importante série de commentaires, parmi les ingénieurs en particulier. Plusieurs dizaines d’articles sont publiés sur le sujet, et notamment par la Société des ingénieurs civils de France ou la revue Le Génie civil.

L’analyse la plus fouillée est sans doute celle faite par Michel Hervier, ingénieur civil des Mines, diplômé des Arts et métiers, né en 1842 à Moulins (Allier) (*).

Il commence d’abord par tordre le cou à ce qu’il appelle une « légende » : l'explosion serait la faute du chauffeur, qui aurait laissé la chaudière manquer d'eau. Outre qu’il assure que ce ne fut pas le cas, Hervier démontre que si cette idée est « inscrite dans tous les traités de physique », elle n’est pas applicable aux chaudières à vapeur.

L’ingénieur s’attaque ensuite à une autre rumeur : le chauffeur aurait calé les soupapes de sûreté. L’ingénieur remarque que des ouvriers « ont été trop souvent accusés à tort de cette manœuvre » aussi improbable qu’inutile. Ce n’est donc pas parmi les salariés qu’il faut chercher la cause de la catastrophe.

Michel Hervier revient ensuite sur les calculs, base de son métier. Selon la théorie, il faudrait, pour assurer la sécurité des chaudières du type de celle de Joinville, des tôles d’une épaisseur de 2 millimètres. Mais pour le spécialiste, si ce modèle est admis, son résultat « parait grotesque ». D’ailleurs, aucun industriel ne s’en contente. En général, ils ont des épaisseurs au moins quatre fois plus grandes ; les chaudières de Joinville, avec des tôles de 12 millimètres, était six fois plus épaisses que ce que les calculs préconisaient.

Notre savant remarque que, malgré le respect des normes et même bien plus, il arrive que les chaudières explosent, comme l’exemple de Joinville le montre. Certains ingénieurs ont d’ailleurs essayé de formuler des hypothèses, qu’il qualifie de bizarres, justifiant ces marges de sécurité.

Hervier, qui sera décoré de la Légion d’honneur en 1911, s’inquiète de la fausseté de ces raisonnements, polémiquant avec leurs auteurs les ingénieurs Hirsch, Richard et Bâclé. Il les accuse de proposer une « sécurité illusoire ». Il appelle à lancer des recherches sérieuses sur les véritables causes de ces explosions.

Au dix-neuvième siècle déjà, la sécurité industrielle était un sujet qui traversait la société.

(*) La Science française, 1er et 15 mars 1895.

Un atelier de l’usine Bi-Métal (source : BNF)

1910_Bi-metal_atelier3.jpg

Partager cet article
Repost0
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:05

Benjamin Fondane est un écrivain roumain et français, né à Iasi (province de Moldavie, en Roumanie) le 14 novembre 1898 sous le nom de Benjamin Wechsler. Il écrivait en trois langues (hébreu, roumain et français).

En 1922, il fonde un théâtre d’avant-garde, Insula (L’île). Il ferme en 1923 à la suite de difficultés financières et de réactions antisémites.

En décembre 1923, il part pour Paris où il collabore à de nombreuses revues et travaille sur Arthur Rimbaud (Rimbaud le voyou, Denoël, 1933).

Il entre aux studios de cinéma Paramount à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) comme assistant metteur en scène et scénariste. Il adapte notamment La séparation des races de l’auteur helvète Charles-Ferdinand Ramuz, qui est porté à l’écran par Dimitri Kirsanoff sous le titre Rapt en Suisse. Benjamin Fondane écrit et réalise en Argentine un film, Tararira.

Mobilisé dans l’armée française en 1940, il est incorporé dans le 216ème régiment d’infanterie à Sainte Assise, près de Fontainebleau, il est fait prisonnier mais s’évade, est repris puis libéré pour raison de santé et hospitalisé au Val de Grâce pendant six mois.

Pendant la guerre, il travaille sur des textes philosophiques, notamment « Le Lundi existentiel et le Dimanche de l'Histoire » (éditions du Rocher, 1990).

Le 7 mars 1944, il est arrêté par la police française avec sa sœur Line. Ils sont internés à Drancy avant d’être déportés le 30 mai dans l’avant-dernier convoi qui porte le numéro 75. Le 2 ou le 3 octobre de la même année, Benjamin Fondane est assassiné dans la chambre à gaz d’Auschwitz Birkenau.

En 1933, Benjamin Fondane lançait dans Viata Studenteasca, revue d’étudiants roumains publiée à Paris, un « Appel aux étudiants : Demain, dans les camps de concentration, il sera trop tard » :

 

Un jour viendra, c'est sûr, de la soif, apaisée,

nous serons au-delà du souvenir, la mort aura

parachevé les travaux de la haine,

je serais un bouquet d'orties sous vos pieds,

alors, eh bien, sachez que j'avais un visage

comme vous. Une bouche qui priait comme vous.

"Préface en prose", L'Exode, in Le mal des fantômes, Verdier Poche, 2006.

 

Fondane_B.jpg

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens