Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 01:01

Nicolas Crapart (né en 1764), aubergiste, notable de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Basile Nicolas Crapart naît le 26 mars 1764, sans doute à Pontault-Combault (Seine-et-Marne) où vivent ses parents, cultivateurs, Basile Crapart (1728-1773) et Marie Anne Buissonneau (née en 1740). Il épouse à Dampmart (Seine-et-Marne) en novembre 1786 Marie Adélaïde Labour (née en 1762). Ils auront au moins quatre enfants : Nicolas Toussaint, né en 1788 ; Louis Basile, 1790 ; Victor, 1792 ; Pierre, an IV (1796).

Il exerce en l’an IX et l’an X la profession d’aubergiste dans le village du Pont de Saint-Maur.

Il est membre de la municipalité élue en fructidor an IX (1801) à La Branche du Pont de Saint-Maur (qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831) en tant que notable. Le maire est Laurent François Pinson.

Sa date de décès n’est pas connue.

Sources : Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; Arch. du Val-de-Marne (recensements) ; Arch. de Seine-et-Marne (état-civil).

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

Partager cet article
Repost0
10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 01:02

Alphonse Antoine, né en 1890 à Raon-sur-Plaine (Vosges) est le fils d’une brodeuse et d’un douanier au poste frontière du Donon, qui délimite alors la séparation entre la France et l'empire allemand occupant l'Alsace.

Après des études primaires supérieures à l'école Colbert de Paris, il est reçu au concours des Chemins de Fer de l'Est, société exploitant les lignes ferroviaires entre Paris et la Lorraine.

Mobilisé pendant la guerre de 1914-1918, il devient sous-lieutenant dans l'arme du génie et fait presque toute la guerre sur le front de Lorraine, en particulier dans le secteur de la Chapelotte (Vosges).

Après la fin de la guerre, il poursuit son activité au sein de l’armée et est chargé d'organiser le Central interallié de Berlin. Il participe, avec le général Gustave Ferrié (1868-1932), à la création de Radio Tour Eiffel, premier émetteur français de télégraphie sans fil, à vocation militaire dans les années 1920.

Alphonse Antoine enseigne en 1930-1940, à l’école des transmissions, puis est affecté au ministère de la guerre, et à celui de l'armement.

De 1940 à 1942, il est affecté en Tunisie où, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, il commande les transmissions. Il participe à la lutte clandestine et organise le camouflage du matériel et du personnel.

Il rentre en métropole, et rejoint le mouvement de résistance nationale « Les Ardents », sous le pseudonyme de Dammartin (ou André). Il est chargé de mettre en œuvre, dans la zone Sud, le sabotage du réseau allemand des lignes souterraines à grande distance, le contre-sabotage et la remise en état du réseau national. Son intégration dans le groupe aurait eu lieu en 1944.

Le futur premier ministre Jacques Chaban-Delmas (Lakanal) le nomme délégué national aux Transmissions au printemps 1944. Il est chargé de l'exécution du « Plan Violet », qui prévoit le sabotage des réseaux téléphoniques allemands. Il le met en œuvre le 5 juin 1944, à 21 heures 15, suite à un message sur les ondes langue française de la radio anglaise BBC (« le Colonel leur a coupé le sifflet »).

Alphonse Antoine est promu général en 1944. Il quitte l'armée en 1946 et rejoint la société privée RTI (Relations Techniques Intercontinentales) où il met au point des appareils de transmission, notamment des oscilloscopes.

Décédé à Paris le 9 février 1969, il est enterré au cimetière d'Allarmont (Vosges), commune où il disposait d'une demeure.

Il est le père de Gérald Antoine (1915-2014), philologue, recteur de l’académie de Tours Orléans, maire d’Allarmont.

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 01:09

Antoine Cornu (1752-1828), maçon, notable de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Antoine Cornu naît le 8 mars 1752 au Pont de Saint Maur, village qui dépend alors de la paroisse Saint-Nicolas de Saint-Maur et deviendra en 1831 Joinville-le-Pont. Il épouse Angélique Charlotte Vendre, née vers 1758, qui lui donnera au moins six enfants vivants. Ils résident quai Beaubourg et Antoine exerce la profession de maçon.

Cornu figure, comme notable, c’est-à-dire membre du conseil municipal, dans la municipalité élue en novembre 1791, qui a pour maire Edme Lheureux. Il exerce la même fonction dans la municipalité élue le 4 avril 1793 avec pour maire Nicolas Lheureux puis Jean-Charles Contour. Les mandats électifs sont de deux ans. En l’an IV (1795), les municipalités communales sont supprimées au profit de municipalités de canton, la commune étant rattachée à celui de Vincennes.

On retrouve Antoine Cornu après le rétablissement des municipalités communales en l’an VIII (1800). Le maire est alors Laurent Pinson. Il conserve son titre de notable dans la municipalité élue en l’an IX, toujours avec Laurent Pinson.

Il est élu conseiller municipal en avril 1818 dans la municipalité conduite par Jean Joseph Robin.

Antoine Cornu meurt le 6 septembre 1828 à La Branche du Pont de Saint-Maur selon les sources d’état-civil ; il était âgé de 76 ans. Cependant, il est mentionné par un arrêté du 12 septembre 1828 comme figurant parmi les 12 membres du conseil municipal, avec la profession d’ancien maçon ; l’arrêté indique qu’un élu est décédé, mais ne précise pas lequel. Le remplacement d’Antoine Cornu par Jean Louis Nicolas Lucot fait l’objet d’un arrêté préfectoral en mars 1830.

Si la présence d’Antoine Cornu ne peut être attestée dans toutes les assemblées communales élues sous l’empire et la restauration, il est cependant possible qu’il ait siégé sans discontinuer entre 1791 et 1828, à l’exception des quatre années pendant lesquelles les municipalités communales ont été supprimées (an IV – an VIII).

Sources : Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Almanach général du département de Paris pour l'année 1791, impr. de Devaux, 1791 ; Liste des notables communaux du département de la Seine, Chaignieau aîné, Paris, fructidor an IX (1801) ; René Denilauler (manus.) ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections).

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 01:07
L'amiral Alphonse Lecuve, 1922
L'amiral Alphonse Lecuve, 1922

Pierre Paul Alphonse Lecuve, naît le 30 avril 1851 à Vexaincourt, petite localité du département des Vosges, où son père est instituteur. Ce dernier, Pierre Lecuve (1830–1869) est originaire du village voisin, Allarmont, tandis que sa mère Marie Bart, vient de Bionville, qui jouxte le précédent dans le département de la Moselle.

Les Vosges sont sans doute la terre française la plus éloignée de toutes mers, mais il est néanmoins attiré par le large et rentre, dès l’âge de 16 ans, à 850 kilomètres de là, à l’école navale de Brest.

En 1870, il devient élève-officier, aspirant, cette fois sur les rives de la Méditerranée, à Toulon, où sa famille se fixera plus tard.

C’est en 1885 qu’il prend le départ pour le grand large à bord de la Naïade pour Madagascar et l’océan indien. Il obtient un commandement en 1889 et croise avec l’aviso Alouette en Indochine (Cochinchine, Cambodge, Tonkin).

Après un retour en Méditerranée, sur le cuirassé Dévastation, il embarque pour deux ans dans le Pacifique. Les pays européens se disputent alors la colonisation des îles du sud, Allemagne et surtout Angleterre et France. Alphonse Lecuve va jouer un rôle diplomatique dans ces querelles à Tonga et aux Nouvelles-Hébrides.

Pour protéger ses intérêts, la France ouvre une agence consulaire à Tonga, territoire placé sous la juridiction du Haut-commissariat britannique pour le Pacifique oriental depuis 1893. Le capitaine de frégate Lecuve, qui rencontre le roi George Tupou II lors d’une escale, raconte l’entrevue dans une lettre : « Le 4 novembre 1897, accompagné d’une partie des officiers, je faisais ma visite au roi. Dans le cours de notre entretien, il appuya fortement la crainte qu’il éprouvait de voir son pays annexé par l’Angleterre et dit qu’il espérait bien que la France ne le permettrait jamais. Quelques jours plus tard, le père du roi me fit demander une entrevue, et il accentua plus fortement encore que ce dernier le désir de voir la France se mettre en travers des projets supposés de l’Angleterre, insistant sur les excellentes relations qui avaient toujours existé entre les deux pays. Je me contentai à l’un comme à l’autre de répondre par des paroles aimables et courtoises, mais sans aucune portée. Dès lors, l’archipel de Tonga fut livré aux Anglais »

Aux Nouvelles-Hébrides, devenues depuis le Vanuatu, Alphonse Lecuve montre aussi peu d’enthousiasme face à ceux qui lui proposent d’annexer des territoires au risque de provoquer un conflit avec les anglais. C’est le quotidien La Croix qui relate (22/08/1924) : « Le 18 septembre 1898, à Port-Sandwich, en présence de M. Lecuve, commandant de l’Eure, de M. Milliard, agent de la Société française, et d'autres personnalités coloniales, Mgr Fraysse conférait le baptême à 50 catéchumènes et bénissait la première église hébridaise, érigée par le P. Pionnier. À l'issue de la cérémonie, les indigènes venus des îles voisines avec leurs missionnaires acclamèrent le drapeau tricolore. C'était une invite indirecte à la France à prendre sans tarder possession de l'archipel. On tergiversa, et il fallut se contenter du condominium franco-anglais. »

De retour en Europe, il devient commandant de plusieurs cuirassés et croiseurs : Saint-Louis, d'Entrecasteaux, Desaix, Pothuau, Brennus.

Promu contre-amiral en septembre 1908, il est major général de la marine à Cherbourg.

En 1911, il commande la division navale dans la régence de Tunisie; sur son dernier bâtiment, le cuirassé Henri-IV. Il se consacre non seulement à ses tâches politiques et militaires, mais appuie également des activités culturelles donne des réceptions qui restent fameuses.

Au 1er janvier 1912, il rejoint l’état-major, comme président de la Commission d'essais des bâtiments de la Flotte. Il prend sa retraite en janvier 1914.

Devenu commandeur de la Légion d'honneur en décembre 1912, il porte également des médailles malgache, italienne et tunisienne. Mais, même sorti du service actif, Alphonse Lecuve reste fort actif : il est président d'honneur de l'Alliance française et siège au conseil d’administration de l’Observatoire de Paris et à celui de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon.

Il s’installe à Toulon. En mai 1918, il y participe à une commémoration patriotique en mémoire de l'équipage du sous-marin Bernouilli, disparu en février dans l’Adriatique. Il y meurt le 26 février 1944.

L’amiral Lecuve était l’époux de Marguerite Peyron (1868-1969) ; leur grande différence d’âge et la longévité de sa femme font que l’État français leur aura servi une pension de retraite pendant 55 ans.

Alphonse était le frère de Charles Lecuve, maire d’Allarmont, fusillé comme otage par l’armée allemande au début de la Première Guerre mondiale, en août 1914 (voir Fusillades dans les Vosges en 1914).

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 01:07

Avec cette nouvelle notice, nous reprenons la publication du Dictionnaire biographique des élus de Joinville-le-Pont pour la partie consacrée à la Révolution française (Dictionnaire biographique – première période (1790-1815)

Jacques Blanchet (1732-vers 1801), charron, notable de La Branche du Pont de Saint-Maur.

Jacques Blanchet, naît en 1732. Il épouse Geneviève Deschamps (morte le 5 ventôse an V [24/02/1797]). Ils auront au moins trois enfants : Jacques Nicolas (né en 1757) et Jean Charles (né en 1759) seront tous deux charrons, respectivement à Fontenay-sous-Bois et au Pont de Saint-Maur ; Marie Marguerite (née en 1763) épouse un menuisier de Saint-Maur.

Le père exerce la profession de charron, ce qui en fait un spécialiste des charrettes autres engins roulant en bois. Il est qualifié de « maitre charron ». Il demeure au Pont de Saint-Maur, village qui deviendra Joinville-le-Pont en 1831 et est un important port, recevant du bois flotté. Le pont lui-même voit passer de nombreux véhicules.

Jacques Blanchet est un notable, membre du conseil général de La Branche du Pont de Saint-Maur élu pour deux ans en 1790 ; le maire est Edme Lheureux (1733-1798). Il siégera avec le même titre en l’an VIII (1800). Le maire est alors Laurent Pinson (1755 – 1814).

Contrairement à son fils Jean Charles et sa famille, Jacques Blanchet n’est pas mentionné dans le recensement fait à La Branche du Pont de Saint-Maur en l’an X (1802). Il a donc pu disparaître vers 1801 ; il aurait eu 69 ans.

Sources : Émile Galtier : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, Édouard Champion, 1913 ; Arch. du Val-de-Marne (état-civil, recensements) ; René Denilauler (manus.).

© Reproduction soumise à l’accord explicite du rédacteur, Benoit Willot.

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 01:02

Plan de la boucle de la Marne, 1865

Fils cadet d’une compositrice et salonnière, la comtesse Anaïs Pilté (voir Anaïs Pilté, comtesse du pape), et d’un très riche pionnier du gaz à Paris, Pierre Pilté (mort en 1853), Alphonse va se lancer dans une aventure industrielle.

Alphonse Louis Pilté naît le 4 novembre 1838 à Paris (10e arr.). Il est le fils d’Anne Laure Joséphine Hurel, qui sera connue en tant que comtesse Anaïs Perrière-Pilté, et de son époux, Pierre Pilté, industriel et directeur de théâtre.

Une forge a été créée vers 1834 sur le territoire de Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), qui vient tout juste d’échanger son ancien nom de « La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur » pour celui d’un fils du roi Louis-Philippe en 1831. Elle occupe un espace situé sur le tracé de l’actuel quai Pierre Mendès-France, à l’angle de la rue Henri Barbusse, à proximité du canal nouvellement créé et près du futur pont de Maisons-Alfort (qui sera construit trois-quarts de siècle plus tard).

La forge utilise une chute d'eau de 4 mètres qui actionne une roue, produisant une force de 40 à 50 chevaux. Sous le nom de « Forges de Saint-Maur », la société produit du fer de riblon, c’est-à-dire du métal fait à partir de ferraille de récupération. À l’époque, la lutte contre le gaspillage était d’actualité.

Elle est, avec celle de Grenelle, une des deux forges du département de la Seine présente à l'exposition des produits de l'industrie française, qui tient sa dixième édition en 1844. Les Forges disposent également d’un stand lors de l’exposition universelle de Paris en 1855.

Alphonse Pilté séjourne à Joinville pendant la guerre de 1870 contre la Prusse. Brigadier à cheval dans une unité de volontaires (l’escadron Franchetti) pendant le siège de Paris, en 1870, il combat aux alentours du carrefour Pompadour, puis est affecté à la garde de l’état-major du général Ducrot, installé dans le château de Polangis, pendant la grande bataille de novembre et décembre, dite de Champigny, qui se déroule entre le pont de Joinville et la plaine du Tremblay.

Après-guerre, celui que le journal Le Figaro qualifie de « jeune et intelligent industriel », prend la direction des forges « après bien des vicissitudes ». Elles comptent alors plus d’une cinquantaine d’ouvriers et employés. Fin novembre 1872, la Marne connaît une très importante inondation. L’usine sera fermée pendant 25 jours. Le journal a ouvert une souscription en faveur des inondés, et des secours sont versés à 520 personnes de Joinville-le-Pont, dont les ouvriers de la forge, qui ont perdu toute rémunération pendant cette période. Le quotidien leur attribue 3 000 francs (équivalent en pouvoir d’achat actuel à 10 000 euros), ce qui représente un tiers des salaires perdus par les ouvriers.

Après l’eau, c’est la crise qui touche l’entreprise avec un « ralentissement considérable des affaires depuis le commencement de juin 1873, et par conséquent la gêne que subissent les ouvriers par le manque de travail », selon Alphonse Pilté, qui s’exprime toujours dans Le Figaro. Il n’y a, à l’époque, ni allocation de chômage, ni assurance sociale et que les salaires dépendent des heures travaillées.

Le maître de forges réside à Joinville. Il s’implique dans la vie locale, et affiche des convictions républicaines, même si sa famille a été annoblie par le pape Pie IX en 1869. En novembre 1874, il participe à la constitution d’une liste républicaine pour les élections municipales, première incursion connue des clivages poltiques dans les scrutins municipaux. Trois des sept candidats connus de cette liste se font élire, Louis Benoit, Antoine Cambier et Pilté ; un autre colistier, battu cette fois-ci, Alphonse Demeestère, sera ensuite le fondateur du comité radical-socialiste de la 2e circonscription de l’arrondissement Sceaux (Seine). La majorité des 16 membres du conseil municipal élu en novembre 1874 est conservatrice, avec Auguste Courtin, rescapé du second empire, qui démissionne en 1876. Il est remplacé par Louis Ferdinand Rousseau, qui échoue à la tête d’une liste bonapartiste en 1878. Alphonse Pilté est réélu dans la nouvelle majorité républicaine, qui désigne Gabriel Pinson, premier maire franchement républicain de Joinville.

Lors d’une élection au conseil général de mars 1876, Pilté, avec l’ancien adjoint au maire, Hippolyte Pinson, fait partie du comité de soutien au Dr Béclard, qui obtiendra à leur demande l’investiture du comité de la gauche républicaine pour le canton de Charenton.

Venu d’un milieu très introduit dans la grande société parisienne, Alphonse Pilté n’en a pas moins une vie assez éloignée des règles de l’époque. Ainsi, Louise Françoise Pain lui donne deux filles hors mariage en 1868 et 1875, avant leurs noces à Paris en mai 1880. L’élu profère alors, sous serment, un gros mensonge. Son frère et lui déclarent que leurs parents « sont décédés et qu’ils ignorent le lieu de leur décès et leur dernier domicile. »

Ils seraient bien les seuls du Tout-Paris à méconnaitre que la comtesse, leur mère, habitait un splendide hôtel particulier, 57, rue de Babylone à Paris, devenu depuis le siège du conseil régional d’Île-de-France. Ils le savaient d’autant plus que c’est Alphonse lui-même qui a effectué, auprès de la mairie du 7e arrondissement, la déclaration du décès de sa mère, tout juste un an et demi plus tôt… Mais sans doute, peu soucieux des démarches administratives, voulait-il éviter d’avoir à fournir un certificat de décès.

Alphonse Pilté n’est pas réélu à Joinville en 1881. Il demeure depuis 1880 à Paris où il meurt, à l'âge de 52 ans, le 2 février 1891.

L’usine des forges pouruivra son activité. En 1879, elle est devenue Aciéries de Seine-et-Rhône, dirigée par un autre élu municipal, Émile Deiber. Elle sera rebaptise en 1892 Compagnie du Bi-Métal et sera reprise, dans les années 1960, par la société Pirelli après avoir emmenagé de l’autre côté du canal, à Saint-Maurice.

Plan de Joinville, avec indication des forges, en 1865.

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 00:02

Nous l’avons vu, le septième et dernier signataire du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur en avril 1789 est mentionné en tant que « Riquety » sur le manuscrit de ce document. C’est le seul dont l’identification pose un véritable problème : il ne s’agit – contrairement à des interprétations d’historiens – pas d’un des Mirabeau (leur nom de famille étant Riquetti) mais très probablement Louis-Philippe Riguet.

Son nom est orthographié « Riquet » par Annie Noly (Saint-Maur-des-Fossés sous la Révolution in Le Vieux Saint-Maur, 1972). La même erreur se retrouve à plusieurs reprises sur les registres d’état-civil de Saint-Maur.

Né à Courtry, en Seine-et-Marne, le 6 avril 1751, Louis-Philippe-Gabriel Riguet est le fils d’un cultivateur de Courtry. Il est laboureur et dispose de deux baux dans la presqu’île de Saint-Maur pour plus de 21 arpents de terre (une douzaine d’hectares) en 1784-1785. Il réside au Port de Créteil, un hameau rattaché administrativement à La Varenne.

Bien que les listes de membres de des instances municipales de La Varenne ne soient pas connues, il est probable que Louis-Philippe Riguet fait partie des municipalités élues en 1790 et 1791. On le retrouve membre, en tant que procureur, du conseil unifié mis en place en décembre 1791 après la fusion définitive de La Varenne et de Saint-Maur. Ce poste en fait un des plus importants responsables de la commune, après le maire, Jean-Hubert Richard.

Il a en l’an II (1794) un premier enfant avec Marie-Jeanne Laurent, de 17 ans sa cadette. Alors qu’ils ne sont pas mariés, c’est cependant lui qui déclare l’enfant, ce qui est inhabituel ; il le prénomme de manière très révolutionnaire : Brutus. Riguet aura ensuite une vie plus traditionnelle, se mariant avec Marie-Jeanne Laurent en l’an V (1797) à Saint-Maur puis en ayant dans les mêmes lieux quatre nouveaux enfants entre l’an VI et 1808.

Louis Philippe Riguet meurt le 3 novembre 1810 à Saint-Maur. Il était alors âgé de 59 ans.

Outre la proximité nominale et son profil très comparable à celui des autres rédacteurs du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur, l’argument principal pour l’assimiler au septième signataire est précisément sa signature manuscrite. On la trouve dans les archives du Val-de-Marne sous deux formes : courte (« Riguet ») en l’an II (1794) et longue « Louis-Philippe-Gabriel Riguet » en l’an XI (1803). Dans le premier cas, on constate que la boucle de la queue du G est très peu accentuée, permettant une confusion avec un Q ; enfin, dans les deux cas, le T final est agrémenté de fioritures qui peuvent être prises pour une lettre, et notamment un Y.

On peut donc supposer qu’il existait un manuscrit initial du cahier de doléances, non conservé, signé par chacun des rédacteurs, et recopié ensuite par une personne qui, ne connaissant pas leurs noms, a cru lire « Riquety ». C’est ce document qui figure aux Archives nationales.

Riguet-an-II.png

Riguet-an-XI.png

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 00:00

Le septième et dernier signataire du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur en avril 1789 est mentionné en tant que « Riquety » sur le manuscrit de ce document. C’est le seul dont l’identification pose un véritable problème.

L’attribution traditionnelle, derrière l’historien Émile Galtier (Le Vieux Saint-Maur, n° 3, 1925), est qu’il s’agirait d’André, Boniface, Louis Riqueti, vicomte de Mirabeau (dit Mirabeau-Tonneau, 1754-1792). Les mentions d’un rôle du député royaliste antirévolutionnaire dans la formation en 1790 de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur (future Joinville-le-Pont en 1831) sont anciennes, puisqu’on en trouve la trace dès le milieu du XIXe siècle (Joanne, Les environs de Paris, 1856 ou Parizot et Boileau, Guide du Bois de Vincennes, 1860). Ils empruntent certainement une telle affirmation à une source plus ancienne, bien que non connue.

Cependant, aucune trace de la présence du vicomte de Mirabeau à Saint-Maur, à Pont de Saint-Maur, à La Varenne ou dans l’un des écarts de la presqu’île ne peut être trouvée dans des documents d’époque ou des archives biographiques. Au contraire, la chronologie rend difficile la présence du député de la noblesse limousine à Saint-Maur. Et son positionnement à l’extrême-droite de l’Assemblée nationale rend problématique qu’il ait pu apporter un soutien à des villageois dans une querelle administrative.

Georges Bousquié (Le vicomte de Mirabeau in Le Vieux Saint-Maur, 1950) estime que, « s'il a jamais habité Polangis, il n'a dû le faire que bien peu de temps, ou bien par pur artifice on a fait entrer Polangis dans sa légende. »

Il nous semble donc que son rôle dans l’indépendance de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur doive être écarté. Il n’y a aucune raison de croire qu’il ait pu contribuer à la rédaction du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur, rédigé, on l’a vu, essentiellement par des agriculteurs de ladite paroisse. Par ailleurs, son positionnement politique fait qu’il est fort peu probable qu’on ait voulu se revendiquer de lui pour co-signer un texte éloigné des idées qu’il défend et mettant en cause, même sur des sujets secondaires, la noblesse qu’il représente.

La deuxième possibilité serait qu’il s’agisse de son frère, Honoré-Gabriel Riqueti comte de Mirabeau (1749-1791). Il est certain qu’il a séjourné à Polangis, dans une ferme isolée sur l’autre rive de la Marne, rattaché au village du Pont-de-Saint-Maur, entre le 21 et le 28 février 1789 (Mémoires biographiques, littéraires et politiques de Mirabeau, A. Auffray, 1834-1835). Mais à cette date il quitte l’Île-de-France pour la Provence, et il n’existe aucune preuve de son éventuel retour dans les environs. Ni le style littéraire, ni les préoccupations du cahier de doléances ne semble correspondre à ceux de Mirabeau.

Cependant, le passage de Mirabeau, même bref, a marqué les esprits du fait de la personnalité et du rôle politique majeur que joue le président de l’Assemblée nationale. S’il a résidé à Polangis pour des raisons privées, il est envisageable qu’il ait eu un contact avec certains habitants. Après sa mort, l’abbé Bauche organise dans la chapelle Saint-Léonard, de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, un service solennel à sa mémoire (Naudet, L'histoire de Fontenay-sous-Bois, 1980).

La participation de Mirabeau à la rédaction du texte du cahier de doléances n’est pas vraisemblable. Son lien avec La Varenne n’est pas établi. Cependant, des contacts entre les agriculteurs de la presqu’île et les résidents de Pont-de-Saint-Maur ont pu encourager les rédacteurs à souhaiter ajouter à leurs noms celui d’un homme politique prestigieux, qui renforce ainsi le poids de leurs revendications.

Il est en fait probable que le nom de Riqueti réfère à un autre personnage : Louis-Philippe-Gabriel Riguet. Nous examinerons sa situation dans prochain article.

Mirabeau (Honoré-Gabriel)

Mirabeau gravée par Hopwood d´après Raffet. 1847

Partager cet article
Repost0
6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 00:08

Le sixième signataire du cahier de doléances de La Varenne Saint-Maur en avril 1789 est mentionné en tant que « Claudin » sur le manuscrit de ce document. Il est certain qu’il s’agit de Claude Martin Claudin.

Fils d’un berger lorrain, né vers 1743, Claude Martin Claudin sera lui-même berger. Il épouse Jeanne Broisseau en octobre 1766 et aura au moins un enfant. Son épouse meurt en mars 1768 et il se remarie avec Magdeleine Simonot, avec laquelle il a au moins cinq enfants, dont Philippe François Honoré Claudin, en novembre 1775 ; ce dernier est d’abord berger, puis soldat dans l’armée napoléonienne. Philippe François est décoré de la Légion d’honneur en 1813, puis admis à la retraite en novembre 1815 après avoir produit un certificat médical attestant qu’il est « totalement usé par les fatigues de la guerre, ce qui le rend impropre au service » ; il meurt en 1823.

Bien que les listes de membres de des instances municipales de La Varenne ne soient pas connues, il est probable que Claude Martin Claudin fait partie des municipalités élues en 1790 et 1791. On le retrouve membre, en tant que notable, du conseil unifié mis en place en décembre 1791 après la fusion définitive de La Varenne et de Saint-Maur.

Le 4 novembre 1793, Claude Martin Claudin, est témoin du décès du curé de La Varenne Saint-Hilaire, Jean Baptiste Duval, 60 ans. La disparition du prêtre marque la fin spirituelle de la paroisse, deux ans après sa suppression politique.

La date du décès de Claude Martin Claudin n’est pas connue.

 

Claudin.png

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 01:15
Deimling accusé des crimes de Raon-l’Étape et d'Allarmont (Vosges)

Berthold Deimling, général allemand (1853-1944) fait partie des 334 personnes accusées par la France d'avoir commis des actes contraires aux lois et coutumes de la guerre à livrer par l'Allemagne en exécution des articles 228 à 230 du traité de Versailles et du protocole du 28 juin 1919. Il lui est reproché des « violations des lois et coutumes de la guerre sur les territoires qui furent occupés par l'armée allemande. »

Son nom figure dans deux paragraphes de la « Liste des personnes désignées par les Puissances alliées pour être livrées par l'Allemagne » publiée en 1920.

Nous reproduisons ci-dessous le texte de sa mise en cause, qui figure aux pages 55 et 56 de ce texte (1) :

[44] M Deimling (von) Général commandant le XVe corps allemand. Nature de l’infraction : Crimes de Raon-l’Étape et d'Allarmont (Vosges) : pillages systématiques, incendies, assassinats en masse, violation de la Convention de Genève.

24 à 28 août 1914 (Raon-l'Étape [Vosges]).

«Le village de Raon-l’Étape fut pillé systématiquement par les Allemands, qui se faisaient aider dans le choix des objets à emporter par des femmes allemandes qu'ils avaient fait, venir. Les maisons, une fois pillées, étaient livrées à l'incendie.»

«M. Richard, vieillard de 70 ans, qui regardait par la fenêtre, et M. Huchs, douanier retraité, étaient tués à coups de fusil; de nombreuses mères de famille devaient subir les derniers outrages, même de la part d'officiers. »

«Les Allemands avaient installé une mitrailleuse qui tirait sur les Français dans l'hôpital, sur lequel flottait le drapeau de la Croix-Rouge. Comme les sœurs de l'hôpital indignées leur faisaient remarquer qu'ils n'avaient pas le droit de s'abriter ainsi sous la Croix de Genève, ils répondaient cyniquement : «qu'ils agissaient justement ainsi pour empêcher les Français de tirer sur eux. »

«A Allarmont, des soldats allemands avaient saisi au saut du lit le maire, M. Charles Lescuve (2) et le curé, M. Mathieu, qu'ils conduisirent devant le Général Deimling. «Que faut-il faire d'eux?» demandèrent- ils. Le Général eut un geste évasif. Que lui importait! Et il détourna la tête. On emmena les deux prisonniers dans un champ. «Je vous offre 100,000 marks, proposa M. Lescuve, pour savoir quelles raisons vous avez de nous fusiller.»

«On ne daigna pas lui répondre. On les poussa tous les deux contre un mur et on les assassina...»

[44] Le même. Ordre général de ne pas faire de prisonniers et d'incendier les villes et villages.

  • Voir aussi : Berthold Deimling, pacifiste ou criminel de guerre ?

(1) Liste des personnes désignées par les Puissances alliées pour être livrées par l'Allemagne en exécution des articles 228 à 230 du traité de Versailles et du protocole du 28 juin 1919, Impr. nationale - 193 pages, 1920

(2) Il s’agit de Charles Lecuve.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Polmorésie, blog d’histoire
  • : Histoire politique, économique, culturelle et sociale au travers des acteurs qui ont se sont engagés dans la vie publique.
  • Contact

Recherche

Liens