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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:40

Jacques Hollande naît le 13 février 1901 dans le 16ème arrondissement de Paris. Par son père, Jules, il descend d’Henri Dubois-Fournier (1768-1844), commerçant du nord de la France qui mena de nombreuses missions pour le rétablissement de l’Église catholique en France après la Révolution française. Par sa mère, Ghislaine Berthier de Lasalle (1877-1935), il était lié aux princes Murat. Son étoile le plaçait donc plutôt parmi les couches les plus aisées de la société française.

Il choisit pourtant de devenir prêtre puis de s’engager résolument aux côtés la classe ouvrière. Luc Perrin, maître de conférences à la faculté de théologie catholique de l'Université de Strasbourg, livre en 2009 un témoignage sur ce parti-pris : « Je me souviens du chanoine Hollande qui avait été chargé par le cardinal Suhard de les diriger les prêtres ouvriers à Paris et qui me confiait, un peu gêné et quasi en confidence, qu'il était apparenté aux princes Murat, noblesse d'Empire certes mais fort loin du prolétariat. »

C’est en 1926 que Hollande devient prêtre à Issy-les-Moulineaux. Le diocèse de Paris couvrait à cette époque la ville-capitale, mais aussi l’essentiel des trois départements actuels de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Il sera ensuite vicaire de Saint-Joseph-des-Épinettes, dans le 17e arrondissement ; c’est sans doute à ce moment qu’il devient aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC).

Toujours vicaire, il rejoint Levallois-Perret en 1934 puis comme premier vicaire Notre-Dame-de-Lorette (9e arrondissement).

Il est nommé curé en pleine guerre, se voyant attribuer la charge de la paroisse Sainte-Anne de Polangis à Joinville-le-Pont en juillet 1942. La paroisse avait été créée en 1910 et la petite église aurait dû être remplacée par un nouvel édifice, « Notre-Dame du cinéma », projet arrêté avec le conflit et mondial et jamais repris ensuite.

Sa présence sur les bords de Marne restera assez brève. En effet, en novembre 1943, le cardinal Suhard le nomme supérieur de la Mission de Paris. Six autres prêtres venaient de refuser la fonction.

Archevêque de Paris depuis 1940, Mgr Suhard, se préoccupe de la déchristianisation et notamment celle des couches populaires. Il fonde la Mission de France en juillet 1941 puis  la Mission de Paris en juillet 1943. L’objectif que se donnent les six prêtres regroupés autour de Jacques Hollande est « d’insérer un christianisme ‘très pur’ dans la culture ouvrière pour la ‘surélever’ et inciter la communauté chrétienne à purifier son propre christianisme » d’après l’historien Guillaume Cuchet (*).

La Mission de Paris sera la matrice de la naissance des prêtres-ouvriers. C’est en 1947 que, sur autorisation du pape, des ecclésiastiques décident d’aller travailler en usine ou sur des chantiers. Beaucoup d’entre eux s’engagent dans l’action sociale, devenant même parfois responsables de syndicats Cgt. En 1953, le pape mettra fin provisoirement à l’expérience, provoquant de douloureux troubles parmi ceux qui exerçaient cette fonction.

Beaucoup d’entre refuseront de redevenir des prêtres ordinaires, et Jacques Hollande, qui n’était pas lui-même prêtre ouvrier, les défendra en restant à son poste à la tête de la Mission de Paris. Ils sont qualifiés d’« insoumis » au sein de l’église catholique. Élevé à la dignité de chanoine en 1948, Hollande fait partie des chrétiens qui s’opposent à la bombe atomique en 1949 autour de l’appel de Stockholm.

Après la fin de la Mission de Paris, il redevient curé de la Trinité (Paris, 9e) en 1957. Il sera le porte-parole du clergé parisien lors des travaux préparatoires au concile Vatican II en 1964. Après le concile, en 1965, les prêtres-ouvriers sont à nouveau autorisés.

Le chanoine Hollande décède le 28 décembre 1991 dans le 14e arrondissement de Paris.

(*) Guillaume Cuchet : Nouvelles perspectives historiographiques sur les prêtres-ouvriers (1943-1954) in Vingtième Siècle, n° 87, juillet-septembre 2005, p. 177-187

 Hollande_J_1944.jpg

Jacques Hollande

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:04

Henri Lebègue (1856 – 1938), est un paléographe français, directeur d’études à l'École pratique des hautes études.

Henri Lebègue est né le 27 février 1856 à Nogent sur Marne, alors dans le département de la Seine, aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Il est le fils de Gustave Lebègue, chef d’une institution d’enseignement laïque de la commune et de Louise Pontier. La commune a dédié une de ses rues a=à son père. Il a pour frère Ernest Lebègue (1862-1943), historien français. Il est également le neveu de l’éditeur et publiciste de Bruxelles Alphonse-Nicolas Lebègue (1814-1885).

Henri épouse en 1884 Jeanne Lhuillier, dont il a plusieurs enfants, notamment Francis Lebègue (1886-1914), mort pendant la première Guerre mondiale.

Officier de l’instruction publique, attaché à la bibliothèque de l’université de Paris (La Sorbonne) de novembre 1882 à octobre 1888, Henri Lebègue entre à l'École pratique des hautes études en novembre 1891 en qualité de chef des travaux paléographiques. Il intègre la section des sciences historiques et philologiques.

Le chercheur fait œuvre de traducteur et publie les textes des auteurs grecs concernant la géographie et l'histoire des Gaules. Henri Lebègue rédige également des livres d’exercices grecs. Il répertorie et traduit en partie des manuscrits alchimiques grecs conservés à Paris (les Parisini).

Sa dernière œuvre sera une nouvelle traduction du Traité du sublime de Longin, qui paraît après sa mort en 1939.

Membre de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France, Henri Lebègue était considéré comme « un des maîtres de la paléographie grecque en France » (*).

Henri Lebègue a été fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 1923. Il décède le 19 octobre 1938 à Paris (5e).

(*) Les Études classiques: Volume 10 Facultés universitaires Notre-Dame-de-la-Paix (Namur, Belgique)

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:09

Marie Talet naît le 14 décembre 1884 à Bordeaux, seconde d’une famille de cinq enfants. Après l’école normale supérieure de Sèvres, elle devient enseignante. Elle est directrice en 1940 du collège de jeunes filles Joachim-du-Bellay, situé à Angers (Maine-et-Loire).

Les locaux de son établissement sont utilisés par les troupes d’occupation allemandes et le collège doit se réfugier à l’école normale des garçons, rue de la Juiverie (devenue rue Anne Frank).

Des membres de l’équipe forment un groupe de résistance, aidant notamment des centaines de réfugiés et des jeunes filles juives. Marie Talet en fait partie avec l’économe, Lucienne Simier et quatre enseignantes : Anne-Marie Baudin, professeur d’anglais ; Marthe Mourbel, professeur de philosophie ; Jeanne Letourneau, professeur d'arts plastiques ; et Marie-Madeleine James.

Les six femmes sont dénoncées, peut-être par des parents d’élèves, et arrêtées le 5 février 1943. La directrice est accusée d’avoir un « esprit anti-allemand ». Incarcérée à la prison du Pré-Pigeon (Angers), elle est ensuite transférée à Romainville, puis à Compiègne d’où elle est déportée vers Ravensbrück avec ses collègues du lycée. D’anciennes élèves les y rejoindront, comme Paule Robinet-Laurier.

Au sein même du camp, Marie Talet continue son activité de résistante. Consciente des difficultés immenses auxquelles allaient se heurter les femmes après la libération prévisible des camps, elle décide de former une organisation. Elle le fait avec Émilie Tllllon (du Groupe du musée de l'Homme, mère de l’ethnologue Germaine Tillion et résidente à Saint-Maur-des-Fossés), Yvonne Leroux (du réseau Johnny de Brest) et Annie de Montfort (du mouvement La France continue). Elles veulent préserver l'amitié qui les a unies dans les camps mais aussi apporter à toutes les déportées un appui durable au niveau du travail et de la santé. Cependant, la plupart d’entre elles ne reviendront pas.

Annie de Montfort meurt d’épuisement le 10 novembre 1944. Marie Talet décède de la dysenterie dans le camp le 14 décembre 1944. Anne-Marie Baudin est empoisonnée ou gazée ; Émilie Tllllon est assassinée par le gaz le 2 mars 1945.  Marthe Mourbel décède dans un hôpital sur le chemin du retour le 15 mai 1945, après la libération du camp par les troupes alliées. Lucienne Simier, Jeanne Letourneau et Marie-Madeleine James reviennent à Angers le 18 avril 1945.

La ville d’Angers a donné le nom de l’ancienne directrice à un groupe scolaire. Marie Talet, Marie-Madeleine James et Marthe Mourbel ont chacune une rue portant leur nom dans la même commune.

Lucienne Simier a publié son témoignage dans Deux ans au bagne de Ravensbrück, collection L'Écho de leurs voix, Éditions Hérault, Maulévrier, 1992. Jeanne Letourneau a publié Clichés barbares : mes récits de Ravensbrück, 1945-2005, Archives départementales de Maine-et-Loire, 2005.

Marie Talet, Anne-Marie Baudin et Marthe Mourbel (ph. lycée du Bellay)

Talet_Marie.jpg  Baudin_Anne-Marie.jpg  Mourbel_Marthe.jpg

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 00:10

L’abbé Georges Moreau était curé de Saint Charles Borromée de Joinville-le-Pont (Val de Marne) de 1878 à 1882. Pendant son ministère, il se préoccupe de la vie de sa paroisse et écrit en 1879 une « Note adressée à MM. les conseillers municipaux de Joinville-le-Pont, sur la question du presbytère à bâtir dans cette commune ». Le maire est alors Gabriel Pinson, qui siège depuis un an et est fils et petit-fils d’anciens maires de la commune. Joinville est une paroisse autonome depuis 1860, avec l’ouverture de l’église Saint Charles Borromée ; avant, les catholiques étaient rattachés à Saint Nicolas de Saint Maur.

Mais son travail est aussi celui d’un essayiste, qui se consacre aux changements importants que vit l’église de France alors que Jules Ferry, au gouvernement, modifie considérablement son rôle institutionnel.

Il publie ainsi un essai, en 1880, sur L'Église de France et les réformes nécessaires. La même année, il réagit avec mesure aux décrets pris par le ministre de l'Instruction publique (Jules Ferry) par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l'enseignement et dissout la Compagnie de Jésus. En 1881, il s’intéresse au budget des cultes (La question cléricale)

Ses travaux les plus importants, son conduits alors que, après avoir quitté sa cure de Joinville, il devient aumônier des prisons de Mazars et de la Roquette à Paris.

Il prend la suite de l’abbé Abraham Crozes (1806-1888) qui, pendant 22 ans, accompagna à l’échafaud 51 condamnés à mort, avec une réputation d’humaniste. Emprisonné pendant la Commune de Paris, il fut libéré par un capitaine communard, baptisé Révol. L’abbé Crozes fut l’un des fondateurs des Sociétés ouvrières de Saint François Xavier.

Georges Moreau publia d’abord des Souvenirs de la petite et de la grande Roquette (1884) où il reprenait ce qu’avait vécu son prédécesseur. Il inclut un dictionnaire d’argot, une des premières sources sur le parler populaire du peuple parisien. Trois ans plus tard, il s’engageait dans un travail encore plus conséquent, avec Le monde des prisons (Librairie illustrée, 1887).

Au travers de quelques cas qu’il racontait, l’abbé Moreau essayait de faire vivre la prison, pointant du doigt son inhumanité. Dans une Troisième République qui venait, en 1885, d’ouvrir les bagnes de Cayenne et de Nouvelle Calédonie, Georges Moreau mettait en cause le sentiment de protection de la société fondement de cette loi sécuritaire. Mais il avouait préférer la « guillotine sèche » du bagne, à la « guillotine sanglante. »

Georges Moreau devient en 1887, vicaire général et chanoine honoraire de Langres.

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 00:01

Pierre Allaire (1894-1960) fut instituteur et élu socialiste à Joinville-le-Pont.

Il est en poste de 1919 à 1947 à l'école de garçons Jules Ferry (actuel collège), avenue Bizet à Joinville-le-Pont (Val de Marne). Elle venait d’être construit sur l'emplacement d'une partie de l'usine de traitement de films des frères Lumière et de Joseph Jougla. Selon l’historien de Joinville, Michel Riousset, Pierre Allaire était le « maître le plus éminent » de l’école.

Le groupe scolaire est inauguré le 19 novembre 1938 par le ministre de l'éducation du gouvernement du Front populaire, le radical-socialiste Jean Zay, assassiné par des miliciens pendant la guerre.

Le futur enseignant était né le 30 octobre 1894 dans le cinquième arrondissement à Paris, son père étant agent d'affaires et sa mère professeur de piano. Il épouse à Joinville-le-Pont deux sœurs : la première, Jeanne Méresse, pendant la première guerre mondiale, le 25 février 1918, alors qu’il est mobilisé comme soldat. Il sera décoré pour son comportement pendant la guerre. Il se marie quatre ans plus tard avec Marthe Méresse, le 26 septembre 1922.

Pierre Allaire commence une activité politique publique après avoir quitté ses fonctions de maître d’école. Il se présente, en seconde position, sur la liste socialiste SFIO conduite par Léon Berthet, industriel et mécanicien, premier adjoint de 1945 à 1950.

La liste socialiste n’obtient qu’un seul siège face à celle des gaullistes du RPF qui en a 13, à égalité avec celle des communistes et des radicaux, conduits par Robert Deloche. Léon Berthet choisira d’appuyer la liste de gauche, Deloche (Pcf) redevient maire et Berthet reste adjoint. Mais il démissionne de son mandat d'adjoint suite à des désaccords politiques en octobre 1950 puis quitte le conseil municipal fin octobre 1951. La guerre froide a accentué les divisions entre les différentes formations de la gauche.

C’est Pierre Allaire qui le remplace, le 14 novembre 1951. Il n’exerce cependant ses fonctions électives que très brièvement car, il démissionne le 19 janvier 1952 en raison de son état de santé, selon le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français de Jean Maitron. Il sera remplacé par Victor Hochet.

Pierre Allaire meurt à Paris le 11 avril 1960. Enterré au cimetière de Joinville, sa tombe est gravée des décorations qu’il a obtenues lors de la guerre de 1914-1918.

L'ancienne avenue des Lilas, dans le quartier de Polangis, à Joinville-le-Pont est rebaptisée et devient « avenue Pierre Allaire. »

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 00:06

Ernest Lebègue (1862–1943), est un professeur et historien français.

Ernest Lebègue est né le 31 décembre 1862 à Nogent-sur-Marne, alors dans le département de la Seine, aujourd’hui dans le Val-de-Marne. Il est le fils de Gustave Lebègue, chef d’une institution d’enseignement laïque de la commune (qui a donné son nom à une rue de Nogent) et de Louise Pontier.

Il épouse Marie-Louise Mougin en 1895 et en a plusieurs enfants. Son fils aîné meurt dans les derniers jours de la première guerre mondiale.

Il a pour frère Henri Lebègue (1856-1938), paléographe français et est le neveu de l’éditeur et publiciste de Bruxelles, Alphonse-Nicolas Lebègue (1814-1885).

Ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris), Ernest Lebègue est agrégé d’histoire et docteur ès lettres. Il travaille dans l’enseignement public pendant quarante-deux ans. Il enseigne à Saint-Quentin (Aisne) puis Belfort, Lille et Rouen où il reste huit ans au lycée Corneille. Il deviendra un spécialiste de l’histoire normande pendant la période révolutionnaire.

Il s’établit ensuite en région parisienne, d’abord au lycée Lakanal de Sceaux puis à Paris successivement au lycée Carnot et au lycée Charlemagne où il termine sa carrière en 1925.

Ernest Lebègue est lié avec plusieurs anciens élèves de l’ENS dont Lucien Herr, professeur de philosophie et pionnier du socialisme français (1864-1926) et Joseph Texte, professeur de littérature comparée (1865-1900). Il échange une correspondance avec l’historien d'art français Émile Mâle, membre de l'Académie française (1862-1954).

Ernest Lebègue collabore vers 1890 à la Revue de géographie, fondée en 1877 par Ludovic Drapeyron (1839-1901). Il est secrétaire général adjoint de la Société normande de géographie jusqu’en 1901. Il consacrera cependant l’essentiel de ses travaux à l’histoire, et notamment à la révolution française de 1789.

Alors professeur au lycée Lakanal de Sceaux, Ernest Lebègue, soutient deux thèses pour le doctorat devant la faculté des lettres de Paris, en Sorbonne, le 24 décembre 1910. Sa thèse principale porte sur Jacques-Guillaume Thouret, député du tiers état de Rouen aux États généraux de 1789 puis président de l’Assemblée nationale constituante. Il soutient également une thèse complémentaire sur les travaux de l'Assemblée provinciale de Haute-Normandie (1787-1790).

En 1935, Ernest Lebègue publie une biographie de Jean François Boursault-Malherbe (1752-1842), acteur, homme d'affaires et révolutionnaire français. Elle est couronnée en 1936 par l’Académie française.

Ernest Lebègue a été fait chevalier de la Légion d’Honneur en janvier 1929. Sa candidature était soutenue par deux hommes politiques, un ministre de droite, Louis Marin, et un de gauche, Paul Painlevé, ancien président du conseil.

Ernest Lebègue décède le 22 juillet 1943 à son domicile, 26, rue Chevert à Paris (7e).

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 00:08

Emporté par la phtisie, une forme de tuberculose pulmonaire, à l’âge de 32 ans, Alix Fournier fut selon l’écrivain Pierre-Barthélemy Gheusi « le magnifique, le révolté à demi génial, le futur grand musicien ».

Né en 1864, il côtoya Camille Saint-Saëns, qui l’appelait « le fou » et fut l’élève de la classe d’orgue de César Franck au Conservatoire de Paris où il fréquentait également les cours de Léo Delibes et Théodore Dubois.

Le jeune musicien fut couronné par le Prix de Rome de composition musicale en 1891 et par une récompense de l’Académie des Beaux-arts, le prix Cressent en 1892. C’est après ce titre qu’on représenta à l’Opéra de Paris sa comédie lyrique, Stratonice, le 9 décembre 1892.

L’opéra, sur un livret de Louis Gallet, raconte l’histoire de la belle princesse grecque, épouse d’un roi macédonien, qui inspire une violente passion à son beau fils. Le roi abandonne la jeune femme et nomme son héritier régent.

Le fait marquant dans la vie d’Alix Fournier est une mystification. On n’aimait guère Richard Wagner, chez les professeurs de musique français à la fin du dix-neuvième siècle. On ne l’appréciait pas, mais on ne l’écoutait pas plus. Le jeune prodige avait parié qu’il transcrirait le duo de Tristan et Isolde dans la cantate qu’il présentait pour le prix de Rome, intitulée L’Interdit. Aucun des auditeurs professionnels n’avait reconnu la pièce de l’opéra de Wagner, puisqu’ils ne l’avaient jamais lue ni entendue. Seul Saint-Saëns dévoila la supercherie.

En 1895, il met en musique une légende écrite par Louise Rousseau, Histoire de chevalerie. Écrivain et botaniste, Louise était l’épouse d’Henri Rousseau, directeur de l’école privée laïque et professionnelle du Parangon, située dans le château et parc du même nom, sur la commune Joinville-le-Pont. Henri Rousseau est le fils d’un maire de la commune, Louis Ferdinand Rousseau.

C’est d’ailleurs à Joinville, dans le château du Parangon, que mourut Alix Fournier, en septembre 1897 après de longues souffrances, entouré de son frère, lieutenant d’infanterie. Il était alors domicilié à Nice avec sa mère.

Il ne semble pas y avoir de disque ou de vidéo reprenant l’œuvre d’Alix Fournier.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:17

Attention, la date de cette rencontre a été modifiée !

La Société historique et littéraire polonaise et la Bibliothèque polonaise de Paris organisent le vendredi 5 octobre 2012 (17h-20h) une Journée d’études consacrée à Henri et Annie de Montfort.

À partir de leurs archives déposées à la Bibliothèque polonaise de Paris, il s’agit de présenter la vie et l’œuvre de ces deux écrivains Français qui se sont liés à la Pologne dès 1919 et ont contribué à développer les relations culturelles franco-polonaises. Henri (1889-1966) associe son épouse Annie (1897-1944) à toute son action, d’abord, comme envoyé spécial à Varsovie du quotidien Le Temps (1923-1932), puis comme directeur des services administratifs de l’Institut de France. Résistant dès 1940, il crée le journal clandestin La France continue (1941-1942) et agit au sein du réseau Kasanga. Annie, liée au réseau F2 polonais est arrêtée en mars 1943 à Grenoble et mourra à Ravensbrück en 1944. Leur œuvre commune la plus connue, préparée depuis 1930, le Guide Bleu de la Pologne, paraît en 1939.

Société historique et littéraire polonaise - Bibliothèque polonaise de Paris

Site : www.bibliotheque-polonaise-paris-shlp.fr

6, quai d’Orléans 75004 PARIS - Tél. 01 55 42 83 83 - b.skrzypek@bplp.fr

M°: Pont Marie, Saint-Paul, Maubert-Mutualité, Jussieu. Bus: ligne 67

Voir l’article consacré à Annie de Montfort :

Montfort Annie

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:08

Marie Henri Brégeot, fils d’un instituteur des Vosges, naît à Nonville le 6 septembre 1855. Il vient à Paris suivre les cours du lycée Chaptal et obtient ses deux baccalauréats. Reçu à Polytechnique, sa myopie l’empêche d’y entrer. Il devient journaliste et collabore à des journaux financiers mais également à des publications humoristiques et à des revues littéraires ou théâtrales.

Étudiant, il participe au club des Hydropathes, animé par le romancier Émile Goudeau et dans lequel on retrouvait le poète et inventeur Charles Cros, l’actrice Sarah Bernhardt ou l’écrivain Alphonse Allais. Ce club était symbolique d’une « génération fantaisiste, bien souvent partagée entre le rire et le désespoir » (**).

En 1885, il est membre de l'Association des journalistes parisiens. Selon Joseph Denais, un journaliste catholique aux idées opposées aux siennes, il était « d'un esprit caustique et primesautier. (…) Il n'avait pas un ennemi et c'était un journaliste de la vieille roche ne portant envie à personne et se contentant de l’aurea mediocritas du vrai philosophe » (*).

Henri se fait connaître sous le nom de Vaudémont et adopte divers pseudonymes, dont celui de Gringoire.

Ses compétences en matière financière font qu’il est auditionné par la Chambre des députés en 1895 et par le Sénat en 1896. Il demande que l’admission de certaines valeurs minières à la cote officielle de la bourse de Paris soit refusée en raison des dangers que feraient courir les compagnies anglaises des mines d'or à l’épargne publique.

Henri Vaudémont soutient le principe coopératif, enquêtant sur des exemples concrets, comme celui de l’Alimentaire de Grenoble et participant à de nombreux congrès.

En 1886, il fonde une société coopérative de consommation à Joinville-le-Pont (Val de Marne), où il réside, baptisée La Populaire. Il est membre suppléant du comité central de l’Union coopérative en 1893.

Le journaliste, qui affiche son athéisme, s’engage également dans le mouvement de la Libre Pensée, présidant le groupe La Raison du canton de Charenton-le-Pont (Val de Marne) à partir de 1889 et devenant membre, en 1990, du conseil central de la Fédération. À ce titre, il représente la Fédération de la Libre Pensée au sein de l’Union des travailleurs socialistes, qui veut préfigurer un futur Parti socialiste unifié.

Vaudémont est également franc-maçon, il est officier du Grand-Orient de France et participe à la loge Jérusalem des vallées égyptiennes, celle de Giuseppe Garibaldi.

En l’absence d’une organisation socialiste unique, c’est sous l’étiquette radicale qu’il concourt à diverses élections, devenant membre du conseil municipal de Joinville-le-Pont en 1890. Il est réélu en 1892. En 1893, il est battu lors d’un scrutin cantonal à Nogent sur Marne.

Il meurt, d’une longue maladie, le 17 juillet 1896, âgé de 41 ans. Ses funérailles civiles, au cimetière du Père Lachaise, à Paris, le 19 juillet, rassemblent « une foule nombreuse, composée d'habitants de Joinville, des communes voisines : Saint-Maur, Créteil, Charenton, Saint-Maurice, Maisons-Alfort, Alfortville, Nogent, Champigny, Bry, etc.; de personnes venues de Paris: francs-maçons, libres-penseurs, délégués des différents groupes de la région parisienne, amis politiques, journalistes, amis personnels » (***).

Gabriel Meynet, directeur de la Voix des Communes, journal auquel collaborait Vaudémont, le qualifie de « républicain socialiste aux convictions ardentes, mais raisonnées ». Léonie Rouzade, militante socialiste (1839-1916), souligne son engagement féministe. La revue La Libre-Pensée le qualifie ainsi : c’était « un des plus méritants des soldats de la démocratie » (***).

(*) Aurea mediocritas : le juste milieu, précieux comme l'or. Rapport présenté à l'Assemblée générale de l'Association des journalistes parisiens du 19 mars 1897.

(**) Émile Goudeau, Michel Golfier, Jean-Didier Wagneur, Dix ans de bohème, Editions Champ Vallon, 2000.

(***) La Libre-Pensée, Paris, octobre 1896, n° 82.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 00:03

La grève à l’usine Bi-Métal de Joinville-le-Pont (Val de Marne), entre le 19 janvier et le 18 avril 1910 est marquée par de nombreux affrontements : bagarres, coups de feu, menaces de mort, jets de pierre, bastonnades, arrestations…

Les incidents ne se sont pas limités à l’entreprise et à ses abords. Nous sommes dans un contexte où l’anarchisme et le syndicalisme-révolutionnaire sont puissants. Le secrétaire de l’Union des métaux de la Seine, Gaspard Ingweiller, qui dirige la grève, est un des hérauts de cette tendance radicale au sein de la Confédération générale du travail (Cgt).

Dès le début du conflit, une affiche apposée sur les murs de Joinville et de Saint-Maurice et signée « Le comité de la grève » annonce que « la machine à frictionner serait sous pression » pour « les rares inconscients qui passeraient outre » le mot d’ordre d’arrêt du travail.

Au mois de mars, des appels sont lancés par les grévistes aux soldats venus pour renforcer le service d'ordre pour qu’ils désobéissent, tandis que la police et la direction de l’usine sont l’objet d’attaques dans de nouvelles affiches. Le commissaire de police reçoit une lettre signée « un groupe de grévistes » revendiquant la coupure d’une centaine de fils télégraphiques ou téléphoniques ont été coupés dans la banlieue de Paris et se terminant par « Nous continuerons ! »

Ces actions vont être théorisées par un présumé « comité révolutionnaire secret de la région de Joinville » dont l’existence et les actes seront évoqués lors d’un débat à la Chambre des députés.

Le syndicaliste révolutionnaire Émile Pouget (1860-1931), fondateur du Père Peinard puis rédacteur en chef du journal de la Cgt, La Voix du peuple, publiera un bilan de l’action de ce comité dans une réédition de sa brochure intitulée Le sabotage en 1910 en reproduisant une circulaire par lequel le comité explique la marche à suivre.

Avec un autre comité de Seine-et-Oise (actuels départements de l’Essonne et des Yvelines), le comité Joinvillais revendique la coupure de 795 lignes téléphoniques et télégraphiques du lors d’actions conduites entre le 8 et le 28 juillet 1910 pour « protester contre l'arrestation arbitraire du camarade Ingweiller, secrétaire de l'Union syndicale des ouvriers sur métaux, les poursuites scandaleuses engagées contre le comité de grève du Bi-Métal et les condamnations prononcées le 25 juillet 1910. »

C’est le 27 octobre 1910 que les députés vont débattre du sujet. Le président du conseil, Aristide Briand (1862-1932, centre droit), donne lecture de la circulaire sur le sabotage des lignes télégraphiques et téléphoniques, qui contient le « septième bilan du groupe révolutionnaire joinvillais », accueilli par des remarques ironiques des élus socialistes qui considèrent que « c’est une lettre anonyme », soupçonnant même une œuvre de police.

Le quotidien, Le Temps, lui n’en doute pas une seconde et s’étrangle même, parlant de « séance du sabotage » : « L'ironie en pareil cas équivaut à une approbation tacite ». Le journal, qui est l’organe officieux du patronat (le Comité des Forges), s’exprime au nom d’une « immense majorité de citoyens raisonnables dominés et terrorisés par une poignée de furieux » et estime que « les députés socialistes auraient mieux fait de réprouver la propagande criminelle qui s'étale en plein jour. »

Le livre d’Émile Pouget, est réédité régulièrement, il sera trouvé dans la bibliothèque des inculpés de Tarnac (Corrèze), soupçonnés de s’être attaqués en 2008 à des lignes d’alimentation pour les trains de la Sncf. En 1910, le comité révolutionnaire de Joinville avait un avis sur le sujet : il « recommandait aussi, avec beaucoup d'insistance, de ne pas toucher aux fils des signaux ni aux fils télégraphiques des compagnies de chemin de fer » selon Émile Pouget.

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