Jean Paul Manuel Rodriguez naît le 29 décembre 1922 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils de Pauline Chaline et de son époux Manuel Rodriguez.
La mère, native de Joinville, couturière, travaillait pour la maison Chanel à Séville, où elle a épousé son père vers 1910, selon les sources familiales. Le père, espagnol originaire de Séville, a fondé en 1919 un atelier de mécanique situé à Joinville, rue du Viaduc, les établissements Rodriguez & Fils. Ils faisaient des « constructions mécaniques, machines à bois, construction de toutes machines sur plan » selon leur cartes de visite.
Comme ses deux frères aînés, Emmanuel (1913-1993) et Paul Léon (1914-1994), Jean travaille avec son père dans l’entreprise familiale.
Le Service historique de la Défense atteste de l’engagement de Jean Rodriguez dans la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale. Les sources familiales décrivent ainsi son parcours. En mars 1943 il est requis pour le Service du travail obligatoire (STO) et envoyé en Allemagne. Il s’évade en février 1944 et rentre en France dans la clandestinité. En août 1944, il s’engage dans les Francs-tireurs et partisans (FTP) et participe aux combats pour la Libération de Joinville-le-Pont. Il est en particulier présent dans la bataille du pont de Joinville le 25 août, aux côtés de Robert Deloche, dit commandant Vila, futur maire communiste de Joinville. Il est sous les ordres d’Alexandre Legay (1905-1990), maçon, militant communiste et ensuite conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1944-1945).
Toujours selon la généalogie familiale, Jean Rodriguez dispose d’une carte de membre des Milices patriotiques, structures montées par le parti communiste lorsque le décret du 24 septembre 1944 met fin à l’existence des FFI (Forces françaises de l’intérieur) pour regrouper les anciens FTP. Elles sont dissoutes en novembre 1944.
En août 1945, Jean Rodriguez épouse à Joinville Micheline Renée Lizot. La mère de son épouse et les deux frères de celle-ci ont été des militants communistes également impliqués dans la Résistance à Joinville.
Jean Rodriguez meurt le 28 juillet 1975 à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Selon son petit-fils Quentin Rodriguez, il aurait été atteint d’un cancer. Il était âgé de 52 ans et père de deux enfants.
La barricade du pont de chemin de fer de Joinville pendant la bataille de la Libération en août 1944
Jules Florentin Royer naît le 30 mars 1842 à Paris (2e arr.). Il est le fils de Marie Flore Charbonnet et de son époux Félix Eugène Royer. Ils vivent rue L’Évêque (act. rue Boissy-d’Anglas Paris 8e arr.) et son père est coutelier.
En 1858, il fréquente l’atelier de Tissier, professeur d'architecture, situé rue des Fossés du Temple à Paris (act. rue Amelot, 11e arr.) et réside alors rue Léon à La Chapelle-Saint-Denis (act. Paris, 18e arr.). Il réussit le concours d’entrée et intègre, en novembre 1859, l’École des Beaux-Arts de Paris.
Installé comme architecte boulevard du Prince-Eugène (act. bd Voltaire, Paris 11e arr.), Jules Royer épouse Marie Thonille Rigoulot, fille d’un entrepreneur de menuiserie parisien. Tout en maintenant son activité principale et sa résidence à Paris, Jules Royer acquiert une propriété dans le nouveau quartier de Palissy, sur la rive gauche de la Marne, à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils y résident principalement l’été et leur fille y naît en octobre 1871, peu après que les troupes d’occupation allemandes ont quitté la cité. Probablement c’est lui le Royer qui est en 1868 membre répartiteur du bureau de bienfaisance de Joinville.
Employé comme vérificateur au service permanent d'architecture de la Ville de Paris, Jules Royer devient en février 1892 réviseur des travaux d’architecture de la ville. À partir de 1896, Royer installe son bureau personnel à Joinville, avenue du Château (act. av. Foch).
Lors des élections municipales de mai 1904 à Joinville, trois listes se présentent. Les radicaux-socialistes soutiennent le maire sortant, Eugène-Voisin ; les socialistes révolutionnaires présentent une candidature incomplète ; et une partie des sortants ayant rompu avec le maire, ainsi que les conservateurs, constituent le troisième pôle. Jules Royer figure parmi les candidats, étiquetés comme nationalistes.
Au premier tour, la liste radicale de Voisin obtient 50,2% des suffrages exprimés et 15 sièges, la droite suivant avec 31,9% tandis que les socialistes sont à 14,9%. Les radicaux récupèrent sept des huit siège en ballotage, en laissant un à la droite. Royer a recueilli 337 voix, soit 30,1% ; il n’est pas élu. Le maire Eugène-Voisin est réélu.
Jules Florentin Royer meurt le 24 octobre 1909 à Joinville. En janvier de cette même année 1909, il avait été décoré des Palmes académiques en tant qu’officier d'académie. Il était âgé de 67 ans et père de trois enfants. Son fils aîné Félix est aussi architecte à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Le cadet, Jules, est dessinateur.
Certificat d’admission de Jules Royer à l’École des Beaux-Arts de Paris (coll. INHA)
André François Martin naît le 4 juin 1900 à Chatillon-sous-Bagneux (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.
Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.
En 1901, André François séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand André a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).
En novembre 1918, André Martin, qui exerce le métier de tourneur mécanicien, est incarcéré à la prison de Fresnes pour une raison qui n’est pas connue. Début janvier 1919, il signe un engagement dans l’armée pour quatre ans et est affecté au 7e régiment de dragons. Il est envoyé en Allemagne, dans les troupes d’occupation françaises. Le 25 février, il manque à l’appel et, le 25, il est déclaré déserteur ; mais comme il est revenu le 26, l’armée note dans son dossier militaire que c’est « à tort » que cette déclaration a été faite mais il est placé en locaux disciplinaires. Toujours en Allemagne, il manque une nouvel fois à l’appel le 14 juin 1919, s’étant évadé, et est de nouveau déclaré comme étant en désertion. Il est arrêté le 1er août. Le 7 août 1920, les faits pour lesquels il avait été condamné sont amnistiés. Il poursuit son service militaire au sein du 9e régiment de dragons. En février 1921, il est sur l’île d’Oléron (Charente-Inférieure, act. Charente-Maritime), dans le 57e régiment d'infanterie pui de nouveau dans une unité de dragons, le 4e, en septembre 1921. Il obtient un congé libérable en novembre 1922.
De nouveau domicilié chez sa mère à Joinville-le-Pont, il épouse en novembre 1928 dans cette ville Blanche Marie Joséphine Aribaud, fille d’épiciers de Luc-sur-Orbieu (Aude).
À l’instar de sa sœur, de son frère et sans doute de sa mère, André Martin s’engage dans l’action politique au sein du parti communiste (PCF). Il est candidat élections municipales de 1929 et 1935 ainsi qu’au scrutin municipal complémentaire de 1934.
En mai 1929, les frères René et André Martin figurent tous deux sur la liste du Bloc Ouvrier-Paysan, appellation des candidatures communistes de l’époque. Au premier tour, il obtient 340 voix pour 1715 votants (19,8%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.
En octobre 1934, des élections partielles pour pourvoir dix postes rendus vacants par suite de décès ou démissions ; quatre groupes sont en lice, deux regroupant des libéraux et conservateurs avec des radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et le PCF. André Martin figure en sixième position. Il recueille au premier tour 408 suffrages pour 2297 exprimés (17,8%) et 2360 votants sur 3225 inscrits. Devancés de quelques voix, les socialistes se retirent de même qu’une des autres listes. Au deuxième tour, Martin est gratifié de 745 votes pour 1903 exprimés (39,1%) et 1964 votants. Aucun des candidats communistes n’est élu.
Lors des élections municipales de mai 1935, pour le renouvellement normal du conseil municipal, on retrouve quatre listes, les radicaux-socialistes et les libéraux-conservateurs ayant chacun leur propre rassemblement, la SFIO et le PCF concourant de nouveau séparément. André Martin, qui indique être métallurgiste, figure en onzième position derrière Robert Deloche. Son score du premier tour est de 671 voix sur 2856 suffrages, soit 23,5%. Les socialistes et les communistes se rassemblent pour le second tour et Martin est alors crédité de 1103 bulletins à son nom pour 2899 exprimés (38%). Il n’est pas élu, mais, pour la première fois, deux communistes entrent au conseil.
Employé par la société Gnome et Rhône, qui fabrique des moteurs d’avions, fait l’objet d’une affectation spéciale dans le cadre de la réserve de l’armée. Il conserve cette affectation au début de la deuxième guerre mondiale en septembre 1939 puis est réaffecté, le mois suivant, au dépôt d’artillerie 341 de Fontainebleau. Avec la défaite, il quitte l’armée le 2 août 1940.
Le 19 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne contre les forces allemandes, André Martin est tué boulevard Sébastopol à Paris, alors que se déroulent des combats entre les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les soldats du Reich. Il vivait à proximité, rue de Montmorency et était toujours employé par Gnome et Rhône en tant que tourneur-outilleur.
Selon l’historien de la Libération de Paris, Gilles Primout, André Martin était peut-être un des membres du groupe FFI, mais il n’a pas été formellement identifié. Les archives du Service historique de la Défense mentionnent son décès en tant que « victime civile ». Son acte de décès ne porte pas la mention « Mort pour la France ». Il était âgé de 44 ans et n’avait semble-t-il pas eu d’enfant. Il est inhumé au cimetière parisien de Pantin (Seine, act. Seine-Saint-Denis).
René Jean Martin naît le 2 décembre 1897 à Paris (6e arr.). Il est le fils de Marie Louise Puisay et de son époux Jean Martin. Ils sont domiciliés à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne), rue de Montrouge.
Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux.
Ils vont vivre à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, René Jean séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses sa sœur et son frère. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand René a 12 ans. Ils déménagent ensuite dans le quartier voisin de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves).
Alors menuisier pendant la première guerre mondiale, René Martin s’engage en juillet 1916, à l’âge de 18 ans, devançant de deux ans l’appel de sa classe. Il signe un contrat de trois ans et est affecté dans la marine. Il sert sur le croiseur-cuirassé Ernest-Renan. Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1916, le Renan faisant route sur Salonique, aborde à vingt nœuds le vapeur italien Helvetia et le coupe en deux. Le naufrage fait, selon Il Naufragio dell'Helvetia, 15 morts, 115 personnes sont secourues. La plupart des passagers étaient des soldats italiens rentrant en permission. En juillet 1917, il devient matelot timonier, toujours sur le Ernest-Renan. Il est affecté en janvier 1918 à un bâtiment de servitude de Corfou (Grèce) puis en novembre la même année au Tourville, navire-école servant à l’apprentissage du canonnage. Le Ernest-Renan fait partie des bateaux menaçant de leurs canons en janvier 1919 le port de Sébastopol, qui font face à une révolte des marins, dont notamment André Marty, future icône du parti communiste ; René Martin n’y a probablement pas participé, contrairement à une légende propagée dans sa famille.
Après-guerre, René Martin sera libéré des obligations militaires en novembre 1932 et réformé, classé invalide à 100%, du fait d’une tuberculose pulmonaire. Il travaille en 1921 comme employé de chemin de fer. Il vit avec sa mère, sa sœur et le fils de cette dernière, encore dans le quartier de Polangis à Joinville-le-Pont, avenue Jamin.
Signalé dans son livret militaire comme résidant à Meaux (Seine-et-Marne) en 1925, route de Varreddes, il est cependant présent à Joinville, où il est, en compagnie de son frère André, candidat sur la liste du parti communiste lors de élections municipales de mai 1929. Au premier tour, il obtient 345 voix pour 1715 votants (20,1%) sur 2491 électeurs inscrits. La liste communiste du Bloc Ouvrier-paysan se maintient au second tour, mais n’a pas d’élu tandis que la coalition réunissant les radicaux-socialistes, les socialistes SFIO et des indépendants remporte la majorité, remplaçant une municipalité de droite.
Indiquant vivre dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1930, René Martin est de retour à Joinville en 1932, où il se met en couple avec Suzanne Henriette Robichon (1898-1968), alors mariée mais séparée ; ils résident rue des Lilas (act. rue Pierre-Allaire).
En 1933, René et Suzanne sont installés à Meaux, de nouveau route de Varreddes. Il est redevenu menuisier biseauteur de glaces. Lors d’une querelle avec des voisins, en juillet 1933, « pour un motif sans grande importance » selon le Journal de Seine-et-Marne, René et Suzanne sont, de même que leurs deux adversaires, condamnés pour voies de fait réciproques, à 25 francs d’amende.
René Jean Martin meurt le 29 juin 1938 à Meaux. Il était toujours menuisier et âgé de 40 ans.
René Martin sur le croiseur cuirassé Ernest-Renan, 1916 (Arch. fam.)
Marie Thérèse Martin naît le 3 mars 1895 à Bordeaux (Gironde). Elle est la fille de Marie Louise Puisay et de Jean Martin, employé de commerce. Sa naissance sera légitimée par le mariage de ses parents en février 1896 à Bordeaux. Ils vivent rue d’Aviau.
Sa mère (1866-1945), couturière et domestique est native de la Vienne. Son père (1870-1910), employé de commerce, est originaire de Bordeaux. Marie Thérèse est l’aînée des trois enfants.
Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, Marie Thérèse séjourne dans le village maternel de sa mère à Gençay (Vienne), chez ses grands-parents avec ses deux frères. Puis la famille Martin s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910, quand Marie Thérèse a 15 ans.
En 1911, la famille a déménagé dans le quartier voisin de Polangis, toujours à Joinville, avenue de l’Île (act. avenue d’Estienne-d’Orves) ; Marie Thérèse est ouvrière dans l’usine cinématographique Pathé, construite à proximité.
Le mariage de Marie Thérèse Martin avec Adrien Charles Boscheron (1883-1971) se fait en février 1920 à Joinville. Son mari, parisien de naissance, est ajusteur mécanicien ; ils vivent au domicile des Martin, désormais avenue Jamin, encore dans le quartier de Polangis à Joinville. Sept mois après la naissance du fils qu’il a avec Marie Thérèse, en février 1921, Adrien Boscheron indique en septembre 1921 résider à Champigny-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) et déclare la naissance d’une fille ; la mère est sa première compagne, qui avait déjà accouché d’un garçon de lui en mars 1919. Marie Thérèse Martin obtient le divorce en mars 1922.
Continuant à vivre avec son fils chez sa mère, Marie Thérèse Martin se remarie en septembre 1925 à Joinville avec Édouard René Jean Baptiste Lizot (1899-1965). Son mari a été condamné à plusieurs reprises pour divers délits, notamment en avril 1918 par la cour d’assises de Riom (Puy-de-Dôme) à cinq ans de prison pour vol. Ils vont travailler tous deux comme miroitiers à Paris.
Édouard Lizot quitte son épouse peu après leur mariage, s’installant à Montreuil-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Marie Thérèse accouche d’une fille à Joinville en février 1926, et Édouard Lizot lui verse alors un secours de 50 francs par semaine. En juin 1926, il refuse de payer sa contribution ; Marie Thérèse se rend alors dans l’atelier de miroiterie où il travaille, rue de Montreuil à Paris, et tire à trois reprises sur lui avec un revolver. Il est légèrement blessé à l'avant-bras gauche et été admis à l'hôpital Saint-Antoine. Marie Thérèse est arrêtée et conduite devant le commissaire de police du quartier Sainte-Marguerite. Elle est cependant laissée en liberté provisoire, du fait de ses deux enfants en bas-âge et n’est pas poursuivie, Lizot ayant refusé de porter plainte.
Les deux époux vivent ensuite de nouveau ensemble chez la mère de Marie Thérèse à Joinville et ayant un nouvel enfant en mai 1929. Ils divorcent en décembre 1934. Ils participent en octobre 1928, en compagnie des frères de Marie Thérèse, à une souscription lancée par le syndicat CGTU, proche du parti communiste, « À l’aide des combattants du textile ».
Selon la généalogie familiale, Marie Thérèse aurait travaillé comme pianiste de cinéma muet et été employée dans les studios Pathé de Joinville et l'usine de fabrication de films Kodak de Vincennes. Cependant, entre 1921 et 1931, elle est notée comme sans profession dans les recensements. En 1936, toujours chez sa mère avec ses trois enfants, elle se déclare couturière.
S’appuyant sur des sources de presse qui n’ont pas pu encore être consultées, l’arrière-petit-fils de Marie Thérèse, Quentin Rodriguez, mentionne qu’elle a été arrêtée, sans doute en octobre 1942. Elle fait parmi d’un groupe de 227 « internées communistes » en provenance du dépôt (Paris) et de la caserne des Tourelles qui sont conduites au camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire). Après avoir reçu des Juifs en 1940 et 1942, le camp de La Lande devient la destination des femmes communistes poursuivies par les autorités du régime de Vichy et les Allemands. On retient aussi au camp des femmes poursuivies pour des délits de droit commun et des prostituées. Les dernières incarcérées à La Lande sont transférées en janvier 1944 au camp de Poitiers (Vienne).
Le frère de Marie Thérèse, André Martin, tourneur-outilleur, militant communiste et engagé dans la Résistance à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale, est tué le 21 août 1944, premier jour de l’insurrection parisienne dans le quartier des Halles.
D’après la généalogie de la famille Martin-Rodriguez, Marie Thérèse vit de nouveau à Joinville-le-Pont, avenue Jamin, après le conflit et est comptable à l'usine des Tréfileries et laminoirs du Havre, située à Saint-Maurice, en bordure de Joinville, jusqu’en 1960.
Elle prend alors sa retraite et va vivre à Quiers-sur-Bézonde (Loiret) jusqu’en décembre 1978. À cette date, elle est hébergée à quelques kilomètres de là, dans la maison de retraite L'Heure mauve, qui dépend du centre hospitalier Paul-Cabanis à Beaune-la-Rolande. Elle y fête son centenaire en mars 1995.
Marie Thérèse Martin meurt le 22 août 1997 à Beaune-la-Rolande (Loiret). Elle était âgée de 102 ans. Mère de trois enfants, l’aîné était né de son premier mariage, les deux autres du second.
Un bâtiment du camp de La Lande à Monts (Indre-et-Loire)
Marie Louise Puisay naît le 23 juillet 1866 à Gençay (Vienne). Elle est la fille de Rose Diot et de son époux Célestin Puisay, maçon. Le couple a huit enfants et elle est la plus jeune. Ils vivent rue de l’Échelle.
Lors du recensement de 1881, elle a alors 14 ans, Marie Louise est notée comme exerçant la profession de couturière. En 1891, elle est à Bordeaux (Gironde) en tant que domestique. Elle donne naissance en avril à une fille d’un père non dénommé, qui, lors de son décès, en janvier 1892, est indiquée comme venant des Enfants assistés et est inhumée au cimetière de la Chartreuse de Bordeaux.
Après avoir donné naissance à une nouvelle fille en mars 1895, encore à Bordeaux, elle épouse en février 1896 à Bordeaux, le père qui a reconnu l’enfant, Jean Martin, employé de commerce bordelais.
Ils vont vivre en région parisienne, d’abord à Gentilly (Seine, act. Val-de-Marne) en 1897 puis à Châtillon (Seine, act. Hauts-de-Seine) en 1900. En 1901, elle séjourne de nouveau dans son village maternel chez ses parents avec ses trois enfants. Puis les époux Martin s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Ils résident en 1910 dans le quartier de Palissy, rue du 42e de Ligne. Jean Martin y meurt en juin 1910.
En compagnie de ses trois enfants, Marie Louise Martin déménage dans le quartier proche de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves). Elle indique en 1911 exercer de nouveau le métier de couturière, tandis que sa fille aînée, Thérèse, est employée à l’usine cinématographique Pathé, implantée également à Polangis.
Pendant la première guerre mondiale, l’aîné de ses fils, René (1897-1938) s’engage dans la marine en juillet 1916, devançant son service militaire obligatoire. Il sert dans la marine, sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan qui, après la fin du conflit, navigue en mer Noire.
Après-guerre, les trois enfants de Marie Louise Martin, qui vivent toujours avec elle ou à proximité, vont avoir un engagement militant à gauche, au parti communiste. Lors des élections municipales générales de mai 1929, les deux frères René et André figurent sur la liste communiste qui se présente à Joinville-le-Pont, tandis que son gendre et sa fille participent à des appels relayés dans le quotidien L’Humanité.
Le contexte rend probable qu’on puisse assimiler Marie Louise Martin à la « camarade Martin », désignée sans plus de précision dans la presse communiste, qui est candidate lors des élections municipales complémentaires de septembre et octobre 1928 à Joinville, rendues sont nécessaires pour remplacer le maire, Henri Vel-Durand, décédé, et deux autres sièges vacants.
Les femmes n’ont alors pas le droit de vote, bien qu’un mouvement en faveur de leur droits de citoyennes ait existé avec, par exemple, Astié de Valsayre, résidente à Joinville-le-Pont. Mais, faute de pouvoir siéger, avaient-elles le droit d’être candidates à une élection ? Le débat juridique a lieu et plusieurs formations présentent des femmes lors de scrutins locaux, certaines étant même déclarées élues, comme Joséphine Pencalet à Douarnenez en 1925.
Le parti communiste (Pcf) présente donc à l’automne 1928 une liste de Bloc ouvrier-paysan dirigée par Roger Benenson (1900-1945), mécanicien, futur député de Seine-et-Marne (1937-1940), comprenant Jules Guervin (1889-1956) ébéniste et donc la « camarade Martin ». Elle s’oppose à une liste de la gauche républicaine, associant des radicaux et des socialistes SFIO et à une autre de l’Union républicaine, qui a le soutien de la majorité municipale.
Pour le Pcf, il s’agit d’affirmer « l’opposition de classe » à « toutes les ligues féministes de pacotille. »
Aucune loi n’interdit de présenter une candidate, mais la préfecture envoie à la municipalité de Joinville une note pour que soient annulées toutes les voix qui se portent sur le nom de Mme Martin. La municipalité de droite obéit à la demande des autorités. Le nombre de suffrages qui se sont prononcés en faveur de la candidate communiste n’est donc connu que de manière approximative et L’Humanité l’estime à 286, soit 16% des votants.
Les communistes protesteront. Ils qualifient le refus de compter les votes « d’acte arbitraire » et « d’abus de pouvoir » et titrent que « Préfecture et municipalité truquent le scrutin de Joinville ». Pour eux, il n’appartient pas à un maire de se substituer aux tribunaux administratifs pour apprécier la validité des suffrages émis. Au second tour, les communistes présentent les mêmes candidats, tandis que la liste de centre-gauche emporte les trois sièges.
Après la mort de son fils aîné, René, en 1938, Marie Louise reste à Joinville avec sa fille Marie Thérèse et son fils cadet André. Les deux sont résistants à l’occupation allemande pendant la deuxième guerre mondiale. André est tué en août 1944 lors des combats pour la Libération de Paris, boulevard de Sébastopol.
Marie Louise Martin meurt le 4 mars 1945 à Joinville. Elle était âgée de 78 ans.
L’Humanité (1er et 8 octobre 1928) relate la candidature de « la camarade Martin » à Joinville-le-Pont
Amélie Eugénie Duteyrat naît le 11 mars 1883 à Mansat-la-Courrière (Creuse). Elle est la fille d’Anne Martaud, cultivatrice, et de son époux, Pierre Duteyrat, maçon.
Elle se maria en février 1908 dans sa commune natale avec Louis Trayaud, tailleur de pierres. Ils vivent à Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) en 1921, avenue du Château. Après la mort de Louis Trayaud en décembre 1930, sa veuve s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en compagnie de sa fille, de son gendre et de sa petite-fille, dans le quartier de Polangis, avenue du Bac.
Agent de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Amélie Trayaud est contrôleuse de tramway en 1921. Le 20 avril 1936, elle est aux commandes du tramway 108, qui fait son dernier voyage entre Paris et le terminus de Champigny-sur-Marne.
Pendant l’Occupation, Amélie Trayaud joua un rôle dans la Résistance comme agent de liaison selon le témoignage de Robert Deloche. Les archives municipales de Joinville mentionnent qu’elle fit partie des premiers groupes de la Résistance organisés à Joinville. Sa fille Madeleine et son gendre Alexandre Legay sont tous deux également actifs dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
En 1944, Amélie Trayaud fut membre du Comité local de Libération au titre du Front national et désignée au sein de la délégation spéciale, nommée en septembre 1944 pour faire office de conseil municipal ; elle est la seule femme à siéger dans cette instance. Trayaud fut élue conseillère municipale de Joinville-le-Pont le 29 avril 1945 en 22e position sur 27, sous l’étiquette UFF (Union des femmes françaises). Elle fut réélue comme communiste le 19 octobre 1947 puis devint troisième adjointe supplémentaire au maire Robert Deloche le 26 octobre 1947. Elle est une des toutes premières femmes à obtenir un mandat de maire en France.
Après la démission forcée de Deloche, en conflit avec la direction du PCF, Amélie Trayaud fut désignée comme maire communiste de Joinville-le-Pont du 24 mars 1953 au 6 mai 1953. Aux élections de mai 1953, elle prend place sur la liste dirigée par Henri Bideaux (Parti communiste et alliés radicaux).
La droite remportant l’élection de 1953, Georges Defert lui succéda à la première magistrature et Amélie Trayaud conserva un siège comme simple conseillère jusqu’en 1959. Elle demeurait toujours avenue Guy-Mocquet, nouveau nom de l’avenue du Bac.
Amélie Trayaud meurt le 13 septembre 1963 à Joinville. Elle était âgée de 80 ans.
La carte fictive « Métroféminin », dessinée par Silvia Radelli en 2017, remplace des noms masculins donnés à des stations du métro parisien par « 100 noms de femmes qui ont marqué l'Histoire ». La « station Amélie Trayaud » se situe sur la ligne 12 en lieu et place de la station Volontaires.
En juin 2024, le maire de la commune de Mansat-la-Courrière (Creuse), Jean-Pierre Dugay, a inauguré, en présence de sa famille, une stèle en hommage à Amélie Trayaud, native de la commune. Le quotidien régional La Montagne en a rendu compte.
Le 12 mars 2025, c’est le conseil municipal de Joinville-le-Pont qui décide, toujours en présence de ses descendants, de donner le nom « Amélie Trayaud » à une voie publique de la commune, l’allée en cours de réfection desservant la salle Prévert et la crèche, au pied de la mairie.
Constant Henri Paul Armand Chavignot naît le 11 décembre 1864 à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne). Il est le fils d’Ernestine Louise Clotilde Battarel et de son mari, Constantin Ernest Chavignot.
En 1881, ses parents s’associent à ses deux oncles maternels, Arthur et Pierre Ernest Battarel pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. La famille Chavignot réside à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château.
Probablement après avoir fait un service militaire, puisqu’il est recensé avec la classe 1884, Henri Chavignot entre à l’École centrale des arts et manufactures de Paris. Il obtient, en août 1889 le certificat de capacité en tant que constructeur puis le diplôme d’ingénieur l’année suivante. Comme son père, il va travailler en tant qu’architecte et entrepreneur dans le bâtiment.
Le château, bâti en 1696 selon les chroniques, est détruit en 1904 pour achever l’aménagement du quartier de Polangis.
En juillet 1905 à Saint-Mandé, Henri Chavignot épouse Louise Marie Henriette Guary. Elle est native de Marchienne-du-Pont (Belgique). Sa mère est originaire du Pas-de-Calais où son père, ingénieur des arts et manufactures, est devenu directeur des mines d’Anzin, bien que né dans le Lot. Le couple vit à Paris (6e arr.) avenue de l’Observatoire puis boulevard Henri IV (4e arr.) avant de s’installer rue de Grenelle (7e arr.) où ils résident dans les années 1930.
Fondé en 1870, le Comité de Saint-Maur, Joinville et Charenton de la Société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) compte 25 membres en 1902, dont Chavignot. Il y adhère toujours en 1926, tandis que le comité s’est élargi à plusieurs communes alentour.
Présenté comme « très sportif » par le quotidien L’Auto, Chavignot met à disposition en mai 1902 du Club Amical Sportif de Saint-Mandé un terrain pour tracer une piste d’athlétisme de 400 mètres.
La Société française des planchers Bremer et de constructions industrielles est constituée en juillet 1906 avec plusieurs personnes de son entourage familial et professionnel. Henri Chavignot en est administrateur. Elle est dissoute en janvier 1909.
Resté propriétaire des terrains de Polangis, M. Chavignot souhaite que la municipalité y enlève les ordures ménagères. La mairie est prête à intégrer les nouvelles rues du quartier dans son domaine communal, à condition qu’elles lui soient remises en bon état de viabilité. Le conseil municipal accepte d’entrer en pourparlers avec lui en février 1911, mais assure qu’en attendant, c’est au propriétaire des terrains qu’incombe l’enlèvement des déchets.
Pendant la première guerre mondiale, pour faire face à l’absence de ravitaillement des habitants, un Comité d’action agricole est constitué à Joinville-le-Pont. Présidé par le maire, Ernest Mermet, Chavignot en est la vice-président. Il compte des maraîchers et jardiniers ainsi que l’agriculteur exploitant de la Ferme de la Faisanderie, dans le Bois de Vincennes, Jodelay. Chavignot met à disposition douze hectares des terrains de Polangis pour créer des jardins potagers. Le ministre de l'agriculture les visite en juillet 1917. Au total, 200 jardins sont attribués, dont 198 sur les terres de Chavignot. Un important travail de surveillance est nécessaire, pour éviter les vols, tandis que des conseils sont également fournis aux néo-jardiniers, les semences arrivant toutefois difficilement.
Après la fin de la guerre, les négociations entre la mairie et Chavignot concernant le domaine de Polangis finissent par aboutir en février 1924. Le conseil municipal du 12 3ù accepte l’incorporation dans le domaine public communal des voies du domaine de Polangis. Il accepte l’offre de versement à la commune par M. Chavignot d’une contribution de 60 000 francs pour l’enlèvement des ordures ménagères à Polangis.
Pour mieux commercialiser le domaine, les promoteurs Battarel et Chavignot avaient décidé de créer un canal, dit rivière de Polangis, permettant de le traverser en canot. Cependant, sa faible pente fait qu’il s’envase régulièrement. La question du curage fait l’objet de réclamations des riverains, qui souhaitent que la mairie et Chavignot en supportent les frais ; 125 riverains, rappelant au maire en poste, Georges Briolay (radical-socialiste) ses promesses de campagne, envoient une pétition dans ce sens en janvier 1931.
Finalement, les trois ponts sur la rivière de Polangis seront remis à la commune en octobre 1936 par les héritiers Chavignot.
Henri Chavignot meurt le 6 mai 1934 à Paris (7e arr.), dans son appartement de la rue de Grenelle. Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Thomas d'Aquin et il est inhumé au cimetière des Batignolles. Âgé de 69 ans, il n’avait pas d’enfant, son épouse a élevé avec lui la fille posthume de son premier mari, Geneviève Dunod, épouse d’un médecin célèbre, André Marion.
Constantin Ernest Chavignot naît le 7 mai 1830 à Montrouge (Seine, act. Hauts-de-Seine). Il est le fils d’Aglaé Cécile Seignoret et de son époux. Son père, Martin Benoit Chavignot (1803-1868) était maître charpentier et est devenu entrepreneur de maçonnerie, réputé avoir construit plus de « cent maisons dans Paris ». Il était un des fondateurs et administrateurs d’une société financière, le Sous-comptoir des entrepreneurs. Ils vivent à Paris (9e arr.), boulevard des Capucines.
Comme son père, Constantin Chavignot devient entrepreneur de bâtiment, avec le titre d’architecte. Il épouse en avril 1860 à Paris (10e arr.) Ernestine Louise Clotilde Battarel, fille d’un avocat. Ce même mois, les Chavignot père et fils constituent, avec un autre architecte constructeur, Armand Desnues, la société immobilière Chavignot père, fils & Desnues.
Ils vivent à Saint-Mandé (Seine, act. Val-de-Marne), dans la Grande-Rue où résident les Battarel.
En 1881, les deux frères de son épouse, Arthur et Pierre Ernest Battarel s’associent à Constantin Chavignot, pour acheter le château de Polangis à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) auprès des héritiers d’Auguste Courtin, ancien maire de la commune. Le très vaste domaine s’étend également sur la commune de Champigny-sur-Marne. Les époux Chavignot résident à Joinville, où ils sont recensés en 1891 dans le château avec leurs deux enfants.
Dans le quotidien La Lanterne, en octobre 1885, en compagnie d’autres propriétaires voisins, s’insurge dans une lettre ouverte d’une campagne menée dans un autre journal, Le Pays, suite à un accident, critiquant les cheminots de la ligne du chemin de fer de Vincennes. Les signataires indiquent : « nous n'avons toujours eu qu'à nous louer de l'urbanité des chefs et de la complaisance des agents. »
Au sein d’un hebdomadaire local, Voix des communes, les Battarel et Chavignot s’opposent au tracé prévu pour le tramway devant relier Vincennes à Joinville et Chennevières, présentant un contre-projet par rapport à celui soutenu par le conseil municipal, qui sera mis en œuvre.
Les associés Battarel et Chavignot créent en 1894 la Société civile immobilière de Polangis, à laquelle ils vendent une partie du terrain afin de le lotir, commençant l’urbanisation de cette partie du territoire, jusqu’à ce moment très peu peuplé puisqu’il ne comptait guère qu’une ferme, une auberge et leur demeure. Les frères Battarel meurent en septembre 1900 et juillet 1901, tous deux célibataires et sans enfants. Les époux Chavignot deviennent les seuls propriétaires du domaine de Polangis.
Constantin Chavignot meurt le 22 mars 1900 à Joinville, dans son château de Polangis. Il était âgé de 69 ans et avait eu deux enfants. Son fils Henri sera ingénieur architecte et poursuivra l’aménagement du domaine.
Romain Joseph Charles Guyot naît le 1er février 1879 à Paris (3e arr.). Il est le fils de Mathilde Joséphine Maréchal et de son marié Auguste Romain Guyot ; ils vivent rue des Gravilliers. Son père est ébéniste et meurt en août 1885, quand il a 7 ans ; sa mère décède en mai l’année suivante, le laissant orphelin à 8 ans.
Appelé à faire son service militaire, Romain Guyot, qui est ingénieur géomètre, est en ajourné une première fois en 1901, de nouveau l’année suivante puis exempté pour « bronchite spécifique. »
Alors qu’il réside dans le 20e arrondissement, rue Perdonnet, Romain Guyot épouse en mai 1901 Eugénie Marguerite Prin, fille d’un courtier parisien. Ils s’installent à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier nouvellement loti de Polangis, avenue de l’Île (act. avenue Jean-d’Estienne-d’Orves).
Lors des graves inondations du premier trimestre 1910, qui voit la rivière Marne recouvrir une grande partie du territoire communal et notamment les voies de Polangis, Romain Guyot fait partie des membre de la commission municipale qui organise le service de désinfection. Avec des élus, ils visitent les locaux inondés, délivrent ou non une permission de réintégration, mettent à disposition, à titre gratuit, des produits pour permettre la désinfection des boues et immondices.
Désireux de cacher ses économies, sans le dire à sa femme, Romain Guyot met l’importante somme de 1 076 francs sous la cendre du poêle de son mois de la salle à manger en juillet. Il avait attendu un ouvrier supposé le ramoner depuis six mois et supposait qu’il ne viendrait plus en été. Pourtant, il se présente en août, quand Guyot est en déplacement. Considérant que l’entrepreneur de fumisterie était responsable de son préposé, Guyot lui demande le remboursement de la somme, tandis que celui-là assure que c’est « la négligence et l’imprudence » de M. Guyot qui avaient provoqué le vol. La 7e chambre du tribunal de la Seine a décidé en mars 1913 que, quelle qu'ait été l'imprudence de M. Guyot, le patron est néanmoins responsable de son commis et a été condamné à rembourser. L’ouvrier fut condamné à six mois de prison.
Pendant la première guerre mondiale, la situation militaire de Romain Guyot est requalifiée et il est reconnu apte à faire un service armé en avril 1915, d’abord dans le 37e régiment territorial d'infanterie puis dans le 35e et le 260e. En août 1915, il est versé dans le 2e groupe d’aviation et transféré en septembre 1917 dans le 3e groupe. Il est promu au grade de brigadier en octobre 1918. Au moment de sa démobilisation en février 1919, il était stationné à Casablanca, au Maroc sous protectorat français.
Après le conflit, Romain Guyot est l’un des vingt membres délégués par le Conseil général de ce département pour participer aux travaux du Tribunal des dommages de guerre de la Seine. Il y côtoie un de ses voisins, l’architecte Émile Georges Muckensturm.
En juillet 1935, Guyot fait partie des 24 personnes qui, aux côtés de la commune de Joinville-le-Pont, la compagnie Est-Lumière, en tant que propriétaires de terrains, constituent l’Association syndicale libre des propriétaires riverains de la rivière de Polangis, un canal creusé au moment du lotissement du quartier.
Les autorités ayant décidé, en février 1934, de lancer un projet de reconstruction du pont de Joinville, une enquête est prescrite en vue de la déclaration d'utilité publique. Romain Guyot est nommé commissaire enquêteur en août 1936 et rend un avis favorable. L’agrandissement du pont sera réalisé pendant la deuxième guerre mondiale.
L’épouse de Romain, Eugénie Guyot, meurt au domicile conjugal de Joinville en mars 1943. Dans cette même ville, en décembre la même année, Romain Guyot reconnaît la naissance deux enfants hors de son union, Jacques René Auguste Guyot (1925-2005) et Pierre Guyot. Il épouse leur mère Diana Paule Angéline de Mayer en janvier 1944 à Joinville. Elle vient de la province d'Anvers, en Flandre (Belgique).
Romain Joseph Charles Guyot meurt le 28 mars 1964 au Perreux-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne). Il était âgé de 85 ans et père d’au moins deux enfants.
L’inondation de 1910 à Polangis (Joinville-le-Pont)