Elépo Adelakun (aka Elepo) est probablement né au cours des années 1780, à Iyé selon plusieurs historiens dont, en France, Paul Marty dans son Étude sur l’islam au Dahomey. Il faut peut-être identifier cette localité avec Ijaiye, ville du royaume d’Oyo (act. État d’Osun, Nigéria), de peuplement Yorouba, qui constitua une entité séparée entre 1836 et 1861. Dans le sud-ouest de l’actuel Nigéria, on trouve également deux autres localités qui peuvent l’avoir vu naître, Ile Elépo ou Ilé-Ifé (act. État d’Osun).
Selon la tradition familiale, Elépo serait issu d’une branche de la famille royale Yorouba. Son nom fait référence à Exu-Elepô, dieu du palmier à huile dans la religion traditionnelle Yorouba.
Devenu chef de son village, qui dépendait du royaume d'Ibadan, Elépo aurait voulu au début du 19e siècle, s’en émanciper, et pour cela il fait allégeance au roi d'Oyo, alors en conflit avec celui d'Ibadan. Les troupes d'Ibadan détruisirent le village et vendirent la plupart de ses habitants aux négriers européens de la côte, probablement à ceux de Ouidah (royaume de Porto-Novo, act. Bénin).
Ayant changé d’allégeance et devenu un chef militaire respecté du royaume d’Ibadan, Elépo permet à la ville de résister à un siège par les peuls, maîtres de la ville d’Ilorin, en 1837, au cours duquel il est blessé. Pour l’historien des Yoroubas, Samuel Johnson, Elépo fut « le plus grand général produit par la ville d’Ibadan », vainqueur notamment de la bataille d’Osogbo.
Après des complots contre lui de l’aristocratie d’Ibadan, Elépo, rompt avec les dirigeants du royaume et part avec un millier d’hommes à Ipara. Il s’installe ensuite à Ijaiye et aurait été tué, vers 1840, des suites de combats contre les alliés d’Ibadan.
Son fils unique, Odio, fut parmi les captifs après la prise de son village natal ; embarqué pour le Brésil, il y il est vendu comme esclave en 1810. Il y sera renommé José Piquino Paraïso et reviendra en 1849 sur la côte de Dahomey (act. Bénin). Il est esclave du roi de Porto-Novo qui l’affranchit et en fait son conseiller, après qu’Elépo a refusé de reprendre le titre de son père. Ses descendants, sous le nom de Paraïso, sont fort nombreux, au Bénin, en France mais également en Afrique de l’Ouest et Centrale francophone, aux États-Unis et au Canada.
Deux souverains traditionnels d'Osogbo ont porté le nom d’Elépo : Elépo Ier (1901-1907) et son fils Elépo II (1952-1966).
Voir aussi Fernand Paraïso, issu de princes et esclaves africains (1/2)
Carte du territoire de peuplement Yorouba en Afrique de l’Ouest
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