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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 00:01

Mise à jour de la notice publiée le 4 octobre 2016.

Paul Purrey naît chez ses grands-parents maternels à Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) le 2 août 1878. Ses parents, Jeanne Guionnet et son époux Jacques Purrey, tonnelier, résident à Saint-André-et-Appelles (Gironde).

Résidant alors à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Paul Purrey s’engage dans l’armée pour trois ans au moment où il doit effectuer son service militaire. Il sert au sein du 108e régiment d'infanterie jusqu’à sa démobilisation en mars 1902.

Installé en 1902 à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) au 13, rue des Corbeaux (act. avenue des Canadiens), Paul Purrey exercera toute sa vie l’activité de marchand de vins en gros. Il épouse en juin 1905 à Paris (18e arr.) Berthe Augustine Bassée, avec laquelle il aura une fille, Madeleine (1903-1993) et dont il divorcera en juillet 1924. Lors des graves inondations de la Marne en 1910, Purrey devient membre de la commission de répartition des secours aux inondés. Franc-maçon, Purrey participe à la loge locale Germinal, qui a inauguré son temple, rue Transversale, en mars 1911. Elle accueille notamment des militaires de l’école de gymnastique.

Proche des radicaux-socialistes qui tiennent alors la municipalité, Purrey va s’engager à l’occasion du conflit qui oppose la majorité du maire Eugène Voisin, de l’adjoint Georges Briolay et de leur idéologue, Louis Rey, à un groupe dissident, conduit par Achille Ernest Mermet et Henri Vel-Durand. Lors d’un scrutin municipal partiel en mai 1911, provoqué par la démission de cinq dissidents, Paul Purrey prend la deuxième place de la liste constituée par René Martin, président de l’Union des commerçants de Joinville, soutenue par les radicaux-socialistes. Ce sont cependant les dissidents qui l’emportent, avec le soutien des libéraux et des socialistes. L’année suivante, dans la même configuration, les radicaux-socialistes sont battus et Achille Ernest Mermet devient maire.

Pendant la première guerre mondiale, Paul Purrey est brièvement mobilisé en août 1914 au sein du 30e régiment territorial d'infanterie ; mais, dès le 4 septembre, il est réformé pour « obésité » par une commission siégeant à Chartres ; cette décision sera confirmée en juin 1915.

Après le conflit, Paul Purrey mène une action professionnelle, étant vice-président de l’Union des commerçants de Joinville-le-Pont et rejoignant la Chambre syndicale du commerce en gros des vins, spiritueux et cidres de Paris en 1917.

Ayant quitté Joinville pour la capitale, Purrey connaîtra des difficultés économiques, son établissement de vins en gros de Bercy faisant faillite en mai 1925. Il reprendra cependant cette activité, dans la banlieue sud, à Athis-Mons (Seine-et-Oise, act. Essonne). Remarié avec Laure Henriette Lévêque, native de Nogent-sur-Marne (Seine, act. Val-de-Marne) en janvier 1925 à Paris (12e arr.), Purrey s’installe à Wissous (Seine-et-Oise, act. Essonne) où il réside en 1937 en compagnie d’une fille de sa nouvelle épouse, issue de son premier mariage.

La loge Germinal ayant disparu, Purrey fréquente la loge Le Niveau social de Vincennes (Seine, act. Val-de-Marne) dont il est Honorable en 1938. Pendant la deuxième guerre mondiale, le nom de Paul Purrey figure sur une liste des dignitaires de la franc-maçonnerie relevant du Grand Orient de France, publiée le 23 septembre 1942 par le Journal officiel de l’État français. Les francs-maçons ont fait l’objet de persécution sous le régime de Vichy.

Si leur rôle précis n’est pas encore connu, il est probable que les époux Paul et Laure Henriette Purrey sont engagés dans la Résistance. Laure Henriette Purrey figure d’ailleurs à ce titre dans les Dossiers administratifs de résistants conservés par la Service historique de la Défense français.

À la Libération en 1944, Paul Purrey fait fonction de maire de Wissous ; il prend la suite de Pierre Laffargue, qui avait été nommé par le gouvernement de Vichy en 1941 puis confirmé en juin 1942.

Purrey est élu maire avec l’étiquette socialiste (SFIO) en avril 1945. En septembre 1946, le dirigeant communiste André Marty est l’orateur d’une grande réunion publique organisée par le PCF « pour commémorer le souvenir du grand Lénine, fondateur de l'État socialiste ». Paul Purrey figure à la tribune en tant que maire socialiste de Wissous à côté de personnalités communistes et de M. Labeyrie, maire de Versailles. Purrey exerce son mandat jusqu’aux élections municipales d’octobre 1947 et a pour successeur René Girard-Iametti, maire jusqu’en 1960.

Paul Purrey est décédé le 19 juillet 1950 à Longjumeau (Seine-et-Oise, act. Essonne), il résidait toujours à Wissous, où il est inhumé. Il était âgé de 71 ans.

Mairie de Wissous (photo récente, Wikipédia)

 

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21 juin 2026 7 21 /06 /juin /2026 00:01

Ernest Alfred Cabis naît le 28 avril 1874 à Pithiviers (Loiret). Il est le fils d’Estelle Félicie Duditlieu et d’Eugène Louis Napoléon Cabis. Ses parents résident à Paris (9e arr.), rue de la Chaussée-d’Antin, dans une caserne de gendarmerie et sa mère est venue accoucher chez ses parents, qi résident dans le faubourg de Beauce, où le grand-père, Jean Duditlieu, est menuisier.

Devenu sous-officier, comme brigadier à pied, le père passe en 1878 à la 13e brigade de Paris, rue de Béarn (3e arr.), puis à Nanterre (Seine, act. Hauts-de-Seine) en juin 1881 et à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) en mars 1882 où la famille réside dans la gendarmerie, rue de Paris.

Eugène Cabis fit l’objet, en octobre 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu, le mois précédent, un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction. Il choisit cette dernière option, fut mis en retraite en octobre 1886 et devint concierge-gardien d’un hôtel de Dieppe (Seine-Inférieure, act. Seine-Maritime).

Devançant son service militaire, Ernest Cabis s’engage en juillet 1892, à l’âge de 18 ans, pour quatre ans dans l’armée. Il est affecté au 4e régiment d'infanterie, où il devient caporal en février 1893 et sergent en février de la même année puis, en novembre 1895, sergent-major. Il prolonge son contrat de deux ans en juin 1896 puis de trois nouvelles années. Il est admis à l’école d’officiers Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en mars 1899. Il en sort, avec le grade de sous-lieutenant, un an plus tard, étant affecté au 114e régiment d'infanterie.

Promu lieutenant en avril 1902, il rejoint la gendarmerie en juin 1905, d’abord affecté à la Garde républicaine à Paris. Il épouse en janvier 1907 à Lorient (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor) Marie Thérèse Joalland. Native du port breton, elle est la fille d’un militaire, alors chef d’escadron et qui deviendra ensuite général, Paul Joalland, qualifié à son décès, en novembre 1940 par Le Petit Courrier de « héros colonial », associé à l’épopée africaine au Sahel, au Tonkin et à Madagascar ; membre de la Société de Géographie, il a été fait commandeur de la Légion d'honneur.

Rejoignant en juin 1907 la 13e légion gendarmerie à Lapalisse (Allier), Ernest Cabis passe en juillet 1909 à 10e légion à Lannion (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Nommé capitaine en juin 1913 capitaine, il rejoint la 9e légion à Cholet (Maine-et-Loire) puis, pendant la première guerre mondiale, la légion de Paris.

Après le conflit, Ernest Cabis obtient en décembre 1921 le grade de chef d’escadron (commandant) dans la 5e légion, stationnée à Versailles (Seine-et-Oise, act. Yvelines). Il prend sa retraite de l’armée active et, après avoir obtenu une licence de droit, est nommé en octobre 1924 juge de paix à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher). Il occupera la même fonction dans plusieurs villes de l’ouest de la France, au Morbihan (Sarzeau et Josselin) en Mayenne (Meslay-sur-Loire) et surtout dans la Sarthe (Château-du-Loir, La Chartre-sur-le-Loir, Sablé-sur-Sarthe et Le Lude).

C’est lorsqu’il est en poste dans cette dernière commune qu’il fait valoir, en janvier 1940, ses droits à la retraite ; cependant, dans le contexte de la deuxième guerre mondiale, il est « rappelé à l’activité » en février et redevient donc juge de paix du Lude et Pontvallain. Il quitte cette fonction, probablement fin 1942 mais est, une nouvelle fois, rappelé à l’activité, cette fois pour redevenir juge de paix de Sablé-sur-Sarthe et Brulon, toujours dans la Sarthe. Il prend pour la quatrième et dernière fois sa retraite en janvier 1944, à l’âge de 69 ans.

Ernest Cabis meurt le 7 juillet 1946 à Nice, à l’âge de 72 ans. Il était père de sept enfants.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur au cours de la première guerre mondiale, en décembre 1916 avec les commentaires suivants : « excellent officier de gendarmerie, dévoué et très attaché à ses devoirs. Rend les meilleurs services depuis le début de la guerre ». C’est toujours à titre militaire qu’il est promu, en juillet 1935, officier de la Légion d’honneur en récompense de 42 ans de services, depuis son engagement en 1892.

Voir : Antoine Cabis combat pour l’indépendance de la Belgique (son grand-père)

Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre (son père)

Ernest Cabis lors de l’inauguration groupe scolaire la Chapelle-aux-Choux (Sarthe) (Le Petit Courrier 1937/07/07)

 

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10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 00:01

Suite de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Pendant la deuxième guerre mondiale, Fernand Paraïso est mobilisé en septembre 1939 et affecté au 224e régiment d'infanterie et participe à la campagne contre l’Allemagne. Ses supérieurs émettent un avis positif mais réservé à son sujet en avril 1940 : « Officier de bonne valeur moyenne. Parfois un peu mou, ayant besoin d’être stimulé, n’ayant pas l’envergure nécessaire pour accéder au grade de capitaine. »

Il est démobilisé le 27 août 1940 au centre de Geaune, à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, où son unité était arrivée ; il se retire à Villemomble.

Fernand Paraïso s’implique dans la résistance à l’occupation allemande. Son dossier au Service historique de la Défense situe le début de son activité clandestine en janvier 1942. Il aide un caporal à sortir du centre de séjour surveillé d’Aincourt (Seine-et-Oise, act. Yvelines) ; dans cet ancien sanatorium, étaient internés tous individus désignés par le préfet, « sans enquête ni jugement », considérés comme suspects ou dangereux pour la défense nationale. Les investigations après-guerre assure qu’il a « porté secours à des israélites, entre autres à M. Wolf, habitant allée Franklin à Villemomble. »

Une enquête de voisinage faite par la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine, act. Seine-Saint-Denis) en juillet 1948 insiste sur sa « très bonne conduite et moralité », remarquant que « durant l’occupation, il n’a jamais entretenu de relation avec des Allemands, au contraire, il a toujours été hostile à l’occupant. »

Son adhésion au réseau Libération-Vengeance est donnée le 6 juillet 1943 à Legault-Demare, secteur Est de la région parisienne. Il contribue à la création des groupes Forces françaises de l’intérieur (FFI) du secteur Est et à leur instruction militaire, répandant également les communiqués de Londres. Appartenant au groupe de Raincy-Villemomble, Paraïso est l’adjoint du commandant Étienne Védère, alors capitaine commandant militaire secteur Est n° 2, sous les ordres du commandant Alexandre, chargé du secteur. En mai 1944, le lieutenant-colonel Le Lorrain-Cruze nomme Fernand Paraïso commandant de compagnie et instructeur avec le grade de capitaine.

Le commandant Alexandre constitue le bataillon de sécurité 107/22, qui se charge d’opérations de « nettoyage » de la région du 19 au 27 août 1944. Paraïso mène des reconnaissances à Gagny, Chelles, Vaujours, Montfermeil, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan. Le 21 août 1944, le capitaine Paraïso porte secours au groupe du commandant Henry pris à partie par les Allemands à Villemomble, il participe à la poursuite de l’ennemi en accompagnement des chars américains.

Fernand Paraïso qui avait été rayé des cadres de l’armée active en février 1942 ; il signe cependant le 8 septembre 1944 un nouvel engagement « pour la durée de la guerre » et est affecté au 1er régiment Armor puis, en février 1945, devient commandant d’armes à la place de Meaux (Seine-et-Marne). Son grade de capitaine d’infanterie coloniale est confirmé en mars 1945 quand il est muté au CATC pour participer à la relève en Afrique Occidentale Française. Il est démobilisé en mars 1945 et son grade est définitivement homologué le 18 mai la même année.

Le général Achille Dassonville (1890-1967), alors commandant de la subdivision de Seine-et-Marne où est basé Paraïso commente ainsi sa proposition d’avancement « officier de réserve qui, quoique de couleur, a toutes les qualités d’un très bon officier. Aime sa troupe qui le lui rend bien. Proposition très appuyée. »

S’il quitte le service actif, la capitaine Paraïso, qui réside toujours à Villemomble, boulevard d’Aulnay, poursuit son œuvre pédagogique jusqu’en septembre 1948, commandant le centre n° 9 du Raincy, section du service prémilitaire où son rôle est apprécié par les autorités : « officier instructeur, très dévoué, consciencieux ». Il fait partie de la troisième commission d’étude sur l’organisation de la Défense nationale.

Fernand Paraïso meurt le 2 août 1977 à Château-Landon (Seine-et-Marne). Il était âgé de 84 ans.

Décoré de la Croix de guerre depuis octobre 1916, avec deux étoiles d’argent et de vermeil, il était également porteur des médailles de la Victoire, Interalliée et commémorative de la Grande-Guerre ainsi que des services militaires volontaires. Il a reçu en mars 1947 la Médaille de la Résistance française. Chevalier de la Légion d’honneur depuis juin 1929, il a été promu officier en décembre 1958.

Son fils Michel Paraïso et plusieurs de ses neveux ont adopté le patronyme de Fernand-Paraïso, qui est porté par leurs descendants.

Fin

La demeure familiale des Paraïso à Porto-Novo (Bénin), dite maison Crespin

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 00:01

Début de la biographie de Fernand Paraïso

Reprise complétée de l’article du 17 décembre 2022 « Fernand Paraïso, descendant de princes africains, petit-fils d’esclave, résistant »

Fernand Ignacio Paraïso naît le 12 août 1892 à Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin). Il est le fils de Fernande Séhéfi (ou Cheffiatou) et d’Ignacio Souleyman Paraïso dont elle est la troisième femme. À défaut d’état-civil précis, un jugement supplétif de naissance du 16 avril 1951, rendu par le tribunal de Porto-Novo (Dahomey, act. Bénin), atteste de son origine ; il est signé par Amoussi Landou, 70 ans, maître coranique, Léon Lopez, 72 ans, et Abassi Marcos, 65 ans, menuisier, tous résidents de Porto-Novo.

Conseiller du roi de Porto-Novo, chef de la communauté musulmane, exploitant d’une plantation agricole, Ignacio Souleyman Paraïso était devenu une personnalité du Dahomey, seul indigène nommé membre du conseil d’administration de la colonie française et conseiller municipal de Porto-Novo, qui en était la capitale. Il était lui-même le fils d’Odio dit José Piquino Paraïso, déporté comme esclave au Brésil puis revenu Afrique au service d’un trafiquant d’esclave, devenu à la mort de ce dernier au service du roi. Elepo, le père d’Odio et donc l’arrière-grand-père de Fernand Paraïso, était un prince Yoruba de l’actuel Nigéria, dont une partie de la famille fut prise en esclavage après la perte de son village natal au cours de guerres intestines.

Ignacio Paraïso avait environ 55 enfants avec au moins quatre épouses. S’il était un notable islamique, il avait été baptisé et à peu près de la moitié de ses enfants étaient catholiques et élevés dans des écoles chrétiennes, ce qui fut sans doute le cas de Fernand. Ignacio Paraïso participa à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et fut décoré du Mérite agricole et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Fernand Paraïso, qui aurait également porté le prénom africain d’Aboudou, bénéficie d’une bourse de l’Alliance française pour poursuivre des études en France. Il intégre en 1909 l’Institution du Parangon, école coloniale située à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dirigée par le docteur Henri Rousseau. Parmi ses condisciples, on peut citer le Vietnamien Nguyen Thé Truyen, qui fut compagnon d’Hô-Chi-Minh avant de s’en éloigner.

Dès la première année, le parcours scolaire de Fernand Paraïso fut brillant : prix d'excellence en août 1910 ; brevet d'aptitude militaire et médaille de bronze au tir en juillet 1911, en plus de ses mentions en horticulture et topographie ; prix de géographie en juillet 1912 et nouvelle médaille de tir ; prix « colonial » en juillet 1913, médaille d'or de tir. Enfin, il reçoit le prix de la fondation Ferdinand Rousseau (ancien maire de Joinville-le-Pont) en juillet 1914.

Non concerné par des obligations militaires du fait de son statut d’indigène, Fernand Paraïso s’engage cependant le 1er septembre 1914 pour la durée de la guerre à Paris (12e arr.), probablement au fort de Vincennes. Il est affecté au 163e régiment d’infanterie. En novembre 1914, il devient caporal puis sergent en avril 1915. Il rejoint le 36e régiment d’infanterie en juin 1916. Naturalisé français en décembre 1917, et de ce fait soumis au service militaire, Fernand Paraïso reste dans l’armée après la fin de la guerre. Il devient aspirant, donc officier, en février 1919 et est démobilisé en août la même année.

Son comportement pendant le conflit lui a valu deux citations. En octobre 1916, il est cité à l’ordre de la 5e division d’infanterie : « Sous-officier très brave, très discipliné, a été blessé le 5 septembre 1916 au cours d’une patrouille ayant pour mission l’attaque d’un petit poste ennemi. Malgré sa blessure, a conservé le commandement de sa patrouille et a pu, grâce à son énergie, ramener tous ses hommes ».

Il est de nouveau cité à l’ordre du 3e corps d’armées en septembre 1917 : « Le 10 septembre 1917, volontaire pour une expédition dans les lignes allemandes, a été grièvement blessé en abordant résolument et avec un entrain digne de tous les éloges, un poste avancé. Quoique blessé, persistait à poursuivre son but. Ne s’est replié que sur l’ordre de son chef de patrouille. »

Plusieurs blessures ont affecté Fernand Paraïso : en avril 1915 à Flirey (Meurthe-et-Moselle), il a des plaies à la tête et au bras, dues à des éclats d’obus ; en septembre 1916 aux Éparges (Meuse), il est victime d’éclats de grenade au bras droit ; en septembre 1917 à Heurtebise, c’est sa face qui est touchée de nouveau par des éclats de grenade.

Après-guerre, Fernand Paraïso reste vivre à Joinville-le-Pont, quai de la Marne. Il exerce comme caissier-comptable. En 1921, il a comme compagne Blanche Berthier, couturière à façon. Il est l’un des fondateurs, en octobre 1919, de l’association Union sportive de Joinville (USJ) dont le président est Stephen Durande, futur maire de Joinville. Paraïso en est le secrétaire ; il est remplacé dans cette fonction l’année suivante par Antoine Liou, employé d’octroi et conseiller municipal.

En février 1925 à Joinville, Fernand Paraïso, qui a déménagé impasse Jules Rousseau, toujours à Joinville, épouse Clara Alphonsine Suzanne Janvier, employée de banque. Ils s’installent à Paris rue Vavin.

Dans la réserve de l’armée, Fernand Paraïso est affecté à l'infanterie coloniale et nommé sous-lieutenant en juin 1929 puis lieutenant en août 1930. Il travaille toujours comme comptable pour les papeteries Navarre. La famille est installée en 1936 à Villemomble (Seine, act. Seine-Saint-Denis), boulevard d’Aulnay.

Poursuivant une activité militaire d’instruction, Fernand Paraïso fait l’objet, en janvier 1939, d’une appréciation sur son livret militaire : « Bon officier, consciencieux et zélé, animé d’un évident désir de bien faire, mais qui semble éprouver quelques difficultés à assimiler les connaissances très variées de l’instruction militaire actuelle. A fait des travaux d’une valeur médiocre et ne dénotant aucun progrès. Apte à un emploi d’officier comptable. Inapte au grade supérieur. »

À suivre

Société de préparation militaire du Parangon ; Fernand Paraïso est probablement à gauche des moniteurs

 

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20 avril 2026 1 20 /04 /avril /2026 10:54

Mise à jour de la biographie publiée le 12/03/2022

Adolphe Alexandre Clément naît le 11 décembre 1864 à La Ferté-Saint-Cyr (Loir-et-Cher). Il est le fils de Philomène Blanchard et de son époux, Adolphe Blaise Clément, marchand de charbon. Ils vivent au faubourg de Bretagne.

Son père meurt en octobre 1874, lorsque Adolphe a 9 ans. Sa mère se remarie en juin 1877 à La Ferté-Saint-Cyr avec Silvain Jean Pierre Lecomte, vigneron dans le village voisin de Montlivault, mais décède à son tour en avril 1880 à La Ferté, son fils ayant 15 ans.

En 1876, le jeune Adolphe n’était pas recensé à La Ferté-Saint-Cyr où sa mère résidait avec ses trois autres enfants. Il est recensé pour ses obligations militaires en 1884 et réside alors à Melun (Seine-et-Marne), où il est garçon épicier. En tant que fils aîné d’orphelins (deux frères et une sœur), il est dispensé de service militaire. Il fait cependant plusieurs périodes dans la réserve de l’armée en avril 1888, avril 1891, octobre 1897 et mai-juin 1900.

Il réside à Paris et Neuilly-sur-Seine entre 1886 et 1891. Devenu employé de commerce et vivant en 1893 à Saint-Denis (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Lannes, Adolphe Clément y épouse en mai 1894 Marie Goutal, domestique, native du Cantal. Ils s’installent à Paris (18e arr.) où ils exploitent une épicerie, rue Jean-Robert. Ils ont un commerce à Stains (Seine, act. Seine-Saint-Denis), rue Carnot en 1898 puis en 1902 dans le même département à Montreuil.

En 1911, ils sont à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où ils sont toujours épiciers, rue de Paris, dans le centre-ville, à proximité de la gare. Après la première guerre mondiale, ils déménagent pour la rue du Viaduc, dans le même quartier, où ils vont créer un hôtel meublé.

Lors des élections municipales de mai 1925 à Joinville, Adolphe Clément est candidat sur la liste du maire sortant, Henri Vel-Durand (radical dissident), qui a le soutien des mouvements libéraux et conservateurs de la ville. Le programme de la liste vouait l’application des lois de laïcité « sans rigueur et sans sectarisme », le maintien de l’octroi pour l’entrée des marchandises à Joinville et des économies dans les dépenses budgétaires. Face à une liste du cartel des gauches (radicaux-socialistes, socialistes SFIO et socialistes indépendants), qui obtient 28,4% des suffrages exprimés et une liste communiste, qui a 21,1%, la liste des sortants arrive nettement en tête avec 47,5%. Au second tour, elle remporte les 27 sièges à pourvoir et Clément est élu conseiller municipal. Vel-Durand est réélu maire. Après son décès, il est remplacé en octobre 1928 par Stephen Durande (conservateur).

Au cours du scrutin de mai 1929, il n’est pas candidat.

Adolphe Clément meurt le 22 janvier 1938 à Joinville. Il était âgé de 74 ans et père de deux enfants.

Il n’a pas de lien familial avec Édouard Clément (1843-1922), président de société musicale et candidat de centre-droit aux élections municipales de Joinville-le-Pont (1904-1911) ni avec Lucien Clément (1885-1955), conseiller municipal conservateur de la même ville (1934-1944).

Joinville-le-Pont, rue de Paris, l'épicerie Clément est sur la droite

 

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23 mars 2026 1 23 /03 /mars /2026 00:01

Suite de la reprise de la biographie parue 28/06/2022

En 1939, le peintre Jean Lauze, qui a quitté l’Espagne, où il combattait aux côté des communistes, est de nouveau à Alger. Au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, il est mobilisé en septembre 1939 dans le 27e escadron du train des équipages. Il est démobilisé le 10 avril 1940. À Alger, il va notamment retrouver Bernasconi et Tona qui y reviennent également. Il réside en 1941 chez Bernasconi, rue Lys du Pac.

Une exposition personnelle de Jean Lauze est organisée en mars 1941, à la Galerie Pompadour, rue Michelet, en plein centre d’Alger L’Écho d’Alger apprécie : « Ses vues du port d'Alger, traitées dans une harmonie finement nuancée dans les gris, présentent des qualités de construction et de couleur fort appréciables. »

Il participe, dans la même galerie, en juillet 1941 à une exposition de groupe où l’on retrouve Bernasconi et Tona ainsi que E. Gross, Icart-Vernet, R. Domon et Barbichon.

En décembre de la même année, Jean Lauze fait une seconde exposition individuelle dans le même lieu. L'Écho d'Alger aime sa Vue de Kouba : « arbres à contre-jour comme auréolés, au ciel s'épanouissant en blancheur au-dessous de la basilique : c'est un matinal moment de limpidité, d'enfance, d'élection. »

On retrouve Lauze, Tona et Bernasconi, toujours à La Pompadour à Noël 1941, cette fois avec Mlle Paté, Mme Eug. Spielman, Louise Bosserdet, Terracciano, Ventre, Ferrari et Reynier, qui constituent selon La Dépêche algérienne « Un groupe de jeunes a mis en commun ses efforts et ses espoirs. »

Le 42e Salon des artistes algériens et orientalistes, en avril 1942 subit une profonde transformation par rapport aux éditions précédents. L'Écho d'Alger y voit un « fameux progrès », décrivant l’évènement comme « une intéressante mostra provinciale », et attire l'attention notamment sur les envois de Bernasconi et Lauze. Le mois suivant, tous les deux sont également partie prenante du premier Salon des petits tableaux, dans la salle de l’Artisan du Home, encore à Alger.

Une troisième présentation individuelle des œuvres de Jean Lauze se fait, en février 1943, à la Galerie du Minaret d’Alger. Il est qualifié de « peintre populaire de la réalité » et L'Écho d'Alger lui réserve de nouveau un accueil favorable, considérant que le Séminaire de Kouba est « baigné d'une lumière véritablement spirituelle » ou que les Terrasses d'Alger sont « d'un si juste sentiment spatial. »

En juillet 1943, Jean Lauze est rappelé pour combattre au sein des Forces françaises libres. Il est affecté au 27e régiment du train des équipages. La commission de révision, réunie à Blida (Algérie) en juin 1944 le retire des combattants pour l’affecter à un services auxiliaire, du fait des « séquelles de pleurésie purulente gauche ayant évolué en 1920 ». Il reçoit une affectation spéciale pour le deuxième semestre 1944 au titre du commissariat à l’information. Il est dessinateur Office français d’édition (Rafales), installé dans le lycée Fromentin d’Alger, sur décision du commissariat à la guerre. Dans le cadre de ses fonctions, il rencontre l’écrivain et résistant André Malraux, selon Laurent Ghirardi, son petit-neveu. Il est démobilisé fin juin 1945.

Après la fin de l’occupation allemande, Jean Lauze revient en France métropolitaine et est présenté, en juillet 1945, dans la Galerie de la Cité, quai de l’Horloge à Paris (1er arr.). Le quotidien de Louis Aragon, Ce Soir, apprécie : « Les ciels clairs, une mer bleue, le toit blanc de la mosquée, tout cela est vu avec amour ». À l’insu de son mari, Marguerite Lauze écrit à Picasso pour l’inviter au vernissage, lui rappelant que Jean Lauze avait rapporté à Picasso un dessin que lui avait confié leur ami commun, Soto. Elle met en avant le fait que son époux et elle sont membres du parti communiste.

En 1954, Jean Lauze vit dans le 20e arrondissement de Paris, rue de la Py. Il semble conserver ses relations avec le parti communiste et choisit son quotidien, L’Humanité, pour publier une petite annonce de vente de moto en avril cette année-là.

François Jean Lauze meurt le 22 janvier 1957 à Villejuif (Seine, act. Val-de-Marne), où il est hospitalisé à cause d’un cancer, selon sa famille. Il est inhumé, deux mois plus tard, au cimetière de Charonne à Paris (20e arr.).

Fin

Jean Lauze, Le Port d’Alger et la mosquée de la Pêcherie

 

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 00:01

Début de la reprise de la biographie parue 28/06/2022

François Jean Lauze naît le 31 décembre 1904 à Mustapha, commune de l’agglomération d’Alger (Algérie). Ses parents sont Marie Duteil et son mari François Lauze. Son père est infirmier, employé comme concierge à l’hôpital civil de Mustapha. Ils sont domiciliés avenue dans l’établissement.

François Lauze (1857-1919), originaire de l’Aude, a été soldat dans le corps expéditionnaire français en Algérie (1881-1882). Il est responsable d’associations horticoles et d’originaires de son département natal, franc-maçon.

La mère de Jean meurt en février 1906 lorsqu’il a un an ; son frère aîné Gaston disparaît quelques mois plus tard, à 15 ans, et sa sœur Marguerite l’année suivante, au même âge. Son père décède dans un accident ferroviaire en novembre 1919, à Rouïba, dans la banlieue d’Alger. Jean a alors 14 ans. Son frère Pierre, qui a 23 ans, devient son tuteur légal.

Lors d’un premier recensement en vue du service militaire, en 1923, Jean Lauze est ajourné pour « faiblesse » ; en 1925, il est exempté, du fait d’une « faiblesse irrémédiable ». Il sera pourtant reclassé en septembre 1928 comme pouvant faire un service armé, bien que soit mentionné une « constitution moyenne » avec un poids de 50 kilos et une taille de 1 mètre 63 ; il ne paraît pas avoir été reconvoqué pour remplir ses obligations militaires.

D’abord attiré par la sculpture, Jean Lauze fait des études à l’école des Beaux-Arts d’Alger, où il est inscrit en 1923. Il obtient un premier prix de modelage en juin 1924. Il s’oriente ensuite vers la peinture et le dessin et s'inscrit à l'académie Arts, rue Burdeau, que fondent en 1926 deux catalans diplômés de l'école des Beaux-Arts de Barcelone, le peintre Alfred Figueras et le sculpteur et affichiste Rafel Tona.

La première exposition en tant que peintre de Jean Lauze se fait avec deux autres jeunes artistes, Roger Domon et Louis Bernasconi, en décembre 1927, salle Lacroix, rue des Chevaliers-de-Malte, à Alger. La presse apprécie son travail pour son originalité. La Vie algérienne commente « Son Fort l'Empereur, sujet ingrat et inattendu, montre l'effort d'un jeune peintre devant la nature. L'inévitable Jardin d'essais est représenté par un bouquet de palmiers plein de poésie, traité presqu'en grisaille ». L’Écho d’Alger commente : « Leur peinture est spontanée, claire de conception, naturellement distinguée (…) . Lauze fait preuve d'une vision sensible et d'un sentiment exact des valeurs, surtout dans sa Vue de la darse dont il faut apprécier les premiers plans solidement établis et sa Nature morte qui témoigne d'une décision déjà remarquable. Mais mes préférences vont à sa Banlieue par ce qu'elle présente de sensibilité et d'harmonie dans son écriture simple et expressive. (…) Enfin, chez tous trois, mieux que des promesses. »

Louis Bernasconi et Lauze sont très liés ; le dentiste, amateur d’art et peintre Georges Ollivier, qui les accueille très souvent dans sa maison, les appelle « les deux Ajax ». Ils se lient à Rafel Tona, qui est a fait un tour d’Afrique du Nord.

En 1929, Bernasconi. Lauze et Tona partent ensemble pour Paris. Il vit d’abord dans le cinquième arrondissement, rue de l’Abbé de l’Épée. En 1931, les trois peintres sont recensés ensemble à la pension tenue par Victorine Durand et ses deux filles, rue du Chemin-Vert à Saint-Maurice (Seine, act. Val-de-Marne). Lauze et Bernasconi déclarent lors du recensement de cette année-là, qu’ils travaillent comme peintres pour les studios de cinéma Paramount, qui sont installés dans la commune, à la limite de Joinville-le-Pont. Quant à Tona, il indique être employé pour l’exposition coloniale internationale de Paris qui se tient dans le bois de Vincennes de mai à novembre 1931. Joinville comme Saint-Maurice sont limitrophes du bois. La pension Durand accueille également plusieurs autres collaborateurs des studios Paramount, dont la fille cadette de la logeuse, qui est habilleuse, une traductrice, un autre peintre (Lucien Le Glau) et un machiniste.

En avril 1931 Jean Lauze, qui assure résider rue du Pont à Joinville, épouse dans cette ville, Marguerite Paule Tribondeau, secrétaire dans une société cinématographique et syndicaliste. Ils s’installent d’abord route de Villiers, dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne, puis en 1936 sont domiciliés avenue Jean-Jaurès, de nouveau à Joinville, dans le centre-ville. Lauze travaille comme décorateur, selon les indications du recensement de 1936, sans doute pour les studios de cinémas Paramount (où travaillent aussi son épouse et Bernasconi) ou ceux de Pathé à Joinville (où a officié Tona)

Le même jour que Jean Lauze se marie avec Marguerite Tribondeau, et à Joinville aussi, Rafel Tona convole avec Paule Tribondeau, la sœur cadette de Marguerite.

Comme son épouse, Jean Lauze, qui est membre du parti communiste et militante syndicaliste, s’engage dans l’action politique. Il se rend à Barcelone, en Espagne, avec son épouse, où ils arrivent le 4 mai 1937 et, selon celle-ci, participe à la guerre d’Espagne dans le cadre des Brigades internationales. Il retrouve certainement Rafel Tona, qui est revenu dans son lieu de naissance, a ouvert une agence publicitaire et participe activement à la propagande de la formation communiste locale, le Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC). Marguerite Lauze, est secrétaire du représentant du parti communiste français auprès du PSUC.

Jean Lauze se lie avec Àngel Fernández de Soto, secrétaire du Syndicat des artistes, peintres et sculpteurs Catalogne et ami de Pablo Picasso. Jean Lauze prend part, en février 1937 dans la capitale catalane, à une exposition antifasciste intitulée No pasaran !

À suivre

Jean Lauze (à g.), devant son frère Pierre, à côté de son père François et de sa sœur Jeanne, arch. fam.

 

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14 mars 2026 6 14 /03 /mars /2026 00:01

François Lauze naît le 20 mai 1857 à Saint-Julia-de-Bec (Aude). Il est le fils d’Anne Rougé et de son mari Jean Baptiste Lauze. Son père est cordonnier ; selon son arrière-arrière-petit-fils, Laurent Ghirardi, en tant qu’artisan, le cordonnier Lauze « demandait à ses ouvriers qu'ils changent chaque semaine de main pour travailler afin qu'en cas d'accident ils puissent continuer à travailler. »

Lors de son enregistrement pour ses obligations militaires en 1877, François Lauze est noté comme étant de religion catholique et exerçant aussi la profession de cordonnier dans le village de Fitou (Aude). Il va faire quatre ans de service, étant incorporé à Narbonne au sein du 81e régiment d'infanterie en novembre 1878. Il part avec son unité en avril 1881 en Algérie où, selon son livret militaire, il « A fait partie des colonnes appelées à réprimer les mouvements insurrectionnels sur le territoire algérien ». Il revient en métropole en novembre 1882 et est démobilisé le mois suivant.

Reparti en Algérie à titre personnel, il est domicilié en 1883 à Souk-Ahras, dans la province de Constantine. Il rejoint rapidement Alger où il est élève infirmier de l’école professionnelle située dans l'hôpital de Mustapha, commune de l’agglomération algéroise. Il est promu infirmier de 1e classe en novembre 1887. Il va effectuer toute sa carrière au sein de cet établissement civil, exerçant depuis au moins 1892 la fonction de concierge. Selon Laurent Ghirardi (son arrière-petit-fils), il était de ce fait « une personne importante, des personnes s'adressaient à lui par courrier pour obtenir un rendez-vous auprès de médecins de l'hôpital ! »

En août 1888 François Lauze épouse à Mustapha Marie Duteil, couturière, qui vit dans la même ville et est originaire de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Ils résident au sein même de l’hôpital.

La cinquième pandémie de choléra, qui se déclenche en 1881 dans le delta du Bengale (Inde) se propage en Afrique et en Europe et arrive en Algérie en 1896. François Lauze est chargé de la garde de l'ambulant d'El-Kettar (quartier d’Alger, situé au-dessus de Bab El Oued). Il obtiendra pour cela la médaille de bronze des Épidémies en août 1896.

Chargé de la garde de l’établissement civil le plus important d’Algérie, François Lauze se prend d’intérêt à l’aménagement de son espace. Il adhère en 1895 à la Société d’horticulture d’Alger et sera l’un des fondateurs de l’Amicale des jardiniers et horticulteurs. Le quotidien La Dépêche algérienne décrit ainsi son rôle (9 août 1898) : « le concierge, M. François Lauze, qui entretient avec un soin jaloux les deux petits parterres situés à l’entrée même de l'hôpital. Chaque saison est un changement de décor et la mise en scène est aussi brillante que variée. Roses au printemps, verveines, hibiscus, cannas en été, chrysanthèmes en automne et pensées en hiver, attirent les regards des passants, malades ou visiteurs, qui ne peuvent s’empêcher d’admirer le bon goût de M. Lauze et le féliciter de son savoir en horticulture. »

François Lauze tenait également la buvette de l’hôpital « ce qui lui permettait de connaître beaucoup de personnes et surtout d’augmenter ses revenus », selon Laurent Ghirardi.

Dans le domaine social, François Lauze est mis en cause en février 1899 par le quotidien antisémite L'Express algérien qui prend le titre de L’Antijuif, qui lui reproche de réunir les ligueurs dans une des salles de la mairie de Mustapha ; la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen a été fondé l’année précédente, dans le contexte de l’affaire Dreyfus. Mais, affichant également son patriotisme, François Lauze souscrit, le même mois pour la construction du sous-marin « L’Algérie » destiné à la marine nationale. Il est en avril 1899 secrétaire du conseil d'administration de la Bourse du travail de Mustapha, le regroupement local des syndicats. Il est l’un des sociétaires de l'Association amicale et de prévoyance des employés civils de l'Algérie en 1911. Il sera en 1919 président du Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique.

Lauze s’engage également dans de très nombreuses autres activités civiques. Depuis 1895 et jusqu’au moins 1906, il est membre de la Société protectrice des animaux. En 1919, il est vice-président de la Société coopérative des patrons limonadiers La Fourmilière, également vice-président de la Société amicale Les Enfants de l’Aude.

Parallèlement à son engagement social, François Lauze est franc-maçon et participe aux travaux de la loge Le Delta dont il est mentionné comme participant en 1906 et le reste en 1919.

Du fait de son statut social, les deuils familiaux qui touchent François Lauze son largement relayés, en particulier dans la franc-maçonnerie. C’est le cas du décès de son épouse, en février 1906, de son fils aîné Gaston en septembre 1906 puis de son deuxième enfant, sa fille Marguerite en mai 1907. À la disparition de sa femme, François Lauze avait la charge de cinq enfants, dont le plus jeune, Jean, alors âgé de deux ans, va devenir peintre.

Libéré des obligations militaires depuis novembre 1903, François Lauze n’est pas mobilisé pendant la première guerre mondiale ; son deuxième fils, Pierre, sert dans l’aviation.

François Lauze meurt le 27 novembre 1919 à Kouba, commune de la proche banlieue sud-est d'Alger, dans un accident ferroviaire.

Plusieurs articles rendent compte de l’accident, notamment dans les quotidiens algérois La Dépêche algérienne, L’Écho d’Alger et Les Nouvelles. Selon leur récit, François Lauze rendait visite à sa fille Jeanne, institutrice un jeudi (jour non travaillé dans les écoles) à Beni-Amrane, ville kabyle à une soixantaine de kilomètres d’Alger. En arrivant en gare de Rouïba, aidant une jeune fille à descendre des paquets, il fait une chute, et est écrasé par un wagon. Outre le faire-part de la famille, six institutions rendent compte du décès dans la presse le même jour : La Fourmilière, Les Enfants de l’Aude, la Société d’horticulture, l’Amicale des jardiniers, le Syndicat des travailleurs de l’Assistance publique et la loge maçonnique Le Delta.

Âgé de 62 ans, François Lauze était père de six enfants, dont trois étaient encore vivants. Il avait été décoré de la médaille de bronze de l’Assistance publique en décembre 1912.

François Lauze, arch. fam.

 

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11 mars 2026 3 11 /03 /mars /2026 00:01

Victor Auguste Quillerou naît le 31 mars 1891 à Caen. Il est le fils Marie Catherine Le Rolland et de son mari François Marie Quillerou. Son père, qui était laboureur à Maël-Pestivien (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor), trois ans auparavant, est devenu employé du Chemin de fer de l’État et travaille à la gare principale de la préfecture du Calvados. La famille vit à proximité, rue de Vaucelles.

À 16 ans, Victor Quillerou, qui est d’assez petite taille (1 mètre 60), décide de s’engager dans la marine. Il signe un contrat en novembre 1907, alors qu’il aurait dû rejoindre le service militaire en 1912. Il est apprenti et devient mécanicien de 1ère classe en janvier 1910. Il passe treize mois en Indochine, d’octobre 1910 à novembre 1911 puis un mois au Maroc en septembre 1912.

Un grave incident marque l’année 1909. Blessé à la jambe, Victor Quillerou avait obtenu un congé de convalescence, qu’il passe dans sa famille à Caen. Le 2 avril, il se promène le soir en compagnie d’un élève-facteur à la gare, André Margantin et d’un garçon coiffeur, Louis Girault. Ils rencontrent un employé de la gare, Gabriel Langlois, qui titubait, complètement ivre, selon les comptes-rendus de presse. Les trois jeunes s’étaient emparés du montant de ses appointements touchés le jour même. Puis Louis Girault le poignarda. Il déclara ultérieurement qu'il avait voulu « essayer son couteau », qu’il avait acheté quelques jours plus tôt. Le 3 avril la brigade mobile, qui a été chargée de l’affaire, arrête Quillerou, Margantin et Girault.

Un procès est organisé à la Cour d'assises du Calvados en août 1909. Mais seul Louis Girault comparaît. Âgé de 18 ans, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Quillerou et Margantin ont probablement été mis hors de cause ; Quillerou retourne dans la marine et Margantin s’engage lui aussi, dès le mois de juin 1909, dans les troupes coloniales, servant notamment au Maroc. Ni le dossier militaire de Quillerou ni celui de Margantin ne contiennent de mention de condamnation, alors que la plupart du temps, les jugements sont mentionnés, même pour des amendes.

Quillerou est toujours dans la flotte au début de la première guerre mondiale. Il fait partie de l’équipage du cuirassé Marceau, mis en service en 1881 puis rénové en 1906, qui est alors utilisé comme navire-atelier et ravitailleur de sous-marins à Malte et à Corfou. Il est démobilisé fin décembre 1918.

Victor Quillerou rejoint son frère aîné Yves à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) dans le quartier de Polangis, avenue Jamin. Il épouse en janvier 1920 à Asnières (Seine, act. Hauts-de-Seine) Louise Victorine Roi, employée de commerce, dont les parents sont jardiniers dans cette ville.

Ils s’installent à 1922 Clichy-sur-Seine, rue des Cailloux, puis rejoignent la maison des beaux-parents à Asnières rue Saint-Denis avant de se fixer durablement rue Frère, dans la même cité. Victor Quillerou travaille comme chaudronnier pour la Société du Gaz puis pour l’entreprise Gnome & Rhône.

Victor Auguste Quillerou meurt le 3 octobre 1967 à Arpajon (‘Essonne). Il était retraité, veuf et père d’une fille. Il avait obtenu une médaille italienne pour sa participation à la première guerre mondiale.

Le cuirassé Marceau après sa rénovation en 1906 (Wikipédia)

 

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8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 00:01

Yves Marie Quillerou naît le 1er décembre 1888 à Maël-Pestivien (Côtes-du-Nord, act. Côtes-d'Armor). Il est le fils de Marie Catherine Le Rolland et de son époux François Marie Quillerou, laboureur, qui vivent dans ce bourg bretonnant.

Peu après sa naissance, la famille gagne Caen où le père devient employé du Chemin de fer de l’État et travaille à la gare principale de la préfecture du Calvados. Ils vivent à proximité, rue de Vaucelles.

En 1908, Yves Quillerou séjourne au Mans (Sarthe) où il travaille comme comptable. Lors du recrutement pour le service militaire, il est réformé temporairement en octobre 1909 puis définitivement en août 1910 pour « faiblesse générale. »

À partir de 1909, il vit à Paris, d’abord dans le 14e arrondissement rue Vandamme, puis dans le 17e, rue Boursault. Il est employé comme mécanicien par les Machines Chambon entreprise fondée en 1887 pour la construction de machines d'emballage et d'impression.

Dans la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Seine, act. Val-de-Marne), Yves Quillerou épouse en décembre 1912 Germaine Léonie Chenu, employée comme sa mère, vivant rue de la Révolution-Française et dont le père a disparu.

Pendant la première guerre mondiale, Yves Quillerou est, en décembre 1914, repositionné comme « bon pour le service armé ». Cependant, il n’est pas envoyé dans les rangs des combattants, l’inspecteur des forges de Paris demandant son détachement à l’usine Chambon de la rue de Crimée, où il œuvre comme tourneur. Il reste dans cette fonction pendant la durée de la guerre ; en décembre 1918, il est transféré à l’usine Renard, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (5e arr.). Il est démobilisé en septembre 1919.

Il s’installe avec son épouse à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), commune riveraine de Saint-Maur, avenue Jamin, dans le quartier de Polangis. Son frère Victor le rejoint ; soldat dans les troupes coloniales, celui-ci avait, en avril 1909, été arrêté au cours d’une permission pour convalescence pour avoir été mêlé à un assassinat avec deux autres jeunes gens. Il ne sera cependant pas condamné pour ce fait et va exercer le métier de chaudronnier.

Lors des élections municipales de novembre 1919, Yves Quillerou est candidat sur la liste socialiste SFIO conduite par Georges Laruelle (1884-1964), voyageur de commerce et conseiller municipal de Joinville-le-Pont, élu en 1912 puis démissionnaire pendant la guerre. Il figure en 18e position des 25 candidats. Les concurrents sont une liste radicale, conduite par Henri Vel-Durand et une liste d’union libérale et conservatrice. Lors du précédent scrutin, les radicaux dissidents (dont Vel-Durand) avaient fait l’union avec les conservateurs et les socialistes SFIO pour remporter la mairie face aux radicaux-socialistes officiels.

En 1919, au 1er tour, la liste Vel-Durand est en tête avec 45%, devant la SFIO à 29%. La droite, qui avait atteint 26% se retire avant le second tour. Les scores sont de 65% pour la liste radicale et 35% pour la SFIO, qui n’a pas d’élu. Quillerou avait recueilli 492 votes sur 1694 suffrages exprimés (soit 29%) pour 1715 votants et 2491 inscrits. Il obtient au deuxième tour 500 voix pour 1518 (33%) ; la participation est de 62%.

Après décembre 1920, la totalité des adhérents socialistes SFIO, dont Laruelle, passent au nouveau parti communiste.

Au cours de cette même année 1920, Yves Quillerou ouvre un magasin de quincaillerie, dans le quartier des Batignolles à Paris (17e arr.). Il va vivre un temps dans ce quartier, rue des Moines, puis revenir à Joinville vers 1932, toujours avenue Jamin. Son père, qui était redevenu cultivateur à Maël-Pestivien et était désormais veuf, le rejoint et meurt à Joinville en avril 1934.

Après la deuxième guerre mondiale, Yves Quillerou est employé de bureau. Il meurt le 11 janvier 1947 à Joinville-le-Pont dans son domicile de l’avenue Jamin. Il était âgé de 58 ans et père d’une fille.

Vue ancienne du village de Maël-Pestivien (noce)

 

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