Lucien Boismaigre naît le 27 juin 1884 à Paris (20e arr.). Il est le sixième des huit enfants de Clémentine Léocadie Sauceret et de Louis Philéas Boismaigre. Sa mère est ouvrière cartonnière. Ses parents ne sont pas mariés, malgré la publication en décembre 1894 d’un avis de mariage dans la mairie d’arrondissement. La famille vit rue de la Plaine puis rue Auger.
Le père, qui utilise le prénom de Pierre (1850-1900), est ouvrier galochier, c’est-à-dire fabricant de chaussures à semelles de bois. Il est natif de Saint-Brisson-sur-Loire (Loiret), de parents alors non mariés. En novembre 1894, Louis Philéas Boismaigre est élu membre du conseil d’administration de la Société coopérative des ouvriers galochiers de la Seine, association fondée en 1874 et dirigée par Paul Eugéne Girard, Joseph Duperray étant le troisième administrateur. Peut-être est-ce ce même Boismaigre qui avait, en février 1877, souscrit « pour les ouvriers lyonnais », puis, en février 1884, avait été délégué par le cercle du Parti ouvrier du quartier Marguerite (Paris, 11e arr.) au comité électoral du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire du 19e arrondissement avec le citoyen Dulucq. Il aurait aussi participé, au sein de la coopérative des galochiers, à une collecte en septembre 1895 « pour les verriers de Carmaux, défenseurs des droits du suffrage universel ». Il meurt en mars 1900 à Paris (20e arr.), quand Lucien a 16 ans.
Lorsqu’il est convoqué en 1904 pour ses obligations militaires, Lucien Boismaigre est enregistré comme étant de petite taille (1 m 54) et travaillant comme sculpteur. Il aurait dû effectuer son service en 1905, mais il est ajourné à deux reprises. Il rejoint le 87e régiment d'infanterie en octobre 1907, puis est réformé par une commission siégeant à Soissons (Aisne) en décembre pour « faiblesse de constitution » ; il est alors considéré comme devant effectuer des services auxiliaires en cas d’appel. Il vit dans le 20e arrondissement, rue des Haies puis rue du Clos. En 1911, il habite, avec Jeanne Verneret, mécanicienne, native d’Autun (Saône-et-Loire), chez la mère de cette dernière à Fontenay-sous-Bois (Seine, act. Val-de-Marne), rue Mauconseil.
Mobilisé au début de la première guerre mondiale, Lucien Boismaigre est de nouveau réformé le 9 août 1914 pour « bronchite chronique ». Une révision de sa situation a lieu en septembre 1915 et il est envoyé au front au sein du 26e régiment d'infanterie.
Le mariage de Lucien Boismaigre avec Jeanne Verneret est célébré en janvier 1916 à Paris (20e arr.). Ils reconnaissent deux enfants nés antérieurement.
Sa santé conduit de nouveau à sa réforme en décembre 1916, où l’on diagnostique une « tuberculose costale, anciennement opérée, récidivée et fistulée ». Après-guerre, les médecins militaires jugent son état « moyen » en septembre 1922 ; une pension d’invalidité de 10% lui a été accordée en février 1920, portée deux ans plus tard à 20%, puis ramenée en octobre 1924 au montant initial, son état étant alors jugé « assez bon. »
Le livret militaire de Lucien Boismaigre mentionne, en août 1919, une condamnation à deux mois de prison pour recel par le tribunal correctionnel de la Seine. Les faits sont sans doute amnistiés, la ligne ayant été rayée.
En 1926, la famille Boismaigre est domiciliée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis, sur la rive gauche de la Marne. Il est toujours sculpteur sur bois et son fils cadet éponyme est ébéniste.
Lors des élections municipales de mai 1929 à Joinville, Boismaigre est candidat sur la liste communiste conduite par Roger Benenson (1900-1945), ouvrier mécanicien, plus tard député (1936-1940) puis interné pendant la deuxième guerre mondiale, déporté et mort en Allemagne dans le camp de concentration de Drütte. Sous l’étiquette de Bloc ouvrier et paysan, la liste recueille 18% des suffrages exprimés, derrière celle du maire sortant Stephen Durande (divers droite, 1875-1951, 39%) et une autre dirigée par Georges Briolay (radical-socialiste, 1863-1940), sous l’étiquette de concentration des gauches. Le parti communiste considère qu’il s’agit d’un « cartel socialo-bourgeois » et refuse de se désister. Au second tour, ses candidats obtiennent 12% des votes et sont tous battus, la droite ayant 41% et 5 élus, Briolay recueillant 45% et 22 sièges, devenant le nouveau maire.
Lucien Boismaigre avait recueilli 339 votes au premier tour, soit 16% des 2126 exprimés pour 2969 électeurs inscrits, tous masculins.
Vivant toujours à Joinville, veuf depuis novembre 1951, Lucien Boismaigre meurt le 8 janvier 1962 à Créteil (Seine, act. Val-de-Marne), où il était hospitalisé. Il était âgé de 77 ans et avait eu trois enfants.
Sculpteur sur bois conçu sur l’IA Mistral à partir de la description physique de Lucien Boismaigre dans sa fiche militaire
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