Gaston Alfred Devulder naît le 9 janvier 1884 à Dunkerque (Nord). Il est le fils de Rosine, Martine Fidélie Menaert et de son époux, Alfred Charles Devulder, cabaretier.
Devenu instituteur et vivant à Estaires (Nord), Gaston Devulder s’engage dans Le Sillon, créé en 1894 par Paul Renaudin et dirigé par Marc Sangnier. Les cercles d'études catholiques intégrés dans ce mouvement permettent à des jeunes et des prêtres de discuter de religion et de société. Il vise à réconcilier les ouvriers et le christianisme. D’abord appuyé par l’épiscopat, Le Sillon est condamné pour « modernisme social » par le pape Pie X en 1905 et se dissout alors.
Devulder fait son service militaire dans l’infanterie entre 1905 et 1907. Après sa démobilisation, il épouse, en novembre 1907 à Dunkerque, Gabrielle Joséphine Dubuis, couturière, devenue orpheline de mère à un an et abandonnée par son père à ce moment-là.
Pendant la première guerre mondiale, Devulder est mobilisé dans l’infanterie. Il est grièvement blessé par éclat d’obus en février 1916 à Louvemont (Haute-Marne). Il est ensuite plusieurs fois hospitalisé et versé dans une section sanitaire à Limoges (Haute-Vienne), où il est promu caporal en avril 1918. Ses blessures de guerre lui vaudront une pension de 40% en 1925.
En 1931, la famille est installée à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), avenue Joseph-Jougla, dans le quartier de Polangis. Gaston Devulder est devenu comptable.
Rattaché à la paroisse Saint-Anne de Joinville-le-Pont, Devulder côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.
Après la deuxième guerre mondiale, Gaston Devulder fait partie avec Suzanne Le Poder, Marcel Lagouche, Robert Gruet, Gaston Moutenot et Henri Melchior des militants de la section du Mouvement républicain populaire (MRP) de Joinville-le-Pont.
Gaston Devulder meurt le 30 mai 1949 Joinville. Il était âgé de 65 ans et avait eu un enfant, Jean (1911-1983), employé de banque, également soutien du journal chrétien social L’Aube en 1936.
Parallèlement à ses fonctions politiques, Louis Caillon exerce des fonctions dans la Société de secours mutuels des sapeurs-pompiers de Joinville. Il est vice-président en octobre 1933 puis, après le décès du président, Charles Provin, en mars 1934, assume lui-même cette fonction. Il est toujours en poste en novembre 1938.
La Ferme de la Faisanderie a été, le 18 avril 1929, annexée à la ville de Paris (12e arr.) avec le reste du Bois de Vincennes. Caillon se retrouve donc, à partir de cette date, âtre un résident parisien. Cependant, il conserve une adresse joinvillaise, dans le quartier de Polangis, avenue Galliéni.
En juillet 1930, le conseil municipal de Paris décide de l'affectation à l'École coloniale de l'emplacement occupé par l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture et du transfèrement de cette dernière à la ferme de la Faisanderie. Ce qui entraîne une décision de non-renouvellement du bail dont Caillon était devenu attributaire, après cession par Gilbert Bandy de Nalèche. Caillon proteste contre cette éviction, avec le soutien d’Adolphe Chéron, député et ancien ministre (radical indépendant). Les recours n’aboutissent pas et reste en place et Caillon devra quitter son exploitation en 1935. Peu avant, un incendie détruit les écuries de la ferme de la Faisanderie, sous-louée par Caillon à un entraîneur, M. Alphonse Sourroubille, président de l'Association des jockeys de trot de France. Douze chevaux de course qui ont été brûlé vifs. L’origine criminelle de l’incendie est avancée par la police.
Au moment où il doit quitter son fermage, en février 1935, Caillon fait une nouvelle démarche juridique pour le prolonger, mais n’obtient qu’un délai de deux mois. Il tente également une action politique, s’adressant à Henri Dorgères (alias Henri-Auguste d’Halluin), en avril 1935, en même temps qu’il informe Gabriel Bureau, président de la Société des mutilés, réformés et anciens combattants de Joinville-le-Pont. Henri Dorgères, président du Front paysan, avait fondé les Chemises vertes, groupe à l’idéologie proche du fascisme italien.
Dans une lettre du 14 avril 1935, expédiée au siège du Front Paysan à Rennes (Ille-et-Vilaine), Louis Caillon explique à Dorgères qu’il est le « seul paysan dans la ville de Paris » et qu’il va être expulsé. Il assure que les clients de la Faisanderie ont adressé une pétition, jugeant le maintien de celle-ci plus utile à la santé de leurs enfants que les fleurs qui pourraient être produites par l’Ecole d’Arboriculture. Il mentionne des vœux en faveur du maintien de la ferme des maires des communes avoisinantes et du syndicat des docteurs en médecine de la région. Il se dit navré de l’attitude de la Ville de Paris et du préfet de la Seine, s’étonnant « de voir l’acharnement que mettent les hauts fonctionnaires » « à vouloir ruiner leur paysan ». Caillon souligne que sa « famille a payé son tribut à la Patrie » comme 950 000 paysans, une classe que Dorgères entendait protéger.
Après son départ forcé, Caillon s’installe dans son logement joinvillais et reprend une activité agricole dans la commune voisine de Champigny.
Le secrétaire général du Secours catholique l'abbé Jean Rodhain, qui a créé l’institution en septembre 1946, appelle en 1959, après la fin de ses mandats électoraux, Henri Melchior en tant que délégué permanent de l’association humanitaire pour Paris et la banlieue. Il est l’initiateur du jumelage avec le Secours catholique de Dakar. En région parisienne, le mouvement se mobilise pour les personnes incapables de payer leur loyer. Il met en place des centres d'hébergement pour travailleurs africains et organise des permanences sociales au cœur des bidonvilles.
Avec le support d’Henri Melchior, plusieurs centaines d'étudiants participaient les week-ends à la remise en état de logements insalubres dans la capitale et sa banlieue, chez des personnes âgées ou des familles d'immigrés. Ils s'étaient dénommé « taudis-boys. »
Se préoccupant des sortants de prison, Henri Melchior est l’animateur, en octobre 1972, d’un congrès du Secours Catholique, à Paris intitulé « Action en faveur des détenus et sortants de prison ». Soulignant leur le délabrement psychologique, il critique la faiblesse de l’Administration pénitentiaire, dans le domaine de la réinsertion. Melchior cesse sa fonction permanente au Secours Catholique en 1974.
Il était également engagé dans le mouvement Siloé du père René Pinsard, qui œuvrait en faveur des personnes en détresse physique et morale, en accueillant jeunes et prostituées dans un bistrot du quartier Pigalle à Paris. Melchior est le gérant du restaurant Pigalle-Providence, 21, boulevard de Clichy à Paris.
Henri Melchior meurt le 16 février 1982 à Corbeil-Essonnes (Essonne). Il était âgé de 70 ans. Une plaque à sa mémoire a été apposée en mai 1985 sur son ancienne habitation au 23, avenue Jamin à Joinville-le-Pont.
Particularité familiale, l’hommage aux rois-mages : le grand-père paternel d’Henri Melchior portait le nom de Gaspard Balthasar Melchior.
Après le second conflit mondial, Henri Melchior devient le représentant du Mouvement républicain populaire (MRP, démocrate-chrétien) à Joinville-le-Pont. D’après le témoignage d’Emmanuel La Gravière, s'agissant des responsabilités politiques ou sociales, Melchior aurait fixé sa règle de conduite en déclarant : « Ne rien demander, ne rien refuser ». En 1945, Henri Melchior est candidat, en cinquième position, sur la liste du MRP pour les douze sièges à pourvoir dans le premier secteur de l’arrondissement de Sceaux pour le conseil général de la Seine. La liste MRP arrive en seconde position avec 51 926 voix pour 181 901 suffrages exprimés (28,5%) et obtient quatre sièges. Elle est devancée par la liste d’union du PCF avec des radicaux (41,4%, 5 sièges) et suivie des socialistes SFIO (17,4%, 2 sièges) et par une liste de droite (11,8%, 1 siège). Melchior n’est pas élu mais un autre joinvillais entre dans l’assemblée départementale, Robert Deloche, maire communiste.
Pour les élections municipales organisées en octobre 1947, Henri Melchior est tête de liste à Joinville. Ses candidats obtiennent en moyenne 404 voix pour 6 974 suffrages exprimés (5,8%) sur 7 073 votants et 8 376 inscrits ; la liste n’a pas d’élu. Elle est devancée par le RPF (droite gaulliste, 44%, 13 élus), le PCF est ses alliés radicaux (43,3%, 13 élus) puis les socialistes SFIO (6,5%, 1 élu). La municipalité reste communiste grâce au soutien à Robert Deloche de l’élu socialiste.
À Paris (15e arr.), Henri Melchior épouse en octobre 1949 Georgette Marcelle Chambroy, également syndicaliste. Il est signalé toujours responsable de la section MRP de Joinville.
Suite à la démission de Jean Varnoux, un de ses prédécesseurs sur la liste MRP pour le scrutin départemental de 1945, Henri Melchior obtient son premier mandat électoral en janvier 1950 et devient conseiller général.
S’étant installé dans la commune voisine de Champigny-sur-Marne en 1952, Melchior y conduit la liste MRP pour les élections municipales de mai 1953. Avec en moyenne 1 020 voix pour 14 612 suffrages exprimés (7%) sur 19 395 inscrits, sa liste a deux élus. Elle est devancée par les communiste de Louis Talamoni (46,7%, 16 élus) les gaullistes alliés au RGR (20,4%, 6 élus), les socialistes SFIO (12,6%, 4 élus) et une liste dissidente du RPF (9%, 3 élus) ; vient ensuite une liste socialiste indépendante (3,4%, pas d’élu). Melchior obtient personnellement 1 234 votes (8,4%) et est élu.
Toujours en mai 1953, Melchior sollicite le renouvellement de son mandat de conseiller général, cette fois en étant à la tête de la liste MRP, qui n’obtient plus qu’un seul siège, sur les onze à pourvoir, derrière le PCF (5 sièges), la droite (3 sièges) et la SFIO (2 sièges). Réélu, Melchior devient vice-président du conseil général.
Au sein de l’assemblée, il se consacre aux problèmes de la jeunesse, de l'enseignement, des sports, des constructions scolaires, de la jeunesse délinquante. Il est à l’initiative de classes de neige, de centres de formation professionnelle et de la mise en place de l’apprentissage pour adultes. Melchior contribue à la constitution de cités familiales d’accueil, de centres pour les jeunes travailleurs isolés, notamment à Nogent, et de la construction de groupes scolaires. Il mène également un combat moral, contre les publications pornographiques et la publicité des « films licencieux. »
Très régulièrement, Melchior intervient pour des familles en difficulté, notamment en matière de logement. Il prend également position contre les discriminations dont seraient victimes les nord-africains.
Lors des élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, qui voient le retour du scrutin majoritaire, Melchior est le candidat du MRP dans la 4e circonscription de l’arrondissement de Sceaux (Bry-sur-Marne, Champigny-sur-Marne, Nogent-sur-Marne, Le Perreux-sur-Marne). Il a notamment face à lui le maire communiste de Champigny, Louis Talamoni et le maire gaulliste de Nogent, Roland Nungesser.
Au premier tour, Melchior remporte 10 277 voix sur 54 174 suffrages exprimés (19%), pour 55 350 votants sur 67 617 inscrits, arrivant en troisième position derrière Nungesser (23,6%) et Talamoni (21,7%). Ces trois candidats se retrouvent au second tour, Melchior étant cette fois deuxième avec 16 884 votes sur 53 320 exprimés (31,7%) et 54 283 votants. Il devance le communiste (26,5%) mais est battu par Roland Nungesser (41,9%).
Henri Melchior naît le 27 août 1911 à Boulogne (Seine, act. Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine). Il est le fils de Louise Charlotte Hubert et de son mari Georges Alfred Casimir Melchior, employé. Ils vivent 62, rue de Bellevue. Cette même année, la famille s’installa à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans le quartier de Polangis.
En 1921, Henri est comme son frère aîné Maurice employé à la compagnie des Chemins de fer de l’Est, qui exploite la ligne ferroviaire desservant Joinville. Il travaille en 1926 à la Société des Cinéromans, entreprise cinématographique fondée en septembre 1919 par Serge Sandberg et installée dans le quartier voisin de Palissy, à Joinville, sur des terrains loués par Charles Pathé. En 1936, un an après le décès de son père, Henri et Maurice sont répertoriés tous deux dans le recensement de la population de Joinville comme agent PP (probablement de la préfecture de police).
Selon l’ancien sénateur Emmanuel La Gravière (MRP), Henri Melchior est militant à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) dès ses 13 ans, c’est-à-dire en 1924 ou 1925 ; cependant, le mouvement se constitue en 1926 et est fondé juridiquement en 1927. Melchior est proche de Paul Bacon, premier secrétaire général de la JOC, qui sera résistant, député et ministre, et qui réside dans la commune voisine de Saint-Maur-des-Fossés.
Mobilisé pendant la deuxième guerre mondiale, Henri Melchior est fait prisonnier. À son retour de captivité, toujours installé avec sa mère à Joinville, il reprend des études pour devenir professeur de l'enseignement technique. De nouveau comme Paul Bacon, il milite à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). Selon l’hommage qui lui fut rendu en mai 1985 par Pierre Aubry, maire de Joinville, Henri Melchior, « par sa conduite, a sauvé de nombreuses vies humaines durant la seconde guerre mondiale. »
À Joinville-le-Pont, dans sa paroisse Saint-Anne, il côtoya l’abbé Jacques Hollande, nommé curé de Polangis en juillet 1942 et qui le resta jusqu’en mars 1944 quand le cardinal Suhard, archevêque de Paris, l’a nommé supérieur de la Mission de Paris, laquelle constitua le mouvement des prêtres ouvriers.
En tant que négociant, Soulié prend part à la reconstitution de l’Union des commerçants et industriels de Joinville en juillet 1923.
Son principal engagement est cependant dans la SN Marne. Elle est présidée, depuis 20 ans, par Émile Lecuirot. Soulié en est le directeur en 1923. Il est trésorier-adjoint et président de la commission sportive après l’assemblée générale de janvier 1924. Il exerce la fonction de capitaine d'entraînement. Le quotidien Paris-soir mentionne, en octobre 1924 que « pour différents motifs, dont le louable souci de prendre un repos bien gagné, Félix Soulié résilie ses fonctions ». Le journal lui rend hommage, le qualifiant de « fondateur de nombreuses sociétés, créateur de diverses fédérations » et « animateur de premier ordre, joignant à ses belles qualités de rameur un talent d'organisateur hors pair. Sa disparition de la vie active du rowing sera unanimement regrettée ». Il a été entraîneur de l’équipe olympique française d’aviron.
Malgré son retrait, Soulié poursuit une activité au sein de la SN Marne comme responsable du cercle, directeur du garage, et membre de la commission sportive. Il est membre d’honneur du conseil d’administration.
Depuis 1890, il collabore au Journal de l’aviron. Il est membre du comité central de la Fédération française d’aviron. En outre, il est l’auteur d’une notice sur l’art de ramer.
La famille a quitté l’île Fanac et est installée sur la rive gauche de la Marne, d’abord avenue Galliéni en 1923 Joinville puis avenue du Château en 1926, qui devient avenue Foch.
Félix Soulié meurt le 24 octobre 1934 à Joinville et est inhumé au cimetière communal. Il était âgé de 76 ans et avait eu une fille. La presse quotidienne et locale rend hommage à son parcours. Il était titulaire des Palmes académiques comme officier d’académie, chevalier de la Légion d’honneur depuis octobre 1928 et avait été en février 1934 récipiendaire de la médaille d'or de l'Union des Fédérations des sociétés françaises d'aviron.
En mai 1935, la nouvelle municipalité de droite, conduite par Léon Lesestre, lui rend hommage en déposant une gerbe sur sa tombe.
À partir de fin 1919, Félix Soulié prend une place significative dans la vie politique communale à Joinville-le-Pont. Il est désigné électeur sénatorial en janvier 1920.
En 1923, il est, au côté du maire, Henri Vel-Durand, un des maître d’œuvre de la constitution du Comité d’union et d’action républicaine, principale organisation de la droite locale, qui rassemble des républicains de gauche (c’est-à-dire des conservateurs), des radicaux et des socialistes indépendants. Il copréside la réunion de lancement tenue le mars au café Landier. Il fait partie de la commission de préparation du programme avec Vel-Durand, Liou, Piot et Decrombecque.
En mai, Soulié est désigné comme président et présente le programme du comité, basé sur l’union de tous les républicains de gauche. À l’intérieur, maintien et développement méthodique des lois démocratiques et sociales actuelles : lois scolaires, défense des lois laïques ; loi de séparation à maintenir dans son intégralité ; lois d’assistance et de retraites, mise au point de la loi des retraites ouvrières par cotisations de l’État et des patrons seuls ; lois protectrices de l’enfance ; enseignement gratuit à tous les degrés par l’augmentation du nombre de bourses accordées seulement au concours, la bourse devant comprendre l’entretien complet de l’élève ; assainissement de la situation financière en diminuant l’inflation et en établissant des impôts mieux assis et surtout mieux perçus, maintien de l’impôt global et progressif sur les revenus, suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires (…), compression des dépenses publiques surtout militaires (…) ; interdiction d’importation pour tous les produits de 1ère nécessité (céréales, bestiaux, légumes, sucres) ; le comité est l’adversaire du communisme ; favorable au syndicalisme, s’il abandonne ses idées révolutionnaires ; opposé à la réaction royaliste. À l’extérieur, soutien au gouvernement.
Le quotidien socialiste L'Ère nouvelle critique en mai 1924 « L'exquise délicatesse des édiles réactionnaires ». Sous la signature d’un Banlieusard, il met en cause le président du comité de la droite locale, propriétaire du terrain sur lequel est édifié le bureau de poste des quartiers de Polangis et Palissy : « comment le sieur Soulié n’a-t-il pas compris que lorsqu’on est de près ou de loin mêlé a l'administration d’une commune on ne doit pas s’en faire une cliente ni attitrée ni occasionnelle. Aux périodes révolutionnaires cela était puni de mort. Ne sentez-vous pas que cela choque vos concitoyens ? »
La préparation des élections municipales de mai 1925 se fait sous la houlette de Soulié qui préside la réunion de présentation de la liste d’Union républicaine pour la défense des intérêts communaux qui se tient, avec 230 participants, au restaurant la Tête noire. Son programme prévoit que les lois de laïcité soient « appliquées sans rigueur et sans sectarisme », ainsi que le maintien de l’octroi et des économies dans les dépenses budgétaires communales. La liste est intégralement réélue, face à une candidature du groupement des gauches (radicaux-socialistes et socialistes SFIO) et une autre du parti communiste. Soulié est réélu président du comité, renommé comité d’union républicaine. En janvier 1927, il est de nouveau électeur sénatorial.
Soulié est toujours président du comité d’union républicaine en septembre 1928, au moment des obsèques du maire Henri Vel-Durand. Par contre, il n’exerce plus cette fonction en 1932,
Félix Pierre Célestin Soulié naît le 17 octobre 1858 à Saint-Antonin (act. Saint-Antonin-Noble-Val, Tarn-et-Garonne). Il est le fils de Célestine Albouy et de son mari Pierre Soulié, entrepreneur d’omnibus. Comme ses témoins, serrurier et cultivateur, le père ne sait pas signer.
Débutant l'aviron en 1878, Félix Soulié s’inscrit en 1879 à un des clubs les plus prestigieux, la société nautique de la Marne (dont l’Aviron Marne et Joinville est le successeur). Il dispute la course la plus prisée à ce moment de l’aviron français, le match annuel entre le Rowing club de Paris et la SN Marne. Il le perd en 1880, mais remporta par la suite, en quatre et en huit, de nombreux succès dans les compétitions nationales et internationales.
Sur le plan professionnel, Félix Soulié est représentant de commerce. Il va d’abord résider à Toulouse (Haute-Garonne) entre 1884 et 1896, puis dans le Nord en 1900. Dans ces deux régions, il poursuit son activité sportive et contribue au développement de l'aviron. Il est membre du Cercle nautique de l’aviron de Roubaix.
Félix Soulié épouse, en juin 1888 à Paris (10e arr.), où résident ses parents, devenus marchands de quatre saisons, Louise Joséphine Pinon, fille d’une marchande de vins de Clamecy (Nièvre). Parmi les témoins, on note la présence d’Ernest Barberolle, champion d’aviron, licencié à la SN Marne, qui sera médaillé olympique en 1920.
Au début du 20e siècle, la famille Soulié s’installe à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sur l’île Fanac tout à côté du siège de la SN Marne. Soulié est barreur d’une yole à 8 du club. Il développe son activité de négoce de tissus, implantée rue du Sentier à Paris. En 1925, il prend part à la constitution des établissements Lefebvre et Soulié, qui proposent des tissus de haute nouveauté. La société a un capital de deux millions de francs. Elle a son siège à Nogent-sur-Marne en 1928.
Louise Pinon naît le 6 septembre 1866 à Clamecy (Nièvre). Elle est la d’Augustine Girault et de son époux, Léonard Constant Pinon, manœuvre, illettré.
Elle épouse à Paris (10e arr.) en juin 1888 Pierre Célestin Soulié, négociant en tissus et champion puis dirigeant de club sportif d’aviron. Ils séjourneront dans le sud-ouest de 1889 à 1896 et dans le Nord en 1900, avant de se fixer à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), sur l’île Fanac, où son mari sera dirigeant du de la principale organisation sportive locale, la Société nautique de la Marne, dont il fera le premier club français en aviron.
C’est en matière sociale que Louise Soulié va s’engager. Elle contribue aux œuvres scolaires, ce qui lui vaut d’être décorée des Palmes académiques entant qu’officier d’académie en février 1933.
La société de l’allaitement maternel, une des premières œuvres humanitaires locales, compte également Louise Soulié parmi ses membres actifs depuis au moins 1911. En 1923, elle fait partie des dames enquêteuses de cette association, qui accompagne des mères en difficulté. Elle siège également au conseil d’administration et est trésorière en 1931.
C’est à ce titre qu’elle est décorée de la médaille de bronze de l’Assistance publique.
Après le décès de son mari en 1934, Louise Soulié réside toujours à Joinville dans le quartier de Polangis en 1936, avenue Foch. Elle meurt le 2 mars 1938, à l’âge de 72 ans. Elle avait eu une fille.
En juillet 1961, Marcel Bardiaux divorça d’avec Angèle Cochois. Il épousa en janvier 1964 Simone Laporte à Paris (18e arr.), puis s’en sépara en octobre 1971.
À partir de 1960, Bardiaux débute, à Cherbourg, la construction d’un autre bateau, en acier, qu’il baptise Inox. Il poursuit la réalisation de son voilier dans différents chantiers et la termine au Portugal en 1966. D’une longueur de près de 15 mètres, il pèse 22 tonnes. C’est le premier navire de plaisance en métal inoxydable connu. Il est intégralement conçu par Bardiaux. C’est un ketch pensé pour assurer le maximum d'autonomie et de durabilité et réputé insubmersible. À son bord, Bardiaux conduit un tour du monde sans escale en 229 jours.
À partir de 1969, Marcel Bardiaux, insatisfait de l’évolution règlementaire imposée aux navires en France, avec une immatriculation, des équipements obligatoires et des taxes, décide de résider à l’étranger. Il séjournera notamment au Canada. Il revient cependant de ce dernier pays en 1996, confiant que « Si là-bas les hivers ne duraient pas six à sept mois, il y a longtemps que je serais canadien. »
Pour la première fois, il traverse sans son bateau : celui-ci a, en effet, connu un accident, à l'entrée du Saint-Laurent, ayant essuyé une tempête classée force 12 sur l’échelle de Beauffort. Pendant 26 heures, il cogne contre la falaise mais s'en tire avec beaucoup de bosses. Bardiaux assure dans Libération : « Tout autre bateau aurait coulé ». C’est, dit-il, la première fois qu’il quitte son bateau.
Il retourne le réparer puis entreprend, en novembre 1997, à 86 ans, de franchir une nouvelle fois l’Atlantique. En décembre, il subit une terrible tempête et fait naufrage dans l'archipel des Açores. Il ne se signale pas, amis lutte pendant trois jours pour sauver son ketch. Il a lui-même souffert : « Tout est à revoir sur le bateau, et les voiles n'en peuvent plus. Je me suis blessé au genou en plus de trois côtes cassées », confiera-t-il au quotidien brestois Le Télégramme.
Porté disparu depuis février, il accoste discrètement Belle-Ile-en-Mer (Morbihan) début mai 1997. Il exprime le souhait de devenir le premier navigateur solitaire centenaire et mouille son bateau à Redon (Ille-et-Vilaine), port fluvial au milieu des teres.
Après Aux 4 vents de l'aventure, Marcel Bardiaux a publié quatre autres ouvrages, ceux-ci à compte d’auteur : Les Aventures de Marcel Bardiaux, 1960 ; Les astuces de Marcel Bardiaux, 1965 ; Aux 4 vents de mes amours, 1975 ; Entre deux tours du monde, 1995. La vente de ses livres était sa seule ressource. Il en stockait 4 000 dans la cale de son bateau.
Aux 4 vents de mes amours est, selon un admirateur de Bardiaux un « catalogue des liaisons intimes de Bardiaux. C'est gratiné, impudique et assez cavalier vis-à-vis des jeunes femmes qui sont citées et parfois exposées en photos. (Il y a même des épouses infidèles de messieurs "haut placés" dans tel ou tel pays d'Amérique du Sud !) »
Dans son dernier ouvrage publié, Entre deux tours du monde, il règle des comptes avec d’autres navigateurs, par exemple Bernard Moitessier : « je lui ai appris à naviguer. Je l'ai rencontré à l'île Maurice après un de ses naufrages. Il a coulé trois bateaux sans faire le quart de ce que j'ai fait.»
Au cours de sa carrière, Bardiaux aura navigué sur près de 400 000 miles, soit l’équivalent de 18 tours du monde. Un grand marin, l’anglais sir Francis Chichester, qualifia Marcel Bardiaux comme « le plus résistant de tous les durs-à-cuire de France. »
Marcel Bardiaux est mort le 9 février 2000 à Redon, Ille-et-Vilaine, où il stationnait depuis deux ans. Il était âgé de 89 ans et ne semble pas avoir eu d’enfants. Il est enterré à Issoire (Puy-de-Dôme), auprès de sa mère.
En 1958, Marcel Bardiaux avait reçu la Blue Water Medal, décernée par le Cruising Club Of America pour l’exploit maritime de l’année.