François Antoine Cabis naît le 26 février 1808 à Ribeauvillé (Haut Rhin). Il est le fils de Catherine Krauss et de son époux, également nommé François Antoine Cabis, garde forestier. La famille, dont le nom est fréquemment orthographié Kavis, vit dans les villages voisins de Fortschwihr en 1809 puis de Kaysersberg en 1816. Le père meurt en décembre 1821 dans ce lieu, lorsqu’il a 13 ans et que la mère élève 8 enfants.
Engagé dans l’armée, vers 1827, il sert comme grenadier pendant cinq ans au sein du 52e régiment d'infanterie de Ligne. Il fait notamment la campagne des Dix-Jours (août 1831), pendant la belgo-néerlandaise. Le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier avait envahi la Belgique pour reconquérir les huit provinces qui avaient fait sécession le 4 octobre 1830. Avec l'armée expéditionnaire française, les forces belges repoussent l'assaut néerlandais.
Blessé à la jambe gauche pendant les combats, François Antoine Cabis réside en 1833 à Saint-Dié, sur le versant lorrain des Vosges. Pour son comportement pendant sa période sous les drapeaux, il est décoré de l’ordre belge de Léopold en mars 1833, parmi un groupe de 304 militaires français sont décorés pour leur comportement durant le siège d'Anvers. Il est ensuite fait chevalier de la Légion d’honneur en septembre la même année.
François Antoine Cabis épouse en août 1834 à Ribeauvillé Marie Lochmannn (ou Lockmann), fille d’un autre grenadier, Jean Jacques Lochmannn (1778-1840), également chevalier de la Légion d’honneur. La famille est importante, puisque 11 enfants nés vivants sont répertoriés entre 1835 et 1852. Ils vivent dans le Haut-Rhin, à Hunawihr, Zellenberg, Sundhoffen et Réguisheim. Dans cette dernière ville, il obtient le bénéfice d’un débit de tabac.
Après l’annexion de la majeure partie de l’Alsace en 1871, la famille s’installe à Saint-Dié-des-Vosges, dans le quartier de Foucharupt. N’ayant pas de ressources personnelles et disposant d’une retraite limitée de 300 francs, il obtient des secours de la chancellerie.
En mars 1872, il s’installe à Lezay (Deux-Sèvres) avec son fils cadet, Xavier Ernest, où il reprend également un bureau de tabac. Il transfère la gestion de l’établissement à son fils peu après. Les époux Cabis optent en juillet 1872 à Lezay pour la nationalité française, refusant de devenir citoyens de l’empire allemand.
Début 1884, quittant les Deux-Sèvres, Marie et Antoine Cabis rejoignent Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne) où vit un autre de leurs fils, Eugène, sous-officier de gendarmerie. Ils vivent dans la caserne, rue de Paris.
Marie Cabis y décède en juin 1884. François Antoine Cabis meurt également à Joinville-le-Pont le 12 février 1885, à l’âge de 76 ans.
Son fils aîné, prénommé aussi François Antoine selon la tradition familiale, avait servi pendant 21 ans dans l’armée, notamment comme tambour-major, et était, comme lui, chevalier de la Légion d’honneur.
Un autre de ses fils, Eugène, chez lequel il vivait à Joinville, connaîtra un parcours moins glorieux. Il fit l’objet, en 1886, d’un procès spectaculaire pour avoir abattu un promeneur dans le Bois de Vincennes, au prétexte qu’il se sentait menacé ; jugé en cour martiale en tant que militaire, il fut, au grand scandale de la presse républicaine, acquitté. L’autorité lui laissa le choix entre être muté sur l’île de la Réunion ou démissionner de sa fonction, ce qu’il fit. Une partie du Bois de Vincennes, lieu du meurtre, fut dénommée « Bois Cabis » ; elle est aujourd’hui lotie et correspond à un espace situé à Joinville-le-Pont, autour des rues de la Paix et Aristide Briand, bordé par l’avenue Jean-Jaurès et la rue Chapsal.
Voir : Eugène Cabis, gendarme meurtrier, acquitté en conseil de guerre
L’ancien Bois Cabis à Joinville-le-Pont
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