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19 septembre 2026 6 19 /09 /septembre /2026 00:01

Louis Perriot naît le 9 décembre 1893 à Blois, dans l’hospice de la préfecture du Loir-et-Cher. Il est le fils d’Henriette Hélène Perriot. Elle est élève des hospices de la Seine, c’est-à-dire une enfant abandonnée, âgée de 18 ans, travaillant comme domestique à Lassay-sur-Croisne. Le village, situé en Grande Sologne, est proche de Romorantin. Comme c’est le cas de sa mère, le père de Louis Perriot est inconnu.

Lorsqu’il est recensé pour ses obligations militaires, en 1913, Louis Perriot est garçon de café et vit à Paris, boulevard Voltaire (11e arr.). Sa mère vit aussi dans la capitale, passage des Abbesses (18e arr.) et elle se marie en mars 1913 avec Franck Marie Courouve, inspecteur d’assurances. Louis Perriot conservera des relations avec elle et sa nouvelle belle-famille.

Le service militaire de Louis Perriot débute fin novembre 1913 au 45e régiment d'infanterie. Il est donc sous les drapeaux en août 1914, lorsque démarre la première guerre mondiale. Il devient caporal en septembre 1914 puis sous-officier, comme sergent fourrier, en mars 1915. En octobre cette même année, il embarque depuis Sète (Hérault) pour Salonique (Grèce) où il intègre l’armée d’Orient. Il est blessé à la cheville gauche dans des tranchées des Crêtes Rocheuses, au secteur du Tarda en janvier blessé par un éclat d’obus.

En février 1918, Perriot rejoint, comme élève-pilote le centre d'entrainement de Cèdes, école de pilotage de l'aviation militaire française installée près de Salonique. Il obtient son brevet de pilote le 22 septembre et est affecté au Parc de Sakuleu (ou Sakulevo), infrastructure logistique d'aviation militaire française, situé dans la région de Florina en Macédoine (nord de la Grèce). En octobre, il devient membre de l’escadrille 509.

Après la fin du conflit, il est toujours basé en Grèce, où il officie, pour l’armée française, comme moniteur sur l’avion Breguet 14 auprès de l'aviation hellénique. Il rentre en France en juin 1919 et est démobilisé en septembre.

Louis Perriot ne quitte cependant pas l’aviation militaire, s’engageant en novembre et rejoignant le 34e régiment d’aviation stationné à Dugny-Le Bourget (Seine, act. Seine-Saint-Denis). Il est transféré en mai 1920 à Dakar, au Sénégal, où il est dans l’escadrille de l’Afrique occidentale française, rattaché au 34e régiment d’aviation. Il est promu adjudant en janvier 1921.

Revenu définitivement en métropole au 2e semestre 1923, il vit à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne), dans un hôtel du quai de la Marne. Il épouse dans cette ville en août 1924 Marie Yvonne Le Dilasser, native de Brest et, comme lui, enfant naturelle. Leur couple ne durera guère ; lors du recensement dans la même ville, en 1926, Marie Yvonne ne semble pas vivre avec lui et le divorce est prononcé en septembre 1928.

Ayant prolongé son contrat en novembre 1925, Louis Perriot sert dans le 3e régiment d’aviation de chasse de Châteauroux (Indre). Pour sa première participation à une grande manifestation militaire internationale, la Military Zenith de chasse, à Châteauroux en juin 1926, il se classe second. Son pilotage est certes apprécié des professionnels, mais il est condamné, le 22 juin, de manière symbolique à 16 francs d’amende avec sursis « pour survol par avion à basse altitude. »

Promu adjudant-chef en juillet 1928, l’aviateur participe à plusieurs manifestations comme le Prix Georges Dreyfus en juin 1927. Il organise également des raids au long cours : 5000 km en trois jours en 1928, 8840 km en quatre jours en 1929 avec 43h30 de vol.

C’est à Châteauroux, en juin 1929, que Louis Perriot contracte de nouveau mariage avec Lucienne Marie Albertine Brimbal, native de la commune, teinturière rue Gudin à Paris (16e arr.).

Quittant l’armée en avril 1931, Louis Perriot passe son brevet de pilote d'hydravion et devient pilote d’essai pour la firme Latécoère, principal fabricant d’hydravions. Il bat plusieurs records de vols avec charges en janvier 1932 au-dessus de l’étang de Biscarosse (Landes).

Louis Perriot meurt le 16 mars 1933 au cours d'un vol d'essai d'un hydravion Latécoère 38.0 bis bimoteur au-dessus de l’étang de Barcarès (Pyrénées-Orientales). Son mécanicien, Robert Bert, a également perdu la vie. Denis Albin, qui a largement documenté l’histoire de l’aviation de chasse française, explique l’accident : « Lors d'un vol à très basse altitude au-dessus des flots, la queue de son hydravion a touché la surface de la mer, provoquant la dislocation de l'appareil qui a coulé immédiatement. Il s'agit d'un accident dû à l'effet miroir qui rend difficile la vue de la surface des flots en cas de vol à très basse altitude ». Le décès est enregistré le 23 dans la commune de Saint-Laurent-de-la-Salanque, au large de laquelle l’accident s’est produit.

Les obsèques sont organisées le 28 mars en la cathédrale Saint-André de Châteauroux. Le quotidien La Dépêche du Berry raconte qu’il y avait « d'une assistance considérable » pour rendre hommage à la « victime du terrible accident de l'étang de Barcarès ». Louis Perriot est inhumé au cimetière Saint-Denis de la ville, auprès de la famille de sa femme.

Le Journal de l’Indre rappelle que l’aviateur était « bien connu à Châteauroux » étant gendre de Maurice Brimbal (1877-1945), figure de la vie artistique locale, fondateur du cabaret du Pierrot noir et de la première salle de cinéma l'Apollo, puis président de la Chambre de commerce.

Fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume en juin 1933, Louis Perriot avait été décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de la Médaille militaire en juillet 1927. Il avait également reçu la médaille de la Victoire, la médaille commémorative française de la Grande Guerre et était chevalier de l'Etoile noire du Bénin (Dahomey) ainsi que plusieurs récompenses pour ses exploits aéronautiques.

Le 12 juin 1933, le ministre de l'air du gouvernement français, Pierre Cot (radical, 1895-1977 annonce que « le gouvernement de la République cite à l'ordre de la nation : Perriot (Louis), pilote aviateur ». Dans son message, il met en relief sa « plus haute conscience professionnelle », sa maîtrise et son sang-froid admirables, son « dévouement le plus complet » et assure qu’il « est tombé victime de son devoir. »

La fille unique de Louis et Lucienne Perriot, Hélène (née en 1930), fut directrice d’un collège à Tunis, où elle épousa Salah Hafsia, puis dirigea un établissement à Déols, dans l’Indre ; elle est chevalière de l'ordre national du Mérite.

Louis Perriot (Journal de l’Indre, 28/03/1933)

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